LIVRE XXXVIL
Assemblée du parlement. — Discour» du roi. — Violentes discussions au sujet de l'adresse. — Soulagement accordé à rirlande. — Tentatives pour faire adopter au gouverne* ment des mesures d'économie. -^ Motion du duc de Richmond. — Burke communique son intention de proposer un plan de réforme éronomicpie. — Asseml)lée des francstenanciers du Yorksliire. — Établissement de comité» de correspondance. — L'exemple du Yorksbire est {»énéralement suivi. — Londres établit un comiié, — Burke prégenie son plan de réforme. — Il prononce un discour» remarquable. — RésuJuiion qui abolit le coaseil du commerce, — On nomnie une commission çliarg;ée de IVxamon des comptes publics. — On propose des bills à IVfîet d'exclure les contraciants. — Et de priver de leur droit de suffrage les officiers dji fisc. — Ces bills sont" rejciés. — État des places et pensions à la cbarpje de réchiquier, présenté au parlement. — Duels (pti ont lien entre différents membres du parlement, — Débats sur le mode suivi dans la levée des réginienrs volontaires. — Altercation entre lord Norib et sir Fletcber Norton. — Kombreusf'S péiiiions dt^s comtés et i\es cités. — Discours violents tenus lors de leur présentation. — Discussion drs pétitions. — Résolutions relaiives à l'influence de la couronne. — A remploi de la liste civile. — Et au soulagement du peuple. — Rapport sur ces résolutions. — Motion à l'effet d'obtenir un état de tout l'aigenl payé aux membres du parlement. — Vote ayant pour objet de déclarer certains officiers de l'administration inhabiles a siéger au parlement. — Indisposition de l'orateur. — Ajourpement. — Motion d'une adresse au roi pour le prier de pe point proroger la session. — Cette motion est rejetée. .-^ Indignation de Fox, — Nouvelles procédures relatives
GEORGES m. 9f
aux pétitions. — Le rapport du comité n'est point accueilli. — Observations générales.
1 ELétoiten général l'état du mécontentement et des 1779. israintes à rouverture d'une session du parlement ex- \Jl^^ traordinairement agitée dans tout son cours, remar- h\ée du 4juable par la violence et l'enapertement de ses débats , |^jç„t^ redoutable par ses attaques contre la stabilité du gouvernement et par ses projets illusoires de réforme et d'économie, et suivie de fédérations sans exemple et d'une explosion épouvantable de la fureur populaire, qui, dans le siège même du gouvernement, osa défier son autotnté, et ne bissa de moyen que la voie des armes, moyen toujours pénible aux vrais partisans de la liberté, pour sauver la constitution et défendre la vie et la propriété des citoyenSt
Dans le discours émané du trône, 1« roi dcclaroit au Disconr» parlement que toutes les considérations de son devoir, ^.jj*'^né, ' non moins que son intérêt particulier, appeloient la lég^luture à concourir d'une manière efficace à la dé^ fense du royaume injustement provoque, et entraîné dans une lutte hasardeuse contre une des plus terribk^s coalitions qu'on eût formées. Pour lui, se confiant dans l.a Providence , dans le zélé de ses sujets et la justice de sa cause, il étoit fermement déterminé à poursuivre la guerre avec vigueur, pour amener ses ennemis à des conditions équitables d accommodement,
llavoit considéré avec attention l'adresse de la der^ nière session relative au peuple d'Irlande; en conséquence il a voit ordonné que l'on communiquât aux chambres quelques pièces à ce sujet, et il leur recom«
ga HiSTOir.E d'angleterre.
mandoit d assurer la prospérité de ce royaume, è Ta* venir, par les règlements les plus capables d'accroître eu même temps la richesse et la puissance de toutes les parties de Tempire. Amende- Le marquis de Rockingham, s'élevant contre Tadrease, l'Tdresse ^^"^^"''^ '^ facilité avec laquelle les deux ambassadeurs proposé lord Grantham et lord Stormont s'étoient laissés abutrliambre ^^^ P^^ '^^ artifices de rjEspagne et de la France, et la de;i lords, confiance aveugle des ministres, qui naguère encore avoient assuré au parlement qu'on ne négocioit on même qu'on ne projetoit en Europe aucun traité contraire aux intérêts de l'Angleterre. Dans cette adresse, disoitil, on témoignoit delà reconnoissance pour les bienfaits du régne de sa majesté; mais cette prétendue reconnoissance, n^ayant aucun véritable fondement, étoit une insulte pour la chambre. En effet, aucun préjugé, aucune amorce n'étoient capables de faire confondre les idées de justice et d'évidence avec les idées opposées, au point de donner l'apparence de bienfaits aux causes mêmes des malheurs de la nation. Il fut un temps, à la vérité, ajoutoit-il, où l'on auroit pu féliciter sa majesté du bonheur dont on jouissoit sous son régne; c'étoit celui où elle monta sur le trône pour succéder à ses glorieux ancêtres; mais depuis dix-sept ans, cette prospérité n'avoit cessé d'aller en décadence , et la nation se trouvoit enfin réduite à un état d'abaissement sans exemple dans les annales de la Grande-Bretagne. Ce changement ne pouvoit être attribué qu'à l'adoption du système inconstitutionnel suivi dans l'administration, système faux dans ses principes, et dont les effets destructeurs s'étendoient à toutes les parties du gouvernement. Les officiers les plus capables avoient été dépouillés de leurs
rjÈôiîGEi tu, gï
etnplois; on s'étoit empressé de les écarter au moment où l'immiDence du danger les rendoit plus nécessaires que jamais; et lord Sandwich n'avoit pas eu honte de conserver la place qu'il occupoit, quoiqu'il n'ignorât pas qu'il empêcheroit ainsi les généraux les plus recommandables et les plus habiles de s'engager au service de leur pays.
' Après s'être étendu sur l'impopularité du premier lord de l'amirauté, le marquis de Rockingham signala l'incapacité de ce ministre comme une cause de l'a- ▼ersion générale qu'on lui témoignoit, et donna pour preuve la négligence qu'il avoit mise à défendre les côtes septentrionales du royaume. En effet, Paul Jones avoit tenu la ville de Hull dans de continuelles alarmes, et la consternation des habitants étoît montée à son combFe, lorsque Pierson, laissé pour la défendre avec des forces qu'on croyoit suffisantes, n'avoit pu, malgré tout son courage, éviter de tomber entre les mains de l'ennemi.
Il attribua ensuite les mécontentements de l'Irlande à la mauvaise foi des ministres, qui , ayant promis à ce royaume, avant la séparation du parlement, des mesures propres à le soulager, avoient depuis oublié totalement leur promesse, quoique la session se fût prolongée pendant sept semaines; aussi le peuple étoit resté dans un état pénible d'incertitude, les chefs des associations s'étoient rendus plus importants que jamais , et les concessions qu'on eût regardées dans le principe comme des actes de faveur, on les réclamoit actuellement comme des droits qu'il n'étoit plus permis de refuser, ou de modifier même en aucune sorte. De là le marquis de Rockingham porta son attention sur la
94 HISTOIRE D'ANGLETEnRÈ.
marche des hostilités en Amérique, et censura , avec U plus rigoureuse sévérité , la proclamation des commissaires , qu'il appela un manifeste incendiaire et abomi-* nable, et un avant-coureur de la guerre la plus horrible et la plus dénaturée; guerre non seulement opposée aux principes du christianisme , de la morale et de rhu<* manité, et aux lois observées même parmi les Turcs ou les autres nations barbares, durant le cours de leurs hostilités, mais sanguinaire, mais destructive au der-* nier degré, et capable de justifier les dévastations des Espagnols et des François , s'ils débarquoient sur les côtes les moins défendues du royaume, dans la seule vue d'y commettre des ravages, et sans espérance d'en recueillir aucun fruit. Il proposa Jonc un amendement où, ne conservant de l'adresse que le titre, « il supplioit « sa majesté de se rappeler quels étoient, à son avénec ment à la couronne, l'étendue, la richesse et la puis- « sance de l'empire, le crédit dont il jouissoit au de* « hors, la paix qui le faisoit fleurir au dedans, et qui « signaloit le commencement d'un régne aujourd'hui si M déplorable comme l'époque la plus heureuse et la plus « mémorable de l'histoire nationale , et de comparer cet « état passé du royaume avec son état actuel de danger, « d'épuisement» de discorde et même de démembrement « total, lorsque les différents parlements qui s'étoient u succédés depuis cette époque avoient prodigué des « subsides au gouvernement , et s'étoient abandonnés à «sa conduite avec une confiance illimitée.» Enfin il termina son discours en observant que rien ne pourroit empêcher la ruine entière de l'état, que des conseils et des conseillers nouveaux, et un changement véritahfe
GEOBOËS III. ^i
■mnené par une conviction sincère des erreurs passées , et non de simples palliatifs, qui ne produiroient aucun fruit.
