‹ Histoire D'Angleterre Depuis 1760 (volume 3)Chapitre 23 sur 33 · r« 1 seconde · texte numérisé non relu

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cupee par des vainqueurs peu tranquilles. Tous les occupachefs-d'œuvre des arts ,' dont la victoire avoit dépouillé ^*®"' l'Italie, pour en enrichir les musées françois, retournèrent à Venise, à Rome, à Florence. Les Prussiens entreprirent de faire sauter le pont d'Iéna; la colonne triomphale de la place Vendôme fut menacée.

Les départements étoient plus malheureux. Contributions, réquisitions, tyrannies militaires, rien ne leur fut épargné; le soldat*, mal retenu, désoloit l'habitant des campagnes. Au milieu de ces désordres, le soldat anglois ne s'écarta jamais de la discipline à laqueUe il est assujetti.

Bonaparte étoit sorti de Paris le 2 5 juin, pour se re- B»»»' fugier à Malmaison, sous la surveillance du général j^y^ Becker. « C'est un personnage embarrassant, dit un hi^ Anglois « torien, qu'un tyran détrôné. » Pressé par la commission de gouvernement, et tremblant de tomber entre .les mains des Prussiens, il partit le 29 pour Rochefbrt, accompagné de quelques serviteurs dévoués. Son projet étoit de demander un asile aux États-Unis. Deux frégates , dont l'une devoit le recevoir, étoient prêtes à mettre à la voile ; mais le port étoit bloqué par le Bellerophon et deux autres vaisseaux anglois, qui croisoient

(i) Cette clause est remarquable, en ce quelle fut citée par les «lëfensenrs du mar<5chal Ney comme un moyen qui militoit en sa faveur.

rte se ivre aux

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à Tembouchure de la Charente. Le lo juillet, le vent favorisoit son départ; mais la croisière ne laissoit ancun espoir d'échapper. Le 1 3, il se rendit à bord du brick irançois ÏÉpervier; ce bâtiment fit voile, le matin du 1 5, en parlementaire, vers U Bellérophon, où Bonaparte entra le même jour, d'après une conyentioD entre le commandant anglois et le général Becker. L'escadre rentra dans la baie de Torbay le 23 , et B<xiaparte écrivit cette lettre au prînce-régent z ^AJtesse royale, « En butte aux factions qui divisent mon pftys, et à « Finimitié des plus grandes puissances de l'Europe, « j'ai terminé ma carrière politique , et je viens, comme « Thémistocle, m*asseoir sur les foyers du peuple bric tannique; je me mets sous la protection de ses lois, « que je réclame de votre altesse royale , comme le pins « puissant , le plus constant et le plus généreux de mes « ennemis.

« NapoléO!?.

Départ de Nupoléou reçut pour réponse la notificatioii officieHe

^oar riie ^'^^^ résolotion unanime de toutes les puissances de

de sainte- l'Ëurope de le transférer à Tîle de Sainte-Hélèoe, et de

Hélène. j»y garder prisonnier. Il y fut conduit à bord du Nor-

thwnierlandy commandé par le capitaine Cockburn, et

toucha l'île après soixante^six jours de navigation.

Varia- La foiblesse du caractère et de la politique de Joa-

b""olh^ cbim Murât ayant donné peu d'importance à scar^,

que de les Icctcurs Tout à peine aperçu dans notre récit , et sur

la scène de ces grands événements ; mais comme Ibis-

toire de ce roi de Naples est liée de très près à celle de

Napoléon, et même à celle de l'Europe, dans une pé-

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iwde de quinse années , noue reprendrons, en peu de' mots I ce qu'il nous auroit été difficile de ne paa laisser écbapper.

