‹ Histoire D'Angleterre Depuis 1760Chapitre 2 sur 26 · G-B0R0E9 III · texte numérisé non relu

G-B0R0E9 III

coup dé peine pour exçher des alarmes, ^n développant les conséquences d'un différent entre les deut chambres. Il sentoit aussi bien' qu'un autre toute la gravité de la crise; .laai^ il distinguoit enti'é lés représentants et l'universalité du peuple ; il desiroit que là 'Cbambre, si elle s^engageoit dans la lutte, eût la nation . 4e son côté. « Si nous cédons, s'éof ia-t-il , les francs* « tenanciers d'Angleterre sont réduits à une condition f pirç que celle des paysans de Pologiie. S'ils abandon- « nent )eur propre cause, ils méritent d'être esclaves.

We ne plaide point la cause d'un individu, mais «celle de tous les fi'ancs^tenaflciers d'Angleterre! Ce « n'est point le moment de redbercher de quelle man nière.cette chambre peut eoUstitbtionnellement s'in- « terpoaer pour leur défense, et quel est le genre* de «remède qu'exige ou qu'admette cas dent il s'agit! /(L'amendement, s'il est adopté, tiotis conduira natu- « reUement à cette reclwrche. Cette recherche nous fera « peut-être reconnoltre la nécessité d'ui;i acte de la légis- M ture, ou nous amènera à hne conférence avec l'autre «^)i<Mnbre« Il ês( poissibleaussî qii'ette fious améiie & « conseiller à sa majesté dé dIssouSdM le p^irtement; et « je.ne.puis douten un seul instant que nous nf^^yons'le « droit de donqçr ce conseil,, si noûgîle Croyons tombesfi ^aire. Ce. sera alors à sa me^esté à jùgei^si elle doit^ «accéder aux iqûpmbrabies pétitions. du-' pehpie d'An- «gleterre, ou maiiàteàir, 1^ chambre des' coIMnane^ «4^s l'exercice d'un; pouvoir qui' jadis laboliî la cbami « bre des locdS| et reqvers^a la lÂonârdiiet' Je suis loiu^ a d'accuser la chaspbre adjaeUejdttiiicotomttil'es d aVdir' « déjà formé .u^ dess^i^ pareil; 4^aiB|eiie lié ^pëtifelISi!-' « même prévoir à qM^s i^cès «Ué podrra étre^emrèïiifeé'

iS.

i8 HisToiBB d'Angleterre.

« dans la suite; et, pour ma part, je ne voudrois pa^ « trop compter sur sa modération future. Un pouvoir « sans limites est malheureusement trop propre à cor- «r rompre Tesprit ; et ce que je sais bien , c est que là « où les lois finissent y la tyrannie commence. » *>»«c<)u« La chaleur de lord Ghatham parut se communiquer Gamdeo. à lord Camden. « J'ai, dit-il, accepté le grand-sceau « sans conditions ; mais je n'ai point entendu pour cela^ « être traité avec mépris par sa majesté, je veux dire « par les ministres de sa majesté. J'ai cependant souf- « fert ce mépris; je suis las de le souffrir. Pendant « quelque temps , j ai contemplé avec une indignation « muette les mesures arbitraires du ministre ; souvent « mon visage attristé^ ma tête baissée, ont rendu té^* (c moignage, dans le conseil, des opinions de mon es- « prit, et c'est par mes regards que j'ai désapprouvé « des mesures qu'une opposition plus déclarée de ma « part n'eût pas prévenues. Je Ke me contraindrai pas «plus long-temps , j'exprimerai mes sentiments aVec ff une entière frandhise. » Il émit la même opinion que lord Ghatham sur le vote par lequel la chambre des communes avoit déèlaré Wilkes inéligible ; et il ajouta que si, e^n donnant son avis comme juge, il étoit capable d'avoir le moindre égard à ce vote , il se regarderoit comme traître à' son serment, et comme ennemi dé son pays. Le ministère, par sa conduite violente et tyrannique, avoit aliéné le j^euple du gouvernement et presque de la personne de sa majesté; un esprit de mécontentement s'étoit répandu sur tous les points du royaume, et allok toujours croissant; et si on ne trouvoit quelque expédient pour apaiser des murmures si universels, il ne répondioit.pas que le peuple

au désespoir ne se chargeât lui-même du redressement de ses griefs, et ne se fît justice de ses propres mains. Enfin lord Camden accusa le ministère, non à la vérité en termes exprès, mais pourtant d'une nianière directe, d'avoir formé une conspiration contre les libertés du pays. L'amendement fut rejeté.

Dans la chambre des communes, l'adresse au roi ne Adresse fut pas combattue avec moins de force ; et M. Dowdes- ment well proposa un amendement portant que la chambre c^mbat-

* * * *' tue dans

prendroit eu considération les causes des fâcheux mé- la ehamcontentements qui régnoient dans toutes les parties des ^"^^^ états de sa majesté. nés.

Le débat sur cette motion dura douze heures ; mais les détails n'en ont point été conservés. Le mot de bétes h corne, employé d'une manière si saillante dès le début du discours de la couronne ^ fournit matière à beau*coup de plaisanteries ; et l'on obsej*va qu'il étoit de là plus grande imprudence de doni|er au reste de l'Europe l'idée que la Grande-Bretagne souffroit trop pour être en état de s'engager dans une guerre. La conduite du ministère à Tégard de l'Amérique fut attaquée dans toutes ses circonstances. Le colonel Barré dit qu'il étoit trop vrai qu'on ^voit fait perdre à sa majesté raffectioa d'un grand nombre de sujets, ^t que le ministère avoit trouvé le secret d'exciter le mécontentement da^s presque toute l'étendue des états du roi. Il montra l'Angleterre en opposition avec ses propres représentants, le parlement d'Irlande prorogé pour avoir soutenu le véritable droit constitutionnel de taxation, les colonies en rébellion pour une taxe qui, de l'aveu du minis-> tère, n'étoit point destinée à grossir le trésor^ mais à éprouver Tobéissance des colons \ et , pour couronner

36 HISTOIRE D^ANOLETEBRE.

ce tableau de notre situation, il ajouta que la Ftailce étoit peut-être au moment d'entrer en guerre atec nous. Le marquis de Granby parut se repentir du TOte qu'il avoit donné sur Télection de Middlesex, et témoigna lé désir que la chambre elcaminàt de nouveau la question. Le ministère exposa et décria les moyens qui avoient été employés pour obtenir des signatures aux pétitions et aux remontranoês ; moyens que non seulement Topposition ne nia point, mais qu'elle avoua même avec orgueil. Lord North déclara qu'il ne conseutiroit jamais à l'abrogation des résolutions de la chambre relatives à l'élection de Middlesex ; et sir Fletcher Norton soutint que la chambre ne pouvoit changer ses résolutions précédentes, autrement que par un acte de la législa- Maxs lure. L'amendement fut rejeté par deux cent cinquante- * "^P^*^®* xjuatie voix contre cent treiite-liuit. Second Lorsdu rapport sur l'adresse, sir Guillaume Meredith jln^ler ^^ ûalt**^ uu secoud débat, en objectant que remercier 1770. le roi de l'approbation qu'il avoit donnée à la conduite ' d^ la chatnbre, c'étoit sanctionner et confirmer implicitement la décision touchant l'élection de Middlesex. Sir Georges Saville accusa la -chambre d'avoir trahi les droits du peuple ; il fut rappelé à l'ordre ; et le général Convvray, quahfiant cette imputation d'insulte au parlement, rappela que des membres avoient été envoyés à la Tour pour s'être ' permis des mots feemblablès. M. Glynn prit là défense de sir Georges Saville ; M. Burke parla dans le méitie sens, et, sentant combien cette cause étoit populaire, il somma le miiîiistère de punir sir Georges s'il étoit coupable. Il alla jusqu'à nlire que le peuple abhorroit le ministère actuel, et demandia à Tora^teur si le fauteuil ne trembloit pas sous

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lai. Sir Georges Saville répéta avec affectation les mots qu'on lui reprochoit; ce qui donna occasion à M. Fox^ d observer que, d après le langage de quelques orateur^ dans les discussions de ce jour et dans celles du jour • précédent, il sembloit que la liberté des débats achevât de perdi^e soii ancien caractère de décence, et quon eût entrepris d'établir de nouvelles formes. H ajouta que l'expression employée dans l'adresse ne se rapporttoit à aucune mesure paiticulière du parlement^ et qu'on devoit supposer que sa majesté approuvoit, non pas chacune des résplutions adoptées par la chambre, mais seulement la caractère général de sa conduite. M. Bqrke répliqua que ce qui importoit, ce n'étoit pas de savoir ce que la chambre vouloit dire, mais de savoir comment le peuple jugeroit sa conduite. Du reste, il se réjouissoit d'entendre déclarer que l'adresse ne signifioit rien. Il n'y eut point de division (i).

