ao
3o6 UISTOIAE d'aNGLETERB£.
•~7^ — théâtre de leur dernière défaite. Ije iS de juin, le ibarév ^' chai Soult entra dans Kœnisberg, ancienne capitale de la Prusse; quatre jours après, Tilsit ouvrit ses portes à Napoléon. Un armistice y fut conclu le aa, et les torrents de sang qui couloient depuis si long-temps s'arrêtèrent.
/ Le Niémen séparoit les deux années. Les deux empe-
reurs eurent une entrevue le 25, dans une baraque construite sur un radeau ; ils se donnèrent des marques d'une considération mutuelle. Deux cent mille hommes bordoient les deux rives.
^TiL^^ La paix de Tilsit fut signée le 8 de juillet.
' On rendoit au roi de Prusse les conquêtes faites sur lui , tant en Allemagne qu en Silésie. Les provinces détachées de la Pologne en vertu du traité de partage, et réunies à la domination prussienne, étoient données au roi de Saxe (le traité nommoit ainsi lelecteur de Saxe). . Ces provinces recevoient la dénomination de grand-dw' elle de Varsovie, Le roi de Prusse accordoit une route militaire sur son territoire pour communiquer de la Saxe au grand-duché, La navigation de la Vistule étoit déclarée libre. Tous les ports prussiens dévoient être fermés aux Anglois. L'empereur de Russie reconnoissoit la confédération du Rhin, les rois de Naples, de Holjlande, de Westphalie ( ce dernier royaume étani réservé pour Jérôme, le plus jeune des frères de Napoléon). Toutes hostilités cessoient entre la Porte et la Russie. Retour Bonaparte revint à Paris s enivrer de rënoens àe^
de Bona- p^jgjgg et de ladulation du sénat.
parte à «^
Paris. Cette campagne mit le comble à sa gloire ; mais elle en fut le terme. Un caractère de démence s'imprimera désormais à ses desseins, et nous verrons ses succès
CEORGEis m. 3o7
tnêmeâ devcfnir un piège où le précipitera sod orgueil. ^
Nous h'entrerons pas dans le détail d'une expédition ^ ^[
angloise dont Tobjet étoit de forcer le passage des Dar- d'une
danelles, ou de bombarder Constantihople. Cette entre- ^?^*.® ***-
* . gloise «a
prise fit peu de mal aux Turcs, et coûta debx cent cin* Dane-
qnante hommes aux Anglois. ^ m^rclf.
Une autre expédition , commandée par le major-géné- ^Espédi- 'raï Makensie Fraser, partie de Messine le 5 mars, mit ^^l^^^fr ce général en possession d'Alexandrie. Ses troupes n'y contre pouvant subsister s'il n'étoit maître de Rosette et de drlê?" Rhamanieh, Fraser détacha quinze cents hommes sous les ordres d'un officier intelligent , pour réduire la pre-r mière de ces deux villes. Les Turcs se défendirent si vigoureusement que ce projet échoua. La disette de vivres devenoit chaque jour plus pressante; une nom*breuse armée s'approchoit, et les dispositions des habitants d'Alexandrie ne paroissoient pas très favorables. Ce concours de circonstances obligea Fraser de quitter l'Egypte, après avoir obtenu, par un article de la capitulation , que les prisonniers anglois seroient rendus.
L'île hollandoise de Curaçao fut prise par quatre fré- Prise de gâtes séparées de la flotte de l'amiral Dacres. Des forti- *«''aç«o> ficdtiohs régulières protégeoient le port, et le seul fort ^l'Amsterdam étoit muni de soixante^sJx pièces de canon. tJn assaut impétueux triompha de tous ces obstacles. La garnison et les équipages des vaisseaux restèrent prisonniers.
Une pleine réussite couronna dans le même temps de Monlà tentative de sir Samuel Auchmuty sur Montevideo. . ^erideo. L'amiral sir C. Stirling a voit disposé ses vaisseaux de liiàmère à ce que rien ne pût sortir du port sans être
3q8 HISTOIBE D* ANGLETERRE.
— ^ intercepté. Cette précaution fit tomber au pouvoir das
^?* Aoglois cinquante-sept bâtiments de commerce et plusieurs chaloupes canonnières.
Le (;ëné- Buenos-Ayres , repris par les Espagnols dans les dertXcke se "*^^s jours de l'année précédente, s'attendoit à de nouretire de yeauxefForts de la part des Anglois^pour réparer Téchec .Ayre3.' dont Timprévoyance de sir Home Popham avoit été la cause. Le général Whiielocke, nommé commandant en chef des troupes anglpises dans FAmérique méridionale, Fut chargé de réduire toute «la province.de Buenos- Ayres. Il quitta l'Angleterre au mois de mars. Le a8 juin, les troupes furent débarquées, au nombre de sept mille huit cents hommes , à la distance de trente milles de Buenos-Ayres. Après une marche difficile, elles se logèrent dans les faubourgs , et la ville fut investie. Les Anglois parvinrent à s'emparer de deux postes très forts, sous le feu des assiégés ; mais ils payèrent chèrement cet avantage par la perte de deux mille cinq cents hommes, tant tués que blessés. Linières envoya le lendemain un officier au commandant anglois pour lui proposer de rendre tous les prisonniers , tant ceux qu'il avoit faits la veille que ceux qui se trouvoient eptre les mains des Espagnols depuis l'attaque du général Beresford, sous la condition que les hostilités cesseroient aussitôt, et que les troupes ennemies sortiroient du Rio de l,a Plata: Liniçres ne dissimuloit point que tous Ices prisonniers étoîen t .exposés aux emportements d'une populace exaspérée; qu'il ne répondoit pas d'eux si la continuation du siège poussoit les habitants au désespoir, et qu'une fois coupables de cet excès, les Espagnols mourroient sûr la brèche plutôt que de capituler. Déterminé par ces motifs, Whitelocke accepta la pro*
GEORGES III. 3o9
position. Sa conduite fit ieter les hauts cris en Angle- ^ I terre ; on le traita de lâche et de perfide ; a son retour, il fut traduit devant une ccnir martiale , et déclaré, d'une I • voix unanime , indigne de servir le roi dans aucune fonction militaire.
i Whitelocke étoit condamnable sans doute,, mais'
I - peut-être moins ^joe ceqx qui Tavoient employé. I Le nouveau parlement s'asseinbla le 21 juin. L'an- Parle-
. . X 1 . . X 1 ment im»
î cien mmistere et le ministère actuel se trouvoient en p^nal.
I présence, et leurs forces étoient réunies. Le discours*
I du ntà i|''étoit pas fait?, il faut en convenir, pour mettre^
toutes lès opinions d'accord quand les adresses en ré- ^
{ ponse serôient proposées dans les deux chambres. En effet, lord Fortescue, membre influent de la chambrekaute, demanda que la dissolution du dernier parlement et les motifs allégués par lés ministres pour la justifier fussent jl^objet d'un amendement sévère. Lord' Howick fit une moûon semblable à* la chambre des communes ; mais Tun- et l'autre tentèrent un effort inutile, et cette double épreuve aamônça- que lé ministère étoit solidement établi.
Il régnoit toujours en Irlande une sourde formenta- Fermention , qui tenoit le gouvernemetit dans un état de dé- ^J^Ja^dc." fiance et de sollicitude.
Un bill fut proposé par sir Arthur Wellesley, secré^ M^snfe* taire de la vice-royauté d'Irlande, pour contenir Tes- P"***' prit factieux de ce pays. Le bill rehtroit dans les consédiapositions d6 Facte de 17^, qui conféroit au vice-ro? V^^^^' le pouvoir de déclarer en insurrection^ tel ou tel cothtif d'Irlande, et qui, par suite de cette déclaration ,- atitimsoit les magistrâtta à faire arrêter qûitoûque seroit: SlirpEtft hoit3 de éon doinieile eiMâfe h coucher et lelfe-
3lO HISTOIRE d'aNGLETEAUE.
^ ver du soleil: mais avec la clause expresse que les per-
' sonnes ainsi deienues, seroient jugées aux assises du trimestre , en présence d'un avocat du roi, que la coar délégueroit à cet effet.
Un autre biil tendoit à faire enlever leurs armes à ceux qui pouvoient en abuser. Les deux bîils furent convertis en loi, malgré lopposition la plus vive. M. Grattan reconnut qu'ils étoient nécessaires^.
L'empereur des François avoit avoué trop ouvertement le projet de ruiner Iç commerce a«glois en Europe, pour que le gouvernement négligeât un seul des moyens qui pouvoient rendre ses intentions moins nuisibles. Le prétendu blocus de TAngleterre étoit un de ces décrets ab irato que désavouoient également la raison et la politique. Par là Bonaparte déclaroit la guerre à toutes les puissances maritimes en relation avec la Grande-Bretagne. Plusieurs d'entre elles le lui représentèrent sans qu'il eût égard à leurs réclamations. De ^ son côté , l'Angleterre défendit à tout bâtiment neutre de fréquenter les ports.de France, ou ceux^de ses alliés; et cette prohibition redoubla les gènes du commerce, et contraignît les états Us moins forts d'opter entre les deux nations belligérantes.
{Situation Le Danemarck hésitoit. Sa foiblesse ne lui permetda lUne- ^^M P*^* ^® rester indépendant , et le livroit inévitableinarck. ment à l'une des deux puissances. Il se souvenoit de ce qu'il avoit souffert pour avoir pris part à la^coalitiou . maritime contre les prétentions de l'Angleterre, et ne vofiloit pas se.retrouver son ennemi; mais il redoutoit' les François, dont les armées occupoient le nord <le l'Allemagne,, et pouvaient, aîi moindre méomtentemepX, jenvabir le territoire continental du Danemarck.
GEORGES III. 3ll
Penl-être même Napoléon avoit-il des vues sur ce royaume; du moins les ministres anglois le supposé- * ^' rent. Ils agirent en conséquence.
Le a6 juillet, Tamiral Gambier mit à la voile d'Yar- L'Andemouth avec quatorze vaisseaux de ligne. Sir Samuel demanda Uood commandoit une division à Pavant-garde; Far- ^•^emiae rière-garde étoit sous les ordres du Commodore Keates. flotte. L'escadre arriva le 3 août dans la rade d'Ëlseneur. Le lendamain, elle remit à la voile, et se présenta devant Gopenhagne. M. Jackson , négociateur anglois, se rendit à Riel pour porter au prince royal les demandes du rpi d'Angleterre. Sa majesté britannique proposoit au prince royal une alliance offensive et défensive, en 9xigMBt pour garantie la remise de la flotte danoise , die la forteresse de Gronenbourg, et de la ville de Copenhague. Sqr un refns positif, M. Jackson déclara jt^fu, ^u que les hostilités alloient commencer. Toutefois elles gouverne furent précédées, d'une proclamation , dans laquelle ™*nois/ r^ngleterre exposoit ses motifs au peuple danois.
. K Elle attendoit du Danemarck, disoit-elie, un assen- « tinaent q^e son propre intérêt lui commandoit.
. « Les derniers traités de paix et les changements sur- « venus dans différents gouvernements et sur leurs fron- « tières , ayant été tous acceptés et reconnus par diffé- « rentes puissances, Tinfluencede la France est devenue Moi nécessaire sur le continent de l'Europe, qu'il est « impossible au Danemarck de garder sa neutralité. Le « roi notre maître né peut plus considérer la situait tîon de ce pays comme indifférente, et sa* majesté « britaniûque a fait demander au roi de Danemarck 6&^ « éctaireisseai.énts tels que les circonstances les ex4'* « gent.
3l3 HISTOIRE D'ANGLETERRE.
^' « Le. roi notre maître a jvi^é coBVcwablè de detnâii-
« der que tous les vaisseaux de ligne danois lui soiéïii
fc livrés dans ce moment et traifôportés- dans oo^ des
« ports de sa majesté, jusqu'à ce Recette précaMiofi
KSôit inutile. Nous venons ioi snr vos côtes, habitants
(«de la Sélande, non comme ennemis, mais pour nôtre
M commune défense. Il est su pouvoir de votre ^fcm*^
« Vj^nement de concourir avec nous à sa sûi;6té, etc. >, . »»
Du i6 au 18 août, la capitale fut étrcveement ki^
vestie.
La capi- Le 2 septembre, les batteries angloises et \m botit^
bombar- bardes firent un feu si terrible qùB Copenhague ol&oii
^^®- Timage d un embrasement général. Cetoient snt^otlf
leS' flèches incendiaires récemment inventées (fUit fai^
soient cet effroyable ravage* La ville capitula le^ 7, <9|
1^ vainqueurs se rendirent maîtres de la flotte.
U étoit difficile de violer plus insolemment les droils des nations et les lois de Téquité. L'£ttrope entière* ed fut indigpée. A^u reste, il s'en fallut beaucoup , toute morale à part, que les; suites de cette détenninatîdn eussent de quoi justifier le ministère. A pe^ne la flotte angloise eut^elle quitté la* rade de Copenhague quif tes Danois mirent en mer une foule de petits bâtiafents armés qui ne cessèrent de harceler le commeroe" an* glois, et qui lui portèrent un grand préjudice'. Tonte correspondance avec l'Angleterre fut ibterdîte sotH^ les peines les plus sévères. L'empereur dé Russie, dans une déclaration qu'il publia le Sr octobre», cita IV gression du Danemarck comme* un motif de rupture ; et' Napoléon lui-même eut raison^ cett&*fiQHi«P cotttre hB9
GEOKOES m. ' 3j5
ministres angioir, en les 'aëcus'ant d'un grattd attestât, I qu'îHenr enVioiC']iei3it*étTO. • ^
I . L'Ëspag^ ifoiidoii en ce tnonient k TËnrcipé legpee- Troubles I tacle d'une cour troublée par di»s dî<$sensi&n9 doïlics* courd^E»- I tiques, et d'un gouvernemientdégrddié. pigne.
\ La coofiance et ràtuchenieiil d« la reine d^Sspii^iié*
I pour b prince the la Vàbt n'étoîent pem-êtt«e durp69sé§ , que par Taveugle tendresse du roi pour le méine pem I somiage. Il existott à cec égërd entre les d^irx' époujC f une émulation déplorable. Le prince ée^ Asftiriëè^, jeune et plein de nobles sentiments V ^'^^pliquoit sans I détour sur un homme dont to cfrédit étoït stdHilié'par j les causes mêmes auxquelles on Tattribiioit; et qui, j^^ ^ gnant à cette raison d'être baï, toute riki^iente d\in ^ favori tranquille , avoit soulevé contre lui'FiiidighAtièâ ^ publique. On pense bien, dapfrès cela, que Otaddy lie nnénageoit pas le prince' des A^tUriès auprès' du rdi: I Aussi Charles IV regardoit-il son fils comme ùé eriiièiâèi^ déclaré.
Gelui-ci correspondoif seci^tement avec le efhànôttfé Bseoïquiz, son ancien précept^^r, homcdê instl^tiit' et' 29é}é, mais qui lui conseilla dans* ces circon^anc^â^'âif^ fidiles une démarche irréfléchie. Sortis sa dictée, le prîtiteeécrivit à Napoléon ; il lui dénonçoil 4e désordre du gdùvarnemmit espagnol, inij^lôroit son appui contre fe tyrtm du royaume, et lui demandoit là maiii d'une princesse' de son aitguste famille.
La lettre fut connue. Godoy n'eut pas de peiné à revêtir cet appei imprudent des appareûces d'ùnieî do^|ur«ti6n* FerdinalldiiFilt al'nété, sc^umis à toutes le^ butni* liÉtioiis d'U»iiit$rro|^tiiifre', et tiàelA à'solliëtér son pardons .
3^1 4 HiSTOltE d'aNCLETERRE.
Rien ne pouvoit être jJas favorable aux vaes secrètes ^' de Napoléon que la lettre du. prince des Asturies. Il intervenoit par elle dans les aflbires de TEspagne , et marchoit directement à son but.
Un historien observe qu'au moment de ces tristes débats entre Charles et Ferdinand ^ Bonaparte faisoit signer au vieux roi ce traité perfide, ouvrage du prince de la Paix , le traité de Fontainebleau, dont le but infâme et TefFet inévitable et oient d'envelopper le père et le fils dans un désa$tre commun. Cet acte ne laissoit aucun doute sur le. plan de ]!9afX>léon. Il vouloit envahir TEspagne pour donner un trône à Joseph-, envoyer Ferdinand régner en Toscane, reléguer la reine d'Étrurie dans la Lusitanie septentrionale, et s assurer de Godoy par la création de la souveraineté des Algarves.
Une convention secrète, faisant.partie du traité, por- UÀi qu'un corps de troupes françoises , au nombre de vingt-huit mille hommes, se réuniroit à seize mille Espagnols pour entrer en Portugal. L'article suivant annonçoit un rassemblement prochain de quarante mille hommes dans* le voisinage de Bayonne. Vers le milieu de novembre, cette arm^, qu'on grossit encore de vingt mille hommes, passa les Pyrénées sous les ordres de Apurât, qui cantonna ses troupes sur la route (le Bayonne à Madrid. Ainsi , l'Espagne écoit cernée de tous côtés, et Bonaparte , ne levant que par degrés le voile qui couvroit sa pensée, se rendoit maître de toutes les forteresses.
Le rr(jent La situation du régent de Portugal éi<nt embarras- Portuaal s^^^^^* pour Satisfaire à la deniifyi^de impérieuse deNas'embar- poléou , il fa)loit guc le fsou vern^ement portugais fermât
nue pour * i . / ' * f . ^ï
le Brésil, ^es ports aux Anglois, ou se préparât a la guerre. D un
OEOnGES I!ï. 3l5
autre cété, lord'Scrangford, ambassadeur d'Angleterre — , àrLisbonâe, feiéait craindre au régent tout le ressenti- ^*
I ment de sa majesté britannique , s'il obtelupéroit aux volontés de l'empereur des François ; et Sidney-Smith I menaçoit d'établir à l'embouchure du Tage le blocus le I plus rigoureux. Entre ces deux partis , le régent craignit I de se décider; il aima mieux s'embarquer sous l'escorte I d'une jBotte angloise, et le 29 novembre il fit voile pour I Bio-Janeiro. '
I ,. Le général Junot entra dans Lisbonne sans opposi- ^ tion, désarma les habitants, leva des contributions , ; traita les Poinugais comme un peuple conquis. I Le refus de ratifier le traité conclu Tannée dernière' Suites du , à Loàdres, entre lord Aukland et les plénipotentiaires *j!„7re"^ des États-Unis, avoit suspendu cette affaire; maïs les* rA»'ji'**choses etoient assez avancées pour que les deux nations \ç^ v:,;i«sfussent à la veille d'un accommodement définitif. Le 23' ^^'^^^ juin, le Léopard] navire anglois, rencontra la Chesapeaky frégate américaine, à la hauteur des caps de Vir- ^nie. Le capitaine du Léopard demanda très hautement à visiter la frégate, sous prétexte d y chercher des déserteurs anglois ; et, sur la résistance de la Cliesapeak^ •
il lui lâcha 3a bordée: la frégate fut forcée d'amener son pavillon. Cette violence irrita le gouvernement américain. L'écrit que le président publia pour s'en '
plaindre dénonçoit en termft très forts l'insulte faite h sa nation : « iiisnlte d'ailtant plus gratuite, disoit-il, « que les hommes réclamés par le capitaine anglois -«sont des dto^ëns natifs des États-Unis, et que cet of- -«cfic^epneFignijPoit' jjiaèv^ Le gôuvei'nemeiit prit aussitôt des mesures de rigueur contre les sujets de l'Angleterre* iKorrdoAnà (|M^fo«^4es. capitaines porteurs de
3l6 HISTOIRE d'aNGL£4^EBRB.
commissions du gouvernement britannique eussent à ^* quitter sur-le-cUamp les ports et les eaux dt»' Étals-^ Unis. Défense ixit i^ite à tout bétilnent anglois dTeAtm* dans les points américains, sinon pour s'y réfugier contre la tempête ou T^nnemi.
Révolu- Une de ces révolutions qui ne sont poilit rares à la cour
non en . ! • i * i o .•• r
Tarquie. Ottomane précipita du troue sultan oeiiiâ ; et, le 29 mai, Mustapha, son neveu, fut proclamé son successeur. 1808. Une commission ouvrit le parlement d*Angleterre le Parle- 3 1 de janvier. Le discours du roi, beaucoup plus étendu "périâr V^'^ l'ordinaire , porta spécialement sur l'attitude politique des autres puissances par rapport à l'Angleterre, et la conduite de TÂngleterre à leur égard ; sur les différents qui s'étoient életés entre la Grande-Bretagne et les États-Unis d'Amérique; sur l'état prospèl*e des revenus de l'empire britannique; suv la guerrç actuelle, qu'il appela juste et nationale. Sa iliajesté fiuissott en invitant le peuple anglois à déployer avec plus d'énergie que jamais ce courage qui lé caractérise; poar dissoudre une ligue que formoiéAt autour de lui l'orgueil jalofux et l'ambition désespérée.
D^bau Les débats commencèrent au sujet de renlévemeiit sur le jg j^ flotte danoise et du bombardement de Copen*
bombar- 1 1 *
dément bague. M. Ponsofuby traita ce fait en pttbliciste édaine, ^ l^ji. sans se permettre aucunes dédamations. Sous le point ^ue. de vue moral, la questioiAtoit jugée : cette atetionUessoit toutes les lois qui lient eoltieeux les peuples civilisés. Il restoit à considérer :
I ^ Quelles étoient les dispositions du Baliemarek relativement à TAugleterre avant l'attaque de Copenhague ;
a"^ S'il étoit vrai qu>pràs W traité de Titsîl la Russie
. . GEORGES in. 3l7
jaVût été dirigée que par les iippulsions du gouverne- "* mésai fi^nçois ;
'i^ Par quels jDoyens la France auroit pu forcer le D^ueBoiarck de se départir de son système de neutralité;
!4^ Si la France étoit en état de nuire à TAngleterre 4aQ8 la Baltique.
Pour arrêter Topindon de la chambre sur ces quatre
flOÎnts, M. PonJ$omby demandoit communication des
jMé^^S» Celfce partie de sa motion fut rejetée. Prouver
x|ue le Daneiroar;ck eût jnontré des dispositions enne-
l9Îepi9)^t^.dîfiScile; fiussi le papti ministériel neFessaya
l^iiit;. Seulement ilétoit probable que, par penchant ou
|>ar contrainte, le Danemarok entreroit dans la ligue
formée coQtre TAngleterre; M. Ganning tâcha de le dé-
inoç^rer. Quant au pouvoir de la France pour faire du
paném^r/cjk rinstrument dé ses volontés, les uns le
reconiiiureat, les autres. le nièrent. « Le territoire con-
« tinental du Dànemarck , disoient ces derniers , étôit
« effectivement ouvert à Tinvasion des François ; mais
K comment débarquer sur les îles danoises à la vue de
«la flotte? î»
Failoit^l aeipr^idre aucune mesure contre le Dane- Odard^? étoât-il permis d'en prendre d aussi cruelles? La discussion rouloit entre ces points extrêmes. Quelques iaêmbffes dëdàrèvent qti'il eût mieux valu courir le riaque de ^oîr la flotte danoise accroître les forces d^lll ennemi, de TAngleterre que de déishonorer le caractère national par une graqdeimqnité. Ces nobles sentiments furent applaudis ; mais de nombreuses majorités soutîorent le.mini^ère.
A la chambre des pairs, lpr4 Sidmouth vota pour une
3i8 HisToufi dV^^^^k/tebre. '
' adresse au roi, par laquelle sa majesté $éroksàpp)iél; d'ordonner que la flotte danoise fût entretenue de manière à ce qu'on la restituât sans dommage quand les circonstances le permettroient. On fut étonné de la defaveur avec laquelle fut reçue cette sage proposition.
Le décret de blocus rendu par Napoléon avoit motivé
de la part du gouvernement britannique des mesures
qui furent discutées dans les deuic chambres.
Discus- L'opposition condamna ces mesures en ce que le dé-
.sujet du cret auquel elles répondoient n'avoit pas reçu son exé*
«liiçret du cution. Le parti ministériel soutint que si Tennemi préblocus. , . î . :. 1 . 1 tëndoit aneantu* notre commerce , il nous donnoit les
mêmes droits sur le sien ; que si les produits des fa*
briques de TAngleterre et les denrées de ses coloiiies
éj:oient déclarés de bonne prise lorsqu'un bâtiment
françois s'en emparoit, toutes les lois de l'équité la
,plus sévère permettoient la réciprocité ; qu'en regar-
jdaut le décret comme purement comminatoire, on cou^
roit le danger d'être désabusé trop tard.
.. L|e parti du ministère fit valoir ces al?gtimetits avec
Aln.av^^tage qu'il tiroit sur-tout du oamctèrè de Napo«
léon, peu capable de ménagements et de menaces vaines.
EqÇn les deuschaoïbres adoptèrent iebill , présenté par
' ^e chancelier de l'échiquier, pôJur valider les ôrdi^es du
conseil relatifs à cet objet. , ; .^ ^ ; ».
Bii(](^et. ,; M. Percev^l Quvrit le.budgèt de l'année^ Les subsides
/étpipnt ^évalués à quarante- trois millions sterling pour
4' Angleterre ; à cijwj millions sept cent mille livres stcr*
J^ng pour l'Irlan4,e ; et l'impôt de guerre montoit à vingt
million^ sterling^ / ..'
On proposa plusieurs changements «utiles , notam^
• '■- 0EORGÈ8 Ifl. 3f9
ineilt dfârûs la législation crïminelle et dans radministra- "■
tion militaire.
Un bili qui défendoit pendant un certain temps de bjh
distiller toute espèce de grains cpmuva , de la part des •«n^'»"' *
1 11. 1 . !.. prohiber
membres habitants des prdvmces . une contradiction la distillatrès violente. Ce bill avoit un double but; de préve- *^°".*^«*
* grains.
nir une consommation trop considérable , et d'empêcher que 4a nécessité de recourir à 1 étranger ne mit le royaume dans sa dépendance; ensuite de favoriser les Antilles angloises, dont les productions manquoient de débouchés , à raison des gènes qu^éprouvoit le commerce maritime , tant rintérét de TEur^pe s'attachoit tsn ce moment à la péninsule.
Les choses ne tournoient pas au gré du favori. Godoy Suite des commençoit à s'apercevoir qu'il étoit le jouet de ses ^'E^papropres combinaisons. Du trône d'Espagne, il tomboit gne. dans son obscure principauté des Algarves, dont le cnr price des événements pouvoit encore le déposséder. Pour détourner le sort qui le çoenaçoit, il prit la résolution d'emmener la cour en Andalousie. Se proposoit-'il ide là transférer ensuite en Amérique, et d'imiter en -cela lo prince régent de Portugal ? On le conjecture. Quoi qu'il en soit j<!e bruit ^'eut pas été plus tôt répandu <]u'uae multitude immense et fnrieuse se porta sur Aranjuès. On demandoit, on cherchoit Je favori ; c'étott Jui qu'on accusoit de ce conseil perfide. Godoy n'eut x\ue le temps de se réfugier dans les combles du palais; il y fut découvert, et,' sans les gardes-du-corps, il étoi^ jnassacré.
; . Charles IV, effrayé de cette scène tuniultueuse , abjdi<]ua:le surlendemain, 19 mars ; et Ferdinand fut pro»
3ao HISTOllB J)'anoleterre.
" clamé roi d*Espagne au imlieu dés acdslinatiocis de h cipitale. Le même jour, Charles révoqua son abdîca'» tion , pressé par les larmes de la reine , qui voyoit un :fils qu'elle abhorroit moaier sur/ le trône , et Godoy .$ur ] ecbafaurl.
Murât étoit entré:le 24 ^ Madrid, à la tête d'une ar«- «lée nombreuse. U se inouvoit. entre les vieux souverains qui Jui :demandf»eQDt la liberté du prince die la Paix y et le jeune roi qui comptoit sur la perte de ce favori.
Ferdinand montroit une confiance entière à Murât, dont la .mission étoit de le trahir.
Bonaparte, disoit-on, arrivoit en Espace. MuraC invita le prince des Asturies à le prévenir, en lui répétant que Tempercur seroit sensible à cette marque de son enàpresseinènt. Ferdinand partit pour Burgos ; ^ -n'y rencontra point Il^apoléon. La partie saine du con^ seil de cç prince en conçut de fâcheux pressentiments: perfide^, eu séduits par une fnqsse idée du caractère de Bonaparte ,. les autres conseillers décidèrent Ferdinand iàpousser jusqu'à Victoria : de piège en piégC) on Fattira jusqu'à Bayonne où ^apoiédn, I attendoit. Leroi Charles «t- la reine s-'y rendirent aussi,* Jé.âo'ôvril, accompagnés de l'infant don Carlos et d« beaucoup de noblesse iespagnole.
Aussitôt qu'ils furent rassemblés, Charles, en pré» sence de Napoléon , somma sou fils de résigner la coa- 4*oline. Ferdinand satisfit à Tordre de son père ; mais Tacte de renonciation, rédigé d'une manière adroite, avoit le caractère d'un appel à la nation plutôt que celui ti'une rélro^session définitive. Bonaparte le sentit; son but étoit manqué, si le vieux roi se contentoit de cette
GEORGBS ni. 32t
preuve insuffisante de Tobéissance de son fils ; aussi "" n omit-on rien pour faire signer au prince des Asturies une abdication irrévocable. ;
Cependant les esprits fermentoient à Madrid. Les troupes françpises répandues de tpus côtés, le palais désert , deà bruits alarmants , une sombre attente , des pressentiments. qui se lisoient dans tous les Veux, donnoient à la capitale un aspect sinistre. La reine<d'Étrurie venoit de prendre la route de Bayonué, et l'infant don Antonio se disposoit à la suivre avec son neveu don FrancescQ. Le 2 mai, jour indiqué pour le départ, le peuple s'assembla tumultueusement- sur la place ; il menaça d arrêter les voitures. Des soldats imprudents firent feu sur les plus mutins ; on courut aux armes : un quart d'heure après, le sang couloit dans toutes les rues. Quand le carnage eut cessé , la ville fut désarmée. Bu décret du 4 mai, daté de Bayonne, nomma le grandduc de Berg lieutenant-général de toutes les Espagnes, et la junte le choisit pour président du conseil.
Aussitôt que ces non velles furent parvenues àBayonne, Napoléoh se rendit auprès des vieux souverains , et Ferdinand fut appelé. Le roi Taccabla de reproches ; il lui prodigua les expressions les plus outrageantes. Le malheureux prince des Asturies eut la douleur d'entendre sa mère s'accuser elle-même en lui reprochant Tillégi* timité de sa naissance.
Ferdinand ne prolongea pas plus long- temps une résistance inutile ; il signa l'acte qui le deshéritoit. Le 5 mai , Charles IV transmit tous ses droits à Napoléon. Celui-ci les fit reconnoitre par une junte convoquée précipitamment à Bayonne san^ aucune forme légale. On y proclama Joseph , que son frère trainoit pour la
3aa HISTOIRE d^angleterbe.
seconde fois au trône contre sa vdofeité. La constitution qui se mettoit à la place de cet antique gouvernement fut prête le 7 de juillet, présentée ce jour .même à la junte , acceptée , décrétée* Napoléon partit pour la France; Joseph pour Madrid ; le roi Charles et la reine se rendirent àCompiégne, avec le prince de la Paix et la reine d'Étrurie ; les infants furent conduits et retenus prisonniers à Valençay.
