ABT. XXII
Les^coQ^ributions, livraisons, fournitures etpresta^ tions quelconques de guerre, qui ont eu lieu dans les états respectifs des puissances contractantes, cesseront à dater du jour deTéchango des ratifications duprésent traité.
ABT. XXjïI- .,î. , i .
S. M: l'empereur el la république iiriançoise conserveront entre elles le mémç «éiéinonial , qqênt an rang et âux autres étiquette, qjue ce qui a été constamment observé avant la guerre.
Sadite majesté et la république cisalpine auront entre elles le ménxe c^éB9<mi?d d'éti^oette ^e^cdui c^i étoit d'usage entre saidite: majes^ et Ip république; dé. Venise. ART. XXIV. .,.1 . . .
Le présent traité.depaix'est déclaré coaunun à la ré'" > publique batave.
•,..;... . iART., *XXV* . ■.■-, î - ■ ■
Le présent traité sera ratifié parrS.i M. remp£retir, roi de Hongrie et de Bohéîne,.€t la république françoise, di^ns l^espac^ <le. tjrente jourâ^ -à dater d'aujourd'hui,, ou plus tôt , Bi faire se pe»}]^ *etF}es ^tea de ratification , en due, forme,, seront éch^lgés^èBastadt. . ! ^ - ... i
. Fait et^ signé à Caippo^^gl^mio , près d'UBiae,, le 17 octolw*e 1.7Q7. :' r-^''',.'i :;l i. î . î
Signé, Bonaparte^ le marquis de Gallo\,I^ms comte de Cobentzly le comte de Mç^rfildty le baron de DegeU mann. ', • . . «■ • f^!
GEORGES III. 'l8ï
La ratification etia signature de ce traité souffrirent — — — quelque$ délais ; ce qui jieVaceommodbit pas avec rim- ' ' ' patience de Bonaparte. On prétoftd qu'après( s*êtfe expliqué «ans ménagement à cet égard, il brisa de colère un beau cabaret de porcelaine , en disant aux plénipo- ' tentiaires : « Voilà comme je vous traiterai , puisque « vous le voulez. » ■
C'étoit encore pitts Faction d'un enfant mutin et turbulent^ que celle d'un général victorieux fatigué des lenteurs de la diplomatie..
Les triomphes dé la France ne ranienoient point la Siruation
•11. ^1 ii. ^ . -M- ^ 1 i. . 1 intérieure
tranquillité dans Imterieur. Les républicains et les delà royalistes étoient en présence. Au renouvellement an- France, nuel d'un tiers du corps législatif, le choix des électeurs tomba sur plusieurs {Personnes connues par leur attaichement à la monarchie. De ce nombre étoit le général Pichegru. Letourneur sortit du directoire, et Barthélémy, négociateur estimé, le remplaça. La session s'ouvrit au moiè de mai. Dès les premières discussions, trois partis se manifestèréht ; celui des modérés , accoutumés depuis longtemps à louvoyer; des révolutionnaires, embrassant encore le 3imulacrede la républîqîle ; des royalistes, dévoilant presque leur pensée, devenue moins timide. On osa proposer des mésures*favoraMes aux parents d'émigrés. On se plcMgnit des rigueurs exercées contre les prêtres non-assermei^és. L'administration du directoire fut en butte à des attaques répétées, qui portoient de graves atteintes à sa considération. Aussi le gouvernement étbit-il à peu près niiL. Lés choses iUiUoient par une impulsion automatique. Les lois nouvelles n'étoient observées qucipar ceux dcMit elles sèr*voient les intérêts, X)n revenott ouvertement aux -an*
l6a HISTOII» 0^ ANGLETERRE.
- ciennes habitudes; et si la révolution étoit feiife dans
^^^* les idées, eUe n'étoit pas fiiite dans les mœurs.
Le jour de Tauftivarsaîre db 1 4 juHlet ; Bonaparte inla fructi- farma $es soldats qu'il se tramoit un pmjet de'contreré volution. « La cause de la république , leur di#41 , étoit « entre leurs mains. Ils avoient versé leur sang pour • « elle ; il leur appartenoit de la défendre. » L'armée répondit par des acclamations unanhnes. Ce témoignage de ses sentioients engagea le directoire à se mettre sous la protection d'un corps de troupes tiré de cette année. Cette précaution lui sembloit nécessaire pour tenir en respect les royalistes. Caraot et Barthélémy désapprouvèrent ce dessein, qui, selon eux, prenoit un caractère hostile. Le directoire se désunit. Barras, Rewbel, et La Réveillère-Lépaux , conspirèrent^phtre les deux autres. Lé 4 septembre, les habitants de Paris entendirent, au point du jour, le canon d'alarmé. Les deux conseils furent cernés dans le lieu de leurs séances. Le général AugereaU reçut dès trois directeurs l'ordre d'arrêter Piohegru, Willot, et dix-sept aufres députés. Barthélany fut déporté sur le sol brûlant de la Guyane ; Carnot s'échappa. Gettë mesure violente, qui ranimoit toute l'activité d«s passions révolutionnaires, s'appela ta réi^lution eu 1% fructidor.
Merlin de Douai , ministre de la justice, et François de Neufchàtèau succé4^rent aux deux directeurs , condamnés â là déportation par leurs collègues. Le» n^go- L'Angleterre s§ntoit le besoin de terminer une guerre pouHa q«i la ruinoit à pure perte , et qui , depuis si long-temps , paix sont pgsoit SUT elle. Le ministère fit donc connoître au direcet rom- toire,. le premier juin, qu'il reprendroit volontiers les P"^'* négociations^ interrompues. Le gouvernement françois
oEonaxs. m, i83
ajgréa cette ouverture. Lille fut désigné pQur le lieu des """^
conférences , et lord Malmsbury s'y fendit dans les premiers jour» de juillet, ^tns entrer à cet égard d^s yn <létail inutile, disons que les premiers plénipotentiaires irançois, Pléville, Maret, Letourneur, avoient aplani tous les obstacles, quand fe directoire leur substitua 4eux hommes qui mirent à la place des formes conciliantes et de la bonne foi, toujours persuasive, la hauteur et la dureté qui leur étoîent prescrites. Lord Malmsbury quitta X^ille le 18 de septeoibre.
On a cru que ces négociateur^ ne s'étoient montrés arrogants que par un pre^ntimept des difficultés que les troubles de Tlrlande alloient susciter à l'Angle* terre.