La force déployée par l'oppositioft, et le terrain ayaur Force d« 4;ageux et populaire sur lequel elle étoit placée, indi- *^tKm*^* <{uoient assez que de grands efforts avoient été ftiits dans l'intervalle de la session précédente à celle-ci, pour unir différents partis en un corps uniforme .et compact. La résignation de lord Ghatham , et 1 amélioration qui s'étoit opérée si à propos dans son état physique et moral, lui fournirent les moyens de se inettre de nouveau à la tête d'un parti actif, et de ranimer sa popularité défaillante. La réconciliatiQn effectuée entre lui et lord Temple leur assura Tappui de M. Grenville et de ses amis. Une coalition fut pr0mpteii)ent formée ^ntre eux et le parti Bockingha:m^ qui renfermoit dans

(i)'Ce débat est reniarqudhîe comme offrntit le premier essai parieœentaire de Gharif^s Fox <|ùi 4)it laissé ded tracer. '

son sein plusieurs des personnages les plus dislingué» en talents et en importance de Tune et de Tantre chambre. Il y eut de plus une scission dans le ministère; puisque outre lord Caraden, dont la conduite à la chambre-haute étoit si remarquable, M. Duoning, solliciteur-général, et le marquis de Granby, comman^ dant en chef des forces britanniques, votèrent avec la minorité de la chambre des communes.

Conduite D après Féclat que lord Camden venoit de donner à Gamden. SOU oppositiou, OU ne devoit pas s'attendre à le voir conserver sa place de chancelier. Son renvoi fut cepen* dant plus prompt encore qu'on ne croyoit ; et l'on employa toute sorte de moyens pour mettre le gouvernement dans l'impossibilité de lui trouver un sncces'^ seur. Le jour où l'adresse fut débattue dans la chambre des lords, le marquis de Roekingham demanda qu'on se réunît le lendemain pour entendre une proposition de grande importance et d'intérêt national, qu'il avoit dessein de faire : mais lord Pomfret proposa un ajournement d'une semaine, délai qui excita le courroux de la minorité. Lord Temple dit que la chambre n'ignoroit point dans quelle intention l'ajournement étoit sollicité; que c'étoit pour essayer de remédier à l'état de désor^^ dre de l'administration, qui menaçoit ruine de tons côtés, et particulièrement pour renvoyer l'homme vertueux et indépendant qui siégeoit sur la balle de laine , et mettre à sa place quelque jurisconsulte bien obséquieux, qui feroit tout ce qu'on lui commanderoit de faire. Lord Shelbume observa aussi qu'après le renvoi du digne chancelier, le grand-sceau tomberoit dans la boue, sans que personne voulût l'y ramasser; car il ne supposoit point qu'il pût se trouver dans le royaume

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QQ êire a9â[ez vil, as8«e làohe, pour accepter le postée' de cbancçUer à des conditions tieiles qu'il les fdloit pQur contenter le ministère.

Le grand»6€eau fijt donc ôté à lord .Cainden. On ^^^ \^^^ Loffrit à. M. Yorke, qui avoit deux fois rempli la place de procureur-général, avec la réputation d*un lioimne aussi reoommandable par son intégrité que par ses talents. Letat indécis des partis, et Tas-pect sombre des affaires, dévoient naturellement lui inspirer beaucoup de répugnance à se charger, dans cette oonjondture, de fonctions aussi importantes. Vraisemblablement rien ne seroit venu à bout de vaincre cette répugnance , si le roi lui-^méme ne lui avoit instamment demandé son acceptation, comme essentielle au service de son gou* vernement. Ainsi pressé, M. Yorke se détermina à obéir m. Torke aux ordres de son souverain, sans faire de conditions, "^"*™é et sans se réserver la survivance d'aucune charge. Il chances fut ifnnïédiatement élevé à la pairie avec le tit^e de Z^*^' baron de Morden, du nom d*une ville située dans le Çambridgeshire. Malheureusement il ne jouit point de cet honneur, les lettres-patentes qui le lui conféroient Sa mort n ayant point encore été expédiées lorsqu'il mourut, t^^is jours après avoir accepté le grand-sceau. -

Charles Yorke, second fils de Philippe, premier Son comte d'HârdwidLC, . étoit né en ij%3. Il avoit étudié '^^^"^^^ dans Iqs meilleures -écoles de son temps les lois et la constitution de son pays , et leur application àla^scicnce pîditique. Il odcupoit un rang très chstingilé dans le barreau, ^t possédoit à un. degré 'éniinentrestime dés hommes d'état les pins éclairés.. Ses cannoissances littéraires étoient .très étendues ; généralement connu pax* sa grande capacité, il ne Tëtoit pas moins par Tintée

a4 HISTOIBS D ANfGLBTERHE.

giiité de'son caractère. Il fut nommé solliciteur-génera) en 1 766 ; et pendant tout le temps qu'il occupa la place importante de procureur-général, il mérita et obtint rentière confiance de Fadministration et de son pays. Il y avoit long-*temps que le vœu public i appeloit à la dignité de lord-chancèlier. On espéroit beaucoup de ]|ii.; aussi sa mort fut-elle considérée comme une calamité nationale. Il y a tout lie-u de croire en effet que, s'il eût vécu, un syistème d'administration plus ferme, plqs précis et plus liomogène, eût été formé, et des ijnesures plus conciliatorres adoptées à legard des colonies américaines. -'. '.^ Le grand- Après la mort de M. Yoi-kê , le grand-sceau fut offert en com- à'^*** Eardléy .Wilmot et à lord Mansfield ; et, sur leur n^hsion. i^^fug ^ . i[ fut mis en commission. Lord Mansfield fut nommé orateur de la chambre des lords, en attendant qu'il y eût un chancelier.

Le renvoi de lord Camden fut suivi de diverses rési* goations : le marquis de Granby se démit de toutes ses places, celle de colonel du régiment des Bléus exceptée; le duc de Beaufort.ne crut pas devoir rester écuyer de la reine ; le duc de Manchester et le comte de Coventry abandoniièrent leurs emplois de lords de la chambre, et le .comte d'Huntingdon celui de grand-maitre de la garde-robe. M: Jacques Grcnviile, Fun des vice-tréso*» riers d'Irlande , donna également sa démission , ' ainsi queM* Dunniiig, isolliciteurrgénéral, Motion h Pendaat que ces mouyements avoient lieu dans Tadla cham- nainistratiou, le» ftéanccsde/la chambredcs lôrdsétoient

bre des . « ^« . .

lords susjpendues par ajournement ; et aucune affaire impor-» pourqu 1 |.^j|fg ^jg ^ txaita dans J^ chambre-basse, à raison d une