Ainsi se consomma ^par un concours étrange de lâchetés, dweuglement et de perfidies, une des plus odieuses usurpations dont l'histoire ait parlé. L'intar- L'iusurrectiou éclata dans toute TEspagne, et sur 'dédale tous les poiuts à-la-fois ; on jura de mourir plutôt que
dans (Je se soumettre. La. junte suprême de Séville donna le touiel^s- . , w 1 1 X 1 ^
pagne. Signal , déclara la guerre a la France au nom de Ferdi-
. nand VII, et ne réclama pas inutilement lappui de L'Angle- TAngleterre. Le peuple anglois épousa la cause des Esbrasse u' pagnols avec un intérêt plein de chaleur et de génécause de rosilé. Tout le monde s^empressa de venir à leur se- Que. cours. Les arsenaux s ouvrirent pour les pourvoir de tout ce qui leur étoit nécessaire. On leur renvoya leurs prisonniers habillés , armés , prêts à grossir les batail- Jons que le patriotisme indigné créoit par-tout. Premiers Le général Castanos eut la gloire de vaincre le pre* desETpa- ^^^^ > ^^ ^c succès apprit aux Espagnols qu'on ne les Qnoh vaincroit point. Quatorze mille Franèois mirent bas les Ff anchois! a™ies à Bayleu. Le général Dupont , pour sauver son armée d'une destruction totale , fut contraint de signer une capitulation humiliante. Il ne s'étoit laissé surprendre qu'en exécutant à regret les ordres de Napoléon, et paya de sa liberté le droit qu'il avoit de rejeter sur lui sa défaite.
Les Espagnols furent aussi brillants, mais moins heu- ""^
reax à la bataille de Médina del Rio-Secco , que lé ma- ^
^ 1 ' 1 . 1 1 • -Il T^ . Bataille
rechal Bessières gagna le i4 de juillet. Bonaparte, qui de ne savoit pas en ce rnoraent le désastre de Bayleu , s'é- ?*fijj^^ cria: « C est encore Villaviciosa ! Bessières a mis Joseph Secco. «sur le trône. » Et pendant qu'il parloit ainsi Joseph s enfuyoit en emportant les joyaux de la couronne.
Don Joseph Palafox' défendoit l'Aragon. Sarragosse, siège de capitale de cette province, fut attaquée le 2 juillet, et P^^^'^'^^^^' soutint l'effort des assaillants avec tant d'énergie qu'elle les força de se retirer après deux mois de combats meurtriers , et les inquiéta même dans leur retraite , jusqu'à l'entrée de la Navarre.
^ Que se passoit-il en Portugal? Un soulèvement du Affaires peuple entier avoit affranchi la ville d'Ôporto de Tau- Portugal. torité françoise, et tout le nord du royaume s'étoit déclaré pour la cause patriotique. Les forces angloises qui soutenoient cet élan pouvoient s'élever à" vingttrois mille hommes , sans y comprendre l'armée navale que commandoit sir Cotton dans le port de Lisbonne. Le général Junot sortit de cette capitale, et se Défaite porta près de Vimiera pour attaquer les Anglois. Il fut ,^*» battu complètement ; forcé de se replier sur ses réser- Janot. Tes, il demanda le lendemain une suspension d'armes, qui fut signée le 22 août» On convint que la rivière de Conven- Sizandra formeroit la ligfne dé démarcation des deux tio» «Je armées ; que les François ne pourroient en aucun cas être considérés comme prisonniers de guerre, et que toute l'artillerie de calibre françois ainsi que les chenaux de la cavalerie seroient transportési en France aux frais du gouvernement ângldis. Cette convention, con-
Îa4 HISTOIRE D'ANGLETERRE,
nue sous le nom de conyendon de Cintra^ (ut conc^Iue le 3o août 1808.
L'amiral Cotton conclut une autre convention avec le commandant de Tescadre russe mouillée dans le Tage. Il fut arrêté que ses vaisseaux seroient envoyés en .Angleterre pour y rester en dépôt jusqu'à la paix entre la Grande-Bretagne et la Russie.
La convention de Cintra fit murmurer toute TAngleterre. Il ne résultoit rien , disoit-on, de la victoire de Vimiera, puisque l'armée Françoise n'avoit fait que changer de position : mais on n'observa point que cette partie de l'armée Françoise se trouvoit paralysée pour plusieurs mois ; que les François avoient évacué le Portugal ; que Lisbonne pouvoit essuyer les horreurs d'un siège , et qu'elle en avoit été préservée.
Lorsque la capitale de l'Espagne eut vu Fuir son monarque éphémère, l'autorité morcelée se concentra dans une j unte centrale et suprême , qui choisit pour son président le comte de Florida-Blanca. Son .premier acte fut de Former un conseil de gueire» à la tête duquel on plaça le générai Castanos. Celui-ci distribua l'armée nationale en trois grands corps : l'aile de lest étoit commandée par le général PalaFox , l'aile du nord-ouest par le général Blake, le centre par le général Castanos luimême.
Murât Murât remplaçôit le roi Joseph à Naples. Il avoit Kaplel P^^^® S"** ce trône une certaine dignité chevaleresque, théâtrale peut-être, mais qui convenoit mieux à cette nation que Tindolente nullité de son prédécesseur. Napoléon Bonaparte étoit mécontent de ses lieutenants en Es- ^toUi-* P^S''*®' '^ ^^ doutoit point que sa présence dans la pétioQ ni|»sule , qu'il traitoit de rebelle , ne changeât bientôt la
fortune de la guerre ; mais il fsdloit d'abord s*assurer d^
l'empereur de Russie pour intimider François II , si ce ,, ..
prince armoit contre la France. Satisfait des dispositions comman»
d'Alexandre, Napoléon revint à Paris, et le a 5 octobre ^^^^^^1^
il ouvrit le corps-législatif. « J ai fait cette année, dit-il dant la
A aux députés, plus de mille' lieues dans l'intérieur de \^\^
u mon empire. Le Danemarck et la Russie se sont unis
« à moi contre l'Angleterre. Une partie de mon armée
« marche contre celles que l'ennemie des nations a for-
ff mées ou débarquées dans les Espagnes. C'est un bien-
« fait particulier de cette Providence qui ma constam--
« mentprotégéy que les passions aient assez aveuglé les
« conseils anglois pour qu'ils renoncent à la protection
« des mers, et présentent enfin leurs soldats sur le con-
« tinent.
« Je pars dans peu de jours pour me mettre moim même à la tête de mon armée , pour faire couronner « dans Madrid le roi d'Espagne , et planter mes aigles sur « les forts de Lisbonne. »
L'événement ne devoit point justifier cette promesse téméraire ; mais Bonaparte avoit éprouvé plusieurs fois que le ton prophétique enflammoît ses troupes, et qu'elles accomplissoient presque toujours ce qu'il leur avoit prédit.
Bonaparte s'étôit flatté que le pape consacreroit l'u- Le pape surpation du trône d'Espagne et des Indes ; mais Pie VII , '^^"^^^^5 qni se reprochoit ses premières complaisances , payées tre le par de honteux dédains , refusa de reconnoître Joseph roi"d*Er. jusqu'à ce qu'on eût éclairé sa religion sur la validité pagne. des abdications qui mettoient la couronne sur sa tête. Napoléon n'insista point; mais, donnant aussitôt une, couleur politique à son ressentiment, il rendit un dé-
" cret ainsi conçu ; « Considérant que le souverain tem-
(( porel de Rome a refusé de faire la guerre aux Anglois, te se '< et que la communication des deux royaumes de Naples ▼ençe de ^^ ^j. j'jjalie ne doit pas être interceptée par une puis- « sance ennemie ; considérant que la dotation faite par ft.Charlemagne, notre illustre prédécesseur , des états « qui forment le saint-siège, étoit pour le bien du chris- « tianisme et non pour celui des ennemis de notre tt sainte religion, nous décrétons que les duchéis d'Ur- « bin , d'Ancône , de Macerata , de Canaerino , seront a pour toujours unis à notre royaume d'Italie. »
JLepape défendit les droits de sou siège, et protesta contre la spoliation qui le meuaçoit ; iflais Bonaparte ' reculoit d'autant moins que ses tyrannies étoient plus
révoltantes. Une armée françoise entra dans Tétat romain , et prit possession de toutes les places fartes du territoire ecclésiastique.
Napoléon Avant que l'empereur des François se rendît en Esprend e pggug ^ [g sénat mit quatre- vingt mille conscrits à la dément disposition du gouvernement. Soixante naille hommes l'arme'e ^® vieilles troupcs filèrent par Bayonne pour, refaite d'Espa- Farmée de Joseph, quln étoit plus qu'un débris; et dix mille hommes marchèrent en Catalogne avec le maréchal Gouvion-Saint-Cyr. Peu de temps après , Napoléon prit le commandement de son armée.
Toute la force de FEspagne étoit dans cette masse de population armée qui faisoit une guerre irrégulière i qui, chassée d'un point, reparoissoit sur. un autre; toujours yaincue, toujours renaissante, et toujours redoutable. Quant aux troupes réglées, quoique intrépides, elles n'étoient pas en état de se battre à chancçs égales contre les armées fr^nçoi$es y commandées par des hom-
OEORGES III. 327
mes tels que Bonaparte, SouJt, Vicior^ Suchet, etc., etc. """TT*^ Aussi la campague qui s'ouvrit à larrivée de Napoléon ne fut-elle qu'une suite dé victoires pour les François. Le maréchal .Lannes battit Gastanos à Tudela. La position de Sonimo-Sierra fut emportée par le marédial Vietor. La soute de Madrid devint libre^ et les corps avancés de rarméerfrançoise se montrèrent le premier Boveipbre devant cette capitale. -Le 4 décembre, Madrid se rendit sans résistance. Bonaparte n'y séjourna qu'un nmment ^^en^pressé qu'il étoit de se mesurer avec le gé^ néral çmglois Jean Moore, qui de son côté se retiroit en Galice.
Un brick françois apportant un message de Napoléon Colonies Bonaparte parvint à Buenos- Ayres vers la fin de juillet lesdrlm*^ 1 808 ; et par lui le vice-roi Liniers fut informé des évé- Hque. Bements arrivés d^ns la péninsule. Liniers assembla le Cabildo pour délibérer sur la conduite qu'il de voit tenii" dans des conjonctures aussi graves : il fut convenu que le vice-roi publieroit tout ce qui venoit de se passer dans la mère-patrie. Liniers fit en conséquence une pro* clamation au peuple de Buenos - Ayres. La manière dont il y présentoit les faits en affoiblissoit l'impolrtance : il rappeloit à la colonie qu'elle n'avoitpris qu'une foible part aux troubles de l'Espagne lors de la . guerre de la succession ; souvenir insidieux dont le but étoit, en rapprochant des circonstancesqui nese ressembloient point , de porter les habitants à la même indifférence. Don Xavier Elio , gouverneur de Monte- Video, profita de la conduite de Liniers, dont il étoit* ennemi personnel , ^our l'accuser de trahison et pour détacher de son commandement une grande portion des pays compris dans la vice-royauté.
Les
Anglois secoarent la
Suède -en Çuerre avec la Russie.
Révolution en Turquie.
328 HISTOIRE d'aNGLETEARE.
. Le 29 juillet , on apprit à Mexico que TEspagne eiH tière étoit en insurrection. £n ce même moment, deux députés de fa junte de Séville venoient réclamer pour cette assemblée lobéissance de TAmérique. Telle étoit la disposition générale des esprits en faveur de la péninsule que la demande de la junte eût été remplie sans difficulté si y dursmt les débats entre les officiers civil» et militaires réunis par le vice -roi, des dépêches ne fussent parvenrues annonçant rétablissement de la junte des Asturies et prescrivant aux Mexicains de ne pas reconnoître la junte, de TAndalousie. On conçoit aisément combien cette rivalité déclarée dut ébranler ropimon que TAmérique s'étoit faite de leaprit de la révolution espagnole.
Le roi de Suéde , prince loyal et brave , mais qui se déguisoit sa foiblesse , étoit en état de guerre avec toutes les autres puissances du nord , et sur-tout avec la Russie. Allié des Anglois , il avoit^roit de compter snr leur secours : aussi firent-ils marcher un corps de dix mille hommes commandé par un officier habile et prudent.. Celui-ci ne parut au roi que timide et pusillanime. Le monarque et le général ne purent s'accorder; TAnglois vouloit que le roi songeât à se défendre ; Gustave n aspiroit qu'à conquérir. Cette opposition entre leurs vues rendit leis auxiliaires inutiles , et les Russes occupèrent une grande partie de la Finlande , sans que les Suédois pussent arrêter leurs progrès.
La ville de Constantinople fut agitée par une de ces révolutions trop communes dans cette cour turbulente. Mustapha Bairactar, pacha de Roudschouck, homme d'un caractère énergique, et que son instruction rendoit supérieur à ses compatriotes, essaya de réorganiser le
système iDilitaire. L'opposition inanifestée des janîs- ÔTg"" saires ne ralentit point la marche de ses projets : il Vint à Constantînople avec une troupe dévouée \ déposa les ministres , et déclara que' Sélim alloit remonter sur le trône. Mustapha , pour empêcher que son oncle fût rétabli, le fit étrangler dans le sérail. Cet acte de cruauté précipita sa chufe. Mahmoud, son jeune frère, fut proclamé sultan, et nomma Bairactar grand-visir. Fort d un pouvoir qu'aucun obstacle ne côntrarioit , Bairactar poursuivit ses réformes. Comme elles froissoient des intérêts et des habitudes, elles excitèrent de grands mécontentements. Les janissaires menaçoient : enfin ils se soulevèrent le 1 5 de novembre, massacrèrent les officiers des troupes de Bairactar, et se répandirent dans le sérail 9 dont ils avoient escaladé les murs. Bairactar, qui prévoyoit un événement , avoit miné son palais ; il y mit le feu lui-même, et périt consumé. Telle fut la fin d'un homme qui pouvoit G^érer des changements utiles dans les armées ottomanes, sans cet invincible attachement aux anciennes institutions qui sera long- temps Técueil des réformateurs.
Une commission ouvrit le parlement le 1 9 de janvier. 1 809. On sut par le discours du roi les propositions qu 'àvoien t Parlefaites la France et la Russie. La condition préliminaire p^Hal. qu'elles mettoient à des arrangements pacifiques étoit que TAngleterre abandonneroit la cause de l'Espagne. Sa majesté n'avoit point fait attendre sa réponse : convaincue, par les assurances répétées du gouvernement espagnol, qu'il persévçreroit à défendre la monarchie légitime et l'indépendance nationale y elle avoit résolu de continuer ses secours au peuple d'Espagne aussi long-temps qu'il restejrbit fidèle à lui-même.
33o HISTOIRE D*ANGLETERRE.
' — Une procédure étrange occupa la chambre des com* ^1 ^' munes , et remplit tant qu'elle dura toutes les feuilles
Désordres , „^
dénoncés, de 1 Europe.
Le duc Le 27 janvier, le colonel Wardle se plaignit du sys- «st accusé tème de corruption qui s etoit introduit dans le déparde les fa- teineut militaire. Il en fournirott^ dit-il, des preuves
voriser
irrécusables. « Mais ce qui m afflige, ajouta M. Wardle, M c est que la nécessité de mettre un frein à ces désordres « me force d'en aecuser le principal auteur. Le nom- « merai-je? C'est le commandant en chef de Tarmée; tt c'est M. le duc d'York lui-même. »
Un grand murjnure se fit entendre dans toute la chambre ; mais personne n'interrompit lorateur.
Il affirma : i ^ que madame Clarke , maîtresse du prince, faisoit un trafic honteux de tous les emplois;
2^ Que la plupart des promotions militaires étoient son ouvrage;
3° Que le prince ne dédaignoit point de participer à ces infâmes bénéfices.
En même temps , M. Wardle demanda la nomina- * tion d'un comité qui seroit chargé de la vérification des faits. Il fut décidé que l'enquête auroit lieu dans un comité de toute la chambre. Il fallut entendre parmi les témoins des personnel rarement admises à la barre d'une assemblée législative. Madame Glarke soutint un interrogatoire long et pénible ; il en résulta contre elle la conviction d'une abjecte vénalité. Mais le duc d'York avoit-il connoissance des manœuvres de cette femme? Etoit'il vraisemblable qu'il prit part à ces spéculations ignominieuses?
Le prince eut pour défenseurs les partisans du ministère et les jurisconsultes de la couronne. Parmi ceux
OflEORGES III. 33l
qui Tattaquoient , on remarqua des hommes indépen- ^ daifts qui ne se montroient pas habituellement dans les rangs de l'opposition.
Trois avis partagèrent la chambre après des débats très animés.
Ceux qui s etoient déclarés pour le premier soutenoient que le prince avoit favorisé les pratiques de madame Clarke par une connivence évidente.
Le tiers favorable au prince l'acquittoit de toute accusation. Le reste n'hésitdit pa's à l'absoudre du grief principal : mais il lui paroissoit difBcile' que ]e duc d'York n eût -pas connu- les abus qui déshonoroient l'administration militaire; et d'après cela son indul- ^ gence à les tolérer étoit une forte raison de remettre en des mains plus sévères le commandement de l'armée britannique.
. Le chancelier de l'échiquier proposa cette résolution : «La chambre, éclairée par les téiifoignages recueillis « dans l'enquête de la conduite du duc d'York, est d'opi- « nion que Taccusation élevée contre ce prin'ce est desti- « tuée de fondement. » Une majorité de 278 yoix contre 196 fit adopter la résolution. C'étoit vaincre, mais non triompher; et le public d'ailleurs ne voyoit dans le jugement de la chambre qu'une absolution complaisante. Il ne convenoit pas au prince de garder le commandement des troupes; aussi sa démission fut-elle annoncée formellement le 29 mars par le secrétaire-/ d'état de la guerre.
Cette affaire excita la vigilance du gouvernement. Elle servit sur- tout à prouver que, sous l'empire de la constitution angloise, une condition élevée n'écarte ni les soupçons ni les recherches , et qu'un citoyen cou-
332 HISTOIBE o'aNGLBTERRB.
**T~* rageux est à labri de la censure, lors même qu'un patriotisme inquiet aurait égaré sa prudence. Retraite i^^ troupes aogloises en Espagne, vivement pressées pet an- par les François, effectuoient leur retraite sur la Ck)- •urYa' rogï^c-Daos cette marche rétrograde, elles oublièrent Goro0ne. un moment leur exacte discipline, et commirent même quelques excès qui rendoient la position de leurs chefe Elles sont plus difficile en aliénant les habitants. Sir Jean Moore, ^ ' dont les ordres avoient été donnés pour que ses soldats ' fussent embarqués dans la journée du i6 au 17 de janvier, s'occupoit des dispositions de cet embarquement , lorsqu'il apprit , par le feu des avant-postes , qu'il étoit attaqué. Soult en effet Tavoit suivi, se persuadant que Tinstant où les troupes remonteraient à bord des vaisseaux aménefoit un désordre dont il pourroit profiter. Ses premiers efforts furent dirigés contre Taile droite des Anglois, qui prétoit le flanc à Fennemi. Sir JeaQ la fit soutenir par trois régiments, qui se couvrirent Sir Jean de gloire. On se canonna long-temps des deux côtés est^tuë ^^^^ 4"'^ ®^ résultât rien de décisif; mais les Anglois dans ce firent Une perte considérable par la mort de sir Jean, qui fut atteint d'un boulet au moment où cet officier intrépide chargeoit à la tête du quatrième régiment. Toute larmée pleura sincèrement un des hommes les plus distingués dont s'honorât l'Angleterre.
Peu de temps après le départ des troupes angloises , la Corogne capitula. Les Françqis s'emparèrent du Ferroi, de Bilbao, de Saint?Ander, et deâ places les plus importantes de la côte septentrionale.
Manifeste i,..i,. , y » ^
de TA a- ^ Autriche etoit trop meconten.te et trop abaissée
triche pour ne pas s'armer contre Napoléon du prétexte le plus
Franche. ^^6^^' ^'® ^^^^^ ^ venger sa gloire des échecs d'Ulm et
GEOKOEf III. 333
d*Austerlitz ; elle avoit des pertes à réparer. Tds étoîent — — ses motifs réels ; car le manifeste qu'elle publia n'offroit renonciation d'aucun grief direct et positif.
Bonaparte eut à choisir entre la guerre de la péninsule et la campagne qui s'ouvroit au-delà' du Rhin. Il se détermina pour FÀlIemagne ; et , dès cetaidment , Joseph chancela sur un trône que son frère n'étayoit plus.
Sarragosse soutint un second siège, et ses défenseurs Second y déployèrent, comme à la première attaque , un cou- Sarrarage admirable. Quand la ville se rendit ( le 2 1 février) , C^sse. elle n'étoît plus qu'un amas de Cendres et de débris.
Soult, entré le 29 mars en Portugal avec vingt-trois Op^ramille hommes, fut obligé d'en sortir, trois mois après, Espagoe. avec une armée diminuée d'un tiers , poursuivi par des troupes d'élite, harcelé sur son front et sur ses flancs par des nuées de paysans portugais.
Le 27 juillet, les Anglois et les Espagnols furent attaqués à Talavera de la Reyna par le maréchal Victor. On se battit des deux côtéfr avec une valeur égale ; mais lord Wellington avoit su choisir habilement son terrain ; ce qui lui donna, dans cette action , un avantage incontestablci Les alliés perdireiit huit mille hommes. La perte des François fut plus forte, parcequ'ils se trouvoient exposés plus à découvert au feu du canon et dès charges de la cavalerie. Le roi Joseph apprit , pendant la bataille , que Venegas , général de l'armée de la Manche , étoit arrivé sur le Tage avec trente mille hommes, et qu'il bombardoit Tolède. Il envoya le général Sébastiani pour secourir cette place. Victor se replia sur San-Ollada.
Cependant une grande armée françoise marchoit sur le Danube, et s'augmentoit en route des contingents Bo»»foumis par les princes de la confédération. Les Autri- marche
334 HISTOIRE d'aNGLËTERHË.
* chiens furent constamment défaits aux journées cle
^' Piassenhofen , d' Abensberg , de Landsbut et d'EckïnùhL
Vienne. Le lo mai, Napoléon parut sous les remparts de
Vienne « Le bombardement commença le lendemain à
neuf heures du soir. L'archiduc Maximilien, qui com^
• mandoit à Vienne , «n sortit le 1 2 , et l.e général O' Reilly
capitula.
Tentative Bonaparte s'étoit flatté de détacher les Hongrois de la
pour sou- domination autrichienne; « Braves Hongrois^ leur dit-il
lever les « dausuiie proclamation, le moment estvcnu de Fccouvrer
HurigroiSi *^
« votre indépendance. Je vous offre la paix, la liberté, 1 in^ « tégrité de votre territoire, et celle de vos copstitutions , tt soit telles que vous les avez reçues de vos pères, soit « modi^ées par vous-mêmes, si vous jugez que Tesprit K du temps et l'intérêt de vos concitoyens l'exigent. Je « ne veux rien de vous ; je ne désire que de vous voir « une nation indépendante et libre. Votre union avec (f l'Autriche a fait vo^re malheur. » Les Hongrois répo»' dirent par un refus dont ils ne prirent même point la peine d'adoucir la noble franchise.
Bataille Le 20 mai, Bonaparte étoit passé dans File In der d'Esslmg* i^iau; c'est une des deux iles que forme le Danube^ qui se partage en trois bras vis-à-vis Ebersdorff. Napoléon déploya ses troupes sur la rive du nord; son aile droite prit position au village d'Ëssling, et la gauche à Gross-Âspern. Les Autrichiens, firent une première attaque sans succès. Ils recommencèrent le lendemain 22 avec une grande impétuosité. Tout -à -coup on apprit qu'une crue subite du Danube avoit rompu les ponts qui servoient de communication d'une île à l'autre. Cette circonstance imprévue troubla Bonaparte, surtout lorsqu'on reconnut que les munitions alloient
GEORGES m. 335
manquer. Il fallut ralentir le feu. Les Autrichiens s'en *" aperçurent, et redoublèrent le leur. Le canon fit un ra- * °^' vage effroyable. On assure que les ÏFrançoîs perdirent trente mille hommes, tant tués que blessés et faits pri' sonniers.
Dans la nuit du 4 juillet, Tarmée françoise passa, sur ^'''i»»'*® trois ponts construits à la hâte , de l'île qu'elle occupoit , Wagram. sur la rive gauche du Danube. Essling et Gross-Aspern furent enlevés ; ce qui força les Autrichiens de prendre une autre ligne. Ils appuyèrent leur centre à Wagram* La bataille dont ce lieu fut le théâtre mit le comble aux revers de l'Autriche. Des torrents de sang coulèrent dans cette action déciçive. L'empereur François II étoit ^^"1"hors d'état de tenir la campagne. Il fit porter à Napo- pose la léon des propositions de paix, qui furent acceptées à J?^*** l'instant.
J^ar le traité définitif conclu le 1 4 octobre entre les Traité dt deux puissances, Trieste, la Carniole, le cercle de Wil- P^J.^ ®"". lacli en Garinthie, six districts de la Groatie militaire, France Fiume, l'Istrie, le littoral hongrois, etc., etc., étoient *^ che/"
. cédés à Napoléon 'comme roi d'Itahe; la Saxe et le grand-duché de Varsovie recevoient quelques accrois-^
I sements; l'empereur Alexandre acquéroit une portion de la Gallicie* François II reconnoissoit tous les chan-
. gements. survenus en Espagne, en Portugal, en Italie : de plus il adhéroit au système prohibitif adopté par la France et la Russie contre l'Angleterre*
Napoléon reparut dans sa capitale le 1 4 de novembre , BoDapar*' entouré de tous les rois qu'il avoit faits* Ils venoient se à Paris! perdre dans sa gloire, et l'enivrer de leurs hommages. Ouver Le 3 décembre, il ouvrit le corps-législatif. La Grande- t«re du Bretagne fut, comme à l'ordinaire, grossièrement in^ l©gi«iatîft
336 HisToiiiE d'angleterre.
*~~~~* sultée dans* son discours, oix la jactance se méloit à ^' rhypocrisie. «J'ai soumis, disoit Bonaparte^ l'Aragon « et la Castilie ; j'ai chassé de Madrid le gouvernement « fallacieux formé par TAngleterre. Je .marchois sur « Lisbonne et sur Cadix, etc. ^ etc. »
Le lecteur a pu juger, par les événements, du degré de croyance que méritoit ce fastueux étalage.
« Je reparoitrai bien tôt. au-de]à des Pyrénées, et le « léopard épouvanté cherchera TOcéan pour éviter la « honte, la défaite, ou la mort. Le triomphe de mes « armes sera le triomphe du génie du bien sur celui du « mal; de la modération, de Tordre, de la morale, sur « la guerre civile, Tanarchie, les passions malfaisantes. « Mon amitié j ma protection, rendront le bonheur aux « peuples des Espagnes. »
Napoléon finissoit ainsi : « Mes peuples n'ont point « à craindre que je leur demande aucun impôt. »
Et tous les jours croissoit le tarif des contributions indirectes, et Timpôt du sang ne s'arrêtoit point.
Le 1 3 du mois de mars de cette année fut fatal au roi de
Suéde, dont la chute a voit été facile* à prévoir. Gustave
n'avoit pas voulu sentir que son attachement à TÂngle-
terre, sans être fort utile à cette puissance, soulevoit
contre la Suéde tous les alliés de Tempereur françois ;
il n'entendoit pas les murmures de ses peuples , il étoit
même sourd à leurs menaces!
Le roi de Dans les premiers jours de mars , une sédition éclata
Suède parmi les troupes stationnées sur la frontière de Nor-
dépos^. wége. Le comte Aldersparre, leur chef, songea plutôt
à s'en servir qu'à Tapaiser. Il se mit à la tête des insur^
gés, et marcha sur Stockholm; le roi fut arrêté. Son
oncle, le duc de Sudermapie, rendit compte au peuple
GEORGES m. 337
Suédois de cette mesure, et convoqua , pour le premier — — ^— mai suivant, une diète générale. La diète le proclama '^' ro^. Cette révolution fut entière; car elle détruisit l'ouvrage de Gustave III en rét^lissant les différents états dans l'exercice des droits que ce prince leur avoit ravis. On fit la paix avec la Russie. La Suède lui céda toute la Finlande et la partie de la Vestro-Bothnie qui s'étend jusqu'au fleuve Tornéo.Le roi de Suède accédoit au système continental , et fermoit les ports de ses états à tout bâtiment anglois, à moins qu'il n'apportât du sel et des denrées coloniales.
La Suède fit aussi $a paix avec la France; et le traité, La Suéd« qui fut conclu par la médiation de la Russie, remit le ^^^^ ^^^^ gouvernement suédois en possession de l'île de Rugen laFrauçe. et de la Poméranie.
Depuis le printemps , on faisoit en Angleterre les pré- Expédîparatifs d'un des plus grands armements sortis des -vv^^cifeports britanniques. Il se composoit d'une armée de ren. quarante mille hommes , sous les ordres du cpmte de Chatham, et d'une escadre de cinq cents voiles, commandée par sir Richard Strachan , officier estimé. L'objet de cette expédition étoit de s'emparer des îles qui sont à l'embouchure de l'Escaut , de se rendre maîtres du port de Flessingue , de brûler les vaisseaux françois I mouillés dans le fleuve , et de détruire des arscfnaux récemment construits et des bassins creusés à grands frais.
Le i*' août, la flotte parut à la vue de Flessingue, et , le 1 3 , elle lança les premières bombes du haut des bâtiments que le feu du rempart tenoit éloignés de plus de mille toises. En même temps, on dirigea de deux points , à Test de la place , de^ fusées incendiaires^
338 HISTOIRE d'ancleterbe.
; Johnson y fit Tessai d'un pétard plus terrible que tout ^' ce que Ton connoissoit; il alla luinnéme, en nageant el sans être aperçu , Tattacher au pied des murs. On en attendoit un grand effet ; mais Thumidité pénétra vraisemblablement le câble conducteur dans lequel étoit contenue la mèche , et l'explosion n'eut pas lieu.
Le général Monnet, commandant supérieur de la place, capitula le i5 , après trente-six l^eures de bombardement. La garnison de Flessingue fut prisonnière et conduite en Angleterre.
Du 1 5 au 29 , toutes les forces angloises remontèrent TEscaut, en passant de File de Walcheren dans celle de Sud-Beveland , et se concentrant autour du fort de Batz, dont les Anglois étoient déjà maîtres.
Cependant Tescadre françoise remontoit aussi TEscaut , et concouroit à là défense de la terre , tandis que sa flottille , couverte par une estacade et soutenue par des canonnières échouées sur les rives , protégeoit les forts de Liefkenshoeck et de Lillo.
Issue de Tout fut tranquille jusqu'au 28 août. Ce jour-là, les cette en- canonnières angloises envoyèrent des boulets et des .' bombes contre les batteries de Dael et de Frédéric- Henri. Bientôt le général anglois crut devoir porter ses forces sur des points moins préparés à se défendre. Il menaça la Hollande , le pays d'Hulat et d'Axel , l'île de Cadsan, et les côtes de la Flandre. Toutes ces attaques avoient été prévues.