Les dissensions de ce pays s etoient accrues au point Uo« que les mécontents, qui prenoient la dénomination iSîurrecd'Irlandois-unù^ avoient envoyé des députés en France ^'^^^ «"* pour solUciter son appui contre l'Angleterre. L adminis-: semble tration du royaume ne négligeoit rien pour reconnpitre procha*les foyers de la rébellion, pqur découvrir les dépôts d'armes cachés; mais les menées des rebelles échâppoient à ses pei^quisitions. G^ qu on apercevoit clairement, c'est qu'une grande insurrecticM^ étoit prochaine. . Le parlement d'Angleterre se réunit le n novembre. M. Pitt présenta l'état des dépenses pour l'année suivante. Elles montpient à vingt-cinq millions cinq cent mille livres sterling, et les impôts triplés étoient comptés au nombre des voies et moyens. Cet accroissement des charges publiques excita de vives et trop justes réclamations. «^
Frédéric- Guillaume II, roi de Prusse, mourut le 10 Mort du de novembre, à l'âge de cinquante-quatre ans. Il eut ^rLê€.
l84 HISTOIRE d'aNGLETEAAE.
"—"— ^ son 61s aîné pour successeur, sous le nom de Frédéric- '^'* Guillaume III. Ce prince notifia son avènement aux momhres du directoire françois, auxquels 11 donna le titre de grands et chers amis, Procla- • Les conférences rompues une seconde fois à Lille matioa excitoient à Paris des murmures inquiétants pour le directoire directoire. Il se hâta de faire afficher une proclamation françois. jnensongère, par laquelle il rejetoit la rupture de la négociation sur les seuls Ânglois. Il en accusoit leur orgueil démesuré, l'ambition d'un commerce exclusif et dominateur, le droit que ce peuple s'arrogeoit d'asservir ^ les ipers à son pavillon. Il aémentoit, comiàe calom-
nieux, un manifeste dans lequel le roi d'Angleterre reprochoit au gouvernement françois des prétentions toujours croissantes et des f»rocédés offensants. Enfin il annonçoit une descente de la grande nation sur nos rivages, et le parti pris d'aller signer à Londres une paix qui coûteroit cher aux éternels ennemis du nom françois.
Retour de Bonaparte arriva le lo décembre à Paris. On Tatten- Bonapar- doit avcc impatience; on le reçut avec enthousiasme, te ans. j^g directoire lui fit une réception solennelle au palais du Luxembourg* Narras, qui le regardoit comme son ouvrage, le combla d'éloges qui manquoient de mesure et de convenance.
Talleyrand de Périgord, ministre des affaires étrangères, homme d'un esprit éminent, lui dit, avec plus de finesse que de conviction : « Quand je pense à tout «ce que le général a fait pour se faire pardonner sa « gloire, à ce geût antique de la simplicité qui le dis- « tingue, à son amour pour les sciences abstraites, à « ses lectures favorites, à ce sublime Ossian qui semble
GEORGES m. l85
« le détacher de la terre ; quand personne n'ignore son ■""; « profond mépris pour l'éclat, pour le faste, pour tout '"^' « ce qui déduit les anies communes ; ah ! loin de redou- « ter ce qu'on voudroit appeler son ambition, je sens « qu'il nous faudra peut-être le solliciter un jour pour « l'arracher aux douceurs de sa retraite. La France en- « tière sera libre; peut-être lui ne le sera jamais. Telle « est sa destinée. »
Rarement une fête est-çUe une circonstance difme du Recueil
" du direc-
souvenir de l'histoire. Celle-ci nous a paru mériter d oc- loirc. cuper le lecteur un moment. La plupart des acteurs de cette scène y jouoient un rôle qu'ils démentoient tout bas. Le directoire couvroit d'honneurs un homme dont la gloire le faisoit frémir, et qu'il se promettdit d'annu- • 1er en attendant qu'il le persécutât. Le ministre félicitoit de sa modération celui dont l'ambitieux avenir n'échappoit point à sa sagacité. Bonaparte, dans sa réponse, insultoit les rois en aspirant au trône. En se montrant sensible à l'accueil théâtral du directoire, il méditoit la . ruine d'une autorité qu'il méprisoit.
La France n'envoyoit |las de secours aux Irlandois- Rébellion unis. Quelque prodigue que fut le gouvernement repu- Irlande, blicain d'argent et d'hommes , deux expéditions avortées lui faisoient craindre le succès d'une troisième tentative. Les Irlandois, réduits à leurs propres moyens, \ mais serrés de près par des mesures énergiques, résolurent de tenter la voie des armes. Ils organisèrent un comité militaire, qui rédigea des instructions pour les officiers et les commandants. Une populace nombreuse et désordonnée répondit à lappel de ses chefs. Ceux-A la distribuèrent sur plusieurs points rapprochés les uns des autres. On devoit surprendre dans la même nuit le
l86 HI8T0IRS D'ANGLETERRE.
château de Dublin, le camp voisin de la ville, et le pafc ' * xl artillerie. Mais un officier de milice , entré dans le complot pour connoître le jJan des conjurés, fit à Tautorité • la révélation la plus complète, et déconcerta leur projet. Les Irlandois, déployant ouvertement Tétendard de la révolte, marchèrent contre Wexford au nombre de quinze mille hommes. Un détachement de la garnîsoa sortit, attacjua les rebelles, et fut battu, La ville se rendit. Une partie des habitants protestants parvint à s'échapper; on s'assura du reste. Enniscorthy fut livré par les catholiques. Mais les vainqueurs reçureiU un échec à New -Ross, et, pour s'en venger, ils massacrèrent de sang froid cent cinquante prisonniers protestants ; car ce soulèvement prenoit le caractère d'une rébellion papiste. Les hommes' n'outragent jamais te ciel plus horriblement que lorsqu'ils croient combattre pour Im. •
Lm Le général Lake avoit réuni des forces imposantes. II
l^m^ attaqua le principal corps des révoltés à Winegar-Hill, en le défit, et le mit en déroute. Wexford et les autres ^^^' places dont ils s'étoient empâtés ouvrirent leurs portes ; il ne resta plus en armes, dans le midi de l'Irlande, que quelques pillards. Dans le nord, les contrées de Dpwn et d'Antrim prirent quelque part'à l'insurrection ; mais il fut aisé de les réduire.
