‹ Histoire D'Angleterre Depuis 1760Chapitre 13 sur 26 · LIVRE XXHL · texte numérisé non relu

LIVRE XXHL

Condqke ç^pfiUie des habUaiits de Moissadrasec. ^ Le gé^ fierai Gag^e est nommé .gouveroeun -^.B^lec 4^ l'acte sur le port cj|e Boston. — assemblée de Ville. — . La Virginie embrasse la cause de Boston. -^ L'assemblée est, dissoute.

— Conduite de Philadelphie. — Et des autres colonies. — Adresse au gouvernements — Nomination des men^bres du cdngrèsr. -^ Nombiatioa d*un cïomité. — Assembfée de ¥ine à BesdtoD. -^ Admessè jdes eommérçéncs de 6a)em au gouyem^ur.. — Sa répoose. ^^ Ligue et aHiaiice solen-

,^ ne}lç. 7-; Proclapiation du gjçnéral- Gage. — Tentative de conciliation. — Arrivée des troupes* — Foripi^inn d'un nouTeau conseiL — Désarmement de la milice* ,^^r- Opéra*

' (ions du général Gage. — Il fortifie Boston-Neck. -7-. Vio-

* îence du peuplel — H s*arme. — AssemjDlléë de SufFolk.

-^ —Remontrance au générar Gajçfe. — Sa réponse. — L'assemblée se réunit malgré Tordre du» 'gouVernetïr. ^ — Proclamation du général Gage. — Congrès général à Philadelphie. — Débats secrets. — Instructions. — Le congres approuve les résolutions de l'assemblée de Suffolk^ — Déclaration de droits. — Adresse au peuple de la G;^nde- Bretagne. — Adresse aux colonies. 7- Adresse aiix habitants de Québec. — Pétition au roi. — Instructions aux agents Américains. — Dissolution. — Observations sur les opération» de ce congrès. — Effets du congrès. — Proclamation royale. — Insurrection dans le Bhode-Island. —

— Et dans le Newhampshire.

^'7^" Les habitants de Massachuset ne ecmnoissoient point

coupable eoçoFC les décisions du parlement anglois , et déjà its

irnts de" naanifestoient leur intention d'exaspérer la mère-patrie

Massa- par de nouveaux outrages. Les bâtiments chargés de

* '*^*** thé qui arrivèrent après la destruction des première»

-OIOITGBS ITT,. •' ^g?

^rgniSQDS furent traités. de la même manière; On pro* -

jeta un étaMissémtot dé! poste aiE^x lettres pour riva^ Jiser cdui du gouvernemem ; et; avant sa dissolution , Fasseipblée eut un: nouveau sujets oontestation avei: Je; gouyemepr. Bile décida que le docteur Franklin ^

comiûueroit à être :S0n agent à L<H:\dres , et Hutchinson refusa de ratifier la nomînaticMi et de sasctionnep le paieoielit de son traiteittent. .

Le ministère arrêta ^ entre autres mesurée, le rappel Le gêné- 4u gouverneur 'Hutehinsoov II fia* remplacé par le gé* ^^ ^^^^ néral Gage, qui avoit épousé une Américaine. Ce gé* m^ Q^^néral avoit lo«ig-temps commandé les troupes dans la ^ * province de Massachuset , et s'ëtoit fait respecter par sa prudence et son urbanité. Il ientr*a en fonctions smis les auspices les plus- décourageants, (^eiq^ies habitants de Boston [ayant vduln ^ suivant l'usage, envoyer complimenter Tex- gouverneur^' un grand nombre d^ cî^toyens s'y [opposèrent, et, la populace le pendit en effigie pour exprimer la haine et ^le mépris quHl lui inspiroit. Le général Gage reçut cependant les bonjieurs accoutumés de la part du;conseJi , des màgiètrals, du clergé, des troupes et des officiers ^de ville;

La nouvelle de l'acte sur le portde. Boston fut reçue ArrWée avec terreur^. indignâtimi. La sévérité de; ses dispo- pacte^gm» positions (i) et l'impossibilité de les éluder effrayèrent le port de

Bqsiqq.

(i) Cet acte port oit qu*à partir du i*' juin 17 74 9 personne ne pouvoit décharger ni recevoir une cargaison dahs le porT de BoslOd , sous peine de la confiscation de ia cargaison et du bâtiment. Tootf lactear qui recevoit' une cargaison dans son entrepôt êtaît Condamné à en payer trois fois la vfrknr, d'après une estiifwHon au' plus hgut pris. La barque qui ^ayottserfi étoit confisquée. Aucun* liâiimeiit ne pourroit amarrer dans le por< , tii rèster-en |Hititi& pjrèi'

:a94 RisTorRE d'augleterbe.

effet qtL*ilies factieux. La ville de Boston, dans i'încérCittide 9h pro m . ^11^ ^^^.^ ^^ j^^ autres cokoiies uniroient leur Cause à la sieùne, ou si dles tireroîent avantage de sa position malheureuse , se trouvoit livrée à la plus vive inquîé- 'x4 mai. tude et h la consternation la plus gi^ande. L'assemblée bfëe de ^onvoquée à ce sujet cessa de prendre dans ses déci- ▼ille. siops ce ton de fierté et de violence qu'elle avoit quelques jours auparavant : elle manifesta de la crainte, de rhésitation et de Tirrésolution. Elle déclara que, si les autres colonies se refusoieitit à toute relation commerciale avec l'Angleterre et les Indes occidentales, ji;isqu'à la révocation de l'acte , elles assureroient le ^alut et la liberté de l'Amérique septentrionale; mais qu'autrement , la fraude et l'oppression la plus odieuse s'éleveroient triomphantes sur les ruines des droits, «de la justice, du bonheur social et de la liberté de leur pays. Il étoit , disoient-ils, impossible d'exprimer comhwn cette loi étoit impolitique, injuste, inhumaine et prti<^lie ; et ils l'abandonnoient à la censure sévère de Dieu et des hommes. Des copies de cette déclaration furent transmises à toutes les colonies. On imprima * l'acte du parlement sur du papier bordé de noir. Oti le cria dans les rues comme un meurtre barbare et atroce, et dans plusieurs lieux il fut brûlé avec une grande : solennité. *

La pro-. Cependant l'inquiétude cruelle qui tourmentoit les Tirpinie citoyens ne fut point de longue durée. La chambre des

de la baie, six heares après Tordre de partir, sous peine de confiscatioD. Pbisieurs amendes ëtoient prononeées ponr les contraventions; et Tacte devoit recevoir sa pleine exéciitiôA'^ jusqu'à ce qu'on eàt donné satisfaction à la compagnie des Indes orientales, -et que 1« conseil du roi eût jugé que les habitants de Boston étoiçnt rèntffët dans la soumission aux loif^i,

CEOJiCEd III. ïl^i

représeatauts de la VirgiaiQ déclara que le jour où comr embrasse menceroît rexécution de l'acte «ur le port de BostoQ, * ^g"*® ^roit consacré ai» jc^ftne%et ^ l'bumiliation, afin d'ol^^ Bo§tb»^iir tenir .riBtervçatiqa diviœ pour^iupécher les ipalfaeurs ^

qui menaçoient les AraéricaUis , Tanéantisseioent d^ tous leurs droits, le fléau d'une guerre civile, et pour ^inspirer aux citoyens un Courage assee énergique pour l'ésister à tout envahf sseipent des libertés américaines*

Une usurpation d«s •droits du gouverneur, telle quç L'assem- Ja fixatiop d'un jeûne sans sa participation, jointe aux ^}^^^ «motifs qui avoî^t déterminé cett^ mesure, lui fit prendre la résolution de dissoudre rassemblée. Mais quatrevingt-neuf membres signèrent une proclamation, par laquelle ils dénonçoient, comme une attaque dirigée .contre toute TAmérique angloise, la tentative de soi^- .mettre une des colonies à des taxes arbitraires. Ils recommandèrent à leur comité de correspondance dje ^entendre avec les autres comités sur l'avantage qu'il .y auroît à nommer des députés des diverses colonies pour former tous les ans un congrès général qui déttbéreroit sur les mesures qu'il.convieodroit de prendi« .dans rintérét de l'Amérique. Cette pièce contenoit Yam veu d autres, projets , et exprimoit l'espérance de voir FAngleterre abandonner un système de taxation arbitraire , qui obligeroit les Américains , malgré eux , à renoncer à toute relation commerciale^