Joachimi^ontradans ses états, après qu'il entêté des* ticiié, pendant la retraite de Moscou, du commandement de rarmée fugitive. Ce fut alors qu'il se rapprocha de rAutricbe, et qu'il fit proposer à la cour de Vienne de s'unir avec elle; mais Bonaparte ayant ouvert la campagne de 181 3 par de brillants succès, Myrat reparut à l'armée firançoise. La défaite de Leipsick le détacha d'une cause que la fortune abandonnoit. Il ouvrit 9€ss ports au commerce britannique, et renouvela ses offres d'accéder à railianoe européenne. Murât promettoit de fournir à la coalition un corps de trente mille liommes; à cette condition, on le reconnoissoit pour roi légitime, et ses prétentions sur les Marches et sur Anooae étoient admises. Mais, quoique sa résolution eût . forcé l'armée françoise de se replier sur FÂdîge , 6es manœuvres semblèrent tortueuses; on lui trouva de rhésitation , de la lenteur; sa conduite varibit selon ses craintes ou ses espérances. Enfin Louis XVIil remonta sur le trône de ses ancêtres, et Joachim, que son indécision a voit rendu complètement inutile, ramena son armée, non sur le territoire napolitain, mais sur les marches pontificales.

Au congrès de Vienne, rAutrîche le protégea contre des arrangements qui menaçoient sa couronne. Au lieu de jouir d une position à laquelle la garantie de cette puissance donnoit de la stabilité (i). Murât se mit en tête de soulever l'Italie.

(i) Rien n*éCoît moins positif, quoique Thistorien en dise, que la

444 HISTOIRE 0'aNGLETERRE.

"TT Quoique Bonaparte se fût expliqué sans ménagement sur le compte de son beau-frère , il correspondit de l'île d^Elbe avec lui , dans la pensée qu'il s'en serviroit ;,iiiais il se garda de lui confier son sinistre dessein. Au premier bruit qui se répandit du débarquement de Napoléon, Joachim, qui le croyoit perdu , se hâta d'annoncer à l'ambassadeur d'Autriche à ISaples que, fidèle à ses traités avec la cour de Vienne , il adhéroit pleinement au système de la confédération. Aussitôt qu'il eut appris que Bonaparte traversoit la France au milieu des acclamations et des hommages, il fit déclarer à. la cour de Rome qu'attaché par tous les liens aux intérêts de Napoléon, il prouveroit qu'il ne s'en étoit jamais séparé; en même temps il demanda passage à travers les états de l'Église pour deux divisions napolitaines. Le pape refusa d'y consentir, et s'éloigna. Murât n'hésita point à violer le territoire, et commença les hostilités en attaquant Céséne. Une garnison allemande, qui'défendoit la place, surprise par cette agression imprévue, capitula; mais bientôt Joachim eut affaire à toutes les forces autrichiennes que commandoit en Italie le feld-maréchal baron de Frimont , et qui furent rassemblées entre . Casal-Maggior et Piedena.

stabilkë fondée sur cette ÎDtervention. La France, après la chute de Bonaparte, ne se montra pas très favorable à Joachim; et quand sa marche fallacieuse eut rendu ses intentions plus que suspectes, lord Castlereagh déclara nettement au congrès que les conditions du traité de Murât n'ayant pas été remplies, les autres puissances ne se croyoient obligées à rien envers lui; qu'en conséquence , la question qui concernoit la possession de Naples seroit discutée sans égard au traité.

L'ambassadeur napolitain essaya de justifier son maître dans un long mémoire, qui fui réfuté de point en point.

{Note du traducteiw. )

Murât ne dissimula plus ses vastes projets. Il pqblia, le 3 1 mars, une proclamation emphatique par laquelle il appeloit les Italiens à la conquête de leur indépen-> dance. Un peuple de chanteurs de musiciens, de peintres, de littérateurs , accoutumé depuis long-temps au malheur d être con<|uis, et qui« par son morcellement €n mille petits états, a perdu Tidée d'une patrie eom* inune, fut sourd aux belliqueuses invitations de Joachim : tout ce qui se rangea sous ses drapeaux ne fit qu'embarrasser sa marche sans augmenter son armée. Toujours téméraire et toujours défait , poursuivi jusque sous les murs de sa capitale , il ne put y rentrer, à la faveur de la nuit, que pour en sortir presque aussitôt, déguisé sous le nom ef Thabit d'un soldat. Des côtes de Provence il alla se réfugier en Corse. Trente ou quarante aventuriers qu'il y recueillit s'associèrent à sa destinée. Séduit par quelques lettres , il se crut rappelé sur le trône où Ferdinand IV étoit déjà replacé ; dans cette espérance , il débarqua ^e 8 octobre enCalabre; mais il y reçut un accueil qui le détrompa. Les babi- ^tants d'un village appelé Pizzo l'enveloppèrent et le firent prisonnier. Le même jour il fut traduit devant une commission militaire, condamné comme rebelle, et fusillé.

