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l'jS HISTOIftK D'ANGLETERRE.

fortune fragile. Fraiïgaà^ nonJUctes. On peut m^ôter iSer que j'ai, je serai pauvre , ibais heureux ! Ce que je viens- .de dfre uçst point ip9 défense. Je la présenterai à la barre; mais avadt diç m'asaeoir, je supplierai les mem* bres de cette chambre de ne pas oublier leur honneur au moment de .pronoacer sur le;niien. »

Ds^cision Après avoir acheva soiti discours, lord Clive quitta la «idpc. cnambre. Une proposition de censure contre lui fut rejetée par la question préalable : et, à cinq heures di» matin, sur la moticm de M. Wedderburne , une décision fut adoptée à runanimité. Elle contenoit seulement le fait que lord Clive Qveit reçu la somme de deux cent trente-quatre mille livres sterling ; mais il étoit ajouté qu'alors il avôit rendu à son pays des services impertants et méritoires.

t'apimo- Dans une discussion subséquente y lord Clive récapi-

iixé con- , . . . , ^ y ^ , 1 . r

tre lord tula les pom4;s |M*inci^paux de son discours à la dernière session et se lava des accusations imprimées contre' sa pas dernière administration. Quand. il eut achevé, il ne ré- "**^""* clama Fatt^tion de la chambre que pour rectifier quelque faits; mais telle étoit contre lui ia fureur de Tesprit de parti , qu'un membre se permit de railler sur sa première justification, en disant: « Le noble lord est un faiseur de loixgs discom's , et il nous prépare peut-être une autre harangue de deux heures vingt minutes, v n est ha- i^rd Clive ne fut cependant pas seul à justifier sa défendu couduite. Le procui'cur-général , M. Wedderburne, dé- Serburn*' p'^Y^ ®" ^ faveur un savoir, une logique et un bon sens très remarquables. Il reprocha aux comités ^ au lieu d'avoir fait ouvertement de généreux efforts pour empêcher le mal à l'avenir par de sages règlements , de s'être attachés à scrutei^vec minutie et hâin^

Clive n*en continue

GEOKGE3 III. i*jg

)a conduite des individus. Il justifia la déposition de Surajah'Dowla, soii^çs rapports, de justice et de politique* Loin de convenir que ce fut un événement honteux pour TAngleterre, il le recommanda à.radmiration des historiens à venir, qui pourroient dirie « que cette ré^ volutiôn avoit acquis à la compagnie un territoire plus vaste, plus riche et plus populeux que jamais n'en pos* sédèrent ilthènes, ni Rome elle-même lorsqu'elle eut conquis toute Tltalie; un pays plus étendu que la France, et d'un revenu plus cousidérable que la plupart des royaumes de l'Eûropfe; que dans le cours de cette conquête, au milieu d'événements aussi imporfapts, le. plus sévère examen (et jamais ont n'en avoit fait de plus minutieux ) n'a voit pu découvrir que très peii de faits à la honte des individus, et pas un seul qui fût une tache pour le nom anglois. » Il écarta toute idée de tlàme de la ruse employée pour tromper le traître. Omichund, et en appela à l'honneur et à la reconnoissance de la nation contre les efforts que Ion faisoit pour priver un homme de la récompense d'actions qui ^voient fait TadiQiration du monde entier, l'orgueil de l'Angleterre et l'envie de l'Europe. En réponse à cette question : Où a-t-on jamais exercé une oppression et unç tyrannie semblables à celles qui ont pesé sur le Bengale? M. Wedderburne dit : « Dans la république d'Athènes, où une populace envieuse de toute noble et grande renommée bannissoit l'un pour sa fortune, l'autre pour sa naissance, et un troisième pour sa gloire. Cet esprit détestable a produit une tyrannie réelle, et nous suivons maintenant cet exemple, v

L'avocat-général, M. Thurlow, fut d'un avis opposé. Cependant la justification de lord Clive parut complète.

]8o HISTOIIt^E b'aNGLETERRE.

OirrecoDDUt qu'il n avoit commis aucun acte illégal' eirvers sps subordonnés , qu'il n avojf jamais montré une sévérité inutile dans les pays conquis; qu'il n'étoit jamais descendu, pour s'enrichir, aux nombreux moyens qu'il avoit eus à sa disposition ; que sans doute sa for» tune étoit considérable, mais que peu de personnes dans sa position auroient montré asser de désintéressement pour se contenter de ce qu'il avoit acquis dans sa première administration, lorsque, pendant les années suivantes , il avoit en tant d'occasions et de prétextes pour amasser de nouvelles richesses (i).

Contesta- L'attention du parlement et l'intérêt du .public se

fion avec a • • i

les Caraï- portoient en même temps sur une contestation avec les bes de St.- Caraïbes de Saint-Vincent. Plusieurs plaintes énergiques à ce sujet avoient été adressées à fet chambre des communes et àk nation. Pour comprendre l'objet de la querelle, il est nécessaire de remonter pliis haut , et de bien connoitrela situation historique de cette île. HUtoire L'île Saint-Viucent , découverte par Colomb , contient rîleSaint- ^^^viFon 84rOOo act*és, et a vingt-quatre lieues de long, .Vinc«nt. sur douze de large. Les Espagnols ne furent pas en

(i) Quoique dans cette discussion lord Clive eût montré la plus grande fermeté de caractère et la magnanimité la plus élevée , son esprit ne put jamais reprendre sa tranquillité ordinaire. Après s'étfe vu élevé paF ses actions au faite de la gloire et de la f«»rtune, il ne put supporter patiemment d'être obligé de se défendre, et regardât comme une honte la nécessité de justifier son caractère et ses ri> chesses. Ce général , qui long-temps avoi^ réglé le sort des souverains et des états, et dont on pouvoit dire avec raison qu'il avolc fait et défait des rois, tomba malade du souvenir de Fingratitude qui Tavoit abaissé au rang d'accusé. Une agitation fiévreuse s*em^ para de lui. Il devint de jour en jour plus malade, et finit par tomber en délire. Il mourut, dans un accès violent, le a a novembre 1 774» ( Voyez la Biographie britannique, artieU Clive.)

CEORGES IIK 181

-assez grand nombre pour tenter de sVn emparer, parcecjue les Indiens, qui en avdient fait le Heu de leur rendez-vous pour leurs expéditions sur le continent , y étoient en force. Ces Indiens, qu'on prend communément pour les aborigènes, sont appelés Caraïbes rouges^ et quelquefois Caraïbesyaune5. On les rejMrésente comme^ étant d'un caractère doux et bumaiû et d^une petite taille. Les familles sont dispersées dans ies bois qui leur servent de demeures. Ils ont toute la simplicité des premières lots de la &at<ure, et vivant sous une espèce de gouvernement patriarchal.

A une époque qu'on ne peut déterminer exactement , Distinc- "vers la fin du dix-septième siècle, un vaisseau parti de lès'aira'ï! Guinée, avec une cargaison d'esclaves, fit naufrage Ijesrousur cette lie. Les nègres s échappèrent, et s établirent Caraïbes dans cette île, pair force ou par faveur. Ils étoient de ^^^^^ la race Mocoa, grands, vigoureux, TÎolents, irascibles et rusés. Ils augmentèrent bientôt leur nombre en se mariant à des femmes du pays , et ils commencèrent à envahir les propriétés de leurs hôtes trop confiants. Apnès plusieurs combats , les usurpateurs s'emparèrent de la plus grande partie du pays , fet par de fréquents massacres^ ils réduisirent le nombne de leurs ennemis, au point de ne plus les craindre. Les descendants de ces Africains ont été appelés Caraïbes noirs.

En 1719, pendant que les deux races de Caraïbes se Les Franfaîsoient une guerre violente, les François de la Mar- ^JâbHstinique conçurent l'espoir, en favorisant un parti et en «cot, subjuguant l'autre, de se rendre maîtres de l'île. Ils y débarquèrent une force considérable, et ayant Offert aux Caraïbes rouges de s'alliér avec eux, ils commencèrent les hostilités contre leurs ennemis. Mais soit

l82 HISTOIRE d'âNGLETERRE.

crainte, soit jalousie,' le secours qu'ils avoient attendu des Caraïbes rouges leur manqua , et après avoir perdu beaucoup de monde, ils furent forcés de faire la paix. Trompés dans leurs espérances de conquête, les François obtinrent par négociation la permission de former un établissement dans cette île. Il fut d^abord peu considérable, mais il s'éleva bientôt à huit cents blancs et trois mille esclaves. Ils n'acquirent pas cet avantage sans lé payer par des concessions humiliantes et injurieuses. Ils furent obligés de se soumettre sans résistance à tous les caprices, d'une sauvage licence, de souffrir qu'on séduisit leurs esclaves, qu'on pillât et brûlât leurs possessions , et de traiter avec les Caraïbes noirs aux conditions les pluis honteuses et les plus dures (i). Ils espérèrent en temporisant s'acquérir un entier asceivlant; et, dans ce but, ils s'efforcèrent de vivre en bonne intelligence avec les féroces Caraïbes; ils leur donnèrent même quelque notion de la religion catholique, en leur témoignant beaucoup d'attachement.

Arrange- Pendant que les François convoitoient ainsi Fîle dans le Saint- Vinccht et les autres îles habitées par les Catraité raïbfis, elles étoient également un objet d'envie pour

dAix-Ia- , * , . .1

Chapelle, les Angiois; mais après une Icmgue et mutile contestation, il fut convenu, par le traité d'Aix-la-Chapelle,

(i) L'abbé Raynal en donne la preuve suivante : « Les Caraïbes noirs, conquérants et maîtres de toute la côte, exi(!;èrent des Euro* péens qu'ils achetassent de nouveau les terres dont ils avoient dfjai fait l'acquisition. Un François leur montra l'acte de cession de» Caraïbes rouges. Je ne sais pas, répondit un Caraïbe noir, ce que contient ce papier; mais lis ce qui est écrit sur ma flèche. Tu y verras en caractères qui ne seront point vains, que si tu ne me donnes pas ce que je te demande, j'irai cette nuit brûler ta maison.

fîtÔRGE» m. 1*3'

«n 174s, que ces îles eéroient considérées comme neu- Ires, que les Caraïbes en auroient la propriété, mais que les Européens y. coûsêrveroient leurs possessions' particulières. Les deux nations furent bientôt mécon* tentes de ce traité , par lequel «ne jalousie mutuelle leur avoit fait concéder leurs droits à une nation sauvage, qui n'étoit point partie au contrat. Dans la négociation de 1762, elles adoptèrent un système contraire. Sans ^ï« P«« nommer les Caraïbes, sans avoir égard è leurs réclamations réelles ou imaginaires; les Iles de la Dominique, de Saint- Vincent et de Tabago, furent concédées à TAngleterre , et la France' prit possession de Tile Sainte-Lucie- (î).

A l'arrivée des Anglois , un grand nombre d'habi- Cancluite tants françois quittèrent Tîle Saint- Vincent'; et les Ca- àa l'aïbes demandèrent au gouverneur de Sainte-Lucie la nement permission de s'y établir ; elle leur fut refusée. Une ang*?" <;ommission fut chargée de l'arpentage et di^partage mentàcet des terres; mais, quoique le traité ne portât aucune ^T^^^^^ stipulation à cet égard, les lords delà trésorerie défen- 1764* firent à la commission de permettre larpentage du territoire habité ou réclamé par les Caraïbes, jusqu'à ^e que de nouvelles instructions eussent fait connoître plus exactement leur nombre, leurs dispositions et leurs établissements* / Les Caraïbes , incertains de leur, future destinée , Conduito montrèrent d'abord la plus grande humilité et une sou- Qj^^j^^J^^ mission entière au gouvernement. Plusieurs prêtèrent «erment de fidélité et furent traités en sujets du roi

(1) Dans ce récit, j'ai suivi sur-tout l'Histoire des Indes occidentales, par Edwards, vel. i , liv. 3, chap. 3, et j'ai ponsi^Ité Eayoal, 4GU]tkrie et les pièces produites à la chambre des communes.

i84 HISTOIRE d'Angleterre.

d'Angleterre. Ils se montrèrent entièrement pénétrés

des devoirs de la transaction : îh témoignèrent letir

satisfaction de la condition qu'oii leur accordoit, et

consentirent à livrer toutes les terres qu'ils ne pou-

voient pas cultiver (r). Mais bientôt après, lorsqu'ils

apprirent la nature des instructions de la commission,

d'après l'avis des François ils réclamèrent plus de terrain

qu'il ne leur étoit nécessaire , et plus que , dans d'antres

circonstances, ils n'auroient osé en demander (2).