Les habitants de Philadelphie , à Texception des qua- Conduite kers, convinrent de suspendre toute affaire jusqu'au . ^®, ,

... .K, ■ j 1 Philadel-

premier jum, pour manitester leur accord avec les au- phie. très provinces , et ayoir le temps de réfléchir sur Tétat précaire des droits de TAmérique. Ils tinrent égale- ' ment une assemblée de ville. Leurs résolutions fqrent

^q6 nSTOI^e t'Atfl&tSTEBBE.

en bppositîoQ avec Tacté, ^t. jMMir un congrès. Ils firent une souscription en fayenr de^ malheureux habitante fit des au- tle Boston. Plusieurs autres colonies prirent successi- ^lûoiet; 'vcment de semblables |^é«olutioli's, et la cause de Boston fut épousée avec autant d ardeur que cette vîlk 'p69y6it le désirer.

»5 mai. Cependant rassemblée de Massacbuset se réunit pour la-dertkièrê fcHS à Boston, et procéda à Télection d'un conseil au jour prescrit par leur charte. Le général Gage', 06 ^eavrani la session , exprima son désir de concourir à' toutes les mesures qui tendroient à là ^ prospérité de la province , mais il annonça la nécessité

de transférer le conseil général à Salem. On lui demanda de fixer un jour pour un jeûne général. Il s'y refusa', et, craignant le mauvais effet d'une discussion prolongée , il ajourna la législature au 7 juin, et la convoqua à Salem. * Dans cet intervalle, le peuple fut instruit de la manière dont sa cause étoit défendue. Il eut la satisfaction d apprendre que ses souffrances excitoient une indignation générale, et que le jeûne du premier •juin étoit presque par -tout observé avec une rigoureuse exactitude. On prenoit des mesures en opposi* tion directe avec les intérêts de la Grande-Bretagne; le vœu pour un congrès étoit universel; et la pro\ince dé Maryland donna Tordre aux avocats de ne commencer aucun procès relatif aux créances de l'Angleterre, tant que. l'acte sur le port de Boston ne seroit pas révoqué (1). .

Encouragée par l'appui qu'on lui assnroit, la légis-

(1) TJn aorps respectable da commerçants signa une protestation contre cette résolation.

CEOBGBS III. 197

Utare saisit la première occasion d'insulter le gouver- AdretM iicur : ce fut dans sa réponse au discours d'ouverture, g^^^^. Elle coDimençoit par lés félicitations ordinaires, puis nement. faisoit connoitre qu'elle espéroit que Tadininistration du nouveau gouverneur fbrmeroit, en principes et en ODoduite» un heureux contraste avec celle de ses deux prédécesseurs. Le général Gage interrompit le président du comité, qui lui lisoit l'adresse, et refusa d'en* tendre des réflexions aussi indécentes sur des gouverneiurs dont la conduite avoit été approuvée par le roi; après avoir été examinée par le conseil-privé , qui lavoit trouvée irréprodiable. Elles lui paroissoient une insulte au roi, aux ]ords du conseil et à lui-même. *

La chambre des représentants nomma une députa- «^JV^"* tion au congrès général ; et ce fut dans son sein qu'elle tion des choisit cinq des membres lés plus distingués de l'oppo- '»«'JJJ|'** sition : elle vota pour leur usage cinq cents livres stérh congrès. Par cette allocation sur le trésor public, la chambre excédoit son pouvoir; et, le gouverneur ayant refusé de la sanctionner, elle décida que le paiement de cette soipme se feroit au moyen d'une contribution répartie entre les villes et les districts de la province.

^L'assemblée: prévoyant sa proroffatioh ou sa disstf- Nomina-

, . '^ . , ^ ,. . 1 , tion dutt

iution, nomma un comité pour diriger le peuple par comité. des proclamations qui, dans l'état actuel de l'opposition, auraient force de loi. Elle se bâta de présenter un rapport dans lequel on établit qu^ cette colonie, comme toutes celles de l'Amérique septentrionale, gémissoit depuis long-temps sous une autorité tyranni- : que; que ses respectueuses réclamations contre des abus intolérables étoient dédaignées, et qu'il paroissoit évident que lé goùvememélit anglois avoit pris la réso-

3^9^ HISTOIRE D^ANGLBTERRE.

n ■ luûotk de détruire entièrement la constitution libre dé l^Amériqne, d'établir une autorité arbitraire, et de ré^ duire les habitants à la servitude. On recommandoil ea conséquence aux Américains de cesser la consommation du thé et des autres marchandises, importées dé rinde et de l'Angleterre, jusqu'à ce qu'on leur eftt rendu justice, et d'encourager autant qu'il serait pos* ttble les manu&ctures de l'Amérique.

Quoique le comité «eût l'intention de tenir sécrétés 3es. résolutions, et cherchât à tit>mper le gouvemear, m feignant de s'occuper de mesures conciKatiices, fl ne put cependant parvenir à cacher ses véritables intentions; et le général Gage envoya le secrétaire di»aoudre rassemblée. Cet offîcier, ayant trouvé les portes fermées, fit avertir le président qu'il étoit chargé d'an message pour la chambre ; mais l'assemblée refusa d'ouvrir ses portes; et le secrétaire, en présence de plusieurs membres , proclama sur l'escalier la dvssohilioB du conseil-^général* La diambre considéra l'adoption , de ses décisions comme un avantage réel remporté sur le gouverneur.

Assem- Malgré la dissolution du corps législatif, ilse ttot ▼iiîe à* ^^^ assemblée de ville à Boston. On y prit plusieurs Boston, résolutions, et il y eut ordre de les transmettre, par les comités de correspondance, aux autres colonies: elles contenoient des assurances du zélé et de l'activité de la provincefje Massachuset, et le vœu général d'un congrès.

Adresse ^ Salem , les commerçants et les francs-tenanciers ^^* présentèrent une adresse au eouverneur, dans laqueHe

Xîoinmer- * . " ^

çants de US le complimentoient personnellement , et censuroiedt iilem ««.hautement les mesures qu'il étoit chargé de faire exé-

.4iHer. Ils déplovoient Je.4ôrt des haUiants de Bostoa, «^^f^f^ let refutûiant de profiter des avantages qu'ils pouvoient ;«tirer d'uae loi qui tranaférûit datis leur ville le eomr .merceide la capitale. «La nature, disoient-ils , napas .voulu, ea formant, ce port, qii'il rivalisât celui de Doston. Nous n aurions aucune idée de justice, si nous pouvions penser autrement. Nous aurions perdu totit sentiment d'humanité, si nous pouvions songer à ac^ quérir des richesses et à élever nos fortunes sur la ruine de nos malheureux voisins. » Ils speignoient ensuite avec force les pénibles travaux de leurs ancêtres, « qui , pour.se soustraire à Toppression, avoient bravé tous Ito dangers et fondé .un établissement dans des déserts affreux, au milieu des béies féroces et d'hommes plus cruels encore. » Ils se plaîgnoient des humiliations et des malheurs qu'ils avoient eux-mêmes éprouvé^ pour avoir montré qu'ils étoient animés de la même vertu que leurs pères. lis desiroient ardemment vivre dans une heureuse union avec l'Angleterre, et consentoieot à adc^ter toute mesure compatible avec la dignité et la sécurké que dévoient avoir de>s sujets du roi de la Grande-Bretagne. Le gouverneur, dans sa réponse, les , ^' assura de sa benne intelligence avec le peuple de Bos<^ ton, et de la bienveillance de l'Angleterre envers ses coionies : mais, ajouta-t-il, la mère -patrie, fidèle à aon ancien esprit, croit nécessaire de soutenir ses droits comme chef de l'empire, non pas en anéantissant l'es* prit de liberté que les habitants des colonies tiennent de. leurs .ancêtres, mais en les soumettant à. une juste ^)éissance au roi et au parlement, dont leurs pères ent eux-<mémbes reconnu l!autorité.> -, Graœ à l'activité des oopiités de correspondance, il

3oO HISTOIBE. I>'Alf4;i;STEBRE.