La situation où se trou voient le royaume de la Grande- Bretagne et ses dépendances, devint le sujet d'une discussion fort étendue, et fut représentée comme souverainement déplorable par les ducs de Bichmond et de Grafton, lord Shelburne, lord Camden, lord Effingham, lordTownshendet lord Lyttleton ; ce dernier se montra de nouveau dans les rangs de l'opposition , et compara dans' son discours la guerre d'Amérique à une folie ile don Quichotte. Les lords de l'administration à qui étoient adressés ces reproches défendirent avec habileté la cause du gouvernement. Lord Stormont soutint que Ton ne devoit pas attribuer les calamités nationa* les atix confédérations des citoyens, à la situation de rirlande, ou à la conduite des ministres, mais plutôt aux divisions intestines du parlement, et au langage violent et inconsidéré tenu trop souvent dans son enceinte. Lord Mansfield déclara hautement qu'il croyoit l'union entière et sans j-éserve de tous les partis et de tous les citoyens seule capable de sauver la nation clans ces temps de détresse et d alarmes: vieux comme il l'étoit , il avoit déjà vu souvent le gouvernement éprouvé par des circonstances difficiles; il avoit vu des partis acharnés lutter ensemble, et cependant le passé ne lui avoit jamais offert l'image effrayante du présent. Il ne décîdoit pas à quel point, dans cette disposition générale ëes esprits, il étoit possible d'opérer un rapprochement; mais ce rapprochement devoit être l'objet de tous les wceiix. L état menacé réclamoit Tassistance de tous les
gô MISTOIIIE u'ANGLETERnK.
bras et de tous les cœurs; et quoiqu'un semblable concours , s'il avoit lieu , dût au moins prévenir le désespoir, les dangers que l'on cou roi t étoient si grands, que riiomme le plus déterminé pourroit peutrêtre y trouver encore des motifs assez forts pour ébranler sa confiance et faire chanceler ses résolutions.
L'amendement du marquis de Bockingham fut re»
Amende- jeté(l).
'"rr^"*" ^'^^^ J^^ï^ Cavendish proposa , dans la chambre des proposé communes, un amendement à l'adresse absolument con* chl" bre ^^^™® ^ celui du marquis de Bockingham. Là-dessus les des corn- débats se prolongèrent long-temps avec un emporte* ment extraordinaire ; et Thistoire nous offre peu d'exem* pies de discours si virulents et si hardis. L'opinant s'arrêta avec ironie sur le passage du discours du trône où il étoit fait mention de la divine providence; il observa qu'à la vérité la Providence étoit le grand allié à qui Tétat devoit particulièrement son salut : « En effet, di- « soit-il, si la Providence n'eût interposé son appui; si « elle n'eût fait disparoitre tout danger, une flotte infé- «rieure, des côtes abandonnées sans défense, et des « trésors épuisés n'auroient pu suffire jà protéger le «royaume, et des ministres incapables, négligents et ^ « divisés l'auroient entraîné sur le penchant de sa ruine. «Les absurdités, les négligences et les contradictions «de pareils ininistres,continuoit-t-i], étoient si mani- «festes, si scandaleuses et si coupables, que s'ils ne-f « toient bannis de la présence du monarque, si leur sys- «tème n'étoit entièrement rejeté, l'empire devoit iaé» « vitablement succomber sous l'effort des ennemis. » Lé noble lord remarqua ensuite que le roi n'a voit .pa9 (i) 8a voix contre 4i»
GEORGES m. 97
«[ans son discours, fait mention une seule fois de TAmérique, objet d'une guerre funeste qui avoit englouti des sommes immenses et tant de milliers de citoyens ; et qu'il n avoit désigné cette portion intéressante des possessions britanniques qu'en la comprenant dans les termes générau:^ « tout mon empire; » quoique cette omission d'une mention plus particulière pût faire croire que la nécesisité lavoit contraint de renoncer à toute prétei^iop de souveraineté sur les colonies.
On avoit mis, ajoutoit encore l'orateur, une négligence honteuse et coupable dans la défense du royaume et celle de ses possessions éloignées , dans la protection de son commerce et le maintien de Thonneur de son pavillon. Des sommes énormes avoient été votées pour l'armée, et dissipées en peu de temps , sans même aucune apparence d'économie.; aussi s'étoit-on trouvé dépourvu ensuite au besoin, et le corps entier de l'état étoit resté inerte et sans vie. L'administration de l'armée s'étoit signalée par les plus scandaleuses injustices : des militaires vieillis dans les camps s'étoient vu préférer des subalternes sans expérience , qui l'emportoient sur eux, non par la supériorité de leur mérite, mais par le crédit de leurs protecteurs ; et l'honneur injustement outragé avoit exhalé des murmures et des plaintes. Le négociant épouvanté craignoit d'exposer sa fortune sur les mers, dans un moment où le canal étoit couvert des flottes combinées de l'ennemi, et les routes de l'Océan presque entièrement interceptées. Ces craintes suspendoient les entreprises du commerce; les manufactures s'en ressentoient; la basse classe du peuple ne trou voit plus à travailla:, et la valeur des terres éprouvoit une baisse effrayante et rapide. Dans les In-
des o&cSdentaleè » lë^ François s'étoîëtit éttphté^ de Ta Domitiiqtiid, dis Saint-Vincent et de ]û Grenade; et tous les malheareux particuliers qui pcssédoient des propriétés dans ced lies avoient épkt>uvé les plûâ grandes pertes, ou même setmnVofent rtiinés totalement. L'Ecosse avoit été laissée sans défense, et sûr ses côtes désarmées il eût été facile à Paul Jones de détruire Glas^* cow^ Leith^ Greenock, et Edimbourg. En vaîii le peuple du Dumfriessliire avôtt demandé des armes t on lui ëfi âVoit refusé durement. Plymouth mréme, le second ar» :8enal du royaume pour la marine^ avoit été hôïiteuseinèfntlaégUgé; la séulô Prtôvidence ravoit garanti: les •flottes combinées des ebnemis avoreint une supériorité si grande que la flotte de la Grande-Bretagne, réiirce pour sa sûreté daâs le canal , au milieu des rociiers y •n'osoit pas tirer le canon de ralliement , pendant que rartillerie des alliéis tonnoit aux oreifles dn peuple, et consternoit Plymouth, dont la garnison étoit si foible et •si pen capable de résister que, sSriennemi eut débarqué, il aùroit pu l'exterminer entièremetit. « Nbus aurions -* combattu, dit M. Minchin, comme àe généreux An- .i^glois^ 'mais je suis certain que tioiis anHonstôus suc* «rcombé. w^
ï^etodantlecours démette discfi!rssîon,onacfcasa les pàx^ tisans du ministère d'avoir insinué que le roi étoit luimême son ministre, soti amiral en chef, ïon général, son secrétaire , son président au conseil , et son rntendân't -des finances. Quoique lord Northeùttiié cette assertion^ -M. Fox censura une docftrîne pareille, comme inconstittttioïmeUe et dang^reu'se, et teïidaht à transporter la reeponi^bilité ministérielle de cteux qui dévoient èâ 'Si^)|>brlër le poids ^ ^ut- «lui qui ne pùiuvolt 'être coupt-