Murât ne méritoit ni le rang où le sort l'éleva, ni le supplice qui finit isa vie. Copiste de Bonaparte, sans avoir aucun'de ses talents-, il étoit plus capable que lui de sentiments généraux. * .

Ce fut dans le cours de cette année que s'effectua la Réunion mesure utile au système «[énéral de réunir sous un seul ^®' ^^**

, ,. . 1 sept pro-

gouvernement les dix-sept provmces des Pays-Bas. En vincesd#s conséquence de ce grand accroissement de territoire ^^y*"^^*-

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— TT^ qui le classoit au rang des puissances secondaîres de TEurope, le prince d'Orange prit le titre de roi des JPa/s- Bas.

Le prince (j^^ comité d'hommes éclairés et sages ayoît été chargé proclame^ de poser les bases d'une constitution. A la fin de juillet, p.^^ 1f.^ U présenta son travaiL Cette coostilutton plaçoit le leur roywime des Pays*- Bas sous la puissance kéréditaire une °coa- ®* Uiï^itée d'uu monarque» avec toutes les sauvegardes stitution. pour la liberté publique et partioulicare. La différence de religion élevoit une grande difficulté : le papisme domine dans les provinces flamandes , mêlé de superstitions «nracipées ; les sept provinces-punies jcig^neDC à la pratique du protestaI^isme un système de tolérance générale , raisonné dans Tintérét de leur corn*merce « et qu'elles ont reconnu long^temps comme une des sources de leur prospérité. La constîtntion. rassuroit les deux croyances en un point ; elle leur annon* çoit égalité de protection et d'avantages. Mais la religion romaine 5 dont le. caractère est dominateur, re* pou$soit une sorte de fraternité quelle n'admet pas. Quelques prélats le témoignèrent au roi des Pays-Bas, dans y ne adresse où la politique â'allioit à la théok»^ gie. Le roi n'accueillit ni ne dédaigna les représentations : il rendit une ordonnance afin de pourvoir ao libre et tranquille exercice du culte catholique ; mais ce clergé ne fut investi d'aucune attribution exclusive. La cérémonie de l'inauguration du roi d^ Pays-Bai se fit à Bruxelles, et la saUsfaction du peuple éclata par de joyeuses acclamations.

h^'^tlnr L'Angleterre et les États- Unis, étoient réconciliés; entre les mais la paix signée k ^4 àe décembre 1814 n'étant

pas connue sur le théâtre de la guerre , les opérations ""TT" militaires contiauoient des deux côtés* Des troupes an^ . * gloises assiégèrent la NouyeUe-Qrléans^ cette tentative et les infructueuse leur coûta deux mille hommes, tant tués ^^^^' que blessés et prisonniers. Le général Pakenham , corn, maudant en chef, fut frappé de deux coups mortels , en se jetant au milieu du feu pour animer ses ^dats.

L'action qui termina la guerre fut la prise du fort Mobile , par Tamiral Cocbrane et le général Lambert.

Les affaires dont le parlement d'An^eterre s'occupa Parlecette année n'eurent pas une grande importance. Ge ii^^rial. qui se passoit en France absorboit tout autre intérêt.

C etoit une graùde erreur de croire, comme quelques Message uns l'assoroient, que Tévasionde Bonaparte Ait l'ou^^ régent, vrage de l'Angleterre. Les Anglois n'avoîent à se repro^ cher, ainsi que les antres alliés, qu'une complaisance imprudente sur tous les arrangements relatifs à son exil; et c'est ce quelle prince^régent ne dissimula point dans un message aux deux chambres. En même temps il annonça qu'il avoit jugé nécessaire de renouveler ses engagements avec ses alliés , pour prévenir le retour d'un système qui compromettott Tindépendance et la tranquillité des peuples. Son altesse royale se flattoit de l'approbation du parlement pour toutes tes mesures que commandoit cette circonstance imprévue.