«oit rait ^ '

une indisposition de. 1: orateiir^' Le mai*qûiâ de Rockinghsim

avoit annoncé soù intention de demander qu'on fixât enqoéte un jour pour prendre en considération rétîtt de la na- '""^j^ tion. Aussitôt que [ajournement fut expiré, il fit une lanaiion. motion à cet effet. Il dit que le mécontentement uni- Disconrs versel du peuple, et les graves inconvénients qu offroit ^" . Tétat des affaires, ne dérivoient point d une cause tem- a» Roç-poraire immédiate, mais s'étoient accrus par degrés à '''"S^""** dater du jour où sa majesté étoit montée sur le trône. Les personnes en qui le roi avoit mis sa confiance à cette époque avoient entièrement abandonné le vieux système, et adopté la maxime que la prérogative royale suffisoit pour soutenir le gouvernement, à quelques mains qu'il fût confié : maxime qui ne pouvoit manquer d'être fatale aux libertés du pays. Passant alors en revue les actes des ministres qui s'étoient succédé depuis le commencement du régne, Rockingham les attribua tous à Tinfluence de cette maxime. Il frappa de sa désapprobation un grand nombre de mesures, et s'arrétaparticulièrementsurcelles des dernières années. Il s'expliqua avec beaucoup de sévérité sur la manière dont avoient été acquittés les arrérages de la liste civile, censura le bail-à-ferme de la forêt d'Inglevirood , qu'il assura n'avoir été accordé que pour donner à la prêro^ gative sa plus grande extension ; condamna l'indéoente précipitation qu'on avoit mise à conclure cette affaire, afin d'empêcher le duc de Portland de faire valoir son titre, et accusa le JBÎnistère d'avoir. résis|^> à l'adoption au hvll de nuUumtempus. '

Aux yeux de l'opinant , les affaires du; dehors avoient été conduites avec 1^ même défaut kle sagesse que celles du dedans, et n'étoient pas dansiun meilleur ^état. En J] lande, le parlement étoit 'proroge; ce qui probable-

lS HISTOIAE d'aNIGETERRE.

ment améneroit sa- dissolution : et les afibires de ce royaume étoient laissées dans un état d'incertitude et de confusion. Il désapprouva également la conduite tenue à Fégard de l'Amérique, conduite qu'il assura B être point dirigée par un principe fixe. Les discours du roi et le langage du ministère n'avoient annoncé que guerre et vengeance contre un peu pie -rebelle; tandis que les gouverneurs au-dehors avoient ordre de faire aux Américains les plus belles promesses, et de les bercer de Tespoir d^obtenir satisfaction.

Le marquis, après avoir blâmé la moUesse avec laquelle le ministère avoit permis que la France ftt une acquisition aussi précieuse que celle de la Corse, dit qu il s'abstiendroit d-attaquer aussi fortement qu'il le pourroit la grande infraction feiite à la constitution britannique, infraction qui avoit mis tout le pays en feu. « Quand la constitution est violée, <obser\'a-t*iI , « nous ne devons pas nous borner à réparer la viola- « tion; mais nous devdbs rechercher les causes , tracer « les principes, afin quela constitution, non seulement «recouvre aujourd'hui sa vigueur, mais soit rendue, M s'il est possible, invulnérable à l'avenir. » Par-dessus tout, il recommanda de prendre jour pour examiner l'état du pays en lui«*même et dans ses relations, ainsi que sa situation à l'égard des provinces dans sa dépendaace. Il esperoit que, pour résultat de cet examen^ la chambre indiqueroit à la couronne les moyens de cor-^ riger les erreurs passées, et d établir un système de gouvernement plus sage, plus solide, mieux assorti au génie du peuple anglois, et du moins plus compatible avec l'esprit de la oonstitiitioii.

GfeORGKS III. ^j

■■ Le duc de Grâfton déclara qu'il ii*avoit point Un* Réponse tention de s'opposer à la motion; qu'au contraire il Jrafton.* engageoit à la seconder, et qu'il aborderoit la grande question quand la chambre le jugeroit convenable. Pour le moment, il ne vouloit que repousser quelques reproches qui paroissoient s'adresser pai^tieulièremeiït à lui. Il s efforça de justifier la reprise de terres qn'on supposoit avoir été concédées par la couronne , préten-*dant que cette mesure avoit été représentée sous un jour entièrement faux, et que si le duc de Portland , au lieu d'êti'e de l'opposition , eût été le plus ardent ami de l'administration , le conseil de la trésorerie n'auroit pu , sans fouler aux^ieds toutejuiscice, agir autrement qu'il n'avoit fait. Quant aux arrérages de la liste civile, il assura que les fonctionnaires compétents avoient été constamment employés à dresser un état de ce compte, et avoient reçu tous hs éclaircissements et toutes le^ informations possibles des officiers de la couronne, afin d'abréger et de faciliter l'affaire, qui étoit d'un travail infini, et qui^ malgré toute la diligence qu'on y avoit apportée, n'aVoit pu encoi-e être terminée. Pour ce qui regardoit les affaires étrangères, la conduite du ministère pouvoit Soutenir le plus rigotlréUx exatricti: I^s conditions de paix n'étoient point, suivant le duc, aussi avantageuses que la nation avoit eu droit de }ei attendre; mais il ne conseiliéroit jamais an roi de s'en^ gager dans une nouvelle guerre, tant que la dignité de la couronne et les vrais intérêts de la nation pourroient sans cela demeurer intacts. Ce que nous avoient déjà coûté d'étroites liaisons avec des puissances étrangères étoit bien fait pour nous ôter Teime dVntrer dan$

a8 HISTOIRE 0'ANGLETEfiRE.

des querelles où nous n'avions point un intérêt immédialy et auxquelles il nous faudroit probablement sacrifier nos avantages les plus essentiels, ^tîfam*** Lord Chatham remplaça à la tribune le duc de Grafton. Il s'étoit proposé de prendre la parole aussitôt après le marquis de Rockingham pour appuyer sa motion ; mais il avoit senti que Faccusation par laquelle le duc sembloit ae croire atteint demandoit une réponse immédiate. La constitution, dit-il, étoit violée; et jusqu a ce qfte. cette blessure fût guérie et le grief redressé, ce seroit en vain qu'on recommanderoit Tunion au parlement, ce seroit en vain qu'on recommanderoit la concorde ou peuple. « Si nous voulqf^s sérieusement «ramener la natiqn à Tordre et à l'harmonie, nous u devons la convaincre que ses plaintes sont écoutées i< avec attention , et que ses griefs seront redressés. A «cette condition, je serois le premiev à exhorter le « peuple à l'union et à la paix : sans cette condition, «je ne desîrerois pas même, le voir tranquille et unir « Si l'atteinte portée à la constitution est efficacement « réparée, le peuple reviendra de lui-même à un état « de tranquillité : sinon, qu'on ne se flatte point que « la discorde puisse 4e sitôt avoir un terjpe. Si les mi- « nistres du roi ne veulent point permettre. qu'une « question constitutionnelle soit décidée suivant les « formes et conformément aux principes dç la constitur « tion, il faudr£| bien alors qu'elle soit décidée de quel- « que autre manière ; et loin de souhaiter que la partie « soit abandonnée, et^que la nation livre à un ministre « despotique ses droits naturels et imprescriptibles , j*6s- « père , tout avancé queje sui3 en âge , oui , j'espère vivre « encore assez pour voir ce grand différent entre le gou-

GEORGES JII. 19

« vernemeat et le peuple tranché comme il doit Véite. » Lard Chatham refusa de convenir qu'il n'y eût qu'une attaque immédiate contre l'honneur et l'ititérêt de la nation qui pût autoriser l'Angleterre à s'interposer pour la défense d états plus foibles, et à mettre obstacle aux entreprises d'un voisin ambitieux. Par l'acquisitioil de la Corse y la France avoit plus gagné en une campagne toute pacifique que dans toutes ses campagnes militaires , du moins dans celles qu'elle avoit faites lorsque l'opinant avoit l'honneur de diriger la guette contre cette puissance. Il avoua sa crainte qu'il ne fût dans le caractère de sa nation d'être insensible au danger jusqu'à ce qu'il approchât tout-à-coup, et vînt la frapper d'une terreur subite^

H condamna la promesse faite par le lord-lieutenant d'entretenir un certain nombre de troupes en Irlande ; il affirma que c'étoit un empiétement sur la prérogative royale : et il rappela que Minorque avoit été perdue faute de quatre bataillons, par la délicatesse des ministres d'alors ^ qui s'étoient fait scrupule de tirer quatre bataillons de l'Irlande. A l'égard des arrérages de la liste civile, lord Chatham dit que le duc de Grafton avoit expliqué par beaucoup de raisons plausibles pourquoi le compté n'avoit point encore été fourni , mais qu'il n'avoit donné aucune raison d'espérer que ce compte fût jamais mis sous les yeux de la chambre.