Ue«t qaoa ne pouvoit appeler à- reodre compte. U déclara qoe, quok|t3« l'on attribuât en géoeral le$ mal*heurs publics à la perversité des mini^lxes , lorsque ce^ malbeurs oittrepassckot de certaines bornes on re^ montoit à la souree dont ils déceuloient , et le prince encouroit à son tour Tindign^tion de son peuple. Ainsi Charles I et Jacques II avoicmt payé les forfaits de i^ttrs ministres , Tun de sa vie , Tauliie de sa couronne; et leur desttaée étoit un avertissement salutaire pour tous les primas à venir de réprimer et non de suivre aveuglément les impulsions de leurs favoris. Sa majesté n'îgnoroit pas^ et elle ne devoit pas oublier un seul ki« atant qu'elle était redevable de sa couronne aux corn-* plots de la ifenâlle des Stuarts. Le descendant de cette race malheureuse et abhorrée , s'il en existoit un encore aujourd'hui, ne serait capabled^Hispirer aucune alarme par ses ambitieuses prétentions ; mais le régne actuel ne lui fonrniroit-il pas bien des sujets de reproche et de plainte? « Vous avez détrôné mes ancêtres, pourroit-il « dire, vous avez rejeté leurs descendants pour les for- « faits de leurs ministres , ^t cependant vos< mimstres « actuels sont dix fois plus ignorants et plus coupables; « et pendant que vous surnommez votre souverain le « meilleur des princes, ils font de son régne l'époque la « pins désastreuse qui ait jamais déshonoré la nation. »
• « Aucune époque antérieure de notre histoire , ob-
• serva ensuite Torateur, ne peut êti^e mise en parallèle « avec Fépoque d'aujourdîmi , excepté celle du régne « de Henri VI, Ni oe prince ni le i»i aotuel n'avoieant 9 reçu la ^c^uroftiie comme un -héritage de leurs aïeux ; « «les révolutions les avoient placés sur le trôqe. Tous «-les ^eux Be montrèrent 4és princes pieux et dqué^fie
lOO RISTOIAB D*AII6LBTBMB.
• qualités aimables ; Henri étoit fils du monarque I* « plus renommé qui ait jamais gouverné la Grande^
• Bretagne, Georges est le petit-fils d'un héros. Le
• premier se laissa enlever toutes les conquêtes de m son père et toutes les provinces que rAngleterra
• possédoTt en France ; le second a déjà perdu dans
• les Antilles toutes les conquêtes de son aïeul, et
• de ses provinces héréditaires s'est formé un em»
• pire indépendant qui refuse de le reconnoltre. Ja*
• mais cependant perspective de bonheur ne s'étoit
• montrée si séduisante qu'au commencement du régne « de Georges III : maître d'immenses possession», ce « prince étoit encore idolâtré^de tous ses peuples, et son
• avènement , flatteur pour lui , avoit comblé tous leurs
• vœux. Quel changement aujourd'hui! son empire est
• démembré, la division régne dans son cabinet, et se^
• sujets ont cessé de le chérir. Le peuple même, lassé « de ses malheurs , ne souffrira pas jusqu'au bout avec « une patience sans borne; il voudra se faire justice de
• ses pro|)res mains, et quoique les troubles qui ac-
• compagneront sa révolte ne puissent être ni justifiés
• ni compensés par aucun résultat avantageux, cette
• révolte n'en sera pas moins inévitable. C'est par leur
• perfidie , plus encore que par leur ignorance, que les
• ministres ont compromis à ce point le salut de la mo*
• narcbie: ils peuvent se flatter de l'appui de la majo« « rite et de la garantie des lois; mais quand les citoyens
• seront réduits à un tel état de misère et de trouUe, m que les lois ne leur seront plus d'aucun secours , de « pareils appuis ne pourront protéger des * ministres ■ cause première de tant de maux. Ce que les lois du « j)ays paroissent incapables de faire ^^ les lois de la na«
CEOAGXr fil. lOt
« ture k fieront; le peuple s'armera de ions côtés, ec « Toa apercevra dans ses rangs les hommes les plus « considérés du royaume. »
Lord Georges Gordon, doat Taudace et remporte^ ment effrénés avoient souvent scandalisé la chambre, attaqua le discours ^u roi comme inconvenant et ab* 8urde, et affirma que TadmiDistratioa n'étoit pas moins odieuse à Tlrl^ande qu'à l'Angleterre, et que le peuple d'Éoosse partageoit les mêmes sentiments à-peu-près. De là il censura le refus qu'avoient essuyé les habitants de Dumfriesshire, lorsqu'ils demandoient à s'armer, et lut une lettre du ministre de la guerre au duc de Queen-< abury: apostrophant ensuite subitement ce ministre * «£t vous, Charles fenkinson, s'écria-t-il , comment osâtes- vous écrire une pareille lettre? Ce que Robert Bruce n'eûtpas osé tenter, le ministre d'un électeur de Hanovre est assez présomptueux pour l'exécuter. L'on a rejeté la royale. famille des Stuarts pour n'avoir pas (^uté la voix du peuple , et l'électeur de Hanovre ne craint pas de mépriser cette voix. Sir Hugues Smith son, comte Percy (duc de Northumberland), armé de pied eil^cap, marche à la tâte de tous les gens de métier do Temple-Bar à Brentfort, et l!pn ne confie pas des armes à Douglas, grand comte d'Ecosse. Les Écossois sont irrité&de cette partiali|é, et exaspérés au sujet de la religioD^ convaincus qu'ils sont dupapisime de sa majesté.*
Ge torrent d'ipjures fut arrêté par un rappel à l'or* dre ; piais les dâsûts continuèrei^ avec un emportement démesuré. Les. partisans de ladministration ftirent personnellement insukés^ et menacés du ressentiment national* ff Trois oracles de la longue robe, dit M. Temple Xmlti^el, que la £délité singulière de leurs maisons re-^
^0% HISTOlftK I> AIXGJL&TERHE.
commatideBt sans douia à la Êiveur, ont mlrûdisiit dans le gouveroement ta plus funeste politique. Que le peuple paie où qu'il meure de faim^ oot été les paroles Uooni^ ques du Idrd^avociat d'Éocisae. Qu'où déchaliie les sauvages indiens, plus féroces que les chiens deColond», et qu'on se serve des ésclaives nègres pour faire maasacrep. leul*s maîtres, s'est écrié le procureur-général. Le Rnbicon ! le Rubicon! a été le mot du chef de justice dH baiic-du-roi , le dernier de ce paisible, de cet aioiable triumvirat. Avançons, a-t»il dit, à travers les proscrip^ tions, la dévastation et le carnage; et ce héros moderne du Rubicon , qui bientôt sera obligé de rendre compte devant un jix^e plus terrible que lui, au lieu de laisser après sa mort des commentaires sur les lois et la con-* siitutiou de son pays , &a laissera sur la guerre d'Amérique, où les généraux à venir, chargés d'exécutions vengeresses, pourront puiser les plus savantes leçons de barbarie, et approfondir l'art abominable d'aggraver les calamités humaines. Le jour n'est pas éloigné où , selon l'expression de Macbçtb , ce trio coupable dira , dans un lugubre concert : Nous n'avons enseigné que des maximes sanguinaires; elles ont été retaïues^ et nous en avons été les victimes ^ » .