Le lord Chatham prit le parti de retourner en Angleterre , en laissant une foible partie de son armée poor garder Walcheren, tenir bloquée rembouchure de l'Escaut, et ménager au commerce anglois l'entrée de la Hollande. Mais les vapeurs qui s exhaloient de ces ma-
GEORGES lîl. 33g
rais, et Toubli de toute précaution pour s'en garantir — — » occasionèrent des maladies funestes. La moitié du dé- ^'
tacheraent en mourut, le reste fut atteint d'une langueur qui rendoit tout service impossible ; et quelques uns rapportèrent dans leur patrie cette fièvre si long* temps redoutée sous le nom àe fièvre de Walcheren.
Ce mauvais succès fut compensé par la reddition de Reddition la Martinique. Le 19 février, le général anglois sir G. unlquV Prévôt fit débarquer devant la place sept batteries armées de cinquante -quatre bouches à feu. Le a3 , dix bombes étoient tonibées sûr la voûte du grand magasin à poudre ; cette voûte commençoit à fléchir, et plusieurs rangs de briques étoienC brisés. On craignit que les premières bombes ne fissent sauter le magasin , et la probabilité de cet événement précipita Tinstant de la capitulation.
Les Anglois s'emparèrent également de la colonie Françoise de Cayenne. La ville de Santo- Domingo se rendit au major-général Garmichael.
L'établissement françois du Sénégal capitula.
Nous avons vu Napoléon réunir une partie des états Gondulu du pape à son royaume d'Italie. Pie Vil protesta , lança j^apoUon contre le spoliateur une bulle d'excomriaunication, et à l'égard quitta son palais. Bonaparte rioit sans doute des foudres " ^'*^^' de 1 église; mais il en craignoit l'effet sur lesprit des peuples .Courroucé de la hardiesse du pontife, il ordonna de l'arracher de son siège , et de le retenir prisonnier. Ce vieillard, réfugié dans le Capitole, ne vouloit plus en sortir; on le menaça d'user de violence s'il n'obéissoit ; son asyle alloit être violé; le pape se livra lui-même. Conduit d'abord à Savone, sans qu'on lui donnât le
i8og.
3*40 IIISTOIBE d'aNGL^ETERBE.
temps de respirer, il fut ensuite transféré dans le château de Fontainebleau.
Rome est . Bonaparte s'occupa d'organiser un gouverneme&t dans Tétat Romain. Il abolit la juridiction temporelle du clergé régulier et séculier, éleva Rome au rang de la seconde ville de son empire, et lui donna sept voii au corps-législatif.
. Les affaires ecclésiastiques en étoient là quand rëmpereur françois prit des mesures pour faire dissoudre le mariage qui Tunissoit à Joséphine.
Dissolu- . Joséphine Tascher de la Pagerie*, veuve du vicomte mariare ^® Beauharnais, avoit épousé Bonaparte par inclinade Boua- tion, et uon, comme on Fa dit, par un pressentiment ' de sa fortune. Au sein de la grandeur, elle resta simple, reconnut ses amis , et rechercha même ceux qui sembloient s'éloigner^ Bonaparte éprouva plus d'une fois qu'elle étoit capable d'un conseil sage, et que sa tendresse savoit l'éclairer sur ce qu'il regardoit de plus haut et ne voyoit pas toujours bien. Tajnt que sa voix fut entendue, Joséphine essuya Jes larmes des malheureux ; elle arrosa des siennes les pieds de son époux lorsqu^il envoyoit Murât assassiner un Condé. Son attachement résista jusqu'à la fin aux brusqueries et même aux fureurs de Napoléon. Enfin, elle consentit au sa* ciifice de son rang; et si, dans l'intérieur, la lutte fut longue et pénible, Joséphine ne laissa voir au public qu'une résignation généreuse.
L*empe- Pendant qu'un sénatus-consulte déclaroit que le ma- «î'Auii i- riage de Napoléon et de Joséphine étoit dissous , et tanche ac- Jis qu'on négocioit la rupture du lien spirituel, JBerthier fille à Ro- alloit à Vienne demander, au nom de l'empereur son naparie. jpaîtje, la main de l'archiduchesse Marie-Louise. Fran-
«ois II répondit : « Je regarde cette defnande comme — — « un gage des sentiments de Fempereur des François, ' ^*^ « que j'apprécie. Je trouverai dans Tamitié du prince « que vous représentez de précieux motifs de consola- * tion en me séparant d'une fille chérie. -
« J'accorde la main de ma fille à l'empereur des Franw çois. » •
Il fut convenu que Joséphine continueroit à porter l^fl(fttre d'impératrice, et qu'elle jouiroit d'un revenu de deux millions.
Des propositions de paix entre les Russes et les Lagaerr« Turcs avoient été portées aux conférences de Jâssy; recommais les premiers ayant demandé pour condition pré- emie les liminaire la cession des provinces turques à la gauche '^^^^^ ^^ du Danube, le refus d'accéder à cette prétention et Russe». même de la discuter rompit ces conférences. La guerre recommença. Le succès des premières opérations des Russes les conduisit jusqu'en Bulgarie; mais ils furent obligés de repasser le Danube après une défaite qu'ils essuyèrent près de Silistria. *
Le peuple anglois étoit mécontent du ministère, et la m. Canplus grande mésintelligence régnoit entre les ministres, i3 Catt- Lord Castlereagh et M. Ganning se battirent à la suite lerei)f;h d'une querelle assez vive; le dernier fut blessé. La dé- ^^nduei" mission de l'un et de l'autre avoit précédé cette affaire. Le duc de Portland mourut, et laissa vacante la placé de premier lord de la trésorerie. Le marquis de Wel- cj^aMc-' lesley remplaça M. Ganning au ministère des affaires menu
X 1 1 ^ 1 i^ dans le
étrangères; lord Gastlereagh eut pour successeur au mùiisière. secrétariat de la guerre le comte de Liverpool (m-devant lord Hawkesbury), et l'honorable sir Richai'd By*der fut nommé secrétàire-d'état de TinCCTieur.
im
34s HISTOIRE d'aNGLETERRE.
— L'état de la santé du roideveDoit tous les joun plus
^ '^' fâcheux, et Faltération progressive de sa vue le meuaçoit d'une cécité complète. «
Parle- Le parlement s'ouvrit le 23 janvier» Quoi qu eût fait "përial. '® ministère en préparant le discours du roi, pour échapper aux reproches de lopposition, les désastres de Tannée précédente ne donnoient que trop de prise à ses censures.
L'adresse en réponse fut combattue dans la chamlpp haute par le lord Saint- Vincent. Il inculpa les ministres en termes peu mesurés , et demanda l'enquête la plus rigoureuse sur les causes auxquelles il falloit attribuer les revers de l'Angleterre. Lord Grenville parla dans le même sens. Les plans et les moyens d'exécution, tout fut attaqué, tout fut défendu. Le recensement des voix en donna 92 pour Famendement; i44 1^ i*cj^" tèrent.
Débata. Les mémcs débats eurent lieu dans la chambre des communes. On remarqua que les orateurs des deux chambres, en louant le général Mooré, accusèrent lord Wellington de témérité. Sa victoire de Talavera fat blâmée comme inutile.
L'expédition de Walcheren ouvroit un vaste diamp à l'opposition. Le choix de celui qui commandoit les troupes étoit un premier grief. Quel titre jusûfioit la , nomination.du comte de Chatham? Ce nom, recommandable en politique , étoit-il écrit avec le même honneur dans les annales de la guerre? Vivement pressé par cette question, M. Perce val répondit: « En supposant « que l'enquête soit jugée nécessaire, on saura , par son « résultat, s'il oonvenoit ou non de donner à ce pair le « commandement de l'expédition de Walcheren. »
Ceorges III. 343
Lord Pordiester requit la nominalion d'itn comité '
pour rediercher si Texpéditioii de l'Escaut avoit été
<!6nçae sagement et conduite coDume elle devott Tétre. I Un comité de toute la chambre fiât indiqué pour ré*
pondre à cette intention .
i Les bornes que nous nous somÉsaes imposées ne nous
i permettant pas de retracer, même en substance , tout
ee que cette discussion ^^t d'important ^ nous dirons ( seulement que^ de deux motions du général Crawfurd, la
première pour approuver l'entreprise sous Faspect poli«-
i8io«
i tique , la seconde pour garder Walcheren y Tune fut
appuyée par :kj2 voix contre a33, et Fautre passa dé méoie soutenue par ^55 voix contre 23l.
Au reste ^ le lord Gbatham donna sa démission de grand* maître de Tartillerie pendant que ces débats^ dont ii étoit en partie Tobjet, agitoient les deux cham* bres. Us amenèrent incidemment une affaire dont les circonstances furent très graves et pouvoteal Tétre en^ core davantage.
Le i^** février, M. Yorke annonça quQ« lorsque Ten- Motion quête sur Walcheren seroit entamée d^ns la chambre, ^y^ ^ il réclameroit Texécution du réglemenf; rendu pour • que le public s éloignât. M. Sheridan demanda de son côté qn'un coflsité prît le règlement en i^qnsidération^ non « pour r«d)roger, ajouta-t-il, mais pour reoonnoî? « tre si ses dispositions trop absolues n'avoic^t pas be« ft soin d'être modifiées. » Cette proposition fut fort dé* battue. M. Wiodiiam, un de ceux qiii lattaquèrept, sembla, dans les développements de soi^ opinion, se prononcer contre la liberté de la pressé ^ en ce qiyi coi»cernoit les délibérations du gouvern^oAient. Il décida le rejet de la motionne M^ Sheridan»
344 HISTOIIlfi D'ANCLÊtERRE.
Les sociétés politiques s etoient multipliées, sur- ^ ./, tout, comme on la déjà dit, depuis la propagation despoliti- doctrines de la révolution Françoise. La réunion qui pre^ ^"^'^' noit le nom de F€inun britannique avoit urï orateur et des débats. On apprit, par une affiche placardée sur les murs , que la question qui suit avoit été discutée dans le Forum britannique : « Lequel -s'est montré le plus in- « soient ennemi des libertés nationales, ou M. Yorke, en « excluant lé public de la chambre des communes, ou « M. Windham , en condahmant la liberté de la presse?» Tout le reste de laffiche étoit insultant pour Tun et l'autre. M. Yorke dénonça ce papier à la chambre des ^ communes. Elle ordonna que Fimprime^ir comparût à sa barre: celui-ci déclara qu'il avoit reçu de Jean Gales le manuscrit du placard. Jean fut mandé, s'avoua Tau^ teur de ce papier et sollicita la grâce d'être entendu. « Je m^'étois persuadé, dit-il, que tout Anglois avoit le « droit d'imprimer sa pensée sur les intérêts de son « pays, et que la façon de l'énoncer étoit indifiîérente. « Je me suis trompé; j'en ai le repentir le plus sincère, « et j'implore l'indulgence de la chambre. » L'auteur Là soumission de Jean n'empêcha pas' qu'il ne fût Jibei"e ^®claré coupable d'avoir outragé la représentation du puni, peuple anglois, et M. Yorke fit la motion de l'emprisonner à Newgate. Cette motion passa sans contradiction. Sir François Burdett n'étoit pas présent à cette séance.
.Sir Le 1 2 mars , il essaya de prouver à la chambre qu'au-
François . . ^ , ., . .
Burdett cûne' loi uc i autorisoit a prendre une détermination
embrasse auggj violente, et qu'elle ne pouvoit se refuser au prompt
défense, élargissement de Jean Gales, puisque Femprisonnement
de ce citoyen étoit un acte subversif des principes de la
i8io.
GEORGES m. 34s
f^ODStitution. La motion de sir François fut repoussée ' par une majorité de i53 voix contre i4- II écrivit une longue lettre à 565 Commettants y et la publia dans une feuille hebdomadaire : c'étoit une répétition de son dis* cours, mêlée de sarcasmes et d'ironie. Le 26, M. Lethbridge en lut plusieurs passages à la chambre, et pria Torattur de demander à sir François s'il confessoit être Taiiteur de ce pamphlet. Sir François répondit qu'en effet il en étoit Tàuteur. Alors M. Lethbridge proposa de déclarer i ^ que la Lettre de sir François Burdett à ses Commettants étoit un libelle scandaleux tendant à mettre en problème les droits incontestables de la chambre; a^ que sir François Burdett , qui ne désavouoit point cet écrit, étoit coupable d'avoir violé les privilèges de la chambre. Ces deux résolutions furent adoptées à l'unanimité.
Sir Robert Salisbùry fit la motion d'envoyer François La Burdett à la Tour. Un membre proposa de commuer cette peine en une amende: cet avis fut appuyé; mais François il n'obtint pas. la majorité. Sir François refusoit d'obéir la Tour, au mandat d'arrêt; ses amis l'entraînèrent à la Tour au moment où les constables se mettoient en devoir de prêter force à la loi. De grands rassemblements se formèrent aussitôt en Piccadiliy devant la maison du baronnet. Les chefs distribuèrent des rubans sur lesquels étoit écrit ; Burdett pour toujours. Cela se borna d'abord Tumulte, à des cris; mais, sur le soir, la populace couvrit de boue à?a suuê les passants qui ne $e joignoient pas à ses acclamations. ^^ ^e* Les voitures de plusieurs lords furent arrêtées; on en sonnebrisa les glaces; on jeta des pierres aux fenêtres des ""^°^maisons de MM. Yorke, Perceval, et de quelques autres. Les gardes à" cheval reçurent ordre de s'avancer;
chambre envoie
346 HISTOIRK d'aNOLBTERRI.
ils se rendirent dans Berkeley-Square; mais le dégât étoit fait, et le quartier même évacué; |,és canons de la Tour furent chargés à mitraille, et les magasins de Hyde-Park mis sous la surveillance de trois qenti cinquante hommes des gardes à pied.
Quelques habitants crurent devoir placer des lumières sur leurs fenêtres; cette précaution imprudente accrut le désordre; elle enhardit les prétentions delà multitude, qui voulut que chacun illuminât ses fenêtres pour témoigner qu'on applaudissoit à ses sentiments ; et dans Tinstant même toutes les rues de louest de la ville furent illuminées. Les gardes, quoique pro* voqués et plus d'une fois assaillis de pierres, se conduisirent avec la plus grande modération, et ne firent feu que lorsque les outrages toujours croissants eujreot épuisé leur patience.
JLa détention de sk* François dura jusqu'à la prorogation du parlement.
Pétitions Pendant qu il étoit prisonnier, quelques habitants de en jveur Westminster ses commettants, et quelques francs-te- Burdett. nanciers de Middlesex adressèrent au parlement des pétitions conçues en termes si peu respectoeux qu'on Lettre cîe refusa de lesadmettre. Sir François lepr fit une réponse ur^^éVi- ?"^ respiroit encore moin^ le patriotisme dont il se glojiionnai- rifioit que le ressentiment d'upGi tribun ulcéré. Donnons ^^^* au lecteur une idée du style de sir François Burdett:
m En me consacrant à la défense de La constitution, « je souris d'avance à tout ce qui pourra m'atteindre. « Soutenons cette vieille cause de la liberté pour la- • quelle Russel et Sidney périrent sur l'échafaud....
« Les lois, pour coitimander le respect et l'obéissancet ^ doivent découler d'une source pure ; elles doivent être
GEORGIS III. 347
« transmises par un canal qui ne soit pas corrompu, T « c'est-à-dire par une chambre des communes libre- « ment élue. C'est dire qu'une réforme constitutionnelle » est inévitable. Qui le nie?.... Qui? ces hommes qui, se «jouant des lois, se sont fait une propriété de leur '< place à la chambre des communes, ces hommes à qui « s'adressent ces vers d'un de nos grands poètes :
aL'Angleierre, cette tk bien-aimée de ses habitants, et respectée de tout l'univers, est tenue à bail comme un fief, ou plutôt comme une misérable ferme. L'Angleterre, qui s'élève triomphante au-dessus des eaux, dont les rives puissantes repoussent les vagues irritées de l'envieux Neptune, voit sa gloire salie par des taches d'encre , et languit dans des liens formés de vieux parchemins. »
« Le peuple anglois doit parler hautement. Il doit « faire mieux , il doit agir : le moment décisif est arrivé; « serons-nous libres? serons-nous esclaves? etc., etc.»
La session du parlement ftit close le 1 1 juin.
La cause de l'indépendance espagnole paroissoit ^^ffairet d'autant plus menacée que de nombreux renforts al- d'Espalèient être envoyés aux différents corps des généraux ^^^' françois. L'évacuation de l'île de Waldieren rendoit toutes les forces de la France disponibles contre l'Es* pagne, et plusieurs colonnes de bonnes troupes mar* choient sur Bayonne et sur Perpignan.
Au midi de la Guadiana sont lés montagnes appelées Sierra- Morena^ d'où l'on descend dans les plaines de l'Andalousie. Soult reçut de Bonaparte l'ordre de les franchir à la tète de cinquante mille hommes, et l'exé* cuta. Le général espagnol Arrizaga pensoit qu'une po* sition fortifiée par la nature et l'art étoit inexpugnable* Trompé dans son calcul, il se retira sur. Grenade, afin d'opérer une diversion qui sauvât Cadix et Séville du
i8io.
Les
348 HISTOIRE D'ANGLÉtERRI.
' danger d'être surprises. Pendant ce temps , Joseph adressoit à la nation espagnole un manifeste dans le* quel il affectoit de regarder la conquête de l'Espagne comme n'étant plus douteuse; et deux lignes après il ajoutoit avec une insigne maladresse : « Si les habitants a de FEspagne persistent à ^e montrer mes ennemis , « la France s'armera de toute sa force pour affoiblir leur « pays, pour le démembrer, pour le détruire. »' Ces menaces produisirent un effet tout contraire à celui qu'il en attendoit.
Le 29 janvier, Victor parut aux portes de Séville. A François ^^^ approche, la junte suprême avoit quitté cette ville Séyille. pour se retirer dans l'île de Léon. Deux parlementaires se rendirent le 3i auprès du général françois. Ils. lui demandèreqt, au nom de leurs concitoyens, que les cortès fussent assemblés daas leurs murs, afin d'y relever l'édifice des lois du royaume. Victor promit oubli du passé, protection, exemption de toutes contributions illégales: L'armée. françoise entra dans Séville.
Le duc d'Albuquerque avoit pressenti le péril de Cadix. Il accourut du fond de l'Estramadure, et se jeta dans la place avec. ses troupes. On s'occupa, sans perdre un moment , des préparatifs de défense. Tout homme en état de porter les armes fut enrôlé ; on forma des magasins ; la flotte espagnole fut emboçsée dans le port sous le commandement de l'amiral Purvis.
Soult arriva , mais trop tard. H somma le duc d'Albuquerque de recevoir des troupes françoises dans l'île de Léon, et dans .Cadix. Ce commandant lui fit une réponse que j'ai regret d'abréger : » Le sentiment qui met « à tous les Espagnols les armes à la main pour xepous^
Cadix assiéQé.
« ser Une domination inique vous prouve la justice de « la cause ique je défends.
« La forteresse de Cadix n'a rien à craindre d'une * armée de cent mille hommes. Ne versez pas un sang « inutile pour nous assiéger sans fruit et sans gloire.
.« Au reste , M. le duc , mes troup/es et celles des An- ^ glois, nos fidèles et nobles alliés, sont prêtes à com- A battre. Vous savez qu'elles sont dignes des vôtres. ,
« Le traitement des prisonniers sera tel qu'il doit « être entre des nations civilisées. Nous avons vu des « Espagnols immolés, sous le nom d'insurgents^ par des « vainqueurs qui se déshonoroient ; nous ne suivons « pas un pareil exemple. Je sais aussi , M. ie duc , que « ce ne sera pas vous qui le donnerez.
« Le duc d'ALBUQUERQUE.
« Ile ûe Léon, le 10 février. »
Ce Isingage fit cQpnprendre à Soult qu'il ne réduiroit Cadix que par un bombardement ou par la famine.
Les guériUas , en se multipliant , fatiguoient singu- |S<\<^cès lièrement tous les corps de l'armée françoise. On a guérillas, déjà parlé de ces guérillas , dont le système s'étendoit et se perfectionnoit à mesure que l'expérience démôntroit aux Espagnols qu'en attaque régulière, et sur des points déterminés d'avance , leur courage échoueroit toujours contre la tactique et la discipline des François. La guerre de partisans leur convenait davantage; un pays difficile et coupé leur donnoit. mille moyens de préparer des embuscades ; ils choisissoient de préférence des endroits sur lesquels l'ennemi, n'auroit la possibilité ni de manœuvrer ni de se déployer, tels que des gorges, des défilés , des ravins ; ils se perdoient dans les anfractuo-
S5o HISTOIRE D'AMGLE'tERRE.
sites des montagnes, où la poursuite eût été dangereuse, loio. .,
et presque toujours inutile.
SouU fut harcelé par ces troupes , ce qui ralentissoit nécessairement les opérations du siège.
Le lo avril, les François emportèrent le fort deMa-
tagorda. Ce poste leur permet toit de lancer des bombes
dans Cadix ;'mais elles produisirent peu d'effet.
Progrès Le général Sébastiani se rendit maître de Malaga,
François, q^oiquc Cette place fût pourvue décent quarante- huit
pièces de canon de tout calibre.
La ville d'Ostalrick en Catalogne étoit bloquée^ Le général espagnol O'donnel rassembla des forces considérables pour en faire levei* le siège. Dans la vue d'af* foiblir les assaillants , en les obligeant de se disséminer, il fit attaquer une autre place au nord de Girone ; mais ses efforts n'eurent aucun succès. Les Espagnols ne purent résister à la supériorité de la «avalerie françoise, et perdirent plus de six mille hommes , tués , blessés ou prisonniers. La garnison évacua le châteaii d'Olstalrick, faute de subsistances ; et ce point, occupé par les François, assura les communications entre Girone et Barcelone.
Capitula- L'Arragon paroissoît tranquille. Le général Sucliet Lerida. ^^^^ ^c moment propice pour investir Valence, où quelques habitants favorables aux François entretenoient un parti. L'habileté du général Caro déconcerta cette entreprise. Suchet, pour ne pas laisser ses troupes dans Tinaction , assiégea Lerida. Cette ville, secourue par le général O'donnel , n'en fut pas moins forcée de capituler le 1 4 de mai.
Prise de La prise de Mequinenza, justement appelée /a cfe^ Bcnza. de fEbre^ fut encore un exploit brillant du général Su-
GEORGES III. 35e
chet. Elle couronna la quatrième campagne au nord de l'Espagne , comme la reddition du fort de Matagorda termina celle du midi.
La grande lutte pour la possession du Portugal alloit Massëna ouvrir la cinquième campagne. Napoléon chargea le ^^^^^^ maréchal Masséna d'aller planter ses aigles sur les rem" conquête paris de Lisbonne. Ce général avoit sous ses ordres le Portugal. maréchal Ney , le général Junot^.duc d'Abrantès , et le général Régnier. L'armée Françoise comptott soixante mille combattants. Lord Wellington étoit fort inférieur en nombre, et ses troupes se composoient pour les deux tiers de milices portugaises. Il s aperçut avec in» quiétude de Timpression que faisoit sur les esprits la grande réputation militaire de Masséna ; les officiers même en étoient frappés. Il falloit agir en conséquence, embrasser un plan purement défensif , et ne répondre à Tagression que lorsque les circonstances locales pré*» senteroient quelques chances rassurantes.
Masséna ne doutoit point qu'après avoir réduit Al» Almeida meida, ^lace très forte, et Ciudad- Rodrigo, ville non ^R^j'^^f' moins importante , la conquête du Portugal ne fût à» s« icù- ' peu-près achevée. Le colonel Cox défendoit la première; ^"^
la garnison de la seconde étoit sous les ordres de don ' André Hecasti. Les deux commandants se signalèrent parla résistance la plus courageuse ; maisentourésd'une artillerie foudroyante, et désespérant d'être secourus, ils voulurent préserver les habitants de l'assaut et du pillage , et se soumirent aux conditions imposées.
On a condamné l'immobilité du lord WelUngton pendant ces deux sièges ; mais a-t-on pensé que si ce général eût été battu par les François , en marchant au se* aours de Tune des deux places , le Portugal étoit en-
i8io.
Position
des armées.
Retraite de Wellingtoiif
vahi? ff Si Fabius , dit un jour Anuibal , est aussi grand « capitaine qu'on le prétend y qu'il descende dans la « plaine et qu'il accepte la bataille que je lui présente. » Fabius répondit: « Si le général qui me présentera ba- « taille est aussi grand capitaine qu'il le croit ^ qu'il me « force de l'accepter. »
Les alliés s'étoient postés sur la route de Lisbonne > dans la vallée de Mondego. Là , Wellington épioit tous les mouvements de Tarmée Françoise, afin de profiter des fautes que le caractère bouilTant de Masséna lui faisoit espérer. Ce dernier marcha sur Viseu , le 21 septembre. Pendant ce temps, Wellington ayant traversé la rivière, son aile gauche occupa la Sierra- Buzaco , chaîne de montagnes perpendiculaires , à la rive droite du Mondego. Cette position étoit d'autant plus avantageuse que la cavalerie des Fran^çois et leur artillerie, toujours si meurtrière, ne pou voient leur être d aucune utilité. Masséna parut le 26, avec toute son armée. Les François gravirent la montagne , et même une de leurs divisions arriva jusqu'au sommet^ mais le général Picton la fit charger à la baïonnette, et la força de se retirer en désordre. Régnier ne fut pas plus heu? reux contre l'aile droite des alliés , et Ney contre leur gauche. Mais les François et l'armée combinée laissèrent à-peu-près le même nombre d'hommes sur le champ de bataille. Le général françois Simon fut fait prisonnier avec une partie de la troupe qif' il avoit conduite au plus haut du plateau.
Le général françois j maître de la grande route de Porto, se flattoit de réparer l'échec du 27 ; mais W'cllington jugea prudent de continuer sa retraite jusqu'aux fortes lignes de Torrès-Vedras, à trente milles de Lia-
GEonoES III. 353
bonne. Masëéua trouva la position de Torrès^Vedras
encore plus forte que celle de Busaco, puisqu'elle étoit en outré hérissée de redoutes habilement placées pour battre de front et d echarpe les colonnes qui tenteroient une attaque contre ces lignes. Il entreprit de bloquer les alliés, dans l'espérance que le besoin de vivres les forceroit de lui livrer bataille.
On ne reconnut point Masséna <lans toute sa cam* Masséna pagne de Portugal. Soit que cette guerre de calculs et ^V^. ^*?* dé combinaisons décourageât sen impétuosité naturelle, campa-^ soit que son génie militaire eût baissé, cet homme ce-» po"tunJÎ lêbre parut au-dessous de lui-même. Quelques gens ont prétendu que Bonaparte, jaloux de toutes les gloires, avoit voulu ternir celle du béros de Zurich , en lui confiant une conquête dont il connoisso*les difficultés.
♦ Les cortès d'Espagne , qui prirent le nom de cortès- Le» sénéraUx , s'assemblèrent à Cadix le 24 de sedtembre. !^^^^^*
o ' ^ ^ -r r s assem-
Cette réunion fut animée de sentiments énergiques : on blent à s'étonna de voir sortir du $ein d'une invasion qui déso- ^ **' ' loit l'Espagne une constitution qui tendoit à la régénérer.
Le premier acte des cortès fut de jurer au roi Ferdinand soumission et fidélité.
Les abdications de Bayonne furent jugées nulles, comme étant l'œuvre de l'usurpation et de la violence. On déclara qu un roi d'Espagne ne pouvoit abdiquer sans le consentement de la nation. On étabUt, comme un principe fondamental, que les Espagnols étoient autorisés , par un droit incontestable , à demiander le redressement de leurs griefs. La religion catholique romaine fut reconnue comme la seule qui pût être professée dans toute l'Espagne. Les cortès décrétèrent que
la presse seroit libre , sous Ijbi condition de ne rien publier qui blessât la religion et les mœurs. La puissance executive fut déléguée temporairement à la régence. Un conseil exécutif de trois membres remplaça Tancienne régence, qui de ce moment cessa de gouverner* Mariage On préparoit des fêtes à Paris pour le mariage de deBona- Kapoléou et de Farchiduchesse Marie-Louise. Le 1 3 de
parte. *
m^vs, cette princesse quitta la capitale de T Autriche, qu'elle de voit revoir bientôt, après avoir été témoin des calamités que Tambition de son époux avoit accumulées sur la France»
La cérémonie religieuse eut lieu le 2 avril , dana la galerie du Louvre. Tous les corps de Fétat apportèrent leurs félicitations au pied du trône. De bons politiques jiugçrent que cet^^allis^nce donnoit à la dynastie corse plus de lustre que de solidité. On dut croire que Napoléon poursuivroit ses projets d agrandissement avec une confiance encore plus téméraire.
La guerre, les i^ipôts, le blocus continental, appau-
yrissoient la Hollande. Ces anciens facteurs de rEurc^
avoient vu tomber leur prospérité ; leur pays se troun
yoit réduit aux ressources, de la contrebande. Tout ce
que pouvait faire le roi Louis , c'étoit de fermer les
yeux. Napoléon éclatoit contre son fvèt^r et Taccabloit
de reproches^
Béunîon ^u notifia, le 2^ janvier, au roi de HpUaivle que
ff *'*i Fempereur françois çnvoyoi^ quarante i»îlle hommes
à Tempire en Hollande, et qu'il faisoit placer de gros détacbem^nâs
françois. avecdesdouanier&firançoisauxemboiJckuresdesfleuYes^
pour empêcher touiç çoi^ipunicatioja cpmnierciiale avec
FAïUgleterre. f^ouis, à qui cette mesure ppouyaquH n'é-
toit plus roi, descendit du trône. Ufit d^ nobles adieux
au peuple qui Fs^imoit, et se rendit aux eaux de Tœ- — r*
{)litz en Bohême.
Napoléon ordonna Timpression d^uh rapport dans lequel on lui disoit « que la Hollande étoit une éma-» nation du territoire de la France ; que sa réunion à la France , suite nécessaire de la réunion de la Belgique , complétoit son empire ; que c etoit un premier pas vers la restauration de la marine, et le coup le plus sensible qu'il pût porter à l'Angleterre. »
Il fut décrété que la Hollande fèroit partie du grand empire.
Et comme si ce nouvel accroissement n'eût fait qù'ir- Autres riter l'ambition de Bonaparte , il forma de la petite ré- "*i"J^^*' publique du Valais un nouveau département qui prit le nom du Sùnplon, il supposa même que à* impérieuses cir-
I constances lobligeoient de s'emparer de toutes les villes
I anséatiques, du Lawembourg et du duché d'Oldenbourg (i). L'électorat de Hanovre se perdit dans le
1 royaume de Westphdie.
I Nous avons vu le duc de Sudermanie monter sur le Évène-
trône de Suéde au mois dé mai i8oq , à ïa place de son ™!"!^ ®^
I ^ Suéde.