II avril Trois aus après, Guillaume Young, président de la

Mémoire commission pour la vente des terres, établit,' dans un

de M. mémoireà la trésorerie, que le nombre total des Ca-

Yoiing» , ,

raïbes n'excédoit pas deux mille, y compris les femmes et les enfants ; et que les premiers Caraïbes, Véduits à un très petit nombre (3) , vivoient séparés des Caraïbes noirs, et dans des craintes continuelles d'être victimes de leur férocité. Les Caraïbes noirs étoient répandus dans la plus vaste et la plus belle partie de l'île ; mais ils n'en cultivoient que quelques endroits peu considérables, la chasse et la pèche étant leurs principaux moyens de subsistance. Comme il eût été dangereux qu'un terrain aussi vaste restât au pouvpir de sauvages qui n'obéissoient à aucune loi, M. Young demanda à être autorisé à protéger les Caraïbes rouges^ qu'il répugnoit à l'humanité de laisser exterminer par les noirs. Il lui parut d'ailleurs aussi louable qu'utile de prendre

(0 f^oy^^ le rapport de M. Maitland et des autres personnes employées dans nie de Saint-Vincent, à lord Hillsborou{}h. (Debrett's Debates, vol. 6, p. 366. )

(2) Foyez le mémoire de M. Guillaume Young. (Debretts Debates, vol. 6, p. 339, )

(3) Cent familles au plut.

GEoncES III. iSi

des mesures gui conciliassent le bonbeui» des deux ^ races de Caraïbes avec la sécurité et la prospérité des sujets de T Angleterre (i).

Conformément aux demandes de M. Young, les lords Janvier de la trésorerie donnèrent Tordre aux commissaires tÎ^„ '

L arpen-

d arpenter et de partager certaines parties de Tile ré- tape «t damées par les Caraïbes, mais de ne point chercher à *^^ ""^ les en chasser avant que toutes les dispositions prises fussent communiquées à leurs chefs, et qu'on les leur eût fait comprendre. On recommandoit expressément d'employer envers les Caraïbes rhumanité et la dou* ceur, et d'avoir égard à leurs habitudes et convenances. Les commissaires eurent défense de percevoir des taxations, et ordre d'éviter toute violence et d'apporter dans les transactions la bonne foi la plus sévère. On ne devoit se réserver aucun cens sur les terres données en échange ; et lés Caraïbes dévoient recevoir la somme de sept livres quatre schellings sterling par chaque acre de terre qui auroit été cultivé (2).

Les commissaires, ayant reçu ces instructions, se mirent à examiner le pays et à tracer bne route. Les Caraïbes noirs , remplis de crainte et d'indignation , rassemblèrent deux cents hommes armés, et déclarèrent hautement leur résolution de conserver leur indépendance et leur territoire. Ils insultèrent les arpenteurs, et ayant cerné un détachement de quarante hommes, chargé de protéger les travaux, ils empêchèrent toute espèce d'approvisionnements de leur parvenir. M. Alexandre, président du conseil, commandant en l'absence du gouverneur, mit cent hommes sous les

(1) Foyez ce mémoire en totalité'. ( Debrett*s Debates, vol. 6, p. 336.) (s) Pebrett's Debates, xo\. 6, p. 34a.

ï86 HISTOIRE d'aNGLETÉRRE.

Arrange- armes ; mais ayant des ordres positifs d'éviter des hos* "*®'*^* tiiités, il proposa de suspendre la route et les autres opérations, jusqu'à ce qu'il eût reçu du roi de bouveaux ordres, qui seroient préalablement communiqués aux insulaires. Satisfaits de cet arrangement, les Caraïbes promirent de retourner dans leurs habitations: les quarante hommes furent rendus, sans qu'il fût versé une seule goutte de sang (i).

^"^1® Il paroissoit inévitable d'avoir recours à la force. Les

nouvelles '^ ^

violen- Caraïbes manifestoient leur résolution de lîe pas laisser **** poursuivre les travaux des arpenteurs. Ils empêchèrent les troupes de se rendre à leur nouvelle caserne à Mer- , cérika, démolirent la maison destinée à les recevoir, refusèrent obéissance au roi , et déclarèrent leur détermination de maintenir leur indépendance. Après l'arrangement conclu entre eux et M. Alexandre, ils détruisirent la route commencée par les troupes et les arpenteurs, brûlèrent les cabanes qu'on avoit construites, et commirent de grands ravages dans les habitations voisines. Les Caraïbes rouges ne prirent aucune part dans la querelle ; et fes lords de la trésorerie eurent pour eux l'attention d'ordonner que, si ce peuple infortuné desiroit s'établir loin des Caraïbes noirs^ on accédât à leur demande.

François* ^^^^ Caraïbes noirs n'auroient probablement pas montré tant de résistance sur un point qui n'étoit pour eux d'aucun intérêt, sans les instigations des François, qui employoient tous les moyens pour exciter la haine

(i) Voyez la lettre ,d« lieutenant-gouverneur Fitz-Maurice à lora Hillsborough ; la lettre d^ M. Guillaume Young à Harry Alexandre; Ja lettre de M. Alexandre au lieutenant-gouverneur Fitz-Maurice, et autres pièces et mémoires. (Debrett's Debates, vol. 5, p. 346 et suiv.)

GEOKGES Iir. 187

de ceâ sauvages contre les Angloîs. Les légères notions qu'ils leur avoiént données de la religion catholique servirent leurs projets. Dans leurs invectives contre les Anglois, les Caraïbes n'oublioient pas de les appeler hérétiques. La paix étoit conclue depuis quelque temps , et aucun signe de mésintelligence ne s'étoit encore manifesté. Cependant ils faisoient la contrebande avec les habitants fraiiçois de Sainte-Lucie et de la Martinique, et se refusoient à toute espèce de commerce avec les Anglois de Tile Saint-Vincent. Cette préférence n^eût été que de peu d'importance, en raison de la proximité de Sainte-Lucie et des anciennes habitudes des Caraïbes, si les François n'avoient pas su la rendre dangereuse. Des émissaires de cette nation excitèrent les Caraïbes à s'opposer aux demandes des Anglois. Leurs intrigues dans les Indes occidentales formoient une partie du plan d'attaque contre les possessions angloiser aux îles Falkland. Ils firent croire aux Caraïbes qu'étant descendus la plupart d'une race d'esclaves transportés aux Barbades sur un bâtiment anglois, l'héritier à\i propriétaire de ce bâtiment avoit obtenu l'autorisation de les vendre comme lui appartenant. Lorsque leur haine se fut ouvertement prononcée, les François leur fournirent des armes à feu, et les encouragèrent à commencer les hostilités. •

- Ils profitèrent du moment où quatre compagnies du régiment de l'île Saint- Vincent étoient à la Dominique, pour prendre les armes et attaquer les arpenteurs.

Les colons de l'île Saint- Vincent s'attendoient de jour Inaniéen jour à une guerre avec la France. Ils voy oient que leur |.çnf^,n' île ne pou voit se défendre contre une armée nombreuse , trance irritée, bien équipée et disciplinée par des François, et colons.

l9S HISTOIRE d'âNGLETEBRE.

quQ leurs vies et leurs biens étoient exposés au plus grand péril. Il circuloit des bruits de projets de massacre et d'incendie. Les colons peignirent leur situation en des termes qui montroient leur vive inquiétude ; et depuis la dernière commotion , toutes leurs dépêches au gouvernement demandoient qu'on augmentât la force armée. L'avarice avoit également déterminé ces représentations. M. Alexandre exprimoit vivement dans sa lettre son impatience de ne pouvoir user des moyens de rigueur^ sa répugnance à abandonner si prompte-, meut la plus belle partie de l'île, et son espérance de n'en pas rester long-temps éloigné (i).

Efforts Le lieutenant- gouverneur s'efforçoit cependant de *iiant-*" ''^^Wir la tranquillité. Il incorpora la milice, et fit aux couver- Caraïbes une proclamation douce et modérée. Il envoya lo juin 3 u gouvernement, par l'intermédiaire du président de ■769. l'assemblée, un tableau exact de l'état de la colonie, et développa avec force l'impossibilité de conserver une position avantageuse, tant que les négre^ occuperoijent une partie aussi considérable de l'île, sans souffrir qu'aucun blanc se joignît à eux. Ils dévoient nécessairement rester dans le même état d'incivilisation , toujours insubordonnés , toujours mal intentionnés , et prêts en' cas de guerre à se jdîndre aux ennemis. Il observa également que^ d'après les calculs les plus exacts , ils ne pouvoient pas mettre plus de mille hommes sous les armes, quoiqu'ils eussent à leur tête plu-, sieurs chefs intelligents et courageux; qu'un second régiment, posté convenablement et secondé par les

(i) Foyeji les pièces dans Debretfs Debates, vol. 6, p. 346 à 355. -

GEORGES m. 189

vaisseaux de la marine royale, pourroit, par sa présence et à Taide de quelques dons, assurer leur soumission au gouvernement, sans qu'il fût versé de sang, ou du moins très peu ; que les habitants blancs pour- ^ roient alors vivre paisiblement parmi eux, et que la dépense seroit amplement compensée par la vente des terres (i).

Ces représentations ne déterminèrent point le cabî- Ordrei net de Londres à adopter des mesures violentes ou goaverinconsidérées. Le comte de Hillsborough , dans une cément, lettre pleine de modération et de prudence à M. Fitz- 1769. Maurice, approuva ses mesures de défense et lauto-* risa, en cas de continuation des hostilités, à demander un renfort de troupes au général Gage, à New- York; mais en même temps il lui ordonna expressément de transmettre au général un tableau exact et complet de Tétat de File et une expUcation détaillée des motife de sa demande, ainsi que ses raisons pour fixer le nombre d'hommes qu'on devoit lui envoyer (2).

. Enorgueillis de leurs succès contre les arpenteurs, L'insoîes Caraïbes noirs redoublèrent d'insolence et de féro- cîraïU* cité. Ils envoyèrent une députation au comte d'Ennery, au£^eagouverneur de la Martinique, pour lui offrir, s'^iItou- ^^' . loit les seconder, de massacrer tous les Anglois et de détruire leurs établissements. L'humanité du gouverneur françois Fempécha d'accéder à tette horrible proposition ; et comme la milice fut mise ensuite sur pied,

(i) Voyez la lettre de Fitz-Maurice à lord Hillsborough. (Debrett*s Debates, vol. G, p. 356, et sa proclamation , p. 36i. )

(a) Voyez la lettre de lord Hillsborough au lieutenant-gouverneur Fitz-Maurice. (Debret's Débattes, p» 35S.)

igo HISTOIRE D ANGLETEHRE.

les Caraïbes montrèrent pendant quelque temps de lai soumission et de rhumilité(i). Ils continuèrent cepen-»' I dant un commerce illicite avec les îles françoises; et le successeur du comte d*Ennery, ainsi que le gouverneur de Sainte-Lucie, parois^ent les avoir encouragés à commettre des actes d^ineubordination et d'hostilité* Les Caraïbes firent des efforts continuels pour séduire et même pour enlever les esclaves des colons : ils mas* sacrèrent sans pitié ceux qui ne vbuloient pas travailler ni être vendus aux François. Quoique les magistrats connussent parfaitement les noms et. la demeure des auteurs de ces atrocités, ils n'osoient pas tenter de les punir. Les Caraïbes armés traversoient dans tous les sens le territoire anglois , en insultant les colons, tandis qae leur jalousie interdisoit aux Anglois tout accès dans leurs domaines (2). Ils s emparèrent de la grande route, brûlèrent les maisons des personnes qui leur faisoient ombrage, et menacèrent de détruire les ca* sernes royales à la baie du Prioce, . située à une grande distance du pays qu ils habitoient ou qu'ils réclamoient.

Repré* Qes violences et les craintes qu'elles produisirent lioM de» déterminèrent les colons à adresser des représentations

colons 311 poi et à son conseil. Elles étoient appuyées d'attes^ tations et de documents qui prouvoient 1 albance dangereuse entre les Caraïbes pt les François. Les proprié*

VJ^a^ taires des habitatÎDns démontrèrent dans un mémoire que la défense de toute la colonie retomberoit sur eux, en cas de guerre, et que non seulement les Caraïbes

(i) Voyez les rapports de M. Maitland, et autres. (Debrett's Debates, Tol. 6, p. 36G. )

(3) Voyez les rapports de M. Maitland, p. 867, et le rapport des commissaires. (Debrett*s Debates, vol. 6, p. 378. )

&EOAGES III. igl

leur interdisoient Fapproche d'une grande partie de l'île', mais encore qu'Us étoient prêts à s^conder l'en* ;nemi avec des force? supérieures. Les colons ne déniant doient point à traiter les sauvages avec inhumanité; ils desiroient seulement que leurs vies et leurs bien» fussent protégés, afin de pouvoir jouir de ce qu'ils avoient acheté sous la garantie formelle du jfouVernement. Ces mêmes faits furent certifiés dans un rapport fait au conseil de com'merce par les commissaires pour '^

la vente des terres ; et ce conseil se joignit aux colon» pour montrer au roi la néces^té d augmenter la force ^lilitaire de Tile.