L'aigreur extraordinaire de ces invectives rendit peut-être aux ministres leur défense plus facile que ne l!eût fait une opposition modérée dans la circonstance où l'on étoit. Mais l'excessive irritabilité et la violence indécente du parti de la minorité justifièrent cette. ,cA»^ servation,"que, pendant le cours de œs débats, on vit le phénomène politique d'un ministère qui n'é])rouvoit que des revers et d'une opposition impopulaire;
Tous les ministres déclarèrent qu'ils ne s etoient ja^
mais efForcés de cqmmuDiqq^r à l»UJ^ mesures la ca-* raotçre inviolable du souveraÎQ, Une ealreprise pareille; auroit été égc^lçmâ»t iDqoDçtitutîoiipelIe et absurde, depuis que la loi avQÎt attuctié h Iwvs foactiops une respQQsabilité que^ p^r aucup «iiliËce , ils ne pourrbient p^irvanif* s^ éluder. IjOi*4 North, à qui resta principalement con^é le spin d^ 4é£$Rdro radmioistration , simplifia sa défense çn cpn^tatant qu<i Ton n avcnt reproché au gouvernement quQ ce seul point, savoir que les farcçs n^valee du royaume étoient inférieures à celles tle Tepuemi: maïs peut-on faire un crime au ministère» dit-il ensuite, de ce que la France a pu rassembler se<» forcer dans le calm^ de la paix., et sans être inq^ic• tée? Que Ton e^amûae l^a résultats de la campagne, et Ton U*ouvera qu elle ^ retiré de ses préparatifs moins 4'ayantages que de honte. Elle a équipé une flotto fqrmidable; ^\\e a Ufienacé T Angleterre» et son armée i)9vale s^e$( retirée s^$ avoir pu mettre en ^exécution ses menaces; son but déclaré éloit une invasion, elle p'a pas osé les^écuter, et en cela ^e a donc été vaincue; elle a vainement f9it parade d'un armement prodigieux, ses trés^r^ ^pt ^é dissipés sanç aucun fruit, et je desirerois presque que sa flotte eût opéré un débarquement, convaincu qufi la milice britannique auroit ajouté une défaite à sa disgrâce actuelle. L'opposition n'est pas de bonne foi quand elle prétend que la Proyideuce a seule protégé notre commerce; elle n'ignore pas qu'uu amiral est haMle lorsqu'il lient en %cbec, avec treute-^ix qu quarante vaisseaux de ligne, soixante-six vaisseaux de l'ennemi ; elle ne peut pas up pas avouer qu'en occupant ainsi tout à- la- fois une Hotte immense dont les bâtiments (lUfoient pu tenter
«o4 HISTOIfiE d'aMGLET£KR£«
un très grand nombre d'entreprises partielles , Famirai anglois a rendu au comboierce un «ervice des plus signalés , et mérité les applai^dissements de son pays. Mais pouixjuoi, a-t-il été demandé, ne pas empééber la jonction de ces deux flottes ennemies? Je répondra! : Les ministres en ont eu l'intention ; mais les François , pour faire échouer ce projet , ont appareillé quand Tarmem^ent de leurs vaisseaux étoit encore tellement incomplet, qu'ils ont été contraints d'en faire rentrer plusieurs dans le port. La flotte britannique, sur laquelle reposoit le salut de l'état, ne pouvoit pas , afin de s'épargner quelque délai, mettre en mer dans un état incomplet d'équipement. Cependant , si l'amiral Hardy eût pu , dn* rant la campagne , apprécier les forces réelles de l'ennemi, il eût désiré et recherché même un engagement; et cet engagement n'auroit pu avoir qu'une issue glorieuse, la flotte britannique étant supérieure par ses manœuvres et par le courage et l'habileté de ses matelots. Au moment du danger, Plymouth a reçu des secours , et actuellement il peut braver tous les efforts de Ja maison.de Bourbon; pour la flotte, elle se renforce chaque jour, et quoique je ne voulusse pas rendre les disgrâces plus sensibles par des promesses exagérées, j'ai la ferme espérance que la campagne prochaine sera brillante et glorieuse pour nos armes.
Ensuite le lùinistre de la guerre justifia ou pallia divers actes reprochés à l'adiQinistration de l'armée ; et le procureur-général et M. Dundas appuyèrent à propos les arguments généraux de lord North par un assezi grand nombre d'observations judicieuses. L'amende-* ment fut rejeté (i).
Cl) ?33 voix contre il^-
CKORGBS III. Io5
Pendant le cours de ces débats il fut souvent ques- Discn»tion de Tlrlande, de la misère et des demandes de ses ^^^, ^^^ iafbrtunés habitants; et les membres de l'administra- ^^V!l^ tien donnèrent aux chambres des assurances positives Unde. qu'ils s'occupoient de projets d'arrangement capables de satisfeire entièrement cette partie de l'empire. Avant i*' ^^• qu ils eussent pu mettre en exécution ces projets, lord jç i^rd Shelburne, sur une invitation de la chambre, récapi- Shelbui^ tula les opérations du parlement dans la session précédente, blâtna la lenteur des ministres, et attribua à la négligence qu'ils avoient mise à venir au secours de l'Irlande le mécontentement de ce pays , et l'appareil menaçant de résistance qu'il déployoit. Le gouvernement, disoit-il, ayant abandonné totalement ce royaume, les principes de la constitution et le soin de sa conservation particulière justifioient le parti qu'avoit pris le peuple dé ressaisir l'autorité. Il ne vouloit cependant juger des sentiments de l'Irlande ni par la conduite des assemblées des provinces et des villes , ni par le langage des confédérés, ni parl'esprit général des habitants; il vou-r loît s'en tenir à une pièce authentique, à l'adresse des deux chambres du parlement, où il étoit déclaré « qu'un libre cottimerce pouvoît seul préserver le royaume de son entière ruine. » Cette adresse étbit l'expression des vœux et des sentiments universels, portés au pied du trône par l'organe constitutionnel et légitime des représentants de la nation; toutes les classes de citoyens, toutes les sectes, tous les partis avoient concouru à la former, et elle étoit le tableau fidèle de la situation de l'Irlande. Lorsqu'à la dernière session les affaires de ce pays avoient été soumises au parlement, quelques légères concessions, et l'espoir d'en obtenir un jour da-
to6 RISTOUK t>U^QttT^nKt.
vantage» auroient suffi pour le coutenter; mais deptlis» Imcapacité, Fijiconduite, et sur-tout la uégligeuce boii-< tense des ministres avoient réduit la Graode-Br'çtagM à cette triste nécessité, ou d'accéder à toutes ses domikiif des, ou de perdre à jamais l'Irlande comme elle «TCiil déjà perdu rAméri€[ue. L opinant accusa ensuite ônpar^ ticulier la mauvaise administration de lord Nortb. Ca ministre, toujours engourdi, toujours inattenlif, se trompoit, disoit-il, de gaieté de cœur, et, quelle que fût rimmiQence ou la gravité du danger, ne déployoit ja-» mais plus d'activité que de coutume : semblable à C9 général François à qui Ton vint annoncer qu'un corps de quarante mille hommes alloit être cerné par l'eu* nemi, et qu'on ae put jamais engager à mettre son cher val au trot.
