partie de ses troupes ; leé détachements de Mackintosh
et de Moultrie se retirèrent devant lui , ne lui opposant
qu'une foible résistance. Pendant ce temps Lincoln con-
tinuoit sa marche, malgré de nombreux courriers qu'on
lui avoit envoyés pour réclamer sa présence. Trompé
Irruptîoa par de faux renseignements, et croyant que Charles-
. , . town , capitale de la Caroline du sud . étoit hors d'état
AngloM t y
dans la de sc défendre, Prévost s avança hardiment, occupa JnutUe '^^ faubourgs de cette ville, et la somma de se rendre. tentative Les habitants, qui, au bruit de sa venue, avoient'tra- Charlet- 'Vaille saus relâche à réparer leurs murailles, et qui town. depuis avoient été renforcés par les détachements de Mackintosh et de Moultrie, par des corps de milice et par la légion de Pulaski, ouvrirent une négociation , et la traînèrent en longueur pendant tout le jour. Leurultimatum ayant été déclaré inadmissible, ils passèrent la huit dans la consternation, redoutant un assaut pour le lendemain. Cependant ils en furent quittes pour la crainte; le commandant anglois, après avoir considéré l'épaisseur des remparts , le petit nombre de ses troupes , Tinsuffisance de son artillerie et des munitions de ffuerre et de bouche , et le voisinage de Lincoln , qui pourroit intercepter sa retraite, se décida à lever son camp pondant la nuit, et atteignit, sans être inquiété, John- Island , où il attendit des secours de New- York. Pour
lO mai.
Lincolb, ayant laissé une garnison dans un poste for* tifié devant Augusta, il se porta à marches forcées sur Charlestown , et , jusqu^au départ des troupes aogloises , établit soii quartier-général à Dorchester.
Le colonel Prévost fortifia Stonyferry, qui devoit ser- Les Amévir de point de communication entre la terre ferme "*^'**^*
^ attaqneitt
et John-Island , et se retira bientôt après , laissant le Johncolonel Maitland avec cinq cents hommes pour veiller igfili^*^ à la défense de File. Le général Lincoln , qui déjà avoit tenté vainement une attaque, se présenta de nouveau, avec environ cinq mille hommes, pour déloger les Anglois du poste où ils s'étoient retranchés : un moment 3ojuiii« le succès de son entreprise parut certain ; mais la gar^ nison déploya dans sa défense une audace et une habileté admirables, et parvint enfin à repousser les forcer nombreuses des assaillants. Manquant de niunitions au fort du combat, elle alloit être contrainte à poser lés armes , lorsque Moncrieff , capitaine des ingénieurs, fit une sortie vigoureuse , et eut le bonheur d'en enlever à lennemi; cependant, au mon^ient où Faction se ter* mina, il ne lui restoit plus que la quantité de poudre suffisante pour faire une décharge d'artillerie.
Après cette attaque infructueuse, les milices améri* caines, découragées et impatientes de ce qu on les avoit si long-temps rétenues loin de leurs habitations, abandonnèrent leurs drapeaux. La chaleur étant excessive, et la saison des maladies s'approchant, le général ennemi se retira avec ses troupes à Sheldon : pour les Anglois, ils évacuèrent le poste de Stonyferry, et en établirent un autre à Beaufort, dans File de Port-Royal; le reste de leur armée rentra dans la Géorgie , où il se tint, pendant plus de deux mois, dans une inactioa
75 HISTOiftË D'àNOLfitERBE.
profonde » saiid être aucanement inquiété ; et ravantage
qu'ils retirèrent de leur expédition dans la Caroline du
sud fut l'établissement d'un poste à Beaufort, et le re^
nouvellement de leurs provisions» dont ils commen-
çoient à sentir vivement le besoin.
D*Estaing Pendant que les hostilités se trouvoient ainsi suspen*»»
^nement" ^^^^9 ^®^ Américains s'adressèrent à d'Estaing, espé*
ae ^em- tant, avec le secours de sa flotte, enlever à l'Angleterre
^Savan-^ les avantages que lui avoit valus la supériorité de sa
nah. marine. L'amiral françois ne tarda pas à se mettre en
«P e™ • j^gp. ^t s'étant montré bientôt après sur les côtes de la
Géorgie avec vingt vaisseaux de ligne, deux bâtiorents
de cinquante canons, onee frégates et un grand nombre
de transports, il y surprit à l'ennemi F Expérimenta de
cinquante canons, deux bâtiments chargés de vivres,
et la frégate tAriel.
Si les Américains firent les plus grands efforts à l'ai^ rivée des François pour les seconder, le général anglois, de son côté, ne négligea rien pour mettre la ville de Sa« vannah à l'abri de l'attaque dont elle étoit menacée. Il ni sept, rappela la garnison de Stinbury, fit donner au colonel' Maitland l'ordre d'évacuer Beaufort , et chargea le capi* taine Henry, dont il connoissoit l'habileté, de tirer le meilleur parti possible du petit nombre de bâtiments dont il disposoit. Quand les François furent débarqués , Famiral d'Estaing, sans attendre l'arrivée des troupes américaines, somma la place, d'un ton ridiculement superbe, de se i^ndre au roi de France. Prévost demanda vingt-quatre heures pour délibérer, comme s'il eût ea l'intention de capituler; mais le colonel Maitland étant arrivé dans l'intervalle avec huit cents hommes, il dé«clara aussitôt qu''il étoit résolu de se défendre. Douze
6B0BGES III. 7^
purs se passèrent en préparatifs avant que les FVan* a3 sept. oois, vivement inquiétés par les sorties vigoureuses de la garnison, eussent pu ouvrir les tranchée^. L'armée combinée, forte de [dus de dix mille hommes, canonna encore inutilement la place durant cinq jours. Pendant ce temps les troupes de la garnison, et même les esclaves africains, travaiiloient aux fortifications, dresr soient de nouvelles batteries, et rivalisoient de perse-vérance et de zélé.
