LIVRE XXV
Assemblée du parlement. — Discours du roi. — Amendement proposé. — Protestation. — Réduction du nombre des gens de mer. — .Pièces mises sous les yeux du parlement. — Motion de lord Cliatham pour Téloignement des troupes. — Elle est rejetée. — Il demande la permission de présenter un bill pour apaiser les troubles d'Amérique,
. — principales dispositions du bill. — Il est combattu par lord Sandwich et le duc de.Graflon. — Soutenu par lord Gamden et lord Shelburne. — Altercations personnelles. — Fougueux discours de lord Chatham; — Réplique. — ■ Pétitions en faveur des Américains. — Elles sont renvoyées' à tin comité. — Pétition de Franklin et'arutres. — Elle est rejetée. -*- Comité pour Texamen des pièces relatives à TAmérique. — Motion pour la présentation d'une adresse. — Elle passe. — Motion pour faire renvoyer de nouveau l'adresse à un comité. — Elle ne passe point. — Conférence. — Débats à la chambre des lords. — Énergique discours de lord Mansfield. — La discussion dégénère en personnalités. — Motion adoptée. — Protestalions. — Augmentation du nombre des troupes de terre et de mer. — Bill pour imposer des restrictions aux province» de la Notrvelle- Angleterre. — Pétitions. — Audition de témoins, — Débats à la troisième lecture du bill. — Amendement fait par ta chambre des lords. — Il est retiré. — Bill pour imposer des restrictions à d'autres colonies. •— Avantages accordés aux Irlandois. — Propositions conciliatoires de lord North. — Le gouverneur Pownall les appuie, — Embarras de lord North. — Il en est tiré par sir Gilbert Elliot. — Résolution adoptée. — Motion de Burke. ■:— Son- discours. — On rejette ses propositions» — Plan de M. Hartley. — Il est écarté. — Remontrance de New-York. — On la rejette. — Tentative pour faijper
OEORGES in. 357
rapporter Pacte dit de Québec. — Aulres affaires du par- , lement. — Prorogation.
J^A chambre des communes ayant réélu pour président i774-
-iir Fletcher Norton , le roi , dans -son discours d'où- c^nvoci-
^'erture, exprima sa vive afBiction de ce que l'esprit tjon du
<le résistance aux lois avoit éclaté dans la province de ment!
Massachuset car de nouvelles violences, d'une nature ^? °®^'
Xrès€riminelle,quefavorisoient les autres colonies. «Des du roi.
tnesures , ajouta-t-il , ont été prises pour donner une
nouvelle force aux actes de la dernière session, qui
«ont nécessaires à la prospérité du commerce et au
^^établissement de la paix.^> Le roi fit connoitre son
intention de s'opposer à toute tentative d'altérer ou
d'affoiblir l'autorité suprême du parlement sur tous
ses domaines, et il exprima la résplution de maintenir
<;ette autorité essentielle à la dignité^ au salut et à la
j)rospérité de l'empire.
Le duc de Richmond proposa un amendement à Ta- Amende-
•dresse', et neuf pairs prirent le parti inusité jusqu'à- "'p"),*^^.'^^
4ors de protester Contre le rejet de cet amendement. Prote«ta- , , . ,. ., . tion des
« Ils ne vouloient pas, dirent-ils, sans enquête et sans lordj. informations , s'engager à la hâte dans des déclarations qui pouvoient plonger leur patrie dans les horreurs de la guerre civile. »
Dans la chambre des communes, lord Jean Caven- Propotidish proposa un amendement pour demander com- *»on dans
i r r ^ la cham-
munication des nouvelles reçues d'Amérique. Il fut bre des combattu par le ministre , qui déclara qu'il reconnoissoit l'avantage d'une reconciliation avec les colonies, mai^ que y. comme elles ne faisoient aucunes proposi-
commu-
nes. ,
lions y ce n étoit point à TAngleterre à céder la première. L'adresse fut adoptée par une majorité qui prouva la force du ministère dans le nouveau parlement (i).
Mànc^ On n'avoit point encore reçu de documents suffi* nombre sHnts sur Tétendue de la résistance de FAmérique. Les ^V lettres des gouverneurs attestoient la vérité des obser-
inwruif. ^
vations contenues dans le discours du roi ; mais elles
ne renfermoient ni faits, ni conclusions qui pussent autoriser le ministère à annoncer au parlement qu'il fallût s'attendre à une résistance à main armée. Le nombre des marins fut en conséquence réduit à seize mille , et on fixa le nombre des troupes de terre à dix»sept mille cinq cent-quarante-sept hommes effectifs. Le ministre, après avoir reconnu que les mesures adoptées par le dernier parlement n'avoient pas eu l'effet qu'on en attendoit, promit la communication des pièces, et proposa de nommer un. comité chargé spécialement des affaires d'Amérique.
Des non** j^^ nouvelles reçues pendant les vacances du par- Telles ar- . 1 , . 11ment, lement prouvèrent plus clairement encore les dispositions des Américains. Elles contenoient le récit de toutes leurs opérations jusqu'à l'occupation du fort William-et-Mary. Les mesures du parlement furent alors entièrement décidées, et le système de répression adopté définitivement, •oumises Lord North saisit la première occasion de mettre au parle- sous Ics veux de la chambre les nombreuses pièces
ment. ^
19 janv. relatives aux colonies (2). C'étoient des lettres , des pro-
(i) 264 ▼oix contre 78.
(a) Il n'y avoit d'abord aucune lettre de Maryland ; mais il en arriva plus tard.
i;eorges m. 3%
damaiions , ^ des récits d'évèneinetits et autres documents intéressants. Il y joignit les opinions des gouverneurs et des autres fonctionnaires sur la situation des affaires. Tous ces papiers furent soumis à un comité. Motion Dans la chambre-haute, lord Ghatham proposa une ^l?"^^ «dresse pour demander au roi d'apaiser la malheû- pour reuse fermentation des colonies , en éloigtiant les trou- ^^enj^^*^ pes de Boston. Dans son discours., il blâma le retard troupes. <les communications, il accusa le ministère de tromper le peuple par de faux Rapports , «t il recommanda d« tenter tous les moyens de conciliation avant la réunion du nouveau congrès. « Rien , dit-il , à moins que je me :Sois cloué 4ans mon lit par Texcès de la maladie^ ne m'empêchera de donner une attention continuelle à tin objet aussi important. Je frapperai à la porte dé ce ministre endormi et déconcerté ; je le réveillerai au sentiment du danger qui le menace. Quand je parle de l'importance <les colonies, et des dangers prêts à fonàre sur notre patrie, par suite du mauvais plan de l'administration , je ne veux point que Ton pense que je demande une indulgence réciproque entre l'Angleterre et l'Amérique. Ce n'est point l'indulgence que je veux pour l'Amérique, c'est la justice. Et je combattrai toujours pour que les Américains nous rendent l'obéissance qu'ils nous doivent. Ils doivent obéissance à nos ordonnances de commerce et de navigation; mais il faut tirer une ligne de démarcation entre les objets compris dans ces ordonnances et leurs droits de propriété. Que ces droits de propriété restent à jamais inviolables et sacrés 1 Ne leur imposons des taxes que de leur consentement, exprimé dans leurs assemblées provinciales : autrement ce droit de propriété est nul.
36o HISTOIRE d'aNGLBTERRE.
Quant aux subtilités métaphysiques par Jesquelfes on s'efforce de prouver quç les Américains ne doivent pa's être plus assujettis aux ordonnances commerciales qu'aux taxations, puisqu'ils ne sont -pas représentés dans le parlement anglois, je déclare qu'elles sont futiles, frivoles et sans fondement. La résistance à vos actes étoit nécessaire, pjarccqu'èlle étoit juste : et votre vaine déclaration. de Ja toute-puissance du parlement, et vos impérieuses doctrines sur la nécessité de la soumission des colonies, seront également impuissantes pour convaincre ou pour réduire à la servitude vos compatriotes d'Amérique, qui sentent que la tyrannie est insupportable au peuple anglois. Les moyens dont on s'est servi pour réduire à cet esclavage sont ridicules et foibles dans la pratique, autant qu'ils sont injustes en principe. A la vérité, je ne puis qu'éprouver l'inquiétude la plus vive de la situation du général Gage et des troupes qui sont sous ses ordres , connoissant son humanité et ses talents; et ayant toujours pour les armées angloises le respect le plus profond et l'amour le plus ardent. Leur position est vraiment indigne d'eux. Ils languissent sans gloire dans l'inaction. C'est une armée condamnée à l'impuissance: vous pouvez l'appeler une armée destinée à la sûreté et à la conservation; mais elle n'est réellement qu'une armée condamnée à Timpiyissance et au mépris; et, pour quie l'extravagance soit égale à la honte , on en fait une armée qui opprime et exaspère. La preniière goutte de sang répandue dans une guerre civile et contre nature peut être immedicabile n^ulnus. Soyez cléments, tant qu'il vous reste des voies de réconciliation ; ou 'du moins préparez-vous les moyens de Tétre. Apaisez h
GEORGES lit. 3fll
jFermentatioD qui se répand en Amérique , en éloignant <le ce pays la cause hostile qui Ta produite. Cette, armée est nuisible et sans utilité, puisque tout son service est dans Tinaction. Non dimicare et vincere. Ce nest point des combats qu'elle peut attendre -sa. victoire. Sa force seroit trop disproportionnée avec celle d'un pe^ple brave, généreux et uni qui a des armes à
la main et du courage dans le cœur Trois millions
<l'hommes , dignes descendants d'ancêtres vaillants, et pieux , chassés dans ces déserts par les maximes d'une tyrantiie superstitieuse, voilà ce que cette armée au- Toit à combattre. — N'est-il pas temps de mettre un terme à l'esprit de persécution? Les braves descendants de- ces braves ancêtres doivent - ils hériter, de leurs misères, comme ils ont hérité de. leurs vertus? Doit-on déployer contre eux une sévérité oppressive, clont les récits de l'histoire et les peintures de la poésie n'offrent aucun exemple? — :- Rhadamantus habet duris- •sima régna , castigatque , muiitque : c'est . ainsi qu£ s'exprime le plus sage des poètes , et peut-être le plus sage des hommes d'état de l'antiquité. — Nos ministres disent que nous ne devons point entendre les Américains. Ils ont été condamnés sans être entendus. La vengeance a frappé à-la- fois le coupable et Tinnocent, en formant, avec tout l'appareil de la guerre, un blocus 'qui a rc»duit à la famine et à la mendicité trente mille habitants. »,
Il fit un pompeux éloge du congrès, qui lui paroissoit supérieur en sagesse et en, prudence à l'assemblée rde l'ancienne Grèce. « Thucydide, dit-il, n'a fait mention d'aucun sénat plus honorable, plus respectable que celte assemblée qqe l'on méprise. La fermeté, lô