, Le ministère desiroit encore éviter d'en ienir à des Dépnta-p jBxtrémités; et le gouverneur Melville, docile aux ordres Cmïbcs d'indulgence qu'il avoit reçus, accueillit avec bonté à la une députation d'environ cinquante Caraïbes, qui allèrent le trouver à la Grenade pour se justifier de Tac*cusation d'animosité contre le gouvernement anglois et de commerce illicite avec les François (i).

Déterminé par les représentations du gouverneur i5 janT.

Melville4 le ministère envoya de nouvelles instructions '77**

; • Entrevue

aux commissaires, qui obtmrent une entrevue.avec les des

principaiix Caraïbes, à un lieu appelé le.m4»rne Garou, «î?™™'«-

j ^ . saires an-

Ils leur offrirent généreusement d'acheter environ qua- glois et tre mille acres de terre, qu'ils revendiquoient, mais ^ ^^ qu'ils n'habitoient pas , et leur donnèrent l'assurance .qqe le reste de leurs possessions leur seroit à jamais assuré. Les Caraïbes refusèrent obstinément de consentir à ce qu'on formât aucun établissement dans les parties de l'île qu'iU réclamoient. On leur demanda s'ils

(i) La lettre où il donne nn récit de cette entrevue est datée du S juillet 1770. (Debrett's Debates, vol. 6, p. 375* )

igi HISTOIllE d'aNCIETEARE.

prêteroiént le serment de fidélité, comme sujets du roi d'Angleterre. Un d'entre eux répondit pour tous, qu'ils étoiènt également indépendants des rois d'Angleterre et de France. Il avoua, leur partialité pour les François, et dit que le gouverneur de la Martinique avoit promis de les protéger, s'ils obéissoient à ses ordres de refuser •aux Anglois les terres qu'on leur demandoit. Cet avea formel, joint à d'autres circonstances particulières de l'entrevue, convainquit 4es conîmissaires que les Caraïbes agissoient entièrement sous l'influence des François. Le chef ne se montra pas éloigné d'accéder aux propositions ; mais le principal orateur, qui paroissoit . avoir le plus d'empire sur les autres, avoit habité la Martinique depuis son enfance, et n'étoit revenu à l'île Saint-Vincent que depuis peu de temps.

16 oct. ï^es commissaires , dans leur rapport, démontrèrent ^77^' qu'il étoit impossible qu'une île aussi petite restât

Rapport / * * , .'.»,. r

jes long-temps encore partagée entre une nation civilisée et des sauvages qui n'étoient retenus par aucune loi divine et humaine, qui, par leur situation, n'avoient aucun châtiment à craindre, et qui, à la première suggestion , ruineroient la colonie. Us observèrent que la vente des terres n'étoit pas l'objet le plus important, que l'honneur de la couronne étoit intéressé à ce que ses sujets fussent protégés contre une race sauvage, qui commettoit arbitrairement toute espèce de violences ; et ils recommandèrent le premier projet ^ faire une route et de mélanger des blancs avec les naturelsdu :pays(i).

Une lettre interceptée du gouverneur de Sainte- Ci) Voyez DebrcttU Debates, vol. 6, p. 363^.)

commissaires.

GEORGES ni. igS

Lucie accrut encore les alarmes des habitants de Mè Trahison Saint-Vincent. Les Caraïbes y étoient appelés un peu- François pie indépendant : les François à'y plaignoient à eut seuls de leur ihanque d'égards, ils en Semandoient réparation ;^âns aVoir recours à Tautoritë du gouvernement ànglois; et ils mêloient, aux menaces qu'ils croyoient devoir faire,* des flatteries dotiÎE le but étoit dfe rendre ces sauvages encore plus fiers , plus opiniâtres et plus exigeants envers lès Anglois ( i ).

M. LeyboUrne , gouverneur de Tîle Saint-Vîticent i 3o mai envoya cette lettre à lord Hillsborougb , et lui écrivit RemoVcjuè, puisqu'on àvoit découvert Une correspondatice trances. hostile, et que les mesures de douôeur avbient été sans résultat, la force devoît être la derrière i-eSsôurce ; que l'ile étant en paix avec ses voisins ^ et utie flotte v considérable occupant ces parages, le moment étoit très favorable (2). Cette dépêche étoit accompagnée d'un mémoire diî conseil et de l'assemblée. Ils y éxprimoient leurs craintes d^étre entourée de sauvages , supérieurs en force et eh nombre, et notoirement à la disposition d'un ennemi étranger. Après avoir détaillé les insultes et les outrages qu'ils étoient obligés de Supporter sans pouvoir en démander réparation , ils invoqûoient la protection du gouvernement cotnme un droit, puisqu'ils avoiènt achètera de hauts prii des biens de l'état, exposé leur santé et leur fortune, et ruiné leur crédit pour former des établissements , dans la fermé assurance qu'ils auroient la sécurité dont jouissoient les autres îles. Ils obiervôient qu'une .

( I ) Voyez la lettre interceptée da tée de septembre 1 77 1 . (IJebretl'f . Debates, vol. 6, p. 371.)

(a) DebrettVDebates, vol; 6, p. 372.

|g4 UISTOIftJS P*ANGL£TERRC.

«utortté ainsi partagée avec de$ sauvages 4tait Jacoofrpatible non seulement avjec leur tranquillité/ mais eu* jCore avec riionJBieur et la dignité de rAxiqgleteiT£ ; <]ii« depuis long*ten\ps Jles moyens de douceur étoicuit tou# sans succès 4 qu'avoc des liommes naxuretleine&t iu* Krats et incapables d'attackement , les 4:éiiioignages 4e Menveiilance étoient sans effet ; et que Tindul^ence ne servoit, comme op jen a voit déjà eu la|u*euv«e, ^u^à accroître Finsolence des Caraïbes , et deveooit .ainsi tioe véritable. cniauté envers les sujets jdu roi ^'Aa|[leterre.

. L e:!^périence de ,près .de cinq années^ depuis la pre* jB^ève tentative qu'on, avoit faite pour acheter des Caraïbes une partie de leur .territoire , âvoit pieinement ^convaincu lé gouvernement angloisqulilétoit impos&i* \Àe de inaintenirrrtle dans Tétat actuel , et qu'il fsJloitou labandonneranx Frjançois.^ ou sounaettre ks Caraïbes. Le désiotéressetnent iqiie le gouvernement avoit mon-' tré en 1764^ en ne prenant pas sarde-champ possession du territoire vacant , et la Référence qu'il avoit ^ue pour les réclaofôtions faites sans droit d'occupation pu de oolture;, avole^t exposé les colons à' éprouver beaucoup* de résistance de la part des sauvages de^ yepus hautains et inflexibies. Il étoit egakmeât résulté de ces foihlesses. que îles Caraïbes ^voient obtenu A'a^ pui des François, qui Jesexcitoient àdnsnlter l'autorité et .à mépriser ses ordi es. . ■ f

i 6 avril • Les Commandants des vaisseaux qui foraioient Ja . '77^- station .de ces paraises reçurent Tordre d'intercepter

Hoslilit«?8 , . . 1 ^ ..1 f 1 1 1

contre les l^s communications entre les Caraïbes et les îles de m

Caraïbes, ^lartiuique et de Sainie-Lucie. De nouvelles troupe*

furent dirigées vers l'ile Saint- Vincent. lie •secrétaire'

^[éW développa Içs iiucwtioQs dn cfibinet , ,dim$ ma? lettre ^i^ gouverDeur Leyboqroe. 0^ esjiérpit q^ lof Caraïbes,, voyant les f^prêts des .bostûités, ^t con? AP,is^9iit Jn résolution 4^ gouy^ro^^em , empêche* ]:oieOvt qu'on en vlnjt wx e^trémit^s. Le gouverneur iiey,o\t en.co]Q$^équence fj^r/e tous ses e£fprt9 pour amencyr ,çe ,ré^\dtpt, et éviter. le$ mpyeps dé rigueur. De guidique manière qu'ofi^ pût obtenir la soumission de» Çf^aïbes^ on de voit 3 attacher |i les conserver dana Ule , $Q\is de$ conditioQs qui f^ssent un garaiU de Aéc;^rÂté y ej(i le^r allouam une partie convenable du :territojre. Cependant si la j^écessité exi|;eoit qu*on leii i^çnvoyàt (^e TUe, on devoit les transporter ^ur un» cote inhabitée de l'Afrique , o^ dana upe île déserti^ préside cette c6te, en aya^t soin de }je$ traiter dans le \oyage avec humanité ; et après leur débarquement ^ il.étoit eicpre^s^ément recoq[ui;iandé de leur fouirnir toua \es approvisioilx]^einent<5, jnstrum^ts et outils, donit ils aurpicsnt ^esoin po^rj^ur existi^nce pt:é$entë et futtUre(i).

Oot^ régiments parfir^i^t dte Nei^-Yorît , et quelques bataillons ^e Jà Dominique et dès autres Iles. Mais les apération^ n ayant coimqendé que lorsque^Fannée étpit déjà ^qrt avf^^ée , le réjsultat en étpit encore incpliqu iprsque le.pailetneni s'occupa dé ceite affaire. ^

Lorsque J'état de larmée fut présenté au^^coramu- g ^^^ tje^, M. Thomas Touwsbetid.deipfinda que l'admini^- piscustratipn de]5 irpppes ^ans les 'Indes pccjdentalea fi^t u chamâpv^I^i$e à pn exajpaen. Il «voit des avis certains qiie . ^^^ ^^\ les .régiments de îile §aint- Vincent mf^nqupieijft d^ &••«

i(i) Voy:9% la leitce d^ Jord Jlillsboroiigh au gottverntur Ley*

1^6 HISTOIÀE D ANGLETERRE.

tentes et d'équipages de campagne, et qu'ils concboient dans les bois sans Couvertures. L'alderman Trecothick ^ affirma que des actes d'iniquité et de barbarie , sein--' blables à ceux des Espagnols envers les Mexicains •; s'exerçoient à Tîle Saint- Vincent, et il demanda la canse de ces hostilités contre un peuple innocent, pais^ible .et sans déJFense. Le. colonel Barré, dans un discoure assez étendu , reprocha au gouvernement la légèreté . avec laquelle on saerifioit la vie des soldats; et lord Georges Germaine parla avec véhémence dans le même sens. Lord North se contenta de faire observer à lai chambre qu'elle s'écartoit de l'affaire efi délibération ; il donna son consentement à l'examen demandé, et promit de fournir tous les renseignements désirables. Cependant M. Townshend s'engagea à poursuivre le même sujet , et deux jours après il fit une motion pour demander les» pièces. On les apporta sur-le-champ , et elles prouvèrent clairement combien étoit mal fondée l'accusation d'avoir néglfgé l'entretien des troupes, lo fev. La question générale fut remise en délibération à la J77^' ^eëèion suivante du parlement, lorsque M. Townshend destémoi- demafnda <juon interrogeât les généraux Wooten et enage». Trapaud, qui commandoient deux régiments employés àl^le Saiilt-Vincent. 'Le général Wooten n'avoit reçu' aucune nouvelle : le général Trapaud lut un extrait d'une lettre datée du i4 novembre et reçue le 17 décembre. Il étoit ainsi conçu : « La mortalité parmi' les tf troupes est très considérable : on la doit aux pluies' [ «continuelles de la saison. Les pauvres Caraïbes ont

«été fort maltraités. Ils montrent beaucoup de pru-' « dence; et les bois sont tellement épai^ qu'ils tuent « nos soldats sans s'exposer, par l'impossibilité où nous '

GEORGES lïl. j^j

^ sommes de les voir. Nous n'avons pas pn pénétrer « à plus de quatre milles dans le pays.. Dieu sait çom-. « ment finira cette belle expédition. Tout ce que nous ^ espérons, c'est que Ton demandera un compte prompt « et sévère à ceux qui l'ont fait entreprendre* » La confiance que l'on pouvoit avoir dans cette lettre fut considérablement diminuée par la déclaration du ministre, ' qui affirma n'avoir reçu ni plaintes ni nouvelles depuis le 1 7 novembre.

Le surlendemain on examina les témoignages^, principalement en ce qui concernoit les dispositions des Caraïbes. Deux témoins, le lieutenant Fletcher et le gouverneur Gore, parlèrent d'eux dans leS/ termes» les plus favorables; mais lé premier ayoit quitté Tile en 1767, et le second en 1 765. Le capitaine Farqiihar, qui . a voit été onze mois le délégué du gouverneur, Melville, déclara que les Caraïbes ne lui avoient donné aucune marque d'intentions coupables , et qu'il les avoit trouvés paisibles et .disposés à faire le commerce. D'un autre côté, le capitaine Ross, qui avoit quitté la colonie depuis peu de temps, déclara que les. Caraïbes étoient naturellement voleurs et indignes de confiance. Le président de l'assemblée, M. Sharpe, déposa que c'étoit un peuple sans foi ; que tant qu'il resteroit dans l'ile, ni la vie ni les biens des sujets du roi d'Angleterre pe seroient en sûreté; que les assassinats et les vols étoient fréquents; que ses nègres même avoient été massacrés dans les champs ; et qu'ils ne négligeoient aucuns moyens de séduction pour encourager les es* claves à la désertion. Les Caraïbes, ajouta-t-il, sont très adonnés à la boisson, et. dans leurs débauches ils sont cruels et se livrent à toute espèce d'excès. Il fut

ît)8 HISTOIRE D'l'T?éti?fEnRE-

i5 iér. prouvé éti Outre qu'ils arofent fait dés proplèsîfrttfs afu comte d'EnAery.