I neveu solennellement déposé par les représentants de sa nation. Charles XIU (c'est lé nom sous lequel ré-
. gnoit le duc de Sudermanie ) , se voyant au déclin de l'âge et sans ehfaiits , jugea nécessaire de se faire nommer un successeur. Charles-Auguste, prince d'Augustenbourg, réunit tous les suffrages. Au mois de janvier, il reçut à Stockholm l'hommage des états. Cinq mois après,
(t) L*empereiir Alexandre refnsa de consentir à la réunion du duché d'Oldenbourg, et ce refus entra dans le manifeste de Napoléon comme un des griefs qui le portoient à déclarer la guerro à' la
Bussie. **
attaqué d'un mal subite il expira presque aussitôt. Des soupçons, probablement injustes, tombèrent sur le comte de Fersen, maréchal du royaume; on les fit adopter à la multitude, qu'on passionne aisément parcequ'elle n'examine rien , et le comte de Fersen fut inhumainement massacré.
Le Les états s'assemblèrent pour l'élection d'un autr^
"fierna* héritier du trône. Quatre candidats se présentoient : dotte est le (ils aîné de Gustave, le prince de Hol^tein, frère aiaé ^roySiTdir ^" ^^^ prince d'Augustenbourg , le roi de Danemarck, Suède. le maréchal Bernadotte, prince de Ponte-Corvo. Ce dernier fut préféré , quoique étranger, issu de parents obscurs , soldat heureux comme Napoléon , mais moins brillant et moins célèbre. Cette élection avoit-elle été déterminée par l'influence de l'empereur des François? Ce qui peut le faire croire, c'est que Bernadotte, devenu prince royal, déclara la guerre aux Anglois. Son mani'feste portoit en substance que , pour faire disparoître tout ce que la position de la Suéde avoit d'équivoque, et pour coopérer avec toutes les puissances continentales à forcer l'Angleterre au rétablissement de la paix maritime , le roi déclaroit la guerre au royaume-uni de la Grande-Bretagne et de l'Irlande , ordonnoit la cessation absolue de toute communication avec ce pays^ soit par lettres, soit autrement, et prescrivoit à tous ses feldmaréchaux de publier cet ordre et de tenir la main à son exécution.
Situation Plusieurs ennemis à-la-fois pressoient en ce moment Turc». ^* Turquie. Les Russes agissoient contre elle aux bords du Danube , et même dans la Romanie, ce qui forçoit le grand-visir d'interposer des corps nombreux entre eux et les approches d'Andrinople. Les Servions révoltjé&
t>EORGEs in. 357
occupoiént une autre armée turque, et la tenoierit en — échec. De plus, la cour ottomane avoit été forcée d'envoyer des troupes en Syrie , contre les Wahabis , qui s'étoient déclarés les ennemis des musulmans.
La marine britannique se srp;nala «ette année par des Exploit»
' de Is
actions importantes. Le 5 février, la Guadeloupe se ren- mnrine dit à lamiral Cochrane : et deux mois avant, l'isle-de- *»"«*««»■
. ' . que.
France, une grande quantité de munitions et de marchandises, cinq frégates et plusieurs autre$ bâtiments, étoient tombés au pouvoir des Anglois. Un revers contrebalança ces succès : deux frégates àngloises, 7e Sinus et ia Magicienne^ engagées dans un combat contrela division françoise du capitaine Duperre, touchèrent sur des bancs que leurs pilotes ne connoissoient pas ; et leurs équipages lurent obligés d'incendier le bâtiment. Les François s'emparèrent de deux autres frégates , la Néréide et tlphigênie. Le brave capitaine de la Néréide
\ n'amena son paTitton qu'au milieu des morts et des
I blessés dont la frégate étoit remplie.
( M. Erskine, en 1809, étoit ministre plénîpoteWtniire Suii«dc«
I de la Grande-Bretagne auprès des États -Uhisd'Amé- *^*^^«^«»"
( rique. Après diverses explications sur leé causes des TAo^le- , querelles dé cette {puissance avec l'Angleterre, M. Ers- lerïTtaV
kine crut devoir signer un traité pour le rétablissement ^n*»de la bonne intelligence et du commerce entre les deux peuples. Sur la foi de cette transaction ,- de nombreux bâtiments américains firent voile pour TAnglfeterre. Us y reçurent un accueil qui'leur prouva que les deux gouvernements s'étoient mal entendus , ou du moins que le ministre avoit excédé ses pouvoirs. Il fut rappelé; M. Jafckson le remplaça. M. Jackson manquoit tout-à-fait des formes conciliantes de son prédécesseur. Il indis».
358 HISTOIRS D'ANGLETERRE.
r~ posa le gouvernement américain au point que le r^
sîdent des États-Unis à Londres reçut Tordre de demander le rappel de cet envoyé. Le ministère anglois raccorda ; mais les différents ne furent point accommodés y et tout annooçoit une rupture prochaine entre l'Angleterre et les États-Unis.
Mort de Georges III perdit sa plus jeune fille , la princesse cesse " '^*'*®W^ 9 ïc a novembrer. Le chagrin qu'il en ressentit Amélie, fut si vif qu'il troubla ses idées. Son état parut le m^e Retour de qu'en 1 788 ; mais le rapport des médecins répandit dans die da le publiç de consolantes espérances. Loin de désespâ^ar ^^^' du réiablissement ^ece princç, ils Ip regardèrent comme très probable , ep se fcmdant sur ce que le retour de la maladie mentale ayai^t e:» pour cause la vive secousse qu'avoit reÇile ce bon père de la mprt d'une fille qu il çhérissoit , il étoit permis de croire qu'il retrouveroit sa raison quand cette douloureuse impression seroit calmée. Cependant il étoit nécessaire ijte pourvoir par une régence au vide que la suspension de :1a, puissance executive alloit laisser dans le gouvernement. Mesures M. Perceval propojsa des résoluûojQiç. entièrement con- ^bUr'^nnr ^^^^^^ ^ ^^^^^ ^^ M. Pitt eu 1 783 et 1 789. Un amendelégeuce. ment qui tendoit à f^iire conférer ie< pouvoir au prince de Galles, sans aucune des restrictions proposées, fut écarté par aa4 voix contre aop. On conclut de cette foible majprité que le crédit du ministère il'étoit pas solidement établi.
181 1. Cependant le bill de régence passa le 5 février, et le conseil fut formé des archevêques d'Yprk et de Gantorbéry , du duic de Montrose , des comtes d'Àylesford et de Win^heJsea , du lord Eldon , du lord Ellenborough et de sir Guillaume Grant.
OEORCEJ Ilf. 359
Une Gommîssidn des deux chambres se rendit auprès ""TsiT" de sdn altesse royale pour lui faire, part des résolutions DéclaracoDcemant la régence. Le prince témoigna quelques tiondu regrets de ce qu'on ne s'étoit pas l*eposé sur son respect p^"*^* **• et sa tendresse du soin de régler sa conduite envers son père et son roi. Du reste, il déclara qu'il persévéroit dans la façon de penser et dans les sentiments qu'il avoit déjà manifestés en pareille occurrence. De phis^ son altesae royale fit connoltre à M. Perceval qu'elle ne déplaceroit aucun des hommes qui jouksoient de la «onfiance de sa majesté.
Quoique le gouvernement s'oiïstînât à repousser les demandes des catholiques d'Irlande, ils ne se découra* Catholigeoient pas. Les plus zélés d'entre eux, persuadés que q««»^''«'' cet état d'incertitude tenoit sur*tout à ce que le fit de leurs démarches une fois rompu se renotfoit malaisé- p*ennene ment, résolurent de former à Dublin un c6rps de délé* Reformer
un
nenf.
gués permanent, qu'ils chargeroîent de renouveler leur comité pétition et de potursoivre avec des soins actifs le redres^ permasèment de leurs griefs. Le gouvernement s'alarma dé l'organisation d'un comité catholique. M. Pôle, secré« taire du duc de Rîcbmond, vice-roi d'Irlande, écrivit une lettré circuiaire à tous les shérifs et principaux magistrats du royaume , pour requérir, en vertu d'un acte de la trente «troisième année du régne de Georges III, l'arrestation etTemprisonnement de toute personne qui, comprise dans leur ressort, auroit coopéré, soit par des écrits, soit par sa présences, à ces réunions interdites. Cette affaire causa beaucoup d'agitation dans les deux chambres, et le résultat des discussions qu'elle occasiona fut un assentiment à la mesuré adoptée contre les catholiques. -
36o HISTOIRE d'aNGEETEAAE.
Le ao mai , M. Grattan présenta leur pétition à la chambre dés communes. Il: demanda, le 3i, qu'il ea fût donné lecture , ainsi que de ladresse de la chambre aux armées commandées par lord Wellington et par le général Graham, dans lesquelles on comptoit un grand nombre de catholiques. De là, M. Grattan^ prit son texte pour démontrer que la religion catholique ne pouvoit être accusée de conseiller la désobéissance, et que si les catholiques murmuroient , c'étoit uniquement de ]a manière dont ils étoient traités par le gouvernement. Après de longs développements favorables à la caus« des cathoUques , il demanda le renvoi de la pétition à Texamen d*un comité de toute la chambre ; la motion fut rejetée. Lord Donoughmore fit la même motion à la chambre des pairs ; elle eut le même sort que dans la chambre des communes.
Les catholiques irlandois ne se désistèrent pas du projet de rassembler leurs intérêts dans un point central; et d'un autre côté le goavernement ne voulut pas demeurer spectateur passif du mépris de ses défenses. Plusieurs fois réunis , plusieurs fois dispersés , ils prirent , au milieu de ces délibérations contrariées , la détermination de. ne jamais supporter eu silence labus du pouvoir qui les opprimoit, et de présenter une humble adresse au prince-régent quand il seroit affranchi des gènes qui limitoient son autorité. Lan{>ueur ^^ Commerce anglois souffroit considérablement, et du coni- j^ chambre recevoit de nombreuses pétitions des négociants des trois royaumes. M. Perceval demanda ia formation d'un comité pour scruter les causes du mal et proposer des moyens. On composa ce comité de vingt*
i8ii.
GEORGES ni. 36l
tin membres éclairés sur les intérêts commerciaux. ' Dans leur premier rapport, ils attribuèrent la plus grande partie des désastres du commerce à des spéculations irréfléchies sur TAmérique méridionale. Ils pen* sèrent que la détresse urgente des commerçants avoit besoin des secours du parlement, et qu'il seroit utile de leur prêter en billets de Téchiquier une somme de six millions, qu'ils rembourseroient de trois mois en trois mois y par paiements égaux. Le bill passa ; mais on exigeoit des sûretés qu^un grand nombre de ces commerçants ne put fournir ; ce qui resserra beaucoup Futilité de cette mesure.
Ces discussions sur le commerce en amenèrent une Débats par rapport aux espèces monnoyees en circulation. Un *"'',^®* membre prétendit qu'attendu la dépréciation du papier monqui circuloit dans le royaume, il importoit que la banque en *^«mireprît le plus tbt qu'il seroit possible ses paiements en laiio»espèces.
On nia fortement le fait sur lequel il s'appuyoit (la dépréciation du papier). M. Bose ajouta qu'on ne verroit pas une guinée de plus quand le gouvernement autoriseroit la banque à payer en espèces.
M. Vansitart entra dans des détails qui supposoient un esprit fort exercé sur ces matières. « Je pense aussi , «dit-il en terminant, qu'il convient à l'intérêt public « que la* banque d'Angleterre reprenne ses paiements « en espèces ; mais seulement dans un temps opportun ; n car je soutiens que, dans l'état présent des choses, et « jusqu'à la paix défini'tive , il faut se garder d'assigner « un terme à la défense de payer autrement qu'en pa- « pier. »
362 HISTOIRE O'ANGLETERBE.
Quoiqu'on eût affirmé que le crédit du papier étoit * intact, la dépréciation devint si notoire qu'il ne fut plus du permis d'en douter. Alors la peur d'une part et la cupiwement' ^^^® ^® Tautre embarrassèrent le gouvern.em^it ; l'une , . en repoussant les billets; l'autre, en les échangeant contre de l'or à des prix très différents de leur valeur nominale. Dan scette crise, le comte Stanhope présenta, le 27, à la chambre des pairs un bill dont robJ€t étoit de ranger au nombre des actions illicites celles d'ache^ ter de l'or ( en espèces monnoyées ) au-dessus de sa valeur légale , et de prendre des billets de banque au-dessous de leur valeur nominale. D'abord les ministres se turent ; mais la circonstance les pressoit. Si ce. moyen n'offroit pas une ressource solide, il devenait un expédient nécessaire. Ils le défendirent. Le btU passa dans les deux chambres , à de fortes majorités. Budget. Jjs 110 mai, la chambre des communes entendit la lecture du budget. Les dépenses étoient portées à quarante-neuf millions cinq cent mille livres sterling. pour la Grande-Bretagne, et six millions cinq cent mille pour l'Irlande.
liéinté' On remarquoit^ depuis que le prince de Galles avoit flu duc *cc€ipté la régence, qu'il laissok les ministres gouver- I l'York ner, plutôt qu'il ne gduvernoit lui-même : il se conten- «omlûan- ^oit d'imprimer à leurs actes le sceau de la puissance dément exécutivc. D'après cette conduite, qui paroissoit l'effet Tarmée. d^un plan de son altesse royale, on ne fut pas peu surpris de voir le duc d'York réintégré dans son emploi de commandant en chef de l'armée. De la part du régent, c étoit inculper les accusateurs du duc d'York, et la chambre elle-même, ou du moins ceux de ses membres
GEOKGES III. 363
dont TopiniQU s'étoit prononcée contre ce prince. Aussi — ^ — le lord Milton fit-il une motion pour condamner ce qu'il appel oit un abus de V autorité roy-ale, en paroissant toutefois ne rimputer qu'au ministère. M. Perceval, au nom des ministres , se chargea de toute responsabilité sur ce pomt; il déclara, que le successeur du duc d'York dans cette place importante ayant été contraint par l'état de sa santé d'offrir sa démission , tous les yeux s^* toient aussitôt reportés sur le duc d'York , à qui l'armée britannique devoit son organisation et sa discipline. On répliqua : mais la chaleur des premiers sentiments étoit amortie; les services rendus par le duc d'York ne pouvoient être contestés; le public même, qui revient de ses, impressions aussi promptement qu'il les reçoit, le public plaignoit ce prince, et le redemandoit. Il parut que cette façon de penser étoit en ce moment celle de la majorité de la chambre, car la motion de lord Milton fut rejetée par 296 voix contre 47-
Cette session du parlement adopta deux résolutions, Rcsolu dont la première trouva des contradicteurs parmi les: ^ j^'^ partisans de la sévérité des peines. Elle inséra dans le bill de mutinerie (mutiny'biU) unç clause qui donnoit pouvoir aux cours martiales de substituer remprison-r nement à la peine des verges, quand elles le jugeroient à propos.
La seconde résolution , dont l'objet étoit un échange de milice entre-la Grande-Bretagne et l'Irlande, fut en-* visagée comme un moyen de cimenter l'union des deux royaumes. Ce qu'il étoit inutile de dire, et qu'on laissa présumer, c'est que le gouvernement voyoit un grand avantage à s'assurer de l'Irlande par l'emploi d'une
tions téet.
iSii.
364 HISTOIRE DANGLETERRE.
grande force militaire répartie sur difiFérents points , et non moins étrangère aux intérêts civils qu'aux sentiments religieux du pays.
Le parlement fut prorogé le* a4 de juillet. Affaires Tous les yeux'étoieut attachés sur ce qui se passoit" Porf * I ®" Portugal. Ce pays resteroit-îl indépendant? finiroit-il par devenir une province espagnole sous la domination françoise? Quel seroit le succès de ces deux grandes armées, dont Tune s'étoit postée pour attaquer la capitale, l'autre pour la défendre?
Le siège de Cadix n^avançoit point. Suchet avoit pris Tortose; il se disposoit à marcher sur Tarragone. Mort du Les Espagnols firent une perte irréparable par la marquis u^Qfi soudaine du marquis de la Bomana; ce fut un vé- Romana. ritable revers. La Bomana jouisspit d'une grande considération personnelle, et de l'estime particulière du lord Wellington, plus capable qu'aucun autre d'apprécier ses talents et ses vertus.
Siia renommée de Masséna pâlissoit dans cette campagne, Soult ajontoit à la sienne. « En deux mois, écri- « voit Wellington à la régence de Portugal , les Fran- « çois ont réduit Tortose, OHvença, Badajoz.*Le maréa chai Soult , avec un corps qui probablement n^a jamais « excédé vingt mille hommes , a pris les deux dernières « places , fait prisonniers ou détruit vingt-deux mille 1 « hommes. »
Attaque Cependant les troupes de Soult essuyèrent un échec coinbi- Jqjj|. igg suites auroient été graves, si les auteurs de ce contre les plan cusscut mieux concerté leurs moyens d'exécution. quHjlo!* Les Anglois et les Espagnols projetèrent une attaque queni combinée contre les François qui bloquoient Cadix. En conséquence , quatre mille Anglois , commandés par le
CEORGES in. 365
général Graham, et sept mille Espagnols, sous les ordres "^^"^
du général la Pena , s'embarquèrent , le 20 février, pour se joindre aux troupes espagnoles de San-Roque. Réunies à Tariffa le 28 février, elles marchèrent dans la direction de Chiclana; le 5 mars, elles atteignirent les hauteurs de Bacrosa. Graham formoit lavant-garde avec sa colonne ; il reçut lavis que Fennemi se portoit vers les hauteurs, et rétrograda sur-le-champ, afin de défendre une position dont il sentoit l'importance. Lorsqu'il arriva, le général françois Ruffin avoit cul* buté les Espagnols; Grabam fit charger à la baïonnette, et le champ de bataille lui resta. On évalua la perte des François à trois mille hommes hors de combat : le général Ruffin fut fait prisonnier, et conduit en Angleterre.
Le jour même où cette affaire eut lieu, Masséna quit- Massen» toit Santarem pour rentrer en Espagne. Espa'^^nc"
Suchet Faisoit depuis le 4 mai le siège de Tarragone. Le 29 , le fort Oliva fut pris d'assaut : Tarragone se sî^^^e ec trouvoit réduite à ses propres forces. Le 28 juin, }a P"*^ ^^ brèche fut praticable, et les assaillants 9'y précipité- goue. rent. Écoutons le général lui-même, dans son rapport à Rerthier. « La fureur du soldat étoit exaltée^ par la «-résistance delà garnison. L'exemple terrible que je « prévoyois à regret dans mon dernier rapport à votre « altesse retentira long -temps en Espagne. Quatre « mille hommes ont été tués dans la ville; dix à. douze « mille ont essayé de se sauver par-dessus les murs; on a en a sabré deux mille; dix mille, dont cinq cents offia cierS; sont prisonniers, et partent pour la France. « Près de mille cinq cents sont blessés, dans les hôpi- « taux de la place, etc. , etc. v
De pareils succès font frissonner.
i8ii.
Le 2 5 décembre, Valence fut, investie de tous côtés; mais elle ne succomba quen 18*12.
Au milieu des bombes que les assiégeants jetoient dans Cadix, les cortès poursuivoient paisiblement leurs travaux. Si leur constance fut admirable, l'œuvre qu'elle produisit est loin de mériter cet éloge. La constitution des cortès n'est qu'une contre-épreuve de la constitution françoise de 1791. Point de balance de pouvoirs; point de représentation des différents intérêts sociaux; Fautorité royale à peu près paralysée : système défectueux dans toutes ses parties , et d'une exécution impossible.
Naissan- Le 20 mars, la naissance d'un fils combla tous lès
ce du roi y^u^ jg Tempereur des François. Le jeune prince reçut le titre de roi de Morne, et fut présenté comme tel au corps diplomatique. Quelle situation que celle de Napoléon en ce moment! son empire s'étôndoit de la Baltique aux Pyrénées, et du cap Finistère au fond de i'kalie. Un soldat parvenu comptoit en Europe soixante et quinze millions de sujets; huit cent mille hommes armés marchoient sous ses ordres. Époux d'une archiduchesse, il étoit devenu, dans la plus fîère des cours, l'égal des souverains héréditaires. Un fils affermissoit son trône. Que lui manquoit-il? la modération, la bonne foi, la sagesse.
Bulle du Une bulle du pape qui circulbit en secret alluma le
^*P^' courroux de Napoléon ; il fit arrêter le vicaire-général
de l'archevêché de Paris, pour en avoir eu connois-
^°'*®" sauce; il exila le directeur-général de la librairie, pour
convoque Favoir ignorée. Ce crime du souverain pontife déterconcile ^^^^ Bonaparte à s'affranchir de sa puissance. Il con-
national. voqua, pour Cet effet , un concile national où furent âp-
pelés tous les évéques de France et dltalie. Le premier but de cette convocation étoit de pourvoir aux vacances des sièges épiscopaux, multipliées par le refus constant du pape de donner Tinstitulion canonique aux évéques de la nomination de Napoléon; mais las* semblée ne répondit point aux vues de Tempereur, et lui prouva que^ sur des hommes pénétrés du sentiment de leurs devoirs, les promesses et les menaces étoieot également impuissantes.
La guerre continuoit entre les Russes et les Turcs sans ^^nace* événements décisifs; mais des difficultés plus sérieuses rupture oceupoient Alexandre : il voyoit que Bonaparte , vain- ®**^*'« '» qneur d'une partie de l'Europe , ne se croyoit pas au la Russie. terme de ses conquêtes. La correspondance diplomatique des deux cours s'côgrissoit de moment en moment. l!îa{>oléon exigeoit impérieusement le concours des puissances au projet de rompre toutes les communications du commerce de l'Angleterre avec le continent européen. C'étoit demander à la Russie le sacrifice d^un trop graïKl intérêt; Aussi louvoyoit-elle entre le besoin de ménager les négociants anglois, et la condescendance qu'elle avoit marquée jusqu'à ce jour aux voiontés de Napoléon. Mais des demi-mesures ne suffisoient point à celui-ci.
L'Autriche, sans se montrer ouvertement contraire Disposiaux demandes de Bonaparte., ne les remplissoit qu'avec ***^"^ ^^ réserve. La Suéde, loin de donner suite à sa déclaration puissau* de guerre contre la Grande-Bretagne, témoignoit le *^**' désir de se réconcilier avec elle. Le Danemarck , dominé par le voisinage des François , et nécessairement esclave de la politique de leur souverain , suivoit l'impulsion qu'il recevoit de lui pour attaquer des bâti-
i8ii.
ments anglois. Rarement ces agressions tournoient^
elles à son avantage.
Engage- Lg gouvernement des États-Unis de rAmérique avoir tre une suspendu toute relation amicale avec FAngieterre, et fréçaie ^ette mesure devoit avoir son effet jttsqa a la révoca-
angloise . ** ^
et un bâ- tion des actes du conseil britannique. Ces actes ayant timent ^^^ maintenus , le résident américain à Londres reçut
amen- ' *
cain. son audieucc de congé du prince-régènt le i^' mars. Depuis cette époque, les ports des États-Unis furent fermés aux vaisseaux anglois. Mais ce refroidissement entre les deux nations se bornoit encore à rinterruption de leurs rapports commerciaux. Un incident qui survint lui fit prendre un caractère d'inimitié. Le 1 6mai, la frégate angloise le petit Belt rencontra sur les côtes d'Amérique la frégate américaine fe Président ^ et lui donna ia chasse. Dans la soirée, les deux frégates se retrouvèrent. «Quel est ce bâtiment?» demanda le Commodore Bodgers. Après un moment d'hésitation, disent les Américains, le capitaine Bingham répondit par plusieurs coups de canon ; Bodgers riposta de toute sa volée. Le Président étoit supérieur en forces ; ce qui rendit très funeste à la frégate angloise un engagement qui dura trois quarts d'heure au moins.
Des deux commandafnts , quel avoit été l'agresseur^ L'un et l'autre s'en défendirent. Il est permis de supposer que ce fut l'américain. Quoi qu*il en soit, leurs gouvernements les désavouèrent. Mais , dans les États-Unis, l'irritation , déjà très grande , s'accrut de cet événement. Conc^uéte^ La valeur des troupes angloises, et Thabileté de sir Batavia Samuel Auchmuty , qui les commandoit , acquirent à par les TAugleterrc , dans le cours de l'été,' la possession de iigois. gg|.3^ijj^ capitale des établissements hollandois dans
maison rince
GEOBGES III. 3169
les Indes orientales. Le 5 août, le débarquement s'ef- "~ fectua ; le 10, les troupes du colonel Gillespie forcèrent les retranchements à la baïonnette. Le 26, un assaut général fut ordonné; peu de jours après, Tîle de Java tout entière et la petite île de Madura se soumirent à la domination britannique.
La session du parlement s'ouvrit le 7 de janvier. Dans 181 2. la séance du 16, et dans plusieurs autres séances, jus- P"*^^^-
■> j r 1 * j ment .
ques au 23 mars, on s occupa de former la maison du impérial prince-régent, considéré ciomme roi d'Angleterre (car ^jn^^gi le chancelier de Téchiquier annonça que , d'après le rap- lits à la port des médecins , les espérances du rétablissement de ^^^ sa majesté s'éloignoient); on proposa d'ai^pnenter le récent revenu de la reine, et d'ajouter neuf mille livres à la ' pension de chacune des quatre princesses, qui recevoient annuellement quatre mille livres, prises sur la liste civile.
Ces différentes propositions souffrirent peu de difficultés.
La prospérité militaire des François en Espagne étoit Suites moins brillante, et ce torrent de succès commençoit à j'Espà s'arrêter. Les guérillas harceloient les troupes enne- 6"«mies avec une activité sans relâche, surprenoient les cantonnements, interceptoient les convois , enlevoient des approvisionnements jusqu'aux portes des villes occupées par l'ennemi.
Le général Blake s'étoit enfermé dans Valence; ce Valence qui faisoit croire que Suchet achéteroit cher l'honneur aux F de s'en rendre maître. Cependant , après trois jours de ǰ** bombardement, la place ouvrit ses portes aux François. La molle défense qui la leur livra ternit la gloire que cnnt combats avoient acquise au général Blake. 21. 24
(le uerre
r;tn-
i8ii2.
La prise de Tarragone avoit élevé Suchet au rang de. maréchal d'empire ; la reddition de Valence lui fit obtenir le titre de duc d'Albufera.
Coura- Le 1 5 de décembre, Soult donna Tordre au maréchal feose de* Victor de détacher un corps de dÏK mille hommes pour Tarifa, s'emparer de Tarifa. Dix-huit cents hommes seulement défendoient cette place ; une brèche fut ouverte le 3 1 , et sur-le-champ une colonne s'avança pour donner l'assaut: mais la bonne contenance de la garnison, qui fusilloit à bout portant, força les assaillants de rétrograder. Une seconde tentative ne fut pas plus heureuse ; ils se retirèrent dans la nuit du 4 au 5 de janvier. We11iD(r. Le Qéuégpl françois Marmont, qui soupçonnoit le ^a ^X" P^^j^^ d'une entreprise sur Ciudad-Rodrigo, se tenoil Ciudad- à portée de secourir la place, si le lord Wellington l'at- "^°' taquoit; cependant la place fut prise en deux heures. Des manœuvres adroites mirent-elles en défont la vigilance de Marmont? N'est-il pas plus probable que les habitants donnèrent des avis aux Anglois , et que le premier succès de leur attaque fut le fruit de ce$ intellig.ences?
Badajoi. Le lord Wellington fit investir Badajoz le i o de £ése rend y|.;ep . |j| trauchéc fut ouverte le lendemain et le surlen-,
aux '
Anglois. demain. Le 26, les Anglois canonnèrent le fort la Picuriua ; cinq cents hommes d'élite l'enlevèrent à la pointe de la baïonnette , et s'y logèrent. Le bastion étant accessible par trois brèches, l'assaut fut décidé pour la nuit du 6 avril. L'escalade du château réussit la première; la ville ne put tenir quand les alliés furent maîtres du château.
Welling- Quand le maréchal Soult eut appris la perte de Badajoz , il se retira sur les frontières de l'Andalousie ; le
toa re-*
lie Salamanque.
gros de Tannée de Wellington repassa le Tage, pour forcer Marmont à rentrer en Espagne.
Le général anglois laissa reposer son armée pendant Tage. les mois d'avril et de mai.
Le 1 3 juin, accru des renforts envoyés d'Angleterre, il vint camper à six milles de Salamanque : les troupes françoises évacuèrent cette yille quand les alliés approchèrent. Il ne fut laissé qu'environ huit cents hommes dans des couvents, dont on avoit fait des forts, pour servir de dépôts d'habillement et d armement. Ces forts furent emportés le 27, après une défense assez vive.
L'armée de Wellington et celle de Marmont firent Bataille beaucoup de marches et de contremarches qui dévoient nécessairement les amener en présence lune de Fautre. Elles s'y trouvèrent, et furent aux prises le 22 juillet. Les François se battirent avec leur valeur accoutumée : la fortune se déclara contre eux. La perte en tués et blessés fut àpeu-près la même des deux côtés ; mais on fit aux François sept mille prisonniers, parmi lesquels se trouvoient un général et trois colonels. Marmont eut le bras cassé d'un éclat d'obus. Les généraux anglois Cole , Leith et Beresford reçurent aussi, dans l'action , des blessures assez graves. Cette bataille prit le nom de Salamanque,
Une des conséquences les plus importantes de ce grand avantage fut de faire abandonner le blocus de Cadix. Bientôt après, Séville fut également déUvrée. Le défenseur de Tarifa, le colonel Skerret, en eut la gloire.
Lord Wellington marcha sur Madrid; il entra dans Wellin^»cette ville au moment où Joseph en sortoit avec une î°" ^"l'^*
, . ,, . ^ , __^ ,,. à Madrid
petite armée qui n etoit guère qu une escorte. Wellmg-
,3'JX - HISTOIRE 0'aNGLETERRE.
■ ton reçut à Madrid Thommage d'une recoanoissance
pot-tée jusqu'à l'enthousiasme, et d'une joie voisine de l'ivresse. Il en sortit le i*' septembre,, et le 7 il remplaça le général Clausel à Valladolid. Le 19, ses troupes étoient à Burgos, que les François avoient évacué. Lç château ne l'étoit pas; Wellington pensa qu'on pouvoit en brusquer l'attaque. Les assiégés étoient sur leurs gardes , et l'assaut fut inutile. Le 2 1 , le général anglois apprit que Soult arrivoit sur le Tage ; s'obstiner à la prise du château de Burgos, c'étoit compromettre le succès de la campagne. Les alliés se replièrent sur le Dourp. La garnison du <5hjàteau de Burgos, et le général Uubreton, qui la commandoit, se couvrirent de gloire aux yeux de toute l'Europe.
Le çéné- Il eût été difficile que l'orgueil castillan ne fût pas rai Ballas- ^^ ^^ froissé de la convcution qui» subordonnoit les perd son officicrs cspaguols aux commandants anglois ; mais un ^demem." patriotisme sincère et le mérite éminent du lord Wellington avoient étouffé toutes les inquiétudes de la jalousie. Ballasteros étoit le seul qui se soumit avec impatience : comme ses sentiments éclatèrent par un refus d'obéir, il fut destitué de son commandement , et le général Virués le remplaça. L'armée perdit un officier plein d'ardeur et d'intelligence, mais qui, s'érigeant en juge des ordres qu'il recevoit du général en chef, n'exécutoit pas ou n'exécutoit qu'à moitié ceux dont le but échappoit à sa pénétration.
