Jw .j. . pondan
les comités de correspondance ^répandirent avec acti» ce. vite Tesprit de sédition. 0|i ii^s^ityia dans Iç Rhodç-Is^ land une cour d'enquête pour Fii^endie du Gaspee: ft on Tautorisa, conformément à un acte récent du parlement, à euvoyer les coupables en Angleterre pout y être jugés. Le peMple de Boston forma un sous^ comité de correspondance pour s mfprmer en vertu de quel droit la cour d'enquête tenoit ses séances. L'asr semblée de la Virginie, et plusie^rs autses corps légis* latifs , *s^doptèrent ce système de correspogçidaiice ; et tout le continent se trouva ainsi préparé à recevoir une impulsion générale et uniforme.
La haine des habitants de Mas^achuset pour leur iS^ublica-
1 1 • •. tion des
gouverneur et pour le gQuveroement anglgiç prit uj? 1^,1^6» npuveau degré de force par une sorte de perfidie de d'Hutleur agent , le docteur Franklin. Mous avojds déjà parlé et de Bs de sa nomination, qui eut lieu £^ une époque critique. "^'-• Il fut continué dans ses fon<j|ious par Viofluence du parti de lopposition dans Tasseniibléé , ei^ contrayeur tion à la constitution coloniale , qyi exige le cojacojurs des trois branches de la l^^slature pour cette nomina* tiqn^ Il fut maintenu , quoique le conseil eût nommé une autre personne aux mcmes fonctions. Le^enseigpemeats transmis par le docteur Franklii^ étoieQt d'u a
grand poids auprès de ses adhérents, Tout ce qu'il disoit des dispositions du roi , du ministère , du parlement et de la nation , passoit pour authentique. IF conseilla à ses commettants de continuer à contrarier le gouvernement par des résolutions énergiques , et d'entretenir lesprit militaire. Il les assura que, s'ils montroient de la fermeté, ils n'avoient rien à craindre du peuple anglois* Il leur suggéra des moyens de rcsis-» tance au gouvernement , et ce furent ses Jettres qui, en général, déterminèrent toutes les mesures popu-^ laires. L'opposition violente qui se manifesta pendant le gouvernement de Bernard et d'Hutchihson fut attribuée aux faux rapports des agents du parti. Sir François Bernard étoit un homme d'une habileté reconnue et de* la plus sévère intégrité. Il arriva au gouvernement de Massachuset emportant lamour des habitants de New-Jersey, dont il avoit été gouverneur. M. Hutchinson étoit, dans sa vie privée, d'un caractère aimable et exemplaire. Ses talents, son humanité et sa probité, étoient bien connus de la province, par la conduite qu'il avoit tenue dans différents emplois importants , particulièrement comme chef de justice. Il avoit acquis une connoissance parfaite des intérêts, des relations et des affaires de sou gouvernement. Comme ami de la constitution établie par une charte , il s'opposoit à toutes le% innovations des républicains; et dans ses communications confidentielles avec le ministère anglois, il exprimoit avec liberté ses sentiments sur les causes de la naissance et de la continuation des troubles qui agitoient la colonie, et sur les moyeiy de les empêcher.
Le docteur Franklin, par des moyens qui n'ont ja-
mais été décoavett^ , devint possesseur de quelques Conduite unes de ces lettres. Ces^ moyens ne pouvoîent pas être semblée, honorables, et Tusage qu'il fit des lettres fut véritablement criminel. Il les transmit à la chambre des représentants, où elles donnèrent lien aux actes les .plus violents. Un comité alla trouver le gouverneur, et sans vouloir lui remettre les lettres, lui demanda s'il reconnoissoit sa signature. Il Tavoua ; et rassemblée fit aus* sitôt une pétition et une remontrance au roi, pour accuser le gouverneur de trahir sa confiance et de calomnier le peuple, en transmettant au ministère des renseignements secrets, partiaux et controuvés. On le déclaroit Fennemi de la colonie, et on demandoit sa destitution et celle de M. Oliver, lieutenant -gouverneur.
On a beaucoup discouru sur ces lettres, qui ont ex- Obscnracite une animosite que leur contenu ne peut justiner. ces Let- Dans la situation où le gouverneur étoit placé , au mi- ^^^^ lieu des inquiétudes et des alarmes que lui causoient les violations journalières d'une constitution qu il connoissoit par£giitement,.et qu'il étoit chargé de protéger, les conseils qu'il donne au gouvernement ne paroissent dictés par aucun esprit de violence , ni exprimés dans des termes d'une exagération coupable. On y voit un esprit réfléchi, qui émet avec confiance son opinion sur des affaires publiques d'une haute importance. Il ne vouloit point mettre au grand jour des communications secrètes et confidentielles; il vouloit faire connoitre au ministère des opinions libres , relatives aux affaires politiques, et les moyens d^assurer la dépendance des colonies, dont il prévoyoit la révolte prochaine. Comme il écrivoit avec la plus grande franchise.
a34 HisToinfe d'ahoiiCteiire.
