ART. XII
I^ présent traité, avec les conventions qui y sont jointes^, sera ratifié en un seul acte, et les ratifications j^n seront échangées dans le terme de deux mois, ou plus tôt si faire se peut.
En foi de quoi , les plénipotentiaires respectifs Font signé, et y ont apposé le cachet de leurs armes.
Fait à Paris, le 20 novembre 161 5. Signé, Richelieu^ Mettemiek^ Razumowsky ^ Caf}od'Istr^ , Castlereaigh ^ H^xrdenberg , Humboldt , Wellington ,- TFessemberg.
Le roi de Saxe étoit resté le seul partisan de Napà-
•~~ — léoa y et eetle fidélité servit de prétexte à quelques spoliations qui lui furent infligées, au bénéfice de la Prusse.
menu au Les posjtessions dont le roi de Prusse s'agrandissoit *^dTfa^* ajomèrentà ses titres ceux de duc de Saxe, de land- Prusse. ^ravre de Thuringe , de margrave des deux Lusaces , Alexaa- de oomt^. de Heoneberg. Il recouvra ses anciennes
(^reprend , . , . . » i
le titre de pn>vu|ces poIonQises avec leurs territoires. I> empereur I oi de Alexandre prit le titre de roi de Pologne , après avoir fait notifier au sénat de Varsovie la résolution du congrès, concernant la partie de la Pologne que sa réunion à la Russie plaçoit sous la domination de ce souverain. Acte de JJ^, ^ctc de Confédération assura la tranquillité de * ration.' l'Allemagne. Cet acte , conçu d'une manière plus confirme à rintérét des puissances, fut signé par l'empereur d'Autriche et le roi de Prusse , pour celles de leurs possessions qui faisoient partie fie Fempire germanique ; par le roi de Danemarck, pour le Holstein ; par |jQ roi des P^iys-Bas , pour le duché de'Luxembourg.
Napoléon u'étoit plus. L'épuisement des peuples , la
^&agesseet la modération des grandes puissances unies
entre elles pour maintenir la paix , promettoient à TEu-
rope un long calme, dont elle avoit besoin.
Parle- y L^ $»$$i0n du parlement d'Angleterre se rouvrit le
iinp^rlal. pr^wi^*' février. Les événements arrivés dans le cours
de l'année précédente donnoient une ample matière
au discours du prince-régent , qui fut apporté par des
pqtp|l^^$9}res. Son altesse royale annonçoit que les
traité)^ ejt conventions des puissances seroient mis sous
)es yeux des deux chambres , et se flattoit de leur con-
eofirspour remplir les engagements pris au nom de sa
majesté britannique. M. Brpugham dfenaanda que le
.traitp de h fwtte- alliance fût communiqué textuelle-
GEORGES ÏII. 4^S
Bien^ à la ckambre. Il s appnya sur ce que ce traité, •
conclu sans la participation de rAniçleterre, n'ëtoît sigoe que de trois puissances agrandies des { lambeaux de la Pologne ; ce qui n offroît pas aux peuples une garantie très rassurante.
Lord Castlereagh répondit qu'il avoit été fait au princerégent une invitation formelle de souscrire au traité de Ja sainte-alltance ; mais que les souverains ayant apposé personnellement leur signature à ce traité (ce que l^admettoit pas la cojfrstitution atigloise), son altesse .royale s'étoit contentée d'assurer les puissances' contractantes de son adhésion aux principes qui les avoient .dirigées.
Le piince régent adressa le 14 mars un message aux Messa^^e deux chambres, pour leur donner connoissance du ma- .
' -i^ prince-
. riage de la princesse Charlotte, sa fille , avec le prince régent.
. de Saxe-Coboiirg ; et le parlement arrêta que lepriiMe et la princesse jouiroient, pendant leur vie, d^une,. ^ûioi^ annuelle de soixante mille livres sterHng. £i le prince mouroit le premier, la totalité de cette somme
. seroit maintenue pour l'eniretien de la prinœsâé ; èl , s'il lui survivoit, il n*auroit droit qu'à la somme ée «cinquante mille livres sterling, à titre d apanage^ ' :
Dans la séance du 20 mai, lord Castlereagh lut un Bill
dîne
dour ifier l'alien-
bill par lequel il proposa de substituer à la loi de Valien- Bill des dispositions moins sévères , mais, selon lui» bill suffisantes pour atteindre le même but. Le lord Arcbibaid Hamilton combattit le bill , comme inutile , et demanda que la seconde lecture fbt remise à trois mois. Sir Jacques Mackintosh acçeptoit la loi ; mais il vouloit que les étrangers renvoyés par le gouvernement easaent droit d'appèbn* de cette décision au conseil-privé. Cet
amendement fut appuyé sans succès , et le bîU passa dans les deux chambres. Dans là séance du lendemain^ le ministre occupa la chambre d*une nouvelle fixaticm de la liste civile. Les objections de M. Tiefney n'empêchèrent pas que le bill ministériel n'obtint une majorité de II 4 voix.