courage et la modération ont marqué tous ses actes; et il seroit heureux pour l'Angleterre que la chambre des communes fut aussi indépendante et aussi incorruptible. Les ministres peuvent satisfaire leur passion et tromper le public en appelant ces assemblées des assemblées commerciales : elles ne le sont point. A la vérité , elles vous servent de facteurs pour votre commerce; mais sous ce rapport elles subsistent pour rien, car le droit de commission n'est rien. Les documents sur l'Amérique, que nous présentent les ministres, ne sont autre chose que les rapports de leurs agents, qui sont payés pour les faire ; mais ce ne sont ni ces assemblées commerciales, ni Tinfluence qu'elles exercent qu'il faut consulter pour bien juger de l'union des Américains. A la vérité, le commerce accroît la gloire et la richesse d'un pays ; mais sa richesse et sa force réelles sont dans les cultivateurs : on retrouve dans, leur vie simple la candeur de la vertu jointe au courage et à ia droiture que donne la liberté. Ces véritables enfants de la terre sont invincibles. Ils consentent à s'occuper d'opérations de commerce; mais si on leur proposoit d'abandonner la cause de la liberté , ils s'écrieroient : « Si le commerce et la servitude sont insé- ¥ parables, nous abandonnerons le commerce : que l6 « commerce et la servitude cherchent d'autres bords ; 4c nous n'en voulons point ! » Il étoit facile de prévoir cette résistance à votre système arbitraire de taxation : elle résultoit nécessairement de la nature des choses, des droits de l'homme,, et sur-tout de l'amour de la liberté, si puissant dans ce pays. L'esprit d'opposition qui se manifeste en Amérique contre vos taxations est le même, que celui qu'ont rencontré eu
CEOItGES III. 363
Angleterre les prêts et les dons gratuits. C'est le même esprit qui a soulevé la nation entière, et qui, par le bill des droits, a vengé la constitution anglaise. C'est au même esprit qu'est dû rétablissement de cette grande maxime fondamentale de nos libertés, qu'aucun sujet de l'Angleterre ne peut être soumis à une taxe que de son propre consentement. Ce noble amour de la liberté enflamme trois millions d'bommes en Amé-^ rique ; ils préfèrent tous la pauvreté avec la liberté à des chaînes dorées et à une opulence honteuse : ils mourront tous pour défendre leurs droits d'hommes^ leurs droits de citoyens libres. La cause de l'Amérique est liée à celle de tout véritable vi^hig. Toute la nation irlandoise, tous les vrais whigs de l'Angleterre y tous les habitants des provinces de l'Amérique forment plusieurs millions de v\rhigs, ennemis de ce système. A cette force réunie, quelle force opposerezvous? Quelle force, mylords? Quelques régiments en Amérique, et dix-sept ou dix-huit mille homtoies en Angleterre ! La supposition est trop ridicule pour vous occuper un instant. Jamais une pareille union , fondée $ur la raison et sur des principes inébranlables, na sera combattue avec succès par les ruses et les ma-» nœuvres des ministres et de leurs agents. Ce n'est point en déposant des papiers sur votre table, ni en r?6mp* tant 'les votes dans cette chambre que vous éloignerez l'heure du danger. Elle arrivera, cette heure fatale, à moins que vous û'anniiliez tous ces actes funestes : elle arrivera avec toutes ses horreurs î et alors ces ministres si orgueilleux , malgré toute leur sécurité et toutes leurs manœuvres , seront forcés de cacher leurs têtes ! Ils seront forcés d'abandonner honteusement leurs mé*
sures et leurs- principes; principes qu'ils avouent et qu'ils ne peuvent défendre ; mesures qu'ils osent tenter, mais qu'ils n'espèrent point effectuer. Us ne peuvent ^ mylords, ils ne peuvent faire un pas; ils ïie peuvent faire un ^mouvement : ils sont échec et mat. Ce n'est point en révoquant tel ou tel acte du parlement ; ce n'est point en annulant des pièces sur parchemin, que vous nous rendrez l'Amérique : ôtez- lui ses craintes et ses ressentiments, et vous pourrez alors espérer son attachement et sa reconnoissance/ Mais aujourd'hui qu'elle est outragée par une force «armée à Boston, et irritée par l'appareil hostile que vous déployez dans son sein , si vous pouviez la contraindre à des concessions, elles ne vous offriroient-ni franchise ni sécurité : elles vous seroient faites irato animo, et^'auroiènt rien de ces pactes honorables qui lient les hommes libres. Arrachées par la force, elles ne seroient que l'ouvrage delà crainte. Il est cependant plu§ qu'évident que vous ne pourrez jamais contraindre à des conditions de soumission aussi honteuses des l^ommes aussi unis et aussi forts en principes que le sont les Américains : cela est impossible! Et lorsque j'entends censurer le général Gage pour son inaction, mon indignation n'en accuse que les mesures insensées et les conseils imprudents qui l'ont entraîné dans }a malheureuse situation où il se trouve. Cette situation me rappelle la réponse d'un général françois dans les guerres civiles de France. On demandoit au prince de Condé, qui combattoit contre M. de Turenne, pourquoi il ne faisoit pas prisonnier son adversaire, qui étoit si près de lui:. J^af peur^ répondit. franchement le prince, fai peur ^uil ne me prenne. \
CSORGES III. S65
' «^IIq nioment viendra où nous serons enfin forcés dc^ revenir sur nos pas. Faisons ce mouvement rétrograde tandis que nous le pouvons , et n'attendons pas qu W nous y contraigne. Ces actes violents et oppressifs doivent être révoqués : vous les rév^oquerez. Je jure que ^fous finirez par les révoquer : fy engage mon honneur! Je consens à passer pour un idiot, si ces actes ne sont pas révoqués! Évitez donc cetle nécessité honteuse^ humiliante. Pj^enez la dignité qui convient à votre su* périorité, et faites les premières avances/pour la concorde, la. paix et le bonheur de3 deux pays. Vous» n'aurez qne véritable dignité que lorsque la prudence et la justice vous guideront. La politique la plus sage et la plus raisonnable veut que vous fassiez les premiers pas.. Les cohcessions ont meilleure grâce et des effets plus salutaires, quand elles viennent du pouvoir le plus fort. Les hommes consentent plus volontiers à reconnoître cette supériorité ; et une confiance durable s^établit alors sur rattachement et la reconnoissahce ;, telle étoit Topinion d'un poëte , qui étoit en mi^me temps un sage politique, Tami de Mécène et le pape-, gyriste d'Auguste. C'est lui qui donna au fils adoptif du premier César, au maître du. monde, ce conseil plein de sagesse et de. .dignité :
a Tuque prior, tu parce, genus qui ducis Ofympo ; '^ * a Projice tela manu.... T»
JD^n autre côté, tous les dangers vous menacent 31^ vous persistez dans ces désastreuses mesures. La guerre; étrangère est à vos portes. La France et l'Espagne observent votre conduite, et attendent les suites de vos fautes pour en profiter. Si les ministres continuent
à donner au roi des conseils aussi funestes, et à le conduire dans une route aussi mauvaise, je ne dis pas qu'ils feront perdre au souverain Tamour de ses sujets, mais j'afSruae qu'ils dégraderont la couronne; je ne.dis pas que le roi soit trahi , mais je déclare que le royaiuné est perdu. »
La motion de lord Chatham fut appuyée par le duc de Ricfamond, le marquis de Rockingham, et par le9 lords Shelburne et Gamden. Ils insistèrent sur ce que l'assertion de la suprématie du parlement étoit une question, de métaphysique abstraite , qui n'avoit été introduite à dessein dans la discussion sur les affaires d'Amérique que pour tromper également le peuple et le parlement. «Le dernier artisan, dirent-ils, est devenu tout fier de son importance, depuis qu'il se croit personnellement engagé dans une querelle avec des traîtres, des vagabonds et des rebelles, aussi remplis de bassesse que d'ingratitude. Mais quelque fondée que soit la suprématie législative de TAngleterre ( et cette doctrine est juste quand elle est bien appliquée), il n'en est pas moins vrai et conforme aux opinions de tous les publicistes, qu'aucun homme, d'après les vrais principes de la liberté naturelle ou civile, ne peut être dépouillé, sans son consentement, d'une partie quelconque de sa propriété. La questioa n'est pas réellement soumise au peuple et au parlement ; parceque le ministère, composé de quatre ou cinq personnes^ qui toutes sont guidées par une seule , exerce une domioation absolue sur le parlement. La querelle existe donc entre le ministère et toute l'Amérique. » L'oppo^ sition analysa les actes de la dernière session, et leK déclara tous iaconstitutionnels. Lord Gamden cita Sel*
GEORGES m. 367
den et Blackstone pour prouver que , quoiqu'il soif impossible de définir exactement les diverses circon'stances et événements qui peuvent justifier la résis^ tance, du moins le peuple, ayant un droit naturel de veiller à son boubeur et à sa conservation, a celui de révoquer un pouvoir qu'il a donné, quand on l'emploie contre lui-même pour le perdre et le ruiner.
La motion fut combattue par les comtes de Suffblk, de Rochford et Gov^er, les vicomtes Townshend et Weymouth, et lord Lyttleton.
Us attaquèrent les assertions de lord Chatham, et ses éloges d'un congrès dont les actes et les résolutions respiroient un esprit d'indépendance et de révolte. «Le parlement anglois, dirent -ils, possède un droit incontestaUe à une suprématie législative. Si ce droit n'existe pas de fait, il est absurde; s'il existe, il faut le maintenir ou l'abandonner pour toujours. Les difficultés du moment ne peuvent que s'accroître dans quelques années. La désobéissance au parlement, tolérée une fois, anéantit toute prétention à la suprématie sur rAmérique. Sans Tobstination des habitants, l'acte sur le port de Boston aupoit eu une exécution facile ; et en indemnisant la compagnie des Indes orientales^ il auroit permis le rétablissement du port et facilité une réconciliation durable. Les résolutions du congrès contre les actes du parlement prouvent que les Américains étendent leurs projets au-delà de leurs réclamations, et qu'ils ont même le dessein de détruire l'acte sur la navigation , ce grand pedladium du com-^ merce de l'Angleterre. Il ne s'agit pas seulement des impôts dans la question qui nous occupe. La détermination qui sçra prise décidera si le grand système com*
mercial dont dépendent la force et la. prospérité de TAngleterre, et les intérêts mutuels des deux pays^ doit être anéanti pour complaire à la folle ambitioi» d'un peuple turbulent et ingrat. La mère-patrie ne doit rien céder, tant que sa suprématie ne sera point reconnue. Une juste et respectueuse déférence seroit suivie de tous les actes d'indulgence qui seroient dans Viritérêt véritable des deux pays. Des concessions préa- Id^les seroient impolitiques, lâcher et absurdes. Le devoir de l'administration est de réduire les Américains rebelles. » Le comte de Suifolk, secrétaire-d'état, avoua formellement que le ministère étoit déterminé à contraindre les Américains à l'obéissance par la force des armes, et déclara avec orgueil qu'il avoit lui-méine conseillé les voies de rigueur, d'après sa conviction de leur nécessité. On repoussa toute enquête sur l'état de% tfoupes à Boston et sur la conduite du général Gage, par l'impossibilité de se former un jugement certain à une si grande distance, et d'après des documents^ aussi insuffisants que ceux que possédoit le parlement. La motion fut rejetée ( i ).