quelques unes de ses expre^^oos ont pu. être interpté-^ tées à son dé$av9pta§e; ipais ses lettres ne oontenoî^art aucun renseigneimeut qui ne fût fondé en fait ^ ni irai* cuue promesse de renverser la eharte de la colonie. Il indiquoit seulement ^les moyens qui, suivant lui, pouvoient arrêter les infractions qu on faisoit tous les purs h la cônstitutioa , sous prétexte d acquérir la liberté dont jouissoit TAugleterre, infractions qui B^é« ^Q^nt fondées le plus souvent qiie sur. les dn^its antisociaux de la nature. Les lettres de M. Oliver ( i ) avoient le inéme c^actère; mais s^s conseils étoient plus efficaces. Il indiquoit comme des moyens de salut )-éloignement des principaux chefs de la sédition , Yé-^ tablissement d'un ordre patricien , et plusieurs autres mesures. Mais ce n*étoit qu'une ouverture confidentielle de ses opinions particulières ; et il n'y joignoit aucune proposition d'effectuer les mesures dont il parloit.
leur effet On ne pouvoit s'attendre, d'après l'exaspératipn qui *riquer domiuoit' en Amérique , que ces lettres y fussent lues de sang-fpoid. La passion , rintérét et l'esprit de sédi* lion se réunirent pour appeler la haine universelle sur ceux qui les avoiei;it écrites. Les comités de correspondance insérèrent, dans une adresse circulaire, les lettres du gouverneur et du lieutenant -gouverneur, ainsi que les décisions de rassemblée. La fermentation devint générale. Les assemblées de ville eurent lieu , et on y adopta des résolutions violentes. Une ville déclara
(i)Ge8 lettres ont été fréquemment publiées en entier, et le lecteur peut former son opinion à c^ sujet en les lisant. Quelques phrases, malicieusement choisies et 'falsifiées âi l'impression, peuvent s^eulee donner lieu à 4es copclusions défavorables.-
G£ORGEa in. ;i35
tBÀme q^u^U Taloit mieux esiposer sa vie et ^a fai^time pou» défendre ses droits civUs et r^igieux, que de li^ourir lenteoieat dans Tesels^^age.
. Pendant que 1 esprit d^opposition étoit au plus haut Effet de 4egçé d'exaspération, on apprit ladoption par le par-* „r^i»^x- ^£Dçut anglois de lacté qui p^rinQttoit à la compaguie portatioa des Indes orientales d'exporter le thé, libre, de tous droits^ dans toutes les parties du monde ^ tandis qu'il ^toit grevé d'un droit de trois so^s pai' livre à son ar« m vée en AmérVfne. De^puis que des associations siyoient été foriaées pour empêcher rjmpQrtation ,: les oolons ft^étoient fournis de thé par la contrebande avec la Hollande. Comme le droit levé eu Angleterre étoit d'un schilling par livre sterling , si rintroauction en eùfété permise alors, le bon marché de cette denrée auroit neutralisé l'effet de ces a«50Giations , et l'Angleterre auroit perçu un droit en Amérique, malgré tp|i& les efforts de l'opposition- On imprima de nouveau mille invectives, et on acqusa la mère* patrie des projets les plus sinistres. On répaddit que le droit sur le thé n'é* 1(oit que le préludç de plusieurs autres impôts, et que les habitantis de la colonie dévoient s'attendre à être bientôt assujettis aux impôts sur les fenêtres , sur les feux, sur les terres, et même à la capitation.
Plusieurs provinces , influencées par ces représentations, forcèrent les consignataires de thé à i^noncer à leurs fonctions, et rendirent des décisions sévères contre l'achat et lé débarquement dé cette denrée. A Bos** ton, on fit les mêmes tentatives. Mais les consigna^ taires, au lieu de céder aux ordres de la populace , demandèrent protection au gouverneur. Il assembla «ur-le-champ le conseil, et lui soumit cette demande.
19 nov. Le conseil refusa de donner son avis. La populace en« toura les maisons des consignataires, et , sur leur^ioHveau refus de quitter leurs fonctions, elle brisa les pt)rtes et fenêtres, et les força de se réfugier dans le château William. On se moqua de la proclamation dv gouverneur contre ces mouvements séditieux, et od insulta le shérif qui vouloit en donner lecture. Arriva Le ffouvemeur, s'attendant à Topposition la plus nient. Violente au débarquement d une cargaison de the, fit arrêter sous le château William le premier bâtiment qui arriva. Une assemblée du peuple fut convoquée. Cette réunion, connue sou$ le nom de body-- meeting ( assemblée de corps ) , différa des assemblées municipales, en ce que tout le monde y fut admis indistinctement. Elle se composa de plusieurs milliers de personnes, non seulement de Boston, mais encore de toutes les villes environnantes. Le propriétaire du bâtiment chargé de thé fut sommé de cp.mparoitre , et on exigea de lui qu'il amenât son navire dans Te port. Sa déférence à cette injonction l'obligea de déposer sa ca^ gaison à la douane. Il rendit compte du thé qui en faisoit partie; et on lui donna ensuite vingt jours pour débarquer et payer le' droit.