Kouveaux Chaque session du parlement voyoit reproduire les * faveur" mêmcs arguments, développés avec plus ou moins descaiho- jg force et d'intérêt, en faveur des catholiques irlandois.
l^cfues If'
lâftdois. Dans celle-ci, ce fut le comte Fitz- William qui parla pour eux à la chambre des pairs 5 ils eurent lord Mgrpetlk
|)Dûr avocat à la chambre des communes. Mais cette tentative ne fut pas plus heureuse que les précédentes. On avouoit qu'il étoit de la j^ustice d'affranchir une classe nombreuse de citoyens des gênes que leur imposoit une polkique ombrageuse; mais on s'effrayoit de la nature des concessions qui leur étoient faîtes; et peut-être aussi Faspect menaçant sous lequel ils se montroient en ce moment J servoit-il mal leur cause.
La nomination du colonel Mac-l^ahon en qualité Discusde trésorier de la caisse des veuves avoit excité Tatten- **f " ^^ *'
tive au
tion du parlement. Les commissaires de la comptabi- colonel lité , dans leur rapport, avoient rangé cet emploi parmi ]vï3ïjob. ceux qu'il convenoit de supprimer comme inutiles. Quoique les ministres l'eussent soutenu de; tout leur crédit, l'opinion publique l'emporta sur eux , et la suppression fut décidée. Le colonel jouissoit de l'affection du prince -régent; son altesse royale l'indemnisa de sa place par celle de garde de la cassette privée. M. Wood demanda quel étoit cet emploi qu'il ignoroit, et quels émoluments recevoit le titulaire? Le ministre répondit que le colonel Taylor en avoit été pourvu, <|u'il y joignoit , comme le colonel , le titre de secrétaire ; et qu'il avoit rempli cette double fonction auprès du roi , depuis que la vue de sa majesté s'étoit affoiblie. On insista pour que l'acte de nomination fût exhibé. M.Wilberforce jugea cette exhibition superflue. « N'étoit-il pas tf plus simple de faire payer les appointements de cette^ a place sur la cassette particulière du régentPajou ta-t-il. » Les ministres, que la recommandation du prince de Galles intéressoit au succès de cette affaire , obtinrent une majorité de soixante-seize voix en faveur du colonel.
val «st as- •assine.
374 HisTomE d'akglkterhe.
~~ Le marquis Wellesley se retira du ministère le 16 fc-
' vrier. Ce fut une perte réelle et sentie. Les moâifs de
ley se ic- sa retraite étoient-ils ceux qui se répandirent dans le V? ," public? tenoit-elle au peu d accord entre son opinion et celle de ses collègues sur le plai^ adopté pour la guerre de la péninsule? ou, comme on Fa cru, son mécontentement ne provenoit-il que de l'esprit dominateur de M. Perceval , qui ménageoit assez peu le sentiment qu'il combattoit ?
Lord Gastlereagh lui succéda dans la place de sécrétai re-d'état des affaires étrangères.
M. Perce- Tout aunonçoit que l'autorité ne sortiroit plus des mains de son altesse royale, et le régent songeoit à s'entourer de quelques unes des personnes avec lesquelles, ainsi qu'il le disoit lui-même, il avoitfomiéïes premières liaisons de sa vie. Ç'étoient sur-tout le lord Gren ville et le lord Grey qu'il appeloit à faire partie du cabinet. Il ne put les y déterminer: leur manière 'de voir différoit trop de celle du ministère actuel. Ce ministère se soutint donc jusqu'au meurtre effroyable qui lui ravit son chef. Le 1 1 mai, M. Perceval entroit dans la salle qui précède le lieu des séances de )a chambre des communes : un homme appelé Bellingham s'approcha de ce ministre, et le tua d'un coup de pistolet à bout portant. Cette catastrophe consterna les deux chambres. On crut d'abord que l'assassinat du chancelier de l'échiquier étoit le premier acte d un complot dirigé contre les ministres ; mais Bellingham avoua sur-le-champ qu'il avoit voulu satisfaire un ressentiment personnel. Cet homme s'étoit . ruiné par des spéculations téméraires , et se persuada que le gouvernement anglois lui devoit des dédommagements. L'accueil que M. Perceval fit à ses réclama-
«EOBGES m. 375
tions acheva de troubler sa têjte ; et cette affreuse ven- — -— — Ijeance fut 1 effet de son délire. L'état d'aliénation étoit , indubitable 9 mais il ne sauva point Bellingham de la peine capitale.
Une des deux places'de M. Perceval échut au comte de Liverpool.
Le besoin de recomposer le ministre, le désir des Nouveaa partis, et celui du prince, d'y faire entrer des hommes ™*"" qui convinssent à leurs intérêts , amenèrent une foule de négociations intérieures, tour-à-tour entamées, rompues, renouées, et dont le résultat fut à -peu -près nul. Enfin le comte de Liverpool informa la chambre <les pairs que son altesse royale Tavoit nommé premier commissaire de la trésorerie; qu'en outre lord Sidmouth étoit nommé secrétaire-d'état de l'intérieur ; le comte d'Harrowby , président du conseil; M. Vansitart, chancelier de l'échiquier. .
Les négociants préssoient le comité de faire son rap- B^ppon port sur la situation du commerce, sur les causes de sa ^itua^io^ langueur, et les moyens à prendre pour le revivifier. Le jdu com- I G juin, M. Brougham lut ce rapport à la chambre des communes. Il le conclut en proposant une adresse au prince-régent , pour le supplier de révoquer des ordres qui paralysoient l'industrie nationsde , et d'adopter des mesures qui fussent agréables aux puissances neutres , autant néanmoins que le permettraient les droits et la «dignité de la couronne. Cette motion prit faveur ; mais lord Castlereagh fit sentir combien il importoit dé ne rien décider sur cette question sans l'avoir envisagée sous ses^ rapports essentiels. Il affinma que le gouvernement tendoit au même but ; maàs par des démarches plus mesurées* Enfin il annonça que le prince-régent
376 HISTOIRE D'ANGtCTEBRC.
révoquoit pleinement les ordres du conseil, pour ce qui
1812. concernoit les bâtiments américains. LelordCastlereagh ajouta que toutefois la révocation n'auroit lieu qu'autant que le gouvernement des États-Unis, aussitôt qu'il en auroit connoissance , arrêteroit TefFet de ses actes d'interdiction contre le commerce britannique. Premières Cette Communication satisfaisante engagea M. Brougnouvelles ham à retirer sa motion. On espéra que les liens du hostilités commercc alloient rapprocher l'Angleterre et les Étatsentre Uuis d'Améiique : mais il étoit trop tard; et Londres terre et «c tarda pas à recevoir la nouvelle des premières hos-
IcsÉtats. tilités.
Unis.
Il faut avouer que l'Angleterre avoit donné trop de sujets de plainte aux États-Unis d'Amérique, Comment justifieroit-on la violence avec laquelle des officiers de la marine angloise osèrent, plus d'une fois, en pleine paix, enlever des matelots sur les bâtiments américains, pour se recruter à leurs dépens? Laissons de côté les prétextes dont on essaya de couvrir cet abus des droits du plus fort : l'historien ne connoit et ne respecte que la vérité.
L'Angleterre, par les ordres du conseil (du 7 janqui justi- vier 1807), réduisit les États-Unis à l'impossibilité ^entles jg déployer une voile sans sa permission; et par-là cains. porta le coup le plus terrible au commerce des Américains. Toutes leurs représentations furent infruc* tueuses; et pour ajouter. à ses torts envers eux, le gouvernement britannique ne craignit pas, en 1809, de désavouer le traité par lequel son plénipotentiaire, M. Erskine , réconcilioit les deux peuples. L'indignation étoit à son comble ; mais les chefs du gouvernement américain hésitoient encore. Dans le repos d'une
GEOIlGES ni. 377
longue paix, les habitudes militaires s etoiënt perdues; ' on ne pouvoit plus compter sur Tenthousiasme qui produisit rindépendance ; en un mot, la guerre étoit une expérience périlleuse , mais elle paroissoit inévitable.
La session du congrès ô'étoit prolongée bien au-delà de son terme ordinaire ; et quoique le grand nombre des bons esprits eût cou^enu les esprits passionnés , le parti de la guerre avoit acquis une prépondérance très marquée. Le 18 juin, l'assemblée reçut du président un message qui provOquoit une dernière discussion à ce sujet. «Convient-il de déclarer la guerre à FAnglelerre? » telle fut la question qui termina les débats. La majorité se déclara pour l'affirmative , et la guerre fut proclamée.
Cet acte de la législature n'obtint pas un assentiment unanime. Quelques uns regardoient cette guerre avec les Anglois comme une lutte qui , conduite avec sagesse, devoit consolider leur indépendance : les états de Test p^nsoient bien différemment; et c'étoit surtout par les représentants de cette partie de la confédération que la paix avoit été votée. Leur commerce s'étoit soutenu , quoique restreint par les déprédations des deux grandes puissances belligérantes : laî guerre alloit l'anéantir; et le commerçant, désœuvré , n'avoit plus qu'à fermer ses comptoirs.
Les hommes sages craignoient les résultats d'une épreuve hasardeuse.
Les hommes timides voyoiënt leurs ports sur l'Atlantique exposés à de grands dangers, les états du sud ouverts à l'invasion, et les frontières occidentales dévastées par les incursions des sauvages.
378 UISTOIBE DANGLETEBRC.
•"T Le nombre des soldats sous les armes , au moment
* de la déclaration de guerre , ne s'élevoit pas au-dessus tions des de cinq mille. Il faillit faire un aj^el à cent milk miU- Amen- ^^jg^g ^ g|; reccvoir cinquante mille volontaires sous les drapeaux. Les premières opérations eurent lieu contre le Canada. Le général HuU commandoit Farmée. Toute la conduite de cet officier inhabile ne fut qu'une suite de fautes et d^impré voyances. Repousses du fort Malden, qu'il avoit tâché d'investir, les Américains se réfugièrent au fort Détroit. HuU y fut assiégé par le général anglois Brook, capitula d'une manière honteuse, et consentit à rester prisonnier. Après son échange contre trente Anglois, il fut traduit devant une cour martiale, prévenu de trahison et de lâcheté. Sur la première Le accusation, le tribunal refusa de délibérer. La seconde améri- charge n'avoit pas besoin de preuves; Hull fut concain damné: mais, en considération de ses services pencoDclam- dant la guerre de la révolution , le président lui remit "^' la peine capitale; il ordonna seulement que son nom fût rayé des contrôles de l'armée.
Succès Ces premiers revers donnèrent un grand avantage an ricaiîTs^' parti qui condamnoit la guerre; mais des succès sur <ur mer. mer firent bientôt triompher l'autre parti. Le 19 septembre, la frégate américaine la Constitution fat attaquée par la Guerrière^ frégate angloise du premier rang. L'Américain reçut d'abord le feU de son ennemi sans riposter; ce qui promettoit au capitaine anglois (Dacres) une capture aisée ; mais aussitôt que la manœuvre eut amené la frégate angloise dans la position que le capitaine Hull vouloit prendre, l'ordre fut donné de tirer volée sur volée, sans le moindre intervalle. Le mât d'arti-
mon de la Guerrière tomba quelques minutes après. Son
bois, son grément, ses voiles, étoient tellement criblés
de boulets, qu elle ne pouvoit plus gouverner. Enfin elle
amena son pavillon. Cette frégate a voit tant souffert
I dans l'action que les Américains la brûlèrent. ^
, Un autre combat, livré le 2 5 octobre entre la frégate
, américaine les États-Unis^ commandée par le commo-
j dor Decatur^ et la frégate angloise la Macédonienne^
portant quarante-neuf «canons , se décida de même en
, fav'eu^ du bâtiment américain. •
. La guerre des indépendants et des royalistes de l'Amérique espagnole continuoit tivec des succès balancés ; cependant, au milieu de Tannée, la cause des premiers, sembloit péricliter.
L'empereur Alexandre ne doutoit pas que Napoléon Projets de n'eût contre lui des projets hostiles. Vainement celui-ci Napoléon
^ ^ •» ^ contre la
çherchoit-il à le tromper, en faisant donner communi- Russie. cation au prince Kouyakin d'une lettre par laquelle il proposoit la paix à l'Angleterre , quoiqu'il fût bien convaincu que la condition de maintenir son frère sur le trône d'Espagne rendoit cette démarche inutile. Alexandre prit ses mesures, sans éclat, pour résister à ^ ^™P*^' l'irruption qu'il prévoyoit. Alexan-
Bonaparte , de son côté , couvrit d'un profond mys- jes metère l'intention d'un grand armement dont il faisoit les sures en préparatifs. Chacun se perdoit en conjectures sur le quence. but qu'on leur supposoit ; et les politiques menaçoient tour-à-tour la Turquie , la Perse , ou l'Angleterre dans ses possessions asiatiques. On en jugeoit ainsi d'après des approvisionnements extraordinaires qui dénotoient «ne expédition lointaine, et dans un pays où l'armée
38o HISTOIHE d'aIN'CLETERRE.
""^ Françoise auroit à subsister par ses propres ressources.
Le I o mai , Napoléon se rendit à Dresde , où le roi de Saxe le reçut avec magnificence.
Là s'étoient réunis Femperéur d'Autriche et l'impératrice, le roi de Prusse et tous les princes de la confédération du Rhin. Jamais l'orgueil de Bonaparte n'avoit été plus flatté.
Ses trou- L'armée partit de Mayence au mois de mars , et se rT'entsur ^^''^S^^ ^"^ '^ Prusse. Elle étoit* rassemblée le aS de juin ia Prusse, aux boftis du Niémen. Cette immense armée consistoit en dix corps d'infanterie de vingt mille hommes chacun , et soixante mille hommes de cavalerie ; ce qui . joint à quarante mille hommes de garde, à l'artillerie, aux bataillons du génie , donnoit un total de quatre cent mille hommes, parmi lesquels on comptoit trois cent mille François.
Procln- A Wilkowiski , la proclamation qui suit fut mise à
malien de 1,1 1 11 ^
Bona- 1 ordre de 1 armée :
'pafie- «Soldats,
0 La seconde guerre de Pologne est commencée
«La Russie viole ses serments Elle est entraînée
« par la fatalité ; ses destins vont s'accomplir. Ne se- « rions-nous plus les soldats d'Austerlitz? Marchons! « portons la guerre sur son territoire , etc. , etc. »
Manifes- Pendant que les troupes étoient en marche , la polé-
*®* mique des manifestes appeloit les puissances à juger
la cause des deux potentats. La première pièce publiée
par la cour de France étoit une note adressée par le
prince de Bassano (i), le 2 5 avril, au comte de Roman-
(i) L'auteur anglois donne au duc de Bassano le titre de pritux qu'il u'a jamais eu. M. Maret, duc de Bassano, parvenu^ par ses laiciits, au ruu^ de secrétuire-d'état, a mërité d'honorables amis^
Q^EORGES. III. 38.1
zoff. Le ministre' se plaignoit de ce que la Russie, non- — -— obstant ses promesses et les stipulation^ du traité de Tilsitt , avoit cessé de faire cause commune avec la France contre les injustices de FAngleterre. La preuve en étoit dans Tukase d'Alexandre pour admettre dans ses ports les productions des colonies angloises impor^ tées sous pavillon neutre, mais reconnues propriétés de négociants anglois.
Napoléon reprochoit encore à Fempcfreur Alexandre de se refuser à 1 échange du duché d'Oldembourg. « La « France , disoit le ministre , ne pouvoit se passer de « cette réunion depuis qu'elle possédoit les villes anséa- « tiques et leurs territoires. »
Tous çes^prétiextes étoient frivoles. Bonaparte vouloit
f que le souverain de toute^ les Russies fiit au nombre
' des rois qui suivoient son char de triomphe. Ce que cette
entreprise avoit de gigantesque ne Tintimida point. Il
* ne prévit ni la résistance des peuples , ni celle de la nature, ni la mortelle âpreté d'un froid toujours à craindre sous le cinquante-cinquième degré de latitude.
* Le 16 août, l'armée françoise occupa les hauteurs Smolensk ï qui dominent Smolensk , ville regardée comme le bou- '"^^'^^'*®- \ levard de l'ancienne capitale de la Moscovie. Trente
\ mille hommes défendoient cette place. Des batteries de
gros calibre ébranlèrent les murailles ; des bombes et
i des obus furent lancés sans interruption, et dans la ma-
I tinée du 18 Spaolensk n'étoit plus qu'un décombre. Ce
Dans les derniers jours de Tempire on voulut rejeter sur ses conseils la guerre à laquelle Napoléon s'obstinoit. Napoléon ne demanda jamais de conseils k personne, et de tous les hommes d'état qui Tentouroient, il n'y en a pas eu de plus sage et de plus modéré que le •duc 4e Biissane. ( JYott du traékieteur. )
382 HISTOIRB D'ANGLETERRE.
' premier succès coûta dix mille hommes à Tarmée Françoise.
Les Russes se retirèrent au-delà du Dnieper. L'armée Françoise poursuivit sa marche avec d'autant plus d'activité que la disette de vivres se faisoit déjà sentir. Les Russes ne laissoient derrière eux que la désolation et la misère ; suivis de Favant- garde des François , ils emmenoient tout le bétail des villages, incendioient les maisons , embarrassoient les ron^s, détruisoient les récoltes sur pied. Bataille q^ f^^ j^ ^ j^ septembre que se donna cette mémo- Mojaïsk. rable bataille décrite dans le bulletin de Napoléon sous le titre de la Moskowa , nommée bataille de Borodm dans les relations russes, et plus généralement connue sous le nom de bataille de Mojaïsk.
Chacune des deux armées étoit forte de cent trente mille combattants. Les Russes, après de prodigieux efforts, furent enfoncés de tous côtés; écrasés par six cents pièces de canon , renversés par la cavalerie , ils précipitèrent leur retraite sur Moscou.
Entrée de De dégâts en dégâts, de ruines en ruines, on arriva apo eon j^^^^^ ^^^^ ^jjj^ j^ ^^ j^ Septembre. D'abord on dé Moscou, tacha des patrouilles qui la parcoururent en tous sens. Quand on se fut assuré qu'elle ne cachoit point d'embuscade , les différents corps de l'armée françoise entrèrent , et Napoléon , à la tête de son état-major, alla s'établir dans le château du Kremlin^ au centre de cette capitale.
Embrase- '^^ ^^'^^ ^^^^^ déscrte ; on ne rencontroit dans les rues ment de et sur les places que quelques groupes épars d'hommes ' couverts de lambeaux , qui ressembloient à des malfaiteurs. Les soldats se logèrent dans les maisons aban-
données, et les pillèrent. Tout-à-coup, on s'aperçut, vers la nuit , que le feu prenoit sur des points opposés et nombreux. En un moment il se déclara de tous côtés, et l'embrasement fut général: églises, palais, hôpitaux, tout étoit la proie des flammes. La ville sainte, ce berceau de Tempire, périssoit, sacrifiée par les Russes euxmêmes au terrible système de défense qu'ils avoient embrassé (i).
Quelle raison prolongea le séjour de Napoléon dans une ville qui n'étoît plus?
Il faisoit des revues , il dictoit des notes diplomatiques , il annonçoit la paix , et , ce quW aura peine à concevoir, des acteurs françois lui jouoient la comédie sur des débris et des cendres ; et l'hiver s'avançoit !
Du 1 5 au 19 octobre, on sortit de Moscou. La tem* l^etraite pérature n'étoit pas encore froide ; mais elle changea le çois""" HA . Il faUoit retourner sur ses pas à travers des pays qu'on avoit livrés à la dévastation : en peu de jours, on manqua d'habits, de chaussures, et sur-tout d'aliments. Harcelés- par des nuées de cosaques , les malheureux soldats se battoient à toute heure; les blessés expiroient sur la neige ; la route étoit jonchée de cadavres d'hoinmes
(i) « Plutarque, a-t-on dit, n'eût pas manqué de recueillir un u pareil trait comme un des plus beaux exemples de coura(];e et de u dévouement patriotique. » Oui, sans doute, l'embrasement de Moscou seroit digne de l'admiration des siècles, si les habitants, après> de longs effort», eussent couronné par cette résolution héroïque la défense d'une ville qu'ils ne ponvoient sauver. Mais quand on me. montre une immense population chassée de ses foyers par son propre gouvernement , et forcée d'abandonner aux flammes tout ce qu'elle \
possède, pour aller mendier un asile, je ne vois qu'un acte du des^ potisme le plus- violent* Je n'admire pas; je m'indigne; je gémis. I (^ote de Uuteur.)
foulés sous les pieds de leurs camarades ^ et de chevaot à moitié dévorés.
Le passage de la Béré»ina compléta cet horrible désastre.
Enfin, le la décembre, Tarmée, réduite à quelques corps , repassa le Niémen , partie sur des ponts , partie sur la glace. ^
« Qu'étoient devenus ( dit un historien , témoin ocu-
« laire de cette grande déroute), qu'étoient devenus ces
« quatre cent mille guerriers, cette infanterie si belle,
« cette imposante cavalerie , tout ce brillant appareil
« des combats, dont nous étions si fiers? tout avoit péri.
« Trente mille fuyards mutilés par le froid et délabrés,
tt voilà le seul reste de cette armée qui naguère mena-
« çoit de conquérir le monde! »
Conspira- Pendant que les Russes, du fond de leurs déserts,
panerai ébranloicnt le trône de Napoléon , un général obscur
Mallet. faillit le renverser au sein dé sa capitale.
Le général Mallet , ancien mousquetaire , avoit ser^'i sous Napoléon. Il étoit brave jusqu'à la témérité ; mais son caractère et son esprit ne répondoient point à son audace. Soit qu'il eût éprouvé de la part de Tempereur quelque grave injustice , ou même essuyé quelques uns de ces outrages dont Napoléon étoit si prodigue ; soit qu'un intérêt moins personnel et plus élevé lui fit désirer sa chute et le pressât d'y coopérer, il profita d'une détention qu'il subissoit pour associer à ses projets deux généraux de brigade (Guidai et LaHorie) non moins passionnés que lui contre le chef de l'état. Libre, il .sollicita leur élargissement, et l'obtint. L'éloignement de Napoléon et le bruit de ses revers étoient favorables à leur complot. Après s'être ménagé des intelligences
parmi les militaires dont les dispositions leur étoient " connues , ils fabriquèrent un sénatus-consulte qui déclaroit au peuple françois que Bonaparte étoit mort à Moscou , créoit un gouvernement provisoire , investissoit le général Mallet de tous les pouvoirs nécessaires, etc., etc.
Le 23 octobre,, munis de cette pièce, d'ordres du jour et de proclamations , Mallet , Guida) et La Horie se présentent dès cinq heures du matin aux casernes de Paris,, mettent en réquisition trois régiments, les distribuent sur les places publiques , changent les postes de plusieurs administrations importantes , s'emparent du préfet de police et du ministre de la police générale, et les font conduire en prison sous escorte. Mallet s'étoit rendu chez le général Hullin , pour lui demander les sceaux de la première division militaire. Sur son re-' fus , il le renverse d'un coup de pistolet , et s'échappe. L'archichancelier et le ministre de la guerre sont instruits de ce qui se passe et de l'emprisonnement des deux autorités surveillantes. Aussitôt la mort de Napoléon est démentie par des bulletins affichés; on se met à la poursuite des conspirateurs <r à neuf heures du matin, ils étoient arrêtés.
Les habitants de Paris apprirent à leur réveil qu'avec plus de prévoyance et des mesures un peu mieux concertées, trois hommes auroient peut-étt^e, cette nuit là même, détruit la puissance colossale de Napoléon.
Le nS octobre, les chefs de cette conspiration, et quelques officiers dont le crime étoit de s'4tre laissé tromper, furent condamnés à mort par une commission militaire.
ai. aS
rSia.
i3rs.
.Bonaparte arriva le 1 8 décembre à Paris. Une évasion
furtive Favott soustrait au spectacle des màujrdontil
Napo- étoit 1 auteur. Moins affligé de ses désastres que tour-
léon. mente du besoin de venger sa gloire , il demanda trois
cent quarante mille hommes , un budget de douze cents
millions, la vente des biens communaux ; et tout lui fat
aiecordé.
Nauveau Une ptoclamatiou da 29 septembre annonça la dis-
m^^tim- solution du parlement d'Angleterre. Le nouveau parle-
périal. m^tit s'assembla le 24 de novembre , et les adresses €n
réponse au discours du régent passèrent à runanimité
dans les deux chambres.
Discour» A la rentrée , lord Castlereaf^h mît sous les veux des
relatifs à , .
la guerre communcs Ics piéces relatives aux différents de l'An- ^A^^A^^ gleterre avec le gouvernement américain. Il y joignit cain» une Xiote du prince régent, concernant l'origine de cette guerre et les causes qui Favoient motivée. Son altesse royale finissoit en déclarant qu'elle n'admettroit aucuoe prétention contraire aux droits maritimes de la Grande- Bretagne , et ne se relàcheroit sur aucun des points qui les constituoieût. ^
Lord Gastlereagh prit la parole. Il s'éleva contre les Américains ; il leur reprocha leur complaisance pour une faction quî lés poussoit à la guerre. «Faction, a ajouta-t*il , qui n'est ennemie de l'Angleterre que fiar «dévouement au gouvernement français. 1^ Dn auroic pu lui i;;ppondre que l'Angleterre n'avoit pas un parti mQii|$ j)rQnonpé dans les états de l'i^st et dans les grandes cités commerçantes ^ et que la cause de la guerre étoit uniquement dans la non - révocation des ordres da conseil, au mépris des instances répétées du commerce américain.
i8ii>.
GEORGES m. 387
L*adresse en réponse aux communications du princerégent passa sans opposition .
Le 25 février, M. Grattan renouvelâmes efforts en fa- Ca'**oliveur des sujets, catholiques d'Angleterre et d'Irlande» d'An^jie- Nous nous dispenserons d'analyser des discours qui /.^''î*® V^ ramènent sans cesse les mêmes arguments et les mêmes réfutations. EMsons seulement que M. Grattan abandonna le bill qu'il avoit proposé, parceque les avantages qu'il pr^curoit aux catholiques furent réduits, par des amendements , à n'être plus que des concessions sans valeur.
La charte de la compagnie des Indes alloit expirer , Renouet cette époque étoit attendue de tous les négociants ment de dans des vues opposées. Les uns se flattoien^t qu'elle af- ^ ^^l^^^ franchiroit le commerce de l'Inde ; d'autres, qui tenoient compaà la compagnie par des relations avec elle, aspiroient ^ ^iLdw^* la continuation de son privilège.
Cet objet fut soumis , le 22 mars , à la chwbr^ .4^s communes.
Lord Castlereagh posa ces trois questions :
L'administration sera-t-elle maintenue dans l'I^^f^ telle qu'elle est en ce moment?
£n changera-t-on entièrement la forme?
Adoptera-t-on un teripcie moyen pour eon^îli^r tou$ les intérêts?
En embrassant le dernier avis , lord Castlereagh i$* diqua les modifications qu'il croyoit pouvoir être apportées au système actuel , et qui formoient le fond $l^ quelques résolutions à proposer.
Avant que de rien statuer à cet égard , il impontQU.diQ recueillir assez de documents et de témo^nages ppur éclairer l'opinion des deux chambres. Ce travail occppa
iSi3.
388 iiisToiitE d'angleteare.
" pendant plusieurs mois lattention du parlement. Un volume ne sufBroit pas pour ne retracer même qu'en substance tout ce que cette discussion produisit pour ou contre. Nous nous bornerons à rapporter les principales clauses du bill rédigé sur la base des résolutions qui furent converties en loi.
La première maintenoit la compagnie dans la possession de tous ses anciens territoires, et de toutes les parties qu'elle avoil acquises , tant contij^entales qu'insulaires, au nord de Féquateur, pour un terme de vingt années, à partir du lo avril 1814. La compagnie retenoit exclusivement le droit de faire le comnoierce de la Chine, et spécialement le commerce du thé.
Tous les sujets du roi pouvoient commercer d'un port à Tautre, dans toute Tétendue des limites du privilège de la compagnie, la Chine exceptée, pourvu toutefois qu'ils s'assujettissent aux conditions que cette clause leur imposoit. Ils étoient tenus de solliciter une licence du bureau des directeurs; et ceux-ci n'avoient pas droit de la refuser, quand on la leur demandoit pour le fort William, le fort Saint-Georges, l'île du prince de Galles, et Bombay. Si les bâtiments se dirigeoient sur d'autres points, les directeurs étoient libres lie ne pas l'accorder; mais on appeloit de leurs décisions aux commissaires du commerce de l'Iode, autorisés à l'infirmer.
Sur les revenus de la compagnie, dévoient être payés : i** l'entretien des troupes : 3® les dettes de la compagnie, contractées en Angleterre : 3^ les frais d'administration.
Le dividende des actions étoit restreint à dix pour cent, jusqu'à l'extinction du fond^, appelé Jbnds se-
GconoES III. 389
paré; afirès quoi ce dividende s'éleveroit à dix et demi. ■•
La compagnie subvenoit à Thabillement ainsi qu'à la solde de vingt mille hommes des troupes de S. M.
Le budget, qui fut présenté Je 3i mars, portoit à Budget. 72,000,000 livres les besoins de l'Angleterre et de Tlriaiide.
Les dépenses de la guerre alloient toujours en croissant, à raison des nombreuses alliances de l'Angleterre, et des subsides qu'elles nécessitoient. De nouvelles mesures de finances devenoient donc indispensables. M. Vansitart entretint la chambre de cet objet , et proposa des moyens. Celui qui demanda les dévelopements les plus étendus consistoit à révoquer une disposition de l'acte de i8ot2, portant que tout le fonds d'amortissement, existant à cette époque, ne cesseroit point de s'accumuler avec les intérêts composés, jusqu'au rachat total de toute la dette consolidée. Cette proposition trouva des défenseurs et des adversaires; mais le bill dont elle étoit la base obtint une grande majorité.
La situation de la princesse de Galles , bien loin de sitnatioi» s'améliorer , devenoit de jour en jour plus pénible. Elle ^^ç'^gç adressa, le i4 janvier, une lettre au prince- régent, deGalles. pour se plaindre des humiliations dont on l'abreuvoit , et sur-tôut des obstacles dont on génoit les communit^ations de la princesse Charlotte, sa fille, avec elle. Cette lettre, qui jevoit rester secrette entre la princesse de Galles et son époux , fut rendue publique , et ne produisit* pas l'effet que vraisemblableitient on s'étoit proposé. Le peuple, qui crut la princesse opprimée, se déclara pour elle; et de ce moment, on put prévoir <jûe , si cette procédure qui jusque là n'étoit pas sor-
Spo HISTOIRE d'Angleterre.
tie de Fintérieur du palais , prenoit ud caractère plus ' '^' décidé, lesprit de faction s en empareroii pour agitei'
la iDoItitude.
Affaires Reportoiis-iious sur les suites de cette guerre qui d'Espa- n'honoroit pa$ moins les Auglois par le succès de leurs armes, que parla généreuse assistance qu'ils prètoieDt à la nation espagnole.