Budget. Le 37 du même mois , le budget de Tannée fut soumis à la chambre des communes. M. Grant prouva, par
• des calculs positifs , que, d'après la suppression de la ' taxe sur le revenu , le d^it deia présente année sermt
inévitablement de dix-sept millions huit cent soixante- .. dix-sept mille livres sterling. Il en condut que, vu l'état actuel des choses, la masse énorme de la dette (i), et celle des dépenses que la paix allégeoit à peine , la fortune publique étoit en grand péril.
Détresse Le prince-régeut , en ouvrant la session du parleterre Dar meot, avoit vanté la situation de l'Angleterre , la profuitedes spérité de son commerce, l'activité de ses raanufaetes t4' tures: tout cela se trouvoit démenti par la plus horrible détresse; et cette paix si désirée, si nécessaire , . étoit une des causes de la misère publique et du dé- . nuement que la classe laborieuse éprouvoi t. Les hommes que la guerre .occupoit se virent tout d'un coup sans on-
(i) M. TaQsitert, dans son discours an parlement, le ao lévrier i^ 1 5 , la portoit à 65o millions sterling ; mais probablement il n*en-
* tendoic par là que les capitaux prêtés au (];ouyernement. Les capiunx ' qu'il- faudroit que le go'UTemement payÂt pour s'acquitter sont plus . considérables, « parceque, dit M. Say qui nous fournit cette obser-
« vation, on emprunte au cours de la place^ c*est-à-dire qu'on doniie « en intérêts annuels le moins de millions qu'on peut, pour un capital « emprunté ; et quon rachète au cours de la placcy c*est-à^-dire ou on « rachète le plus d'intérêts qu^on peularec un capital donné, a
. (ifotedutradvictaur.)
GEORGES IIÎ. 4^7
vrage. L'industrie britannique , portée chez les autres ' nations par des ouvriers déserteurs de nos ateliers, accoutumoit y de jour en jour, les consommateurs étrangers à se passer des fabriques de l'Angleterre , et nos magasins étoient engorgés de produits qui ne s'écouloient point, ou qui se vendoient à perte. Ce qui mettoit le comble à tous ces maux , c'est que la récolte avoit manqué dans la plus grande partie de l'Europe , et que la disette deblésefaisoit sentir en Angleterre, bien plus qu*ailleurs. Le gouvernementet la législature ne négligeoient rien pour améliorer le sort du peuple; mais des décrets ne remédient point aux embarras qui sortent de la nature des choses.
Au milieu de ces circonstances désastreuses, la prin- Marbge cesse Charlotte, fille du grince-régent, épousa lé prince p,.ince^e de Saxe-Cobourg. ^*»««'-
. r^ . . 1» * 1 . lotte.
On ne conçoit pas pourquoi 1 Angleterre , puissante comme elle Test sur les mers , souffre que les barbaresques infestent la Méditerranée de leurs brigandages. Ménagent-ils ses bâtiments quand ils se croyent assez forts pour les attaquer? N est-il pas honteux pour l'Europe de payer des tributs à ce peuple de forbans? Quelle est la politique qui les protège ou<|ui les tolère?
A la fin du mois d'avril, lord Exmouth, commandant des forces navales anddises dans la Méditerranée, re- , ^'Ç®'*
1 boinbar-
çut ordre de demander aux régences barbaresques : dé.
i^ Qu'elles eussent à traiter les habitants des lies Ioniennes comme les sujets britanniques.
2^ Qu elles fissent la paix avec les royaumes de Naples et de Sardaigne.
3^ Que les chrétiens cessassent d'être esclaves ea Barbarie.
456 HISTOI^RE d'ANGLETERA£.
' — Le dey d'Alger, à qui lord Exmouth transmit ces de^
• ' mandes , agréa les deux premières et rejeta la troi*-
sième. Tunis et Tripoli les admirent toutes les trois sans
difficulté. Peu de temps après , des pêcheurs de corail ,
chrétiens de diverses nations, furent surpris au cap de
Bonne par deux mille Algériens, et massacrés sans
pitié.
Gondi- Le gouvernement anglois , justement irrité , chargea
p^x*iin- ^^^^ Exmouth d aller châtier Alger. Il reparut devant
posées aa oette viUé avec une escadre formidable , augmentée
^er. d'une flotte hoUandoise sous les ordres de lamiral Van^
Capellen. Une moitié de la ville fut incendiée par les
bombes , et toute la marine anéantie. Le dey signa la
paix aux conditions suivantes :
j ^ Que l'esclavage des chré^tiens seroità jamais aboli dans ses états ;
2^ Que tous les esclaves chrétiens, de quelque natioa qu'ils fussent, seroient remis à lamiral anglois ;
3^ Que les sommes perçues pour rachat d'esdiaves, depuis le commencement de Tannée, seroient restituées sans délai ;
4^ Que le consul anglois , emprisonné par ordre du dey, recevroit des indemnités proportionnées à ses pertes, ainsi qu'aux outrages qu'il avoit éprouvés.