]ynie ft M forisa une a^sôciatidii générale dans fôiit le dOiitl^ MleD-^ vent. Suivant la dénominatâon purkainev on T^i^^là: Ufm et aOiance solennêlie. Le» pitiés cûntractanteri ocmiFBmcues qu'il n'existoit pas d^aslres moyens d'é?H tar les horreurs de Tesclavage ^ou les effitsyables déaaslraa d'une guerre civile^ s'engageoient mutudlement. en présence de Dieu , par un pacte solenori et de bonne foi, à suspendre tonte rdation comoiarcnàle irrec VAugleterre, josqu'à ce qu'on eût révocpié l'âete dn pmt de Boston et cpion leur eût rendu leurs droits consacré» dans les chartes^ à n'acheter ni eonsoBimer. aucunes des marchandises venant d'An^terre après le preniier août, et non seulénaént à ne ^il*e aucune affaire avec ceux qui violeroient cette cbùvBntioo , mais à les désigner publiquement comme eimemis de leor paya^.et à rompre avec eux toute relation sociale. Cette I^e solennelle fut accueillie avec' transport par les hiafakanls . de Massachuset . Vainement le général Gage mation publia uue proclamation pour interdire une coalition , nS Gwt^ *"^' illégale et aussi criminelle, et pour ordonner aux magistrats et autres officiers d'arrêter tons ceux qoi cherchetroient à répandre et à faire signer lacté d'asso^ ciation. Ses ordres fitfent-dédaignés, et le pacte reçut un accueil général. ^ •

Tentati- Au milieu des eflForts de l'opposition , on fit cepén** con!:iUa- ^ant quelques tentatives de. conciliation. On présent tiop. au gouverneur une idb^esee signée par cent vingt habitants recommandâmes de Boston : • elle conténdit'tin désaveu ^s violences illégales qui, a voîieBt été. commises, et le regret de ce que le gouverneur ne fûit.pas. f evêtu d'un pouvoir discrétionnaire pour, r^idre a» laommerce sob ancien cours , sans être obligé d'attendre

étoàéÈi È%t : Ui

ifu'aa en eût féUt^ aa roi Ml érai «Mfeil. Les juges de ia $e88km gétiér4f#, Ml ttomirtrt dé kttr Moiiioa dàûm h comté de PJiyiMiitii / ûptèê êttoif eétffriiiiiienté !• général @a|;^ «Ur sa ttomMàUM, MpriÉéf eut lattf pro« £oiid^ affliciioii d< veit iM bidMiaiite éê qaah{MS villea influencés: ]par des c<iftiit<0 de cait^ipotidàhte; et éx«r cités, par ceux dont le dêVoir est djef prèeW Tévangila et des principes, de fidélité et d^dbélisanocr, à entrais dans une ligue dont Fobjet étoit dlrritêr dai^antage le souverain; d'etaspérer la mère*» patrie, et d'ànéântii' tous les liens sojciaux. Les plus riéhès habitante dé Boston essaytèrept de faire prendre desdéei^ons pott# indenpdiser la c^Mppagnie des Indes ori^talts et pduir dissoudre le consitéide correspondance; liais l'îm*mense majorité de la classe inférieure rendit touéleura efforts inutiles.

. Toutes les tentatives de concilialîon s-évaHaéiiràt à tiAititis Tarrivée des biUs qui chaageoient la cbarte, réfar-^ 1^,. moient Tadministrationde la justiee et csantonnoient des troupes dans la ooloaie. Ces bills Autant imprimé» e^ répandus dans toutes les parties du continent avec une activité perfide et une profusion- sans bornbs;: Ils portèrent au deraier' degré rexasjp^t^on ooiitre le gouvernement anglois, et le dévouement atix intérétt de la colonie de Massachuset. Lesi danseurs et.laxio- ' lence firent taire toute opposition à laicause poputaûce^ On vit dans les habitants de Boston des liartyrs de la liberté et de nombreuses aouscrîptions s'ouvriitnt en leur faveur.

. Le général Gage connoissoit le danger et la difficulté ArrîT^e de sa position. Il aarvoit que dans les mouvements'po- troa^c*.* pulaires l'aj^pel à k municipalité ou à la législature

5a£ HISTOIITE' H'ANOLErKAflE.

nVst d'aucdhe utilité. Il fit venir à Bost^ qié^ti^ régiments d'in^simerie: et un régiment d'artillerie qui campèrent dans les lieux publicjs. De neuves tmupe9^ arrivèrent bientôt d'Ançletierre et d^Irlande. Mais leÉ eolons employèrent auprès d'ellesf leurs ruses ordinaires. La désertion fut encouragée et devint fréquente.' Pour arrêter le mal, Ife gouvernieur fit une proclama-* tîon qui promettoit le pardon à ceux qui rentreroient dans le devoir dans Un temps lihiité , et menaçoît du chàtimeùt ceirx qui pei^isteroieut dans leur faute. Il plaça une garde à Boston-Neck, isthme étroit qui joint la ville au pays. Cètt^ mesure , modérée en ellemême et dictée par la nécessité, devint un sujet d'alarme pour toute la coloiiié.' On terut y voir le projet de coupet* les confmuiaic'atîons et de contraindre par famine les habitants de Boston à se soumettre aux vo^ ' lônfeésdtt gouvernement. Ce bruit se répandit : les habitants dé Worcèster s^'as^mblèt^eht en armeë et envcryèrent de» députés pour s'enquérir du feit , jpour assurer les 'habitants de Bbston de l'assistance de plu-^ sieurs néfliers d'homines armés , en cas de besoin , et pbur" les fortifier 'contre là pensée honteuse de livrei^ li9urs libertés, en jeur déèlàrant qu'ils seraient désa* Voués par le pays' entier, s'ils aVoîent cette lâcheté. Forma- cAuitiilieo de la* ferÉientation générale, on promulnooveau gua les actes qui ohangeoient la charte et régloient la consul, jiîdî^^ature. Des trente-six membres nommés par le roi pour former un conseil colonial , vingt-quatre seulement consentirent à prêter serment , et un grand nomlire d'entre eux furent ensuite obligés, par des menaces . et des injures, de se démettre de leurs fonctions. Ce-*

GroKO£8 iti; Sot

fM^mlant» Goûformément à 1» loi nouvelle ^ um âsHem^ hlée fut coQToqiiéé dans k mois d'octobre.

Toutes ks affairés ju4ioiain» étoiieM swpetuiuef. JLes personnes appelées aux jurys refbaoieBt de prêter '

iSerment entré les maias des nouveaux jugee^ etd^aprdsle» nouvelles lois; et les officiers inférieurs des cours demandoîent hinnbiemeni pardon, dane les papiers publics, d'avoir. convoqué les jury^s. «Quand mémei disoient-ils, notre pays: nous panlontieroic» ndus n^ pourrions nous paixloaner nous^méioilee. » • . Le mécontenteinent et ]e trouble se répandoiedt de I>^Minnetoutes parts : le régne des lois a voit cessé; et legétîérsA la milice, fiage, redoutant de nouvelles révoltes à main armée ^ profita d une revue générale de la milice pour lui en* lever ses munitions et ses magasins. Il les plaça soué une garde particulière, et transféra à Boston tous '

les magasins militaires de Charlestown , Cambridge et Medford. Ces mesures ne furent point adoptées sans exciter des clameurs et sans donner lieu à des menaces de résistance. Les amis du gouvernement étoient ex^ posés à voir détruire leurs maisone et à être eux**mêmes maltraités. La compagnie de cadets du gouverneur , composée entièrement de gentilshommes , et qu'on supposoit attachée au gouvernement , se dé^ banda tout*à*coup, et rei^dit son étendard.