Cependant, après avoir considéré que les approches goct. régulières du siège ne se faisoient qu'avec une extrême lenteur, que la saison des tempêtes approchoit , et que la flotte britannique pouvoit venir attaquer ses vais*seaux dans un moment où la plus grande partie de Tartillerie et des équipages se trouvoit employée à terre, d'Estaiog résolut de faire donner lassant au corps de la place. Quatre mille cinq cents hommes, nombre plus que double de celui de la garnison , furent partagés en deux colonnes : IHine, commandée par Tamiral françois et le général Lincoln , fut chargée de Tattaque de front; l'autre, ayant à sa tête le comte de Dillon, reçut ordre de prendre par derrière les lignes angloises. Lès troupes se mirent en mouvement quelques heures avant le jour. Le comte de Dillon s'égara dans sa route, et s'engagea dans un marais où sa division , foudroyée par le feu de l'ennemi , ne put reprendre son ordre de bataille. Mais du côté de d'Estaing, le bastion principal devint l'objet de l'acharnement réciproque le plus terrible ; ce^ pendant, cet amiral vit aussi sa colonne repoussée, ' après un combat opiniâtre où il fut blessé, et où le co-f lonel Pulaski, volontaire polonois, trouva la mort(i),
(i) Pasiaki étoit Tua des conspirateurs qui avoient cherche à en»
^ Le siège, fut levé incontinÊnt : les Américains retournèrent dans la Caroline du sud, et les François remontèrent sans être inquiétés sur leurs vaisseaux , la garnison étant trop peu nombreuse pour se hasarder à les poursuivre. La flotte Françoise ayant été bientôt assaillie par des tempêtes, d'Ëstaing renvoya une partie de ses bâtiments aux Antilles, et fit voile, avec le reste, pour TEurope. Cet amiral , toujours orgueilleu^et vain, mérita encore le reproche d'injustice et- de cruauté; la manière présomptueuse dont il somma la garnison de se rendre, mécontenta justement les Américains, et la dureté avec laquelle il refusa de donner un asile sur ses propres vaisseaux, aux femmes et aux enfants des assiégés, le rendit d'autant plus méprisable qu^il chercha, après sa défaite , à faire retomber tout Todieux de cette conduite sur ses alliés, et offrit de lui-même une faveur qu'il avoit auparavant refusée; faveur que le général Prévost rejeta avec un noble dédain. La levée du siège de Savannah termina les hostilités dans les provinces du sud (i).
L'arrivée Pendant toute cette campagne, le général Clinton des ren- ^^yoit attendu impatiemment les renforts qui dévoient voyés à lui venir d'Europe , et dont une circonstance extraor-
•lever le roi de Pologne en 1771. Voyez Coxe*s Travels in Poland, Russia, Sweden and Denmark, B. t , c. 3.
(i) Un peu avant le commencement du siège de Savannah, le co*' lonel Jean White se distingua par Un trait de coura(];e et de présence d*esprit bien remarquable : assisté du capitaine Elholm et de ^quatre soldats seulement, il fit poser les armes ^ une centaine de François postés au voisinage de la rivière d'Ogeohee, après les avoir tellement épouvantés, qulls avoient jugé toute résistance inutile, -Le moyen dont il s*étoit servi pour les intimider ainsi, avoit été d'allumçtr plusieurs feux pendant la nuit, comme s*il eut conduit un corps nombreux de soldats.
GEORGES Itl. 73
dinaire avoit retardé l'arrivée. Ils débouquoient du ca- CUnton nal , quand ramiral Arbuthnot, qui les commandoit, ^^e>^i>"e-" reçut avis de Fattaque que les François avoient tentée «"«^t resur Jersey. Aussitôt eet amiral fit rentrer ses bâtiments 2 mai. de transport à Torbay, et se porta au secours de cette tle , où il n'arriva que pour apprendre la retraite dé Tennemi. il revint alors sur ses pas afin de suivre sa première destination ; mais il fut contrarié par les vents , €t le* troupes qu'il amenoit arrivèrent trop tard en Amérique pour qu'on pût les employer à aucune expédition emportante.