1*"' fév. En soumettant sa dernière motion à la chambre, le de^lord comte de Ghatham dit qu'il avoit dressé un plan d'ar-* Ghaiham rangement durable, certain et honorable, et qu'il saiwoter un siroit la première occasion de le représenter sous le ^^^' titre de : « Acte provisionnel pour apaiser les trouble» d'Amérique et pour assurer la suprématie législative et l'autorité de l'Angleterre sur les colonies. » Son discour» préalable fut court : il représenta la nécessité d'une prompte tentative de conciUation. « L'Angleterre et
(i) 18 voix pour et 68 contre. Le duc de Guœberhnd fit parti* 4je l^jaaiïiQnié* • . -
GtORGEd tit. 36^
TAmérique, dit-il, sont en armes et attendent le âignal d'une lutte qui , de quelque côté que se range la victoire, entraînera inévitablem^st la ruine et la perte de Tune et de Tautre. Je désire jouer le rôle de média* teur, mais sans aucune vue de popularité, et sans pai^tialité pour mon pays. Ni d'une part ma haute estime pour TAmérique, ni de Tautre mon amour inaltérable pour l'Angleterre n'influenceront ma conduite. J aime les Américains 9 parcequ ils estiment à une juste valeur le bien inappréciable de la liberté; mais si j'étois une fois persuadé qu'ils entretinssent l'idée même la plus éloignée de s'affranchir de la suprématie législative et de l'autorité constitutionnelle du parlement anglois, je serois le premier et le plus ardent à demander que toutes les forces de l'Angleterre fussent employées à maintenir cette suprématie. J'implore l'assistance de la chambre pour employer ces matériaux encore infor^ mes comme il convient à la dignité et à l'importance de l'affaire qui nous occupe, et de manière à en assurer le succès. V
- Le bill pjoposoit de modifier Pacte de déclaration.^ Contenu Le parlement angjois devoit avoir plein pouvoir de ^ régir l'Amérique en tout ce qui concernoit généralement les domaines de la couronne et n*étoit pas de la coDOpétence locale des corps représentatifs des divei'ses colonies, et particulièrement en matière de règlements de commerce. Pour dissiper les vaines alarmes qu'avoit fait naître une armée permanente, sans déroger à la prérogative constitutionnelle et reconnue de la couronne, on devoit déclarer qu'aucune force militaire, levée et entreteitue suivant la loi , ne pourroit légalement être employée à violer et à détruire les justes i8. H
3jO HISfTOr^E p'aNGL£TERRE.
droits du peuple. Relativement aux taxations, ancnire taxe ou chargée, au profit du trésor royal, ne pouvoit être perçue eu Amérique, sans le consentement légal des assemblées provinciales. Les délégués au dernier congrès général dévoient se rassembler de nouveau au mois de mai pour r^connoitre la suprématie de lauto* rite législative du parlement , et pour déterminer librement le subside annuel que les colonies mettroient à la disposition du parlement, en dégjrévement de Isr 4ette nationale, qui s'étoit accrue pour la défense et )a prospérité des cplonies. La libre concession de ce subside ne devoit cependant pas être regardée comme une condition du redressement des griefs, mais comme BU témoignage d'affection ; et le congrès ne pouvoit pas exercer lui-même le droit de taxation,, sans avoir préalablement reconnu lautorité suprême du parler ment. On devoit faire droit à la pétition du congrès, en imposant des restrictions à la juridictioudelamirauté; rétablir le jugement ppr jury dans les affaires civiles où on Vavoit aboli ; renoncer au pouvoir de transférer ks personnes accusées de meurtre dans dautres pro* vinces ou en Angleterre, pour y être jugées; révoquer tous tes actes relatifs à TAmérique, ciepuis la quatrième ^nnée du régne du roi jusqu'à la dernière session, y compris Pacte de Québec et celui du cantonnement destroupes. Les juges dévoient conserver leurs charges» comme en Angleterre, tant qu'ils ne prévariqueroient jioint : les chartes coloniales dévoient être confirmée» ^t déclarées à Tabri de tout envahissement on restriction, excepté en cas d^abus, ou de forfaiture. Le biH se terminoit en ces termes : « C'est ainsi qu'une franche^ réçonciliatioa détoufoiera les nou^lheurs qui hoias met
GEOBOES III. 371
ji^acent. Cet accord solennel entre TAngleterre et ses colonie^ sera un monument durable de la clémence et de la magnanimité du souverain envers son peuple, de la sagesse et de la modération de cette grande nation, si renommée pour son humanité et pour sa valeur, de la fidélité et de la reconnoissance des braves et loyales colonies envers la mère^patrie, qui leur conservera sa protection et son attachement. »
Cette motion donna lieu à une discussion animée. DIkqs^ ' ' Le comte de Dartmouth , secrétaire-d*état au dépar« Propositement de rAmérique, exprima le désir que le bill fût ,*'^,^^* dépose sur la table f pour être pris en considération , moath* après l'adoption de quelques résolutions relatives aux pièces déjà communiquées/
Cette modération apparente fut fortement blâmée Opposipar lord Sandwich , qui prétendit que la moindre con* lo^a cession étoit un abandon de la cause du gouverne- Sandwich ment. « Les Américains, dit-il , ont formé les desseins pairs aa les plus hostiles et les plus perfides. Us se sont rendus . ^'j^of,^. coupables dé révolte ouverte, en s'emparant des forts ihaim et des munitions, avec une intention avouée de s'en servir contre le gouvernement du roi. Ce mode d'introduire le bill n'a jamais été dans nos usages parlementaires. Le vieux prétexte de préserver nos intérêts commerciaux par des concessions est un artifice qui ne peut tromper que ceux qui ne veulent pas voir et qui sont déterminés à contredire l'évidence des faits. Les Américains ne disputent point sur des mots, mais sur des choses : leur but est d*étre affranchis des l'es-» trictions commerciales : ils veulent faire le commerce des Autres nations; et j ai des lettres qui prouvent inçoa rt e st afalement qu*ils ont des vaisseaux qui chargent
^7^ HISTOIRE d'aNGLETERKE.
maintenant à Lorient, au HaVre-de-Grace et à Amster^-' .danr, pour rAmérique, des marchandises de FEurope et des Indes orientales. Je demande en conséquence le rejet immédiat du bill. »
Le premier lord de Tamirauté fat sontenu par le duc de Grafton, le comte Gower et le ceiâte de Hills* borongh. Le doc de Grafton sur-tout attaqua la ma* nière anti- parlementaire dont ce bîH avok été pr^ sente. »' J'ai ^ dit - il , Thonneur de siéger dans cette chambre depuis plus long-temps cpie le noble coftote, et je ne itie souviens pas qu'il y ait un exemple d'une semblable présentation^ Un si grand nombre d articles différents ne peuvent être réunis en nn seul bili : ils doivent être discutés séparément. » D'autres antagonistes dn bill affirmèrent qu'il étoit combiné de manière à faire droit à toutes les prétentions des Américains, mais qu'il n'offroit aucune garantie pour des concessions de leur part ; qu'il sanctionnoit et légalisoit le dernier congrès, et autorisoit une autre assemblée de même nature^ Les actes du parlement dont on propesoit la révocation forent défendus avec succès, particuli^eroent l'acte sur Québec, dont on exalta la modération, la justice et la sagesse.
Le bill est Le bill fut soutenu, ou plutôt son rejet immédiat •oQtenu. £y^ combattu par le duc de Bicbmond, le comte de j^h^lhurneet lord Camden. Lord Shelburne dit que la ruine du commerce et des manufactures, l'augmenta^ tion des taxes , l'épaisement àa trésor, la diminution des revenir , seroient les inévitables conséquences des mesures de l'administration. « La cessation , dit-il , des approvisionnements de blé qui nous arrivent d'Amérique produira nécesiairem^it la famine^ Dans ce ca»^
CKOBGES III. 373
3. Fftiidra toutes les forces militaires du royaume pour contenir le peuple , comme on en a eu la preuve pendant la disette de 1766. » Le ministre fut en général sommé de discuter les principes du bill, quoiqu'on nexigeàt pas une décision immédiate à ce sujet. Les lois dont on proposoit la révocation furent analysées avec une grande sévérité, et sur-tout celles de la dernière session. On ne manqua pas de parler de Tinterv«nti9n probable de l'étranger, et d'avertîr ie ministère de se défier des assurances des ennemis invétérés de TAngleterre,
Un parti plus modéré, le duc de Manchester, le coi»te Temple et lordLyttletan désapprouvèrent plusieurs parties du biil; mais ils blâmèrent son rejet imx^E^ial, eomme-étant uiie:|cisu]te inutile à un bomme li un noble oaractère. Lord Temple attribua tous les iDaUieurs à la révocation de Tacte sur ie timbre ; et les lojs de la précédente session loi parurent plus btâma^ bi^s dafisJa forme que di^ns le fond. Lord Lyttleton votfKCcmtre le rejet du bill, et différa Cependant eii plusieurs points <|e lord ChHtbfun^ ]iarticulièrement sur l'acte de Qfpébec, dont il conbattit la révocation.
Dans ift QMirs de cette <lisei^sii»n , il s'éleva un grand Ahercanombre d'atUeraation^i personnelles. Le duc de BNch- go^nnell»" moti^^ttaqusi'Viokmaient lond Gower; et lord Chatham^ en discutant la mcM,ion de iond Sandwicb , pro- ^oça une terrible pbilif^que contre toute ladministration.
11 commença par son ancien collègue , le duc de Viblent Grafton , qu'il attaqua avec une grande animositc. je^^^îîîj « Suis-je plus condamnable , dit-il , d'avoir introduit Chaiha»cette a£faire dans la chambre, que le ministre de l'em
374 HISTOIBE D'ANGLETERRE.
arracher? On a déclaré que rAmériquè est en révohe: onze jours se sont écoulés depuis ma dernière motiot) ; et les ministres du roi n'ont encore proposé aucune mesure. En ce moment même, s'ils m'assurent qu'ils ont un plan à présenter, je leur donnerai la preuve d'une modération qu'ils ne méritent pas , en retirant mon bill sur-le-champ. L'inconvenante résolutiofn d^é* touffer ce bill à sa naissance ne le plongera point dans l'oubli. Il parviendra au public , à la nation , au^ sauvages les plus éloignés dé l'Amérique. Il sera jugé froidement et apprécié comme il le mérite. Je ne suift point étoùné que des eniiemis de la liberté détestent ceux qui l'idolâtrent', et que des hommes siàtis vertu persécutent ceux qu'elle enflamme. Je pourrois démontrer, si je le voulois , que*toute vot^ côndtikfe^ poli* tique a été une suite continuelle de foibléftse , de témérité, de despotisme , d'ignorance, de futilité, dé né* gligeùce, de fautai, de servilité, d'incapacité et de corruption. Cefiendatit, en f réfléchissant , je diAs vous reconnottre tin mérite , celui d'avoir touj6«ifs 1%illé attentivement à vot peepi^ intérêts/ Sous ce rapport, vous êtes dViabiles hoBUfies d'état et de pfUl&iDIds politiques. Vous savez bien i|ue, si là mesure que je propose étoit adoptée, ^ous seriez obKgéf dequîtter sur^ le-champ vos places. Je doute qtè vofts soyez capables de les conserver, à quelque condition que ce soit. Mais je suis sûr, tant votre caractère et vos talents me sont connus, que tout plan de réconciliation, quelque modéré, sage et facile qu'il soit, doit échouer entre vos mains. Qui peut donc s'étonner que vous rejetiez une mesure^ qui doit anéantir votre pourvoir, vous priver de vos traitements, et vous réduire
oEOBCEi» m, 37S
à Fétàt d^Dsignifiance auquel Dieu ei la nature tous avoient destinés? »
Les comtes de Gower et de Hillsborougfa répondî- ^^P*"*î!** rent viyemeDt à ces diatribes immodérées, qui leur pa- aîstret* rurent cacher un projet factieux d'entraver la marche <du gouvememeot et d'acquérir une coupable popularité. « Sans doute, dirent-îls, on va mettre beaucoup de ^séle et d adresse à répandre cobill et à enflammer lesprit puyic , /timt en Angleten*e qu'en Amérique. Dire que trois onllions d'Américains sont en armes est une ^exagération monstrueuse. La population entière nexcède pas ce nodkbre. Un tiers sm moins ne demande pas «mieux que de se soumettre: et en déduisaiit du reste les vieillards, les enfants et les fetames, on verra que les «faits allégués par lord Chathanl ne sont pas plus exacts «que ses arguments ne sont péremptoires. C'e^ répondre .suffisamment a des accusations générales ^ui n'ismt d^autre bal» que de proyoqÉier ttne défense lict des explications. Les personnes attaquées , ajouta iord Gower ^ ont le sort de tous les i^inistres qui se sont succédé. Lord Chatham les a teui» également condamnés 1, quoiqu'il ait énsiiite a^ de concert ^tivec eux : et si son âge ne s'y opposçk pas, il auroh'^probablement en cette occasion donné une i¥)uveUe preuve làe sa versatilité en adoptant les m^esures qu'il condamne si hautement. » ' •
On adopta la motion de lord Sandwich^ et celle relative au bill fut rejetée(i). .
Cependant les pièces soumises à la chambre des Pëtîtion» communes furent renvoyées à un comité. De nom- ®" ^«^««^
(s) 61 voix contre 3i.
376 HISTOIRE d'aNGIiETEAAE.
Amëri- breuses pétitions sur les affaires d'Amérique furent présentées par les grandes cités et villes commerçais tes. Elles supplioient le parlement d'abandonner des mesures qui avoient produit ce pacte américaiii si préjudiciable au commerce ( i ) .