Dans les premiers jours dé cette année, l'aile droite de l'armée d'occupation en France étendit ses cantonnements au-delà de la ligne convenue par le traité de Paris. Comme le gouvernement françois n'éleva point de réclamations contre ce mouvement., on crut qu'il s'effectuoit de concert avec lui, pour assurer la tranquillité du royaume. En effet , plusieurs départeinents étoient agités. Il eût été difficile qu'après les nouveaux
GEORGES m. 459
dangers auxquels le retour de Napoléon avoit livré la mo- "
narchie Françoise , une chambre de députés où le roya*lisnie dominoit, ne se fût pas jetée dans quelques écarts. On fit craindre au roi que le zélé ne remportât trop Ibin ; on. la loi montra menaçant Tédifice de la révolution , que tant d'hdmmes étoient intéressés à défendre; enfin on obtint deJui la dissolution de cette législature. Une autre chambre s'assembla le 3 novembre.
La position du roi d'Espagne éfoit difficile, et ce Position jeune prince ne la connoissoit pas, puisqu'il espéroit roid^Esen triompher. La moindre résistance irritoit son carac- v^Q^^' tère impatient; il ne voyoit qu'un conjuré dans un ministre sage : il éloigna M. Ceyallos , et le rappela presque aussitôt. Ces fluctuations de sa volonté détruisoient sa puissance ; car Tàutoiité risque moins à se tromper qu'à se dédire. Une révolution devoit en être la suite, et le mouvement des esprits la montroit inévitable et prochaine.
La guerre désoloit plus que jamais toutes les provin- Situation ces de l'Amérique espagnole. Nous ne saurions mieux ^^nçj'/d'e faire connoître l'état des deux partis, au n^ilieu de l'Améri- Tanoée 1816, qu'en rapportant textuellement une lettre ^'gnofJ!^ que le général Morille adressoit au ministre de la guerre, et qui fut interceptée par un corsaire de Buenos*Ayi*es.
« Je suis forcé d'insister sur la nécessité d'envoyer des « troupes fraîches à Venezuela. Les maladies m'ont afa foibli; mon armée, que je peux appeler un ^éritabh « sqrielette^ est insuffisante.
«Quand je m'emparai de Carthagena, les insurgés se a réunirent aux Cayes, avec l'intention d'attaquer It^ a partie de la côte la moins défendue : le succès trompa • leur çspérance ; mai$ ils pillèrent. Du produit des dei^-.
460 HISTOIRE d'aNGLETERRC.
' « rées dont ils s'emparent , ils achètent des armes. A « cette heure 9 ils ont, au Port-au-Prince, un dépôt de « douze à quinze mille fusils. En perdant du terrain, ils «concentrent leurs forces; et, par ce moyen, ils se- « ront nécessairement supérieurs sur tous les points « qu ils voudront occuper.
" Votre excellence voudra bien considérer que les « troupes envoyées à Venezuela , lorsque le peuple re- « connoissoit lautorité du monarque, étoient deux fois « plus nombreuses que celles qui sont chargées aajourt^ d'bui de réduire les rebelles. Mes soldats, malgré leur « infériorité, malgré leur dépérissement, se battent tous « les jours. J ai des raisons de croire Carthagena sincère « dans sa soumission; mais les autres provinces n atten- « dent que loccasion de reprendre les armes. Il nous « faut des missionnaires et des hommes de loi; de -bons « missionnaires feront des prodiges ; mais des secours « de troupes sont indispensables. Les rebelles attaquent « en ce moment deux points importants; bien comman* «dés, approvisionnés pour long-temps, ils se battent « en désespérés. Les troupes du roi sont, forcées de se « réduire à la défensive; et,, si Bolivar arrive avec leX" « pédition qu'il prépare aux Cayes, j'ignore quel sera « le sort de Margarita. Les insurgés occupent toutes « les positions autour d'Angostura, capitale de la pro- « vince ; ils interceptent tous les convois. Probablement «la garnison d'Angostura se rendra sans combattre, « parceque les rebelles ont un*parti dans la ville. Guyana «perdue 9 Caracas et Santa-Fé de Bogota courent un « grand danger. J'engage votre excellence à jeter les « yeux sur une carte de ces contrées ; je la supplie d'ob- « server les rivières Orénoque, Apure et Meta, qui sont
GEORGES IIK 4^1
« beaucoup plus navigables que je ne Timaginois avant " « que d'avoir quitté Madrid. Si les révoltés s'emparent « du cours de ces fleuves, toutes^ nos communications « sont coupées.
«Ceux de Venezuela se proposent de soutenir la « guerre avec des guérillas : ce moyen a réussi contre « les François dans la guerre de l'usurpation; il peut « réussir en Amérique. Si Bolivar où quelque autre chef « en crédit prenoitle commandement de ces guérillas ^ «il ajouteroit de graves difficultés à toutes celles que « nous éprouvons, et que chaque jour multiplie.
à Ou croit en Espagne qu'ici l'esfM-it de révolte est « resserré dans un étroit espace ; je dois détromper votre « excellence : cet esprit a gagné de proche en proche, et « s'étend au loin. Je n'ai pas l'intention d'augmenter « les inquiétudes de sa majesté; je veux seulement, en « lui présentant un tableau fidèle, démontrer la néces- « sif é de redoubler d'efForts pour assurer des conquêtes « obtenues au prix de tant de sang et de peines. Grâce « à la Providence, mes soldats ont supporté la faim et « la soif sans murmurer; mais le ciel leur accordera*t-il « toujours la même résignation? etc. , etc. , etc.