Le noble lord passa ensuite en revue les plaintes et les griefs de l'Irlande, et signala comme leur cause prin»cipaie le pouvoir dangereux du gouvernement de disposer des revenus héréditaires et de conférer les bénéfices de l'église, et l'intervention du ministre, lorsque, dime la chambre des communes, il avoit fait rejeter les bills proposés pour le soulagement de l'Irlande, Aussi , disoitil , ce royaume mécontent , au lieu de dix ou douze mille fédérés, en comptoit quatre fois davantage, Inen équipés, bien armés, et se disciplinant de mieux en mieuic chaque jour. L'honneur et la dignité de la couronne se trouvoient honteusement compromis ; le glaive venoilt d'être tiré, et le peuple avoit pris les armes, animé par un double motif, celui d'assurer sa défense contre une puissance étrangère, et celui d'obtenir par la force une justice qu'on lui refusait, comme on lavoit refusée à l'Amérique, et que jamais on n'«uroit accordée ni à se»
CEORGE8 III. tO<7l
bumUes prières ni au récit de ses calamités. Il cônclot en proposant de censurer les ministres pour avoir nég;ligé de prendre^ en conséquence de Fadres^e du onze mai 9 des mesures capables d'assurer le soulagement âe rirJaude, et pour avoir laissé le mécontentemem s'aocroître au point de compromettre Tunion politique des deux couronnes.
Lord Hillsborough défendit la conduite de Tadminis* tration, et prouva qu'il étoit injuste de lui imputer aucun délai. Il allégua qu'elle ne pou voit adopter elle^ même des mesures pour le soulagement de llrlande, qu'elle avoit besoin du concours de la législature entière, et qu'avant de rien proposer à celle-ci il fa41oiC qu'elle eût pris toutes les informations nécessaires. C'étoit dans cette vue, disoit-il, qu'on àvoit écrit, au mois de mai, une lettre au lord-lieutenant ; au mois de juillet. Ton avoit reçu en réponse une foule de renseignements importants ; et depuis ce moment les ministres s'étoient occupés sans relâche de préparatifs dont ils communiqueroient bientôt le résultat au parlement.
Lord Sbelburne, et ceux qui partageoient son opi*' aion , amenèrent la discussion sur une prétention en* core plus extraordinaire que celle qu'ik avoient d'abord manifestée , proposant de censurer chaque membre du cabinet en particulier, «t tout le corps de l'administra^ tion à-la-fofs. Lord Abingdon rapporta là-dessus une menace de lord Lyttleton, mort depuis l'ouverture de la session (i ) , où cet honorable membne déclaroit qu'il feroit, au sujet des ministres, .des révélations qui met* troient en défaut leur imposture artificieuse et leur impudente effronterie ; et le marquis de Rockingham
(i) Le a- novembre 1779.
mS HisTOifti d'akgliterrr.
raconta tine anecdote relative à l*achat d'une charge d« M. Fox, qu'on avoit l'intention de conférer à M. Jen-» kinson, et qui grevoit annuellefnent l'Irlande de la somme de trois mille livres st. Mais lord Gower combattît cette proposition, quoiqu'il la crût bien fondée. «J'ai présidé, dit-il, pendant quelques années à la table du conseil, et j'y ai vu s'y passer en peu de temps des choses telles, que je me suis retiré convaincu qu'un homme d'honneur et de conscience ne pou voit y siéger plus long-temps. Actuellement, continua-t-il , les circonstances exigent de nous des déclarations plus formelles ; j ai été partisan , dans son principe , de la guerre avec les colonies, et maintenant je suis encore convaincu que la nation a des ressources suffisantes pour braver la coalition qui la menace ; mais afin de mettre à profit ces ressourcés , il faut rendre au gouvernement sa vigueur. » La motion de lord Shelburne fut rejetée(i)i*' aer. 1^ jour même où la chambre des lords discuta cette
IfolîOB 1 1 mT 1
faite à proposition, lord North communiqua aux communes
^h^A^' de nouvelles pièces relatives au royaume d'Irlande, l'as-
commu- mira qu'on lui présenteroit le reste au plus tôt, et qu'au
"**' bout de huit jours on lui soumettroit un plan qui con-
vaincroit les peuples d'Irlande des bonnes intentions
qu'avoit à leur égard le conseil de sa majesté. Cepen-
edàe. dant, malgré cette déclaration du ministre, le comte
d'Upper-Ossory proposa à la chambre une motion de
censure entièrement semblable à celle de lord Shel*
burne, et l'appuya des mêmes arguments.
On allégua contre cette proposition que la négligence
{*) Sivoii contre Sj.
CSO&QBft 111. fO0(
jdes ministres étoit sans preuve , et que les charges qu^on élevoit contre eux n'a voient rien de spécialement déterminé. En effet l'Irlande ne mentionnoit dans ses plaintes aucun acte du ministère actuel ; ses griefs remontoieni bien plus haut ; ils embrassoient une suite d'actes par* lementaires depuis la douzième année du régne de Charles II jusqu'à ravénement de sa majesté : mais à dater de cette époque il n'en avoit été porté aucun dont elle eût à se plaindre. Elle réclamoit la liberté du commerce; mais le ministère actuel avoit»il entravé cette liberté? au contraire il l'avoit étendue : c'étoit iSai quilavoit accordé à l'Irlande le droit de pèche au banc de Terre-Neuve, qui l'avoit encouragée à la culture du tabac et du chanvre, lui avoit permis l'exportation de ses étoffes de laine en Angleterre pour rbabillement de l'armée, et celle de divers autres articles aux côtes d'Afrique et aux Indes occidentales, et lui avoit enfin , dans le court espace de peu d'années^ fait plus de bien que toutes les autres administrations ensemble depuis la révolution. Le comte Nugent déclara que, quoique Irlandois et ami zélé de son pays , il désapprouvoit cependant cette motion ; il avoit proposé, disoit-il, etii considéfoit sa proposition comme sage et libérale, d'af-* franchir l'Irlande des entraves qu'on avoit mises à son commerce ; mais son intention n'étoit pas qu'on lui fit des concessions nuisibles à l'intérêt général de l'empire : il ne vouloit pas qu'elles fissent de tort au commette de la QTande-Bretagne;/et comme il desiroit également l'avantage des deux couronnes, il demandoit que l'on fît cesser le monopole qui avoit envahi plusieurs branches d'industrie, et fai^oit le plus grand tort à l'Irlande, sans être d'une utiUté réelle à l'Angleterre.
$10 HÏ5T0IIB B'AXCLETERRt.
Si loiè axdmîae avec iai|Kurtiaiité les raisoiss sur )e^ <|tteUes éioit appuyée la proposition de lord Shelbuméy iMEi trouvera peu de motifs de blâmer ou de décrier le laimstèré ; mais» par un systèpie affreux de perversité et de malice, on œ se lassoit pas de comparer Tlrlande ^x colonies ; ou affiranoit que la conduite de l'un et àe Tautre pays étek également coupaUe et rebelle, et Ton 4éfioit le ministre d'en tirer la même vengeance. « L'Irp laade, disoil^on, a secoué la domination britannique; m elle se regarde comme ind^Nendante, et elle est dé-^ « terminée à défendre sa liberté ; elle a résolu de ne con'*^ « sommer aucun 'Objet itti porté; le peuple de Dubllli a « donné le siignal de la révolte, et cependant on n'a pas « fermé le port de cette capitale, comme on a fermé celui « de fioston ; on n'a pas brûlé Cork et réduit Waterford • «n cendres : pourquoi ne pas défendre en friande les « assefiaWées de la multitude, et empêcher toute élec- «i tion populaire? Pourquoi ne pas changer le mode de u Q&mposi!ion du jury, comme on Ta fait par un acte à « r^^rd dia Alassachuset; ne pas forcw les séditieux de « DuUin à comparoâlre devant un jury composé d'Anf glois ; ne pas fermer les ports du royaume , et leur in- « terdire tous rapports commerciaiix? Pourquoi ne pas nnonaoer enfin les tarlandcns de la vengeance royale, « ne pas proscrire les princxpanix chefs qui tiennent « leur commission non de la cottronne, mais de l'élec-- « ^iosi des .corps qu'ils commandent, «et ne pas déclarer m leroyaumeeiiétatderd)eUioH? La réponse est simple «et facile; c'est que les ministres n'osent pas : une « oruelie et funeste .expérience leur a appris que ces « naoyens sont impralîcabies , et le danger qui les presse « en ce moment ji fait succéder en eux l'humiliation et
« h cniiBtte à la pré^otnptioû et à Torgueil. » La oaotion ^
ftiircfetée(t).