Pétition La première pétition des commerçants de Londres
Londres. ^^ naître une vive discussion , sur une proposition de la renvoyer à un comité ,- le lendemain du jour de la nomination du comité chargé d examiiter les pi^s. La conduite des ministres fut l'objet de violentes attaques, et on jeta du ridicule sur le comité. proposé. M. Burke l'appela un comité d'oubli. La question fut cependant résolue affîrmativemest (2); et toutes les autres pétitions, ainsi que^ celle de Birmingham, qui étoit dans un sfiii^ contraire (3) , furent soumises au même comité. Les qégociaqts de Londres, mécont^ts de ce renvoi, retirèrent leurs pétitions, en déekraut qu'ils n'avoient aucune inquiétiide sur leurs créance» en Amérique, à moins que les mesures adoptées en Angleterre n'ôtassent aux Américains toiis Jes moyens de s'acquitter,,
Pëtiiion Le: floctçiur Franklin, et MM. BoUan et Lee , qui
du , * ' . , I > . m s /■
docteur etoicût autorjses par le congi-es contmental a présenter
(i) Les commerçants américains à Londres en présent^ent deux,: Bristol lé même nombre. Glascow„ Norwich , Liverpool , Manchester, Birmingham , Wolverhampton , Dudléy, et'plnsieurs autres villes d'Angleterre et d'Irlande , enyoyèrent des pétitions , ainsi que plusieurs corps de négociants qui y étoient- intéressés.
(2) 197 voix contre 8ï. .
(3) L'opposition prétendit que cette contre-pétition avoit été honteusement obtenue par l'influence ministérielle, et qu'elle étoit signée par des personnes qui n'étoient point intéressées dans le commerce de l'Amérique.
Gbogle
sa pétition aU roi , demandèrent à être entendus à la Franklin barre, pour donner sur cette pièce tous les éclaircis- * sements qu on pourroit désirer. Dans la discussion sur cette demande, on affirma d'un côté que si on consçntoit à les entendre,, il en résulteroit un désordre ir** remédiable.et Tanéantissement da gouvernement co* lonial; que ce seroit sanctionner le congrès, qui n etoit point une assemblée légale , et reconnoitre , comme étant légalement i^utorisées, les personnes qui demandoient à être entendues. De Tautre côté, on prétendit que le congrès, illégal pour tout antre objet, étoit compétent d%BS ce cas ; que la pétition étoit signée par tous les membres; qu'elle pouvoit être reçue comme venant.de chacun d eux en particulier, et que lequité de la chambre devoit plutôt la déterminer à adopter des raisons plausibles pour accueillie cette pétition qu'à inventer des prétextes pour la rejeter ; que le rejet des pétitions et le refus d'entendre les agents des Améri* cains donneroient lieu de croire que ceux qui ne vouloien(<point écouter les plaintes abdiquoient les droits des gouvernants , et provoquoient à une révolte générale. La présentation de la pétition ne fut point permise (i).
Dans un comité général, à l'occasion des pièces vè- Comité nues d'Amérique, lord North revint sur la suprématie j'çxa^*^n du parlement, sur Jfô convenance de faire participer despiéces l'Amérique aux charges de l'état, et sur les taxes lé- rAmJri* gères qui Iqi avoient été impélées jusqu'à ce jouir, et SC^®qui ne s'élevoient pas à plus de six sous par individu chaque année. Il détionça le pacte des Américains con-
(r) a 18 voix contre 68. ' •
378 HISTOIRE d'aNGLETEBRE.
tre rimportatioD , comme étant la cause de la désunièû actuelle y et développa son pian, qui consi^toit à en* yoyer en Amérique une force militaire considérable ^ en vertu d'un acte temporaire, afin d'empéeher le commerce de la Nouvelle-Angleterre avec Tétran^r et la pêche sur les bancs de Terre*Neuve , jusqu'à <ie que les Américains Aissent rentrés dans le devoir. Il déclara que, s'ils y renti'oient , ils obtiendroient , sur unç demande régulière, le redremêceent des griefs qui ne seroient pas imaginaires. Le minbtre fit ensuite la Motion proposition d'mje adresse pour remercief le- roi de la
pour une . . , . , ^ ,
•dresse. 'Communication des pièces , affirmer q«e la proymce de Massachusetéloit en révolte, déclarer la résolution ide la chambre de lie pas laisser fléchir la plus légère partie de l'autorité souveraine du roi et des chambres BUT toutes les provinces de l'empire britannique, et témoigner la constante disposition du gouvernemeat à écouter les griefs des sujets du roi , lorsqu'ils les pré- «enteroient d'une manière respectueuse et constitutionnelle. L'adresse supplioit le roi de prendre des mesures efficaces pour assurer Tobéissance aux lois et à raa«lorité de la législature suprême; et elle l'assuroit de la manière la plus solennelle de l'inébranlable résoIo<tion des membres de la chambre d'exposer leurs vies et leurs fortunes pour le défendre contre toute tentative de rébellion > en maintenant les droits et ceux des deux chambres.
Amende- La discussion, quoA(ue très animée, ne présenta ^^"^^ rien de très curieux et n'eut d'autre intérêt que celui de l'importance du sujet. M. Fox proposa un amendement pour censurer le ministère , qui avoit plutôt enflammé «qu'apaisé la querelle et pour demander son
GEORGES Ut. 379
renvoi. Il s'étendit sur Tinjustice, rinconvénancé et la folie de la motion ; il prédit la défaite ei^ Amérique et la ruine en Angleterre.
M» Dunning nia rexi&ténce dé la tévolte; mais il fut victorieusement réfuté par M. Thurlow. Où pei* ipiit avec plus de véhémence que de logique lè carac** tère des Américains , leur enthousiasme religieux , et leur peu d'aptitude au métier des armes. Le Capitaine Luttrell indiqua les malheurs qui dévoient résulter Suï\e guerre avec les colonies : il disserta longuement sur la probabilité d'une intervention' étrangère; et en parlant de l'inutilité des armés dans une pareille cause, îl termina par cette remarque : « Les Américains se consolent en pensant que chaque vaisseau^ chaque régiment qu'on envoie à Boston donne à leur cause une Boavelle For». Sans me croire prophète, je puis prédire que ces dissentions ressembleront aux troubles ^n Irlande, sous le régne dé la reine Élisabetîi. Cette reine, Voolant subjuguer les Jrlandoîs, employa une armée considérable.; mais les forées des rebelles s'ac* crurent de jour en jour. Elisabeth demanda où en étoit la cause : on lui répondit qu'elle étoit dans l'aribée. L'ahgént de ses troupes avoit pénétré dans le pays, et donné à ses ennemis le moyen, non seulement d'acheter des munitions et d\es armes, mais encore d'enrôlef des officiers étrangers. » L'amendement fut rejeté (i).
Lorsque le rapport fut présenté, lord Jean Cavendish demanda que l'adresse fût de nouveau renvoyée à un comité. Une longue discussion s'engagea sur Texis-
(f) On alla deux fois aux voix : sur Tamendemeot la majorité fut ^e 3o4 voix contre io5, ^c sur la motion origiuelle de 396 voix contré to6.
38d HISTOIRE D'ANGLETERRE.
tence de la révolte et sur le danger de la proclainer; « Je ne prétends point, dit M. Wilkes, prononcer sur l'état de Massachuset. Une juste résistance est une revolutioiiy et non une rév^olte. Qui peut dire que cette adresse violente et insensée ne fera paâ tirer Fépée aux Américains comme à nous, et que dans quelques années les Américains ne célébreront point Tère glorieuse de la révolution de 1 776, comme nous célébrons celle de 1688. Le succès couronna les généreux efforts de nos pères pour la liberté. S'ils eussent échoué , iU seroient morts sur l'écbafaud comme traîtres et rebelles; et l'époque de notre histoire qui nous fait le plus d'honneur eût été condamnée comme une époque de révolte fontre l'autorité légitime; on eût flétri denoms odieux une noble résistance, sanctionnée par les lois divines et humaines, et couronnée par l'ëxpulsiott d'un tyran. » ,
On répondit à ces observations : « La crise actudle, la plus importante et la plus difficite'qui.ait eu lieu de«: puis la révolutio|Q , n^ doit pas être plus attribuée à l'esprit séditieux des ingrats habitants de l'Amérique qu'à l'écrit turbulent qui agite l'Angleterre elle-même. \iû grand ministre se vantoit autrefois d'avoir conquis l'A^ mérique en Allemagne : il faudroit aujourd%«ii1à €Oiir quérir en Angleterre. Tant qu'on ne parviendra pas à arrêter la sédition , dont le foyer constatit est ici , et qu'on la laissera se répandre au dehors avec tant d'audace et de perfidie; tant que les artisàtis de troubles et de discorde pourront impunément faire circuler dans tout le royaume, par la voie des journaux, leurs poisons corrupteurs , nous ne pouvons espérer aucune tranquillité. Il faut en venir aux dernières extrémités
GEORGES III. 38l
pour ramener au sentiment de leurs devoirs ces hom* mes pervers qui égarent le peuple. Leurs actes et les piéci'S soumises à la chambre prouvent évidemment qu'ils portetit l'ingratitude jusqu'à vouloir déclarer leur indép^daoce. Il est possible que le siècle futur voie Taccomplissement de leur coupable dessein : mais le devoir des Anglois est de retarder le plus possible^ par leur vigilance, cette funeste époque. Le défaut de fermeté seroit pour notre âge une tache éternelle. » On remonta aux véritables sources des déclarations du congrès , et on s'éleva contre Tinsolence avec laquelle tes Américains refusoient de recevoir dans- leurs ports des marchandises angloises. «Nous pouvons, dit sir Guillaume Mayne, transporter les produits de l'industrie angloise et de nos manufactures chez toutes les nations qui ne sont point en guerre avec nous; le continent inhospitalier de l'Amérique est le seul pays où ils ne peuvent trouver un asile. »
Lord North, qui avoit déjà montré quelque irréso- Inr^«ola. lution, relativement aux mesures de severite , en ad^ nânistire* hcrant à la révocation de la taxe sur le thé, si cette concession pouvoit satisfaire les Américains, tnontra alors une hésitation plus grande encore. Il ne recon* xiut pas la taxation de l'Amérique pour un acte de son adiùini^ration , et il en rejeta le blâme sur le duc de Oraftoo. Il ajouta que la querelle seroit terminée, si le droit constitutionnel de suprématie étoit concédé ji FAngleterre. La motion pour le renvoi à un nouveau comité fut rejetée (i).
Daps une conférence à l'occasion de l'adresse ^ le
(i) 28B voix contre loS.
38a histoihe d'aiicleterre.
Gonfé- oomte de Dartmouth demanda que les pairs ooncod'
^^^ rus9ent à sa présentation. Le marquis de Bockingham
tion dans remît des pétitions des commerçants américains à Loo*
bre- dres et des colons des Indes occidentale». On demaDdi
hante, j^ question préalable sur la motion du cooftede Dari*
mouth.