B^ar- Peu de temps après ces événements , le comte de CornîeTeuf y^^^^^^ remplaça lord Cambden d^ns la vice-royauté cents d'Irlande. Il apportoit un pardon général pour tous en ^** ceux qui mettroien t bas les armes. Quelques uns des mo- Irlande, teurs de cette entreprise furent condamnés ; on modéra la peine de quelques autres, et la clémence désarma la justice. Le feu de la sédition paroissoit éteint, lorsque la
France essaya de le rallamer. Neuf cents hommes ,^coqimandés par le générai Humbert , débarquèrent à Killala ^^^* le 7.2 août. Ce corps s'avança sur Gastelbar, et se grossit de. quelques catholiques. Le général Lake le força de rétrograder, en abandonnant six pièces de canon. Les François tinrent, à tout hasard, la route qui souvroit devant eux. Lake les suivoit avec. sa colonne; illes atteignit à Ballkiamuck, et fit toute Tarmée prisonnière. Comment le génémjk Humbert étoit-il descendu sur la côte d'Ecosse sans Tassurance d'être secouru? comment s'engageoit-il, ^ec neuf cetits hommes, dans un pays défendu par des troupes régulières ? et par quelle étrange imprévoyance abordoit-il au moment où la sagesse du gouvernement venoit de lui ravir ses auxiliaires , en étouffant un complot dont tous les fils étoient à peu près rompus?
M. Pitt présenta le 26 avril un nouvel état des besoins Parîcdu trésor. Il portoit à vingt^huit millions cinq cent mille livrés la somme que nécessitoit l'augmentation des dépenses. M» Dundas fit la motion d'autoriser les homme^ comprit dans la milice supplémentaire à s'enrôler dans la ligne ; ce qui fut adopté sans opposition.
M. Wilberforce renouvela sa motion annuelle pour Fabélition de la traite des noirs; M. Pitt la soutint : elle fut néanmoins rejetée par la foible majorité de 87 voix ccmtre 83. La cupidité défendoit le terrain pied à pied. Le 29 juin Je parlement fut prorogé.
Le jour de la pompeuse apparition de Bonaparte au directoire. Barras avoît terminé sa harangue empha* tique par ces mots : « Allez, en châtiant le cabinet bri^ «tannique, effrayer les gouvernements insensés qui « tenteroient "encore de méconnottre la puissance d'un
menC.
l88 HISTOiBE D'ANGLETERRE.
« praple libre : allez puilir dans Londres des outrages « trop long-temps impunis. « D'après cette brutale péroi*aisony qui finissoit de la manière la plus injurieuse et la plus grossière, on se persuada que le projet de descendre en Angleterre étoit organisé ; qu'on avoit attendu Bonaparte pour le conduire, et que ee grand exploit alloit mettre le comble à sa gloire. Les mesures du gouvernement ne permirent pas d'en doiiter. Des oorps nombreux furent rassemblés sur Jks côtes , et prirent le nom alarmée d! Angleterre. On équipa des bâtiments dans les ports de la Manehe. Un emj|runt fut ouvert sur le fonds de la dépouUIe des trois royaumes^* ,
Le gouvernement anglois regarda peut-être cette menace comme un jeu de la politique des François ; mais il rassura la nation par les ordres qu'il donna pour la défense des côtes et pour garnir de troupes éprouvées 1^ points les plus exposés à l'invasion. Il augmenta la milice. Chaque comté leva des corps de cavalerie parmi les cultivateurs. Les villes et les villages exercèrent leurs volontaires avec la plus grande activité. Toutes les différences d'opinion disparurent devant l'intérêt géqjeral. Tous les cœurs étoient unis; tous les bras se levoiënt: la Grande-Bretagne eût défié Je monde entier.
Bientôt on s'entretint en France d'une autre expédition, ft et tous les yeux, dit un des meilleurs historiens « modernes (1), se détournèrent de dessus l'Océan pDur. « se porter sur la Méditerranée. »
Projets a Le directoire, dit le même, historien, usoit de la directoire " P^ix pour souiçcttrc les états foibles. » Résolu d'eiilî^iiirela yahir la Suisse, il commença par demander impérati-
(1) M. de Lacrelelle. •
GEORGES Itl. t80
VBment aux cantQns le renvoi de M. Wickham , agent '
de l'Angleterre, qu'il accusoit de soudoyer les émigrés, '^ * et de s'unir à leurs machinations contre la France. Cette cause de rupture fut écartée par le rappel de M. Wickham* Cependant les troupes françoises station-^ nées sur la froutière reçurent l'ordre de prendre pos* session d'une partie dlu territoire de Bâle soumise à la juridictiiNi des cantons , et qui leur étoit assurée par les traités. Pendant qu'on. adressoit des remontrances' au dir^l;oire pour. repousser cette preuîière agression,' des émissaires François disséminôient les principes popu'^ Jai^^dans les cantons! aristocratiques, où la noblesse et leS'.grandes familles étoient vues de mauvais œil. Depuis long^t^lmps le gouvernement du cantoq de Berne déplai* so^t au pays de Vaud^soÎK sujet. Tout*à*coup ce pays se déclaira lîf>re. Ses hahitants formèrent une aâsemblée dé représentants. ll« envoyèrent une députatipn à Paris. Us admirent, à titre d'alliés, des troupes françoisei'^, dont les chefs les grevèrent aussitôt de contributions , sous le , ' ' no%n de requissions amicales.
, Un soldat françois fut tué dans un tumulte. I^ gêné- Reddiral Me.nard, quicommandoit un corps de quinze mille Berne, hommes, et qui n'attendoit qu'un prétexte, ne laîsda pa3 é^apper Çeiui-là. Le gouvernement bernois se crut assez fort pour résister. Il leva des tcoupes^ dont il dotinâ, le commandement au baron d'Ërlach ; mais , avant que -\ '^^ d'en venir aux hostilités , il entama des négociations , i .. avec le général Brune, successeur de Ménard. La p»re-' ••• " mière condition* imposée par le directoire éioit l'accep^ tatiçn d'unejçonstitution écrite que ce général apportoit' les armes, à la main. Berne, la rejeta. Toutefois les • pourparlers se prolongèrent. Us duroient encore lorsque
igO HISTOUt d'aUCLETëRRE.