- Eq conséquence de ses promesses antérieures, lord ^f^' Hortix soumit à la chambre trois propositions pour le mencàc- -soulagement de l'Irlande. Il accordoit à ce royaume un YuUuàe^ droit d ex^rtatîott pour ses laines, ses étoffes de laine, «et les objets provenant de ses manufactures de verre; et une liberté illicoMée de commerce avtec les étabiisse*laaents an|g;lois, en s'ass^jettisant toutefois ù de cer- . faines conditions qui auroient .pour base une égaKté dû taxes et de droits à payer. Le discours du ministre fut «m des plus habiles ^ des plus si^sés et des plus satisfaisants qui aient jamais été prcmoncés dans le parle* joaiënt. Les deux premiers bills fm*ent adoptés sur-lechamp; mais la chambre voulut, avant d'adopter le troisième, c^isuker les dispositions de Tlrlanâe à son jégard. On employa toute sorte de manœuvres afin de «odiever rorg^iiieil des Irlandois; on^eur répéta qu'ils «voient des droits aux concessions qui leur étoient faites, qu'îles nétl>ietit pas des faveurs, et qu'ils les 4eVoient à leurs pt^paratifs militaires bien phis qu'à un mouvement spontané de l'afiBedeion des Ânglois. Mais toutes oes insinuation» furent vaines ; trop sage pour dépriser un biettfait réel par d'inutiles considérationd .«or le passé, k paiement irlandois iit éclater ime vive Batisfaction à la réception de ces actes ; il exprima sei^ «entâments de fidélité pour le roi, et d'estime pour la iégislature >britanl^ique ; et k peuple déclara que son attachement peut* l'Angleterre «toit sans bornes (a)»
<i) 173TOÎX cobtve Vdo.
(3) Foyez le Discoure ^i^ lord Irniram 4 Ir chasib«« deg coi !• a4 j^'^vic'^ 17B0.
|ia RISTOIftS D ANCLITEARI.
» fe>.. Ainsi 9 après une vaine opposition de lord Georges G0P* *' ^* don et de quelques autres membres peu infln^Ofts ^la parti de l'opposition, lord North exécuta son plan d'arrangement tel qull lavoit proposé, ajoutant seulement aux mesures déjà mentionnées la permission d'exporté les monnoies d'or et d'importer le houblon étranger, et autorisant les Irlandois à devenir membres de la com* pagnie turque pour le commerce du Levant. Tmtati- Pendant que l'administration cherchoit ainsi à réta^ ^^faire" ^'^^ '^ tranquillité en Irlande, on s'efforçoit d'un autre adopter côté à répandre dans la Grande-Bretagne un esprit de .
au parle- ^ ., i • 11 . • i
vent des niecontentement, et Ion appeloit iattention.du peuple mesures g^. ^^ objet qui fut.toujours de l'intérêt le plus grand aux yeux d'une nation commerçante, je veux dire les dépenses du gouvernement et le besoin d'économie. C'est un des devoirs les plus sacrés de tous les membres du parlement, que de surveiller avej; zèle l'emploi du trésor national ; ||ussi toutes les démarches que ce mo-. tif paroît diriger préviennent-eUes d'abord en leur feyeur la portion la plus éclairée et la plus sage de la société. Mais il est aisé de confondre avec l'accomplissement de ce devoir un appel inconsidéré aux préjugés du vulgaire,, et des déclamations empqrtées contre Téclat de la royauté , les frais énormes des places «Vie* cures et d'un grand nombre d'autres charges, et le luxcy de tous les employés de la cour mis en parallèle avec la misère du peuple entier. Ces indignes attaques manquent rarement leur objet, sur-tout au temps d'une guerre coûteuse et accompagnée de revers. Ce fut-ce moyen que l'opposition recourut, et elle mêla à un sujet de discussion dangereux et captieux par lui-mén>e» Tinsinuation plus dangereuse et plus captieuse encore.
GEORGES m. I i3
que les libertés de la nation étoient achetées de ses prppres déppuilles, et qu'on lui extorqupit des subsides qui ne servoient qu'à étendre Tinfluence illégitime du souverain. Tel fut le texte politique des discussions du parlement pendant le cours entier de la session ; on y ' revint tant de fois , on s'acharna tellement à le défendre, que Ton compromit la sûreté du gouvernement plus que ne Tavoient pu fait*e une coalition formidable • et la révolte des colonies.
En conséquence l^n censura avec une aigreur particulière tout ce qui avoit rapport aux subsides et nux dépenses présumées de Tétat, et Ton employa des moyens de toute espèce pour jeter l'alarme dans l'esprit des citoyens, et convertir l'attention que portoit le peuple à ses intérêts pécuniaires en une manie fébrile d'économie.
Le duc de Rioijraond essaya le premier de donner à 7 âéo* ces principes dangereux une direction conforme à ses ^^ ^^^^ vues : il proposa une adresse où il supf^lioit sa majesté Richd'avoir égard à la misère générale , et de songer que la ^^° ' profusion ne faisoit pas la vigueur des états, et qu'il étoit devenu indispensa})le de se rangera une sage économie, et de réformer les dépenses inutiles pour rendre au gouvernement tout son crédit'; il lui représentoit en fmêfne temps qu'une réduction considérable de la liste civile seroit un témoignage éclatant de son affection pour son peuple, et un exemple qu£ s'empresseroient de suivre tous les départements du ministère ; et il lui donnoit l'assurance que chacun des membres de la chambre consentiroit volontiers à toutes les réductions d'émoluments qui paroîtroient co^ivenables à sa majesté*
A Tappui de cettel motion, le duc passa en revue ao. " 8
iT/f HlSTOIfiï: D'ANGLETERRE.