Lord Lord Mansfield , dans xm discours étendu et plein ficldT ^® talent , démontra l^arrogance des AméricaÏDS dam leurs réclamations, et la futilité des arguments qooii avoit employés pour faire croire que les colons ne de* mandoient qu'à être exempts de taxations. Il reprocb à lord Chatham d'avoir déclaré, dans une discussioi précédente, que les Américains, pour prix délasnS' pension temporaire et de la révocation définitive de tous les actes dont ils se plaignoient , consentiroial firanchement à recoanottre la suprématie législatif! du parlement, en toute chose, excepté en matièrei taxations. Il remarqua que le congrès évitoit de ti une déclaration, soit positive, soit équivoque; f tout ce qu'il promettoit , c'étoit de se soumettre à \^ sur la navigation , tandis qu'il demandoit fièremcstal révocation de toutes les lois qui faisoient la forcée Futilité de cet acte. Il analysa en détail les déclaratioiD du congrès, et les actes du parlement dont on se f^ gnoit ; et il prouva que la révocation de ces derni*" seroit une entière renonciation à toute suprématie, u observa, à Tégard des pétitions, que sans doute toutef les classes du peuple dévoient se ressentir des *!** de la guerre, et qu'il étoit impossible de répondre w événements : les troupes angloises pouvoient être i^ faites , les Américains pouvoient triompher, et Y^W terre être à jamais dépouillée de sa.souveraitieté. V^
OE0Hoir3 rif. 383
il ajouta que la seule question étôit <}e savoir si Ton devoit soutenir avec fermeté les droits dé la mère* pdtrie, ou les abandonner tout-à-fait. Il conclût des documents fournis à la chambre, qi)é les colonies étoieni dans ntk état de rébellion; et, quoiqu'il doutât de l'utilité des taxations , il déclara que ce n'étoit pas le moment de traiter cette question , et qu'il falloit, avant tout, établir et faire reconnoitre le droit du parlement. U condamna les taxes de-rannée 1767, comme ayant ité la source des troubles politiques. Il les acciisa d'à* voir excité la fermentation des colonies, et d avoir nui au commerce anglois, en exposant les Américains à la tentation de se livrer à la contrebande.
Lord Camdien nia que les colonies fussent' en ré- ^J^JÎ* vdte, et fit plusieurs distinctions sur ce qui consti* tuoit la trahison. Il désavoua toute participation à la loi qui aiK>it soumis T Amérique aux taxes , n'ayant jamais été consulté à- ce sujet.
Lç duc de Grafton blâma la conduite des deux pairs ^^^ ^* qui avoient parié, avant lui. «t U est indigpie de lord Cain^en, dit-il, et du poste élevé qu'il oc<Jupoit lorsque les taxes furent imposées , de se refuser à la responsabilité des conséquences que ces mesures peuvent avoir, en les imputant à d autres ministres, qui, comme il le sait bien, n^ont pae participé plus que lui-même à l^ur adoption. LordCamdena consenti à ces actes ^ lia moins dans le conseil du cabinet ; il a siégé à cette obambre pendant qu'on les a discutés, et il a notifié la sanction royale, sous le sceau de sa charge. Dira-t-i) maintenant à la chambre et au public que ces acte$ ont passé sans son approbation ou sa participation?» l^ duc saisit avec c^mpressement Foccaâion de décla-»
38f HISTOIRE d'aNOLCTERRC«^
Ter au public qu'il n'étoit pas l'auCeur de la mesure; Peut-être étoit-elle contraire à son opinion; mais il se réserva de la faire connoUre dans une autre occasion. Tout ministre du cabinet qui agit et délibère en cette qualité, au moment où une loi passe à la chambre , doit également partager la censure ou la louange doiit elle est susceptible. Le duc de Grafton combattit ensuite les arguments de lord Mansfield contre le mode d'exécution du bill , et exprima son regret d'être privé de Tappui que ce noble lord avoit accordé aux administrations qui avoient précédé la sienne.
Lord Lord Lyttleton parla avec force contre la doctrine LvttletoD. 1 , ,
de lord Gamden sur ce qui constitue la trahison. « Ces
petites distinctions, dit-il, ne sont qu'une misérable > subtilité de métier. 11 est absurde d'entrer dans des observations aussi futiles sur telle ou telle phrase , et d'en tirer ensuite des conclusions puérilef, qui ne peuvent nullement prouver que les colonies ne soient pas en révolte. Je ne m'en tiendrai point à des interprétations aussi peu fondées; mais,* guidé parle seul bon sens et éclairé par les pièces qui sont sur la table, il m'est facile de prouver le contraire de ce que lord Gamden a affirmé. »
Lord Lord Shelburne dit qu'il espéroit qu^ le^our vien- €belbur- j^^j^ ^^ Fauteur de ces coupables mesures seroit découvert, et où ce système despotique qui gouvernoit les colonies depuis quelque temps seroit enfin mis au jour. Il attesta que ni lord Gamden ni le duc de Grafton n'avoient approuvé la taxation de l'Amérique, et dit que ses sentiments étoient trop bien cpnnus pour qu'il pût avoir besoin de se justifier. Il ajouta -même que le roi étoit favorablement disposé tnvers les colonies;
et qu'il falloit ilne enquête pour savoir comment s^étoit effectué un cbang;ement aussi inattendu , et par quelle influence funeste ce grand empire avoit été conduit à la Teille d'une guerre civile.
La discussion devint alors extrêmement tumul- ^^ ^uc tueuse. Le duc de Richmond rapporta des anecdotes mond.* qui prouvoient que lord Mansfield, qui avoit nié avoir eu aucune influence ni aucune part dans ladoption des mesures actuelles , s'en étoit cependant fait honneur et avoit proclamé leur sagesse, leur utilité et leur justice. Lord Mansfield désavoua avec une noble fierté les bas artifices qu'on employoit pour obtenir la popularité, et déclara que, quoiqu'il fit tous ses efforts pour la mériter, jamaii^ il ne s'abaisseroit à la courtiser. Il fit connoitre les ruses dont se servoient plusieurs ministres du caUnet pour acquérir cette popularité et pour détourner l'attention de leurs vues ambitieuses et intéressées. Il répondit aux menaces de ses adversaires par un noble défi. « On m& menace, s'écria-t-il ; je défie les auteurs de ces menaces d'en exécuter une seule. Je suis prêt à répondre à leurs accusations ; et j'attends l'événement, soit qu'il couvre mes adversaires de blâme et de honte, soit que, par ma chute, il abrège ma vie, qui bientôt touche à sa fin, et qui, par celte raison, ne mérite pas d'exciter mes alarmes. »
Lord Shelburne renouvela ses observations, et ajouta Lord même que le chef de justice du banc-du-roi n'avoit pas turnê dit la vérité. A cette accusation , lord Mansfield déplora , avec une extrême chaleur, l'obligation où il étoit de s'écarter des usages de la chambre , et il accusa à son tour le dernier orateur de s'être permis un mensonge abominable. Lord Shelburne répliqua en faisant le i8. 25
386 HISTOIRE p'A{)€t£TERRE.
même reproche; et après quelque^ discours sur ta ma-
vine, cette discussion indécente et honteuse se termina tion est P^i* Fadoptiou de la question préalable et de ladresse adoptée, jg |a chambre des communes. Une protestation contre
chacun [des articles de cette adresse fut insérée dans
les registres.
An^en- j^ réponsc du roi è^ ladresse fut «içeoa^pagnée d'un
ttf tion des * , , • i i
forces, message pour demander ux^e augmentation de deux mille marins et de quatre raille trois cent quatre^ vingt-trois hommes pour Tarpiée de terre. Cette aug- ^efitation fut volée, malgré de violentes diatribes contre la conduite du gouvernement. Qn accusa le ministère d avoir voulu trompçr la chambre en demandant d'abord peu d^ troupes ; et on prétendit que cet armement même seroit entièrement inutile» On ne manqua pas de parler de la probabilité de FinÉerven-* tion de l'étranger; et le capitaine W^lsingham affirma que la France avoit soixante-quinze vaisseaux de ligne, dont la moitié étoient équipés et prêts à mettre a la voile.
Bill de Lord North présenta ensuite un bill pour restreindre reptric- j^ commerce des provinces de la Nouvelle-Angleterre à jo fév.. la Grande-Bretagne, à l'Irlande et aux Indes occidentales, et pour leur interdire, pendant un temps limité, la pêche sur les bancs de Terre-Neuve. Ce bill portoit oependant une exception pour la pêche en faveur des individus qui obtiendroient des gouverneurs 4^ certaines provinces des certificats de bonne conduite» et . qui reconnoltroient par serment les droits du parleineut.
On allégua à l'appui de ce bill 1 état de rébellion des pjroviuces améiiçaines, prouvé par les piéceç soumises
CE-ORGÉS III. 387
^ la otiaiiibre. «L«8 Américains , observa-t-on, ayant irçfu$é de faire le cominerce avec ce royaume, il est jasté d empêcher qu'ils ne le fassent point avec les au« très nations. Quelle que soit la détresse qu'ils en éprou-* vent, leur c(»duite ne leur donnera aucun droit de se plaindre. Ce sont eux qui les premiers ont formé un P9ct9 pour ruiner nos, négociants, nos manufactures, et réduire à la famine les tles des Indes occidentales. »
L opposition représenta combien il étoit impolitique Opposide détruire un commerce qu'il seroit ensuite impos^ sible de rétablir. « La nature, dirent les membres de ce parti , a donné la pêche de Terre-Neuve à la Nouvelle* Ai^gleterre, et non à la Grande-Bretagne. Le châtiment confond Tinnooent avec le coupable; et le gouverne* tnent ne peut faire une proclamation qui rassure entià* rement tous les Américains bien intentionnés. Le bill ne peut qu'irriter davantage les colonies , et produire )a famine dans quatre provinces. Les Américains, pour afe venger, refuseront de payer leurs dettes aux négociants anglois. »
, Diverses pétitions furent présentées à la chambre PétitioDs. par les commerçants américains à Londres, tes corn» merçants de Poole, les quakers, et les négociants de Waterford. Elles furent renvoyées à un comité, qui interrogea un grand nombre de témoins; mais leurs témoignages ne prouvèrent pas Tinutiltté de la mesure.
A la troisième lecture, M. Hartley proposa un âmen- Débats à dément pour permettre Timportation dû bois de dhauf- sième fage, du blé, de la farine, et autres vivres, des autres l®^\"|f parties de rAmérique dans les provinces auxquelles le commerce avec l'étranger étoit défendu. Cette motion fit reproduire avec plus de force l'objection que les
388 HISTOIRE d'auglëterre.
amis et les ennemis du gouvernement, confondus dant le même châtiment, soufifriroient tous également de U famine, et que les enfants, les femmes et les vieillard» partageroient la peine qu'on vouloit infliger siux cou-> pables. M. Burke fit observer que les habitants étoient déjà réduits à* la mendicité, et qu'on vquloit maintenant leur enlever le morceau de pain du mendiant, « Vous arrachez, s'écria-t-il, de la bouche du malheu-» reux qui meurt de faim, le pain qu'il doit à une main charitable. » " *
Le g'ouvernetir Pownall répondit à tous ces argu* ments par un fait : « Les colonies de la Nouvelle-Angle-^ terre, dit-il, ne sont point menacées de famine, quoique l'agriculture y soit négligée. Il y a de grands établisse^ ments où Ton engraisse du bétail. Le biscuit apporté de New- York et de Philadelphie n'est qu'un objet de luxe pour les riches. » il tourna en ridicule les imputa^^ tions de cruauté et de barbarie adressées au ministère,' et, considérant le bill comme un simple règlement de commerce et comme une représaille envers les colonies qui a voient défendu tout commerce avec l'Angleterre, il l'appuya de tout son pouvoir. La motion fut re<» jetée (i).
] 5 mars. Le bill rencontra dans la chambre des pai^s , comme tion^dans ^'^^^ ^^ chambre des Communes, une vive opposition. lacham- Dcs pétition S furent également présentées et des té* pairs, «noins interrogés. Sur la proposition du renvoi de ce bill à un comité, le marquis de Bockingham compark la conduite du ministère à celle du niaréchal Rozen, général frajuçois en Irlande sous le roi Jacques H. « Ce
(i) 1 88 voix contre 58. . •*
GEOB<îE$ III. S-Sg
luaréchal, dit-il, voulant réduire la garnison de Lont donderry, rassembla les enfants, les femmes, les pères des assiégés, sous les murs de la ville, pour les faire périr par la famine ou les massacrer, s^ils chercboient à fuir. Mais le prince, malgré sa foiblesse et son ^ana< tisme , fut révolté de cet horrible moyen de réduire ses ennemis; et aussitôt que cet ordre barbare lui fut * connu, il donna sur-le*<;hamp contre-ordre, et laissa en liberté tous ces malheureux qui ne pouvdient être coupables envers lui. w
Les membres ministériels nièrent qu'on eût Tintention de réduire les colons à la famine. Loin de croire qu'on eût besoin de recourir à un pareil moyen, ils prétendirent que, dans le cas d'une résistance à main armée, les Américains présentoient une victoire facile) ff Qu'importe, s'écria lord Sandwich , que les colonies soient abondafament pourvues de trfppes? Elles sont ignorantes, indisciplinées et lâclies. Je veux qu'au lieu de quarante ou de cinquante mille, ces prétendus braves soient deux cent mille : plus ils seront nombreux,plus notre victoire ser^ facUe. S'ils ne fuient pas, ils se réduiront eux-mêmes à la famine, par suite de nos mesures. » Le duc de Grafton soutint que le bill étoit fondé sur le principe de repréaaitle et de punition, pour un outrage insolent qui n'avoit été nullement provoqué, et qu'aggravoit encore la résistance à l'autorité légale ; résistance qui étoit presqu'une déclaration for^ melle d'indépendance (i).