L'amiralGambier ayant été rappelé au commencement Avril, de la saison, le commandement de la flotte angloise en seg^^J^pë- Amérique fut confié à sir Georges Collier: cet officier dirons d« s'étoit fait honorablement distinguer durant le temps de sa croisière devant Halifax ; il avoit contenu les Américains qui menaçoient la Nouvelle-Ecosse, avoit semé Talàrme sur les côtes de leurs propres états, et avoit fait le plus grand tort à leur commerce. Ce fut conjointementavec lui que le général Clinton médita une expédition dans la baie de Chesapeak , où se trouvoient entassée dans des magasins une . immense quantité de tabac , ressource priilcipale du congrès , et d'où l'armée de Washington tiroit la plus grande partie des provisions salées qui lui étoient envoyées de la Virginie et de la Caroline du nord. Dix-huit cents hommes furent embarqués sur des bâtiments de transport pour mettre à exécution ce projet; ils étoient escortés par le Jiaisonnable^deôii canons , quatre sloops, une galiote, et quelques corsaires: à leur arrivée ils attaquèrent Portsmouth, dont ils ruinèrent les fortifications; ils se .portèrent ensuite successivement contre Norfolk, Gos-
Mai.
74 HISTOIRE d'aNGLETEBRE.
39 mai. port, Kemps-Landîng et Suffolk, où ils s'emparèrrait d'une grande quantité de provisions, et prirent où brû* lèrent plusieurs vaisseaux. De son côté , Tennemi mit le feu à un chantier rempli de bois de construction , pour les empêcher d'en profiter. Après une expédition qui avoit duré vingt-quatre jours y les Anglois rentrèrent à JNew-York; ils avoient pris ou détruit cent vingt-sept bâtiments, et une quantité si considérable d'autres objets, que la perte des Américains fiit évaluée à 5oo*,ooo livres sterling.
3o mai. A son retour de Fexpédition de Virginie, ce détache-^ ment se joignit à d autres troupes déjà embarquées sur des bâtiments ide transport , reiponta la rivière de THud** son, et alla s'emparer de Stony-Point, du fort La Fayette et de Verplank. Ces forts étoient situés sur des côtés opposés du fleuve, à soixante milles de New- York. Leur prise coûta peu de monde ; on lavoit jugée cependant . si importante que Tamiral GôUier et le commandant en chef s'étoient trouvés en personne à lexpédition.
4 juillet. Ensuite on envoya le major-général Tryon et le major Grant , à la tête de deux mille six cents hommes, pour attaquer le Gonnecticut, province fertile et biei^ peuplée, et d'où le congrès tiroit ses principales ressources. On vouloit convaincre les Américains que leur province favorite n*étoit pas à l'abri d'une invasion, et forcer le général Washington à quitter les fortes posi^ tions qu'il occuppit dans l'intérieur des terres, au voisinage de l'Hudson, pour se rapprocher de la mer et veiller à la défense des côtes. Les troupes pénétrèrent bientôt dans New-Haven , capitale de la colonie , et s'emparèrent d'une quantité considérable de munitions et d'artillerie, et de tous les bâtiments qui se trouvoîent
GEORGES Iir. ^S
dans la rade. Ep même temps leurs commandants firent une proclamation pour inviter les habitants à rentrer dans les liens de leur antique obéissance ; mais elle fut sans effet. Les soldats au contraire , même après la prise de }a ville, se virent exposés aux coups que leur tiroient les habitants par les fenêtres , et plusieurs sentinelles posées dans la vue de protéger les propriétés des ci^ toyens furent blessées à leur poste ; la ville fat cependant épargnée, et Ton défendit le pillage. Après avoir démantelé le fort, les troupes se rembarquèrent et se portèrent sur Fairfield.
On leur opposa devant cette place une résistance plus opiniâtre qu'à New-Haven : la douceur avec laquelle elles avoient traité cette dernière ville ayant été si mal reconnue, eUes détruisirent successivement Fairfield, Norwalk et Greenfield (i). Au bout de neuf jours, le i3 juillet. Commodore Collier retourna à New-York, dans Tintention de conférer avec Clinton d'une expédition qu'ils avoient projetée contre New-Ijondop.
Le peuple du Connecticut témoigna son mécontente- 16 juillet. ment de la négligence apparente du général Washington, et de rindiiférence du congrès pendant qu'on dé* vastoit ainsi son ten*itoire; quelque temps même on eut lieu de craindre un soulèvement ; mais l'espoir des habitants de cette province fut ranimé par l'heureux succès d'une tentative des Américains sur Stony-Point. Le général Wayne mit dans l'exécution de cette entre-
(i) Pour tirer vengeance de ces ravages, le congris arrêta «que le comité de la marine prendroit les mesures 1m plus efficaces pour faire mettre en éxecution le manifeste du 3^ octobre 1778, qui ordonnoit que toutes les villes qui appartenoient à l'Angleterre, et qui tomberoient au pouvoir des Américains, seroient détruites ou brû- Wes; » mais cet arrêté ne reçut jamais d'application.
prise autant d'habileté que de courage ; il emporta la place d assaut ; et, quoique la résistance de la garnison eût justifié toutes les extrémités, il usa généreusement de la victoire et épargna les vaincus. Il attaqua aussi le fort La Fayette; mais, avant d'avoir fait des progrès
18 juillet, considérables, il fut alarmé par les préparatifs de Clinton, précipita sa retraite , et évacua Stony-Point , dont il ruina les fortifications.