» Brune surprit l'armée suisse et la força de se retirer^ Il
*79^« demanda que Berne reçût une garnison françoise, et, sur le refus des magistrats, la ville fut attaquée. Dans l'action meurtrière qui précéda la reddition de cette place, une foule de jeunes |^s des familles *les plus honorées , et même plusieurs femmes , «n uniforàié 'de soldats ou d'officiers , périrenit QÏorieusement scms le» murs de leur patrie.
l«a chute d^ ce canton entraîna ce|le des autres can-* toi^s aristocratiques. Les dnq petits oanl^ûos démocra* tiques prirent unejattitude menaçante', et marchèrent sans effroi contre les vainqueurs de TËurope . Les efïbrts qu^ils firent pour se soustraire au joug méritent aussi bien de rester daps la mémoire des hommes qtte'K^iïtre' prise héroïque des fameux libérateurs de la Suisse (i). Cçtte terre de la Uberté ne vit que des hommesjieisreu x de^mourir pour la défendre^ ou désespérés de lui survivre. -, ■••' Organisa- I^'Helvétiè fut Organisée comme un département ûe l'Hehétre. '^ république françoise. Fidèles à let»p mission, éeé commissaires du directoire, plus destructeurs et plus cruels que la guerre^, saisirent toutes les caisses , pillè-^ rent tous les magasins.
Des événements qu'il n'a voit pas été diffid^le de pré* vpip nous rappellent en Italie. » . . ^
Rome . Pour remplir les conditions jâ tuaitéMe Tolentiiiô , envahie j^ jpfipe s'^toit VU Contraint de pressurer ses sujetSj^ac- François. jCQi^ttmés à des taxes très modéréefs. Au mécontentement qu'excitoit ce surcroît d^impoàitions se joignoit .egEbCore k développetpent des gei'mes révbtfationnaiires, «émés et cultivés par les François, très répandus dans
(i)GuiHaum€-1rell, Meldital, etc., etc. (i3o7),'
GooqIc
G£0RGE8 HT. 1^1
les états du pontife. L'insurrection se déclara le a 8 de ~~Tr* décembre ; et les chefs se rendirent au palais de Tarn- ^^* bassadeur de France , réclamant la protection de la ré* publique françoise pourétablir un gouvernement libre. Des soldats envoyés contre les mutins firent feu sur eux. L ambassadeur françois (Joseph Bonaparte) se montra sans les calmer. Un général françois fut tué dans la mélée« Toute la légation françoise quitta Rome, et se rendit à Florence. Il en falloit bien moins au directoire pour autoriser l'exécution de ses projets. Le général Alexandre Berthter entra dans Rome au mois de février, s'empara du château Saînt^Ange, et confina le pape au Vatican. On mit le scellé sur tous les appartements pontificaux.
Les François épuisèrent les habitants par d'immenses contributions; mais ils leur permirent de relever le fantôme de la république romaine, de créer des consuls, des tribuns, des préteurs ; déplorable ediâce qu'oft n'eut pas le temps d^achever avant qii'il s'écroulât. Rome offrit? pendani plusieurs jours le spectacle d'une viHe au-pillage.
Toutes lés précautions du roi de Sardaigne pour cou- Tarin re^ servir son mdépendance étoient vaines. Une révolte CTmbôn avôit éclaté dans la portion de -ses états qui touche au frânçoîM^ territoire de Gênes, et les rebelles s'étoiènt appuyés du secours que leur prétoit la république ligurienne. Le directoire ibtèrviiit au milieu de ces démêlés ; il demâfida l'admissioti d'une garnison françoise dans la citadelle de TuKn ; et*^ar cette mTefsure, à laquelle le roi B*6sa pas se refuser, les François se trouvèrent en possession du Piémont.
Ifous voici parvlsnus à cette grande expédition qui
." 7" de voit porter la terreur du nom François dans une autre
^ partie du globe.
Expëdi- Bon^arte n'avoit pas voulu retourner à Rastadt; d*Égypte. il répugnoit également à prendre le commandement de l'armée d'Angleterre. Le directoire , avec lequ4el ses relations étoient assez rares , en le négligeîmt croyoit le faire oublier. J^nfin ces gouvernants, qu'importunoit la renommée de Bonaparte , qui redoutoient ses préteo* tions et ses droits, saisirent upe occasion de s'en af* franchir en l'exilant avec gloire.
he projet de protéger par la Ibrce lés établissements François en Egypte remonjûit au duc xleChoiseul,. ministre de Louis XV; et différents mémpires présentés au gouvernement pour en indiquer les moyens étoient restés déposés au ministère des affaires étrangères. En 1 796 , Magallon , con$ul de France au Caire , pressa le ministre Lacroix de i^eprendre et d'effectuer cette idée; mais le projçt fut remisa des- ten:>pa plus opportuns. I^ directoire j vit plusieurs avjantagc^s ;, exi s'accol;dânt £jjec le grand-seigneur pour la. desjtx!PCtion des bèys , la France pouvoit trouver dans cette opération jde quoi
. ,, la dédommager de ses pertes commerciales : mais Bur- , ; . tput elle pouvoit inquiéter les^nglojL;S d^qs l'Indcj., De
* J". plus elle OGcuppit une armé§ dangereuse et i'empédboit de devenir l'instrument d'un chef . ambitieux tel que Bonaparte. Le dernier motif él;9Jif le piuspressa^^t».. ,.; Ce général accepta, le commandement de la flotta destinée pour l'Egypte ; mais il ajournoit le déport , tandis que le directoire n'omettok rien pour l'accélérer. Au 22 avril , tout étoit pr/êt dans.le port de Touloii^. La flotte se composoit de treize vaisseaux de ligne: VOrienl (à trois ponts), le FraiiklinfJeGuillaume-TvUj
le Peuple-Souverain y le Guerrier ^ le Conquérant^ le Ti- — -— ^— moléon^ le Spartiate, f Aquilon, le Tonnant^ V Heureux, ^^ * le Dubois , le Causse.
Les principales frégates étoient: la Diane, laJunon^ la Justice, la Courageuse , la Sérieuse, la Sensible.
Des bricks et des chaloupes canonnières.
L'état-major étoit à bord de l'Orient.
Le 19 mai y Tescadre et les bâtiments de transport sortirent du port de Toulon.
Le 9 juin, on entra dans le canal de Malte. Les batteries maltaises envoyèitent d'abord quelque^ bordées à Tescadre françoise. Bientôt après, le grand-maître Hom•^ pescb admit Tarmée dans les murs de La Valette; on s'empara des forts, et le drapeau de la république fraur çoise flotta sur les remparts. Ainsi périt, en peu d'heures, un gouvernement qui s'étoit soutenu sans aucune altération depuis que Charles-Quint avoit accordé File de Malte à Villiers de Tlle Adam , grand-maître de l'ordre, eni53o.