« Signé Pablo Morillo. »
La lettre qui suit, écrite par le même général au ministre de la guerre, signale encore mieux la situation des choses à cette époque :
« Les Américains xnéridionaux ne veulent
«plus obéir aux Européens, encore moins aux Espa- « gnols ; ils désirent être gouvernés par leurs compa- « triotes. Chaque province de l'Amérique demande un « gouvernement différent; ce qui paroit bon à Santa-Fé « de Bogota , Venezuela le réprouve. Il y a peu de noirs
46x uisToiRfi o'angleterre.
« et de mulfttres à Saota-Fé ; a Venezuela , la plus granjle
• partie des blancs a péri. Les habitants de Santa- Fé sont «timides y ceux de Venezuela sont hardis et sanguin « naires. A Santa-Fé, beaucoup d écrits ont été publiés «durant la révolution « et la plume des savants a tout « conduit; à Caracas « on a tiré Tépée sans lire et Sans « délibérer. De ces divers caractères provient la diifé* «rence des oppositions que nous avons rencontrées. «Ce qui se ressemble par-tout, cVst la dissimulation « et la perfidie. Mais Venezuela s'est fait le centre du « mouvement (général. C'est à l'instigation de Venezuela « que les habitants de Carthagena prirent le parti de « combattre nos troupes ; poussé par Venezuela , le gou'
• vemement d'Antioquia proclama deux fois /a guerre « à mort y et fit fortifier habilement les défilés de la pro^ «vince.
Quand j'arrivai pour prendre le cotnmandement de
• l'armée royale, je fus saisi d'horreur en parcourant
• les listes des hommes tués dans chaque bataille, soit «gagnée, soit perdue. Je pensai que cet acharnement m prenoit sa source dans les ressentiments des partis, et «j'essayai de les calmer, en déployant cette clémence « sans bornes que le roi m'a tant recommandée. Quel « effet a«t*elle produit? on Ta prisé pour de la crainte, «et la rebellioQ s'est enhardie^ Croyee^moi^ le succès « ne sera pas l'ouvrage d'un joor; il ne peut être i'ouèt Vf âge que d'une activité persévérante t c^est une guerre i> féroce , Comme celle dés noh^ contre les blancs.
a MORtLLO. »
Bivei-s 'Lesévénementë des années précédentes avouent laissa
mniT P'^* ^^ moins d'agitation dans presque toutes les cours
de l'Europe ; le mot (nmnituiion ëcbanlFoit les têtes, et
ks écoles du nord de rAllemagne étoient remplies de ' jeunes enthousiastes qui s'érigeoient ea publidstes, et de sociétés qui propageoient leurs écrits. Le roi de Prusse, par une ordonnance royale du 22 mai iSi5, promit à ses peuples une comtitution représentative y mais ce projet éprouva des difficultés réelles ou supposées, et la cour ordonna la suppression .du Mercure du Rhin , celui de tous les journaux qui parloit le plus, à ses lecteurs de la constitution annoiicée. Le roi de Wurtem» berg mourut au milieu des débats élevés entre les états de la nation et lui. La cour de Vienne employoit tous les moyens qui pouvoient réparer le désordre de ses finances. Des associations d'indépendants se formoient à Naples sous différents noms, et profitoient, pour s'é» \
tendre, de Imvi^lance et de la foiblesse du gouverne» ment. L'empereur Alexandre fit un voyage à Moscou. Cette capitale sortoit de ses ruines , comme par enchantement, et le Kremlin même étoit restauré. L'empereur f»t accueilli sur toute sa route par les témoignages de Famour des peuples, et par leurs bénédictions. Les bons princes ferment les plaies qu'ont faites les conque* rants , race. odieuse , le jQéau de l'humanité. - Le a8 janvier, le prince-régent ouvrit la session du 181 7. parlement d'Angleterre. A peine son altesse royale se Parlef ut-elle retirée, que lord Sidmouth demanda l'évacuation i^^"|ai des tribunes , pour &ire à la chambre une communica- t
tion importante. On apprit que, ce même jour, en passant derrière le jardin de Garlton-House , ce prince avoit Attentat eotendu siiiBer deux balles évidemment dirigées contre vie'^du ' sa personne, au moyen d'un fusil à vent : une de ces p;^ince.
balles avoit brisé la glace de la voiture. Les deuxcham*bres délibérèrent en commun sur cette cciminelle ten-