Le roi Joseph. étoit à Madrid, à peine aperçu parles habitants de cette capitale, et dédaigné même des François qui se battoient pour lui. Pendant Thiver, lord Wellington aivoit visité tous ses postes ; il quitta ses quartiers dans les derniers jours de mai, pour marcher sur Salamanque. A la même époque /Joseph se mita la tête de Farmée Françoise ; le maréchal Jourdau agissoit sous ses ordres , en qualité de major-général. Bataille Les deux armées se rencontrèrent le ao juia. La Yiuoria. gauchc dcs François ét3oit postée sur les hauteurs d'Arunès; leur centre, sur une côte qui commande la vallée de Zadorra ; la droite , au front de Viltoria. Le général anglois attaqua, le lendemain, à la pointe du jour. L'événement de cette bataille ne fut pas loog* temps incertain.. Les François , enfoncés de tous côtés, laissèrent au pouvoir des vainqueurs, cent cinquante pièces de canon, quatre cents caissons, tous les bagages, et même, a«t-on dit, le trésor de Tarmée. Défaite Le 26, les Espagnols investirent Pampelune, tandis Jose'^h ^^® ^^ général Hill poursuivoit Joseph, que cette journée détrônoit,^et qui rentroit en France par la rouleau Roncevaux , lieu qu'a rendu célèbre la défaite de Char* ' lemagne, en 778.
Les alliés Les alliés avoient moins de succès à lest de la péniDdevant sule. Le général Murray, parti le i3 mai d'Alicante.
GEOBGES III. 391
étoit arrivé le 3 juin devant Tarragone , et TinvestU^e^ ' ment de la place avoit suivi de très près: le débarquement des troupes. Lé duc d^Albufera sortit aussitôt de Valence pour secourir Tarragone. Murray, dont Tarmée ne s'élevoit pas à quinze mille hommes » ne voulut p3S s'engager contre des forces supérieures, et fit une retraite tellement précipitée, qu'il abandonna son ar*tillerie.
Bonaparte, alarmé de la journée de Vittoria, s'em- Retour da pressa de renvoyer le maréchal Sou)t en Espagne ; mais ™oult en cet habile capitaine arrivoit trop tard pour reconquérir, ^pâli ne lui restoit qu'à préserver les provinces méridip- * nales françoises des vçi^geances d'une aatipn trop justement irritée.
Le maréchal Soult attaqua plusieurs positions avec un grand avantage ; mais il ne put empêcher la pris9 4e Saint-Sébastien , qui fut emportée le 3 1 ax>ùt , p^r le général Graham , après deux assauts.
Depuis la bataille de Vittoria, la forte place dePam- ^ti^^^de* pelune étoit bloquée. Le 3i octobre, e}le se rendit par Pampecapitulation , au général don Carlos d'Ëspagna. La gar,. . ""^* nison resta prisonnière.
A la fin de Tannée, Tarmée du lord Wellington étoit entrée sur le territoire françois.
D'autres revers attendoient Napoléon.
Convaincu de la nécessité de relever les espérances , Bulletin il fit publier, le 28 janvier, un bulletin officiel de Far- «^^Napo. mée. Selon ce bulletin, le roi de Prusse réorganisoit 'éon. son contiligent , entre Stettin et Colberg; le roi de Saxe rassembloit des troupes autour de Glogau ; TAutrid^ mettoit sur pied des forces considérables dans la Gailicie; la confiance la plus entière, Tharmonie la plus
Sga HISTOIRE d'aNGLETERIIE.
parfaite, régnoient entre les cours de Paris et de Vienne: l'Allemagne ne craignoit rien , ni des intrigues de TAngleterre , ni de l'irruption des barbares. Le détail qui suit eût été plus fidèle : La Russie renouoit son alliance avec FAngletcrre. La Prusse ordonnoit en secret à ses généraux d'abandonner les rangs de l'armée de Napoléon , et recrutoit même, au milieu des François, les soldats destinés à les combattre. L'Autriche ébranlée ne tenoit plus à Tempereur François que par des liens prêts à se rompre. Hambourg et Lubeck s'afFranchissoient. L'Allemagne alloit recouvrer son indépendance.
Prélimî- Depuis huit mois, le pape étoit prisonnier à Fonnaircs tainebleau : Napoléon pensa que sa réconciliation avec concor- le chef de 1 église ne seroit pas une démarche inu- U^ rr ^^^^ ' ^^ ^^^^ '^ visiter , employa tour-à-tour les menaces et les caresses , et finit par arracher un traité qu'il publia comme un concordat définitif, et qui n'étoit qu^un arrangement conditionnel et provisoire.
Le 2 février, un sénatus-consulte fut rendu pour conférer la régence de l'empire à l'impératrice Marie- Louise.
Bona- Le i4 , Napoléon ouvrit la session du corps-législatif. ouvrTie ^^ déclara, dans son discours, qu'il ne se dessaisiroit corps- d'aucune de ses conquêtes; que sa dynastie régnoit et ^8** •* * • régneroit en Espagne ; que les Russes rentroient dans leur affreux climat : et dans ce moment même , le roi d'Espagne , son frère , fuyoit devant Wellington ; les Russes avançoient , et l'empereur lui-même étoit à leur tête!
Alliance Le 8 février, ils entrèrent à Varsovie. Aussitôt que Prusse et le roi de Prusse en eût reçu la nouvelle, il résolut de
quitter Berlin, où sa position étoit fausse et même avilissante; il donna, pour s'éloigner, des prétextes sur lesquels les François ûe furent pas difficiles, et se rendit à Breslau. Le 22, ce prince conclut un traité d'alliance offensive et défensive avec l'empereur de Russie. On pourra dire que Frédéric-Guillaume abaissa la dignité royale, en couvrant sa retraite, ou plutôt son évasion , d'un motif tout-à-fait contraire à ses véritables projet;s ; mais qu'on songe à tout ce que la Prusse avoit souffert de vexations et d'outrages ; qu'on la voie pillée par tous ceux qui l'administroient, depuis six ans, au nom de Bonaparte, et qu'on ne révoquoit que lorsqu'ils avoient épuisé leur province : qu'on se rappelle que, tandis que le sang des soldats prussiens couloit pour la cause de Napoléon, celui-ci ne remplissoit au* cun des engagements contractés avec un royaume qu'il avoit appauvri : qu'on se représente, enfin, l'état d'un prince qui, grevé d'un pénible vasselage, sous le nom à' alliance^ reçoit des ordres au sein de sa capitale : on avouera que tout l'autorisoit à saisir l'occasion de sortir d'esclavage.
Le 4 mars , les cosaques de CzernischefF entrèrent à Les Fran Berlin par une porte, tandis que les François en sor- ^^^^^^^' toient par une autfe. Hambourg oi^rrit ses murs aux Berlin. Busses , et son port aux Anglois. Le roi de Saxe quitta Dresde, avec la douleur de voir que ce beau pays alloit éprouver toutes les horreurs de la guerre.
Le cabinet de Vienne endormoit le ministre françois Otto par des protestations amicales , et toute la pénétration de Napoléon lui-même échouoit contre la déception la mieux voilée. Mais , à la fin de mars, M. de Narbonne, qui remplaçoit M. Otto dans les fonctions d'am-
bassadeur , perça le mystère de la politique autricbienne; et Bonaparte fut éclairé. Toutefois , il ne témoigna jd mécontentement ni défiance. Les deux cours se tendoient un piège; mais, en habileté diplomatique, I9 partie n étoit pas égale.
Bonn- Le 34 avril , Napoléon quitta Mayence. parte re- j^^ vicè-roi d^itcdie commandoit en second ; l'armée
joint son s/
armée, françoise, et les corps nombreux dont elle étoit composée, marchoient sous les ordres des généraux Ney, Soult, Bessières, Régnier, Latour-Maubourg, Marmont, et beaucoup d'autres hommes d'une grande renommée. Toute la force de Napoléon étoit dans son infanterie, car il s'avançoit, avec moins de quatre mille chevaux, contre des ennemis dix fois supérieurs en cavalerie. Les armées russe et prussienne s'étoient concentrées près de Leipsick , sous le commandement suprême du général Wittgenstein. Aussitôt que les François eurent passé la Saale, les Prussiens et les Russes effectuèrent leur jonction entre Altembourg et Leipsick. Bataille Quelques affaires de postes amenèrent une grande Luizen. bataille qui fut livrée le 2 mai , dans la plaine de Lutzen , au lieu même où périt Gustave- Adolphe , en 1 63 2. ^ Si Bonaparte arracha la victoire à l'armée combinée (ce qui reste problématique ) , ce «e fut pas sans de sanglants efforts. Des deux côtés la perte étoit énorme. Bonaparte évalua lui-même celle des François à dix mille hommes, tués ou blessés. Il proclama la défaite de ses ennemis, dans un bulletin où cette phrase peu modeste étoit insérée : « Les trames ténébreuses our- « dies par le cabinet de Saint-James, «e trouvent en « un instant dénouées , comme le nœud gordien par « Tépée d'Alexandre. »
CEOllGES III. ^95
Napoléofi entrai le 8 mai dand les murs de Dresde , g \ en vainqueur. Le roi de Saxe étoit encore à Prague, sous rinâuence de la coalition, et flottant entre le sentiment qui lattaclioit à l'empereur des François, et Fintérêt de son pays qui le portoit à s'en séparer. La victoire de Lutzen fixa ses irrésolutions ; il rejoignit Napoléon dans sa capitale; et son retour, que TeHapereur desiroit impatiemment , grossit l'armée Françoise d'un renfort âsez considérable.
La détermination de ce priaoeput faire croire à Napoléon que TAutriche indinoit vers lui. Mais quel étoit le but des grands rassemblements de troupes qu'elle formoit en Bohême? et quel poids François II alloit mettre dans la balance , s'il se déclarait pour la coalition !
Napoléon quitta Dresde le 18, et reconnut la position des ennemis ; elle rendoit une grande action inévitable.
En effet, la bataille de Bautzen eu lieu le 20, et fut Bataille le prélude de celle du lendemain. Les François les ga- pa^jf^en gnèrent toutes deux ; mais ils 5e firent point de prison- et de niers; ils n'enlevèrent ni canons, ni drapeaux, ni ba- chen.' gages ; ils n'osèrent poursuivre dès ennemis qui ne ' foyoient pas ; et ce déplorable succès se réduisit à trois jours d'un carnage inutile.
Avant la journée de Wiirschén , Napoléon avoit fait Suspenproposer une suspension d'armes. Elle ne fut acceptée ^ qu'après la bataille; et le i*' juin, les hostilités cessèrent aux avant-postes. La trêve étoit de cinquantedeux jours , et devoit être suivie d'un congrès.
La tournure que prenoient les affaires engagea le Accession prince royal de Suéde (Bernadette) dans la ligue qui se royal de
sion armes.
formoit eontre Napoléon. Un traité d alliance fiit côn-
du le 3 mars entre les cours de Londres et de Stocoalition^ ckholm. La Suéde fournissoit à la toalition une armée de trente mille hommes; et TAngleteiTe lui payoit un . million.
Le danger imminent de Hambourg, qui, n'étant plus occupé par les Russes, étoit menacé de letre par une. armée Françoise , décida les Suédois à jeter un corps de troupes dans cette place ; mais la Suéde fut obligée de le rappeler pour Topposer aux Danois ; et le général François qui reprit possession de Hambourg, frappa cette ville infortunée d'une énorme contribution , pour la châtier d avoir voulu redevenir libre.
Les alliés profitèrent mieux de la trêve que Napoléon. L empereur Alexandre , en quittant Kœnisgratz , accompagné des comtes Nesselrode et Tolstoi, ennemis personnels de Bonaparte , se rapprocha du château de Gitschin, où François II résidoit; et ces deux princes eurent une longue entrevue. Les Russes liatoient l'arrivée de leur réserve. L'Angleterre ressérroit, autant qu'il étoit en elle, les liens de la confédération. Elle prodiguoit à Wellington tous les moyens d'achever la libération de la péninsule.
. . , Les plénipotentiaires envoyés au congrès arrivèrent dtîspléoi- à Prague le 12 juillet. La durée des négociations né tia^eTâu devoit pas excéder le terme de l'armistice. Cependant coD£;rès. le duc de Viccnce ne parut que seize jours après Fouverture des conférences. L'Autriche redemandoit leTyrol et les provinces illyriennes ; elle vouloit que la France reprît le Rhin pour limite, et que l'Italie fût indépendante. Bonaparte ne renonçoit à rien, pasf même au
GEORGES Iir. 397
trône d'Espagne, que son frère Joseph n'occupoit déjà plus.
Après des échanges répétés de notes superflues, les ^**'^ ministres annoncèrent, le 10 août, ta dissolution du congrès. Aussitôt les troupes russes et prussiennes entrèrent dans la Bohême ; et ce fut alors' que Napoléon se convainquit de Taccession positive de FAutriche à la coalition. François II liant sa cause à celle des ennemis de Bonaparte, Ce dernier dut croire que les autres princes de la confédération du Rhiir ne tarderoient point à se détacher de son alliance; et malgré cetti^ persuasion à laquelle tout le conduisoit, il ne prit au-» cun soin pour les rattacher à ses intérêts.
On évaluok à trois cents trente mille hommes la L*empetotalité des forces françoises. L'armée de la coalition AÎeMn. étoit une fois plus forte par ladjonction des Autrichiens <^re apet des Suédois. Il est vraisemblable que ce fut le prince ^(Snëml royal de Suéde qui pressa l'empereur Alexandre d'ap- Moreau. peler Moreau du fond de l'Amérique. On nef pouvoit susciter à Bonaparte un ennemi plus dangereux.
Moreau ne recueillit, sur toute sa rpute, que des témoignages de vénération ; et lorsqu'il parut à l'arméç des alliés, un cri d'enthousiasme sortit de tous les rangs. Les souverains comblèrent ce grand capitaine de marques d'admiration , d'estime et d'amitié.
Le i^ août les hostilités conmiencèrent. Le r23, les Bepru# François essuyèrent un échec, à GrossrBeeren. Le 27, KosaUi»» lifapoléon remporta , sous les murs de Dresde , une vie* toire éclatante. Le général Moreau fut frappé d'un coup mortel dans cette bataille ; et les amis de Napoléon crurent encore reconnoitre l'étoile qui présidoit à ses destinées.
Les alliés se retirèrent par la Bohême, partagés en trois colonnes. Le nénéral Vandammeles poursuivit avec
Le gêné- • 1 > r ' 1 • 1
rai Van- vigueur ; mais le succès 1 ayant emporte trop lom,ii damme f^^ accablé par des masses d'infanterie prussienne , et fait pri- fait prisonnier. Les François, dans cette sanglante aflonmer. f^jp^^ perdirent trente canons et n«uf mille hommes. Le 7 octobre, Napoléon sortit de Dresde pour se porter entre TElster et la Mulda. Le prince^royal de Suéde et Blucher profitèrent de la faute qu'il faisoit en ne marchant pas ft)ntre i^s armées du nord et de Silésie, qu'il auroit battues ; au moins, toutes les cbances d'uoe attaque étoient-elles en sa faveur, ils se portèrent derrière la Saale , afin d établir leurs corn mu nicat ions avec la grande armée de Bob^e , et de couper celles de Napoléon avec la France.
Défection Bonaparte perdoit, en ce moment, lallié dont il s'é^^ Bavière ^^^^^^ moius défié: le roi de Bavière entroit dans la coalition. Ce prince, qui supportoit depuis long-temps les calamités dont la cause de Napoléon accabloit son pays , crut avoir épuisé ia mesure de reconnoissance qu'il lui devoit, «t, privé par la retraite d'Aug^reau d'une armée qui le protégeoit contre l'Autriche f il sg rangea, comme le disoit son manifeste , dims le parti de ceux qui comiattoient pour le repos des nations. La défection de Maximilien augmentoit de trente nnile hommes les forces de la coalition.
Le i5 octobre. Napoléon marcha sur Leipsick. il rétrogradoit. Une action décisive sembloit prochaine, quoique la position des deux armées fût également d^svorable. Bonaparte s'appuyoit sur un point où plusieurs routes aboutïssoient, pour l'attaquer. Une seulepouvoit protéger sa retraite» à travers des marais.
GEORGES Iir. 399
Les alliés n'étoient pas placés plus avantageusement. Les rivières de la Pleiss et de TElster , en divisant leur * '
cours, interceptoient la communication de leurs différents corps.
te bataille de Leipsick commença le 18, et dora Bataille trois jours. Quoique Napoléon n eût que cent quatre* Leipsick. vingt mille hommes engagés contre deux cent quatrevingt mille, la victoire parut d'abord se déclarer pour lui; jamais «peut-être Télan qu'il sa voit donner à ses soldats navoit été plus terrible. Toot-»-coup, deux ré- Wrout* giments de cavalerie wurtembergeoise, deux régiments ]*^rmée de cavalerie saxonne, et sept bataillons d'infanterie ^''^"Ç^***'* passèrent dans les rangs ennemis, et par cette désertion jetèrent lalarme et le découragement au milieu di^s alliés qu'ils abandonnoient. De ce moment, le désordre fut effroyable. La plus grande partie de l'armée fFaoçoise étoit en déroute , et le carna^ ne s'arrétoit pas. Artillerie, drapeaux, magasins, tout fut au pouvoir du vainqueur. Napoléon fit sauter le pont de Lindenan pour assurer sa fuite , et laissa vingt mille hommes sttr l'autre rive. Des deux côtés |la perte étoit immease. Leè François eurent à regretter un grand nombre d'officiers distingués. Les généraux Régnier, Aubry, Bertrand, DorseQne,Lauristoii demeurèrent prisonniers. • Le maréchal duc de Tarente , après des efforts héroïques pour défendre Leipsick, se précipita dans l'Ëlster, qu'il franchit à la nage : le comte de Latour-Maubourg eut une jambe emportée d'un boulet de canon (i).
(1) Pendant qu*on amputoit la jambe de cet intrépide ofBcier , son
domestique se livroit au désespoir: « Pourquoi te désoler, lui dit
« M. de La Tour-Maubourg? Tu n*ftuni8 plus qu'une botte k cirer. »
Hist9ire delà chute de l'Empire, etc. , par fiofènc La Btuoi«,
Flarcelé dans sa retraite , Napoléon se battit comme un soldat; enfin , il arriva le 2 novembre à Mayencei et le 9 à Paris, précédé cette fois par des récits trop fidèles.
Suites de La journée de Leipsick affranchissoit rAllemagie: faite, le prince-royal de Suéde marcba sur Hanovre; il annonça, le 6 octobre, par une proclamation, que les conseillers-privés du roi d'Angleterre, nommés pour gouverner dans Télectorat de Bruns wicWjund}ourg, reprenoient l'administration des pays électoraux. Brème et Lubeck recouvrèrent leur liberté : toutes les places fortes de TAllemagne, occupées par des commandanu françois , se défendirent avec une constance opiniâtre, 1 et ne cédèrent qu'à la famine qui consumoit les garnisons et les habitants.
Insurrcc- Au moment où Bonaparte , dans le sein de son conseil HoUiInX. d'^^^^ 9 prononçoit ces paroles çfFroyales : « S'il me «falloit renoncer à la Hollande, plutôt la rendre à la a mer ! » la Hollande échappoit à sa dçoiination. U bruit des désastres de Napoléon, et Tapproche des premières colonnes de Tarmée du nord de rAllemagne échauffèrent subitement le peuple d'Amsterdam; ua moment décida de l'insurrection : la couleur oraDge reparut de tous côtés. /^iVe Orange ! fut un cri qui se propagea' de Boterdam au Texel : aucun excès ne souilla cet élan : on ne pressa par aucune violence b retraite des autorités françoises ; et la nation batavese fit reconnoitre à l'Europe comme un de ses peuples les plus sages et les plus dignes de la liberté.
Toute la population de Hollande redemandant 1 ancienne famille qui l'avoit gouvernée si long-temps avec glaire , le prince d'Orangq entra dans Amsterdam k
GEOBGES III. 4<"
ter décembre, au milieu des acclamations générales. ' Au bruit du soulèvement de la Hollande , xme grande fermentation se manifesta dans la Belgique ; elle étoit prête à secouer le joug d*un gouvernement oppresseur , si les troupes n'eussent retenu, par leur présence, la rébellion tout près d^éclater.
Pour mettre à couvert les provinces du nord , que Mesures menaçoient des corps avancés sur le Rhin et sur le pourxoii. Whaal, on augmenta les forces du maréchal Macdonald, ^^^^^ 1^ chargé de défendre le Rhin , depuis Cologne jusqu'à §» nord. Nimégae. Le général Rampon s'enferma dans Gorcum, et le général Bizannet occupa Berg*op-Zoom , avec cinq mille hommes : la frontière de Test restoit dégarnie.
Irrité par ses revers , qu'il ne pouvoit imputer qu'à Napol^oa lui, Bonaparte se préparoit à lutter, avec les restes d'une ^^ '^ armée vaincue , contre toutes les forces du continent , , f *'**?*"
,.1 . , ^ /» . 1 ^ , 1. législatif,
qti il voyoït s avancer. Cette fois , Je sénat n attendit point qu'il lui demandât trois cent mille hommes ; il les mit à la disposition du ministre de la guerre. Le 19 décembre, Napoléon se rendit au corps*législatif, où le sénat , le conseil d'état et les ministres étoient réu* nis ; il annonça qu'il venoit d'adhérer à des bases de paciBcation proposées par les souverains coalisés ; il invita la chambre à nommer cinq commissaires pris dans son sein, auxquels son ministre communiqueroit les pièces originales qui constatoient la marche et le progrès des négociations entamées.
La chambre écarta cinq membres indiqués par le» ministres; elle en nomma cinq autres d'un caractère honorable et d'une opinion indépendante.
La contenance du corps-législatif alarma Bonaparte, ^ acceuiumé jusqu'à ce jour à toutes les condescendances ai. 36
4o2 HISTOIRE d'aUGLETERRE. |
de Tadulation et de la servitude; il traita de complot contre son pouvoir le parti pris trop tard de lui dire la vérité.
Déetara- ' Le 7 décembre, parut la célèbre déclaration de FraDc- Franc-* ^^^^ » P^** laquelle les souverains confédérés promulfon. guoient , à la face de l'Europe , le but de leufè efforts et les .principes qui dirigeoient la coalition. Ce .qu'on remarqua sur-tout dans cette dédaration, c'est qu'elle isoloit Bonaparte de la nation françoise. C'est à la na* tion elle-même que les alliés portoient leurs grieis; c'étoit avec elle qu'ils vouloient traiter : à leurs yeux, Napoléon ne la représentoit plus. Opéra- M. Madisson fut réélu président des États-Unis d'Ame- «"adirés*' riquc. Une majorité de 128 voix, contre 89, prouva la des Amé- supériorité du parti qui s'étoit déclaré pour la guerre. Les derniers événements avoient eu peu d'impor* '. tance. La conquête du haut Canada, malgré l'issue de la dernière expédition , étoit toujours le but que se proposoient les Américains. Au mois de janvier, le généra' Winchester, à la tête de mille hommes , attaqua le fort Détroit ; il échoua, non sans perte déplus de cii^ cent^ hommes , et resta prisonnier.
Aussitôt que le lac Ontario fut dégagé de glaces, 1^ Américains se disposèrent à l'attaque d'York, capitale du haut Canada. Cette place étoit importante, et parsa situation, et commme dépôt des approvisionnements militaires de l'ennemi . Maîtres d'York, les Américains s'empa* roient aisément du fort Saint-Georges, et de là portoieni leurs armes contre Kingston. Aussi les Anglois firent-ils de promptes dispositions pour empêcher le débarqix^ ment. Leurs dfïbrts furent inutiles ; mais à rinstantou le général Dearbom s'ayançoit vers la place, une h(rt^
GEORGESIII» 4o3
rible détonation fut entendue : cinq cents barils de * poudre s'enflammèrent à4a-foi8, à cent toises des troupes américaines, et les couvrirent de débris ; plus de deux cents hommes furent tués ou blessés. Le général anglois, SheafFe, privé par cet événement de tout moyen de résistance, offrit de capituler: ce qui fut accepté.
Les Américains soupçonnèrent le généra] Sheaffe de Tembrasement du magasin à poudre. Une pareille accusation tomboit d'elle-même : la preuve qu'il n'eut aucune part à cette explosion, c'est qu'elle lui coûta cinquante hommes. Eu lui prétanti'intention d'écraser les Américains, sous les ruines de cet édifice , il est à croire qu'il eût pris des précautions pour sauver les siens; et comment supposer qu'un général se réduise luir -même à la nécessité de se rendre?
Une entreprise contre le fort Georges , sur le Niagara, n'eut pas un moindre succès. Le commodore amé*^ ricain Chauncey , se trouvant maître de la navigation du { lac , pouvoit transporter les troupes par-tout où leur I présence étoit nécessaire , et protéger leur débarque- I ment. En effet , quand les Américains s'approchèrent , l'artillerie de la flottille fit taire les canops du fort ; mais I le colonel Scott , qui commandoit l'avant-garde, essuya , long-temps un feu de file de plus de douze cents soldats J déployés sur le rivage. Au moment d'aborder, officiers i. et soldats s'élancèrent impatiemment des bateaux , en- ^ trèrent dans l'eau jusqu'à la ceinture, et prirent terre , sous une grêle de balles. Dès qu'ils furent formés, le co- ^ lonel chargea les Anglois, e|^ les dispersa, tandis que* le .général Boyd, avec sa brigade, se portoit contre le fort. Le commandant, près .d'être forcé , fit poser des mécbes allumées dans tous les magasins, et donna
4o4 lilSTOIRE t>^ANGLETERRE.
Tordre d évacuer le poste. Les. Américains en prirent possession 9 se bâtèrent d^étoufFer les mèches, et sauvèrent tout ce que la flamme , qui se manifestoit déjà sur plusieurs points^ albit consumer. Les Anglois perdirent cent huit hommes ; six cent quinze des leurs restèrent prisonniers. La perte des Américains fut beaucoup moins considérable.
Sur le kic Ontario, sir Jacques Yeo, commandant une flottille angloise, et le commodore américam Chauncey, 8*observèrent.
Le lo septembre, Percy, commodore américain, attaqua sur le lac Erié , Tescadre angloise ou plutôt canadienne sous les ordres du capitaine Barclay. La supériorité du commodore fut si décidée, que )a flotte de Barclay se Vendit toutç entière
Dans la partie méridionale^ la guerre avoit moins d^activité. Les escadres angloises envoyoient de temps en temps leurs bâtiments légers [dans la rivière, au fond de la Chesapeake ; ils faisoient contr3>uer de petites villes , ou pilloient tes magasins situés sur les rives.
• Dans les combats livrés sur mer, les succès furent à peu près partagés.
Les marins anglois eurent peu d'occasions de se signaler contre la marine françoise, réduite, par safoiblesse , à ne rien entreprendre.
Farie- Le parlement d'Angleterre rentra le 4 novembre. Le ffli"ér*n priwce-régent , dans son discours, félicita l'Angleterre du succès des puissances liguées contre la France , et qui , ne combattant que pour conquérir la paix , to»choient au but de leurs communs efforts. Son altesse
OEORGEs m. 4^5
royale annonça que les différents de la Grande - Bre»tagne et des États - Unis seroient incessammisnt termi^ nés.
Les adresses en réponse ftirent adoptées sans opposition*
Après que le parlement eut^ pris connôissance des traités de l'Angleterre avec la Prusse et là Russie , lord €astlereagh proposa l'incorporation d'un certain nombre de corps de milice dans Tarmée de ligne. Ces corps y sercHent admis en qualité de volontaires , ainsi que leurs officiers > et recevroient un supplément de gratification pour prix de leur service.
Cette mesure passa dans les deux chambres, par le besoin senti de redoubler d'efforts pour mettre fin à cette grande lutte qui désoloit le continent européen.
Le parlement se sépara le 20 décembre.
L'invasion de la France étoit résolue dans le conseil pian des des monarques coalisés. P^*^:
Ce fut après de longues conférences où se réunirent sé«s. le prince de Schwartzemberg , le général Barclai-de* Tolly, le général ToU, le général Powso-di-Borgo, le feld-maréchal Blucber, le prince-royal de Wurtemberg, le général comte de Wréde, qu'on détermina les points • sur lesquels le passage du Rhin devoit s'opérer. On convint que du 1 5 au ao décembre on pénétreroit par la Suisse; que le corps russe de Wittgenstein et la garde impériale russe passeroient le Rhin , entre le fort Louis et le fort Vauban; l'armée de Silésie, entre Mayence et Manheim; l'armée du nord de l'Allemagne, entre Coblentz et Mimégue. . *
Cette marche arrêtée, les alliés restèrent campés sur
Rapport delacom-
aa corpslégislatif.
'Accueil que reçoit la députation da corpslégislatif.
Progrès de Wellington.
'4o6 HISTOIftE D^AHGLETEBAE.
la rive droite du Bhin, obsenraat 1 attitude que la France alloit prendre dans la crise la plus tttrible qu'aucnn royanme de TEurope eût jamais éprouvée.
La lenteur du travail de la conunission nommée pour prendre connoissance des pièces de la négociation , irritoit Timpatience de la capitale, et même cdle du corpslégblatif . Enfin, M. Laisné fit son raj^rt, dont il résuttoit qu'en effet les puissances coalisées manifestoient le désir de pacifier TEurope, mais qu'il étoit du dévoir de sa majesté de les éclairer sur ses desseins , et de proclamer Fintention de ne continuer la guerre que pour Tiudépendance du peuple François, et l'intégrité de sen territoire. « Il est indispensable, ajouta l'éloquent ora- « teur, que sa majesté soit suppliée de maintenir Ten- « tière et constante exécution des lois qui garantissent « aux François la liberté, la propriété, le libre exercice « de leurs droits politiques. »
La noble hardiesse de ce rapport épouvanta les ministres. Ils coururent aux Tuileries porter leurs alarmes à Napoléon, et dénoncer l'écrit séditieux que l'impression alloit multiplier. Bonaparte se hâta d'en arrêter la publication ; il fit fermer la salle des séances du corpslégislatif, et lorsqu'une députation de ce coips alla lui rendre ses hommages accoutumés, il l'accabla de reproches injurieux, en appliquant à la conduite du corpslégislatif les plus ignobles comparaisons. L'histoire n'a recueilli cette étrange réponse que parcequ'elle atteste l'irritation de Bonaparte et le désordre de ses idées.
Au midi de la France, la fortune continuoit à se déclarer contre lui. Wellington venoit de couronner la campagne de i8i3 par le passage de la Bidassoa. Ses troupes occupoient Saint-Jean-de-Luz, et si la crue des
C BORGES m. 4^7
eaux n'eût rendu te passage de la Nive impossible, son —
ifltention étoit d'exécuter ce mouvement offensif dans une grande étendue.
Le maréchal Soult avoit pris, en avant de Bayonne, une position protégée par le feu de la place et couverte par un marais; entreprendre d0 Ty forcer étoit plus que téméraire.
Bonaparte frémit d'indignation lorsqu'il sut que le Proposivengeur de TEspagne lattaquoit sur le sol même de la f;,i\erà France. G'étoit peu de voir ses armes humiliées ; il falloit f erdi- »
s 1 1» VI ' ^ nandVII.
se resigner a la perte a un royaume qu il comptoit, depuis i8o8, au nombre des siens.. Il appela le duc de San-Garlos, ancien ministre espagnol, et l'envoya proposer au prisonnier de Valençay la restitution de sa couronne, sous la condition qu'il oongédieroit de l'Espagne les armées britanniques, et qu'il renverroit les prisonniers françois. Cet arrangement avoit un double but, -d'augmenter larmée du maréchal Soult et d'avilir le jeune monarque en le faisant remonter sur le ti^ône par un acte d'ingratitude.