La dissipation du revenu public étoit encore moins coupable que la funeste application qu'avoit reçue une portion de ce revenu. Les richesses dé l'Asie avoiènt débordé sur nous , et il craignoit fort qu'avec elles, non seulement le luxe asiatique, mais même les principes asiatiques de gouvernement, n'eussent pénétré en An"-

3^ HISTOIRE o'aNGLBTERRE.

ngleterre. «Sans être influents par leurs alliances et «leurs liaisons, sans avoir un intérêt naturel au sol, m lesi hommes qui importent parmi nous For étranger « ont forcé Tentfée du parlement par un torrent de « corruptions telles qu'aucune fortune privée et hérédi- « taire n'eût pu jamais y.sufBre. L'exactitude de mes u allégations est ^ la connoissance de toute la chambre-; «la corruption exercée sur le peuple est la grande « cause > la cause originelle du mécontentement de ce « même peuple, des entreprises de la .couronne, et du « déclin notoire qu'éprouve la vigueur interne 4p notre « constitution. » Poursuivant qe sujet , lord Chatbam hasarda qu^lqueis suggestions sur la convenance d'une réforme dans le parlement. Il considéra les bourgs comme la partie /nourrie de la constitution; mais cette infirmité, de même que celles du corps humain, devoit être supportée avec patience : le membre étoit infecté, mais lamputatipi) seroit la mort. Pour infuser une nouvelle vigueur, il étoit nécessaire d'augmenter le nombre des représentants de comté et de cité ^ et d'étendre cette disposition à l'Ecosse pour prévenir la défiance et la jalousie qui résplteroient d'une violation apparente de l'acte de réunion^

S'étant longuienaent étepdu sur ce point, il se félicita de son unipn sincère avec le marquis de Bockingbam, et témoigna^ coipbi^n il dçsiroit qu'on fixât un jour, le plus f approché qu'il seroit possible, pour prendre en considéri^tion l'état 4^ la nation : « Il faudra , dit-il, que a mes infirmités soient bien insppportableS) si je m'abs*^ a tiens ce jour-là dç reo^plir mon devoir de pair. Quand «je considère mon âge et le triste état de ma santé, « je seiis combien peu je suis intéressé personnellement

OrORGES III. 3ff

« à l'îsHie d^one^ question pcKtique; mais je m'occupe « de me» concitoyeDS, et je sms déterminé à faire usage « des moyens que je puis avoir pour assurer à ceux qui * TiemlroM après moi le bien dont je ne puis espérer « de jouir long-temps. »

La discussion fut indiquée pour le i février; mais Changeavant cette époque, le duc de Grafton résigna sa place i^ïU^^* de premier lord de la trésorerie ; lord North fut nommé Janvier son saccesseur, et des mesures furent prises pour rem- Minirtère |dir les vides laissés par d'autres résignations. ^« lord

Sîr Jean Cust ayant été conduit par des raisons de santé à se démettre de la présidence de la chambre des communes, sir Fletcher Norton fut appelé au fau* tenîl (i); lord Halifax fut nommé lord du sceau-privé, à la place du comte de Bristol, qui devint grand-maltre de la garde-robe ; Welbore Ellis remplaça Jacques Grenvilie, Tan des vice-trésoriers d'Irlande; Charles Fox fat fait lord de Tamirauté; et quelque temps après, M. Tburlow succéda, en qualité de solliciteur-général, à M. Dunning, qui, nonobstant sa résignation, avoit consenti à continuer ses fonctions jusqu'à la nomination de son successeur.

Le principal objet des derniers débats de la chambre DéUm des lords étoit de procurer une décision favorable au ^^^^^* droit que revendiquoit M. Wilkes de siéger dans le des parlement comme député de Middiesex. Tel fut aussi ^^"^ le but auquel tendit l'opposition dans la chancre des l*^(«tdeU communes, où un comité d^enquéte sur l'état de la Éation fut également formé, et où M. Dowdeswell fit une motion à l'effet de faire déclarer « que, dans ses

(i) Sir Jean Ga«t moarut le jour mémt ou son successeur Ait élcu

3!ï HISTOIRE d'aNGLETËAKE.

«jugements eh matière d'élection, la chambre dévoit « prendre pour régie la loi au pays , ainsi que la loi et «coutume connue et établie du parlement, laquelle « faisoit partie de la loi du pays. » Cette proposition^ d'une justesse d'ailleurs incontestable, étant annoncée comme le prélude d'une série d'autres propositions qui lendroient à redresser les vices de l'élection de Middle^* sexy le ministère se trouva réduit à une fâcheuse alter* native. S'il acquiesçoit à la motion , et rejetoit ensuite celles dont elle seroit suivie , Il paroitroit se refuser aux conclusions tirées de prémisses qu'il auroit ad^ mises; si, au contraire, il faisoit rejeter la motion^ il sembleroit que la chambre des communes , ne se re** connoissant point liée parla loi et l'usage du parle* ment, formât une coqr de judicature guidée par. lé seul caprice. Lord North eut l'adresse d'éviter le piégé, en proposant d'ajouter «que le jugement de la.chamr «bre sur l'élection de Mlddlesex étoit conforme. à là icloi«t à l'usage du parlement. » Après un débat très vif i cet amendement fut adopté ( i ).

La résolution proposée par M. Dowdeswéll- n'ayant pas été rejetée , il s'en prévalut pour en proposer uae autre, fondée sur la première, et portant « que, d'après «la loi du pays, et ia loi et coutume du parlement^ « aucun individu , possédant le droit commun d'éligibi-» « lité., ne pouvoit être rendu inhabile à siéger que par « an acte du parlement, et non par une sitnple dépisloa « de la chambre. »

Dans le cours de ce débat , le colonel Barré ,' faisait allusion au pouvoir récemmeiitacquis. par lord North,

(l) 324 voixQPDlre .i8a.

compara Tétat à un vaisseau ballotté sur une mer ora« geuse, qui venoit de perdre son grand mât (le duc de Grafton ) , et cherchoit à se sauver sous un mât de nécessité ( lord North ) : « mainjtenant , dit-il, il arbore (c des signaux pour qu'il lui vienne des pilotes de Tau-^ « tre côté de la chambre; mais personne ne veut TaS'^ « sister tant que le vieil équipage n'aura point quitté « le navire. » Lord. North, dans sa réplique, reconnut que des tempêtes avoient presque fracassé le vaisseau ; mais elles venoient du côté opposé de la chambre, et sans doute ceux-là seuls qui les avoient suscitées savoient comment les calmer : cependant le vaisseau n^en étoit pas à ce point de détresse d'arborer des signaux pour appeler des pilotes, ceux qui étoient à bord étant très capables de le conduire au port. Il demanda que le, président quittât le fauteuil; proposition qui fut adoptée.

Au jour indiqué, le marquis de Rockingham fit, l^^bats dans le comité sur l'état de la nation , une motioEi.con- blés* dans eue presque dans les mêmes .termes que celle de M. ^^ cham- DowdesweU. lords.