régenta
464 HISTOIRE D'ANGLEtEBR^.
tative, exprimèrent leurs alarmes dans une adresse ait régent,^ donnèrent les ordres les plus prompts poor qu^on recherchât avec soin ranteur d'an pareil attentat. Message Le 3 février « le prince rappela , par un message, aux prince- ^®^' cHambres, que des papiers importants, relatif à régeat. jes réunious séditieuses, avoient été mis sous leurs yeux« Il les invitoit à prendre cette afiaire en très se rieuse considération. Un comité secret, chargé délire les pièces et de conférer entre elles les informations recueillies sur différents points, ne laissa pas ignorera la chambre que le péril étoit pressant. « Rien , dit le « rapporteur, n'est mieux constaté que Texistence d'oo « grand nombre de sociétés qui ne se bornent pointa « discuter de vagues utopies^ mais qui , demandant d'uoe « voix impérieuse une réforme absolue dans la repré* «sentation parlementaire, projettent, pour Tobtenirt « de renverser le gouvernement. La révolution fraiH « çoiseleur a fourni ses couleurs, ses drapeaux, sesp « ques même, ainsi que ses doctrines. Chaque village! «son club de Hampden; chaque membre du club a « carte, sur laquelle sont écrits ces mots : Veille ^ tié^ • prêt. On a reconnu que le plan des conjurés étoit de « se réunir au moment d'une grande explosion^ de sW « parer de la Tour, de faire sauter les ponts, d'incendier « les casernes. Ils ont inventé dés machines dontreiiet « seroit d'embarrasser les mouvements de la cavalerie « dans les rues. Au milieu du bouleversement qu'ils « préparent , il est urgent que les chambres autorisent « le gouvernement à s'armer de fortes précautions cob' « tre des ennemis intérieurs que chaque moment mol' « tiplie. » *
On fut d'autant plus frappé de ce rapport, qu'il étoit
appuyé des preuves les plus positivesi Lord Sidmouth —— — proposa dans la chambre des pairô la suspension.de * ^^'
;,, , ^^ • . / î f . /• . 1 Mesures
ihabeas corpus. Une majorité de ii5 voix bt taire la derëpres-
foible opposition qui combattoit cette mesure» "°" ?^^
* *^ * posées.
A la chambre des communes , lord Gastlereagh proposa, lo la suspension de Yhabeas corpus; 20 une exten* sion à Facte de 1795, pour la sûreté du monarque; 3" de nouvelles mesures répressives contre les sociétés déhbérantes; 4"" des peines graves , en cas de séduction des soldats, dans la coupable vue de les faire concourir aux projets des ennemis du gouvernement. Plusieurs orateurs de l'opposition votèrent contre la suspension de Yhabeas corpus; d autres essayèrent d'en affoibliiji'ef-* fet par des amendements; mais, nonobstant leurs efforts, les bills du ministère passèrent, à de fortes majorités , dans les deux chambres.
Les partisans de l'émancipation des catholiques ro-* Cause des mains ne se décourageoient pas. Un des plus chauds <^^^^*^* défeuseurs de leur cause reproduisit avec autant de dlrlanforce que de méthode tous les arguments qui mîlitoient ^^ pour eux. «Les dogmes, dit-il, quW attribuoit aux «catholiques sur la suprématie du pape, même dans « certains cas liés avec la puissance civile, ont été des A prétextes pour motiver Texclusion des catholiques. « Mais la déclaration du pontife romain et celle du tt corps catholique d'Irlande ont fait tomber de vaines « allégations, en établissant cette vérité, que les catholi- « ques reconnoissent le pouvoir civil et politique de la « couronne dans toute son étendue. Au surplus, j'écar- « terai , s'il le faut, toute considération d'équité. N'est 'il « pas au moins imprudent de laisser peser sur un aussi 21. 3o
etc.
466 HISTOiftte D'ANGLETERRr.
' « grand nombre de sujets le joUg de ces exclusions fcr-
'^* «miliantes? fin Irtendë^ tes quaftre cinquièmes de h « population sottt c&tboliqties; jje demande s'il est per- « mis d'isoler cette iktasie de Tîntérêt général. OnatKt « que cette dituâ^ion tritique étoifc Une raison pour ne « pas s*en ^occuper : Mais ce n'e^t ptis eti âud&ût nne « difficirhé qu on ki résout; des déiiil-eoiiGessioDS irriâ tént les esprits ^ an lieu de les satisfaire. XJû talho' « liqueest électeur , et n'e^ pâ^ éligyiïle ; il peut acqné* «jrir Qssrez de Fortune M d'inflUeiice pour ebvoyet-uii « ineinbk^ ati parleuient , il ii'il^à pas y siéger Im^méme. « Il peut têtre juré» mais non pas sbé^tfF;^ il peut être «avocat, mais non pas cotiseil judiciaire de la confo'jsonne* Un ministre^ q^ Ksoh tout aussi bien dans » revenir que ceux qui n*y voieiM; qu'objets tfépoti- « vante, M. Pitt , en effeettiant rtmion.poHiique deTAn- ^gleterre avec l'Irlande, ût >edpére^ au^ catholiques la «'plénitude de leurs droits^; et son opinion sut* ce grand « acte de justice *éftit« bien mieux nos adversaires que « tout ce que je poui^rois ajouter* jt
^Ce discout^ tet vivement combattu pèir M. LcsHe Forster. Un autre membre, non taoins contraire à la • deiliatide des catboliqâé», mais plus modéré dans Texpres^on 'de ses motils, 'démontra que Texclosion du psirlement^ des coilse7is<le ia^<i;èiircmne, ah lieu d^r 60mme on le préténdoît, i!me restri<:^ion flétrissante, étoît ëfimpiefmem utte déclaraiion que les catholiques Ae sotot point aptes^à diriger le gou^'emebîent d*uti état ès^t l'église ànglica«re fait iihe pot^iôn intégrante. H hohôt'6ît Ifeurs vertus, leurs-liAHÎèfesçiîiaîs il tiegtt'doii leur admission dto's tes élcéttotis pâitèmeûtaîrès comme^ ^vant être la sourCe de commotions inévitables.