Le prince signa cette transaction honteuse , parcequ'elle rompoit ses fers. Les cortès prirent soin de sa gloire, en lui refusant leur ratification.
Les journalistes françois entretenoient la capitale Les alK^ dans une aveugle sécurité, fondée sur cette persuasion,' ^"ên^"^ que les alliés n'entreprendroieni rien contre la neutra- France. lité de la confédération helvétique. Tout-à-coup on apprit que trente mille hommes du corps austro-bava-. rois avoient pénétré par le pont de Basle, et que Tancieone France devenoit le théâtre de la guerre. La proclamation suivante fut répandue sur la rive gauche avec profusion ;
iSi4«
'4oS HISTOIRE D^ANGLETERRE.
K François,
« La yictoire a conduit les armées alliées sur votre
tion det' « frontière; elles vont la franchir;
alliés. c Kons ne faisons pas la guerre à la France ; mms nous
« repoussons loin de nous le joug que votre gonveme-
« m^it vouloit imposer à nos pays, qui ont les mêmes
« droits à Findépendance et au bonheur que le vôtre.
c Magistrats , propriétaires , cultivateurs , restez dans « vos foyers. Le maintien de Tordre public, le respect « pour les propriétés particulières , la plus sévère disci- « pline, marqueront le passage et le séjour des armées fc alliées; elles ne seront animées d'aucun esprit de yen* « geance.
« D'autres principes et d'autres vues que celles qui «t ont conduit vos armées chez nous président aux con- « seils des monarques alliés; leur gloire sera celle cTafc voir amené le terme des malheursde TEurope. La seule «conquête qu'elles ambitionnent est celle de la paix^ « mais d'une paix qui assure à leur pays , à la France , à « TEurope, un véritable état de repos. Nous espérions « la trouver avant que de toucher le sol français; nous « allons Ty chercher. »
^iirg Les forces ennemies se trouvoient divisées en sept fQrcei, armées i dont cinq agissment immédiatement contre la France, et deux en Italie. On peut évaluer à quatre cent mille hommes les premières troupes qui passèrent le Rhin à la fin de décembre; elles s'accrurent d'un tiers au moins, par les renforts qui leur arrivèrent.
Huningue fut bombardé le 24 ; BéfoFt fut attaqué; le 3o, Genève chassa sa garnison et se rendit
La grandç armée prussienne , aux ordres du maréchal Blucher, franchit le Rhin sur trois points le premier
CEORGES Iir. 409
janvier 9 et tasdis que la division Langerori observoife Mayence, les corps de Sad&en, de Kleist et d'Torck se porrtèreat vers Poat-à<^Moasson , Metz et Thiouville.
Le maréchal Victor s'étoit replié sur la Meuse pour se mettre en ligne , avec le maréchal duc de Raguse.
L'envahissement des frontières, depuis Lyon jusqu'au Napoléon port d'Anvers, s'efFectuoit dans une profondeur de qua- ta tête des raote lieues en deçà du Rhin ; et Napoléon passoit en- t«^<>»P«»eore des revues à Paris. Le a5, il quitta la capitale pour aller^se mettre à la tête de ses troupes. Déjà les alliés n étoient en présence de Farmée sur laquelle il fondoit 668 espérances : espérances foiblemeqt partagées. « Nam poléon , dit un des meilleurs historiens de cette cam- « pagne , s'étoit placé non dans la position d'^un sou- « verain qui défend son peuple , mais dans celle d'un «conquérant qui veut retenir ou remettre sous son « joug les nations impatientes de s'en affranclîir. »
Bous ne suivrons pas les alliés dans leur marche, raj^e ou ralentie selon que la résistance étoit plus ou moins vive. Ils ne se portèrent à des violences, toujours inséparables de la guerre, même la plus modérée, que lorsqu'ils eurent été provoqués par une défense <^iniâtre qui leur coùtoit beaucoup d'hommes inutilement sacrifiés, ou par l'assassinat de leurs parlementaires.
Quant à Bonaparte, il fit tout ce que sa situation lui permettoit ; plus d'une fois , une détermination fougueuse le servit mieux qu'une combinaison réfléchie; plus d'une fois il réduisit la coalition à douter si tant de milliers d'hommes né rétrograderoient pas devant les débris d'une armée qui paroissoit invincible.
L'empereur d'Autrictie ne pouvoit vouloir que 1 e-
'4lO HISTOIRE D'ANGLETERRE.
« . poux de sa fille fût détrôné: son espoir et son but . etoient uniquement de captiver cette ambition désertions des donnée qui rendoit Napoléon le fléau des peuples et' le '^"c«r"" Perturbateur de l'Europe. L empereur Alexandre partageoit ces dispositions généreuses; l'Angleterre s^étoit expliquée sur le désir qui Tanimoit de contribuer à la paix générale; et si cette noble conquête ne satisfaisoit qu'à moitié les trop justes ressentiments de la Prusse, au moins ne mettoit-^Ue aucun obstacle à des arrangements J£cM*l Pacifiques. Tels étoient les sentiments que les ministres loDHiurw des puissances coalisées apportèrent au congrès de Ghâ- ****** tillon-sur-Seine, qui s'ouvrit le 4 de février. Il fut convenu que ces conférences ne suspendroient .point les opérations militaires.
On fait Napoléon eut de grands succès contre les alliés dans ^es pro- rintervajle qui s'écoula depuis l'ouverture du congrès IMMxàBo. jusques aux premières propositions quon lui ht* La ■•parte, pg^j^ qu'on offrit à l'empereur, et dont les préliminaires lui furent portés à son quartier-général, s'appuyoit sur des principes nécessaires au rétablissement de l'équilibre politique ; elle maintenoit la France telle qu'elle étoit sous ses anciens rois , et la resserroit dans ses limites. Les points abandonnés à la décision du gouvernement britannique étoient relatifs aux colonies ; deux places frontières restoient en otage; et, si nous en croyons ce qu'on a publié, les souverains exigeoient que Paris leur fi!^t livré pendant la durée des négociatiolis , que termineroit une paix définitive.
Bonaparte venoit de vaincre à Montmirail , à Champ- Aubert , à Vauchamp, à Ghâteau-Thierri, quand on lui présenta les conditions imposées; il les parcourut avec mépris; et, dans la peur que le duc de Vicence (Cau-
ÔEORGES Iir. '4M
lincourt) n'acceptât ce qu*îl désavoiioit d'avance, il lui TT^ retira ses pouvoirs illimités. Quelques avantages plus brillants que réels , et qui consommoient une armée nécessaire en victoires inutiles , lui persuadèrent que la coalition se décourageoit ; il se flatta de la rejeter incessamment au-delà du Rhin.
Les yeux des François, après un si long oubli , se tournoient enfin sur les Bourbons et sur le roi Louis XVIII , que l'Angleterre avoit recueillis avec tant d'intérêt; mais les alliés se taisoient encore.
Le congrès de Ghâtillon alloît se dissoudre; le i5, ^''*'»«les plénipotentiaires reçurent YuMmatum de Napoléon, Napoc'est-à-dire un contre-projet, enflé de prétentions in- *""" sensées. Bonaparte vainqueur eût dicté des lois moins insolentes. Tout-à-coup il apprend qu'une révolution royaliste s'opéroit à Bordeaux , que la Vendée s'armoit pour les Bourbons, que la Frandhie-Comté s'étoit prononcée pour eux ; il s'empresse d'envoyer au duc de Vicence l'autorisation de conclure la paix à tout prix. Cette dépêche est suivie d'une autre que les Prussiens interceptent ; c'étoit une injonction à son ministre de retenir, sous des prétextes adroits, les places qu'il ne vouloit plus abandonner, Anvers , Mayence, Alexandrie.
Le congrès jugea que la paix étoit impossible avec Ouvertuun homme sans foi , qui ne traitoit que pour tromper, TAnglequi ne cédoit que pour reprendre. De ce moment, les ^^J^^^ négociations étoient terminées; mais, avant la rupture des conférences, lord Gastlereagh fit connoître officiellement aux plénipotentiaires des rois coalisés que le désir de l'Angleterre étoit de voir les Bourbons replacés sur le trône de France ; que l'ordre et la paix ne pouvoient revenir quavec eux, et que ce grand ouvrage
4ia HISTOIRE D'ANGLETERRE.
~r~" étoit digne d\iiie confédération à jamais mémoraUe. Dès que le ministre anglois eut acquis la certitude que les alliés étoient d*accord sur ce grand point, il se hâta d'en informer M. le comte d'Artois, qui se rendit aussitôt de Yesoul à Nancy, Saccès de La fortune du lord Wellington ne se démentoit pas; ton°^' ^^ succès décisif près d'Or thés ajoutoit à sa gloi re ; Soult se retiroit sur Tarbes; TAdour étoit franchi ; le drapeaa blanc flottoit à Bordeaux, Cette grande ville recevoit, au milieu des acclamations et de Tivresse publique, le duc d'Angouléme et son épouse , fille de Louis XVI , accompagnés d un détachement de troupes angloises, sous les ordres du maréchal Beresford.
Procla- Cependant la grande armée s'avançoit sur Paris; le mMion ^g ^g^g ^ Blucher étoit à Meaux , et la terreur s'empa- Joseph roit de la capitale, L'ex-roi Joseph , lieutenant-géBéral parte" de Napoléou, annonça, le 29, par une prodanwtion mensongère, que l'empereur amenoit une armée victorieuse au secours de Paris. Le méifte jour^ les corps des maréchaux Mortier et Marmont y rentrèrent , et se gros* sirent de trente mille hommes de gardes nationales. L'agitation des Parisiens çroissoit d'heure en heure des avant-postes russes avoient été postés vers la Valette et Vincennes, pour attaquer les trçupes françoises qui se rallioient sur ces deux pointa; et déjà le canon grondoit. \ .
Départ de Pressée par ses conseillers» dont les plus habiles lui riinpéra- dissimuloieut leurs motifs, l'impératrice Marie-Louise
trice 1
Marie- Sortît de Paris avec son fils, les ministres et les grands la>uise. dignitaires; les voitures prirent la route de Blois, où
devoit se former, et s'établit en effet une régence qui 0^
fut qu'une comédie pitoyable.
GEORGES III. 4l3
Le 3o mars , dès cinq heures du matin , Tartillerie se
fit entendre, soutenue du feu roulant de i*infanterie : ^' chacune des hauteurs voisines de Paris fut le théâtre aux d on combat $ang;lant, mais trop inégal. L'armée fran- P^*? ^ çoise, morcelée par pelotons épars, déployoit une rare intrépidité contre des masses qui Técrasoient; et tant de sang coula pour retarder la prise de Paris de quelques heures !
Enfin, le maréchal duc de Haguse, voyant les positions les plus avantageuses au pouvoir des alliés, et de plus, instruit que Joseph Bonaparte s'enfuyoit, après avoir fait afficher sur tous les murs « Je reste avec V0II5 (i), n fit demander une suspension d'armes quepes souverains parurent heureux d'accorder, et qui fut le prélude d'une capitulation honorable.
Le lendemain 3 f , deux cent mille hommes entrèrent EhMe dans Paris, traversant paisiblement ses remparts, ces ^^'^JJ,"'^. rues, ses places , couverts d'une population immense , Paris* étonnée, rassurée. La marche des souverains prit un caractère de fête : Alexandre et Guillaume étoient salués du nom de libérateurs.
Ce même jour, Napoléon partoit de Troyes et se dirigeoit sur Paris. A quatre lieues de la capitale, il reçut la nouvelle qu'une convention venoit de livrer Paris aux alliés. A la consternation où le jeta cet événement succéda la fureur: après une longue irrésolution, il prit le parti de rétrograder vers Fontainebleau , se berçant /
(i) Il eit certain que Joseph n^a pas donné grande opinion de son courage; mais nous oublions trop qu'il autorisa la demande de Tarmistice, quoiqu'il f^t certain que son frère ne le lui pardonneroit pas. Sous ce h-apport^'il a des droits à notre reconnoissance.
(]JYdt« du traducteur, )
4l4 HISTOIRE d'aNGLETERRÊ.
d'une dernière espérance , et rêvant encore une armée. Le 2 avril , le sénat prononça la déchéance de JNapO' léon : la veille il étoit à ses pieds. Abdica- Forcé de^ployer sous la nécessité, Bonaparte souscH- ^Bona-^ vit uu acte d'abdication en faveur de son fils , léguant parte, ainsi ce qu'il ne possédoit plus ; mais toutes difficultés cessèrent , à cet égard , par l'acte du sénat qui recon* noissoit les Bourbons et qui les rappeloit au trône. Son dé- L'ex- empereur de France devint souverain de Ttle nie d'Elbe, qui lui fut accordée pour retraite , avec un red*Elbe. yenu (Je ^jx millions, à répartir entre tous les membres de sa famille. L'impératrice l^arie-Louise devoit posséder en toute souveraineté les duchés de Parme, Plaisance et Guastalla.
Bonaparte partit de Fontainebleau le ao avril , accompagné de quatre commissaires des puissances alliées. La frégate sur laquelle il s'étoit embarqué mouilla le 4 de mai dans la rade de Porto-Ferrajo. Ce même jour, Louis XYIII faisoit son entrée dans Paris. Presque dans le même temps , le marédial Suchet, duc d^Albufera, remettoit à l'Espagne son roi légitime.
Bataille Le bruit de ces grands événements n'avoit pas enlouse. core pénétré dans les départements éloignés, et les hostilités continuoient entre Wellington et le duc de Dalmatie. Ce dernier s'étoit retiré sous \ei murs de Toulouse , résolu d employer , pour s'y défendre , toutes les ressources de l'art militaire. Cependant le gouvernement provisoire avoit envoyé les colonels Cooke et Saint- Simon porter aux deux généraux une information officielle des traités qui réconcilioient la France et l'Europe. Un préfet du midi (i) ne craignit pas de
(i) Le sieur BouTlenrDumoIard.
GEORpES III. 4l5
les faire arrêter comme suspects , et , par ce dévoue- TT" ment à la tyrannie , laissa couler des flots de sang ,
qu'eût épargnés le message rempli des deux parlemen* taires(i).
La retraite du maréchal ouvrit à Wellington les portes de Toulouse ; et les habitants, doublement heureux d etne délivrés des horreurs de la guerre et de voir F se relever le trône des fils de Henri IV, s'abandonnèrent
à la plus vive alégresse.
'' Cette longue et terrible lutte nous a fait perdre de "' vue ce qui se passoit dans Tintérieur de l'Angleterre.
* Le parlement, réuni le i^** mars, s'étoit ajourné jus- Pinrle-
* qu'au 21 , sur la demande du prince-régent, exprimée ^1^^^
* par un message. *
Lé 22, M. Golbourn proposa, dans la chambre des l communes, un bill concernant les emplois possédés ^ dans les colonies , et pour empêcher l'abus qui prolonf' ' geoit la jouissance de ces emplois , même lorsqu'une $ longue absence en suspendoit l'exercice. f Sir Samuel Romilly fit adopter des dispositions qui k tendoient à l'adoucissement de quelques lois pénales. i
L'orateur de la chambre , en présentant au prince- Dtfbats^ / f * régent le résumé des bills de la dernière session, s'étoit It étendu sur le rejet du bill relatif aux catholiques ; et , J comme ison opinion personnelle leur étoit contraire , il l'i en développoit tous les motifs; ce qui déplut aux parf tjsans du bill. Il leur sembla qu'on voulait par là jeter une sorte de défaveur sur les avocats de la cause des jl catholiques ; et de plus c'étoit annoncer la prétention ^ de juger définitivement cette affaire. 1^ Le 22 avril, lord Morpeth, un des plus mécontents,
é <i) Ln bataille de ToHlouse, qni fut Utrée le lO avril.
4l6 HISTOIRE D'ANGLETERRE.
g j, proposa la résolution suivante : « Il est contre les asag[e^ « du parlement , et Tesprit de ses opérations , que lora- « teur, sans aucune autorisatioii spéciale , informe sa « majesté des propositions faites à la chambre des comc munes, jusqu'à ce que la chambre en ait prononcé « radopti<m. >
Cette motion fut appuyée des membres favorables au bill j et sur-tout de ceux qui condamnoient la conduite de Forateur dans cette occasion. Cependant la majorité Fécarta.
Disent- Après cette discussion et quelques autres , le parie-
sioD 9iir * , , 1 . . »,
1« «om- ment s occupa du commerce des grams ; question d une aMrcedet haute importance, fréquemment discutée, mais encore indécise et flottante. Le comité chargé de faire un rapport à ce sujet avoit publié son travail: il exposoît tes deux systèmes embrassés jusqu'à ce moment par la législation angloise. Le premier décourageant l'importation, qu'il soumettoit à de gros droits, et proposant des primes à l'exportation ; et le second étant l'inverse de celui-là , le comité conseilloit de porter très haut le prix moyen adopté pour autoriser l'importation du grain , et d'en accorder la libre exportation jusqu'à ce qu'il eût atteint ce taux , ou du moins qu'il n'en fut pas éloigné.
Alarmes Deux récoItes également mauvaises avoient considédrcom- rablement élevé le prix des grains , et les inquiétudes merce. étoieut assez vives : elles s'accrurent aussitôt que l'intention du comité fut connue. Les pays de commerce et de manufactures s'alarmèrent , dans la pensée que leurs intérêts alloient être sacrifiés à ceux des propriétaires et de leurs fermiers. De plusieurs parties du royaume, on envoya des pétitions dont l'objet étoit que
GËOHGES III. 417
les lois relatives aux grains n'éprouvassent aucun chan- — — — gement ; et ce fut Flrlande qui prit l'initiative à cet égard. ^
Sir Henri Parnell demanda : des faites
I ^ Que l'exportation du grain pût se faire , en tout l'^^j^^^^^ temps , de tous les ports du royaume-uni*
!i^ Que les droits à mettre sur Timportation sui* vissent un tarif d'après lequel le froment étranger payeroit un droit de a 4 schelings , quand le ^i/arter seroit à soixante -trois schelings en Angleterre. Quand le prix du royaume auroit atteint 86 schelings, tout droit cesseroit de ce moment sur l'importation du grain étranger.
Les deux motions de sir Henri Parnell furent adoptées; mais la discussion du bill fondé sur ces résolutions amena de longs débats qui détachèrent plusieurs membre^ de leur première opinion. Le bill pour l'exportation finit par passer en loi ; mais on crut devoir renvoyer à six mois toute revision ultérieure des lois sur les grains.
Le budget fut soumis à la' chambre des communes, ^«^«^get Il portoit les besoins de la seule Angleterre à soixanteéept miUions cinq cent mille livres sterhng; somme d'autant plus effrayante , que les dépenses auxquelles elle subvenoit à peine , paroissoient devoir survivre à la guerre dont le flambeau s'éteignoit avec Napoléon.
Le prince-régent ferma la session. Son discours roula presque tout entier sur le retour de Louis XVIII, et sur l'espoir d'une longue paix : premier fruit de cette révolution à laquelle l'Angleterre avoit puissamment coopéré.
Le 23 avril, S. M. le roi de France quitta l'Angleterre Louis au milieu des acclamations et des vœux. Ce prince mon- ^^'** ai. a;
4l8 HISTOIRE D^AUGLETERAE.
toit le BoyaiSovcreign , quVscortoit la frégate le Jason^ \ , \ sons les ordres du dae de Glarence. Le temps étott se-
aborde • , • ^ t . i »
Calais. reiD ; le trajet rat heureux et rapide. LoDg-temps avant que le narire abordât , et qu'où le découvrit méine à rkorizou , le rivage de Calais , les remparts , tous les points élevés étoient couverts d'une multitude immense. Au détiarqnement du roi » les plus vifs transports 1 accueillirent. Le 4 mai y Louis XVIII fit son entrée dans la capitale ; et Fivresse de tout Paris lui prouva combien il étoit désiré.
CoDstîtu- Le sénat , avant que Louis fùt remonté sur le trône, tion don- avoit fait à la hâte une constitution , en vinfi^t articles.
née par le • , .
sénat, qui tomba dans le mépris le jour même de sa publication. On ne pardonna point à ce corps la prétention de rendre au roi sa couronne, et bien moins encore le soin cupide de stipuler dans un pareil acte le maintien de ses traitements , de ses dotations , de ses honneurs personnels ( I ). Cette maladresse des sénateurs, qui ne justifioit que trop leur déconsidération , autorisa Louis XVIII à rejeter un Ouvrage marqué^ comme sa majesté le disoit dans sa proclamation du a mai , d'un caractère de précipttatUm et présentant plusieurs articles (pu ne pouvoient^ sons leur forme actuelle j être ccnvertis en loisfondamentfdes. Le roi de Lc 4 de jtiiu , le roi convoqua les deux grands corps donne ^^ Tétat daus lé lieu des séances du corps-législatif; et une là ^ son chancelier, qui prit la parole après lui , fit conson noitre la charte que Louis XVIII donnoit à la France. peuple, j^^ salle i^etentit d'applaudissements unanimes, et le nom du roi fîit comblé de bénédictions.
Cet acte solennel avoit été précédé du^ traité qui ré-
(i) Article VI. « Les sénateurs actuels sont maintenus. La dotation « actuelle du sénat et des sénatoreries leur appartient , etc., etc. •
tabli^soit la paix entreles puissances. Par le second ar- ' tieie de ce traité , siané le 3o mai , la France reotroit J^ . , ,
.... 1, .1 Traité de
dans ses anciennes limites, avec 1 augmentation de paix entre quelques cantons de la Belgique , et d'one grande par- '®^ P"'*" tie de la Savoie ; du côté^e l'Espagne j la frontière de* meuroitla même; la Hollande obtenoit un accroissement de t^ritoire ; et la souveraineté de ce pays , acquise à la maison d'Orange , ^e pouvoit , en aucun cas , être possédée par un prince portant une couronne étrangère; la Suisse redevenoit indépendante, sous son pro* pre gouvernement ; Malte ^t ses dépendances apparte- ]ioient à l'Angleterre ; le Portugal restituoit la Guyane françoiee; la France recouvroit ses colonies , à l'exception de Sainte-Lucie, de l'Isle-de-France et de Tabago. De plus, les puissances engagées dans la dernière guerre étoient tenues d'envoyer des plénipotentiaires au con- . grès qui devoit s'assembler à Vienne pour compléter les dispositions du traité.
Le général autrichien , baron de Vincent , adminis- Réunion troit les Pays-Bas catholiques, depuis la retraite des ^^}^ ^^^' troupes et des autorités françoises. Ce n'étoit pas la pre- la Holmière fois que ce pays embarrassoit la politique euro- ^" ^' péenne. Par quel moyen pouvoit-il être soustrait à la France? Quoique le despotisme de Bonaparte eût pesé sur les*BelgeSy une assez lon^pe possession avoit formé des liens, entre eux et les François ; et les regrets de la France, en renonçant à la Belgique, annonçoient assez le dessein de la reconquérir quand la guerre se rallumeroit .de ce côté. Les' difficultés que l'insurrection des Belges avoit ifuscitées à Joseph II, en 1 787, 1 788 et 1 789, décachoient la maison d'Autriche du projet de conserver d«s provîntes qui n'étoient qu'onéreuses. Elles ne pou-
^20 HISTOIltE D'ANGLËtERRK.
" votent se gouverner elles-mêmes , ni se défendre : il parut donc nécessaire aux puissances alliées, de les réu-* nir sous la souveraineté de la maison d^Orange.
L'électorat d'Hanovre reçut le titre de roy-aume d'Hanovre ^ soumis au 'gouvernement de sa majesté britannique, ï-a Le D^nemarck, après s'être obstiné long-temps à sou-
est^'mf-* tenir la cause de Napoléon, avoit été forcé d'entrer dans
contente, la confédération formée contre la France et de fournir un contingent de dix mille hommes. Un traité fait en conséquence, et signé le i4 janvier, entre la Grande- Bretagne, le Danemarck et la Suéde, portoit, entre autres articles , la cession à perpétuité du royaume de Norwège à la Suéde ; et pour compensation , la Suéde cédoit au Danemarck, l'île de Rugenet la Poméranie. Les Norvégiens n'avoient pas été consultés. Ce peuple belliqueux et fier s'offensa d'un arrangement qui disposoit de lui sans qu'on se fût informé s'il y consentoit. Christian -Frédéric, prince héréditaire de Danemarck, étoit en ce moment gouverneur de la Norwège : témoin de l'effet que produisoit ce changement de domination , il exalta les esprits déjà très effervescents et résolut de diriger les efforts des Norwégiens pour soutenir la liberté de leur patrie. Ce peuple se flattoit,de la protection de l'Angleterre; mais il apprit bientôt qu'il ne devoit pas y compter.
Inutilité Avant que de courir aux armes , ils élurent Christian
de sa j,^jj jg Norwège, et se préparèrent à marcher sous ses
ce. ordres ; mais leurs troupes mal exercées ne tinrent
pas long-temps contre les vétérans du piince-royal de
Suéde. Il fallut se soumettre au vainqueur ^ et le prince
Christian abdiqua son autorité. Le prince de Suéde, en
accordant une amnistie générale , permit aux Norwégiens de lui présenter une constitution. La diète nationale se réunit en conséquence le 20 octobre, rédigea les lois qui dévoient régir la Norèwge, et vota son union à la Suéde, sous la condition qu'il ne seroit point porté d'atteinte à la constitution qu'elle s'étoit créée.
Nous avons vu les cortès d'Espagne rejeter avec dé- Affaires dain le ti*aité par lequel Bonaparte restituoit le trône à ^^^' Ferdinand, sous la condition de chasser d'E^agne ceux qui venoient d'en chasser l'usurpateur, La chute de Napoléon ouvrit la prison de Ferdinand : il arriva le 24 de mars à Girone ; et son pren^ier soin fut d'écrire à la régence que tous ses désirs tendoient au bonheur de ses sujets.
Le i5 avril, il étdt à Valence, accompagné de son frère , l'infant don Carlos.
Ferdinand alloit entrer dans une carrière épineuse.
On pense bien que l'Espagne n'avoit pu se soulever contre l'oppression, sans se passionner pour la liberté. Le tort de la constitution des cortès, qui reposoit d'ailleurs sur des principes généreux > étoit de suivre de trop près iine de ces constitutions éphémères, ouvrage toujours vain et toujours renaissant de la révolution françoise. Les législateurs espagnols auroient dû sentir que les lois ne sont que des conseils , sans ce pouvoir actif et vigilant qui doit assurer leur empire ; que ce pouvoir menace la liberté , s'il est excessif; mais qu'il menace l'ordre public, s'il est insuffisant.
Les royalistes castillans regardèrent les limites con- ^^^}^ ^°"' sti tutionnelles comme l'anéantissement de l'autorité mo- constitunarahique; et s'ils se montrèrent d'abord avec défiance *cori*ès^*
4^1 HISTOIBB D'ANGLETERRE.
•— — "* (parcequ'an pouvoir nouveau sent le besoin de se faire ' craindre et brise tout ce qui le contrarie), dès qu'ils furent appuyés du monarque, ils formèrent un« faction hardiment prononcée contre la constitution.
Le parti dés cortès n'étoh pas très ncmibreux; mais
il comptoit des hommes recommandables par leurs ve^
tus et leurs lumières.
Les cortès ^^ cortès s'alarmèrent de ce xjue le roi prolongeoît
reçoivent jq^ séjour à Valcuce. Leurs pressentiments étoient ion»
1 ordre de
se sépa- dés : Une déclaration de Ferdinand, qui parut le 4 mai) ''^^' prononçoit la- nullité de la cmistitutîon des cortès , ordonnoit à cette assemblée de se si^arer, et nftenaçoit de la peine capitale quiconque oseroit désobéir. Cette violente manifestation de la volonté royale excita des transports à Madrid , où Tesprit des cortès étoit peu répandu ; mais les bons esprits en gémirent. Ils voyoient dans la nation un changement dont elle même ne sV percevoit pas, et craignoient qu'un jour le roi ne payât cber Faveu^ement de ses ministres.
Conduite Le 1/4 mai, Ferdinand fit son entrée solennelle à Mademe"de ^^^* ^®° ministère reprit aussitôt toutes les habitudes Ferdi- dci vicux gouvememeut : on releva les institutions que la guerre avoit détruites ; le tribunal même de l'inquisition fut rétabli, tandis qu'il eût fallu, de ce moment même, en effacer jusques à la mémoire. On poursuivit les écrivains qui s'étoient signalés par des livres hardis. La presse retrouva toutes ses gênés, la superstition toutes ses armes. L'Espagne laissoit fuir loccasion de s'emparer du rang qu'elle devoit occuper; tant de malheurs étoient perdus pour elle.
Grands II se fit, à la cour de Rome, une véritable contre-réaemenuk volution. Pie Vil remit en vigueur lancien code pon-
CEOBGES III. 4^3
tifical ; les ianovation^ que le legUoe fraoçois avoil 7~
introduites disparurent devant les usages qu'il avoit , ^ ' V
• if .1 . 1.*/^ . la cour de
wplis ; on exçimina les concessions de propriétés natio- Rome, nales faites à des compagnies, en paiement de ce qui leur tétoit dft par le gpw vernement françois ; les cérémonies da culte romain se renouvi^èrent avec plus de pompe et d'éclat ; la vente des livres françoia fut pror hibée; la police interdit les sociétés mystérieuses, et partieniièreinent celle de$Jrancs'mdçons. Le pape compléta ce système par la renaissance de Tordre des jésuites , éteint depuis assez Imig^temps dans tout le reste du monde catholique.
Un pacte fédéral entre dîx^nenf cantons suisses avoit Pacte été pi^odamé ; mais comme «me entière égalité de droits ^^ 1^ en étoit.Ie principe, il méamteatoit l'orgueil de cer* Suisse. tains ointons qui jusqu'alors avoient eu des sujets. Les puissances alliées déclarèrent aux Suisses quelles se cbargeroient elles-mêmes d'arranger leurs différents, s'ils n'étoient pas termina à l'époque où le congrès se céimiroit. Cette nienace fit taire toutes les prétentions , et le traité d'alliance entre les dix-neuf cantons fut signé, comme une convention féderative.
La guerre continuoit entre l'Angleterre et les États- Congrès. Unis ; mais elle devenoit de idus en plus onéreuse au ai°f "*
caiQ
gouvernement américain* Le jGongrès s'assfflnUa le 6 décembre i8 1 3, et l'esprit de parti «'y manifesta sans détours. Jamais autant d'animosité n'avoit éclaté dans les débats. On reprochoit à l'opposition de contr^arier les mesures nécessaires à la continuation de la guerre , lorsque l'Angleterre, rejetant toute médiation, prouvoit assez clairement qu'dle se refusoit à la paix ; l'opposition accusoit le gouvernement, de prolonger un état
tion.
Débats.
" é^ibostilités désastreux pour le commerce, et de creuser
****** un abyme de dettes qui ne pourrait jamais être comblé. Opposi- Dans quelques uns des états de lest, ropposition prit un caractère plus tranchant ; non contente d'inculper les membres du gouvernement, elle déclama contie la constitution fédérale, comme défectueuse dans son organisation , et tendant continuellement à la désuBÎon de ses parties.