Cette proposition fut combattue , dans un long et remarquable discours, par lord Sandwich > qui exprima sa surprise qu'une telle question pût être débattue dans la chambre des pairs , attendu qu'elle con^ cernoit uniquement un privilège de la chambre des communes. Il rappela l'expulsion du comte de Middle-^ sex et de lord Bacop , et fit observer que , dans aucun de ces deux cas , les autres branches de la législature n'avoient sonné lalarme ; qu'elles étoient au contraire demeurées calmes et silencieuses, sachant bien que^leur intervention seroit aussi inconvenante qum- I 8. 3

34 HISTOIRE 0'aNGLETERRE.

Utile. Répondant à ce qu'avoit dit le marquis de Roc-* kingham sur Tinquiétude et Falarme qui rçgnoient de toutes parts, lord Sandwidi avoua que, quoiquUI eût la plus haute opinion de la véracité du marquis à tout autre égard , il ne pouvoit s'empêcher de regarder comme fausses ses assertions sur ce point, et de le croire entièrement abusé : « Je me suis donné la peine » de rechercher avec autant de soin que d'impartialité, «les vrais caractères de cette alarme; et j'ai trouvé « qu'elle n'étoit autre chose qu'une fiction , forgée d'a- •cbord par l'ambition et Taudace, et ensuite occasio- « nellement soutenue par les désespérés , les nécessinteux et les ignorants. Mais prenons le fait tel qu'on « nous le donne : on nous dit que là majorité du peuple « d'Angleterre a fait des pétitions pour le redressement « de ses griefs. Or, le peuple d'Angleterre est aujourfcd'hui réparti dans quarante comtés; et les comtés « qui ont fait des pétitions sont au nombre de treizie. « Il n'est pas besoin d'un calcul profond , m d'une « connoissance abstraite des nombres , pour reconnoi- «( tre que treize n'est pas tout-à-fait le tiers de qua- Arante, quoiqu'on nous assure sans façon que tout « le peuple d'Angleterre a pétitionné. Si nous suppo- « sons ensuite (et nous le pouvons sans partialité) que « beaucoup de ceux qui ont signé les pétitions ne pos- A sédent point de bien libre , et n'ont été poussés à « cette démarche que par l'aiguillon de la pauvreté , «peut-être par le manque immédiat de pain , ou par «l'espoir d'un meilleur établissement; si nous consi- «dérons enfin que d'autres n'ont signé que parcequ'ils A ont été intimidés (je dis intimidés, mylords, puisque A nous voyons souvent dans les feuilles publiques des

Cëôrges iiî. 35

x lettres menaçantes adressées à ceux qui auroieiît ft assez de fermeté d'ame ou assez de bon sens pour ne «vouloir d'autre guide qUe leurs propres opinions), « alors le nombre des pétitionnaires , même dans ces « treize comtés, se trouvera réduit au point de former « à peine un vingtième des sujets de sa majesté. Sa- « chons donc , mylûrds , nous montrer supérieurs à ces >< fausses alarmes , foibles ressourceis d une ambition « trompée. Agissons en véritables gardiens de la nation ; * toujours prompts à soutenir les privilèges dti peuple, «ne mettons pas trop d'empressement à intervenir, « lorsqu'aucun danger réel n'exige notre intervention. » Il conclut en observant que , si la chambre des communes étoit lésée par l'admission du coloiiel Luttrell , le remède étoit en son pouvoir.

Lord Chatham soutint que les exemples cités n'étoient point applicables , aucune franchise n'ayant été violée, aucun franc- tenancier n'ayant été privé de soa droit par l'expulsion de lord Bacon et de lord Middleisex. Il essaya de balancer les conclusions tirées des calcûU de lord Sandwich, en faisant observer qu'un grand nombre dé personnes qiii ressentoient toute la rigueur des mesurés parlementaires étoient, faute de guides , hors d'état de s'a'ssembler pour faire parvenir leurs plaintes au roi. De grandes manœuvre^s avoient été employées par le gouvernement pour empêcher qu'il ne fiit fait de pétitions ; et si à ces efforts on ajoutoit rinflqence des gens en place, il devoit paroître étonnant que, sur quarante comtés, il s'en fût trouvé treize qui eussent eu assez de fermeté et d'indépendance pour triompher de tous les pièges de la vénalité. Lord Chatham s'éleva ensuite contre la conduite de la

36 HISTOIRE d'angletebiiê.

chambre des communes, attaquant avec force le vote qui avoit imposé le colonel Luttrell pour représentant au comté de Middlesex; vote quil appela un grand attentat aux droits d'élection , une dangereuse violation de la constitution angloise » un coupable abandon de l'inappréciable privilège de la propriété libre , et un odieux sacrifice de Thonneur même de la chambre des commifties. Cette chambre avoit enlevé au livre des statuts ses plus beaux ornements, pour en parer, non pas la prérogative royale , mais une faction sans principes, et une domination illégitime. Afin de satisfaire les ressentiments de quelques individus, les lois avoient été méprisées, foulées aux pieds et détruites; ces loijs, ouvrage de la rigide vertu de nos ancêtres , de ces vieux barons , hommes simples et forts , sans lesquels la nation ne jouiroit point aujourd'hui des bienfaits de la constitution. C'étoit à leur vertu et au sang qu'ils avoient versé , c'étoit à leur courage au moment de la lutte , à leur générosité dans le triomphe , que les élégants barons du temps actuel dévoient leurs honneurs et leurs privilèges , que les deux chambres du parlement dévoient leur continuation. Les lords avoient une belle occasion de se montrer dignes de tels ancêtres. Les mesures en question faisoient partie de ce malheureux système qui avoit été formé sous le régne actuel , dans la vue de modifier et de refondre la constitution , aussi bien que le gouvernement. Elles avoient pris naissance, non peut-être dans l'esprit du monarque, mais dans ses conseils. Les communes avoient servilement obéi aux commandements des ministres de sa majesté, et avoient ainsi mis hors de doute, pour tout homme sensé, ce qui n'étoit auparavant qu'un

fiujet de soupçon , que les ministres exerçoient , au moyen de la corruption , une influence illicite dans le parlement : ce fait étoit susceptible de démonstration ; il étoit incontestable. Par conséquent , il devenoit nécessaire pour les lords, dans cette conjoncture critique, où la défiance et l'inquiétude étoient si fortes et si générales, d'interposer leur influence légitime, et de s'opposer, d'une part, à la fureur trop justement conçue , et bientôt peut-être exaspérée, du peuple ; de iaùtre , à Tindigne , à la criminelle conduite des ipi^ nistres de sa majesté , afin d'empêcher d'un côté la licence, et d'un autre côté la déprédation. C'étoient les îords en effet qui forraoient la barrière constitutiour nelle entre deux extrêmes , la prérogative et la liberté.

A minuit , une motion pour que l'orateur reprît le ÎJ|j^°jj"' fauteuil , afin de mettre un terme k la discussion dans comité. le comité , fut adoptée à une immense majorité (i).

Malgré l'heure avancée , le comte de Marchmont Motion proposa de déclarer « que toute résolution des lords, deMarchr accusant directement pu indirectement un jugement ™^"^de la chambre des communes, dans une matière où la juridiction de cette chambre est compétente et décisive, seroit une violation du droit constitutionnel des communes, tendant à produire une rupture entre les deux chambres du parlement , et à faire naître une confusion générale. »

Lord Mansfield prononça un discours d'une étendue ^^^^ ««* considérable à l'appui de cette motion; elle fiit aussi p;,r les soutenue par lord Egmont , qui déclara que le peuple «|'°'^^>*|, ii'avoit aucun droit de présenter des pétitions de la et

Egmont.