Le gouverneur ne perdit cependant pas sa fermeté; Opéraet il continua à suivre la marche qu'il avoit prise. Les généra notables de Salem ayant , au mépris des loi$ nouvelles ^«e^* et de fréquents avertissements, procédé, suivant Taur cien usage , à l'élection des officiers municipaux , le igénéral Gage donna Tordre de les arrêter; mais leuir

9o4 ttlSTOlRJB d'aHGUETERRE.

assanblée étoit dissoute avant qu'on put «Leéuter cet ordre. Voyant qu'il étoit indiSpensaUement nécessaire de séparer les troupes du peuple, il se détermins^ à

n fortifie fortifier Boston-N^ck, et à y ccHistruire des casernes.

Neck!' !I>eI étoit Feffet de Tanimosité qui animoit toutes le$

classes d'habitiuits , et des exhortations qu^on leur

adressoit tous les jout's, que ce fut malgré eux qu'on

gagea des ouvriers. Le peuple contrariôit les travaux

Violences pi^ojeté3, par diverses petites manœuvres, (hi brûloît la

peaple. paille ; on couloit bas des bateaux chargés de briques ; on renvei^oit les charrettes employées au transport . du bois pour le service de rarmée. Le général Gage prévoyoit Jes scènes sanglantes , mais il ne vouloit pas les codimencer, en permettant aux soUats de fitire feu sur les agresseurs. .

Il s'arme.. Les comités de correspondance et les démagogues employoient tous leurs efforts à entretenir la flammd delà sédition. On.répandoit des bruits continuels de massacres de3 habitants par les. troupes, du bombardement de la yille par les vaisseaux, et de dangers d'autant plus; terribles qu'on en parlôit vaguement. Tous les babitants étoient armés, et quoique le moment ne fût pas encore venu de commencer les hostilités, contre le gouvernement, leur intention à cet égard étoit si manifeste qu'on ne^ pou voit douter de ce qui devoit arriver.

AsseoH Dans cet état de choses, où l'ancienne charte consti" bide de tutiounelle étoit abrogée et le nouveau système suspendu par la violence, les hommes qui dirigeoient la province convoquèrent unei assemblée de,délé^ésit joutes les villes du comté de Suffolk, dont la capitale est Boston. Cette assemblée prit contre l'Angleterre

(GEOilGES ttl. 3^5

des décisions plus ouvertement hostiles qu'il n'y ea envoie eu jusqualors.. A la vérké, elles? commençoient par des {yrc^estacioos foraielles d'okéissance; mais leur but étoit évidemyifliit d exciler à la revsAte, et de faire coBsidéiyr W soumissian au gouvernement comme un abandon des droits jiaturels. '

On puJblia (jue les derniers actes étoientdes infrac-^ tions monstmeuses à la ltt>erté civUe et religieuse; qu*on de voit Les repousser comme de misérables efforts d'une administration perdue pour* étabKr un gouver--'. nement desgotique. On dé«da quai seroit* accordé d«s ^ ifidemoités mxx shérifs .et autre» officiers de justice Vuii^ SQToient poursuivis pour n'avoir pm fait exécuter m arrêts ^es juges incoostiiutiomiels , et que tous les membres. du nouveau conseil, qui ne^renverroient pas' leurs commissions , seroient déclarés ennemis incorri- > gibles de leuf "pays: L'assemblée censura également ISL fortification de Bostoh-Neeà, et l'acte de Québec qui étafadissoit lai religion de Rome et les lois de France: dile recommanda la suspension, du commerce avec l'Apgleterre ^ l'eiicouragement* des manufectures* du pays, la tenue d'un congrès provincial, et d'obéissaftce passive aux décrets du omigiàs continental. Elle ex-*. hofta le peuple à- se perfectionner dans l'art militaire/ eii se mettant sous les armes une ^fois par semaine'. - L*assemblée, se. rappelant le. dernier projet d'arresta-» tion des représentants de Salem, décida que, si l'on téntoit de nouveaUiUne^seœblable. mesure, tous les agents d'un gouvernemenL aussi tyraimique devroient être arrêtés et détenus jusqu'à la mise «n liberté des autreé. Celte assemblée prit- également sur elle de recommander ( ce qui'equivaloit à un.ordre) que les Qol-

3o6 HISTOIRE d'aKGIiETERRE.

lecteurs et receveurs des revenus publics rettnsseiit daas leurs mains les soHUDes qu'ils avoient perçues , jusqu'à ce que le gèiuvernement civil de la provioce fût établi sur des bases constitutiouiielles , ou que le congrès provincial eût doBoé des. ordres diiXém&ts. Oa engagea les habitants à ne poi&t faire édatet* leur res* sentimeuti à éviter fe& désordres, et à coavaincre leurs ennemis que , dans une cause aussi solennelle , leur conduite mériteroit Tapprobatioa des hommes sages et l'admiration des hommes courageux et libres de tous les siécks et de tous les pays. Ces résolutîoas violentes et hardies se terminoient par les instructioas suivantes» qui montrent la confiance que rassemblée avoit dans les comités de correspcmdance et le but de leur insit* tution. <i Si nos ennemis^ par quelque manceuvre sou» daine, mettent dans la nécessité d'appeler à notre secours nos frères de Tintérieur du pays, un membre du comité de correspondanoe ^ ou un représentant-, soit de la ville où les hostilités auront commande ou menaceront d'éclal:er, sott de la vilk adjacente, eaveiTa des courriers^ avec des mes&ages écrits, aux œprésentants et auxxomités de oorrespondcmce des villes voisines : ceux-ci les adresseront aux comités plus éloi* gaés, jusqu'à ce qu'on. ait obtenu L'assistance néces* saire. Les frais des œumers seront à la cha«:ge du comté, jusqu'à ce que le congrès provincial en ait autrement ordonné. »

Remon- L'assemblée nomma ensuite un comité pour prétr»uce au 3qj||-q|. gy gouverneur une réclamation contre la forti^ ^age. fication de Boston -<Neck, contre les insultes que les ^^^^'* soldats, encouragés par leurs officiers, faisoient aux habitants, et contre la saisie des magasins publics*

€KoncES m. 3b7

Dans c^te remontrance, les Amérfcains imputoient Tagitatton de Tesprit pubMc à ces abus du pouvoir et aux actes funestes du parlement , et déclaroient leur ferme résolution de ne jamais s'y soumettre, grâce à l'assistance dmne. Ils téraoignoient le désir d'évker les hostilités avec les troupes du roi , désavouoient toute* pensée et tout désir d'indépeiidance, et attribuoient / les troubles des eoloniee aux faux bruits qUè faisoîenil: naître les desseins sinistres de quelques intlividcts. Le gouverneur leur fit une courte réponse. Il nia Tint^* ^ ^* Itton qu'on lui supposoit d'entpécber Taccès de Boston. Il déclara qu'il ne. permettront pas qu'aucuti des sol^ dats sottS' ses ordres insultât l'es sujets du roi dans leurs \>iBtÈ» ou dans leurs personnes ; mais qu'il étoir de sdn devoir de*inaintenir la tranquillité et de se garantir eonitre tocrte surprise, tl donna Tassurance qu'il ne feroit usage du canon que s'il y étoit contraint par des hostiiitéfr.

' Nous avotis déjà dit que le gouverneur^ conformé- Lassemment à la loi nouvelle, avoît convoqué une assemblée réunît pour te 5 octobre. Mais les événements subséquents, ,,™j*^''f les dispositions séditieuses àvt peuple, et les démis-, {couversions flfiultipliées des m^embres du conseil nommé ^^^'^' psgr le roi, devenu trop peu nombreux pour fori&er jcrne chambre, le déterminèrent à contremander, par «ne proclamation, Texécution des ordres dfe convocatWQ^ et à décharger de tout service lesmembres déjà , arrivés. On ne voulut cependant pas renoncer aussi aisément à l'avantage d'une assemblée publi<ptô et dé-' libérante. Les meneur^ de la province déclarèrent la proclamation illégale. Leà représentants élus se réunirent ^ Salem; et , après ?VQir feint d'attendre pen-*

3o8 , MiStOiRE D^AlïGLETEftRË^

dant un jour là présence du gouverneur, ils se nommèrent congrès provincial , choisirent pour président M. Hancock , et s'ajournèrent à la Concorde, ville éloignée de vingt milles du siège du gouvernement , où ils avoient moind à craindre d'être interrompus ou dissous par la force.