Secours Le général Clinton et Tamiral Collier perdirent de vue
envoyé à ., ". . vi • • /
rétablis- l expédition qu ils avoient projetée contre New-London , sèment p^j. {^^ nécessité où ils se trouvèrent de secourir un étascot. blissement anglois que le général François Maclean venoit de former dans la baie de Penobscot avec six cent cinquante hommes et trois vaisseaux de guerre. On avoit eu pour objet , dans cet établissement , d'arrêter les incursions des Américains sur les terres de la Nouvelle- Juillet. Ecosse, et de pourvoir des bois de construction nécessaires le chantier royal d'Halifax , et les autres chantiers de TAmérique. Le gouvernement exécutif de la province de Massachuset , résolu d attaquer Penobscot, mit un embargo sur tous les bâtiments qui se trouvoient dans la rade 4e Boston , promit une forte paye aux matelots et aux soldats qui feroient partie de l'expédition, et eut bientôt à sa disposition, de cette manière, un corps de trois mille hommes, et une flottille de vingt-sept bâtiments de transport et de dix-neuf petits vaisseaux armés, de dix à trente-deux canons. Le général Maclean il juillet, ne fut instruit de tous ces préparatifs que quatre jours avant l'arrivée de l'ennemi ; il n'avoit pas encore achevé de se fortifier : mais les soldats et les matelots de sa troupe rivalisèrent de zèle et de courage, et mirent à se défendre la plus infatigable activité. Pendant vingt-
GEORGES tll. 77
un jours ils tinrent en échec les forces disproportionnées de l'ennemi, et en même temps ils travailloient aux remparts, jetoient souvent Faiarme dans les lignes des assaillants, et les harceloient par de Vigoureuses sorties. Ils apprirent enfin par un déserteur qu'on de- i3 août. voit les attaquer le lendemain par terre et par mer; et ils s'étoient préparés à une résistance opiniâtre, lorsque dans la matinée du lendemain ils eurent la satisfaction '4 ^o^^* de voir que Tennemi avoit abandonné ses lignes, embarqué son artillerie, et levé le siège de la place. Ce qui avoit déterminé les Américains à prendre cette résolu- ^tion, c'étoit l'arrivée de l'amiral Collier, qui auroit pu facilement s'emparer de toute leur escadre, s'ils n'en eussent eux-mêmes brûlé une partie pour sauver le reste. Un grand nombre de leurs soldats et de leurs Sort misématelots se trouvèrent ainsi abandonnés sur une terre Améri!* déserte i à plus de cent milles de tout pavs habité. Cin- ^^^"^ ^®-
. jî 1 , »"s pour
quante ou soixante a entre eux moururent les armes à assiéger la main, et les autres périrent presque tous de misère ^^^^ et de faim dans les forêts ( i ).
L'amiral Collier ne fit plus aucune entreprise jusqu'à la Arrivée fin de son commandement , et quand lamiral Arbuthnot ramlral arriva pour lui succéder, un bruit que le comte d'Es- A'^l^wthtaijpg avoit le projet d'attaquer New-York détermina le général Clinton à conèentrer toutes ses forces et même, à évacuer Rhode-Island. On n'a pas donné de raison satisfaisante pour expliquer l'inaction du général Washington pendant toute cette campagne (2) : probablement il faut l'attribuer au refroidissement du premier
(i) Voyez the Journal of ihe $ieg« of Penobscot. (2) li est extrêmement à r<»çretter que la publication de la Correspondance officielle de Washington s'arrête à l'année 1778.
Digitizéd by VjOOQ IC
78 HISTOIKE D'ANGLBTEKAE.
enthousiasme , et au découragement des Américains en voyant le peu d avantages qu'ils avoient retirés de Tas* 20 août, sistance des Fi^ançois (1). La seule entreprise formée îi^ainrat- P^*" ^^^ troupes de ce général fut Tattaque de Paulus** toquent Hook , sur les côtes du New- Jersey ; elles eurent d'abord HoolT ^" succès» mais bientôt elles furent repotissées et con^ ^ traintes de se retirer avant d'avoir exécuté rien d'impor-
tant. Toute cette expédition se trouve judicieusement décrite par quelques paroles de la dépêche officielle d« Clinton. « La retraite de l'ennemi, dit ce général , fut aussi déshonorante pour lui que son attaque avoit été courageuse et bien conduite. »
Lcors ex- Pendant cette même campagne, les Américains encoDtre'l^s treprirent différentes expéditions contre les sauvages; Indiena. leurs représailles- furent terribles, et ils pronvèrent qu'ils savoient être aussi barbares et cruels de sangfroid.
Aoât. Aussitôt qu'on eut appris dans la Louisiane la rup^ noU en- ^^^ ^® l'Angleterre et de l'Espagne, don Bernardo de vahissent Galves, gouverneur de cette colouic , marcha contre la oeciden-^ Floride occidentale, province presque entièifement dé-^ <ale* serte, et que le général Jean Campbell, avec dix-hutt ^^ ' cents hommes, étoit chargé de défendre contre les atta^ ques des Américains. Les Espagnols, au nombre de deux mille hommes , investirent un fort construit pour protéger les frontières, à l'embouchure de l'Ibberville. La garnison , qui n'étoit que de cinq cents soldats , capitula après neuf jours de siège, et obtint les conditions les plus honorables ; mais sa reddition entraîna la perte de tous les établissements formés sur le Mississipi, depuis les Datches jusqu'à l'embouchure du fleuve. Pour n'avoir
(i) Ramsay, vo\. a.