(i) 96 contre 47.

nature de celles qui avoient été naguère adressées au roi, attendu qu'elles constituoient un crime de tra^ hison. Elle est Lord Ghatbam, après avoir ^ironiquement remercié tue par le not)le lord de ce qu'il vouloit bien permettre que les ^*^tham^^" pétitionnaires conservassent leurs tètes un jour de plus , affirma que les pétitions étoient louables et constitutionnelles , et que le droit de les présenter ne pouvoit être révoqué en doute, La cbambre dçs lords avoit une juridiction, et devoit l'interposer en cas d'un envahis^sement des libertés du peuple , ou d'une détermination inconstitutionnelle de la chambre des communes : l'une çt l'autre de ces qualifications étoit applicable à la résolution concernant le comté de Middlesex. Il conjura leurs seigneuries, au nom des généreuses luttes soutenues par leurs ancêtres en faveur de la liberté, de ne pas regarder avec indifférence une affaire aussi alarmante. Il finit en se plaignant vivement de ce que la motion étoit soudaine et faite à minuit , et il deiAanda avec instance un ajournement de deux jours seulement. « S'il faut, dit-il, que la consti- « tution reçoivp une blessure mortelle, du moins que ti ce ne soit pa^ au fpr^ de la nuit , à l'heure d,es lâ- « ches !»

AUerca- Dans le cours du débat, il s'éleva entre lord Sanrf- \'hanUa" ^ich et lord Camden une altercation personnelle, qui roïicluite jeta un grand jour sur la conduite de l'ex-chancelier ^deTord lorsqu'il étoit en place. Lprd Sandwich l'accusa d'avoir Camden. ggj ^^qq duplicité en laissant passer, sans remontrance, les mesures contre Wilkes, et en refusant de donner une opinion à cet égard. Lord Camden assura, sur son honneur, que Jong-temps avant l'expulsion de

WilkeSy etiong-temps même avant le vote d'iaéligibilité, il avoit informé le duc de Grafton que de telles mesures lui paroissoient à-la^fois illégales et imprudentes. Il prétendit avoir toujours eu cette opinion , et lavoir fréquemment exprimée. Le duc de Grafton déclara que lord Gamden, avant Texpulsion de Wilkes, avoit une fois témoigné , quoique non en termes exprès , qu'il croyoit la mesure impolitique et intempestive; mais qu'il n'avoit jamais donné son avis sur le vote d'incapacité; qu'au contraire, toutes les fois que cette question avoit été agitée dans le cabinet , il étoit demeuré à l'écart , ou avoit gardé le silence , refusant ainsi, ou évitant de manifester ses sentiments. Gette assertion fut corroborée par lord Weymouth , qui cita expressément une occasion particulière où lord Camden, sur la simple articulation des mots d'expulsions et d'incapacité, avoit cru devoir priver le conseil de son avis et de son assistance. L'ex-chancelier , qumque contredit par les deux premiers témoins auxquels il en avoit appelé, persista à soutenir qu'il avoit, à plusieurs reprises, exprimé ses sentiments sur l'inconvenance des mesures, mais que les voyant rejetés et dédaignés, il s'étoit absenté du cabinet, où sa présence n'auroit fait qu'embarrasser des mesures déjà arrêtées, et que sa voix seule'ne pouvoit prévenir ( i ) .

Lord Ghatham assura que, dans un entretien avec j^^^^ lui, lord Gamdeii ayoit décWé son opinion sur ces Camdeik

(l)' Gette discussion en fit n^î^re une semblable dans la chambre des eemmunes, où l'on soutint que l'expulsion de Wilkes avpit été débattue et décidée dans le conseil ; et qu'ainsi la mesure étoit un ordre- à la chambre-basse, qui ayoit implicitement obét« Débats. 5' février. " .

4a HisToijiE d'angl&terre.

estciéfen- poiots» et Tâvoit appuyée sur de. fortes raisons. La lordCha- chambre , fatiguée de eette futile conversation, alla

tham. aux VOIX, à deux heures après minuit, jsur la question ^ du comte qu» f"* résolue affirmativement. Deux protestations deMarch- contre les deux décisions furent signées, l'une par qua* adoptée, rantc-deux pairs, l'autre par quarante (i). Abandon Les efforts de l'opposition dans la cause populaire

pour de Wilkes n'étoient point encore terminés. Une motion régler les fut faite pour obtenir l'autorisation de présenter un

consé"

quences bill destiné à régler les conséquences de l'expulsion

^®.*!®*' d'un membre de la chambre des communes : ce bill fut

lu une première fois, et depuis fréquemment discuté

dans un comité; mais enfin M. Herbert , qui en étoit

l'auteur, prit le parti de le retirer.

Turbu- Lgg membres du parti de l'opposition furent encou-

lence de , j i • 11

la cité de rages et soutenus «dans leur tentative par la turbu* Londres. \^j^qq g^ réguoit généralement dans la cité de Londres, sur-tout parmi la basse classe. Un exposé des démarches de la cité devient indispensable pour la parfaite intelligence des délibérations subséquentes du parle* Conduite meut. Un mémoire signé de six Iwerjmen ( bourgeois ) conseil de fut remis au conseil de la commune. On ,s'y plaignoit ^Ve"et ^® ^^ ^"^ ^^ pétition présentée au roi l'année précède la dente étoit restée sans réponse ^ et l'on y demandoit la **^/^' convocation d'une assemblée de la commune, à l'effet

(1) Ces protestations furent imprimées dans une feuille publique. Ïjô 7 février, lord Gowér porta plainte en violation de privilège, et rîmprimeur fut sommé de compuroitre devant la chambre; mais il se cacl^a. Lord Sandwich alors proposa de donner des ordres pour qu'il fut arrêté et mis sous la garde de Thuissier de la verge-noire. Cette motion fut adoptée, qi^oique combattue par le duc de Rich-* mond et lord Temple. L*impri|neurou s*enfuit ou resta csuché. f^çjÇ% Pebrett*s Debates, vol. 5, p. 171.

GEORGES m. 4^

de prendre les mesures convenables pour le rétablisse* ment et la g:arantie des anciens droits et des anciennes ^ franchises de la cité. Ce mémoire donna lieu à de grands débats dans le conseil de la commune : il fut soutenu par le lord-maire et les shérifs, et combattu par tous les autres aldermans; mais les sentiments qui Tavofent dicté avoient un tel ascendant parmi les membres inférieurs du conseil, que la proposition de convoquer une assemblée municipale, pour adresser une remontrance à sa majesté , passa à une majorité considérable (i).

Lassemblée se composa de près de trois mille indi- ^®"'* ^^ vidus de la Iwery, Le lord-maire parla en style popu* ce au roi. laire de la liberté d'élection violée, de hour^^ pourris ^ de gens en place, de pensionnés, de représentation plus égale du peuple. On produisit alors et Ton présenta à la signature des lii^rymen une remontrance préparée d'avance, et conçue dans un langage analogue au discours du lord-maire. -Elle portoit que , sous une influence secrète , qui , dans tout le cours des diverses administrations qu'on avoit vues se succéder depuis le commencement du régne, avoit constamment paralysé les bonnes intentions et en avoit suggéré de mauvaises, la majorité de la chambre des communes avoit enlevé au peuple ses droits les plus chers. «Cette chambré, «disoit*on, a fait un acte plus désastreux dans ses « conséquences que la levée des subsides maritimes par <« Charles 1 , et l'usurpation du pouvoir de suspension « et de dispense par Jacques II; un acte qui doit néces- « sairement vicier toutes les opérations futures de ce

(i) 3 aldermans et 109 commoners contre i5 aldermans et 61 cont" moners.

4a HISTOIRE d'aN0LETERRE.

«parlement, puisque les actes de la législature elle- «méme ne peuvent pas plus être valides sans une « chambre des communes légale , que sans un prince « légal sur le trône. Des représentants du peuple sont « essentiels à la confection des lois, et il y a un temps « où il peut être moralement démontré que des hom- «mes appelés représentants cessent de l'être réelle- « ment. Ce temps est maintenant arrivé. La chambre « des< communes ne représente point le peuple. Nous « devons à votre majesté obéissance , sous la restric* «tion des lois, pour la convocation et la durée des «parlements; et votre majesté nous doit de maintenir « notre représentation dans les parlements à Tabri de « la force des armes et de la corruption.