A la troisième lecture, un amendement fut, proposé, Amemïeet adopté par la chambre des pairs. Il portoit l'annula-
(i) Le renvoi au comité fut adopté à wn« majorité de io4 voix (contre 2^. ^
Sgo HisToiBE d'awglêterre.
tion des certificats de protection délivrés par les gow^ vernears de New-Jersey, de la Pensylvaûie, du Maryland, de la Virginie et de la Caroline du sud. Il étoit fondé sur ce que ces colonies n'étoient pas moins eti état de révolte que celles de la Nouvelle-Angleterre (i). Le bill, ainsi amendé, n'étant plus conforme à sou titre, la chambre des communes demanda ufie confé-> Amende- TcncB. Les pairs retirèrent leur amendement, et la loi ™^"V®' passa dans sa forme originelle. Seize pairs signèrent
une protestation contre son adoption.
9 mars. L'amendemeflt des pairs devenoit d'ailleurs inutile Bill pour pg^j, 1^ présentation d'un nouveau bill pour soumettre
soumet- r r r
tre les les autres provinces à deâ restrictions à-peU-^rès sem-
coloL^esà Wables à celles qu'on impdsoit à la Nouvelle-Anigle-
des res- terre. Il passa à la chambre des communes, noïî sans
quelque opposition. On ne présenta point d'argunnents
tiouveaux, et il vdj eut à la chambre des pairs ni dts^
cussion ni protestation.
Pour contrebalancer les inconvénients que cet lois pouvoient présenter, les ministres allouèrent des primes pour l'importation de la graine de lin , ainsi qu'aux navires irlandôis employés aux pèches de TferrerNéuve et du cap Verd. Ils retirèrent en outre quelques res-^ trictidns qui nuisoient au commerce dé l'Irlande. 20 fe'v. Pendant qu'on déhbéroit encore sur le bill pour rcs- Proposi- treindre le commerce et la pêche des provinces de la
tiona con- * * ,
ciliatrices Nouvelle-Angleterre, îordNorth, à la grande surprise
North. ^^ l'opposition et d'un grand nombre de ministériels,
• présenta, dans un comité, des propositions tendant
à terminer les différents avec l'Amérique. Il rappela les
(i) L'amendement fut adopté à une majorité de 52 Toix contre l3 ; et le bill amenda à celle; de yS voix contre si.
GKOBGES m. Sgf
termes de ladresse qui ^ipit été réceininent votée à Toccasion de Ifi communication des pièces sur l'Amérique^ et fit observer qu^à la vérité le parlement ne pouvoit pas abandonner le drrnt de taxation , mai<s que, si les Américains proposoient des moyens de contri'* buer pour leur part aux chafges de letat» l'exercice de ce droit pouvoit être suspendu sans hésitation , et le privilège de lever eux-mêmes Uur. part des contributions concédé aux habitants des colonies. Tel étant le sens et même les termes de la motion pour ladresse, il proposa la résolution suivante : « Lorsque le gouver* tieur, le conseil el! rassemblée , ou un conseil général d'une province ou colonie proposeront de fournir leur contingent dans la répartition des impôts pour la défense commune, contingent qui pourra être perçu d'après les. ordres du conseil général pu de l'assemblée générale, et mis à la disposition du parlement : lorsqu'ils s'engageront à contribuer, pour. leur part, aux dépenses du gouvernement civil et de l'administration de la justice, il conviendra, si leur proposition est approuvée par le roi , de défendre de lever aucun droit ou taxe dans ces colonies , excepté pour les règlements de cotnmerce. Le produit net de ces contributions volontaires sera porté sur le compte de chaque province ou colonie. »
Lord North prévint les diverses objections qu'on pou- r)i-?rour« voit faire à sa motion , en disant que , les conditions *if '^l '^ étant telles qu'au moment même de la victoire elles seroient bonnes et justes, il les soumettoit avec confiance à l'examen de la chambre. « Nous saurons, dit-il, quelles sont les vraies intentions des Américains. Si les causes apparences de leur opposition sont réelles , ils
Sqî histoire d'Angleterre.
consentiront à cette propgKsition ; s'ils ny adhèrent pas y. il sera évident qu'ils ont d'antres projets et qu'ils agissent par des motifs différents. L'offre des condi* lions de paix est une mesure sage et hrimaine. Si les colons la rejettent, ils seront responsables du sang qui sera répandu. »
Débat. Le ministre ne se trompa point dans ses conjectures Tcrneur ^"'^ l'opposition; mais il g«gna un appui sur lequel Pownall il ne comptait pas. Le gouverneur Pownall appuya la 'menire.* mesure avec chaleur. Il présenta Sa canduite passée comme une preuve.de son attachement pour les Amc-ricains. Il a voit fait connollre ses principes par ses écrits; et il étoit entièrement indépendant du minis* tère et de Popposition. Il fit remonter l'origine de la querelle avec l'Amérique au congrès d'Albanie, en 1 764^ auquel il avoit assisté. « J'ai eu, dit -il, les moyens de connoître l'opinion véritable des hommes de ce pays les plus distingués par leur talent en affaires : j'ai' vu naître la crise actuelle. J'ai constamment, tant en An* gleterre qu'en Amérique, indiqué la marche que -je croypis la plus propre à prévenir une, rupture : j'ai eu le malheur de voir qu'on méprisoit mes avis. Je vois maintenant, les. habitants des colonies résister à l'autorité de la couronne et du parlement, nier les droits qu'ils ont toujours reconnus, s'armer, s'équiper, et transformer leur opposition en uiie résistance ^ripée. Dans de pareilles circonstances , je ne puis nier la nécessité où se trouve l'Angleterre de prendre une attitude hostile : les Américains eux-mêmes l'ont rendue nécessaire. Mais quoique j'acquiesce aux mesures coèrcitives du gouvernement, mes vœux sont toujours pour ]a paix, et j'appuie une proposition qui peut nous la,
donner. Si deux natioos ennemies étoient sur le poin€ de se faire la guerre, il fapdroit chercher une puissance inédiatrice pour détourner un pareil fléau. L'Amérique et rAngleterre^ étant dans cette situation , je conjure la chambre d'intervenir dans cette lutte et d'en empê^ cher les conséquences funestes. Cette proposition franche me paroit, dans toutes ses parties, sage, utile et juste.» .•
M* Fox félicita ses amis et le ptdblic du mouvement Discour*
rétrograde du ministre, qui, revenu enfin de ses projets m. Fox, de violence et de guerre, essayoit maintenant les voies de la paix. Il attribua ce changement à la persévérance des efforts d'une opposition ferme et courageuse. Il mit cependant en doute la sincérité de la motion , qui pré* ^entoit deux faces. Aux Américains elle offroit un ar* rangement et une réconciliation, et aux défenseurs de la suprématie britannique une. résolution de ne jamais y renoncer. Cette conduite du ministre ne pouvoit que lui aliéner ses amis : ceux qui vouloient sincèrement ]a paix ne croiroient pas à la franchise de ses offres ; et. les Américains les rejeteroient. avec dédain. :
M. Jenkinson nia que la proposition indiquât auojh ^: ^^^ changement dans la marche du gouvernement. « Au <3on traire, dit-il, elle fait partie des mesures même auxquelles la chambre s'est engagée par la dernière adresse. Loin d'être nouvelle, elle a déjà été faite aux colonies par M. Gren ville, l'année qui précéda l'acte sur le timbre; et si les colonies avoient toujours proposé des mesures de cette nature , le gouvernement ^uroit été toujours disposé à les accueillir. Si la proposition contient quelque chose de. nouveau, c'est le pxiode clair et positif d'exphcation, qui laisserales colonies
394 HISTOIAE d'ângleterre.
sans excuse, si elles rejetënt une mesure aussi sage. » Motion La principale objection à la motion fut qu'elle étoit ^iTJ!jr contraire à l'adresse. M. Welbore EUis demanda eu
le président conséquence qoe le président quittât le fauteuil. Cette
faiîteuif. demande fut appuyée par M. Adam, M. Dundas et
M. Ackland.
Embarras Loi'd North ful embarrassé par cette objection, et
ministre. P^^'^ plusieurs fois pour résoudre la difficulté. Sir Gil-
Sir bert Elliot parvint enfin à iustifiér cette déviation appa-
Gilbert î. . . "^ ,, , . j
Elliot ren rente, en taisant observer que 1 adresse traçoit deu4 délivre, ijgnes de conduite qui correspotidoient entre elles, •r Lune, dit-il, tend à réprimer la révolte, à protéger la fidélité, et à donder une nouvelle force aux lois: c'est pour suivre cette ligne qu on a augmente le nombre des troupes, -qu'on a levé des subsides et arrêté des mesures de restriction. L'autre ligne, qui concourt et tend au même but, est Tindulgeilce envers cent qui voudront rentrer dans le devoir. Elle ne pbUToit être indiquée dans l'adresse qu^en termes vagues et gêné* raux : on ne pouvoit employer aucune expression po^ sitive et précise 'pour désigner ce système de conduite, à moins qu'on ne l'eût pris en considération particulière. Loin que la mesure qu'on vous propose aujourd'hui soit contraire à Tautre, elle lui est si étroitement liée, que, -sans elle, le plan adopté au commencement de la session seroit défectueux, injuste et impossible. » Lecolo- Le colonel Barré attaqua avec force le ministre, lui nel Barre, reprochant la situation ridicule où il s'étoit lui-même placé, et dont il avoit été tiré par sir Gilbert Elliot seul. « J'espère toutefois, dit-il, que lord North a perdu un çrand nombre de ses anciens amis , sans en gagner un nouveau* Je ne pense pas que la nouvelle motion da
ministi^e produise de nouvelles divisions: eepèttddnd etie est fondée sur cette mâtitne tnftérâble, ba^sé^ honteuse et abotQitabky qui a toujours eu tant d empire : Divide et impém.^Oti veut diviser les Américains t on veut anéantir ces assCK^iatiôAs, diss^udiis eétte tmron généreuse qiti fait que les Américains sont comme un Seul homme pour défendre leurs droits et leurà libertés. Mais ils ne sont pas , et le ministre ne peut les croire assez crédules pour se laisser prendre à un pareil hameçon. Il tie veut que faire une proposition spécieuse, qu'il sait bien que les Américains rejeteront ; et se donner ainsi un pf^texte pour appeler là vengeance sur leurs têtes ; mais cette vèngeatice n'en seroît que pluâ odieuse ; et ce piège tie réussira pas ! »
Lord Nôrtb se leva encore Une fois pour se défendre I"^^^ de Taccusation de suivre une politique basse et insensée, et d'àlr6ir foudé sèâ mesures ^ûrla maxime : Dwidé et bnpera. « Lorsqu'un peuple, dit-il, excité et égaré p2ir de coUpcîbles lébnseils, se précipite dans le crime, est-il bas, est-il insensé celui qui veut séparer ce qui est 'raisonnable de ce qui- ne lest pas, et distinguer lei hommes qui agissMt d'après des principes de ceux qui ne veulent que faire tourner à leur profit la ruine et la confusion générales ?1Si ces propositions, que des homlûes prudents et consciencieux accepteront, peuvent les tttettre à labri de Tinfluence et des conseils de^ hommes pervers, j'avoue que je me ferai gloire d'un principe qui tend à séparer les bons d'àtec les méchatits , et à donner aide et protection âut amiâ de \k paiK et d'un gouvernement sage. >»
M. Burke prétendit que cette proposition étoit un M.Burkç. démenti donné à toutes les déclarations du parlement,
une honteuse prévarication des ministres, et une re« nonciation positive à leurs opinions avouées. « Je consens à ce qu on achète la paix, dit-U» far Thuiniliation des ministnes ou du parlement ; mai^Ja mesure qu'on propose est humiliante sans être conciliatrice. C'est un mode de taxation plus oppressif encore que ceux qu on a employés jusqu'ici, car on ne fait aucune demnande déterminée. Le$ colonies resteront assiégées par les troupes et les flottes, jusqu'à ce qu'elles aient séparément offert de contribuer pour un service qu'elles ne connoissent point, dans une proportion 4]u'elles ne peuvent deviner, et dans des formes qu'elles sont si loin de pouvoir déterminer, que le p3rleinent ne s^est pas même hasardé à les leur indiquer. C^tte conduite ressemble à la tyrannie de Nabuchodonosor, qui don*» noit Tordre aux assemblées de ses sages de lui expliquer, sous peine de mort, le sujet d'un ^oage qu'il a voit oublié. Tout avantage naturel ou politique, doit s'acquérir dans le temps et de la manière qui lui est .propre. Les impôts que paie un peuple libre doivent être la conséquence et non la condition de la paix; autrement on n'obtiendra ni les impots ni la paix. » M. Dun- M. Dunning plaisanta le ministre sur le danger .qu'il avoit couru de perdre ses soutiens habituels, sur les efforts qu'il avoit faits pour les conserver, et sur l'hefr» reuse intervention de sir Gilbert Elliot. Il.reoonnut la validité des objections présentées par les membres ministériels , et s'opposa à la motion , comme n'étant pas conciliatrice, mais subtile et perfide. Elle fut cependant adoptée à une grande majorité (i). Après le rap-
(l) 974 voix contre 88, GibboQ a peÎQt avec vérité cette discussion
ning.