i'état imposant des forces militaires que le royaume* étoit obligé d entretenir, les dépenses énormes qu& ce déploiement de forces nécessitoit, et raccroUsement effrayant de la dette nationale ; il opposa comme nd^ contraste à Tétat de la Grande-Bretagne la situation de la France, où M. Necker, dfens l'espace de deux ans, avoit emprunté près de quatre millions sterling, sans imposer aucune taxe , et en assurant d'avance I0 paie*ment des intérêts par de prévoyantes épargnes. Âinsi^, disoit-il, lorsque son ennemie invétérée adoptoit sagçmaât un système d'économie, TAngleterre se laissoil entraîner de jour en jour -davantage par un fatai esprit de vertige; toute sa propriété foncière étoit hypothéquée pour le paiement annuel de huit millions, et cependant Ton avoit annoncé déjà que ses forces de terre et de mer dévoient s'élever, pour l'année courante, à deux cent soixante-treize mille homtfies. Il ne vouloit porter atteinte ni à la splendeur ni à la dignité de la couronne; mai4 il pensoit que si le roi donnoit lui* même un exeftnple d'économie, tous les lords suivroient à Tenvi cet exemple. Ensuite, après être entré dans de p\n^ grands développements, il ajouta: «Je ne prête tends pas que l'on réduise les pensions de ceux 'qui « ont dépensé leur fortune au service de leur "f ays , et « l'on se rappelle avec assez de reconnoissance le nonè « des Pelham, des Walpole et des Pitt, pour que l'état- « regarde les appointements payés à leurs descendante « comme une dette sacrée. »
Durant le cours de dette discussion on aborda d'autlred questions populaires, tellefe que l'influence de la cou* ronne et le besoin d'une réforme radicale. Ensuite y^ èombatth la motion dti duc de Bidhmond en répondant
(^ÈORGiiis nu 1)1
t}ùô tous les faits dont il Tavoit appuyée étôient saué authenticité, que les mots réduction considérable^ qu'il avoit employés, étoient beaucoup trop vagues, et quW« cun ministre ae «eroit assez hardi pour donner au. roi des canseils sur cet objet; mais lors méfn'e que loa présenteroic une pareille adresse au monarque , rien i%a l'obligeroit à sV conformer* La. liste civile , réglée par uo acte du pai^ement, étoithors des atteiates d'une seule chambre, «t il ne falloit pas moins qu'un acte du parler aient, fondé sur de longues et difficiles recherches, poui:" réduire les différentes espèces de traitements* Quant à la liste civile, el]^ ne pouvoit subir aucune diminutioj» réelle, et ce seroit une démarche indigne du parlement^ après avoir toul: récemment voté une augmentation pour cet objets xde déclarer qu'il étbit incapable dé remplir ses engagements. On considéra cette motion comme n'ayant d^)au tre objet que le renvoi des miais très ; objet qu'il eût été plus honnête d'avouer dès le icoîn* mencement avec franchise; et elle fut rejetée (i). . M. Burke manifesta aussi l'intention de proposer, ^5 «^ec* aussitôt après l'ajourjuement, des réformes économie commu-» Crues aux communes, et d appeler leur attention surdea ?iq«eson
.1 111 • ^ A ^ 1,1 intention
règlements du plus haut intérêt. Comme le duc de de pro- Bîchmond, il vaata réconotnie de M. Hecker, et il ^^^^^^^1^ ajouta quda France étoit redevable à ce ministre d'une réforme marine créée de quelques cbétifs débris de ses flottes , **^ue!*^* échappés à la dernière guefire. Jatnais le ministère brî:^ tannique, disoit-il, n'a songé ^Téconomie ; jamais il n'a porté ses vues ^ur cet objet important , et cependant les principes des Bomains et la conduite constante dei
(i) 77 voix contre 37. >
Il6 HISTOIRE D'ANGLETERRE*
HoUaiidois auroient bien dû le convaincre de la vérité de cette maxime, Magnum "vectigal est parcimonia{\); inais, s'il néglige ainsi ses* devoirs, c'est à là chambre à' se montrer condescendante aux vœux du peuple. Après avoir parlé du froid accueil qu'on alloit faire à ses propositions, parcequ'elles avoient pour objet dé diminuer l'influence de la cour, l'orateur déélaroit que, des hommes qui n'étoient revêtus d'aucun emploi n'-ayant que dés conseils à offrir, c'étoit au peuple à achever le reste, et que, s'il abaoïdonnoic sa propi^ catise , personne ne seroit capable ensuite de le sauver. Tous les griefs de la nation , continuoit-il , avoient leur source dans l'influence exorbitante de la couronné; et bette influence elle-même dans l'excessive libéralité des communes. Bornée d'abord aux ordres supérieurs de l'état, cette influence avoit fini par s'étendre dan» tout l'empire; et il ne restoit pias une famille^ dans le coin le plus reculé et le plus caché du royaume, qnine sentît qu'elle avdit quelque chose à espérer ou à craindre des faveurs ou des disgrâces de la cour. Le gouvernement devoit jouir à la vérité d'un certain crédit ; mai» pour consolider le gouvernement. lui-même, pour lui concilier le respect , qui en étoit le plus ferme appui , il fidloit réprimer l'excès de son pouvoir. Tout le monde
(i) M. Burke, en citant~ce(te maxime, p^cha contre la quantité ea prononçant le mot vec^galyvectîgiiLM. Fox, dont Toreille cla8;iiq.ue fut choquée de cette faute, reprit tout bas son collègue. M. Burke, avec une présence d'esprit admirable , tourna cet incident à son avantage : « Mon honorable ami, dit-il, m'avertit que j*ai péché contre la quantité^du mot le plus important de^aa citation; je m en réjouis, puisque c'est une occasion de répéter cet inestimable adage, » et aussitôt il prononça d'une voix forte et animée : Magnum vect-i-gai €$t parcitnonia. *
GEORGES III. « k ^
pouvoit: s'apercevoir (le l'accroissement de la ^orrup« lioB, ainsi que de la diminution de Tautorité. La raison en étoit l^en simple : le gouvernement devoît avoir des forces proportionnées à ses besoins^ paais il n en devoil pas avoir davantage ; si elles suffisoient pour le sour jténir, alors même qull en abuseroit, ou quil lesnégligeroit tout-à-fait , on ne verroit plus que négligence et abus ; et Les agents du pouvoir se reposeroient sur lui du soin de justifier leur défaut d'ordre, d'activité^ de prévoyance, et le manque de toutes les vertus et de toutes les qualités essentielles à j 'homme d'état; il n'y auroit plus alors que das ministres, et le gouvernement seroit totalement anéanti «
« C'est ainsi , s'écria-t*-il , que vous voyez sur leur banc « et tranquillement assis devant vous les mêmes mi- « nistres qui ont cauaé la perte de treize colonies amé- « ricaines ; c'est ainsi 4|ue la France et l'Espagne ont pu « créer une marine formidable sous leurs yeux et par " leur négligence coupable ; c'est ainsi qu'ils ont pro- « voqué en Europe la défection de tous nos alliés. Et « cependant , aux Indes occidentales , troi3 îles nous « ont été enlevée» dans le eours d'une seule campagne ; « la Jamaïque a été presque totalement abandonnée ff Hicdgré son extrade importance , et l'on a étouffé toute u enquête au sujet d'un pareil abandon ; des troubles « ont éclaté en Irlande , tels que nous n'osons pas même « en faire Tobjet de nos débats ; et, quoique le biil qijii « les concerne réforme de grands et d'insupportables 1* abus, nous ignorons encore ce que nous pouvons. en il attendre. Toutes les facultés du parlement^ sont en- /i gourdies parla difficulté des circonstances; le bill, lu «.avec rapidité, a passé sans qu'aucune voix se soi|:fait
Ufi HISTOIRE d'aTIGLETERRR,
« entendre au milieu de cette consternatien générale | it le gouvenfementy â'il aToit encore quelqlie i^igueur, « ne Tauroit-il pa« déployée? Auroit-ôn porté atteinte, 4 à nos propres yeax et avec tant d'effronterie qu'on « Ta fait , à la pl»9 ancienne prérogsrtive de la cou-» K ronne, appliquée an plus important objet, la mi- » lice? Sa inajesté anroit-elle perdu Taffection de ses
# sujets irlandois d'une manière si déshonorante pour «I elle, que lorsque, sous les régnes précédents, ils vo-s $ toient quelquefois des subsides pour la durée d'un é régne entier, ou toujours du moins pour deux années, « ils n'aient voulu voter en sa faveur qu'un biU de sub? f sides pour six mois? Et }e gouvernement de Tlrlande « auroit-il été de la sorte renversé, et ensuite entièrerf #(ment désorganisé, si Tinfluence de la couromie eût « été son véritable ressort, si la oovruption eût consti-» $ tué sa vigueur, et si une vile cupidité eût été la base 91 sur laquelle il eût pu s'élever et se tenir inébran-
# lable? »
M. Burke observa ensuite que la foiblesse du gouver-t nement provenoit d'une excessive réplétion , et qu'une surabondance de nourriture dans l'estomac avoit dét truit la vigueur de tous les membres. Depuis long-^ temps il s'étoit assuré de Ja nature de ce désordre et du remède propre à le guérir; et s'il n'a voit pas communia que plus tôt ses idées, c'étoit une suite de son^peu de crédit et de sa manière particulière de voir, n'étant pas naturellement porté aux réformes économiques, et re^ gardant avec une timide mégance les nouveaux essais. Mais comme les circonstances demandoient une ré-? ibriney et permettoient de s'abandonner à quelque es-^ poir, il çroyoit ne pas devoir négliger cette oçoasiop ^
«ëORGES lil. 919
^ttO^u'il pensâàbieu que saa plan réussiroit mieux s'il 4(pll appuyé par ua mîaiftre; xepeDdwt U ne vouloil; pas le déveiopperMisncore en entier, et passant sous sifence4e$ moyens de rexéculer, il alloit se borner à en détejmiiner T^bjet^ et à faire entrevoir tes pnncipes sur lesquels il se proposoit de 4'établir.