M, Tôt^nshend s'étéâdit sur les cruautés? et lés îiîj us-^ tîces dont lès Caraïbes étoient victimes ; il discourûf

>, sur rmhumauité inoitie qu'il f auroit à les eûvo^èf

dans une île iùbabitéé, où ils périroient pét là fàmiiié, . et à les traiîrsporter sut utie côté où ils serotent la proré de férotes habitante, «r Vôrilà , dit-îl , le sort aùqud teu- « lent les condamner les hommes pluff fj^tote^ encore « du ministère ! » Il proposa deui Résolutions : la première, qiie 1 expédition à Y&é Saint- Vincent étoi< ehtrèpk^ise sans qu'il y eût dés provocation^ suffisantes, $tit tes iPéprésentàtiènd d'hohfntries iiitéres$és, et qu'elle devoit, eu câç de succès, avoir pour résuUat la ruihe entièl^ de la cqlonie; lai seconde, que les trodpés y étéieiit envoyées dans une saison très défetoi^able ^ et qm l'Angleterre y perdrdtt uhe partie dé seè meilleure soldats.

Ces lUolions ddnnerétit lieu à ttiie Idogùé discussiofir, danë laquelle en ne pr^enta que peu d'argumetifts solides. Le colonlél Barré obtint beaucoup dé âucfcès pât utiè coriiparaison très plaisante entre M. Alexandre, le président ç(n cohseil, et Alexandre, toi de Macédoine. Etf parlant de là conduite des commissaires entiers les Caraïbes, il rapj^ela une anecdote de la demièrfe guerre d'Amérique. Un volotitàirfe fs^i^oif partie d'un détachement compo:^é de quelque infanterie légère et d*alHés iùdiêfns. Ce détachement se trouvant cerné, le volontaire tiiaiïiféèta quelque èffl'ôî; uti Ihdieh, son vieil ami , lui en détnlandà la cau^e. Le vbidntairè lui é^pritna; sa crainte d'être écharjjé par l'ennemi, r O! s'écria l'în- «rdien, û'aiè poirit cette ihquiëtiidé, j'aurai soin de

GEORC^ÉSf HT. ïgO

«t*ëcfcarper moi-même. » La conduite du gouverne-^ ment fut haliîlemeiit défendue par M. Hans Stantey, t6rd Ifcirrington et ford North. Les motions furent rejetées à âe grandes majorhés (i). Une nonvette motion pour une adresse- an roi ne fut pas pJus heureuse : elte aroît pour objet de demander par quel conseil oa avoit entrepris Fexpéditron.

Cette rfîscussion duroît encore, et déia rexpéditîbn ^*" ^ '*.

•^ ^ contesta»

qm en éfoit l^bbjet étoit terminée. Après une campagne lioo. que la nature du pays fit nécessairement traîner en longueur, les troupes angîbises, secondées=par la ffotte, qui emrpéchoft Fennemi d*être secouru du dehors, forèèrent les Caraïbes d*accéder à un trai* où tous les *7J*nT. points en' contestation fiirent réglés. Les Ca«*aïbes se reconnurent sujets du roi d'Angleterre , et consentirent à prêter serment d'obéissance et de fidélité : on lem alloua et garantit à peipélMité une partie considérable du territoire : les Anglots eurent un libre accès dans ce territoire ,, pour y tracer des routes dans toutes Jes directions, et pour aller à la recherche de i^urs es.cla\'e9 fugitifs* Les kHsd&rAngletôrre futenl appliquées anx relatiûBs entre les Caraïbes et les colons ; mais les Sauvages eurent la liberté de suivre entre eux leurs propres coutumes.. Cent cinqu^uote hommes furçQt tués dans celle expédition : le climat en fit périr cent dix ; et à la conclusion du traité quatre cent vingt-huit étoient malades ou blessés (2}.

(i) 206 veîx contre 8S; 199 Toix contre 78.

(2) y oyez le traité de paix.en vingt-quatre articles. (Hbtoire d« Tadininistration de lord JSorth , p. gS et suivantes. ) J*ai rapporté avec des détails étendus cette opération, sur. laquelle j'ai consulté avec soin toutes les pièces authentiques, parcequ'ellc avoit été présentée sous un faux jour. Il est assez extraordinaire que, pendant

20p HISTOIRE D^ANGLETERRE.

9 féy. Les capitaiaes de la ipariiie royale adressèrent à la

tàtf^X cli^n^bre une pétition pour demander une augmenter

la paye tion dp paye, Lord Howe 1^ présenta , et malgré Top-

taines de positÎQn de lord Nortb et de M; Fox, leur traitement

lamarine. f^i augmenté de deux schellings par jour (i).

Février Qu présepta uu npuveau bill, très différent de celui

ÛmUd ^^ l'année précédente, en faveur des presbytériens. et

faveur <|es QQQ. conformistes, Après une vive discussion, il fut

rieqâ (Kst adopté par la chambre des communes ; ipais la chain-'

^^Vf' bre des pairs le rejeta (2). Sir Guillauiue Meredith fit

une motion pour qu'on exigeât l'adhésion aux trente-*

neuf articles des personnes qui prendroient leurs in-^

scriptions dai|^ les universités ; mais elle fut également

rejetée a.près upe longue discussion,

ces contestations li l*île Saint-Vincent, les Portugais au Brésil et les. Hollan dois à Surinam, alors alliés des Anglois, avoie^t également des démêlés avec les naturels et leurs esclayes révoltés.

(i) A une ipajorité de i54 voix contre t45.

(2) a6 voix pour, 65 contre. L*arcl^evê^ue dTerl^, firvivunond, ayant appelé les ministres presbytériens des hommes dévorés d'un^ ambition secrète^ lord Chatham lui reprocha de manqver de charité dans ses jugements. «-Quiconque ose les accuser ainsi, les calomiiie. » Il s'arrêta quelque temps , puis çontincHi : « On vous dit que les ministres presbytériens sont dévorés d'une ambition secrète. Oui, mylords : et leur ambition est de rester fidèles au collège des pécheurs, et non au collège des cardinaux , à la doctrine des apôtres f nspirés , et non aux décrets d'évéques intéressés : ils combattent pour uo ^yipbole et wn cqlte spirituels. Nous avons une croyance calviniste, une liturgie papale, et un clergé arménien, n Cette discussion n'est relatée que dans un rapport sur le discours de M. Burke^ . le 3 mars 1790, dans le Registre parlementaire de DebreU) vol. a?,^ ' paÇ- «79-

LIVftE XXI.

Discoars du roi à la clôture de la session. — Commencement des hostilités entre la Russie et la Porte. — Destruction de la flotte turque. — Jalousie de la France. —

. Congrès à Fokshiani. — Préparatifs de la' France. — Augmentation de la marine angloise. — Le ministre François veut la guerre. — Le roi s'y oppose. — Préparatifs à brest. — Conférence de lord Stormont avec le ministre françois. — L'armement à Brest est arrêté, — Nouvel armement à Toulon. — Préparatifs en Angleterre. — Seconde cpnférence entre le ministre françois et l'ambassa-

- deur anglois. — Mémoire à la cour de France. — Les François renoncent à la guerre. — Préparatifs suspendus de part et d'autre. — Résolutions prises par la cité de Londres relativement à la durée du parlement. — Adresse et remontrance au. roi, — Tentatives pour ranimer la popularité de Wilkes. —^ Il fait la motion d'une adresse au roi. — Elle est rejetée. — Calomnies de Wilkes contre le lord-maire, — État de TIrlande. — La populace entoure la maison du parlement, — Opposition apx adresses. — Protestation. — Démission de M. Ponsonby. — Efforts de l'opposition. — Session suivante. — Opposition aux adresses. — Protestation. — Nouveaux efforts de l'opposition. — Bill de subsides amendé en Angleterre et rejeté en Irlande. — Augmentation du nombre des agents du fisc. — Les cœurs d'acier. — r- Négociation d'un emprunt. — Fin de la session.. — Rappel de lord Townsbend. — Lord Harcpurt est nommé lord-lieutenant. — Affaires d'Ame, riqué. — Contestation entre la ville de Massacbuseit et le gouverneur fiutcfainson. -^ Agents du fisc. — Adresse de l'assemblée. — Remontrance. — Progrès de l'opposition. «^ Influence dans l'assemblée. — État de dépendance des juges. — On défend aux gouverneurs de recevoir. des présents, — Conduite de l'assemblée. — La législature re^.

^ôa HISTOIRE D ANGLETERRE.

vient à Boston. — Les agents du fisc sont insultés. — Incenaie du Gaspee, — Projet^ie fixer le traitement dei juges. — On nomme un comité de correspondance. — Observation» sur ce comité. -^ Le comité rédige atie dé« clarattoo de droits. «**- Adresse au peuple, -r- CenvocaÉÎon det la léf;islature. — On conteste Faatcxrité léçislativB du parlement. -*^ Messages relatifs au n*aitemeiit des ju(;es.

— Hutchinson doane sa sanction à Tacte ; tfHÛs vl la refuse aux aMocattons votées. -* Activité des'ooinitésde cor-, respoiidance. — > PaUicatio» de» lettres dHotehinson et de Bernard, — Conduite de l'assenblée. -^ Obaertiations sur ces lettres. — ^ Leur effet en Amérique. «— Ëfifiet de Tacte pour l'exportation do thé, -^ Arrivée d^un bâtiment.

— Le thé est jeté à la roer. — Accusation du chef de jus-, tice. — Sa lettre.

ï" juillet L^ j.^: jjjQg g^jj dïôcot^ de clôture de Ib session du

Discours parlement, parla en ces termes des affaires du conti-

da roi à la xxtwX \ « Je suis profondément affligé de la continuation

de la de la guerre eûtre la Russie et la Porte-Ottomane, deux

session, puissances auxquelles je suis lié par une étroite amitié,

sans être soumis à aucun engagement envers Tune ou

Tautre. Mais , d'après les dispositions pacifiques des

autres puissances, j ai lieu d'espérer que ces troublés

cesseront bientôt : je ferai toujours tous ines efforts

pour maintenir la tranquillité générale de l'Europe;

mais j'aurai en même temps, pour objet constant de

mes soins, de me tenir prêt à combattre tout ce qui

pourroit nuire à l'honneur, à la sûreté et aux intéiéts

de mes royaumes. » ^

Commen- Les hostîlités entre la Russie et Ja Porte duroient de-

/^g7)osti- P"'5 l'année 1769. Le génie intrigant de Choiséul les

iiiéscDire avoît probablement fait naître. Il avoît fomenté dc3

GEORGES Ifl. 2o3

trOi^es en Polo^pie^ dams l'intention àe sarsip crne ocça- la Russie sion favorable d'y interposer lautorité de son cabinet. ^^ {^^^^^ Le ministre frailçovs étoit parvenu à former nne ligne, appelée la confédératfon de Bâ#, qui, se couvrant des ffiotà de rehgion et de paftriotisme , se maintenoii en révolte ouverte contre lautoriié du roi Stanisîas-Auguste. Ce parti sollicita vainement, à plusieurs reprises, lassistaoce des Turcs jusqu'au mois d'octobre 1768. A cette époque le prince Gailitzin, pourswiivant un détachement polonofis, non seulement entra sur le territoire turc, mais même brûla une petite tille nommée Baha.

Irrité de la violation de son territoire , excité d'ailleurs par les représentations intéressées de la France, le sultan fil emprisonner, aux Sept-Tours, Osbreko\^, ministre de l'impératrice à Constantinople. Cette violence fît commencer la goerre, dans laquelle la Russie déploya d'abord toutes ses farces. On combattit avec une grande animosité de part et d'autre; mais la fortune ht eii générai favorable aux Russes. Ils inondèrent la Valachie et la Moldavie; et l'impératrice ayant adopté le projet liardi et nouveau d'eiiVover une flotté dans

D<*strtir.-

la Méditerranée, la mariné tutxpie fut entièrement de- tion <Jc la truite dans le port de Chestfie, sur la côte de la Natolie. *^^"*^ *°5" La France vit ces succès avec inquiétttde et jalousie, jalousie Elle avoit encouraf^é le commencement des hostilités, <^cla

France.

dans l'espoir d'afFoiblir la paisâance de la Russie; et elle étoit irritée de voir que la guerre n'avolt tourné qu'à l'agrandissement du pouvoir de l'impératrice et, à la honte des Tufcs. Le cabinet françois vit sur-tout avec peine là puissance maritime de la Russie', et il fit plusieurs tentatives pour assister le sultan; mais la

Vtoi HISTOIRE D'ANGLETERRE.

fermeté du miDistère anglois et Fétat imposant de la (lotte angloise les firent toutes échouer.