' Lès membres de ce coagrès commencèrent par adresser au gômrerneur une remontrance, dans laquelle il» motlvoient leiir réunion sur Tétat de trouble de la co^ lonie; ils se plaignoient de la rigueur des dernières lois, aggravée encore par la manière deât on les exé-^ ctttoit , et les accusoieat d'avoir pour but de dépouiller le peuple d'une partie de ses droits, et d'autoriser le meurtre. Il» témoignoient les alarmes que leur }nspiroient l'augmentation considérable des troupes et les dispositions formidables feites à Boston-l^eck, qui me-» nacoient la vie, la liberté et le3 biens des habitants de Boston et de toute la province. En conséquence, ils le supplioient ,. pour l'honneur du roi, là dignité de Teùapire et le salut public, d's^andonner la consCructioi» d'une forteresse à l'entrée de la ville, et de remettre ce passage dans son premier état.

Malgré sa répugnance à correspondre avec une asseraMée illégale, le général Gage leur répondit d'un ton d'indignation. «Les troupes anglaises, dit -il, ne peuvent mettre efn danger que la vie , la liberté et les biens d'ennemis déclarés. Elles n'ont jamais manifesté - le dessein coupable d'asservir ou de ravager un peuple sans de justes causes. En cette circonstance, elles n'ont montré aucunes dispositions hostiles, quoiqu'on eût pu s'attendre à vodr éclater le ressentiment qu'ont dû. leur inspirer les efforts des malveillants pour les priver

GEORGES ill, ^ 3o9

même des choses nécessaires à la vie.* Votre congrète Vest constitué de lui-même au moment où vous vous '^plaigniez d'altérations dans la charte, et ce congrès même est une violation directe de votre constitution. »> Xe général Gage , en terminant sa réponse , les engagea ^ renoncer à une conduite aussi illégale et aussi inconstitutionnelle;

' Cette réponse ne les intimida point; et ils continuer rent à adopter' lés mesures qu'avoit suggérées Fassenir blée de SufFolk. Voyant que leurs recommandations avoient force de loi , ils en émirent sur des objets plus importants. Ils formèrent la mtHce , pourvurent aux moyens de Tarmer,. ordonnèrent la perception des taxes et la rétention des fonds dans les mains des shérifs et des collecteurs. Ils Altèrent un jt>ûr d^actions de grâces à Iteeu poiir Funion si remarquable des colonies entrp elles (i).

Cette conduite détermina le gouverneur à publier Prpclaune proclamation pour défendre aux habitants d^obéir j^"" et de faire di^it aux réquijsitions , recommandations, général injonctions ou résolutions d^une assemblée illégale, ^^ dont il déclaroit les actes séditieux et voisins de la trahison et de la révolte. La proclamation du gouverneur fut sans effet, comme celles qui Tavoient précédée, et on obéit universellement aux recommandations du congrès, qui se sépara de Ini-même, après avoir fixé le mois de février suivant pour une réunion hout velle. ^

Le congrès de Massachuset reçut une nouvelle im- t^ongi pulsion et de fréquents avis du congrès continental phîladêi

phie.

(i) Cette action de {grâces fat célébrée le 1 5 décembre suivant.

3lO UlSrOlKt D'ANGtÈtÈÈftÉ.

qui se teiicnt*à Philadelphie. Ce dut être un grati^ triomphe , pour .Imyeuteur des camités de correspon* dance, de voir Funanimité qui reçut et sanclioana cette mesure. Les colonies d'Amérique cessèrent dès- lor» toute rivalité entre elles, toute contestaûoti de droits différents. EUes ne vantèrent plus les avantages relatifs des diverses chartes et constitutions : tous ces sentiments furent mis en oubli. Les miêmes griiefs furent l'objet des plaintes de toutes, quoique toutes ueu souffrissent point. Elles eurent recours au même re* méde, sans avoir Tair de s être entendues entre elles. La seule différence consista dans le plus ou moins de violence, suivant lesprit des habitants et le caractère de leurs meneurs favoris, La Géorgie seule refusa d'eavoyer des délégués: toutes les ibtres colonies députèrent des membres, au nombre de neuf au plus, «t de deux au moins. Les uns reçurent leur mission des aa^ semblées provinciales, les autres des assemblées .de ^ille, et quelques uns des conités de correspondance' Dans le Hhode-Island, Télection fut ratifiée par le gouverneur. Le nombre intégral des meô^bres du congrès fui de cinquante-si^. Qn remédia à Tinégalité de la représentation par la manière de voter. Chaque colonie n'eut qu'un suffrage dans la décision des ques^ tions : mais les représentants de chaque colonie déci^ doient entre eux , à la majorité, quel seK)il le vote. Ce règlement donnoit une apparence d'unanimité aux dé^ ribats cisions. On eut la précaution de tenir les délibérations ^reis. à Jbuis clos, les portes fermées et gardées. De cette ' manière, le peuple ignoroit les arguments présentés

pour on contre chaque mesure; et le f'ésultat des délibérations étoit reçu comme l'ouvrage de la sagesse

OEORGE8 III. 3l I

H de VunioB, et accueilli avec la véoération qu'on doit aux oracles.

Plusieurs des votes ou iastructîous aux députés* ins»»""*:quoQ lut, comvie lettres de creaoce, à la première séano du congrès , étoient conçus en termes vagues et généraux , et autorisoieut les députés à délibérer et à s'entendre sur les moyens d améliorer le sort des co* lonies» Mais, en général, ils enjoignoient spécialement de réformer certains abus , et de renouveler et main* tenir avec TAogleterre Talliance et Tamitié qui étoient si essentielles aux intérêts mutuels des deux pays. Dana cet état de contrainte, on ne pouvoit promulguer des mesures contraires au but indiqué, avant que le public y fût préparé. C'est pourquoi , dans toutes les opérations, on reconnoissoit formellement la supré* matie de la mère -patrie et la sujétion des colonies, quoique par des restrictions subséquentes cette auto*rité et cette spumission prétendues q'existassent que de nom.

A[Nrè6 la nomination des officiers et des conutés , le .Le congrès prit en considération les résolutions, recom- ^^^^^o^y^ mandations et adresse de l'assemblée de SufFolt. Il lesrésodonna une haute approbation à toutea les mesures qui raTs^m-^ avoient été arrêtées, et «n conseilla l'adoption f^éné* l'H^f,^

î 11 j . iw 1 Suffolk.

raie, comme le seul moyen de convaincre 1 Angleterre lo sept. que la politique du ministère étoit ^insensée, injuste et ruineuse, et d'amener à la tête des affaires des minis* très meilleurs, dont les plans seroient plus sages. Le congrès approuva la résistance aux derniers actes du parlement , déclara que , si on vouloit les mettre à exécution par la force, toute rAmérique devoit soutenir les habitants de Massachuset, et recommanda le^

souscriptions en fiiveur des malheureux kdbitaats de Boston. Il enjoignit à tout commerçant des différentes colonies de ne faire aucune nouvelle demande de mar* chandises à la mère-patrie, et même de contremander ou de suspendre celles qui auroient déjà été fintes: j&près le premier décembre , toute impcnrtation de TAngleterre ou de Tlrl^fide fut défendue, ainsi cjue l'exportation dans ces pays ^ et aux Indes occidentales , après le jo septembre 177-5. L'arrestation d'une personne, pour être transportée au-delà des mers afin* d'y être jugée pour une omnse commise en Amérique, fut déclarée une contravention à la loi, qui justifierbit et produiroit la i^ésistance et les représiailles.