6E0RCES III. 79
plus besoin de revenir sur cette province, je dirai d avance que les Espagnols s'y montrèrent encore l'an- Janvier. aée suivante^ et s'emparèrent du fort Mobile, qui ne.se ^^P^ rendit qu après s'être défendu long-temps avec courage.
Leur apparition dans la baie de Honduras ne fut pas ils attamoins inopinée : ils y vinrent attaquer les Ânglois occu- ^J[n"^|** pés à couper du bois de campéche, en prirent un grand dans U nombre, qu'ils traitèrent d'une manière barbare, et h^^^ chassèrent le reste de Saint-6eorges-Key, leur principal ras. établissement. Au premier bruit de leur irruption, le capitaine Dalrymple, à la tête d'une petite troupe de volontaires irlandois, reçut ordre du gouverneur Dalling de se rendre sur les côtes de Musquito , d'y transporter des armes, et d'y rassembler quelques forces pour aller au secours des Anglois. Le premier objet de sa mission étant rempli, Dalrymple se mit en mer avec le GommodoreLuttrel, qui commandoit trois frégates; et, comme Saint-Georges-Key avoit déjà été repris, ces deux officiers formèrent ensemble le projet d'attaquer le fort Omoa, regardé comme la clef de tous les établissements de Honduras. Les forces dont ils disposoient, y compris les marins et les canonniers des vaisseaux , ne s'élevoient pas au-dessus de cinq cents hommes : ils voulurent à leur arrivée surprendre le fort ; mais , ayant PHse du été découverts, ils se virent contraints de procéder ré- ^ ^^^^
' * Umoapar
gulièrement à l'attaque. Rebutés au bout de quelques les Anjours de l'inutilité de leurs efforts, ils résolurent de fj'"'
tenter une escalade. Les fortifications de la place étoient i6 occ
formidables : cependant cent cinquante hommes d'élite dressèrent courageusement des échelles au pied du rempart, et commencèrent à monter en silence. L'ennemi s'étant aperçu de leur projet leur fit bientôt essuyer un
8o HISTOIRE D'ANGLETERRE.
feu terrible, et^renversa même une échelle ; mais deux matelots, qui avoieot déjà atteint le haut du rempart , surent le contenir un moment, et facilitèrent Tescalade. Ce fut en vain que les officiers s'efforcèrent de retenir encore à leur poste les Espagnols épouvantés, ils ne furent point obéis : le gouverneur s'avança alors en supfJiant, remit son épée et les clefs du fort au vainqueur, et demanda sa grâce et celle de la garnison. Les Anglois firent trois cent trente-cinq prisonniers, et, quoiqu'on eût transporté ailleurs les trésors gardés ordinairement dans la place, saisirent cependant dans le port un galion estimé trois millions de piastres ; ils rejetèrent ensuite les propositions des Espagnols, qui leur offroierit de racheter, à quelque prix que ce fût, deux cent cinquante quintaux de mercure trouvés à bord de quelques bâtiments, et de payer une rançon pour le fort; et, préférant généreusement le bien public à leu» intérêt particulier, rendirent les dépouilles de Téglise, qui faisoient une portion considérable de leur butin, pour obtenir l'élargissement des Anglois faits prisonniers à Saint-Georges-Key, et qu'on tenoit dans une dure captivité à Méi4da. Cependant ni ces actes de courage ni ces traits de désintéressement ne furent suivis d'aucun avantage durable. Les vainqueurs ne purent laisser dans le fort qu'une garnison insuffisante, qui, bientôt affoiblie par une fièvre épidémique , et incapable de faire le service de la place , se vit contrainte d'effec- P c f tuer sa retraite à l'approche des Espagnols , après avoir est repris, eucloué ses cauons et détruit ses provisions militaires. L'établis- Au Commencement de la même année une escadre sèment fpgnçoise. Commandée par M. de Vaudreuil, s'empara Sénégal dç l'établissement du Sénégal : les François , jaloux de
«TÏORGES Ht. 8t
s'y fortifier, évacuèrent celui dé Gorée, que vint occu- est pris per, immédiatement après leur départ , un corps anglois p^auçi^s laissé à cet effet par sir Edouard Hugues. «i celui
En gênerai Jes flottes nationales protégèrent avec par les snccès le commerce de la Grande-Bretagne, pendant Anglois. que sur toutes les mers elles firent éprouver des pertes ^:u>rmes à celui des puissances ennemies* Les capitaines Pierson et Piercy, commandant les frégates le Serapis^ de quarante-quatre canons, et ia Comtesse de Scarbo- ^3 sept. rough^ de vingt, escortoient une flotte marchande ve* je PauI nant de la mer 'Baltique, lorsqu'à la hauteur des côtes ^""^^ ®' Mptentrionales de l'Angleterre ils furent chassés par capiiaine une ^cadre composée du Bon Homme Richard de qua* ***«^»'«*"»' rante canons , de deux frégates de trente -six et de trente-deux, d'un byrick de douze, et d'un cutter françois armé dans le port de Lorient. Cette escadre avoit un commandant déterminé, nommé PauP Jones, condamné par contumace en Angleterre, et qui avoit ob-^ tenu du service chez les Américains^ Le capitaine Pierson ne l'eut pas plus tètapeiTue qu'il donna à tous les vaisseaux sous son escorte le signal de se disperser et de gagner les ports les i^ws voisins ; et en même temps*, avec ses deux" frégates j il se porta au-devant d'un en* nemi dont les forces étoient si disproportionnées. L'ac-* tioa commença aussitôt : Paul Jones ayant tenté vai* Demeot d'aborder le Serapis^' les deux bâtiments se trouvèrent engagés de si près que leurs canons se toucboient de la volée^ L'on se battît pendant trois heures avec fureur s Paul Jones se défeodoît en désespéré^ comme un coupable que les lois ont condamné, et qui n'a d'autre ressource que de mourir les armes à la main. Pierson déployoit le même courage ; mais un ao. 9
8l HISTOIRE D^ANGLBTEAR£.