Son oli^et élmjfc de présenta: ^n réglfiiaaent substantiel Autant qu'étendu, qui ^n^ttrait à la disposition du servies public deux cent mille livres sterling chaque an-* aée, e^ discnnueroit Tinfluence minîstériâUe de ciniquunle nominations au parlement. Cette réforme seroit .|»lus efficace pour £aire peedre au ministère ses moyens de copruption, ^ne^toat autre expédient dans |a vue d entffnver sa marche. £n ruinant ainsi à son origine tinflu^ïce de l'administration , les ref»*ésentants n au* ioient plus djntéi^t à se laisser corrompre par elle , tandis que si I on ne remontoit pas à la source de cette înâuence, rien ne pourroit Fempéoter d'agir sur le parlement. Malgré cela on ne devoit pas s'interdire de son« ger à des plans ultérieurs de réforme : en effet le plai; actuel serdit incppahle de fiûre un, sage ministre d un ministre sans prévoyance ; «t il poupiroit seulement prêter quelque secours à Thomme de bien, ^et déconcerter fe méchant.
Ensuite il développa les principes qui devient seWir de ftHidement à la réforme qu'il projetoit. Le premier, fondé sur les règles de Téquité, établissoit qu'on ne toucheroit à rien de ce qui seroit tenu à titre légal par un individu privé : le second avoit pour fondement la justice et rhumanité, et renfermoit des disposiéons favorables à ceux qui n avoient que leur emploi pour subsi&ler; il régloit que le gouvernement ne pouvant san^
120 inSTOïUE D ANGLETEKRE.
dureté, et la dureté étant en quelque aorte uae injustice, sacrifier, au montant de soarepMÛr, desindivîdi^ir qu'il .auroit entraînés daos une sitiiation particulière lorsqu'il se Uvroit à de folies prod^aUtés, les exclusions dévoient tondliér pnnoipaleoieiili ^ir ceux qui ocotipoient des emplois dont ils pottvoient être écartés pour dés arrang^ements ministériels ; et assiiréme&t le Jbien public étoit un* motif .dlesfilusion aussi valdble que 1« bon plaisir d'une administration ou le caprice d'un Jftâ* nistre : le. troisième principe étoit relatif au service de letat ; il déclaroit qu'oa ne supprimeroit, en %outott«n partie, le traitement légal et ordinaire d aucun empioir-. réelleipent utile à Tétat : le quatrième établissoit qu'il 9^ roit alloué un fonds suffisant pour récompenser te mérite et les services ; et le cinquième, qu'il seroit pourvu largement à tous les besoins de la couronne, et à toute la magniâcence qu elle pouvoir se permettre dans Tétat déplorable du pays; peut-être encore plu^urs personnes trouveroient^Ues que rou oonsaeroit à cet ob-* jet plus qu'il n'étoit convenablQ.
Ce plan, quelque présomptueux qu'il prisse, lut présenté avec beaiicoup de modération et de bonne foi : M. Burke le croyoit capable de ranimer la confiance du peuple , et de rendre au gouvernement la vigueur né* cèssaire pour continuer là guerre avec succès > et conclure une paix salutaire qui fermerott ks blessures d« l'état.
Plusieurs membres de l'opposition , et ce furent les seuls qui prirent la parole, donnèrent les pkis grande éloges au plan proposé par M. Burke. Cet or^ateur avoit témoigné, dans son discours, qu'il trou voit honteux pour la chambre des commmkeSj à qui étoit spéciale*
6EOROES III. 121
tti^nt confiée la (jarde du trésor dational , que la chambre' (iesf lords eût mentionné ayant eife la nécessité d un plan de réforme économique. M. Fox déclara à ce sujet qu'il arrivoit de la chambre des pairs, où les personnage» les plus estimés et leâ plus recommandables du royaume faisoient injure à la chambre des communes. « Chacune des attaques qu'ils dirigent contre les abus relatifs att trésor public, -et leurs attaques ont été puissantes et multipliées, est un empiétement sur nos droits ; chacun deJenrfi arguments pour demander une réduction dans les dépenses exorbitantes de Tétat, et leurs arguments ont été irréplicables , est une insulte pour nous ; et cha* cune «nfin de leurs déclarations sur Taccroissement de Tinfluence^ corruptrice de la cour, et cette influence lia jamais été si immodérée, est une injure à toute la chambre des communes. Les mêmes principes, ob*serva-t-il, qui entretiennent l'amitié entre les parti*culîers, fdnt naître Taffection du peuple pour le souverain ) mais quand les intérêts du souverain deviennent opposés à ceux du peuple, cette affection doit cesser. Est-il rien de plus indécent, lorsque les terres ont perdu un cinquième de leur valeur, que les rentes ne sont pas acquittées, que les manufactures languis* sent, que le commerce est expirant, que les peuples misérables sont écrasés par des impôts accumulés, que les citoyens de tous les rangs sont contraints de se refuser les plus innocentes superfluités, de réformer toutes leurs habitudes, et de se renfermer dans les bornes d'une sévère et d'une stricte économie; est-il rien ,dis-je , de plus indécent que d'avoir choisi 1 époque où tant de malheurs fondent sur nous, où la détresse est si générale, comme le moment favorable pour félf*
1^3: HISTOIJIK I^ikKGrLEÏERRE.
(Oiler la couroaiie et grossir la liste civile de cent miUk livres sterlôig chaqne aiMié^? Que le trône aeléve écla« laat $iir les ruines de la féltciié publique , qu il flourisse , avec un surcroit d'opulence, au milieu de la désolation et des plaintes de tous les sujets opprimés , c'est tm scandale monstrueux, c'est un attentat contre nature , c'est un outrage à la raison et une insulte aux calamités nationales, m 3o déc. Pendant l'ajouraeinent des fêtes de ^oë\ , une assem* bh''e"et ^1^® générale des francs-tenanciers du Yorkshire vota pétition une pétition à la chambre des communes. Elle repréfrancs- ^^Htoit quc, daus le temps même où une guerre difficile tenan- ç| ^^ tdxcs accumulées, jointes à la baisse des rentes York- et à la décadence rapide du commerce et des manufacehire. tureg^ rcudoieut indispensable la plus rigoureuse éco* nomie, un grand nombre de particuliers revêtus soit de places sinéiMres j, soit de quelques fonctions actives, jouissoient d'appointements énormes et de pensions qu'ils n'avoient méritées par aucun service public, pendant que la couronne acquéroit tous les jours une plus grande influence inconstitutionnelle, et menaçoit la liberté britannique. Un gouvernement, disoit^elle, n'avoit pas pour objet de payer des rentes à quelques inctividus, sa fin véritable et légitime étoit le bonheur de tous les sujets ; aussi le trésor de l'état étant spéciale» ' ment confié à la chambre des communes, les représen* tants porteroient atteinte aux droits et à la propriété du peuple, ils dérogeroient à Thonneur et à la dignité du parlement, s'ils faisoient aucune concession nouvelle de subsides , en sus des taxes établies , avant d'a-« voir pris des mesures efficaces pour corriger les abus introduits dans radministration des finances, réduira
génërale-s