€fiORC«S Ht. 4^7 j
■Le réâuttat de cette discussion fut encore défavorable — — - «amx catholiques. ' '^* I
La samé de M. Charles Abbot ne lui permettant plus Démis* 4e continuer les pénibles fonctions d^orateur des com- "°'* **®
* , ,1 orateur
m unes, il pria la chambre d*agréer sa démission. Rem- de la |>lacé par M. Manners Sutton, il fut créé lord baron de ^"1*'* Colchester, avec tm revenu de quatre mille livres ster- commuling. ""•
Quoique le gouvernement ne négligeât rien pour dé- NooTeau jOuer les pratiques séditieuses qui menaçoient la con- i™**?*^* '«titution de l'état et la tranquillité publique, sa sur- au sujet -veiHance étoit insuffisante : les sociétés se multipleioint ^^gf/t^g £i Londres j en Mande, en Ecosse; elles s'agrégeoient politileô unes aux autres , et se transmettoient leurs arrêtés ^^^^ «t leurs espérances. Lord Sidmouth porta, le 3 juin , à 4a chambre des pairs un message du prince-régent qui recommandoit au parlement de prendre cette affaire eu ^grande considération. L'inquiétude qu'inspiroient ces TMserablements détermina la chambre à maintenir le i>îË dHnsnrrection pour Tlrlànde. Cet acte, il faut en t;on Venir, étoit trop sévère. On en jugera par une seule «disposition ; l'article 7 portoit : « Encourra la peine d'être K déporté , quiconque sera surpris loin de son domicile •« ordinaire après le coucher du soleil. »
Un message pareil à celui de lord Sidmouth fiit lu par 4ord€astlereagh à la chambre des communes. Il étoit accompagné de pièces dont il résultoît que des soulèvements partiels , mais concertes, aHoient éclater à-la-fois 4dtms les comtés d'York, deStafford, de Warwick,dB l^otting^ham, de Chester et de Leicester : une émeute â Manchester devoit en être le signal.
Sur la demande de lord Gastlereagh , la cbambre éten-
4fi6 HISTOIRE d'aNCLETERRE.
' dit à rÉcosse TefFet d^ao bill pour la suspeosfcm de Vha" béas corpus; et Topposition énergique de sir Samuel Rouiilly ne put Tempécher, la gravité descirconstauces ralliant une très grande partie des membres à ropittioo du ministère.
Troubles La manière dont Ferdinand gouvernoit TEspagpe *"«oe!*"" n'étoit pas faite pour ramener les esprits; aussi les prisons se remplissoient-elles de personnes plus ou moÎDS considérables, impliquées dans des complots, ou seulement suspectes d'improuver les mesures de l'autorité. Les généraux Milans et Lascy furent dénoncés comme chefs d'une conjuration formée pour donner une constitution à TEspagne, et coopérer au rétablissement des cortès. Milans se réfugia dans les montagoes; on arrêta le général Lascy : conduit à Majorque pour être . jugé par un conseil ^e guerre,, il s'échappa; mais soi escorte le poursuivit; il se défendit, et fut tué. Projets Depuis long-temps le Portugal songeoit à pousser ses Portu 1 possessions américaines jusqu'à Rio de la Plata. I>epuis 1 émigration de la famille royale , ce plan avoit été l'ebjiet d'une attention particulière, et ce fut pour l'effec» \ tuer que le gouvernement portugais saisit l'occasion d'envoyer une expédition lorsqu'Élio demanda du secours, en 1811. JQuaud les troupes auxiliaires furent réunies,, au nombre de dix mille hommes, le général Le Cor envahit la Bande ovientale par deux côtés ; une partie de ses troupes, sous le commandement du général Curado, prit la route de las Missiones de la Gztara.' nies; l'autre s'empara du fort Santa-Teresa^ de Hoga, de San-Carlos et de Maldonado. Le général Le Cor étar blil son quartier-général dans ce dernier port , au mpis die. décembre 1816.
GEORGES m. 4^9
Artvgas résolut de s'opposer à Tinvasion. Il obtint — ^ <|ue1ques avantages contre la division du général Cu- **
rado. Mais Le Cor s étant avancé sur Monte- Video, que la garnison évacua, la municipalité lui fit porter les ciefs par une députation. Le Cor entra dans la ville le 20 janvier 18 1 7, et s'y maintint , quoique harcelé par les guérillas , qui ne oessoient d'intercepter les approvisionnements destinés à Tannée portugaise.