Déclara- . Cependant le comité nommé avoit soumis une série droits. ^^ résolutions , formant une déclaration de droits. Elle

14 octob. fut adoptée et publiée officiellement. Le préambule contenoit une énumération de griefs depuis la fin de la dernière guerre. On citoit entre autres l'acte de déclaration qui établissoit le droit de l'Angleterre de commander en tout' à l'Aniérique, l'assujettissement aux : taxes et impôts, l'établissement d'un cotiseil de commissaires, l'extension de la juridiction de l'amirauté, le changement de l'organisation des juges, le rétablissement de Tancien statut de Henri VÏII , les trois actes . de la dernière seésion relativement à la baie de Massachuset, et celui de la formation <iu gouvernement de Québec , la dissolution des assemblées et le mépris des ministres pour les pétitions. En conséquence, le bon peuple des douze colonies, justement alarmé de la conduite arbitraire du parleinent et de l'administration , avoit nommé des députés à un congrès général pour garantir d'un renversement total sa religion , ses

GEORGES ITi: '' 3l3

lois, sa liberté. Ces députés , suivant Texemple des Aîiglois, leurs ancêtres, dans de semblables cas, rédigèrent une déclaration pour assurer leura droits et leurs libertés. . - ^

Ils revendiquoient leurs droits ^ comme fondés sur Ies< lois immuables de la nature, sur les principes de la constitution angloise et sur les différentes chartes. C'est en vertu de ces autorités qu ils s arrogeoient d'abord rentière indépendance de leurs .vies, biens et libertés , de telle sorte qu'aucun pouvoir souverain ne pouvoit en disposer sans leur consentement. * Nos ancêtres, disoient -il«, po«sédoient tous les droits, libertés et privilèges des Anglois/ et neles ont point perdus par rémigration. Leurs descendants ont donc les mêmes titres à en jouir-, autant que les circonstances le permettent. La base de tout gouvernement libre étant. le droit de participer à un conseil législatif, et l'Àmériq^ie étant, par sa position, dans l'impossibilité d'être représentée dans le parlement anglois, nous réclamons un 'droit de législation libre en matière d'impôts et d'administration intérieure, sujet toutefois au ^)eto du roi. Nous consentons cependant à nous soumettre aux actes du parlement anglois , en ce qui concerne les règlements de commerce; mais nous repoussons toute idée de luxations*, s»k intérieures, soit extérieures. Les colons mit droit à la loi commune de l'Angleterre, aux avantages des statuts qui existoient à l'époque de leur colonisation, et sur-tout à l'inestimable privilège du jugement par leurs pairs et dans leur pays même. Elles OBt également droit à tontes les immunités concédées par leurs chartes et garantie^ par les lois provincialçs: Elles ont le droit de convoquer des assemblées poup

3f4 HISTOIRE D^ANGLETERRE.

délibérer sur leurs griefs. Toute défehse à cet égani est illégale, ainsi que le séjour d une armée en teiopsde paix dans une des colonies , sans le consentement des habitants. Enfin , Texercice d'un corps législatif nommé par la couronne est inconstitutionnel , dangereux et destructif de la liberté de la législation de YAmérique. Ces droits ne peuvent nous être légalement enlevés, ni altérés, ni diminués, par quelque pouvoir que ce soit , sans notre consentement exprimé par nos représentants dans les différentes législatures provinciales » . Après avoir récapitulé de nouveau tous les griefs qu'ils ne pouvoient supporter plus long-temps, les membres du congrès dpnnoient leur adhésion aux mesures proposées, dans Tespoir que les Ang^ois coosentiroient' à rétablir l«s Américains dans la position qui avoit long-temps fiiit le bonheur et la prospérité des deux pays.

La première proposition é#oit une convention ou traité contre l'importation ou consommation des »*• ticles du commerce ang^is, et contre Texportatios des produits du pays pour l'Angleterre, Tlrlande et les Indes orientales , à l'exception du riz pour t Europe. Il devoit y avoir dans ehaque colonie un comité chargé de surveiller l'exécution de ce pacte; et les comités de correspondance avoient ordre d'inspecter fréquemment les enregistrements de la douane , pour s'assurer qu'aucun marchand ne violoit le traité. S'il se trouvoit des contrevenants, le congrès devgk , au nom de ses commettants, arrêter que toute relation eesseroit à l'instant même avec le» coupables , et les déclarer in* dignes des droits d'homnaes libros et ennemis des libertés de leur pays. Ce pacte devoit être exécuté jusqu'à

C£Ofi6£S lit. 3i5

Ja t*évocatIpn de tous les actes du. parlement dont /m avoit à se plaindre. Cependant quelques uns des ar<ticles dévoient rester à jamais en ^vigueur, speciole*ment ceux qui concernoieot lencourageoient pour la propagation des bétes à lainOi et rahalition du commerce des esclaves.

.- Le congrès arrêta. en outre que les colonies et le Adresse Canada séparément feroient des adresses au peuple cie l» de la Grande Bretagne. Chaqune de ces adresses fut j^^^" *^*^ combinée avep beaucoup d'arç pour exciter Vintérét et réveiller les préjugés* Tout ce qu elles contenoient tea^ doit à gagner, par la.|crainte ou par Tespérance, des adhérents à la cause de rAmériquç. On rappeloit aux Ânglois les combats qu'^voient soutenus leurs ancêtres pour la cause de la liberté. Us leur disoient que le projet des ministres de réduire UAmérique à la servitjude ne tendoit qu'à l'introduire plus aisément en Angleterre. Ils demandoient ^ participer aui draits des Anglois, et flattoient Torgueil national en affectant de prendre la liberté angloise pour but de leurs désirs. ' Us énun^éroient leurs services dans Ja guerre .précédente, et récapituloient les actes du parlement depuis cette époque. Ils atténuoient le délit qu'on avoit com«- ^ mis en pillant des cargaisons de thé y et le représen- Soient comme line affaire particulière et non publique > 4ont les victimes auraient dû porter leurs plaintes aux cours de justice ordinaires, sans s'adresser au parler jn^it. Ils s'efforçoient d'exciter Findignation nationale contre les derniers actes , et lançoient les invectives les plus violentes contre le nouveau système introduit ^

À Québec, qui tendoit à détruire les libertés des colonies angioises par larrivée-dans ce pays d'un nombre

^iC HISTOIRE D'ANGLE'tERRE.

ijBinaise'âe catholiques émigrés d'Europe. «Nous Ae pouvons, disoient -ils ^ cacher notre étonnetnent dé voir lin parlement aînglois cbiisentir à établir une région qui a inondé de sang la Grande-Bretagne, et répandu dans le mondé entier Vimpiété , la bigoterie, la persécution , le meurtre et la révolté. » Ils déctaroieBt ensuite que le projet du ministère^ en soumettant TA^mérique à des taxes arbitraires, étoit simplement d'amasser des sommes immenses dans les coffres du roi, pour rendre le monarque indépendant du parlement, et quelle succès de cette ^contestation n'auroit pas *d autre conséquence. Ils demandoiént enfin , comme h seul. moyen de rétablir la paix,'d être placés dans- Tétat où ils se troûvoient à la fin de la dernière 'guerre. Adresse "L'àdrcsse aux habitants des colonies cdntèndit une ^"*.^°^^' récapitulation de tous les actes du gouvernement ^glois auxquels étoient faites des objections , un exposé de la* conduite des gouverneurs en Amérique, une justification de ce qui s'étoit pasisé à Kew- YôHl ej; à Boston, et une énumération générale dék dérmdfs griefs. On attaquoit violemment Tacte pour le go^ivè^ -nement deQuébec , et on invoquoit contre lui tous tes ' préjugés religieux et politiques. D'après cette niarclra du gouveiaienient , et diaprés des avis certains reçus d'Angleterre^ le congrès ne pou voit plus douter que le ministère anglois n'eût pris la liésolution d'anéantir la liberté des colonies en les soumettant à un gouvernement despotique. Oii observoit que l'état des affsrfpè^ pou voit à la \énié']ustiûer d'autres tnesures y manque ' <le puissantes raisons ai^oiené fait préférer celles qùVm avoit adoptées. On récapituloit ensuite les résolutions qui avoient été prises , et l'on insistoit sur la Aécessité