«oble sentiment d'humanité rintéressoit au .sort dfe* hommes qu'on lui avoit confiés ; son vaisseau étoit déjà \ embrasé par les feux qu'on lui lancoit de toates partSy
et une horrible explosion de gargousses avoit fait sau* ter les officiers et les soldats qui se trouvoient au]!^rè9: de rartimon , et démonté les canons de cette partie du bâtiment^ quand une seconde frégate vint l'attaquer par derrière ; il jugea alors une plus longue résistance inutile, et amena son pavillon. Après un combat no» moins acharné, mais moins sanglant, la Comtesse de Scarborougk fut également forcée de se rendre. On ne connoît pas avec précision là perte faite à bord du Serc^ pis, et sans doute elle dut être très grande : cependant le capitaine Pierson estima qu'elle fut de quarante-neuf morts et de soixante-huit blessés; mais jamais peut* être on ne vit d'exemple du carnage fait à bord du Bon Homme Richard; les batteries basses de ce bâtiment étoient submergées, et leurs canons démontés; le fefl le cpnsumoit en deux endroits, et il avoit iept pieds d'eau dans la cale; pendant ce' temps , son pont étoit inondé de sang, et trois cent trente-six hommes, for* maiit les trois quarts de son épuipage, étoient morts ; ou blessés. Deux jours après il coula à fond : le barbare
f capitaine laissa engloutir avec lui dans l'Océan plusieurs
blessés, et se retira avec ses prises dans les ports de la \ HoUaiKle(r).
^ Un autre combat tion moins honorable pour le pa^*
(i) MÊ. de Sartine, alors minisire, fit savoir à Pniil JotiM que îfr , rôi de France 4^qit satisfait de sa conduite, et avilit la croix. de Sainte
liOuis-en lui donnant l'autorisatioD de s'en décorer. Le con^'rès lu» Tota , de son côté, des actions de grâces pour son zèle, sa prudence et sa valeur, et le nomma au commandement de l Amérique, bâtiment toat nouvelUment construit* Remèmbran.cer,^vol. «3-, p. 107.
GEORGES Ml. 83
Villon britannique fut celui que soutint, contre un€ êoct» frégate françoise et un cutter de force supérieure, le ^eu"e^^Técapitaine Farmer, sur la frégate le Québec, suivie pareil- sisiance lemept d'un cutter appelé le Rambler. Dans .cette action capitaine le Québec devint la proie des flammes, et son brave ^'*>''™«rcapitaine perdit la vie en s'obstinant à ne quitter que le dernier son bâtiment. En reconnoissance de tant de bravoure, letat accorda à son fils le titre de baronnet^ et des pensions à sa veuve et à ses enfants en bas âge.
Pendant que la fortune inconstante balançoit ainsi État d« les spccès et les revers, le ministère britannique se trou voit embarrassé, découragé, mécontent: il avoit, pourse^popu^riser, mis à la tète des forces de terre et de mer des hommes qui ne s^étoient jamais montrés par^ |:isans de ses mesures, et qui, loin de pallier la direction inhabile de la guerre, redoubloient par leurs propres plaintes les inquiétudes du public et les clameurs de Topposition. Ainsi quand cette lutte difficile où se trouvoit engagée FAngleterre acquéroit de jour en jour plus d'importance et d'étendue, ceux qui sembloient devoir être les appuis de l'administration embrassoient phis froidement sa défense, ou même l'abandonnoient îout-à-fait. Quelques uns se trouvoient consternés en considérant la difficulté des conjonctures; d'autres prêtoient l'oreille à des prédictions qui n'annonçoient que des revers; d'autres enfin désertoient les rangs ministé*^ riels, soit par l'effet d'une inconstance naturelle, soit parceqp'ils étoient convaincus qu'on ne pouvoit suivre long-temps encore le plan qu'o« nvoit adopté.
Il s'opéra divers changements dans le cabinet : on II s^opère éleva à la dignité de pair M* Thurlow, qui, pendait la ^.^'/ng©. dernière session , avoit siégé au parlement coinme cban- «•n««
84 msToitiE d'an^letearê.
dans le celier, et on lui confia le grand-sceau. Ce ministre , d^fl "tère*" caractère ferme et d'un esprit étendu, rendit au gou-» vernement de grands services dans une infinité de circonstances, et dirigea souvent avec succès les délibérations du conseil. M. Wedderburne fut revêtu de ia charge de procureur-général, et M. Wallacelui succéda dans celle de solliciteur-général. La place de secrétaired'état pour le département du nord étoit restée vacante depuis la mort de lord Suffolk, et lord Weymouth, secrétaire pour le département du sud, remplissoit par intérim les fonctions de ce ministère; mais ce noble lord ayant donné sa démission, on nomma pour lui succéder, dans le département du sud, lord Hillsborough, et Ton appela à celui du nord lord Stormont, dernier ambassadeur à la cour de France. Le comte de Carlisle fut élevé au poste de premier lord du commerce et des colonies.