^^ k^h^*** ^^ mois d'août 1772, un congrès eut lieu à Foksbiani ni. pour rétablir la paix; mais ce fut inutilement. Il est probable que les François employèrent encore leur influence pour empêcher les Turcs d'accéder à des; ' conditions humiliantes pour eux et avantageuses à la Russie.

Prépara- . La marine françoise fit dans ses ports des préparatifs ^irauce.* co°sidérables , et tenta tous les moyens d'éloigner les spupçons ou de tromper la vigilance du ministère anglois; mais ce fut en vain. Le roi d'Angleterre, lié par des traités avec les puissances belligérantes, ne voulut point permettre qu'une nation étrangère intervînt dans cette querelle, et fît un armement dans l'intention de dicter les conditions de la pacification. Déjà dans la précédente session du parlement on avoit adopté des mesures pour mettre la marine dans un état, formi* Auç-men- Jable : vinfft mille hommes furent alloués pour le serla marine vicc de l'année ; et quoique le ministère ne pût déclarer angîoise. ouvertement le motif réel de ces préparatifs de guerre, ils n'échappèrent pas à la pénétration du parti de Topposition, qui fit observer que, pendant que le discours du roi annonçoit des sentiments pacifiques, les mesures de ses ministres ne manifestoient que des intentions hostiles (i).

Le mhns' Le duc d'AiguilIou , successeur de Choiseul , vouloit prendre part à la guerre , sans que l'Angleterre s'alar-*

(i) Ployez Debreu's Debates ( vqL 6, p. 3oi à 3i4); et^ relative* ment à la guerre, les OËuvres du roi de Prusse, vol. 4» ^^ ^ie do . rimpératrice Catherine, vol. 2, chap. 5, 6 et 7; Coup-d'eEÎl sur Tem-* pire turc par Ëton,chap. 5.

Ire fran-

GEORGES Itl. . ào5,

mât de ses préparatifs : il y employoit tous ses efforts, cois veut 4)aris un conseil tenu à Versailles , il annonça que les ^g ^Irs {Suédois réclamoient des secours stipulés par la France, 1773. sous prétexte que leur indépendance /étoit menacée à-la-fois par la Russie et le Danemarck. Le roi et plu- Le roi s'y * sieurs rnembres du cabinet furent d'un avis opposé à °PP°^*^ la guerre* Ils prétendirent que plusieurs autres grandes nations voudroient également intervenir, et qu'il s'ensuivroit une guerre générale^ Ils offrirent un secours d argent ; mais d'Aiguillon affirma que la Suéde insistoit pour. avoir des troupes. « On peut, dit-il, équiper « dans un mois une flotte de quatorze voiles : l'Angle^ « terre ne s'opposera point à cette mesure, et la Hol- M lande la secondera. » Louis XV répugnoit à la guerre; ' mais les membres du conseil qui avoient manifesté une opinion en faveur de la paix n'osèrent plus combattre le ministre. On envoya à Brest l'ordre d'armer Prépara^ douze vaisseaux de ligne et deux frégates, avec sept g*** mille homnies.d'équipage.

Lord Stormont, ambassadeur anglois, eut une en- 3o mars trevue avec le ministre françois. D'Aiguillon s'apesahtit ^^^^^ sur les vues, ambitieuses de la Russie , sur ses demandés rence de à la Porte-Ottomane, et sur sa prétention de régner des- ^©ntavec potiquement dans le nord, en réglant le gouvernement le miniade la Suéde et en attaquant ce royaume de concert çois. avec le Danemarck.. & La France, dit-il, est engagée «par honneur et par intérêt à soutenir la Suéde, si « elle est attaquée. » Lord Stormont vit où tendoient ces observations : il répondit que tout dépendroit de la manière dont la France vouloit soutenir la Suéde; «car, ajouta-t-il, malgré le désir du roi d'Angleterre « d'éviter tout ce qui pourroit troubler la bonne intel-

ao6 HISTOIRE d'anglcteiiae.

« ligeoce entre les deux cours , si une fioUe françoise « paroU dans la Baltique, elle y segi suivie d'une flatté" A angloise. d Le duc d'Aiguillon ^ mécontent de cet aver^ tisseioent, se plaignit de -ce que TAngleterre accompa^oit toujours de metiacës ses protestations d'amitié; il représenta que là France se couvriroit de honte enidbandonndiit ^oti ahbien allié , dcmt on voidoit la ruine , ist déclara qu'eile ae pourvoit jaipais y consentir. Loi^ Stormout répliqua que la France pou voit donner des secoaré d'une autre nature ; mais q«e Feutrée de détint ilottes dans la Baltique ne se;roit pas plus ntile à là Suéde qu'une simple neutralité. Il adoucit cette déclaration en ajoutant qu'il n'avoit pas dit que la flotte an^Ioise attaqueroit la llotte françoise, mais qu'il ne pouvoit jrépoindl^ de ce qui réâulterefit dé la présence de deux essCad^és dans les mêmes parage^r.

4 avril. Ce langage ferme ewt quelque effet. Les préparatift ^ ** nTà" fl^'^ faisoit à Brest furent discontinués ; mais la coui* Brest est de France, espérant encore troippef la vigilaiïce dtf

arrête.

gouvernement angtois ; fit équiper douze ou treize vaisarme- fieaux de ligne dans le p6rt de Toulon , sotis prétexté jnent à ^'exercer les marias. L'ordre de tenir pr^ts à Brest sepf

Toulon. ^

mille hoimÈiiés ne fut d'ailleurs pas révoqué. Prépara- Lord Stormont donrïa avis de cet arinement aii .gou- Amtî^ vernement anglois, et assura que dès préparatifs imterre. posants et prompts, faits en Angteterre sans mystère ni ostentation , seroient le plus sûr moyen de mainlenir la tranquillité publique. Ce conseil prudent étant conforme à l'opinîoh du Cabinet anglois, l'ainbassadeur l^eotit l'ordre dé déclarer que «i la France inettôit à W iroile, l'Angleterre suivroit immédiatement son eKesnf\e , ^t qu'elle ne consentiroit jamais à ce que^la France

OEOROES HI, A^

jMivoyât YUie Hotte daii3 la Baki<|ue 0n dans la Mé^kerraïuée.

Av^nt qju« hr4 Stormanl eûl reçu ces instrijiotionfi^ Seclode d'Aigmlloa dui ^voit av^ué le projet d'armement à Tou^ confé- Jan^ mais il avok déclaré en mém^ tQiii^ps qu'H n<ai^i 7rel*!im." d'autre but que d'apprendre à la flotte à mangauvrer. bassa- Après une assez Iwgue discussion , lord ^tormont fit ^oisetle pbserver au ministre fra»çois que, quoiqu'il n'eût {»a3 jninistre parlé d'abord 4e la Méditerranée », tout ce qu'il avoît (lit relativement à la Baltique àla^pliquoit également h Ji'autre mer; et .il lui demajuda si j^çllement la llott^ ne devoit sortir que pour manœuy^rer. P'Aiguilion répondit qu'à la A);érité U n'a voit ;pas <l'autF^ projet , mais qu'il seroit possible qu'on l'ei^pleyâJ; à seqaivir Ja Suéde. ,

(Lprd Stormont., .coiwainou psur cette réponse que le ministre frai^çois éloit .disposé à eng£iger les deux iroyaumes dans une nouvelle guerre,, et craignant qu'il nie ,prés«kPtjat à son\souverain d'une mamère infidèle les sientinvents du cabinet anglois, ^r.ut qu'il était con«yenable de Temettre au duc d'Aiguillon un mémoire pour (être ^Bfus sous les yeux du roi de France. Il en donna lavis à 3a cour, et dui annonça en même temps que l'escadre de Toulon serait prête à mettre en :mer ^ la.gn de mai. « Unjprompt armement, ajouta- t«il^ f sera le meiUeur moyen 4c conserver la paix. #»

Jj9l cour de Londres .envoya en conséqui^ce à lord i4«^nt-

f. 1 / • )•! > >ii^ 1 Mémoire

Stormont le mémoire q^ u avoit coneeule^ et donna ^ u cour des .ordres :pour un armemient maritime. ^^

Cependant un second conseil se tint à Versailles. P'AiguilIoû y exposa fidèlement les sentiments du ministre a^glois,^ et lord Stprmonft 4ii)qpiiiit jbientpt apiièa

abS HIStÔlkÉ î)*ANGLÉ*rERttÈ.

Les Fran- t|ue Tescâdre de Toulon étoit ou désarmée ou éonsidénoBcènt rablement réduite. Le duc d'Aiguillon lui-même le lui à 'a cfOD^rma, et liii dit que Toi^drë a voit été ddnhé de suspendre Tarniement ; que deux frégates seulémept mettroient à la voile pour FArchipel^ et ti^ois vaisseaux de ligne pour Brest.

Prépara- Lord Stoi'mônt, interrogé a son tour sur les prépafpendus" natifs maritimes de l'Angleterre, répondit au duc d'Aide pan ei guillon que la Conduite du roi de France régleroît celle

d'autre. , * • . t^ i • ; i • • /?

de son souverain. Peu de jours après, le mmistre françois apprit officiellement que l'armement étoit suspendu jusqu'à nouvel ordre.

Ainsi , grâce à la manifestation heureuse d'One réso* lution énergique et modérée à^la-fois, l'Angleterre nori feulement évita les malheurs d'une guerre, mais encore servit la cause de son allié et facilita la pailc, qui fut conclue l'année suivante entre la Russie et la Porte (i).

Février. Le succès de ccttc affaire ne fit pas une grande sensation en Angleterre. Les divisions intestines de la faction opposée au gouvernement avoieiit considéra-» blement affoibli son pouvoir. Ses chefs avoient recours à des points généraux de législation pour exciter Tinté-»

Résolu- rêt public. Sur la motion de Falderman Oliver, la coui* ses par la des aldermaus décida : « Qu'un appel fréquent à la par-«

eue de „ i[^ constituante de la nation, au moyen de^ parlements

relative- « de courtc durée, étoit un droit indulîitable, et le seul meut a la «moyen d'avoir et de conserver une/ représentation

durée du J ^

parle- . « réelle. 1» Par suite de cette décision, le conseil-commun fut convoqué. Il prit un arrêté semblable, et pro"

ment.

1 1 mars/

(i) La flotte angloise fat rassemblée à Portsmouth, au mois citf juin. Le 22, le roi alla visiter ce grand boulevarcl c(e la nation, %^ se fit aimer de tout le monde par son affabilité et «a bontév

posa un serinent par lequel les candidats de la cité, à chaque élection à venir, s'engageroiei^t à faire tous leurs efforts pour obtenir des parlements annuels, ou du moins des parlements triennaux.

Le conseil de la cité vota également de nouvelles Adresse adresses, pétitions et remontrances sur les élections tranccaa dé Middlesex, Femprisonnement des magistrats et l'ex- roi. clusion de M. Wilkes. On demanda également la dissolution dii parlement et le renvoi du ministère. Lorsque cette adresse fut présentée aii roi, il répondit qu'elle 36 mars, étoit si dénuée de fondement et rédigée dans des termes tellement irrespectueux, qu'il étoit convaincu que les pétitioîinairès eux-mêmes ti'avbîeiit pas crû sérieusenient qu'on pût y avoir égard.

On fit inutilètiient de nouvelles teiitatives pour rani- Tentatiiher l'enthousiasme populaire eii faveur de M. Wilkes. ^ranimer Dans une invitation aux membres de la chambre, les la popwsîiérifs comprirent M. Wilkes {)armi les députés du wilkes. comté et de la cité , et ils omirent M. Luttrell. M. Wilkes , de son côté, écrivit au président pour réclamer de nouveau ùfa siège à la chambre , et s'emporta en invectives , suivant son usagé, contre la liominatioii de son compétiteur, il demanda un certificat de son élection : on le lui refusa. Il en porta plainte à l'avocat du roi Glynû, qiii en référa aii parlement, et fit inutilement une motion pour que M. Wilkes reprît ses fonctions. Sir Georges Savile profita dé cette occasion pour renouveler sa motion relative aux droits d'élection. Elle fit liaitre une discussion ; mais là chambre la rejeta (i).

M. Wilkes , qui ne se faisôit point scrupule d'offenèer ^ juin.*

(i) ioi voix contre i5x.