CfiORÔÉS IIÎ. âg-;
port da comité, on répéta les mêmes arguments ; mais La r^sen il ne se dit rien de nouveau et de remarquable de part adopjjê? et d autre. La résolution fut adoptée sans division.
Le plan de conciliation de lord North , si toutefois ^^^^^^ la conciliation étoit possible, ne contenoit pas de grands vices radicaux. Il n'e compromettoit point la dignité de la couronne, et n'exigeôit point une soumission honteuse. La plupart des arguments qu'employèrent contre ce plan les membres de l'opposition étoient moins dirigés contre la mesure que contre le ministre qui la proposoït. On n'espéroit peut-être pas d'aucun côté qu'elle dût réussir; ipais, comme la cause de l'Amérique întéressoit vivèmeiit l'opposition , il étoit nécessaire qu'elle présentât à son tour un plan de conciliation , dont l'acceptation piar les Américains accroîtroit son pouvoir et seroit en même temps une censure de la proposition de lo;:d North. En conséquence, uu mois après l'adoption de la motion du ' ministre , M. Burke proposa treize résolutions, qui dévoient servir de base à la tranquillité et prévenir tout nouveau diflférent. *
Dans le développement cje sa propositioii^ M. Burke ^^ prononça un de ses plus éloquents discours. C'est un modèle de plaidoierie; mais lorsqu'on en considère
célèbre, «^ous avançons dans l'affaire de l'Ainërique^si tontefoit on peut dire que nous avançons; lundi dernier, lord. North a fuit une motion tendant à permettre aux colonies de's'împoser'elles-mé- Eiies. La chambre fut quoique temps dans une grande confusion : on i*att#nd6it à chaque instant que ]«s Bedford se déohireroient contre ces mesures. Lord North prit six fois la parole pour calmer la tempête , mais toujours en vain. Enfin sir Gilbert £lHot sç déclara pour le ministère, et les troupes se rallièrent sous leur drapeau. » ( Voyez «8 OtSuvres posthumes de Gibbon , vol. i, p. 490. }
SgS HISTOIRE d'angleterre.
séparément et que 1 on en campare. entre elles les différentes parties, lorsqu'on examine avec soin Tinexactitude des faits, les déductions. erronées qu'il en tirç, l'adresse avec laquelle il pallie les outrages faits à l'Angleterre et exagère les torts du gouvernement envers rAmérique, tout Teffet de ce beau discours s évanouit, et on n'y trouve plus les b^ses d'un système destiné ^ produire un bien géjoéral.
Dans son exorde, A{. Burke ei^posa la situation de TAngleterre à l'égard de l'Amérique, et déclara qu'il étoit profondément convaincu de la nécessité de faire quelque proposition pour obtenir une tranquillité durable. « La colère et la violence qui augmentent de jour en jour, dit-il, précipitent l'instant d'une rupture éternelle avec les colonies* Je propose }a paix; non cette paix qu'on obtient par la guerre; non une paix qu'il faut chercher dans le labyrinthe de négociations longues, pénibles; non une paix qui naîtrait d'une discorde générale dans toutes les parties de Tempire ; non une paix qui dépendroit des^ solutions juridiques de questions embarrassantes, ou de là fixation des limites incevtaines d'un goi^vernement complexe ; mais une simple paix, une paix puisée dans sa source naturelle, une paix conçue dans un esprit de bieiiveillanoe et d'après àes principes pacifiques. Je propose, en écartant toutes les causes^du différent, et en rétablissant Vancienne et sincère confiance des colonies dans la nière^atrie, de donner au peuple anglois une satisfaction complète et durable; et je propose, non de gouverner par la discorde, mais de réconcilier l'Angleterre et l'Amérique par le même acte et par le lien du même intérêt. »
CE0RGE3 III. 399
1^. Burkç s'efforça de ridiciUiaer la proposition de Iprd North ; piais il se prévalut de ce que la chambre Tavoit adoptée, pour en déduire, comme d'un f^rincipe établi , que les plaintes de^ Américains n'étoient point sans fond^meqt, que la conciliation étoit admissible avant toute concession , et que les ouvertures dévoient partir de l'Angleterre.
Il fit alors le taèleau exagéré de la population de TÂmérique, de l'importance de son commerce, tant d'e^port^tiop que d'importation. Il peignit en termes poiapeux l'accroissement de son négoce (i), la prospé* n\é de son agriculture, et le succès de ses établisse* ments de pèche. « 0^ peut , dit-il , gouverner un tel peuple par la sagesse et la prudence. La force seroit W moyen, non seulement odieux, mais encore im« puissant, pour conserver une nation si nombreuse, si active, si courageuse, dans uue alliance et une subor- 4ipatio.n utiles et profitables.
« L'amour de la liberté est le caractère dominant (]es Américains. Cette noble passion rend jaloux, soupçonneux et intraitable à la moindre apusence d'une tei|tative dont le but seroit d'enlever, soit par la force,
(ODans ceUe partie de soti discours, M. Burke affirma que les trois branches de commerce avec l'Afrique, les Indes occidentales et VAivériqoe septentrionale ploient. si étroitement unies qu'on ne pouYoit les séparer, sans les détruire, ou ilu moins les affoiblir; en sorte que ces trois branches de commerce n'en faisoient réellement qu'une. U établit sur cette base une comparaison entre les exportations en 1704 et celle&d* l'année présenté, et montra que dans cet iatermlle elle^ s'étoient élevées de 669,930 liv. st. à 6,024,171 1. st, , et que le commerce avec l'Amérique étoit en 1772 de 5oo,ooo 1. st. moins Considérable qu'en 170O, où l'Angleterre faisoit le commerce du monde entier. U est évident que ces calculs commerciaux 8*adap« toitAt facilement 9Ux vuei «t au systàme dtf4'orateur.
4oO HISTOIRE D'ANGLETERRE.
soit par la chicane, le seul avantagée qui donne du prix à la vie. Cet amour de la liberté chez les Américains provieiH des six causes suivantes :
ff L'origine angloise des Américains ;
« Les gouvernements populaires des colonies ;
« L esprit religieux des provinces septentrionales;
« La possession d'esclaves dans les provinces méridionales, circonstance qui rend les ]ft*opriétaires encore plus jaloux de leur liberté;
« L'éducation toujours dirigée vers Tétude des lois, en sorte que presque tous les Américains sont ou avocats, ou très versés danâ la connotssance des lois, ce qui les rend très habiles dans Tart de la chicane. ' « Enfin leur éloignement du siège du gouvernement. Vous êtes, s'écria-t-il , séparés de vos sujets par un océan de mille lieues. L'effet inévitable d'une pareille distance est , malgré tous les efforts, d'affoiblir le gouvernement. Des mers roulent, des montagnes s'élèvent entre l'^di^ft l'exécution. Le défaut d'expKcation sur un seul point^uffit pour détruire un système entier. A la vérité ^ous avez donné des ailes aux ministres de votre vengeance pour imposer vos chaînes sw les plages les plus éloignées. Mai^ là où s'arrête le pouvoir, doit s'arrêter l'arrogance des passions furieuses. La nature leur crie : Vous rf'irez pas plus loin ! Qui êtes-vous pour briser les chaînes que vous a imposées la nature? Le malheur dont vous êtes menacés doit arriver également à toutes ]es nations qui ont un empire trop étendu : et ce malheur vous arrive ^de la même manière qu'à tous les autres empires. Dans un empire très vaste, le pouvoir est nécessairement foible aux extrémités du territoire. La nature le veut ainsi.
Les Turcs ne peuvent pas gouverner l'Egypte, TArabie, le Curdistan , comme ils gouvernent la Thrace : ils n'ont pas en Crimée et à Alger le même empire, qu'à Burse et à Smyrne. Le despotisme. lui- même est forcé de se soumettre à cette loi de la nature. Le sultan reçoit toute Tobéissance qu'on veut bien lui donner. Il gouverne avec des rênes relâchées / afin de pouvoir gouverner dans toute Fétendue de ses domaines. Toute la force et toute la vigueur de l'autorité qu'il montre autour de lui ne sont dues qu'au soin qu'il a de ne fsiire peser que légèremQnt son pouvoir aux extrémités de son empire. L'Espagne n'est peut-être pas si biea obéie dans ses provinces que vous l'êtes dans les vô-> très. Elle est obligée également de les ménager, de leur céder quelquefois, et d'épier les occasions favorables pour exercer sa prépondérance. Telle est la condition inévitable , la loi éternelle d'un empire étendu , et dont les parties sont séparées l'une de l'autre. ».
M. Borke examina ensuite comment on avoit établi un nouveau gouvernement sans le moyen ordinaire d'une constitution positive ; comment ce gouvernement, créé au milieu de l'anarchie, étoit cependant phis réel que l'ancien aux époques les plus fortunées. « Il n'y a , dit-il , que trois manières d'agir contre l'esprit de hardiesse et d'obstination qui a pu opérer un pareil prodige , c'est de le changer en détruisant les causes qui l'ont fait naître, de le combattre comme criminel , ou de le tolérer comn^ nécessaire. » Exami« nànt ensuite séparément chacune des causes qu'il avoit indiquées , Torateur montra qu'il étoit impossible de changer les causes morales et de détruire les causes physiques. « La seconde manière, dit-il , est trop vaste 18. a6
4oa HISTOIRE d'angleterre.
j)our mes connoissances en jurisprudence. Je ne me sens pas en droit de prononcer une condamnation contre un peuple entier^ et je suis plutôt affljgé qu'honoré d être juge dans notre propre cause. Les châtiments essayés jusqu'ici contre les colonies n'ont point produit l'effet qu'on en attendoit. On a déclaré que la province de Massacliuset étoic dans un état de révolte; mais pas un seul individu n'a été convaincu ni même arrêté. On a pris une foule de mesures coercitives, qui ressemblent plutôt à des hostilités déclarées contre une piiissance indépendante qu'au châtiment de rebelles sujets.