Bonaparte poursuivit sa route, et parut le 1 3 de juillet à la vue d'Alexandrie.
Nelson , chargé par l'amiral anglois ,. Saint-Vincent , Prise d'A. de se mettre à la poursuite de l'escadre françoise, cô- lYr^Bo'^ toya la rivière de Gênes et l'Italie jusqu'à Naples. In- napartft. struit, par les détails qu'il recueillit à INaples, des forces de Bonaparte et de la prise de Malte , il passa, le détroit de Messine, longea la côte de Barbarie, fit force de voiles, et prévint de trois jours l'arrivé^ des François ^ la rade d'Alexandrie. Bonaparte ne put dissimalçr ui)^ assez vive inquiétude : il pressa son débarquement^ prit Alexandrie d'assaut , défit lès beys, et se rendit majtr^ du Caire.
ig^ HISTOIRE. D'ANGLETERRE.
■ Le 1 «r août, Nelson eut connoissance de la flotte fran-
■7Î>8. çqI^q^ mouillée dans la baie d'Abqukir et commandée Saw par l'amiral Bruys. Ilrésolut<lerattaqueràrinstanl;et, '"'■• 3ans craindre la position des François, embossés en ligne de bataille et protégés par des bas-fonds et des batte* ries, il essaya de passer entre la tète de Tarmée françoise et la côte. Le capitaine Berry, commandant le Leander^ ayant rompu la ligne ennemie , le conibat s'engagea de la manière la plus terrible. On se battoit à la portée du pistolet. Englouties dans un déluge de feu, les escadres se crurent au moment d'être pulvérisées par le canon* ^
A la nuit plusieurs vaisseaux françois avoient amené leur pavillon. Bruys fut tué sur fOrierU, Pen de temps après sa mort une pièce de bois enflammée, qui tomba sur un baquet d'huile embrasa toute la partie supérieure de ce vaisseau; le feu gagna la sainte-barbe^ et fit sauter cette masse énorme avec cinq cents braves, dont pas un n'échappa. L'explosion fut affreuse, et telle, que la ville de Rosette, quoique séparée de la scène par une distance de quatre lieues, en ressentit une commotion alarmante.
Vicroirej Le capitaine du Tonnant, Dupetit-Thouars , eut les jj ff • deux cuisses emportées d'un boulet de canon, et ne put dire que ces mots : « Braves marins , équipage du Ton-^ %nanty ne vous rendez jamais. » On lui tint parole; tout l'équipage étoit mort lorsque les Anglois s'emparèrent de ce bâtiment. Les François perdirent onze vaisseaux et deux frégates. Ce combat honora d'autant plus Nelson qu'il eut à se battre contre des hommes intré* pides, et que jamais la valeur française ne fit acheter plus chèrement la victoire.
GEORGES III. t^S
Le sultan, informé de la défaite des François, envoya ~
les plus beaux présents à Nelsbn ; entre autres , une '^* aigrette de diamants , évaluée trente mille piastres. Le roi d'Angleterre voulut qu'il portât , ainsi que ses hoirs mâles, le titre de baron du NiL A Londres, on ouvrit une souscription en faveur des veuves dçs nuitelots tuéd sur la flotte victorieuse ; et le premier jour elle s'éleva jusqu'à quinze mille livres sterling.
Le gouvernement laissa dans la Méditerranée des forces suffisantes pour maintenir sa prépondérance^
Cet échec eût ruiné les desseins d'un homme ordi- Condaîto naire : le génie de Bonaparte n'en parut pas ébranlé; parte Privé de toute communication avec l'Europe , il créa "P*"®* ^^^ les "ressources qui lui manquoient; il pourvut aux he^ soins de son armée , défendit à ses soldats de troubler le culte des musulmans , interdit la levée des contrihu* tions en argent, surveilla l'entretieil des canaux^ établit une commission chargée de recevoir les plaintes de& habitants sur les vexations qu'ils pourroient éprouver^ assembla des notables choisis dans les quatorze provinces de l'Egypte , et prit avec eux des mesures poUr l'administration intérieure de leur pays.
Malgré tous les soins qu'il prenoit afin de rédonci- Re'volie lier le peuple d'Egypte avec la domination sous laquelle **" ^'**'**' il étoit tombé , le Caire se souleva \q txi octobre ; et ce ne fut qu'après une grande effusion de sang que la sédition s'apaisa. Des bruits opposés circuloient en Europe; selon les uns, la conquête de l'Egypte étoit termi* née ; selon d'autres, Bonaparte avoit été tué. Le premier avis qu'en eut sa famille lui parvint par le directoire.
L'invasion des états romains répandit l'alarme à la ^^ roi cle cour de Naples. Le roi conclut aussitôt une alliance avec /r„e*
196 HISTOIAE D^ANGLEtERAE.
— Tempereiir, au gi*and déplaisir du directoire, qui lui re- ^ ' prochoit déjà de ce qu'étant en paix avec la France, if
contre les ■^ . •' ^ . n 1
François, avoit soutrert que Nelson se ravitaillât dans ses ports. Cette permission étoit traitée d*hostiIe. Il est certain que Kelsron n'eût pas atteint aussi proniptement la flotte Françoise, si, faute de munitions, il avoit été forcé de rentrer dans le détroit de Gibraltar.
LesNapo- Le roi de Naples ne doutoit pas des intentions du dîr*en-* rectoire. Il voulut les prévenir, et mit à la tête de quatrefuient. vingt mille Napolitains un général Mack, appelé d'Allemagne , dit un historien , sur la foi d une renommée trompeuse. Après quelques légers succès , qu'il dut à la supériorité dû nombre , Mack se retira devant une armée françoise trois fois inférieure à la sienne.