GEORGES ni. 3r7

de les mettre à exécution; puis, prévoyant là probabilité d'une résistance par la force, on avertissoit la nation de s'attendre aux plus graâds malheurs ; on lui conseilloit de se préparer à tout événements L'adresse se terminoit en style puritain. On.y exhortoit le peu^. pie, &ur toutes choses , à la dévotion, à la pénitence, à la réforme et à l'humilité, afin d'obtenir du Tout- Puissant que dans sa bonté divine il. prit sous sa puis^ sanjte protection les habitants de ces contrées. , /

On est étonné de voir les membres du congrès, après ^Adresse avoir prodigué l'offense aux Canadiens dans leurs pré- tams de cédentes adresses , après avoir déployé la malveillance Q'*^^^^la plus opiniâtre pour soulever les préjugés contre leur religion et leurs lois, les inviter, comme amis et comme compatriotes, à se réunir aux colonies et à envoyer des députés au prochain congrès. On leur re* présente que la constitution qui leur a été donnée par le parlement est une violation des promesses faites par le roi à la paix; que les lois de l'Angleterre auroient à(t être substituées à la jurisprudence françoiSe. La' liberté de conscience en matière de religion^ leur dit-on, est un droit naturel, dont vous n'êtes point, redevables à l'acte.; du parlement; car si les lois divines et humaines peuvent la garantir contre les attaques despotiques des hommes pervers , elle étoit auparavant à l'abri de tout danger. Ces principes étoient appuyés de citations adroites tirées d'écrivains étrangers, et particulièrement de Montesquieu et de Beccacia. Pour assurer leur triomphe, on invoquoit en leur faveur Tamour de la gloire , toujours si puissant sur des François. Oa ajoutoit que de l'union de Québec avec les autres colonies dépendoit Falternative d'être gouvernés et pro-

3ld HISTOIRt D*ANCtEtKRRE.

tégés par dbs lois justes et équitables , ou d être soumis à tous les maux qu on devoit attemlre de la constitution anglofSe et du gouvernement françois : ces maux étoient l'inquisition et l'accise, la partialité des juges, Farbitraire des gouvernenrs, les privilèges ^ l'assujettissement aux caprices d'un ministre, lés lettres de cachet, les prisons, les donjons, les corvée». Toutes ces calamités étoient représentées comme inséparables d'un gouvernement non méins absolu que celui des ' despotes de l'Asie ou de l'Afrique.

PétitioB Dans la pétition au roi, les Américains énuméroient ;i6octob. tous leurs griefs, tant particuliers que généraux, et ajoutoient qu'ils ne pouVoient douter que , pour un roi içui se glorifioit du 4tom d^Anglois^ ce simple exposé ne justifiât des sujets fidèles qui se réfugioient au pied de son trône pour implorer sa clémence et* sa protec* tion. Ils attribuoient tous les malheurs, dangers^ craintes et jalousies qui couvroient lesl colonies de désolation , au système funeste d'administration coloniale adopté depuis* la fin de la guerre. « Si Dieu , notre créateur, disoient - ils , nous' eût fait naître sur une terre esclave, Fignôrance ou l'habitude eût adouci k sentiment péfnble de notre condition; mais, grâce à sa bonté divine, nous sommes nés libres; nous avons toujours joui de nos droits sous les auspices de nos nobles ancêtres , qui siégèrent sur le trône de FAngleterre pour délivrer une nation pieuse et courageuse à\x papisme et du despotisme d'un tyran superstitieux ^ inexorable. Nous croirions, d'après les sentiments qui nou^ animent , manquer à la loyauté en gardant le silence. Le roi est fier de régner sur 'des hommes libres y et le }anga>ge des hommes libres ne peut lui dé-

GoogIe%

GEORGES III. 3l'9

plaire. Son indignation doit retomber plutôt sur les ministres dangei^ux et coupables qui s'interposent entre lui et ses fidèles sujets , et qui depuis plusieurs an«nées n ont pas cessé de rompre tous les liens de la société, en trompant Tautorité royale, en poursuivant les projets d oppression les plus dangereux et les plus exaspérants, et en accumulant sur les malheureux ha*» bitants des colonies des outrages trop graves pôns ^tre plus long-temps supportés. Ces sentiments nous sont arrachés malgré nous, et nous préférerions verser Dotre sang pour le service du roi. Il a toujours été suffisamment pourvu aux frais de Tadministration de la justice e| aux besoins du gouvernement civil. Les lailifies con^titutionntUes ont la force nécessaire pour protéger les colonies en temps de paix; et en temps de guerre , les colonies seront toujours disposées , quand elles en seront requises constilutionnellement, à fournir, autant. qu'il dépendra d'elles, des subsides et des troupes. Ces preuves d'attachement sont aussi homorables au prince qui les reçoit qu'au peuple qui tes donne. Nous mettons un trop haut prix au privilège de témoigner ainsi notre dévouement au souverain pour le céder à qui que ce soit ; et nous ne doutons point que la pureté de notre intention et la franchise <le notre conduite ne joous justifient devant ce grand tribunal qui doit juger tous les hommes. Nous ne de^ mandons que la psûx, la liberté et la sécurité. Nous ne voulons ni diminuer les prérogatives de la cou-« ronne, ni en exiger un nouveau droit. Nous recoH-> Boissons l'autorité royale sur nous, et notre parenté avec l'Angleterre ; et nous mettrons toujours tous nos soins à les conserver. Notre pétition n'a pour objiei

que d^obtenir le redressement de nos griefs et d*étre déKvrés des craintes et défiances qu'ont fait naître ks statuts et règlements adoptés depuis la guerre. » Ils récapituloient ensuite tons les actes sur TAmérique; puis., attestant rÊtre-Snpréme qui lit dans le fond des. cœurs, ils déclaroient solennellement que la crainte d'une ruine imminente avoit seule influencé leurs dé-; cisions. «

instruc- Cette pétition fut transmise aux agents^ des colonies,

fions aux niii i-i «j

agents de ^vcc lordre de la remettre entre les mains du roi , de rAméri- j^ rendre ensuite publique par l'impression , d'y ajofu-

ter les griefé des Américains , et de faire circuler, aussi

promjttement que possible, leur adresse, au peuple,.

dans toutes les villes commerçantes et . manufa^ta-

rières.' ! : .

26 oct. Lg conirrès se sfépara ensuite , après avoir arrêté

Dissolu- , 1, . . Il

tion. qu une nouvelle reunion auroit heu le 10 mai». Observa- Les actes de ce congrès et l'ensemble de ses opérales opéra- ^*^^^ prouvcut d'uBC manière évidente qu'un plan tionsdece d'bostilité et de séparation de la mère-patrie étoit profondément médité et poursuivi sans interruption par les hommes les plus influents dans le congrès . La plapart des résolutions, la teneur générale des décisions,, et un gi^d nombre d'expressions remarquables dans les adresses et pétitions, indiquoient des projets décidés de résistance et d'indépendance. L'art même avec lequel ces projets étoient désavoués , tandis qu'on en poursuivoit ouvertement l'exécution , démontre de plns^ en plus que les expressions de fidélité et de soumission ne tendoient qu'à cacher des sentiments entièrement opposés. Quelques membres du congrès étoient liés par les instructions de leurs commettants. Plusieurs

de ces instructions Jeur enjoignoient de n^adopter que des mesures convenables , sages et légales. Ils. ne pouvoient se déclarer ouvertement , et ils étoient obligés ;de se conduire de manière à s'assurer le plus de popularité possible et à répandre le moins d'alarmes qu'il se pourroit. Dans le sein du congrès , l'unanimité ne $e manifesta pas telle qu'elle fut annoncée dans la publication des opérations. Les plans proposés par quelques uns des démagogues étoient trop violents , et les principes avancés pour les soutenir trop hardis pour être adoptés par tous les membres. Il en résulta des discussions orageuses, des ajournements de questions, des renvois de rapports aux coiâités. Ces dissensions dans le sein du congrès n'a voient aucun effet dans le public, grâce à l'artifice des chefs du parti républicain , qui , avant toute discussion , étoient parvenus à persuader aux autres membres qu'il falloit que toutes les décisions adoptées par la majorité fussent revêtues de toutes les signatures , et qu'il ne fût fait mention sur les procès-verbaux ni de protestation, ni niême de dissentiment (i). Deux partis se formèrent à Fou* verture des séances : l'un , composé d'hommes animés de principes de fidélité et possesseurs de fortunes considérables. Ils n'avoient pas d'autre intention que de déterminer fî^anchement et positivement les droits et