Les asso- Les ministres virent échouer avec un extrême dépjai*
cialions . v vi • • /» • • i
dlrfande Sir Ics mcsurcs qu lis avoient prises pour faire arriver de se multi- prompts secours dans les Indes occidentales. Quoique la conduite de Tamiral Arbuthnot eût reçu les applaudissements du public, les conséquences en furent cepeiidantbien funestes, et le ministère éprouva un vif senti* ment de regret en voyant s'écouler presque dans Tinaction le temps d'une campagne pour laquelle il avoit fait tant de sacrifices (i). Les insultes des puissances ennemies contre les côte» de la Grande-Bretagne, et Talarme répandue dans le royaume à la vue de leur flotte combinée, suffisoient pour mettre le gouvernement dans tine situation très critique ; mais elles produisirent encore un autre effet non moins inquiétant pour lui, e&
(i) Gibbon*s posthumous ivorks, vol. i , p. 54o»
encpurageant les associations yolontaires des habitants de rirlande. Les chefs politiqu^es de ce royaume excitoient le peuple à de semblables fédérations, et lui fai» soient envisager à-la-fois et les dangers d'une invasion , et Tespoir d'arracher quelque concession importante, pendant que la Grande-Bretagne étoit affoiblie par ses pertes et occupée au dehors. Le duc de Leinster accepta le commandement des compagnies de Dublin, et Ton vit un grand nombre de particuliers distingués par leur naissance et leur fortune entrer comme simples volontaires, dans leurs rangs, tandis que ceux qui refusoient de s'y faire admettre avoient en partage les sarcasmes çt le mépris du public (i).
(i) Lord Sheffîeld, dang ses Observations sur Vétat actuel de VIr» lande^ donne les détails suivants sur ces associations extraordinaires. « II est nécessaire, dii-il, de jeter les yeux sur un phénomène politique, qui n'a encore été observé dans aucun^{][ouvernement établi; je veux dire les assocrations connues sous le nom d'associations volontaires d'Irlande, et que Ton devroit plutôt appeler une ariAée que les lois n'ont ni permis ni défendu d'organiser. Ces atMO- <Âations dans leur ori^jjine sembloient tenir un peu au pouvoir exécutif. Leurs armes, appartenant à l'état, étoient conservées dans des magasins, sous l'inspection des lieutenants de comtés, et délivrées aux volontaires au premier bruit d'une invasion étrangère. Mais le gouvernement, qui les avoît en quelque sorte favorisées dans leur origlncy-ne tarda pas à les craindre. Les dépôts d'armes du gouvernement ne purent suffire aux nombreux volontaires qui se présentoient, la plupart s'équipèrent à leurs frais, et l'on se procura de la même manière un nombre considérable de pièces d'artillerie. Le parti de l'opposition dans les deux royaumes parla toujours ^e ces associations avec éloge; et les soutiens du gouvernement n'en par- , Lèrent qu'avec ménagement. Les succès de l'Amérique ayant rendu plus sensibles auxirlandois les vexations dont ils avoient à se plaindre, vexations en effet bien plus accablantes que celles dont se plaignoîent les colonies, elles adressèrent au gouvernement un nombre presque infini de pétitions et de remontrances, et l'Irlande obtinO^iiiis l'espace
ÔS HISTOIRE D^AWOLETERHE/
Résolu- Ce que desiroient sur-tout les membres de ces assô^ tion es ^ajjQjjg ^ c'étoit uae liberté illimitée do commerce; n
Jrian- ' ' ^
4ois- et pour donner à leurs prétentions plus de poida, ils ^'engagèrent publiquement à ne consommer aucune marchandise importée, et à s'en tenir aux seuls pro* duits des manufactures de leur pays, « jusqu'à te qu'oa , eût mis un terme aux restrictions injustes et partiales^,
que la politique étroite et intéressée de l'Angleterre a voit imposées à leur commerce, » En même temps ob fie craignoit pas de manifester librement cette façon de penser par la voie de l'impression ; on récapiiulojt amè* rement tops les désavantages de l'Irlande dans son unioa avec la Grande-Bretagne, et Ton sign^loit la cpn^ duite du gouvernement anglois, et celle, de la partie commerçante de la nation, comme barbare, intéressée^j tyrannique et insolente (i).