La guerre avoit. été soutenue jusques à ce moment au moyen d emprunts dont les intérêts étoient pris sur le produit des ventes de terrains incultes appartenant au domaine. Bientôt on fut obligé de recourir à des ressources plus positives ; on sentit la nécessité d établir un système de taxes intérieures : sans ces secours , comment eût-on fait face aux dépenses que les revers éprouvés à la frontière du nord<>ouest avoient au moins triplées? comment suffire aux frais d'uùe marine créée sur les lacs? comment mettre sur pied une autre ar* mée, pour remplacer ce que la guerre môiasonnoit?
Les détracteurs de Tadministration firent de grands efforts pour empêcher Tadoption des taxes quaod elles furent proposées au congrès; mais ils échouèrent.
Le 7 janvier^ il fu^ donné connoissance au congrès de la proposition faite par lord Gastlereagb de nommer des commissaires pour traiter de la paix, soit à Londres, soit à Gothenbourg ; le président choisit Gothenbourg, et le congrès, afin. d'ouvrir à la négociation des voies favorable», révoqua les actes de non^importation et d'embargo. Mais l'Angleterre, en donnant à son blocus une telle extension qu'elle y comprenoit via côte Aes États-Uni^, fit évanouir toutes les espérances des Ame-
GEORGES III. J^aS
ricainS) et les força de rester armés, pour amener enfin -
l'An|(leterre à reconnoitre leurs droits. * '^*
Les renforts qu^attendoient les Anglois arrivèrent Continua. dans les premiers jours d'août , et Tamiral Cochrane * «uerre'* prit le commandement de la flotte qui se trou voit dans la Chesapeake. Baltimore et Washington étoient deux points menacés; mais laquelle de ces deux villes seroit attaquée la première? on Fignoroit. L'ennemi partagea sa flotte en trois divisions; Tune d'elles, sous les ordres du capitaine Gordon , remonta le Potomack. Sir Pierre Parker se dirigea sur Baltimore; la troisième annonça Tintention de chercher la flottille du commodore américain Bamey; mais elle s'avançoit vers Washington, avec le projet de s en emparer. Le général Winder se Prisede rapprocha de cette capitale» afin de prendre, entre elle Washioget Bladensburgh , une position qui lui permit d'agir contre les Anglois avec toutes ses forces réunies. Leur armée ne tarda point à paraître, et l'action s'engagea. Les rangs anglois furent rompus plusieurs fois par le canon des Américains; mais la milice d'Annapolis, n'ayant pu soutenir une charge vigoureuse, prit la fuite en jetant ses armes, et ne laissa sur le champ de bataille que les troupes à la tète desquelles étoit le commodore Barney. L'ennemi les avoit déjà débordées; il devint impossible d'arrêter ses progrès. On se hâta d'enlever de Washington les archives et tous les papiers importants; des familles entières en sortirent, et la ville étoit presque déserte quand les vainqueurs l'oecupèrent. Le général Ross fit livrer aux flammes tous édiBces les édifices publics, la chambre du sénat et celle des .P»*>*»c»
*■ livres aux
représentants , le palais du président, l'arsenal, le bas- Samaies.
4^6 HISTOIRE d'aNCLETBRRE.
sin de construction , la trésorerie , Thètel de la gaerri) la bibliothèque du capitole, et même le grand jMHit snr le Potomack. En déplorant ces désastres, nousdifoos au moins que les propriétés particulières fareait respectées, et que le soldat observa la plus stricte discipline.
€k>dirane et Ross concertèrent ensuite une attaque
contre Baltimore, cité très importante, située surk
Patapsco. Les babitsmts s'attendoient à cette entreprise;
ils concoururent tous avec le m^e zdie à mettre leor
ville en état de résister. Le général Winder fut dési^
pour commander les troupes de ligne et la brigade è
Virginiens; la milice et les volontaires 4e Baltîmon
furent placés sous les ordres du général Striker ; on ood-
fia le ^ommandenient supérieur de toutes les forces an
général Smith , dont les services et la réputation à-
toient de la guerre de rindépeqdance*
Les Le 1 2 «eptemlH^ , on sut qu'un corps ennemi parois*
ëcliouent ^^^* D^ détachements américains marçhèncsat à sa rei-
dcTant contre. Bientôt ils eurent affoire à tout# Tanoée dont
re. ce corps étoit Tavant-^arde. Ce prunier cboc fut vif et
meurtrier ; le général Ross y perdit la vie : le bmit cou*
rut qu'il avoit été tué par un jeune soldat enibnsqQ>
derrière un buisson. Le général Brook le remplaçadass
le commandement.
Le 1 3 , cinq galiotes à bombes commencèrent à tirer à deux milles du fort; elles firent un feu continiiel et terrible, tandis que les canons du fort, attendu leor éloignement^ n envoyoient que des boulets perdus. I^ bombardement continua pendant tonte la journée du (3 et la nuit du i3 au i4; mais un débarquement entre k fort et la ville ayant été tenté sans succès , les généraoi anglois reconnurent qu'ils réussiroient difficilement a
réduire Baltimore, et prirent la résolution d'y renon- '"'^777^ cer. Une nuit obscure et pluvieuse favorisa leur retraite. Le 1 5 , toute la flotte de Tattûral Cochrane descendit la Chesapeake.
Le général sir Georges Prévôt entra dans l'état de Nouvelles New-York le i««^ septembre, marcha sur Gbamplain, tionrâei près du lac de ce nom , et s'en empara. Tout annonçoit ^®"^ une attaque contre Wattsburgh, petite ville voisine de la rivière de Saranac ; la place ne pouvant opposer au-
I cune résistance , les détachements qui la défendoient se
retirèrent dans le fort, en etilevânt tous les bordages du pont sur la Saranac. Un feu de mousqueterte s'engagea d'une rive à l'autre, mais sans beaucoup d'effet. Les Anglois n'entrepreooient rien sur les fortifications américaines , parcequ'ils attendoient leur flotte du tac Champlain , dont la coopération leur sembldit'nécessaire. Son approche fut signalée, le 1 1 septembre, par uii navire que le Commodore Mac-Donough avoit mis en observation.
Les deux escadres s'abordèrent. Le commodore àmérieaiin soutint, pendant plus de deux heures, un combat inégal ; mais sa manœuvre triompha de la supériorité de l'ennemi. Le feu, des deux côtés, avoit été si vif, qu'il ne restoit pas un m^ en état de porter une voile.
Le général Prevot prit le parti de lever le siège, et de se retirer sur le territoire cana<fien.
Les négociations pour la paix entre les Anglois et les Négocia- Américains s'ouvrirent au mois d'août; au mois d'oc- *'^°* tobre, le président des États-Unis en exposa la marche paix enau congrès ; il lui fit approm ver le refus des plénipoten- ^" |"^ tiaires , de souscrire à des propositions inadmissibles. et les
Les négociations furent reprises avant la fin de l'an- câins!*
née. Le 24 décembre, les ministres des deux états signèrent un traité de paix et de bonne intelligence, qvi fut ensuite ratifié par leurs gouvernements. Les conditions principales portoient sur les limites, objet de querelles toujours renaissantes. 11 fut arrêté que chacune des deux^puissances nommeroit des commissaires, et leur en cônfieroit la fixation définitive. Ce que le traité de paix eut de remarquable, c'est qu'on n'y fit aucune mention du sujet de la guerre, parcequ'elle proveneit^ non d'une cause réelle et prononcée , mais d'une suite de griefs accumulés , et sur-tout de l'indifférence dédaigneuse avec laquelle l'Angleterre avoit accueilli les plaintes des Américains, p^ , Ce fut sur les causes de cette guerre que roula le dis-
ment im* cours du princc-régeut , en ouvrant la session d'au- P^"° * tomne; et quoique son altesse royale se félicitât d'en voirie terme, on s'étonna de l'entendre parler des Américains avec plus de ressentiment que de modération et d'équité.
Le comte Fitz-William entretint la chambre des pairs d'un objet assez important, considéré sous le point de vue constitutionnel. Il avoit paru convenable, et même nécessaire d'incorporer des corps de milice dans la ligne; cette mesure devoit-elle cesser avec le besoin qui Ta voit provoquée?
Débats. Le comte Fitz-William fut de cet avis. « Aux termes f( de la loi , dit-il , la milice ne doit être appelée que dans « les cas de rébellion ou d'invasion ; ces motifs n'exis- « tant pas , pourquoi ne renverroit*on point dans leurs « foyers des hommes qu'on n'a plus droit de retenir au « service? »
Lord Sidmouth répondit que l'état de guerre étoit
OfiOBGES iti, 429
compris implicitement dans les cas spécifiés par la loi; — — *— * qu'en conséquence le service de ces corps pouvoit être * ' ^* prolongé jusqu'à ce que le gouvernement le jugeât inutile.
La même question fut débattue dans la chambre des conmiunes. Sir Samuel Romilly proposa de reconnoitre « que la paix ayant été conclue depuis six mois, et le « royaume n'étant troublé d'aucune agitation inté- « rieure, conserver une portion de la milice incorporée « dans Tarmée de ligne , c'étoit agir directement contre « Fesprit et la lettre d un acte de la quarante-deuxième « année du régne de Georges III y et contre les principes « de la cpnstitution. »
Cette proposition fut écartée.
La princesse de Galles se disposoit à quitter TÂngle- Situation terre. Exilée de la cour, où la présence de deux souve- cewe de rains étrangers (i) attiroit un prodigieux concours des Galles. personnages les plus considérables des trois royaumes, £]|^ privée des caresses de sa fille, dépouillée des honneurs ^^l^S^ dus à son rang , elle fit agréer au prince-régent , par l'or- comit f;ane de lord Liverpool, le projet de voyager sur le con- ^^^^' tinent. La prmcesse s'embarqua , le 9 août, à bord de la frégate le^jj/j^on^ avec elle étoient lady Forbes et lady Lindsay, Mlli Saint-Léger, Gell et Grav^en, ses chambellans; un médecin, un maître -d'hôtel, un messager. Toute sa maison angloise ne tarda pas à Tabandonner, et la princesse, après beaucoup d'efforts pour la remplacer par des personnes de la même nation, fut obUgée de se former une cour italienne. La comtesse Oldî, de Crémone, devint sa dame d'honneur, le chevalier Schi-
(i) Le roi de Prusse et Tempereur de Russie.
43o HlSTOIftfi D^AlfGLETËARE.
" viais> son premier écuyer; le docteur Mochetli, son ' médecio » et Bartt^ooieo Bergami fut nommé son cour-
rier.
La princesse Caroline débarqua sur les côtes de Bar* barie , visita la Palestine , Jérusalem , Gartluige ^ Uti(|ue, Athènes; elle se rendit à Malte, aborda dans plusienn tles de r Archipel^ et revint à Naples par Rhodes et Syracuse. A son retour en Italie , elle accpiit une maisoB charmante aux bords du lac de €k>sme, avec le projet d'y vivre ignorée jasqu'à ce qu'elle pftt reparoitrea Angleterre.
M^con- Quoique la France parût tranquille, des germes de inent^n ^nécontentemeut se développoient de jour en jour, et France, le gouvernement s'endormoit dans la plu» aveugle sécurité. Les causes de cette disposition des esprits étoieat nombreuses : plaçons en première ligne Factivité <les amis de Bonaparte, qui, connus pour tels, mais masqués d'nné résignation hypocrite, prodiguoient l'argent en son nom, irritoient les regrets, semdient tes espérances. Grâce à leurs manoeuvres une inquiétude vagae régnoit dans les villes et dans les campagnes: le jpaysaii craignoit le retour des dîmes ; Tacquéreur des biens d^ tionaux se voyoit évincé ; le soldat pedgrfumdoit tout i bas son chef et ses couleurs ; plus d'u^Bbcours pro- 1 nonce dans la chambre des députés avoit fdarmé ks intérêts de la révolution et remué des passions assoupies ; les émigrés rentrés avec le monarque^ élevoiefit très haut leurs prétentions ; le clergé même ne déses* péroit pas de regagner son influence ; et le bona^ tisme s'emparoit de tout cela pour décrier le goarei' nement du roi.
La correspondance entre Tile d'£lbe et Paris étoit
GEORGES III. 43l
libre, ou foiUement surveillée. Chose étrange ! rancien — -— directeur-général des postes en régloit encore le service * sans que Tadministrateur actuel s'en doutât.
Napoléon y à File d'Ëlbe, joooit rhomme détrompé, Bonafaisoit dire aux journaux de Paris qu'il ne s'occupoit ^^[^^ plus que de sciences, de constructions , d'agriculture. |îie De là, Tinvigilance du ministère françois , et le mépris même des avis utiles qu'il recevoit de tous côtés.
Napoléon crut l'instant favorable: le a6 février, à cinq heures du soir, il s'embarqua sur un. brick, avec quatre cents hommes de sa garde. Trois autres bâtiments qui se trou voient dans, le port reçurent deux centahommes d'infanterie, cent chevau-légers polonois, et le bataillon des flanqueurs de deux cents hommes.
A trois heures^ le premier mars, on entra dans le gdfe de Juaiu
Le débarquement se fit à Cannés , sur la cdte de Pro^ vence : là,, son armée prit la cocarde tricolore. A la tête de cette poignée d'hommes, Napoléon se mit en marche, jetant le long de sa route une proclamation dont nous transcrirons ici queli^ues passages.
« Napdéon , par la gvaçe de Dieu , etc. , etc. Procla-
« Soldats, deBoiiA.
« Nous n'avons pas été vaincus. Deux hommes sortis ^*'^** « de nos rangs (i) ont trahi nos lauriers, lem* pays et « leur bienfaiteur.
. « Ceux que nous avons vus, pendant vingt-cinq ans, « parcourir toute l'Europe pour nous su^iter des en-' « nemis , et combattre contre nous, dans les rangs des « armées étrangères, en maudissait notre belle France,
(i) n designoit le gênerai Marmont et le maréchal Angereaù,
432 HISTOIRE D*A1»GLËTERft£.
« prétendroient-ils commander, eiichainer nos aigles 1 « eux qui ne purent jamais en soutenir les regards? « Souffrirons-nous qu'ils héritent du fruit de nos glo' « rieux travaux , qu'ils s'emparent de nos honneurs , « de nos biens , quils calomnient notre gloire? Si leur « régne duroit, tout seroit perdu, même le souvenir de « ces immortelles journées. Avec quel acharnement ils « les dénaturent! Ils veulent empoisonner ce que le « monde admire.
« Vos biens , vos rangs , votre gloire, n'ont pas de plus « grands ennemis que ces princes que les étrangers a nous ont imposés.
« Soldats , venez vous ranger sous, les drapeaux de « votre chef; son existence ne se compose que de la « vôtre -^ .
« L'aigle, sous les couleurs nationales, volera de clo- « cher en clocher jusqu'aux tours de Notre-Dame, etc. »
En entrant à Grenoble , son armée se grossit du sep tième régiment de ligne. La perfidie du colonel ( La Bédoyère) fut d'autant plus odieuse, qu'un homme estimé de toute la France avoit répondu de sa fidélité. ^ On sut à Paris , dans la soinée du 5 mars , le débarquement de Napoléon. La première impression fut celle d'un grand étonnement. Ceux qui doutoient le moins de son retour, puisqu'ils l'avoient préparé^ déguisoient malaisément leur joie sous un air d'incrédulité ; la politique légère des salons n'admeltoit pas que cette bande d'aventuriers pût tenir contre cinq ou six brigades de gendarmerie. De meilleures juges pensèrent (et ceux-là
oEOncEs m. 433
^ne s abusoient point) que le Corse n'étoit pas homme ' —
à s'en reposer, en cette occasion , sur un caprice de la fortune, et que larmée de Louis XVIII n'avoit pas cessé d*être celle de Bonaparte (i ).
M. le comte d'Artoisi , le duc d'Orléans , le maréchal A Lyon. Macdonaldj étoientàLyon quand Bonaparte s'y présenta. La défection de leurs troupes les força d abandonner une ville que la trahison livroit aux rebelles.
Napoléon , pendant son séjour à Lyon , reprenant |* T**"^ hardiment l'exercice des droits de la souveraineté, ren- décrets! dit plusieurs décrets, contre les Bourbons, les émigrés, jes ordres royaux; il annula les nominations faites en* son absence dans Tannée, dans la magistrature, dans la légion d'honneur ; il prononça la dissolution de la chambre^ des pairs et de celle des députés ; il ordonna la réunion à Paris des collèges électoraux, en assemblée du champ de mai , pour la modification des constitutions de r empire , dit son décret ^ et pour le couronnement de t impératrice et du prince impérial.
Au moment même où Napoléon proscrivoit les Bour- Déclara- .bon$, toutes les puissances de l'Europe, représentées ^^^'P ^^* ;au congrès de Vienne par leurs plénipotentiaires, le ces frdppoient d'une réprobation solennelle, comme le fléau ^ ^^^^' des peuples et le perturbateur du monde. . Louis XVIII , par une ordonnance datée du 6 , le dé- Ordonclara traître et rebelle, pour s'être introduit à main ar-
naDce de
Louis
XVIU.
(i) La preuve en est dans cette réponse du colonel La Bédoyère a u général Devillers, qui s*efforçoit de le ramener à son devoir : « Lais- « sez, laissez; je sais ce que je fais. C'est Télan de tous; ç*est un « moUTement convenu : le général d*Erlon marche avec 4o,0OO M hommes pour le seconder. »
434 HISTOIRt D^ARGLETERRE.
mée dans le département du Yar. Il enjoig[nit à toutes les autorités militaires et civiles de bu courir sus, de larréter et de le traduire devant un conseil de guerre. Leméniejour,samaje5téconvoqua]es deux chambres. On prit à la hâte des mesures insuffisantes. Les maréchaux et les lieutenants-généraux se rendirent aux lieux de leurs commandements. Le maréchal Ney promit à Louis XVIII , en baisant la main de ce prince, de lui ramener Napoléon enchainé.Leministrede la guerre, devenu sudpeot , remit au roi soû portefeuille et son épée. Tout porte à croire que ce maréchal étoit calomnié.
Cependant Napoléon marchoit à grands pas sur Paris* Séance Le 1 7, en séance royale, Louis XVIII prononça dans au co^rps- ^^ chambre des députés un discours qui pénétra tous lëjjislaiif. les coBurs d atteodrissemait et de regret.
Le 19, dans la nuit, ce prince quitta sa capitale, accompagné de ses gardes- du -corps sous les ordres de Monsieur et du duc de Berri.
Arrivée Le 20 , Bonaparte entra dans Paris , escorté du pres- Napoléon ^^8® V^^ s'âttache aux entreprises hardies. La cour do à Paris, palais dës Tuileries étoit pleine de généraux, d'officiers, de soldats qui crioient : Fïve t empereur! Il fut porté dans ses appartements, où Tattendoit sa belle-sœur, la princesse Hortense, qu'on soupçonna d'avoir favorisé son retour par des distributions d'argent (i). Une multitude immense couvroit la terrasse. Bonaparte jeta sur cette foule un coup d œil dédaigneux , en disant à ceux
(i) Ce bruit courut en effet, et la position de la duchesse de Saint Leu , qui ne lui permetto|| pas de le démentir, l'aecrédita. L'auteur de cette note a de fortes raisons pour en douter, tout au moins.
GEonoES 111. 435
qui la lui ftûsoient remarquer : « Ce n'eat que de la — TT^ M cadaille. »
Le lendemain , au grand lever, reparurent tous les Félicitacourtisans de Napoléon , dignitaires , écuyers , cbam^ ho»œL bellans, royalistes ou non, redemandant leurs brode- Q^^y Patries et leurs places. Les hommages et les félicitations des autorités publiques abondèrent; et Napoléon, deux fois usurpateur, se retrouva pour un moment sur le trône.
Soo premier soin fut de former sob ministère. Il ren^' Bom^ dit le portefeuille de la police à Fouché , qu'il baïssoit. fj^^^^^^ On en conclut que le choix de ses ministres n'avoit pas miaisicre. été laissé tout-à-fait à sa volonté. Si Bonaparte, comme il est probable, s'étoit lié par un pacte secret avec les principaux cbefs de la conjuration , il ne tarda pas à s apercevoir qu'il falloit remplir ses promesses. L'o* pinioQ n'étoit plus la même ; l'esprit d'adulation et de servilité régnoit encore aux Tuileries , mais s'arrêioit là. Des généraux disoient hautement qu'ils ne combattroient plus pour le despotisme » et que si leur sang couloit encore ) ce seroii pour assurer l'indépendance de la patrie.
Le duc de Bourbon, fils de M* le prince deCondé^ Tentatis'étoit rendu dans le département de la Vendée, Croyant T®^ ^^ pouvoir soulever ses belliqueux habitants. Il revit les Bourbon, mêmes hommes, mais épars et désarmés. Madame la ^^^^l^, duchesse d'Angouléme fit des efforts héroïques pour re- léme. tenir Bordeaux sous l'étendard des lis : on reconnut la petite-fille de Marie -Thérèse. M. le duc d'Angouléme , prince aussi généreux qu'il est brave , courut de grands dangers, qui furent inutile^. Louis XVIII étoit à Gand, entouré d'une Cour fidélé qui grossissoit à toute heure.
"""~~" Bonaparte publia le 22 avril Vacte additùmnel aux
\ constitutions de l'empire. Cette production maladroite Acte ad- ^, '^ ,
diiionnel deplut à tous les partis : aux patriotes, en se montrant ^"? comme une suite des constitutions et des sénatus-con-
constitutions de suites, produit du despotisme et de la servitude; aux empire. pQygjjg^gg ^ pgp Texcliision qu'il donnoit à la maison de Bourbon. Quelques hommes signèrent cet acte ; personne ne l'accepta.
Céréino- La cérémonie du champ-de-mai fut une représenta-
nie du, i.^ iiii.*
champ- tion théâtrale : jugée comme telle, elle intéressa peu. Si de-mai. Napoléou en espéroit un grand effet, il fut trompé dans
son attente.
ConYoca- gon desir auroit été de renvoyer la convocation des corps- chambres à la fin de la campagne prête à s^ouvrir. Il se léeislatif. flattoit de la victoire. Vainqueur, il eût repris les concessions arrachées à sa foiblesse ; mars le ministère insista sur la nécessité d'assembler sans délai la chambre des représentants. Elle se trouva réunie le 7 de juin. Bonaparte y récita , d'une voix mal assurée , le meilleur discours qu^il ait prononcé. Pendant qu'on délibéroit sur l'adresse en réponse à son discours , Félix Lepelletier proposa de lui décerner le titre de sauveur de la patrie. Des murmures universels couvrirent cette proposition insensée.
L'attitude de la chambre étoit ferme et sévère. On n'écoutoit qu'avec défiance les orateurs du gouvernement, et Bonaparte lui-même sentoit les bornes de son pouvoir.
MouYe- Le moment approchoit où cette grande querelle entre "alliés^*' Napoléon et la nation qui le lepoussoit, entre l'Europe et lui , seroit jugée, non par des votes et des serments, mais par le sort des armes. Déjà les Anglois et les Prus-
ail
GEOROES III. 4*^7
siens étoient en ligne sur les 'frontières du nord ; les Busses marcboient vers le Rhin ; les Autrichiens descendoient en France par la Suisse et la Savoie ; les Espagnols franchissoiept les Pyrénées.
' L*armée Françoise étoit campée sur trois directions : la gauche , forte de quarante mille hommes , sur la rive droite de la Sambre ; le centre, de plus de soixante mille hommes, à Beaumont, où fut placé le quartier-général; la droite, de quinze à, seize mille hommes, près de Philippeville. Le total composoit une armée de cent vingt mille hommes.
Le duc de Dalmatie (Soult ) fut nommé major-général de l'armée.
Bonaparte partit de Paris le 12 juin , et se rendit à Bona-
T parle re-
ï^^on. j^i„j ,^^
Il avoit amené la France à ce point de détresse , que armée. le sort de ce grand empire dépendoit'des chances d'une bataille. Le génie de Napoléon , ni ce qu'on appela long-temps son étoile^ ne rassuroient plus ; et dans la supposition d'une défaite que rendoient trop probable cent vingt mille hommes poussés contre cinq cent mille, de quels maux la France n'étoit-elle pas menacée par ce nouveau débordement d'étrangers !
Deux victoires firent d'abord reconnoître Napoléon. Premiers Elles coûtèrent beaucoup de sang des deux côtés ; mais iJ^^^'^g !,^^ les François obtinrent, dans l'une et dans l'autre affaire, les Franune supériorité décidée. Le 18, ils furent vaincus à Wa- avamale^ terloo. Les descriptions de cette bataille ayant été très Bataille multipliées, nous ne parlerons que de ses résultats. /*eWa- Mais d'abord qu'il nous soit permis de rendre hommage à la bravoure angloise, qui ne se montra jamais plus brillante. Il est trop vrai qu'en triomphant la nation
43B uisToiRS d'angleterre.
' eut à pleurer des pertes douloureuses. La voix publique prodama Wellington le ni^illeur général de l'Europe (i).
(i) Il a paru, sur la fin de Tannëe i6r<), des Mémoires pour servir h fkUtoipÊ de Franee* Quelf «es tins ont attribua oet oavra^ à Bonaparte, parcequ*U ne paroît entrepris que poqr jnsUiier «iss disfK>»tions et sa conduite à Waterloo. Bonaparte (ou son apologiste), après avoir prouvé qu*il devoit gagner cette bataille , démontre que îopd Wellington devoit la perdre ; et voici ce qu'il lui reproche tree 4es détails qne nous abrégeons e
I ^ L'armée Françoise manœuvroit depuis trois heures k portée des avant-postes du duc de Wellington ; et le général ignoroit toot à Bruxelles.
s^ Le prinee de SexVWeîmar étoit le i5, à quatre heures du soir, en avant de Frasnes, et savoit que l'armée Françoise étoit à Cfaailer roi. 6'il eût envoyé directement un aideHle-camp à Bruxelles , il j wroit arrivé vraisemblablement à six heures du soir. Cependant ce ne fut qne vers onze heures du soir que le duc de Wellington fat instruit, fl pei^it cinq heures.
3^ Le général anglois donna ponr point de réunion à son snn^ les Quatre-Bms^ depuis vingt-quatre heures au pouvoir des FrançoU. Il exposoit ses troupes au péril d'être battues à mesure de leur arrivée.
4** T^ due de Wellington a livré la bataille de Waterfoo le 18.O parti eontrarioit les intérêts de la nation et le pkn général adopté par les alliés. Il violoit toutes les régies de la guerre. Jl exposoit ^ succès de la coalition dans une action chanceuse où toutes les probabilités étoient contre lui.
5^ Le duc de Wellington, en prenant la résolution de recevoir 1h bataille à Waterloo ne fondoit ses espérsÉioes que 9nr k eoop^ ration des Prussiens; mais cette coopération ne ponyoit s'effectuer que dans l'après-midi : donc il restoit exposé seul depuis quatre heures du matin jusqu'à cinq heures du soir, c'est-à-dire pendant treize heures. Une bataille ne dure pas plus de six heures; cette coopération étoit CQnséqi:ieimneot illusoire.
Un journal anglois , en rendant compte de l'ouvruge qui contieot ces observations, finit par celle-ci, qui paroitra juste. « Si Welling- « ton a gagné la bataille en faisant toutes ces fautes, combien en a « éà faire Napoléon, qui Ta perdue! »
GEOBGES II|< 439
Paris apprit tout à-Ja-fois la perte de la bataille et le '
retour de Napoléon au palais de 1 Élvsee. Le parti de* sespere dabaudooner sou armée vamcue, sans essayer Napoléon d'en réunir et d'en sauver les dfébris , fut une faute irré* ^ ^*"*' parable.
I^corps-l^slatif s*as$embla le si* M- de La Fayette Le corpsmonta le premier à la tribune, et fit adopter un décret est perqui déclaroit la chambre en permanence* l)eux heures matent. plus tard, Bonaparte envahissoit la dictatui^e, et fer^ moât la chambre des représentants.
Les n^juaistres avoient été m^pdés à la batre; Tempe* Bonareur s'étant hâté de les convoquer, présida leur conseil ^'eî^ijî*^' pour la dernière fois > et pour la première il éprouva de ses minisla résistance. On lui fît entendre quie^ la dissolution du ^^^^' corps-législatif ne seroit qu'un remède impuissant; qu'au reste seç ordres pourvoient être vains, et que quinze mille gardes nationaux, donit jLes bataillonss Se développoient autour de l'enceinte des séances de TftB* semblée, s'opposeroient à cet e;]cerçîce de sa prérogative.
Les ministres parurent à la chambre^ Lucien le^ 00 Lesminii». compagnoit en qualité de commissaire de l'empereur ; ^^/^ f/i il demanda la parole, et fit un discours assez adroit. Il chambrç. étala, dans une énuoiératîon mensongère, toutes les ressources qui restaient à la France, et finit en disant que si la nation abandoimoit soti empereur, elle encourroit le reproche 4'inconstance, devant le tribunal des peuples attentifs à ce grand événement. M. de L^ Fayette repoussa cette menace, offensante, par. une réplique vive et prédse, qui terrasaa l'or^atettr «
Le lendemain, Bonaparte résigna le pouvoir, qu'on Napoléon lui redemandoit. Les chambres formèrent aussitôt une "^o'uvoir.
44o HISTOIRE D'ANGLETERRE.
^^ ' comiDission de gouvernement, dont Fouché, ducd'O-
trante, fut élu président; et le gouvernement provisoire nomma des commissaires pour aller porter des propositions de paix aux alliés.
Situation La chambre se trouvoit dans une position épineuse.
chambre. ^^ acceptant Tabdicatiou conditionnelle de Napoléon , elle se lioit à son fils , et ce n'étoit là ni son but, ni Tintérêt de la France, ni probablement la pensée des rois coalisés. Les débats les plus orageux s'élevèrent dans les deux chambres à cette occasion ; ce fut sur-tout à la chambre des pairs qu'une minorité factieuse , qui croyoit n'être quo fidèle, soutint avec fureur la cause de Napoléon IL A la chambre des députés, M. Manuel proposa de passer à l'ordre du jour, motivé sur ce que Napoléon II étoit reconnu de fait par l'abdication de l'empereur son père. Cette inspiration heureuse rallia toutes les opinions; elle satisfaisoit l'assemblée sans l'engager.
Les L'armée victorieuse avoit suivi Napoléon. Le 7 juil-
alliés rc- jg^ g||g rentra dans la capitale ; le lendemain , Paris
prennent ' > i
pusses- revit Louis XVIII, malheureux sans doute de ramener sion de la ^^^^ j^j toutcs Ics Calamités d'une seconde invasion.-
capitale.
Conven- ^^ vertu de la convention signée le 3 juillet entre tion mili- jgrd Wellington et le prince Blûcher, d'une part, et le maréchal Davoust , prince d'Eckmiilh, de l'autre, il fat arrêté que l'armée françoise évacuerpit Paris dans trois jours, et se retireroit sur la Loire; que tous les postes fortifiés seroient remis aux étrangers; que la garde nationale et la gendarmerie municipale feroient le service dans l'intérieur de Paris ; que tout habitant continue* roit à jouir de ses droits et libertés, sans pouvoir être
recherché pour les fonctions qu'il auroit remplies ou les opinions qu'il auroit professées ( i ).
Au 20 mars 18149 les étrangers étoient entrés en Conduite amis; -au 8 juillet 181 5 , ils rentroient en conquérants. ^\y^l^ Paris offrit pendant trois mois laspect d'une ville oc- dansceiie