La Porte Avaut le départ pour l'Egypte , Bonaparte avoit con-
declarela §^^1^ d'cuvover uu ambassadeur à Gonstantiuople, afin
fjuerre a J .
la France, d'^informer le grand-seigneur du projet des François; de s'assurer, sinon de son aveu , du moins de sa neutralité daûs le cours de cette expédition , et de lui garantir la reconnoissance de sa suzeraineté sur le pays qu'on alloit conquérir. Cela lui fut promis , et bientôt après jugé superflu. La cour ottomane , irritée d'une agression imprév^ue, déclara la guerre à la France, et conclut Alliance ^^^ alliance avec l'empereur de Russie. Paul abhorroit «le l'An- lai France révolutionnaire. Au lieu d'imiter la politique vi de la aviséc de Catherine , qui ne cessa de donner aux émi- Kussie. gj,gg jgg espérances qu'elle ne remplit jamais , Paul annonçait hautement le projet de renverser la république et de rétablir les Bourbons. Un zélé si passionné, joint à des moyens aussi puissants, fit considérer l'accession * de cc^rince à la confédération anti-gallicanecomme très importante. Aussi l'Angleterre se ligua-t-elle avec l'em-
GEORGES ill. «I97
pereur de Buâsie, dont la coopération fut payée par un ■ subside considérable. . 179 .
Les Anglois rentrèrent en possession de Mmorque: File se rendit au général Stuart , sur la fin de cette année.
Les Anglois et les François évacuèrent Saint-Domingue; et le nègre Toussaint-Lou vertu re fut reconnu chef du gouvernement.
La session d'automne du parlement britannique Pa^*s'ouvrit le 20 novembre. Le roi parla dans son discours de la glorieuse journée d'Aboukir, et de la répression des troubles d'Irlande. Le monarque russe et lempire ottoman eurent part à ses éloges; il âttendoit de leurs efforts unis des opérations décisives.
Les adresses accoutumées passèrent sans opposition : mais on observa que les victoires de la coalition qui succédoit à Fautre étoient au moins incertaines^ et qu'il eût été plus sage de les attendre que de l'en féliciter d'avance.
Le ministre, en présentant l'état des dépenses publiques.qui portait à vin.cçt-neuf millions deux cent soixante. ^*"î* ^"
j n T 1 » 11 • minisière.
douze mille livres la somme qu elles exigeoient, proposa d'imposer une taxe sur les revenus. Le développement du plan de M. Pitt étoit terminé par une série de résolutions, dont voici les principales :
« L'accroissement qu'avoient reçu les impôts existants n'aura plus lieu.
« Il sera remplacé par un droit de dix pour cent sur le revenu.
(( Ce droit sera perçu sur tous revenus excédant la somme de soixante livres; mais de cette somme à celle . de deux cents livres la proportion décroîtra.
jgè HISTOIRE d'anglsterre.
■*"—**" « L'état des revenus , évalué d'après la dédaratîey '^' des particuliers , sera soumis au contrôle des inspec* telirs, si Ton a des motifs de croire la déclaration infidèle. »
Le ministre estimoit le revenu de la nation à cent deux millions ; ce qui produisoit un impôt de dix millions.
De fortes objections s'élevèrent dans les àëuH chambres contre le bill rédigé sur ces bases ; mais il acquit de nombreuses majorités, et reçut force de loi. Message L'union législative de Tlrlande à l'Angleterre , objet nanUV ^'"** haut intérêt, occupa le parlement durant cette sesnion de siou. Un message royal apporté le 22 janvier aux deux à TAngle- chambres leur démandoit de rechercher et d'employer terre, des moyeus efficaces pour renverser de coupables desseins qui tendoient à la séparation des deux royaumes. Sur la motion qui fut faite de prendre ce message en considération, M^ Pitt prouva que le moyen le plus puissant et le plus simple étoit d'adopter dçs arrangements tels qu'ils consolidassent une liaison essentielle à la sûreté des deux royaumes. Il fit sentir tous les avantages que recueilleroit l'Irlande de relations toujours amies et toujours fraternelles , au lieu de ces aigres dissentiments qui tenoient l'Angleterre et l'Irlande dans un constant état ^'inimitié. Les résolutions que M. Pitt proposa pour 'fonder cette connexion des deux pays furent celleâ-ci :
« Les deux îles seront unies en un seul royaunne , sous le nom de rojaume-uni de Grande-Bretagne et d'Irlande,
« La succession à la couronne restera telle qu'elle est. « Le royaume -uni sera représenté par un parlement
GEORGES m. 1^99
GOBiihun , dans lequel un nombre de pain et de com- "— ""^^ munes non encore réglé , siégera pour Tlrlande. '^
« Le9 églises d'Angleterre et d'Irlande seront maintenues telles qu elles sont établies par la Foi.
« Les sujets irlandois de sa majesté britannique an* ront les mêmes privilèges que ceux de la Grande-Br»^ lagne pour le commerce et la navigation.
« Les mêmes droits seront acquittés par TAngleterrc €t rirlande.
«Le paiement de Tintérét do la dette de chaque royaume sera toujours effectué séparément par Tlrlande et par rAngleterre; mais à Ta venir las dépenses ordinaires du royaume-uni seront payées en commun par les deux ileSy d'aj^ès des proportions convenues et^fixées.
« Toutes les lois en vigueur et toutes les cours eccté« siâstîques et civiles de chaque royaume n'éprouVeronc que les changements dont la nécessité seroit démontrée par la suite au parlement-uni. »
La motion de soumettre ces propositions à toute la chambre en comité ne fut eombattoe qu'un mofneitt. Elle (détint une majorité de i4o voix contre i5.
Ces propositions subirent une nouvelle discussion à la chambre des pairs. Enfin les chambres réunies téàioi* gnèrent au roi qu'elles leur paroissoient assez sagement calculées pour opérer l'heureux effet qu'on s'en promettoit.
Ldè négociations de Rastadt s'étoieat arrêtées. Un Astassî. affreux événement , le massacre des plénipotentiaires "^.^ .^^
r . ^11 plenipo-
irançois , en avoit accompagne la rupture : les causes tentîaîde ce crime et le nom de ses auteurs sont encore enve- ^^!L'^^
çois à
loppés de ténèbres épaisses ( i ) . Rastadt.
(i) On accusa le directoire d*avoir prépare l'assassinat de ses man*
' L'armée russe s avançoit, forte ile soixante mille hom^
„ '^' mes commandés par le f%néraLSuwarofF, officier fréné'-
Nouvelle . in .|. . r -i i i i
coalition rai estime. L approche d un auxiliaire formidable et la contre |««.promesse des subsides de l'Angleterre engagèrent l'empereur à reprendre les armes. Il rassembla ses troupes sur le Leck, et fit signifier aux résidents françois, à Ra-^ tisbonne , à Munich , l'ordre de se retirer dans un délai de vingt-quatre heures.