II fait la le roi , et qui ne ctgonoissoit ni délicatesse ni bienséance , " ^ine" ^^ ""® motion dans le conseil de la commune pour qu'il adresse fût présenté à sa majesté une adresse de félicitation sur rheureuse délivrance de la duchesse de Gloucester. Cette tentative, d'une basse et grossière insolence, fut combattue comme étant un outrage au monarque. Elle EMe est fut rejetée, parceque l'usage de la cité étoit de ne ^ej^' ®- présenter une adresse de ce genre que pour la naissance de l'héritier présomptif de la couronne. Calorn- Les libelles contre des membres des différents con- Wilkes seils de la cité ne devinrent pas moins nombreux que contre ^eux coutre la cour et les courtisans. M. Wilkes, dans maire. Une fcuille publique, accusa le lord-maire, M. Townshend, de violence, de tyrannie, de négligence des affaires publiques, de mépris de l'ordre et des bienséances, et de la plus basse parcimonie. Cette insulte 10 »ept. le fit mander devant la cour des aldermans; mais loin de se rétracter, il se glorifia de l'accusation qu'il avoit portée, et il ajouta même aux premiers griefs là partialité et la cruauté. Il fut ensuite présenté comme candidat pour la place de lord-maire; mais il échoua. 17 Dov. L'alderman Bull fut élu, et lors du vote de remerciements au magistrat sortant, on fit la motion de censurer le libelliste qui l'avoit calomnié ; mais cette motion fut retirée sur la demande de l'alderman Townshend lui-ménie.

État de L'esprit de mécontentement et de trouble régnoit * encore en Irlande. On n'y pardonnoit pas la prorogation subite du parlement. Ceux qui en avoient conçu le plus fort ressentiment mirent à profit l'intervalle des sessions pour augmenter les forces de leurs amis et concerter de nouvelles mesures. Durant la sépara-

tion du parlement , lord Shannon et M. Ponsonby furent renvoyés de leurs places ; et la minorité espéra qu^ils se joindroient à elle et la fortifieroient de toute leur influence.

Le lord-lieutenant convoqua le parlement et lui tint a6 fëv. un discours conciliant. Il annonça que les primes pour ^77^* lexportation des toiles étoient continuées et même augmentées; que, grâce à une économie sévère, les droits accordés dans la dernière session sufâroient aux dépensés de Tannée, et qu'on ne demanderoit aucune augmentation. Il témoigna sa satisfaction de pouvoir coopérer avec le parlement au bien public, et dit qu'il seflattoit que, par leurs effbrts mutuels, cette session auroit une fin aussi heureuse que prochaine.

Le lendemain , au moment où Ton s'occupoit de voter 27 fév. l'adresse, un attroupement, armé de bâtons et de cou- lace^en-" telas, entoura la salle des séances du parlement, et tourela voulut contraindre plusieurs membres à prêter serment séances

de voter comme on le leur ordonneroit. Quelaues per- **" parle-

, , ^ 1 r ment,

sonnes, connues par leur attachement au gouvernement, s'y étant refusées, elles furent insultées et maltraitées. On ne put parvenir à apaiser le tumulte sans le secours de la force armée.

Les adresses éprouvèrent dans les deux chambres . Opposiune violente opposition. Un paragraphe, dans lequel ^*?"®^* on remercioit le roi d'avoir continué lord Townsbend dans se$ fonctions de lord-lieutenant, donna tieu à une protestation énergique, signée par quinze pairs. Elle se terminoit ainsi : « La modération, la fermeté » dans les affaires, les égards envers les personnes de «, tout rang, et un système régulier d'administration , r( étant, ds^nç .notre opinion ; indispensables pour con-

Protestation.

IIÎX fllSTOlKE d'aNGLETEKRE.

« server la dignité du gouvernement , nous ne pouvons , « sans blesser la vérité et la justice, remercier le roi «d'avoir continué le pouvoir d'un gouverneur qui , « au mépris de tous les usages et de toutes les bien- « séances, dont ses prédécesseurs ne s'étoient jamais • . «écartés, n obéit qu'au caprice le plus arbitraire, et « nuit aux intérêts qui lui sont confiés , en opprimant « le pays et en vexant les particuliers, de quelque con- « dition qu'ils soient. » Le président de la chambre des Démis- communes, M. Ponsonby, donna en même temps sa M. Pou- démission de la présidence , et déclara ,• dans une lettre, Tniils qu'après ce qui s'étoit passé à la dernière session, cette 1771, adresse tûi paroissoit déroger à la dignité de la chambre. Il fut remplacé par M. Pery. Le roi fit à l'adresse une réponse très obligeante. La session ne présenta aucune affaire importante.

Efforts «V Pendant la séparation du parlement, ^les écrits se *tioo/" nattltiplièrent sur la situation de l'Irlande et sur la conduite du lord-lieutenant. Le parti de l'opposition se prépara à renouveler ses attaques avec une nouvelle 8 oct. vigueur, A l'ouverture de la session suivante, le vicesuWaiite. roi observa dans so» discours que les revenus étoient tombés bien au-dessous de ce qu'il» dévoient être, et il attribua- en grande partie ce déficit aux primes allouées par le parlement et aux dépenses occasionée» par les travaux publics.

Opposi- L'opposition essaya de nouveau ses forces dans les

lion aux , ' * ••

adresses, deux chambres, en attaquant les adresses. Ghez les pairs, la minorité, ayant à sa tète le duc de Leinster et lord Moira, prétendit que les déficits dont se plaignoit le lord-lieutenant ne provenoiènt point des causes* quil leur assignoit, mais de Tincoiistitutioiitialité de k

GEORGES III. ^l3

•dernière prorogation.. Les pairs ^ qui composoienl cette Protesta^ minorité, ayant échoué dans leurs efforts pour faire "q"^ rejeter Tadre^se (i), se réunirent pour faire une pro- l'jji. testation.

Dans la chambre des communes, plusieurs orateurs renommés se distinguèrent en s'opposant à Fadresse. Ils prétendirent qu'il étoit impossible d'y adhérer avant d'avoir pu juger, par les comptes remis à la chambre, si le déficit dans les revenus devoit être réellement attribué à des opérations patriotiques, ou s'il ne pro* venoit pas plutôt du grand noiubre de places et pensions distribuées si libéralement aux membres qui coïïot posoient le parti de la. cour. Ils attaquèrent également avec vigueur le. lord-lieutenant, pour avoir prorogé le parlement. Les mesures du gouvernement Be furent pas défendues avec moina de talent. Le vote de la dernière session , pour remercier le roi- d'avoir continué lord Townshend dans ses fonctions ,Tut présenté commue une preuve de la mobilité d'opinion de ceux qui maintenant l'accusoient avec tant d'ardeur, et de leur désir d'entraîner la chambre à des fautes. Après une discussion qui dura jusqu'à trçi s heures et demjie du/matin, l'adresse ful^ adoptée. Nou-

Le parti de l'opposition ne fut ni déconcerté ni dé- ^ forts L courage par cet échec. Ses forces s'aufi;mentoient à Topposichaque division, et il persicvera avec toute 1 ardeur qu'inspire l'apparence du succès. Pendant quatre jmois, les séances de la chambre ne finirent qu'à dix heures, et se prolongèrent fréquemment plusieurs heu-= ^ ,, res après minuit. Presque tous les jours, une nouvelle attaque étoit dirigée contre le gouverpiement. Lors-

(i) L'adresse fut adoptée h une majorité de aot toIx contre i5i.

2l4 HISTOIRE d'aNGL^TERRE.

qu'on délibéra sur la proposition d'un nouveau conseil des comptes, l'opposition, après une longue discussion, ne fut vaincue que de cinq voix (i), et elle réimporta un triomphe complet par le rejet d'un bill de subsides.

Bill de Un acte du parlement irlandois, relatif aux moyens amendé ^^ Icvcr des subsides , fut envoyé en Angleterre. Le en Angle- gouvernement y fit des amendements sur trois points r^e^tëen importants; et à son retour en Irlande il fut rejeté Irlande, g^ns division , après une discussion animée. Cependant la chambre des communes, pour éviter les malheurs qui pourroient résulter du défaut de subsides , dressa un nouveau bill semblable au premier, et y inséra même deux des trois amendements qui l'avoient fait rejeter. Ce bill fut lu trois fois dans la jnême séance, ' ^^"^' et envoyé aux pairs en moins de deux heures de temps. Le président, en présentant le bill au lord-lieutenant, l'assura de l'inviolable attachement des communes au roi et de leur zèle pour son service.

Augmen- ^^ gouvernement excita encore un grand mécontentation du temcnt par l'augmentation du nombre des agents du

nombre „ *■ , , n . > i

des agents hsc, en soumettant les douanes et [accise a deux condu Hsc. ggjjg géparés. Cette augmentation occasiona une nou- 1772. velle dépense de seize mille livres sterling par an, mais qui fut amplement compensée par la répression de la fraude. Le parti de l'opposition allégua qu'une grande partie des agjents du fisc habitoit l'Angleterre, et que l'augmentation de leur nombre ne tendoit qu'à acquérir au gouvernement un patronage plus étendu. La chambre des communes prit une résolution, tendant à

(i) ia4 voix Contre 1 19.

GEORGES m. 2l5

manifester sa désapprobation de cette mesure avant . qu'on sût que le roi l'avoit adoptée. Lorsque la présentation du bill fut connue, les communes déclarèrent que Taugmentation du nombre des agents du fisc audelà de sept étoit une mesure contraire à l'opinion de la chambre (i). Un bill fut présenté pour limiter le nombre des gens en place qui pouvoient siéger au parlement ; mais il fut rejeté.

Cependant le nord de Tlrlande étoit inondé d'une Les cceun bande de brigands féroces, qui, sous le nom de cœurs ^ ^ d'acier^ commettoient les violences les plus graves et les crimes les plus atroces. Ils étoient en assez grand nombre pour tenir le pays dans des alarmes continuelles, et on ne pou voit réprimer leurs violences sans le secours du militaire.

Des efforts aussi constants de l'opposition, souvent N^godasuivis du succès, et des insurrections aussi fréquentes e,^prunt? affoiblis^oient le gouvernemept et ruinoient le crédit public. La perception des revenus étoit tellement entravée et les dépenses si excessives, par suite des mouvements populaires, qu'on fut obligé de soumettre au parlement un déficit très alarmant, qui se faisoit sentir depuis plusieurs années, et avoit toujours été en croissant. La chambre des communes proposa de venir au secours du gouvernement en votant un emprunt de deux millions sterling; mais il étoit difficile de décider les capitalistes à avancer la somme demandée, sans

(i) Le partage fut égal, io6 voix de chaque côté. Le président donna une voix prépondérante pour i affirmative. Cette décision étoit nulle de fait, le roi ayant déjà nommé les commissaires avant de connoitre l'opinion de la chambre. Mais la force de l'opposition montra quelle étoit l'opinion publique.

^l6 HISTOIKE d'aNGLETEBRE.

autre garantie que celle des impôts votés pour deux ans seulement, lorsque les efforts de Topposition a voient grevé le revenu fixe d'une dette annuelle de cinquante mille {ivres sterling, et que la turbulence de la populace étoit en quelque sorte sanctionnée et excitée par l^s attaques réitérées contre la constitution. Fm de la ^ ^^ clôture de la session , le vice-rpi donna son apsessioD. probation à plusieurs actes ; mais il se plaignit de la modicité des subsides, et affirma qu*ils ne pourroient suffire, à moins d'une augmentation considérable dans g oct. les revenus. En terminant son discours, lord Town- Rappel shend parut prendre congé. Il fut effectivement rappelé Towns- ÇQ Angleterre avant la nouvelle session (i). Lord Hara8*nov. co"'*^» q"î ï^ repiplaça, fut reçu par les Irlandois avec t.ordHar- de grandes démonstrations de joie. Cependant le mé^ nommé Contentement dominoit encore généralement. Il circula lord-lieu- jgs bruit«| cxagérés, tendant à faire croire que des émv grations inquiétantes et considérables avoient eu lieu de toutes les villes et des comtés manufacturiers du royaume (2).

^AméH- L'esprit de mécontentement et d'opposition, qui que. a voit déjà jeté tant d'embarras d^ns le gouvernement de FAmérique, prit alors un caractère plus grave, et finit par produire les événements qui séparèrent les colonies angloises de la mère-patrie.

(i) Le rappel de lord Townshend ne fut point une disgrâce. -On le nomma grand^maitre de Tartillerie. La haiiie qn*aToit excitée contre lui son administration fut telle, qu*il fut obligé de se battre en duel { a février 177$ ) avec lordBellamont, qui fut dangereusement blessé, nais se rétablit.

(2) Voyez à ce sujet ce qu'ont rappqrté les papiers publics.