' « Ainsi donc la conciliation et les concessions nous restent seules. Les cptonies se plaignent d'être taxées . par un parlement où elle^ ne sont, point représentées. Oh ne peut, les satisfaire qu'en leur accordant ce qu'elles demandent. Elles refusent toute autre concession que vous voudriez leur faire dans leur intérêt. Toute discussion sur le droit est étrangère à la question, qui réside tout entière dans le parti qu'il faut prendre. Le paiement des subsides est-il un pouvoir facultatif, exempt de toute dépendance envers le gouvernement, et l'homme a-t-il le xlroit d'exercer ce pouvoir en vertu dé la charte naturelle? ou bien, au contraire, le droit de taxation est-il compris dans le principe général de législation et lié inséparablement au pouvoir suprême? De grands noms ont combattu pour ou contre ces deux importantes questions. La raison est très embc^rrassée pour les résoudre , et %s autorités que l'on consulte ne font qu'en rendre la solution plus difficile encore. De hautes et respectables autorités s'élèvent pour Tune et l'autre opinion; et il n'y a entre elles aucun parti
GEORGES Iir. 4o3
mitoyen auquel on puisse s'arrêter. Ce parti mitoyen seroit un abyme. Je ne veux point m'y engloutir aved vous. Un titre et des armes pour le soutenir ne servent à rien, quand la raison montre claireuiient que les efforts pour défendre ce titre ne peuvent qu'entraîner la perte du procès, et qu'on ne peut que se blesser avec sa propre épée. Ce n'est pas un point de législation que je traite, c'est le moyen de rétablir la tranquillité, v
Ml Burke développa ensuite séparément chacune de ' ses propositions. Il fit voir que les colonies n'étant point représentées , il étoit injuste qu'elles fussent ' taxées par le parlement anglois. a La distance, ajouta-til, les empêche d'envoyer des députés en Angleterre, et «lies ont des assemblées générales , légaleînent autorisées à lever des impôts. Ces assemblées ont fréquemment accordé>des subsides considérables au roi. Cette voie a paru souvtflt plus avantageuse pour le service public que celle des actes du parlement. Les propositions qu'il me reste à vous faire sont de révoquer l'acte d'impôt de 1 767, l'acte sur le port de Boston , l'acte sur la judicature de Massàchuset , et l'acte qui change la charte de cette colonie ; d'expliquer et d'amender le statut de Henri VHI sur les jugements pour trahison hors ' du royaume; de prononcer que les juges nommés par les' assemblées générales ne pourront être révoqués que ' par le roi en son conseil , sur les plaintes ou représentations d'une des branches de la législature coipniale, et d'établir pour les cours d'amirauté des règlements moins onéreux aux parties. ^
Il discuta avec beaucoup d'habileté ces diverses propositions; il cita des faits historiques, et particulièrement les exemples de l^Irlande, du pays de Galles, de *
Gopgle
4o4 HISTOIRE D ANGLETERRE.
Chester, de Çurham, pour montrer lavântage qu'il y avoit à concéder des droits constitutionnels, au lieu d'imposer des taxes, et trouva moyen de s'appuyer sur toutes les leçons de la raison et de Texpérience pour établir Futilité du plan qu'il proposoit.
Il s'efforça de répondre d'avance aux objections cfu^on ' pourroit lui faire, et d'intéresser la chambre à la cause des Américains . en disant que dans aucun temps ils ne demanderoient rien au-delà de l'immunité pour ce qui concernoit les taxes, et qu'ils n'avoient aucun intérêt qui fût contraire à la grandeur et à la gloire de l'Angleterre. Il dit que le plan de lord North.étoit un projet de rançon par enchère ; et , après avoir fait une longue comparaison analytique des deux plans, il conclut en faveur du sien, comme devant obtenir pour l'état, de la reconnoissance des Américains, des sommes plus considérables que l'oppression ne pourroit en arracher. «Quel est le pays, s'écria^-t-îl , où l'expérience n'a pas prouvé que les dons volontaires qui proviennent de la source abondante de l'opulence et de la prospérité sont toujours plus considérables que les produits arrachés à l'indigelice opprimée par tous les moyens rigoureux d'une politique cruelle? »
Il annonça, dans les termes les plus forts, l'impossibilité absolue de recevoir en Angleterre un revenu provenant de l'Amérique; et alléguant l'exemple du Bengale , où lés sommes reçues en impôts étoient rendues en prêts, il en conclut qu'on ne pouvoit espérer aucun revenu fiscal d'un pays éloigné, « On prétend, ajouta-t-il , que le. Bengale possède en son sein tant de ^richesses qu'il peyt les transmettre au-dehors. Il n'en est pas ainsi de l'Amérique. Elle paie sa part des reve-^
GEORGES III. iîo5
nus de l'Angleterre, en fournissant des objets qui sont* ici soumis à des droits, et par la vente de ses produits à Tétranger. Quant à ses établissements intérieurs, elle peut et doit sans doute contribuer aux charges de l'état, mais avec modération ; c^r on ne peut exiger qu'elle s'épuise elle-même. La magnanimité dans les affaires politiques est toujours le parti le plus sage. Un grand empire et de petits esprits vont mal ensemble. Si nous apprécions notre situation, si nous nous pénétrons des devoirs que nous imposent notre rang et notre dignité, nous devons élever nos esprits à la hauteur des fonctions auxquelles la Providence nous a appelés. Cest par le sentiment profond de la dignité de leur haute mission que nos ancêtres ont transformé un désert sauvage en un glorieux empire ; qu'ils ont fait les conquêtes les plus étendues et les plus honorables, non en détruisant , mais en accroissant les richesses , la population et le bonheur des peuples. Ménageonsnous un revenu en Amérique par les mêmes moyens qui nous ont valu l'empire de cette contrée. Les privilèges et droits de l'Angleterre l'ont faite ce qu'elle est; les privilèges et droits de l'Angleterre la feront seuls ce qu'elle peut devenir. »
Il par(ràt que les propositions de M. Burke furent Débat. combattues avec force, et firent naître un débat long et animé. Les principaux orateurs pour le ministère furent M. Thurlow, M. Jenkinson , M. Cornwall et lord Frédéric Campbdl ; mais leurs discours n'ont point été conservés. On censura violemment ces propositions insidieuses qui tendoient à faire reconnoître la nécessité de céder sur tous les points de la contestation, en foifidant cette nécessité sur un principe d'une vérité
4o6 HISTOIRE D'ANGLETERRE.
manifeste. La vérité d'un axiome ne prouve pas* la nécessité d'en faire le sujet d'un vote; et comme la chambre avoit plusieurs fois refusé de sanctionner les réclamations inconstitutionnelles des Américains , elle ne pouvoit accueillir des propositions qui tendoient directement à y faire droit. On ne dbnnpit aucune assurance, dans le cas où les propositions seroient adoptées, que les habitants des colonies feroient, en retour, preuve de soumission; et il s'ensuivoit que le plan , si difficile à l'exécution , de faire contribuer ce .peuple rebelle en proportion des dépenses de Tétat entier, seroit sans aucun résultat. On affirma positivement que ni les assemblées américaines , ni tout autre .corps , à l'exception du parlement seul , ne pouvoient^ d'après le bill des droits, lever des subsides à l'usage de la couronne, et que tout ministre qui pormettrok que les colonies payassent un revenu à l'état dans la forme proposée mériteroit d'être mis en accusatîcm. Toutes les assemblées inférieures de l'empire britannique, ajouta-t-on, peuvent faire, comme les corporations de villes, des st9tuts de communauté pour leur l^égime municipal et particulier seulement : elles ne peuvent rien de plus. •
Les pro- Les propositions de Burkc furent soutenues par lord sont*re*-* "^^^^ Caveudish , M. Hotham , M. Tuffnell , l'alderman jetées. Sawbridge et M. Fox : mais la première ayant été éijartée par une motion pour la question préalable (i), tout le reste fut également rejeté sans division (a).
(i) 270 voix contre 7a.
(2) On publia le discour» de Burke, et il se trouve dans le second volume de ses œuvres. J'ai pris les arguments du parti opposé dans le récit trèp succinct de Debrett, et dans VAnnual Registerde 1775,
Peu de jours après , M. Hartley, sans se laisser dé- Plan de courager par le rejet du* plan de M. Burke, présenta \^^^ ' un nouveau plan de conciliation qui différoit peu de celui aue lord Chathara avoit soumis à la chambre des pairs. Il étoit précédé d'un longuet habile discours et Suivi d'une motion pour que le roi écrivît à toutes les provinces de l'Amérique septentrionale des lettres de réquisition , pour leur enjoindre de subvenir par ellesmêmes aux besoins de leur défense, et pour que leurs réponses fussent soumises à la chambre. Le débat à ce sujet ne présenta rien de nouveau, et la motion fut rejetée sans division. Il en fut de même de trois autres motions faites par le même membre, pour suspendre, pendant un temps limite, l'exécution des trois actes de la dernière session , relatifs à la province de Massachuset.
Vers la fin de la session, M. Burke présenta à la Remonchambre une remontrance de l'assemblée générale de France de
" New-
Kew-York, dont il étoit l'agent. Il commença par af- York. firmer que New-York ne le cédoit à aucune partie des domaines du roi en zélé pour la prospérité et l'unité de l'empire, et que cette province avoit toujours contribué, autant que toute autre, à la défense et a l'a-
p. 108. he docteur Tucker, dans deux écrits, Vnti intitule': Lettre à Edmond Burke en réponse à son discours imprimé, et Fautre.; Humble Adresse, etc. , a examiné en détail et souvent réfuté victorieusemeit les assertions et les raisonnements de Burke. Sous le rapport da style, Tucker n*est pas comparable à son anta{];oniste. Il l'attaque souvent comme agent de la colonie de New-York, sur sa duplicité et son esprit factieux, qu'il appelle unfanx patriotisme. Celle vio» lence ne peut être justifiée qu'à peine par les provocations de Burke, Tucker traite avec un sens parfait les points de vue politiques et commerciaux.
4o8 HISTOIRE D'ANGLETERRE.
grandissement du royaume. Il avoua- qu'il n'espéroit pas que la chambre approuvât toutes les opinions exprimées dans la piiéce qu'il lui présentoit ; mais, comme elle ne contenoit rien que de convenable et de respec* tueux , il demanda qu'elle fût admise , après eu avoir indiqué les points principaux.
Cette remontrance ressembloit à celles qu'on avoit reçues des autres parties de l'Amérique: on y réclamoit les mêmes droits; on s'y plaignoit des mêmes abus y quoique les pétitionnaires avouassent n'en avoir point souffert ; et on y demandoit la révocation des mêmes actes du parlement. Cette pièce prouyoit évidemment que les moyens dont on s'étoit servi pour enflammer les autres colonies n'avoient point été sans succès à New- York, EHe est Lord North rendit pleine justice aux bonnes disporejc c* gjj-j^jjg q^g ]g^ province de Nevi^-York avoit manifestées jusqu'alors, et témoigna même son intentioq de faire droit à une de ses plaintes ; mais il demanda que la pétition ne fût point reçue, e^ alléguant que, quoique le parlement se fût déjà relâché sur plusieurs points importants, il ne pouvoit consentir à entendre une pétition qui tendoit à remettre en question le droit de taxation. Après quelque débat, la proposition de lord North fut adoptée (i).
Le duc de Manchester présenta à la chambre-haute une pétition à-peu-prés semblable de la même assemblée; mais comme il refusa d'en faire connoître les points pripcipaux, la chambre ne put la recevoir , d'après les formes habituelles du parlement (2).
(i) ï86 voix contre 67.
(a) 45 voix contre 26. Le comte d'Ef fin gham se fit reinarquer par-