L'occupation de Monte- Video surprit les puissances Insurrecde l'Europe ; et le 16 mars , les cours d'Angleterre, de ^^^^j^nf^" France, d'Autriche, de Prusse, de Russie, demandèrent , ^^uc par une note remise au ministre des affaires-étrangères de sa majesté très fidèle , que la cour du Brésil donnât sur sa conduite à cet égard des explications satisfârtsantes. Pendant que les ministres dé ces cours attendoient une réponse , ce qui se passa dans le gouvernemel^t de Fernambouc apprit au Portugal que Tinsurrection gagnoit son propre territoire. Le 7 mars , le colonel d'un régiment pprtugais fit -sortir des rangs un officier qu'il accusa de trahison. Cet officier étoit un des t;onspirateurs: il se crut découvert, et n'ayant plus rien à ménager, il fondit , le sabre à la main , sur le colonel et retendit à ses pieds. Cette action audacieuse fut suivie d'un soulèvement général. Le peuple enleva les larmes des navires et des arsenaux. Toute résistance eût échoué contre un élan impétueux et terrible. Le gouverneur se retira dans le fort de Bran, qu'il fut obligé de rendre le lendemain. On respecta sa personne «t %^^ propriétés , et les insurgés lui permirent de s'embarquer pour Rio- Janeiro. Un congrès fut convoqué-, m^is, en attendant qu'il se réunit , on confia la direction èe% afiîûres à don Marûnès , oomnoé chef d'un comité
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de gouvernement. Marlinès éloît im Pwtngaifi bartli» '* courageux , entreprenant , et le sMteur le plus actif dn complot. Il se hâta de promulguer ua pliiu de con^titiition qui se ra{^ocboîty dans les points essentiels, de ki constitution des états-unis du nord. Les <Àefe militaîres de Tinsurrection s'occupèrent des moyens de défense; ils envoyèrent des députés aux indépendants de T Amérique espagnole, à ceux de FAmérique du nord» à leurs partisans secrets dans les provinces que retenoit encore une autorité vigilante. La modération qu'ils avoîent dé> ployée dans la journée du 7 mars ne se démentit pas; on s'abstint de toute violence contre ceux qui sembloient désapprouver le nouvel ordre de choses. La coDju. Cependant le gouvernement royal menaçoit les re- 7"**ff ^'* belles. Des troupes destinées à les châtier se rassembloient en diligence. Ils formèrent à leur tour une armée qui se mit en marche le 19 de mai. Les troupes royales Fattaquèrent le 28,àGuerra. Le combat fut sanglant et fatal aux insurgés; ils laissèrent canons, drapeaux et munitions sur le champ de bataille cou* vert de leurs morts. Martinès fut pris et fusillé. Ce revers dès républicains et les mesures rigoureuses do gouvernement royal étouffèrent la conjuration de Fer- Complot x^3i3ihouc. Mais la cour du, Brésil fut informée qu'un à Lis- autre complot venoit d'être découvert à Lisbonne. Le général Gomès Freire et le barcm d'Eben , général allemand au service du Portugal , s'étoient flattés de substituer à Vadministration existante une sorte degouvernement révolutionnaire. Us furent trahis, arrêtés et mis en jugement.
État du Le Chili s'étoit soulevé contre le gouvernement espa
Chili de- , . 1 • 11 û 1 .
puis son 6^<^M ^u mois de juillet |oio, et depuis ce moment
cc;ofiG|;$ Ml. 47^
de l£i révolMtioa ayQjieat 4ésolé ce msUbeq^eiiiX p^ys^ \^^^l L excès du 4é?,wdre força les b^bit^ts 4e SaQ-(^gq vemcnt d appeler k hwv «eçours h géflér^ Qsorip, qqi cpiar f^J^p^. mandoît ) a^mée ^qyale; çt cette réaolijtia^ replace^ 1^ çn«. capitainer^ du Cbili SQPS le pouvoir d,(fnt elle s'étoit affranchie, I40 gjWYeraement dç Buenos ^ Ayr<^ , cjuj , constituoit la principale force de la cause de^ ipdépeodants , chargea le bri^fwlier Sw^-Mairtia d'aller délivrer le Chili de Tinvasioa q^=ç s£i p^pit?ile avoi^ prpVQquée. Ce général trpu va \Q^ prpYioçe^ tPU^.e§ pr^tç* ^. 3^cpv^fîC Succès «ncore une fois le jpug que les Csp9;^Qls repdoippt; ja- panio^cs. iolérable. Sa petite troupe se grossit «n peu dis jp^ra.^e quatre mille hommes. Il ço form^ d^UX çprpa.; l'un sous le commaBdemept de Spl^r 1 pt ^^u.t^e eut ppur chef Ip briçadief O'IJiggins {\), A|^ès i^ypir surx^^qnlf les nombreux obstacles du pas^^^e des Aud^ ejt le^ 4^^ filés qîi Tennemi s'étoit fortifié, les p^triptça pcpupè^em Aconragua, Santarose et ie$ autres poipts d^la h^MtP route. Les rpyalistfss prirppt ppsitio|i ^ Çhgcabxwso , montagne d'un accès difficile qiii dPQ^ip^ 1^ pl^ifl^ 4^ Santarose, et par laquelle pasçe le seiil çbewi^ qui çQjir duise à San-Iago. San-Mar^D^ s^ns attendra SQ» ^rûl^ Jerie, les attaqua le 12 févripr à la poiate du jqur, Ip^ débusqua de leur poste, et leur tiia^ six pejîts hpinmes. Le capitaine • général Marco del Ppi^t, qui ]e^ cppu-
(1) Q'Higgii)! eft fil» 4ie jei; 4i|ftbroise Û'Hiçgins , «uicien capi« t^inç-^éaëral , pui^ yioe-roi,du Pérou, fjt pèi'^ desc/en^oit d'uMe famille irlnndoise. BerDardo( le brigadier) fat membre du cosO^rès «lu Chili en 1811. Il servit d'abord comme colonel, et fut promu presque aussitôt au gradp de {;énéral en chef. Adjoint au général Sua-l^artiii en. i9i7, il partyg^a rkQPoeur d'une campasse qw «auTa .^9 patrie.