«SI le parlement, sous Jacques II, continuoit-on, « avoit été aussi soumis aux commandements de ce «prince qu'il Test aujourd'hui aux injonctions d'un «ministre, au lieu' de cris pour demander sa réunion «la nation n'en eût poussé que pour provoquer sa «prompte dissolution. Les formes de la constitution « britannique , comme celles de la religion , n'ont pas « été établies iseulement pour l'apparence, mais aussi « pour le fond des choses ; et nous prenons Dieu et «les hommes à témoin que, comme nous ne devons « point notre liberté à ces distinctions subtiles et sa- • vantes que les places, les pensions et les emplois lu* « cratifs ont fait inventer, de même nous ne souffrirons « pas qu'elle nous soit artificieusement dérobée à l'aide « de ces mêmes distinctions. Conquise par la vertu de u nos ancêtres, elle sera conservée par la vertu de leurs « descendants. » Après,d'autres observations du même genre, la remontrance se terminoit par une prière au

GEORGIl; IIlV '43

Tài de dissoudre le parlement et d'éloigner pour jamais de ses conseils de mauvais ministres.

Cette arrogante production fut reçue par la Iwery ^ J.^ avec des transports de joie et des applaudissements , semée en et ion décida qu'elle seroit remise au roi sur son trône. * goî^f ^ Comme elle étoit intitulée adresse^ remontrance et péti^ nclle. tion^ quelques difficultés s'élevèrent à Saint-James sur inno. la manière dont elle devroit être présentée; mais enfin le roi accorda l'audience demandée. Le lord-maire et un cortège de membres du conseil de la commune , de liv^erymen et d'officiers de la cité , formant un total de plus de deux cents personnes, furent mtroduits. Le serjeant de la commune commença à lire l'adresse ; mais troublé et effrayé, à mesuré qu'il avançoit dans sa lecture , par l'insolence du contenu , il se trouva hors d'état de continuer ; le clerc de la ville^ n'éprouvant pas les mêmes scrupules , prit le papier et le lut jusqu'au bout. La réponse du roi fut à-la-fois discrète et ferme: ^^°]J[° « Je serai toujours prêt, dit-il, à recevoir les requêtes f< et à écouter les plaintes de mes sujets ; mais c'est « pour moi une bien grande peine de voir qu'il ait pu « s'en trouver parmi eux qui se soient laissé égarer «au point de me présenter une remontrance dont je «ne puis considérer la teneur que comme irrespec- « tueuse pour moi, injurieuse à mon parlement, et ««inconciliable avec les principes de la constitution. « J'ai toujours fait de la loi du pays la règle de ma con- «dqite, regardant comme ma première gloire de ré- «gner sur un peuple libre; dans cette vue, j'ai tou- «t jours été aussi soigneux de répondre fidèlement à la « confiance placée en moi , qu'attentif à éviter même f l'apparence d'un empiétement sur les pouvoirs que

ment.

i4 HISTOIRE D'ANGLETERRE.

« la constitution a placés en d'autres mains. Ce n'est «qu'en persévérant dans une telle conduite que je « puis, d'un côté remplir mon devoir, de l'autre assurer « à mes sujets la libre jouissance de ces droits queina « famille fut appelée à défendre; et tant que j'agis d a- «près ces principes, je suis autorisé à attendre, et je « me flatte de continuer à recevoir le ferme et cordial « appui de mon peuple. »

tionTdu" ^^^ démarches de la cité de Londres durent exciter parle- l'animadversiou du parlement. Dès le lendemain de la présentation de la remontrance , il fut fait une motion dans la chambré des communes , à leffet de présenter une adresse au roi pour demander copie de cette remontrance, ainsi que de la réponse. Le lordmaire , les shérifs Townshend et Sawbridge, et TaldermanTrecothick, étant membres du parlement, avouèrent la part qu'ils avoient prise à l'affaire , et se déclarèrent prêts à en supporter les conséquences. L'adresse proposée fut principalement combattue comme inopportune et impolitique, et les arguments dans cet esprit furent présentés avec beaucoup d'habileté par le marquis de Granby, M. Burke, M. Wedderburne et M. Georges Grenville. Le général Conway y répliqua ; il soutint qu'il étoit de la dignité du parlement dlntervenir, quel que dût être l'événement : le droit du peuple de faire une pétition étoit incontestable ; cependant si cette pétition renfermoit un délit de trahison , ou une offense grave , elle étoit certainement punissable, si- Bpon dans les cours ordinaires, du moins dans le parlement. La motion ayant été adoptée ( i ), les pièces furent

(i) 271 Toix icontre 108.

GEORGES Ilf. 45

mises sous les yeux de la chambre; et sir Thomas Clavering proposa de déclarer « que nier la légalité du ff présent parlement » et représenter ses actes comme ff non valides, étoit une conduite intolérable et tendant « à détruire la fidélité des sujets en les détournant de « Tobéissance aux lois. » Cette proposition fut longue ment et vivement débattue; et à trois heures du matin , elle passa à une grande majorité. Une adresse Adrmset fut ensuite votée par les communes , agréée par les *|,,2I!* lords à la suite d'une conférence, et présentée au roi, bres. qui y fit la réponse la plus gracieuse.

Ces résolutions du parlement n*empéchèrent point Remous qu on ne continuât à poursuivre de pétitions le souve- ^^^^ rain. Les habitants de Westminster présentèrent une minsiertc adresse semblable à celle de la cité de Londres et in* au^IS"

titulée de la même manière. Leur exemple fut suivi par le comté de Middlesex, sur lexhortation du révérend Jean Home, qui s'étoit déjà distingué du côté populaire en plusieurs occasions , et notamment dans les discussions relatives à 1 élection contestée.

Le temps de Temprisonnement de M. Wilkes étant Wilkes' maintenant expiré, et ses amendes payées du produit ^^ de la souscriptiQji|, publique , il fut mis en liberté , moyennant la garantie requise. Il pubUa alors une adresse aux francs-tenanciers de Middlesex , accusant les ministres d'injustice et de persécution , et se déclarant résolu à mourir, s'il le falloit, pour la cause de la liberté.

Le jour même où fut abandonné le bill de M. Her* ^m ^^ bert , lord Chatham en présenta un pour annuler le lord Cbatjugement rendu par la chambre des communes en fa- ^^ , veur du colonel Luttrell au préjudice de Wilkes. La aûnuler

le jagement de la chambre des communes en faveur du colonel Luttrell au préjudice de ,Wilkes.

Del)ats surcebill.

motion poiir uiie seconde lecture de ce bill fut forte?'' ment appuyée par lord Temple , lord Lyttletoni et le duc de Richmond. Lord Ghatham insista sur ce que onze cent quarante-trois francs-tenanciers avoient voté pour Wilkes , et deux cent quatre-vingt-seize seulement pour le colonel Luttrell ; il tourna en ridicule cette arithmétique politique d'un nouveau genre , qui faisoit que le plus petit nombre excédoit le plus grande et déclara que raisonner ainsi, c'étoit se moquer de toute loi et de toute liberté, attenter au droit d'élection des frapcs- tenanciers, et faire un véritable jeu des droits naturels des Anglois^ « Je crains , dit-il en finis- « sant , que cette mesure n'ait pris naissance trop près «de la demeure royale; j'en gémis, mais j'espère que « sa majesté ouvrira bientôt les yeux , et verra cette « odieuse mesure dans toute sa difformité. »

Lord Pomfret demanda le rappel à l'ordre; maiâ lord . Ghatham refusa de rétracter ses paroles, déclarant qu'il estimoit le roi dans sa personne , qu'il le révéroit dans son rang politique; mais qu'il espéroit que ce prince donneroit satisfaction à son peuple, en prononçant la dissolution de la chambre des communes.