CEOBGES IIK 217

La suppression des droits. sur les marchandises en Amérique ne suffit pas au parti de ropposit:ion dans les colonies. L'exception relative au thé lui fournit l'occasion de publier, que, .quoique l'Angleterre eût échoué deux fois dans ses efforts pour établir des droits, elle n'y avoit cependant pas renoncé, et qu'elle n'attendoit qu'une circonstance favorable pour mettre ses projets à exécution. Cette opinion n'étoit pas dénuée de vraisemblance, et on la répéta plusieurs fois dans des écrits périodiques pour exciter le mécontentement; mais, malgré les défiances et les inquiétudes qu'on réveilloit sans cesse, il étoit difficile d'entraîner à la révolte la majorité de la population par des allégations purement théoriques et conjecturales. Les relations n'étoient cependant point redevenues franchement amicales. Le thé de 4' Angleterre étoit encore un article prohibé; et les habitants des provinces de la Nouvelle-Angleterre conservoient avec soin leurs sentiments de haine, qu'ils espéroient enfin faire partager aux autres colonies. Ces républicains déterminés n'auroient pas même été satisfaits par l'abolition entière des droits ; ils vouloient que la mère-patrie fit de telles con- . cessions que l'Amérique fût entièrement indépendante,

La translation de la législature de Boston à la ville Contestade Cambridge, qui en est éloignée de quatre lieues, **'^"V autorisa la chambre des représentants à adresser des ville de plaintes énergiques à M. Hutchinson, successeur de ^^^^^'^^^'^^ sir François Bernard dans le gouvernement de la pro- le couvince de Massachuset. Ils lui envoyèrent un message Hutellin-^ pour demander leur rétablissement à Boston. Il leur son. répondit qu'il ne pbuvoit accéder à leurs désirs san^

2l8 HISTOIRE d'aNGLETERRE.

y être autorisé par le roi, mais qu'il en solliciteroit la permission , et qu'il avoit l'espoir de l'obtenir pour une autre session.

^^ Cependant, avant la fin de la session actuelle, il

ap,ents . , \

du fisc, jugea nécessaire de renoncer à ce langage de conciliation. L'établissement d'un conseil des douanes et les pouvoirs confiés aux agents du fisc furent les motifs de plaintes les plus graves que l'Angleterre eût encore donnés. Les membres de la législature de la Nouvelle- Angleterre ne pouvoient mettre au nombre de leurs griefs la répression de la contrebande ; mais ils eurent recours aux ruses et aux chicanes les plus injustes pour opprimer les personnes chargées de protéger la recette des deniers publics. Pendant les années précédentes, ils avoient établi l'usage de soumettre les agents du trésor qui demeuroient dans le pays, à payer une taxe sur les profits auxquels leurs charges leur donnoient droit. Des représentations eurent heu à cet égard ; et le gouverneur eut ordre de refuser son adhésion à de pareilles lois, sur quelque prétexte qu'elles pussent être fondées.

4 juillet La législature ayant rendu une loi, dans là forme ' 77 ' • nouvelle, pour répartir une taxe de quinze cents livres sterling, le gouverneur lui fit connoître, en termes très modérés , les ordres qu'il avoit reçus , et déclara que l'article du bill, qui autorisoit la levée de la taxe sur les bénéfices, n'étoit point valable et ne pou voit s'appliquer qu'aux employés appartenant spécialement à la province; mais qu'aucun agent du gouvernement, employé momentanément dans le pays, ne pouvoit être soumis à une taxe pour des profits auxquels il

avoit droit par ses charges et emplois en Anjjleterre ou dans toute autre partie des domaines du roi.

Cette notification fit naître une discussion animée. 5 juillet.

Adresse

On communiqua à rassemblée une copie des instruc- ^^ Yastions qu'avoit reçues le gouverneur; et elle vota à semblée. l'unanimité une adresse dans laquelle elle témoigna combien lui causoit de surprise et d'alarmes la raison qu'alléguoit le gouverneur pour refuser sa sanction au bill. « Nous ne nous occupons point, dit-elle, des rece- « veurs des douanes ni des impôts que le roi a le droit « d'établir dans l'Amérique septentrionale; mais nous « nous occupons des tributs levés par la force sur des « habitants à qui leur droit de propriété devroit laisser « l'entière disposition de leurs biens. »

Le refus du gouverneur de ratifier l'allocation de Rcmoncertaines sommes d'argent en faveur de MM. Bollan et **ance de Bert, agents coloniaux, donna lieu à une remontrance; mais le gouverneur Hutchinson arrêta cette discussion en prorogeant l'assemblée. Dans son discours de clôture, il dit que, quels que fussent les droits de la législature en matière d'impôts, la couronne s'étoit réservé la prérogative de rejeter les lois; et, comme le rejet d'une loi d'impôts, lorsqu'elle est^déja en partie exécutée, pouvoit causer de grands embarras, le roi, dit-il, a donné une preuve irrécusable de sa tendresse paternelle, en retranchant ce qui ne pouvoit être approuvé. Il promit en outre de faire connoître au roi son message et la réponse extraordinaire de l'assemblée.

Le système d'opposition qu'avoit suivi l'assemblée Pro^^^rès étoit si ferme et si persévérant qu'on ne pouvoit douter *^<^f ^PP» qu'il ne fût le résultat d'une coalition forte et générale.

a20 , HISTOIBE D ANGLETERRE.

Depuis le commencement des contestations entre le» colonies et la mère-patrie, toutes les mesures prises par le parti populaire ne tendoient qu'à accroître ses forces et à assurer le succès de ses projets ultérieurs. Lorsque la tranquillité paroi$soit rétablie, le gouvernement, satisfait de ne plus voir de sig[nes de mécontentement, bahnissoit toute inquiétude. Le parti de l'opposition au contraire craignoit de voir cesser l'exaspération publique, et il entretenoit les soupçons et les alarmes en ranimant les anciens sujets de contestation, et même en en suggérant de nouveaux, soit réels, soit probables. On exposoit aux regards du peuple des gravures et des tableaux propres à l'irriter. On célébroit chaque année, comme une fête, le i4 août, anniversaire de la destruction d'un édifice appartenant au gouverneur. La populace Favoit démoli, dans la supposition qu'il devoit servir au bureau du timbre, et avoit contraint, sous l'arbre de la liberté, le directeur du timbre à donner sa démission de sa charge. Le 5 mars, anniversaire du prétendu massacre de Boston, étoit consacré par des prières, dans une des églises non-conformistes. On publioit continuellement des listes de griefs imaginaires. On disoit au peuple que le noinistère avoit formé le plan de lui ôter sa liberté : on le conjuroit, parce qu'il devoit à lui-même, à sa patrie, à son Dieu, à la mémoire sacrée de ses ancêtres et au bonheur de ses descendants, de se lever pour la cause commune. On l'excitoit encore davantage en lui parlant de la dépravation du peuple an^lois, de la vénalité du parlement, de la corruption des ministres. Le roi lui-mêmç n'étoit pas épargné dans ces calomnieuses imputations. On représentoit le royaume d'Angleterre comme un

6Ë0Â6ÊS lit. H^t

vieux édifice qui àvoit fait autrefois Fadmiration du monde, et qui mainteDaut, miné par sa base, étoit menacé d'une ruine entière. On faisoit ensuite remarquer aux habitants les progrès rapides de leur puissance, qui étoieht une preuve certaine de Findépendance prochaine de TAmérique. Les ministres presby-' *;

tériens préchoient en chaire les mêmes doctrines ; et , au moyen de solennités religieuses , d'invocations au ciel, et de tout Tascendant que leur donnoient leur habit et TafFection du peuple, ils ajoutoient une nouvelle force aux principes que leur auditoire avoit déjà puisés dans les journaux. Les amis du gouvernement ne pou voient avoir recours aux mêmes moyens, ni même aux moyens ordinaires , pour défendre leur cause , la presse étant entièrement asservie au parti contraire. On menaçoit les imprimeurs de les ruiner, s'ils publioient des écrits en faveur du gouvernement ; et l'un d'eux, ayant osé le faire, fut forcé de quitter le pays.

La législature étoit entièrement soumise à un comité Influence composé des membres, les phis actifs du parti popu- semblée. laire. Ce comité rédigeoit en secret les décisions favorables au peuple et toutes les mesures violentes. Sa politique consistoit à noter les votes de chaque membre. On les publioit dans la gazette du lendemain avec les noms des représentants qui s'étoient exposés à la haine et au mépris par leur sévère équité. Il étoit aisé de supplanter, dans de nouvelles élections , des hommes qu'on avoit ainsi voués à Fanimadverston de leurs com^ mettants. Ce n'étoit pas un malheur d'une grande importance de ne pas être nommé; cependantS lorsque le candidat malheureux étoit représenté comme l'ennemi

de son pays., il étoit exposé à mille insultes. On Fempéchoit de continuer Texercice de sa profession, et l'existence de sa famille devenoit très précaire. Cette terreur avoit une telle influence sur les membres de l'assemblée, qu'il en étoit très peu qiyj eussent le courage de s'opposer à l'opinion populaire. L'unanimité apparente de l'assemblée encourageoit les factieux qui n'en faisoient point partie; et le parti populaire, parmi les représentants, deveqoit plus hardi par le succès de ses adhérents dans la ville (t)., EtHt dé- rpgi ^jqJ^ Yéi^i du corps législatif. L'administraûfcn

pendant . ^ ...

des juges, de la justice ne pouvoit pas inspirer plus de confiance. Quoique le roi nommât le gouverneur et les juges, et les conservât en fonction^ suivant son bon plaisir, ils étoient cependant dans un état de dépendance pour leurs traitements, qui étoient votés par la lé^gislature coloniale. Ces traitements ne répondoient point à la dignité de leurs fonctions, et n'étoient pas en proportion avec ceux des autres employés du gouvernement. Ils avoient souvent demandé une augmentation, mais inutilement ; et leur dépendance bien connue diminuoit leur autorité. Ils recommandoient vainement aux grands jurys de réprimer les émeutes et les insurrections. Les jurés, qui étoient toujours pris dans le parti populaire, ne donnoient aucune attention aux instructions qu'ils recevoient d'hommps dont le peu de fortune rendoit moins respectable qull n'auroit dû l'être le rang qu ils opcupoient dans la société. On laissoit impunis les \ibelles réitérés contré les goiiverneurs et les jug^s,

(0 f^oyez Massaehusetensis, ou recneil des lettres de M; Lenarn, lOôinLre du coaseil de M^ssachuseï , imprimé (^ Boston , et réimprime à^ Londres par Mathçws ei? 1776; lettre a.

eEOKGES Iir. 223

quoiqu^il y eût des preuves évidentes. La faction popalaire étendoit son influence sur toute l'administration de la justice. Les jurés, même dans les affaires de propriété, rendoient leurs décisions d'après les relations politiques des parties; et les juges, retenus par le sentiment de leur dépendance, n'osoient point i;ivoquer la loi pour annuler ces décisions iniques (i).

Le ministère, sentant la nécessité de faire cesser 1772. cette honteuse sujétion, ordonna, en vertu d'un acte f^^*^®' du parlement, aux gouverneurs des provinces de refu- converser leur adhésion à tout acte par lequel il leur seroit " ece* oir* fait une donation ou présent par l'assemblée ou par ^^» doDatoutes autres personnes. Cet ordre devoit être exécuté, sous peine de destitution.

La chambre des représentants de Massachuset adressa ^«i. un message à M. Hutcjiinson pour lui demander si on je Tasavoit pourvu à ses besoins, comme gouverneur, d'une semblée, autre manière que par les dons accoutumés qu'il recevoit de l'assemblée générale. Il répondit que le roi, en vertu d'un acte du parlement, lui avoit alloué un traitement fixe et proportionné au poste qu'il occupoit; et il ajouta qu'il ne pouvoit , sans une permission spéciale accepter les dons qui lui seroient faits par la province ^ pour ses services ordinaires.

L^assemblée, éclairée par cette réponse, arrêta que l'acceptation , faite par le gouverneur, d'un traitement qui ne provenoit pas d'une décision de l'assemblée générale, étoit une innovation dangereuse, quilerendoit indépendant du .peuple, et que ce n'étoit point un gouverneur de cette nature que le peuple avoit

(i) Voyez Massachusetensis , lettre 3.

consenti à recevoir, lors de Toctroi de la charte. Elle protesta solennellement contre cette innovation, qui changeoit la constitution de la province et Texposoit au despotisme.

i3 juin. Malgré cette obstination de rassemblée, le ffouverlatarc ncur ctoit dispose à prendre des mesures conciliatrices;

revieat à ^^ g^^, j^ rapport favorable du conseil, conforme aux désirs du peuple, il ajourna la sessfon à quelques jours, et convoqua rassemblée à Boston. Quoique le conseil affirmât par serment que le gouverneur avoit le droit, d'après ses instructions, de transférer Tasseinblée générale à Boston , cette ville étoit encore livrée au trouble le plus violent, et l'insubordination s'y iDontroit dans toute sa force, sans qu'on pût la réprimer, ï-es L'établissement d'une commission et la répression

'^8c"sont active de la fraude portèrent le nîécontentement au plus

insuhés. y^g^^i degré. Lorsque les troupes furent éloignées de Boston, les agents du fisc se virent exposés à des ihsultes continifelles. Les magistrats ne réprimoient point les agresseur*, et les négociants les plus riches les ençourageoieirt ouvertement. Les personnes qui déplaisoient étoieiit dépouillées, enduites de gouclron, puis couvertes de plumes. Dans cet état, on les proraenoit dans les rues, au milieu des ris, des injures et àe§ voies de fait de la populace (i).