Au mois de mars , le directoire déclara la guerre à l'empereur, et Jourdan marcha pour s'opposer au prince Charles, qui commandoit les troupes impériales. Les généraux autrichiens Hotze et Bellegarde entré* rent dans le pays des Grisons ; ils chassèrent les Fran^ cois du Saint-Gothard , et firent de la Simse le théâtre d'une partie de la guerre. Masséna, célèbre général françois, y commandoit en chef; il établit son quartier-gé-^ néral à Bàle, prit position devant Zurich, et s'y tint sur la défensive.
Les François n'étoient pas heureux au nord de l'Italie ; repoussés des bords de l'Adige , ils s'étoient re* tranchés derrière le Mincio. L'autrichien Mêlas passa cette rivière, et fut rejoint au milieu d'avril par le général Suwaroff , qui prit le commandement des armées combinées.
Succès^ La plupart des villes dltalie supportoient impatiem-* coalises ^^"^^ ^® j^^6 ^^^ François ; il étoit probable qu'au premier revers elles essaieroient de le briser. Aussi lë%oulévement fiat-il général dès qu'on eut appris les défaites
dataires, pour rendre la guerre nationale ^ en irritant le besoin de Ui vengeance. Peut-on supposer ce calcul atroce? Cependant cette opinion prit quelque crédit; et rien ne prouve autant combien le directoire étoit méprisé. ( Note tU /auteur.)
OKOBGES un âOl
dtes républicains, la fuite de Schérer, les progrès de Su- -— waroff. Le général Macdonald évacua Naples ; mais sa '^' retraite fut brillante. Il vainquit toujours, et reprit plusieurs places ; Modéne , «Reggio , Parme , Plaisance retombèrent au pouvoir des François.
Joiibert commandoit Tarmée d'Italie ; le i6 août, il livra la sanglante bataille de Novi contre Suw^aroff. Les François la perdirent, et leur général Joubert y fut tué. Moreau commandoit une division ; il eut trois chevaux tués sous lui. Cette affaire coûta dix mille 'hommes aux François , et presque toute leur artillerie.
Les Autrichiens étoient maîtres de Turin , de Milan , de Mantoue. Gênes seule restoit aux François de toutes les conquêtes de Bonaparte.
Masséna fut délogé du poste de Zurich ; il en prit un autre au-delà de la Limât, et larchiduc ne put ly for-^ cer. Lorsque le général françois n'eut plus affaire qu'aux Russes sous les ordres de Rorsakoff , il les chargea si vigoureusement qu'ils se retirèrent au-delà du Rhin, considérablement afifoiblis. Suwaroff avoit traversé les Alpes à grandes journées ; mais comme les secours qu'il attendoit des Autrichiens n'étoient point arrivés, et que la déroute de Korsakoff avoit relevé l'espérance des François, il prit la route du Tyrol et marcha sur Augsbourg. Ce fut là qu'il reçut de son souverain l'ordre de ramener les Russes dans leur patrie.
D'inévitables réactions ç'exerçoient à Naples. Cette Réaction capitale s'étoit rendue le* 20 juin au cardinal RufFo(i), ^ ^«"P*«»-
(1) Le cardinal Ruffo n*étoit pas prêtre ; au moins le disoit-iJ. L*anlear de cette note Ta connu pendant son séjour en France. Cétoit un homme d'un esprit Tif , discutant avec plus de subtilité que de raison^ et très- sujet k l'emportement. {Note du traducteur.)
aoa HISTOIRE o'anglcterri.
' prêtre guerrier, à qui son audace leiîott tieu d'hahikté
^^' militaire. Une armée confédérée d'Ânglois, de Russes, d'Italiens, de Portugais, débarqua sous TescortedeNel^ son, s empara du château de FOEuf , investit le fort Saint* Elme, qui capitula le la de juillet. Il fut convenu que les François seroient renvoyés chez eux, sous la condition de ne pas porter les armes jusqu'à leur échange. Mais les Napolitains fauteurs de la révolution françoist restèrent abandonnés à la colère d'une princesse vindicative, qui se fit une loi de ne pardonner à personne. ^ Nelson ternit une partie de sa gloire en s'associant à ces
vengeances. Un mot de lui prévenoit les cruautés, ou les faisoit cesser; il en fut témoin indifférent : c'étoit en partager la honte.
Pendant que rAllemagne et l'Italie tenoient les François occupés, l'occasion parut favorable pour soustraire la Hollande à leur domination. Les cours de Saint-James et de Pétersbourg concoururent à Texécution de ce des* sein, persuadées que la Hollande leur tendroit les bras comme à des libérateurs.
Prise de Vers la fin du mois d'août une flotte anglotse se pré* hollan- ^^^^ devant la rade du Texel. L'amiral Mitchell somma doise à la la flotte hoUaudoise de se rendre et d'arborer le pavillon Texel. orange. Lord Duncan, s'adressant au commandant de cette escadre, lui dit : «Vingt mille hommes et plus « sont débarqués au Helder. Ils seront suivis de phi- « sieurs autres corps. Voilà le moment de vous déclarer « pour M. le prince d'Orange, votre souverain légitime, « et de faire déclarer tous les vaisseaux réunis sous « votre commandement. Tous ceux qui se prononcè- « ront, en arborant le pavillon batave au mât de perro- K quet, seront reconnus pour alliés etpoui^amis. Quand.
GEORGES III. ao3
« j^annn donné connoissanoe de csetté rétolation au che* — — — « valier Balph Aberoromby, commandant en chef de ^ « notre armée de terre, ainsi qu'à Mitchell, qui corn- «mande la flotte sous mes ordres, tous les vaisseaux « dont les chefs aiment leur pays peuvent s^unir à moi. « J attends leur signal. >• ~- « Amiral, répondit Story, com- « mandant de la flotte hoUondoise , si j*acceptois la prot position que vous me faites, je mériterois Tamitié de « lord Dunoan , et le mépris de tout honnête homme. Je « sais ce que je dois au pavillon que je sers. Vos forces « augmenteront, dites-vous ; n'importe : mes sentiments « seront les mêmes. Attendez de moi, milord, une dé- « fense digne de ma nation et de mon honneur. Cepen- « dant j'adresse sur-le-champ votre sommation à mon « gouvernement. S'il vous plaît d'attendre ses disposi- « tiens, je vous informerai de sa réponse. » • liorsque ces nouvelles furent connues en Hollande, les généraux Brune et Daendels s'empressèrent de visiter les côtes. Tous les militaires reçurent l'ordre de passer les frontières. Toutes les barques de La Haye furent mises en réquisition. Après avoir fait couler bas un vaisseau de guerre dans le goulet du Texel, pour en fermer l'accès , la flotte bataye se retira dans l'intérieur du Zuyderzée.