la oot. L'état de l'esprit public en Irlande ne pouvoit man-» dirpaX- ^^^^ d'influencer la conduite du parlement. Le comte
iiîeni ir- (Je Buckioghauishire, lord-lieutenant du royaume, pu-
Jattdoia. . , . ,. i- . ^ i
vnt la session par un discours conciLiatoirc, ou il assu» roit les deux chambres qu'au milieu des soins et des inquiétudes inséparables de la guerre, sa majesté avoit porté son attention sur les intérêts et les malheurs de l'Irlande : elle avoit accordé une forte somme d'argent pour être employée à la défense du royaume (a), et on
de quatre années des concessions qn*on eût dn Kii accorder depuis long-temps. Les volontaires se conduisirent avec Ir moderaiion con-; teoiible ; ils prêtèrent souvent leur appui à Tiiutorité civile, et travaillèrent h maintenir le l)on ordre; en sorte que s'ils s*ëtoicnt firrélës là ils n*auroient mériié que des lousinfjes. »
(i) f^ofer Considérations ou (he cxpediecicy and qecdssity of t|^ présent associations,
CEORGES '^III- 87
la verroit toujours travailler avec empressement et avec zèle au bien commun de ses sujets. Ce discours men- ]
tionnoit encore la diminution des revenus et les arré- ]
rages du gouvernement, approuvoit les associations '
volontaires, et appeloit Fattèntion du parlement sur des 1
règlements intérieurs, maïs en particulier sur les écoles i
protestantes et les manufactures de toile.
De violents débats s'étant ensuite élevés sur l'adresse, Débon M. Grattan déclara que le discours de sa m«njesté pro- dresse, mettoit beaucoup isans rien accorder, et confessoit l'état déplorable du royaume, sans présenter aucun moyen de soulagement : en conséquence il proposa un amendement pour qu'on fît au roi une peinture fidèle des éalamités nationales, et qu'on le suppliât d'accorder au peuple d'Irlande cette liberté de commerce à laquelle tous les hommes avoient droit. Pendant le cours de la discussion , quelques membres se prononcèrent fortement contre l'autorité du parlement britannique, et contre le droit qu'il s'arrogeoit de se mêler de la législation de rirlande, qui, formant une nation indépendante, n'étoit sujette que du roi et dé son propre parlement. L'amendement de M. Grattan étant considéré comme trop prolixe, on le modifia au moyen d'une déclaration portant que, dans l'état actuel des affaires, îl étoit hors de saison de temporiser, et que rien ne pouvoit préserver la nation de sa ruine qu'une liberté de Commerce illimitée. L'adresse fut emportée avec solennité du parlement aux applaudissements de la multitude; le duc de Leinster accompagna lui-même l'orateur depuis la salle des séances jusqu'au château, et les rues par où passa le cortège étoient bordées d'une double haie de volontaires en grande tenue.
88 HISTOIIIE D ANGLETERRE.
Oct. et Peu après on commença une enquête sur Tétai de k Mesm^es ''^'® ^®^ peusions, sur le service secret, sur la dette popuhii- nationale, sur l'emploi des subsides volés pour la dé* fense du royaume, sur les dépenses relatives aux campements, et sur le produit du fouage; ensuite on établit un comité d'enquête sur l'état de la nation. i5 nov. Appréhendant les obstacles que pourroient élever le meut ne parti ministériel d'Irlande, ou même le conseil-privé vote des jg l'Angleterre contre la liberté du commerce, objet que pour particulier de ses désirs, le parti populaire du parle* ^ois.* ^^^^ irlandois proposa de tenir l'administration dans une sorte de dépendance, en ne lui accordant des suLfsides que pour six mois. Comme cette mesure étoit Troubles vivement combattue, la populace de Dublin , peut-«tre à qui écla- J'instigation de ses chefs, ^arrogea le privilège de diri* publia, ger les opérations du parlement. Assemblée au nombre de cinq ou six mille hommes devant la salie des séances^ elle demandoit à grands cris la liberté du commerce et un bill de subsides pour peu de mois : elle arrêta lora* teur dans son carrosse, présenta à plusieurs membres une formule de serment, et contraignit ceux qui nétoient pas assez fermes pour lui résister, à s'engager par une obligation solennelle à soutenir les mesures qu'elle réclamoit. Un grand nombre de représentants furent insultés et maltraités ; mais ce fut particulièrement contre le procureur-général, M.Scott, qu'éclata cet orage de la fureur populaire; il entendit qu'on le menaçoit puibliquement de le mettre à mort; sa maison fut ruinée de fond en comble, et pendant que la rage de la multi^ tude éçlatoit en exécrations contre lui, sur les décom*bre^ de sa demeure, des lettres anonymes l'assuroient qu'il ne survivroit pas d'une heure s'il osoit voter Iç
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rejet d'un bill <ie subsides pour peu de mois. La force civile fut insuffisante pour arrêter le tumulte, et le gouvernement encourut le blâme pour^voir souffert qu on employât les volontaires préférabiement aux soldats. Aussi la populace, vers laquelle on se contenta d'envoyer une députation de gens de loi, ne se retira-t-elle qu après s'être lassée elle-même de ses excès. Le lende- 16 noT« main le procureur-général se plaignit à la cbambre des communes ; mais il eut la mortification de voir qu'elle épousoit les seniimetits de Ja multitude, et défendoic avec partialité sa conduite. Les débats furent très tumultueux; et la chambre consentit à la fin à demander, par vaie d'adresse, au iord-lieutenant, qu'il publiât une prodamalion pour Tarrestation des mutins. Les sub<> sides Qéanmmns ne furent votés 4] ue pour peu de mois, et cette mesure reçut la sanction du conseil , quoi<« qu'elle fût bien faite pour, mortifier Tadministratiofi,