, 4?^ nisToiBE d'angleterreJ
' mandoit, fut fait prisonnier. Le congrès du Chili , re- '* connoissant que ce glorieux succès étoit dû sur-tout aux talents , aux sages mesures , à la bouillante activité du général San-Martin , le nomma directeur suprême du Chili. Sur son refus constant de se rendre au vœu de ses compatriotes, 0*Higgins, sur qui se reportèrent tous les suffrages , accepta la présidence du nouveau gouvernement.
Parle- Le 27 janvier, des commissaires ouvrirent la session impérial, de Tannée 1818, au nom de son altesse royale; ils dé- Kfort de plorèrent la mort de la princesse Charlotte, et peigni- *CM™ ^^^^ '^ profonde douleur à laquelle son auguste famille Char- étoit livrée.
La prospérité renaissante du commerce et Tactivîté des manufactures leur fournirent un détail intéressant. Ils informèrent les chambres que le prmce-régent avoit conclu des traités avec l'Espagne et te Portugal , et que les pièces de cette double négociation seroient mises incessamment sous leurs yeux.
Plainte» On se plaignit de ce que le gouvernement s*étoit perportëe» jnîg plusieurs actes arbitraires , à la faveur de la suspen*
contre le , * » *•
gouver- sion de XhahecLS corpus. Sir Samuel Romilly, que son nemenu ardente philanthropie soulevoit contre tout genre d^oppression, dénonça plusieurs procédures témérairement entamées, interrompues faute de preuves, et laissant sous le poids du soupçon les personnes injustement attaquées. Il signala d'autres causes indûment évoquées au tribunal du banc-du-roL Le lord Althorp et quelques autres lappuyèrent.
M. Grenfell adressa plusieurs questions au chancelier de Téchiquier ; il finit par demander si la banque reprendroit ses paiements en espèces à réi>oqtte an-
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nontée (le 3 juillet). Ce ministre répdndit affirmative- "^TT^ inenl. «Il lui sembloit, dit-il, que la restriction pou- « voit être levée sans inconvénient , et que probable- « ment la chambre en jugeroit ainsi . »
Le 9 février, lord Castlereagh donna communication Commudu traité que le prince-régent venoit de conclure avec aû^îraité la cour de Madrid. « La chambre se rappellera, dit lord ^a»' «^«^ «Castlereagh, qu'elle adressa, Tannée dernière, une Madrid. « demande au prince-régent, afin qu'il fût pourvu par « son altesse royale à ce que les gouvernements étran- « gers , et notamment le gouvernement espagnol , empê- « chassent leurs sujets de se livrer au commerce des « noirs. Le but qu'elle se proposoit , le présent traité l'a «rempli. Nous osons le dire, le succès de nos soins a « passé nos espérances. Toutes les grandes puissances «de l'Europe s'engagent aujourd'hui, par des stipula- « tions expresses, à faire rechercher sur leurs vaisseaux « marchands s'ils ne recèlent point d'esclaves. Ces rc- ^ « cherches seront autorisées à bord des vaisseaux espa- « gnols. La chambre n'a pas oublié qu'elle avoit offert «à cette puissance, pour compensation du sacrifice « qu'elle feroit en renonçant à la traite, une somme de « huit cent cinquante mille livres sterling, avec la faculté « d'ouvrir, en Angleterre, un emprunt de dix millions « de livres sterling. Les négociations ont amené des con- « ditions plus favorables ; l'Espagne se contentera d'une « somme de quatre cent mille livres sterling, sans em- « prunt. La chambre consent-elle à ce que cette somme «lui soit accordée? » Sir Gilbert Heathcote s'éleva contre la proposition du ministère ; mais elle fut chaudement appuyée par M. Wilberforce. « Et moi , dit-il , j'es- « time que le gouvernement mérite la reconnoissance
Message
du prince-
i^^ HISTOIRE X^'a^NÇI^^TERRE.
• de la cUaoïbre» et que la somme doit étr^ votée sans « contradiction. Il importe .à la- gloire de FAngleterr^ « que ce vœu de Thumanité soit rempli, n Cet avis &it adopté.
Le prince-régeat annonça» par deux message consécutifs y le mariage des duc^ de Clarence, de Cambridgi^ récent, ^i Je Keot. Le premi<$r épousoit la princesse de $axe- MeinuQgeo; \ç second, la plus jeune des filles de lelecteur de Hesse; le troisi^e, li| princesse Marîe- Louise-Victoire, veuve du priwe de LeiaipgeQ> et sœur du prince régnant de Çobpurg-Saalfeld. Les soinioes nécessaires à ces princes ppyr soutenir leur rang et pour acquitter les dépenses de leur maison furent votées dans les deux chambres.
En ouvrant son budget, le chancelier de récbiqaier eut la satisfaction d annonceiT que Tétat actuel des dépenses présentoit un aspect rassurât; il en offrit la preuve dans un tableau comparatif qù les dépenses des années 1817 et i8iâ étoient aiusi rapprochées.