La proclamation qui suit fut répandue par les soins du lieutenant-général Abercromby.
« Ce n^est pas comme ennemis que les Anglois entrent « sur le territoire des Provinces-Unies .
« Ces contrées furent libres autrefois : Tont-elles ou- « blié? Nous venons les affranchir d'une oppression qui «les avilit; nous venons protéger leur culte contré « Tathéisme, plus intolérant que la superstition; nous
2o4 HISTOIAE D'ANGLETERRE.
•"-"—— « venons les sauver de Tanarchie qui les désole et de ^^ « la rapacité qui les dépouille ; nous voulons les re- « mettre en possession de cette indépendance que le « plus grand des Nassau a conquise pour eux, que les « Frédéric-Henri, les Maurice, ont soutenue contre le « fanatisme et la persécution. G est à ces titres que leur « nation a dû Testîme et lamitié de TAngleterre.
A La Grande-Bretagne est accoutumée depuis long- A temps à voir en vous des amis et des alliés. Voulez- « vous Têtre encore? acceptez notre secours. Mais, s'il « se trouve au milieu de vous des hommes qui mécon^ «noissent Tinappréciabie douceur du repos qui naît . « d'un gouvernement légitime, ils seront traités par les .«( troupes de sa majesté britannique comme des enne- . « mis qui ne méritent aucun ménagement. »
La prise du Texel suivit de près cette proclamation.
La flotte angloise se mettoit en devoir d'attaquer, lorsqu'un navire hoUandoisde soixante-quatre, un autre de cinquante-quatre, cinq frégates, douze vieux bâti^ ments des Indes, se rendirent sans tirer un coup de canon. Quatre mille soldats mirent les armes bas; plusieurs officiers désertèrent. Mitchell fit à Tamiral une dernière sommation de se rendre.
Belle « Votre supériorité, répondit courageusement Story,
*^"de"'^* » ne m'auroit pas empêché de servir, en me défendant, Tamiral m le seul souveraiu que je reconnoisse , le peuple batave 2of"' «et ses représentants. Mais les traîtres que je com- « mande refusent de combattre : ils me contraignent de « vous remettre ma flotte. G'est à vous à pourvoir à la u sûreté de mes officiers et du petit nombre de braves A qui sont à bord de mes vaisseaux. Je me déclare pri-* ,u sonnier de guerre, et veux ctre traité comme tel. »
GEOitGES ÏII. ào5
Le duc d'York étoit en Hollande et commandoit Far- » tnée , qui , grossie de tous ses renforts , Anglois et Busses , ''y selevoit à trente-cinq mille hommes. Le a octobre il d*York attaqua sur toute la lif{ne'de Tennemi. L^action fut P^^®'^^'* chaude^ opiniâtre, et prolongée jusqu'à la nuit. Enfin demem les François se replièrent sur une autre position qui les ^^gu^,^ mettoit à couvert. La saison devenant rigoureuse, et ^
les habitants du pays ne manifestant rien en faveur des coalisés, ceux-ci se désistèrent d'une entreprise inutile. Mais avant leur départ les Anglois aétruisirent les arsenaux des Bataves et brûlèrent leurs magasins.
Les pertes de la république batave s'accrurent encore par la conquête que firent les Anglois de la riche colonie de Surinam. Elle se rendit au lord Hugues Seymour, commandant en chef dans les Antilles.
Nous avons laissé Bonaparte luttant avec avantage contre les diflBcultés de sa position.
Les préparatifs de guerre qui se faisoient en Syrie Suite d« Tinquiétoient. Des firmans du grand-seigneur contre "^n*" 1 usurpation des François étoient répaiidus ïivec pro- d'Egypte, fusion dans tous les états musulmans ; et les Anglois entretenoient l'irritation que les plaintes de la cour ottomane avoient excitée. Pour en prévenir les effets, Bonaparte résolut de porter lui-même ses armes en Syrie. Une des places les plus importantes de la Syrie, Saint-Jean-d'Acre ( l'ancienne Ptolémaïs ) , étoit la résidence du fameux Djezzar-Oglou, qui, long-temps en rébellion ouverte contre la Porte, se montroit aujourd'hui, pour lui plaire, le plus implacable ennemi des François.
La première opération de l'armée françoise fut le ^iége d'El-Arisch. Assez mal attaquée par des pièces
ao6 HISTOIRE d'angleterre.
' trop foibles pour battre en brèche, mais bien plus mal
^^* défendue, la place capitula le 20 février. Gazah se ren^ dit sans résistance ; Jaffa fut emporté d'assaut et sao cage. Le pillage devint aussi funeste aux vainqueurs qu'aux habitants, par le développement des 'miasmes pestilentiels que receloient les fourrures dont le soldat s'emparoit.
Le i4 mars, Tarmée se porta sur Sain t-Jean-d' Acre 1 et le 1 7 toutes les divisions manœuvrèrent pour asseoir le camp devant la ville. Bonaparte manquott d'artillerie de siège. Celle qu'il attendoit d'Alexandrie n'arriva que le 19 avril. Il n'en livra pas moins plusieurs assauts consécutifs et meurtriers, sans que le siège eût fait au* cuu progrès; et comme on reconnut un art de défense ignoré des Turcs, il fut aisé d'en conclure qu'un ingé^nieur européen dirigeoit le jeu des batteries et coaduisoit les travaux.
Pendant que cette place arrétoit l'armée françoise et la consumoit d'impatience, on apprit que les bords du Jourdaia et les hauteurs du Thabor étoient couverts d'une multitude immense d^ommes armés, Turcs, Mamelouks , Arabes , qui s'avançoient en désordre. Bo* na parte , pour ne pas se laisser envelopper, envoya d'ua coté Murât et Junot contre l'avant-garde. Il alla lui» métme avec Klébar attaquer le corps de cette armée, qui paroissoit combattre sans chef. Son artillerie, qu'il démasqua tout-à-coup, fut si bien servie, que l'armée turque, foudroyée sans relâche, fit d'inutiles efforts pour se rallier, et laissa les François maîtres de ses magasins.
Une neuvième et dernière tentative sur la ville de ' Saint-Jeau-d'Acre fil désespérer du succès. Il étoit temps