Incendie Les autres provinces delà NouvelIe-Angleterre étoient

Çnspee, animées du même esprit. Le brick le Gaspee étoit en

station a la Providence, ville du Rhode-Isïand, où se

faisoit un commerce considérable de contrebande. Le

lieutenant Doddingstone, qui commandoitcebâtiHicnt,

(i) Voyez i^Iinon's Collection, vol. i, p. 249*

OBOUGES III. 22S

s'étoit fait détester par sa vigilance et son activité. A 10 juin, minuit, deux cents hommes armés abordèrent le Gaspee dans des bateaux; ils blessèrent le commandant, et 9 après Favoir entraîné de force lui et son équipage sur le rivage, ils brûlèrent le bâtiment. Les auteurs de cette entreprise audacieuse ne furent, jamais découverts, quoique le gouvernement eût offert une récompense de cinq cents livres sterling et le pardon aux complices (1).

Pendant la séparation de^la législature de Massa- P«>j«t d« chuset , le bruit courut ( et le fait étoit vrai ) que le traiteministère avoit rintention d'allouer, non seulement au ™®°^ ^^* gouverneur, mais encore aux juges, des traitements payables sur les revenu^ publics. Le parti populaire prétendit que c'étoit un plan ministériel pour mettre les juges dans la dépendance de la couronne; et la presse multiplia de nouveau les invectives contre le gouvernement. L'Angleterre, disoit-on, ayant échoué dans la tentative de réduire par les armes cette province à un état de servitude, veut arriver au même but en corrompant la justice.

Les représentants choisirent Faneuil-Hall pour lieu de rassemblement, et s'y réunirent pour s'enquérir des fondements de ce bruit. Ils écrivirent au gouverneur que les personnes les plus considérées du pays étoient alarmées d'une nouvelle qui se répandoit. On devoit, disoit-on, compléter Fesclavage de la province, en donnant à la chambre des communes de l'Angleterre le droit de disposer de l'argent des habitants de la colonie sans leur consentement. Ils lui demandèrent ce

(1) $tedi9i(D.

a26 HISTOIBE d'àn^leterbe.

. qu'il savoit à ce sujet. Hutcbiiison répondit qu'il ne

eroyt)it pas devoir communiqué à aucmne assemblée

$a correspondance comme gouverneur, ni hii faire

eonnoitre s'il avoit ou n'avoit pas reçu des notifications

relatives aux affaires du gouvernement; Gètte répoiise

ne parut point satisfaisante. On nomîna un comité pour

demander au gouverneur de convoquer l'assemblée. li

On nom- j^Qsa et motiva son refus. Les représentants t-ésolurem

comité de alors d'adresser au roi une pétition contieiiant leurs

**®'^*" plaintes «t griefs, et ils éflablirent un comité de corres-

ce. poiidan<^e avec les autres provinces.

pBscnra- . On avoit déjà éprouvé cembien étoit désastreuse cécomité. ^'influeUce de oés Comités, dont l-inventioÀ en Amérique est attribuée à Franklin ( i ). • Les comités étoient nommés en général par les as-

^(i) Cette invention e$t bien pins ancienne. Les comités de cc»rrespondance furent établis par les républicains, sous Charles I. Ce fu-* rent probablement les conseils de Franklin qui les firent renaître en Amérique.

Un écrÎTàin aitaéricaîn, éxakant les effets ' qu'aVoient déjà produits ceS comités , et prévoyant j^ parti qu*on devoit en tirer dans d'autres p^iys, s'exprime en ces termes : « Si on se rappelle combien d'états ont perdu leur liberté , par le défaut de communication et d'union entre leurs provinces , on peut croire que les comités de éorrespondance sont destina par la Providence à produire de grandi évétf'pments. Tout cq qÙQ Téloquenc* et les talents de Dém&stbèneÉ n'auroient pu faire dans les états de la Grèce, on peut l'obtenir pap un moyen aussi simple, La Castille, l'Aragon , Valence, 'Majop- '^ue, etc., gémissant sous Toppression de Charles V, éclatèrent eh transpoîts de r»ge-, et prirent les armes contre lui; mais ces provinces, n'ayant j aidais étHabS de communications entre elles, furent sub-' }aguées les unes après les antres. Si don Juan Padilla ou sa femm« eussent créé un comité de correspondance, peut-être la liberté de l'Espagne eût alors pris naissance. « Fo^** Almon's Remembrancer, toi. I, p. 33.

GEORGES Ilf, àlf

semblées des villes, et composés des membres les plii9 violents de ropposition. Ils avoîeïit ainsi, soiis la sanc^ tion apparente de leurs villes, un moyen secret d'âp^ peler la vindicte publique sur les personnes qui léu^ déplaisoiént^ en les représentant comme des èriheihis de leur pays. De» hommes recommsinda^es par leurd principes et leur fortune étôiént insultés , dans leurs tôyages, par des gens qu'ils n'avoient jamais vus, et dont ils ne pouvoient s'expliquer la malveillance, La ^éditioii étoit ainsi propagée, et le mépris deé homme» et des actes du gouvernement répandu dans toutes lés parties de ce vaste continent. Par ce moyen les mêmes clameurs s'élevoient à-la-fois de {ant de points de \dk colonie, que cet accord unanime pouvoit paroltre miraculeux à ceux qui igiloroient ce qui se pratiquoit (i);

Le comité de Boston fit un rapport contenant une -*"^t'j déclaraâon de droits plus étendue que celles qui àvoiènt rëdig* paru jusqu'alors. On y nioit positivemerit le droit du ?°3^^ parlement anglois de rendre des lois relatives aux colo** de droitt. nies , sur quelque matière que ce fût. On y énuméroil les droits des habitants de la colonie et les violations de ces droits. On se plaignoit particulièrement de Vdctè de déclaration de l'année 1766. Par cet acte, disôit-on,' le parleméfnt anglots s'est empare du pouvoir législatif sur les habitants de la colonie , sans leur cônsenteïtieiit ; en vertu de ce pouvoir, il a soumis les colonies à dé nouvelles taxes, et y a envoyé de nouveaux fonction-» Aairés, qui, n'étant point autorisés par leur charte, àont eh opposition avec leur constitution. Oh fifiissoil^ par accuser le ministère anglois de vouloir compléter

(1) Fojrgz Magfachutettngis, l«ttr« 4*

338 HisTOinE d'angleterae.

le système d'esclavage commencé par la chambre des communes, en établissant par un nouveau règlement les traitements des juges et des autres officiers de la couronne.

Adresse Ce rapport ayant été approuvé dans une réunion des peuple, habitants, on en répandit six cents copies dans toutes les villes de la province. On y joignit une adresse aux citoyens, rédigée dans le langage ordinaire des factipns : on les exhortoit, « par ce qu'ils dévoient à la génération naissante, à ne pas s'endormir lâchement, à la veille de leur ruine , pendant que la main de fer de loppression arrachoit chaque jour les fruits les plus précieux du bel arbre de la liberté, planté par leurs dignes prédécesseurs au prix de leur fortune, et tant de fois arrosé de leur sang ( i ). »

GoAToca- Ces écrits ayant été répandus avec profusion et avec législa- quelque apparence de sanction de la part des atltorités , tore. 1^^ Hutchinson voulut, à louverture de l'assemblée générale, fournir à la législature une occasion de désavouer toute approbation donnée à des sentiments si dangereux, et il profita de cette circonstance pour insister sur la suprématie de l'autorité législative du parlement. Cependant l'assemblée n'étoit point disposée à renoncer collectivement à des droits que tous les membres qui la composoient avoient soutenus individuel- Ellenie lement. Elle nia dans son adresse la compétence du iëgbla- parlement, non seulement pour lever des taxes, mais tiye da encore pour faire aucune loi relativeaux colonies : elle ment, ajouta: « Si, dans les dernières affaires, nous nous « sommes soumis aux actes du parlement, c'est plutôt

(i) Stedman, toI. i, p. 82. Âlmon*s Collection, etc.

GEORGES m. 129

« par irréflexion on répugnance i combattre la mère- 4. patrie, que par conviction de la suprématie de Tau- • torité législative des parlements (0. »

On ne fîit pas long-temps sans agiter la plus délicate M«sM|f<t des questions populaires. La chambre des représentants aux traL vota des traitements aux luces pour leurs services de ^««««tt

i> ^ » j u r desjugef.

1 année. Le gouverneur ne se pressant pas de sanction- 23 janv. ner ce vote, on lui demanda de faire connoltre ce qui Ten empécboit, et on ajouta que le peuple étoit très alarmé de voir iixer par la couronne les traitements des charges de justice. Hutchinson avoua qu'il savoit que le roi a voit réglé ces traitements, mais que, n ayant reçu rien de relatif aux moyens de paiement, il avoit#etardé i donner sa sanction aux sommes votées, de peur que les allocations, faites par rassemblée en même temps que par le gouvernement, ne fissent un double emploi en tout ou en partie.

Cette réponse détermina l'assemblée à envoyer au n fév.

(1) Telle ^toit rinconTenance de celle adresse, qne rassemblée eUe-méme crnt devoir, d«DS nue .lettre du 99 juin 1778 au comte de Dartroouth, secrëtaire-d'état pour les affaires d'Amérique, rëtrsicter et justifier les expressions dont elle s'étoit servie. Cette rétractation n*eut cependant pas lieu sans dif6culté et sans hypocrisie. On accusa le gouverneur d*aToir inutilement, par son discours d'ouverture, obligé la chambre à s'occuper de Tantorité parlementaire. « M. Hutchinson a tellement pressé les deux chambres de lui répondre que nous nous sommes trouvés, dirent-ils, dans l'alternative de le faire ou de puroitre acquiescer aux doctrines de son discours, ce qui eût été avouer que la province étoit dans un état de dépendance très voisin de Fesdavage. Les réponses ont été l'effet de la nécessité, et cette nécessité a vivement affecté les deux chambres. Les habitants de cette pnovioce, mylord, aioutèrent-ils, sont de fidèles sujets du roi, e% se trouvent heureux de leur alliance avec l'Angleterre. » ( Stedman et Alraon. }

f5o HlSTOilE d'aUCLETERRE.

ffoUvtroentVLBe d^utatioo pour lui représeulèr « qli*ftu« €un jug^ qui tiendroît à la justice et à son honneori ne voudroit se trouver placé dans une fausse position f en acceptant un traitement qui le mettroit dans la dépendance de la cQurimae* » Les colons imputoient cette mesure à Figoorance où le roi étoit de leur constitua tton y et traitoient avec mépris les raisons que le gou« yemeur avoit données pour justifier le retard de: sa sanction» « Quand nous voyons, disoient-^ils , les nomt breuses tentatives qu'on a faites pour rendre nuls et inutiles dans notre charte les articles qui fondent la liberté de notre gouvernement , nou^ serions insensi^ blés à Iput intérêt public , si nous ne manifestions pas notre juste ressentiment. Nous sommes de plus en plus convaincus que le ministère a eu le dessein de détruire de fond en comble la coustitiition et d'introduire dans cette province un gouvernement arbitraire. Nous ne pouvons donc être surpris que le peuple en ait conçu de vives alarmes. Nous espérons que les juges refuseront de i'ecevoir leur traitement par une voie qui àé* plait à la partie désintéressée et judicieuse de la nation, qui est en opposition avec la charte, et qui com* ftromet notre sûreté, nos droits ^ nos libertés et nos propriétés^ »

ttutchin- Le gouverneur, contré Fattente des démap[0£;ues ^

son don- * ". ^ . ^, . u u »

ne sa donna ennn sa sanction au vote. Mais comme ra ques*

sanction ^j^jj devott ainsi rester suspendue plus long -temps

de l'ag. qu'il ne couvenoit aux projets de la faction populaire, Nouvelles ®'"'® *™38*^* ^^ nouveau moyen de Isi faire revivre, en

sommes i^tant de pareilles sommes pour Faniiée suivante. Le

IVefus^du gouverneur refusa sa sanction^ Il allégua qu'il n'y

couver- avoit aucun exemple, depuis la promulgation d^ la

OSOKGE4 III. aSi

charte, qu'o^ eftt allapé 4^9 s^mm»^ ajix jugi9s pour de^ neur de «ler vices à vepir i et, cpmpe cf^ ^UQiC«tiaii& prématu-' ^^onner' fées ^voient été ad^ptéçs très. peu i^ temps après la déclaration qu'il avoit faite à la chambre , il ajouta que ^ sanction parott^oit oçmti^aire aux imUotions du to\. .

Laauée 1773 vit lettre de Miobreuses causes de Activité ipécoi^tentement dans la NpuyeUe-Angleterre. La dist comitëf çttssion relative aux jMges ne fMt paiat abandonnée: el ^« correi^

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