Le message fut pris en grande considération , et l'opinion des chambres éclata par dé très fortes majorités en faveur des propositions da ministère. L'indignation rallioit les partis. .

Le budget, présenté par le chancelier de l'échiquier, j^ ^ port oit, pour les besoins de la senle Angleterre, la sonune

448 HISTOIRE DANGLETERRE.

~~ — énorme de quatre-vingt millions ; ce qui nécessitoil la levée d'une somme de quarante-cinq millions cinq cem mille livres sterling , au moyen de deux emprunts.

Antre j^es chambres reçurent un message du prince-régent du ^u sujet du duc de Cnmberland , cinquième fils du roi.

prince- Qq pnnce avoit épousé la Veuve du prince de Solm- Braunfelsy fille du duc de Mecklenmbourg-Strelits et niéçe de la reine de la Grande-Bretagne. Mais ce mariage ayant été fait en Allemagne , il importoit , pour qu'il fut valide en Angleterre , d'y recommencer les cérémonies nuptiales. Lorsque le prince eut satisfait à cette formalité, son altesse royale en donna connoissance au parlement , en demandant ponr les nouveaux époux un revenu convenable à* leur rang. De vifs débats s'élevèrent à cette occasion dans la chambre des communes. On employa , contre le mariage , l'autorité de la reine , par qui cette union étoit fonneilement improuvée. Le prince eut beàuoqnp de défenseurs et beaucoup d'adversaires ; car le recensement des voix .en donna laS pour adopter le bill, et laS pour le rejeter.

R^Yolu- Les armes angloises opérèrent une révolution à Cey-

cèyîan. ^^^ ' ^ ^^^ ^® Candie, que les vexations les pluscriantes rendoient odieux à ses sujets, faisoit de temps en temps des incursions hostiles sur le territoire des Anglois^ et ne cessoit d'inquiéter les insulaires qui s'étoient mis sous la protection du. gouvernement britannique. Le lieutenant-général Brownrigg, résolu de le châtier, fit avancer les troupes angloises en plusieurs pelotons sagement commandés. Le roi n^at tendit pas l'ennenit: sur le premier bruit répandu de la marche des Anglois, il quitta sa capitale avec une petite troupe de Malabares

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ctévoués ; mais il ne put éviter ses propres sujets, qui * s attachèrent à sa poursuite et le. réduisirent à la nécessité de se livrer lui-même. On Faccabla d'humiliations «

et d outrages.

Les adigars ou nobles entrèrent en conférence avec le général Brownrigg. Il fut convenu que le royaume de Candy seroit régi par les lois aogloises , et qu'une • proclamation solennelle annonceroit à-la-fois la déposition du tyran , et lexclusion de tous les membres de sa famille, ainsi que de toute la race malabare. Le nouveau gouvernement abolit la. mutilation et la torture ; il voulut que la peine capitale ne pût être infligée qu'après que Tarrêt auroit été confirmé par Fautorité suprême ; il purgea la religion de pratiques follement superstitieuses ou sottement barbares. Enfin cet état n'eut qu'à se féliciter d'une conquête qui remplaçoit , par une législation sage et douce , les volontés absolues d'un despote. ,

Il sien fialloit de beaucoup que la France (ùt heu- Malheureuse et tranquille. Le drapeau blanc flottoit sur les '®^'^ ""

' tuation

remparts , mais il ne préservoit ni les villes ni les de campagnes des horreurs de la guerre. Les alliés ven- ''*"*'*• doient cher aux François un second effort contre Bonaparte ; et Louis XVIII avoit la douleur de voir tous les uiaux de ses sujets> sans pouvoir y porter le moindre reijaéde»

Les négociations s'ouvrirent dans les premiers jours Xraité d« de septembre , et le traité définitif fut conclu le 20 no- P^i<* vembre suivant.

Nous le rapporterons tout entier, à cause de son importance.

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iSi5.

45o liisroiRE d'Angleterre.

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