(i) L'exceptioD du riz dans la conyention protide l'adresse des meneurs du congrès à ménager les intérêts individuels et à étonfFer Topposition. L'article fut d'abord rédigé sans exception; mais les députés de la Caroline prétendirent que leurs commettants seroient ruinés , et menacèrent de se retirer si l'on n'adoptoit pas quelques modifications. On fut obligé de consentir à la ridicule interpolation. de ces mots: à V exception du riz pour V Europe-, et la défense d'exporution ne s'étendit qu'à l'Angleterre et à l'Irlande.

ies chartes de TAmérique, et de réclamer légalement contre les griefs dont ils avoient à se plaindre. Ne voulant que ce qui étoit raisonnable et juste , ils s'ex- -pliquoient ouvertement et sans détour. L'autre parti se composoit de représentants presbytériens ou appartenant à des congrégations, ayant la plupart fait -banqueroute, et accablés de dettes envers les négo- •ciants anglois. Ils desiroient s'affranchir de toute sub- «)rdination et de toute alliance avec rAngleterre. Ils employoient le mensonge, l'astuce et la fraude pour détourner le peuple de la fidélité, pour réduire le gouvernement à un état d anarchie, et pour exciter la populace ignorante et grossière à prendre les armes pour conquérir l'indépendance. Ces hommes couvroient leurs projets du secret et de l'hypocrisie, et s'efforçoient par tous les moyens de cacher leurs intention^. Ces deux partis opposés se tinrent en échec pendant quelque temps ; mais enfin les démagogues triomphéxent. Les modérés, lassés de suivre continuellement un système de défense, et de reprocher à leurs anta- -gonistes des principes que ceux-ci désavouoient , diminuèrent d'énergie. Les sentiments répandus dans Ik populace, les messages fréquents du congrès provincial de Massachuset , et les exemples réitérés chaque jour^l'hommes enduits de poix et couverts de plumes, donnoient une nouvelle audace aux députés violents, et une plus grande timidité aux hommes modérés.

Ces différences d'opinions et la nécessité d^une unanimité dans les résolutions produisirent quelques bizarres inconséquences dans les opérations du congrès. La déclaration des droits en est une forte preuve. £Ue est basée à-la-fois $ur les lois de la nature , sur ceux

GEOltGES III. 3^3

delà société et sur les chartes royales: elle fait à4a-^ fois un devoir de Tobéissance et un droit d'un gouver* nement indépendant : elle avoue une dépendance ea« vers les actes du parlement anglois jusqu'à Tépoi^ue de la colonisation d'Amérique, et refuse k la mère*-» patrie un pouvoir subséqueikt de législation. Il résul* teroit de ces principes que les colonies fondées à des époques différentes seroient assujetties à des degrés différents de soumission, et que le parlement anglois , en prononçant la révocation d'un des anciens statuts ^ ne pourroit la faire exécuter en Amérique, sans consulter séparément chacun des gouvernements. On appeloit les chartes les bases des droits, et cependant plusieurs d'entre elles, créant un conseil législatif indépendant, dévoient être abrogées , comme contraires auic droits de la nature. La pétition au roi n'étoit qu'une raillerie insidieuse. La profession de fidélité n'étoit point exprimée de manière à donner au souverain une garantie d'une domination paisible ; elle ne contenoit qu'une justification des accusations bien méritées que le ministère avoit faites aux colonies de haïr )a mère-patrie, et ne manifestoit nullement l'intention de renoncer du système qui avoit encouru ces accusations. L'adresse aut Américains ne respiroit que l'eS"*' prit d'hostilité, et de résistance; l'adresse aux Canadiens décéloit la haine la plus profonde et la plus invétérée contre l'Angleterre, et étoit remplie de bas artifices pour exciter les habitants à se détacher de la inère- patrie. L'appel au peuple anglois étoit de là même nature. Il tendoit à répandre des alarmes et des jalousies, à créer, par la terreur, l'intérêt ou la politique , un parti favorable à la cause de l'Amériquei Le§

ai.

comités étoient toujours composés des républicains les plus ardents; la preuve en est dans Tétendue et l'arrogance de quelques unes de leurs demandes, telles que la révocation de tous les actes rendus contne les Américains depuis la paix , le changement de ministres , le redressement de tous leurs prétendus griefs , toutes choses qu'ils vouloient obtenir sans être tenus à la moindre concession, ni à aucune promesse dé faire réparation des outrages qu'ils avouoient avoir commis (i). Cependant les moyens de conciliation obtinrent quelque succès dans la discussion. Le congrès général parut si peu disposé à satisfaire, dans toute leur étendue, les vœux des meneurs, qu'on fut sur le point de se séparer sans arrêter une nouvelle convocation. Silas Deane, représentant de Gonnecticut, en fit tout -à «-coup la proposition, sans communication préalable (2).

Effets cla Après la séparation du congrès, les colonies du ceilcongr s. ^^^ ^^ j^ g^ j ^ ^^ j^ révolte n'avoit encore fait que peu de progrès, parurent poussées par le même esprit qui animoit les habitants de la Nouvelle-Angleterre. On avoua hautement et on entretint avec soin l'intention d'une résistance à main armée. On disciplina la milice, et on s'approvisionna avec zélé et persévérance d'ar^ mes et de munitions. . Instruits de ces préparatifs par

(i) Ces détails sont extraits du journal des opérations du congrès, imprimé k Philadelphie, et réimprimé par Almon à Londres en 1775, ainsi que de plusieurs écrits, soit anglois, soit américains, et particulièrement de : Que penserons-nous maintenant du congrès? des discours de Galloway, et du cinquième discours de Tucker sur les affaires d^Amérique.

(3) Nous le tenons d'une personne à qui Silas Deaae l'avoit dit luimcme.

les gouverneurs des différentes provinces, les ministres Proclajugèrent nécessaire de publier une proclamation pour royale, défendre l'exportation des approvisionnements militaires. Mais cette défense ne produisit qu'une plus grande activité et quelques troubles. On établit des moulins et des manufactures pour fabriquer des armes et de la poudre, et on offrit des primes pour la préparation du salpêtre.

Lorsque la proclamation fut connue dans le Rhode* Insnrrec* Island , on s'empara de quarante pièces de canon qui li^Rhod*^ appartenoient à la couronne, en avouant que c**étoit hlvaà. dans l'intention de les empêcher de tomber entre les mains des troupes du roi. Cette déclaration étoit ac- , compagnée d'une menace de résistance, dans le cas où les troupes tenteroient de les reprendre. L'assemblée de la province sanctionna cette conduite, et ordonna l'approvisionnement, aux frais publics, d'armes et de munitions, ainsi que l'instruction de la milice.

La proclamation occasiona également une insurrec* '^^^^; tion dans le New-Hampshire. Un certain nombre New* d'hommes armés s'y emparèrent d'un petit fort appelé ^^J" William-et'Maryy firent prisonnière la garnison , composée d'un officier et de cinq hommes , et ne les relâ-» chèrent qu'après la remise de l'artillerie, de la poudre et des munitions (i).

(i) Nous avons consulta les pièces soumises ap parlement, les écrits périodiques, la collection des écrits d*A1mon, le Remembrant cer, Stedman , Andrews et Ramsay, l'Histoire de TAdministration df iord Norih , et une grande quantité d'écrits tt de pamphlets*

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