Le bodyr meeting y étant ainsi parvenu à créer une difficulté, prit une décision, par laquelle il défendit le débarquement et le paiement du droit, et exigea que le thé fût reporté dans le bâtiment. Le capitaine se trouvoit ainsi dans une position fort embarrassante. Le bâtiment. ayant, été forcé d'entrer dans le port, et la cargaison ayant été déposée à la douane, il falloit nécessairement payer les droits; et le gouverneur ne pou-
voit permettre au bâtiment de passer le château William y sans le certificat de la douane.
. Le body- meeting établit alors une garde militaire* pour ailler sur le bâtiment toutes les nuits jusqu a nouvel ordre. Les consignataires ayant été contraints, de chercher un refuge contre la fureur de la populace » et le conseil ayant refusé d'interposer son autorité , le gouverneur persévéra dans la ligne que la loi lui faisoit un devoir de suivre. Son inflexibilité sur ce point . ne put triompher de Fobstination du peuple. On rejeta avec mépris loffre des consignataires de débarquer le thé et de Femmagasiner, sous la surveillance d'hommes qui seroient nommés à cet effet , ou d'un comité de la ville , jusqu'à ce qu'on pût recevoir de nouveaux , ordres d'Angleterre.
Cependant deux nouveaux bâtiments étoient arrivés ^ <!»« est en Tabsençé d^ la garde miKtaire, qu'on avoit rétirée ^*mer.* tout-à-coup , ou qu'on avoit négligé de relever. Unetroupe nombreuse de Bostoniens, déguisés en Indiens mohavi^k , assaillit ces bâtiments à Timproviste , brisa les caisses , et jeta le thé à la mer.
Les autres provinces prirent également des mesures pour empêcher le débarquement. Quelques navires fn^ rent obligés de repartir sans jeter l'ancre , et on détruisit plusieurs cargaisons ; mais nulle part on ne montra un esprit d'opposition plu# systématique et plus violent qu'à Boston ( i ).
L'assemblée étoit trop animée par les derniers événements pour lai&er échapper une seule occasion d*at-
(1) 8t«dinaii« Mastachusetensit, lettre 4.
l38 HISTOLltfer D'ANGLETERRE.
Accusa* taquer le gouverneur personneltement. Dans la sessiotf ^ch'^fd pï*écédente , elle avdit déclaré que les juges qui rece^ justice, vroient leurs traitements de la couronne, au lieu de les recevoir du peuple, seroient déchus de la t|||||lifiancë et de Testime publiques, et qu'il seroit dij devoir mdispensable de la province de* les accuser devant lé gouverneur et le conseil. Sans s'effrayer dé ces menaces, les juges refusèrent d'accepter plus de la moitié des sommes qui leur étoient allouées par la chambre des représentants. Dans îa session nouvelle, la menace fut mise à exécution. On vota une accusation contre Pierre Oliver, chef de justice de la cour supérieure dé judicature. Ou l'accusa de vouloir changer la cOnstitutian de la province, et introduire dans la cour de, jus* tice qu'il présidoit la partialité , l'arbitraire' et te cor-J ruption. I^a preuve en étoit dans son refus de ret^vbir les sommes qui lui étoien^Uouées par l'assemblée gé-^ sérale, et' dans l'acceptation d'un salaire aânuel dëi ministres du roi.
ga lettre. Ce magistrat, dans uue lettre adressée à là chambre, exposa que, depuis dix-sept ans qu'il exerçoit sa charge,* il n'avoit commis sciemment aucune violation dès lois, et^u'il aveit épfbuvéune perte de plus de trois mille livres sterling par l'abandon de ses affaires personnelles et Fin suffisance dfe son traitement ; qu'il n^avort jamais sollicité uA salaire du roi , mais gue lorsqu W le lui avoit offert, son devoir et sa reconhoîssance en^^ vers le meilleur des souverains l'àvoient décidé à accepter les dbns de sa munificence. Cette justificatioir ne pouvoit suffire pour désarmer la fureur de l'assem^ Liée. L'accusation fut votée à une grande n»yoiité(x');
(i) 9a Toix contre 8.
GEOUCËS m. 2t39
mais le gouverneur refusa de la recevoir, en déclarant qu il n avoit pas le droit de poursuivre et de juger les crimes de haute-trahison et de malversation. Ce refus fié découragea point les représentants. Ils renouvelèrent leur accusation sous une autre forme; et Hqtchinson prononça la dissolution de rassemblée. Son aiscours contint des reproche» très sévères. « Plusieurs de vos votesL, dit-il y de vos résolutions et autres actes , dont vous avez autorisé la publicité , attaquant diréc-* tement Fhonneur et Fautorité du roi et du parlement^ je ne puis négliger de les en instruire , et je dois me servir de tout le pouvoir qui m'est confié par la constitution pour vous empêcher de suivre plus long-ten^s la même route. »