Lord Mansfield cita plusieurs cScbnstances où des individus avoient été expulsés de la chambre-basse, sans aucune tentative d'intervention de la part des lords. Il s'efforça de décrier l'argument tiré du nombre des voix , et le qualifia de grossière bévue. « M; Wil- « kes, dit-il , étoit considéré comme n'existant pas aux « yeux de la loi , et conséquemment le colonel Luttrell « n avoit point de compétiteur. Dans toutes les contes- « tations en matière d'élection , celle des parties qui se «plaint de procédés illégaux ne doit point s'adresser,

« pour le redressement de ses griefs y aux électeurs ou « au peuple en masse , mais à la chambre des commu- «nes, qui est le seul arbitre, et du jugement de la- «quelle il n'y a point appel. Le franc-tenancier n'a « autre chose à faire que de donner son vote ; le pou- « voir décisif en dernier ressort réside dans la chambre « des communes , qui juge elle-même si elle forme un « corps représentant légal dans les différentes branches «de ses attributions. Le peuple n'est déjà que trop « violent : que sera-ce si la branche supérieure de la «législature se joint à lui? Quelle scène de confusion «et d'anarchie n'occasionera point un encouragement «publie donné à sa conduite? Je tremble à cette seule « idée. »

Lord Camden déclara qa'il s'étoit abstenu jusqu'alors, mais qu'il ne pouvoit s'abstenir plus long-temps de répondre à lord Mansfield, dont les opinions tendoient à établir des doctrines inconstitutionnelles. Il combattit les arguments tirés de l'incapacité deWilkes, affirmant que la chambre des communes , en refusant de l'admettre comme membre, agissoit d'une manière arbitraire et dictatoriale, contre la loi et les précédents^ contre la raison et la justice. Une secrète influence avoit dit : " Que Wilkes ne siège point » ; et Wilkes n'avoit point siégé , quoique l'obéissance à cette voix mystérieuse blessât au cœur la constitution. Après avoir complimenté lord Mansfield sur sa dextérité à écarter les arbitres, il dit que la question devoit être prise sur un fond plus large et plus général ; qu'il falloit voir dans cette affaire non pas un candidat contre un candidat, non pas Wilkes contre le colonel Luttrell , mai^ }es électeurs en masse contre le pouvoir

4d HISTOIRE D'ANGLETERRE.

usurpé par la chambre des communes. Dans la mémo^ rable affaire des subsides maritimes, le peuple avoit joiat avec raison ses cris à ceux du parlement , et dèslors ce n'avoit plus été une question entre M. Hampden et le roi , mais entre le peuple d'Angleterre et des ministres corrompus et oppresseurs. Répétant les pa* rôles de lord Cbatham , il y ajouta celles-ci : « J'unirai « mes foibles efforts aux cris du peuple, et plus les cris « du peuple seront violents, plus j'aurai du plaisir à les a entendre. » Le jugement sur l'élection de Middlesex avoit porté à la constitution un coup plus dangereux que tous ceux qu*elle avoit reçus durant les douze années d absence du parlement , sous le régne de Charles I. Si le bill étoit rejeté, Topinant attendoit du bon sens et de la fermeté du peuple qu'il réclameroit de nouveau, et avec plus de force encore, une vraie et libre représentation, comme un droit naturel et inaliénable; et si la même influence pernicieuse dont il se plaignoit venoit à se perpétuer de session en session , on ne devoit pas douter que les Anglois ne se souvinssent de ce bill aux élections générales suivantes , et qu'ils ne fissent leurs conditions avec leurs nouveaux mandataires de manière à s'assurer une représentation égale et juste, ainsi qu'un redressement complet des nom* breux abus sous lesquels ils gémissoient.

L« bill est Le bill ayant été rejeté, une courte protestation fut l'^^mâi signée par trente -trois pairs; et lord Chatham de- 1770» manda que la chambre fût convoquée pour le 4 du mois , à l'effet de délibérer sur une motion de grande importance relative au roi.

Motion Cette demande fut accueillie, et la chambre se réunit rh ^h^ ®^ conséquence le 4 mai. Lord Chatham proposa d'a-

dopter, sur la réponse faite à la reiuonti^ance de la cité, touchaot • une résolution déclarant que Tavis d'après lequel avoit ^®ponagi le roi étoit de la plus dangereuse tendance, attendu la remon. que la réprimande attaquoit indistinctement les droits ^CT j^ ^* les plus manifestes des sujets, et que les citoyens avoient eu la douleur de s'entendre dire par le monarque lui-même que le contenu de leur humble adresse , remontrance et pétition, ne pouvôit être considéré par sa majesté que comme irrespectueux pour elle-mém^e, injurieux pour son parlement, et inconciliable avec les principes de la constitution.

Cette réponse , aux yeux de lord Chatbam , étoit d'une imprudence dont rien dans l'histoire de son pays ne lui sembloit approcher. Si le roi n'eût consulté que son jugement et ses dispositions personnelles , jamais il n'eût consenti à la prononcer; et quelque pau-r vre idée que l'opinant eût de l'administration, il ne pou voit pas supposer qu'une telle réponse eût été unanimement conseillée par ceux qui la coinposoient : si l'avis de la plupart d'entre eux avoit été pris, il s'en seroit nécessairement trouvé quelques uns qui en eussent senti l'absurdité. « Quels que soient les conseillers. « ( et je ne m'embarrasse point.de 1^ conséquence de «ce qi^e je dis), il faut absolument qu'ils soient ou. «des ignorants ou des pervers : pervers, ils mérietnt. 4 le mépris d'un peuple outragé; ignorants, on au roi t. « dû au moins les envoyer à l'école avant de leur laisser « prendre la direction des affaires publiques. » Dans le. cours de son discours, lord Chatham prodigua l'adu-. lation à la cité, et dit que le colonel Luttrell n'étoit^ p^s.un représentant du peuple, mais une machine qu'avoiei^t pou^^ée de force dans le parlement les en- 18, 4

5o HISTOIRE d'aNCLETERRE.

nemis des lois du pays et des principes de la constitution établie.

Dëbatf. Lord Pomfret, dans une courte réplique, observa que depuis quelque temps Tattention de la chambre avoit presque entièrement été occupée par un oratenr populaire parlant sur un sujet populaire, au grand pré» judice des autres affaires; mais qu'on ne devoit pa» attendre que les lords eussent radicalement changé leurs opinions dans le court espace de six semaines , ^t qu'ils pussent aujourd'hui condamner une mesure qu'ils avoient approuvée , et touchant laquelle ils avoient applaudi , dans une adresse , à la réponse du souverain. •

Le but principal de la motion étoit de tirer du mi- ^ nistère quelque explication ou quelque apologie qui fournit le moyen d enflammer encore le mécontentement de la cité; mais en dépit de beaucoup de provocations, d'injures et de personnalités, il sut garder un silence prudent, et la motion fut rejetée.

Autre Lord Chatham ne se laissa point décourager par le Jord'cîia- ""^ovais succès; il fit une nouvelle proposition tendant tham à faire demander au roi, par une adresse, la dissoludissolu- tion du parlement. La chambre, avertie de lobjet de tion du ^^ motions, prit soin d'avance den détruire lefFet, ment, en interdisant l'entrée de la salle à toutes personnes autres que les membres de la chambre des commune» ou les fils de pairs. Les débats n'ayant point été conservés , nous ne pouvons dire autre chose , sinon que cette proposition ne fut pas plus heureuse que la précédente.

Motion Plusieurs tentatives furent faites dans cette session de M. pour changer les lois relatives au parlement et avt%

o£OR6S5 III. Si

a^embres des deux chambres. M. Dow desMneU , dans lé Do«>ae#^ comité d'enquêt^ sur l'état de la nation , demanda J'au* J^f/jJl[ torisation de présenter un bill npur rendre les préposés ofBriert de laccise et des douanes inblRiles à roter aux élec«> inhubiiei lions. La proposition fut principalepient appuyée par ^ ^^ter Aeê observations sur Tajccroissement du- nombre des 'uons!^' officiers fiscaux, et sur le danger résultant pour kl liberté de leur influence et de leurs suffrages. On ob<* jecta que les principaux officiers du fisc étant déjà inbabiles à siéger, et défense étant faite, sous des peinee sévères, à tous les employés de Taccise, de la douane et des postes, de s'immiscer, par voie de persuasion ou «de dissuasion, dans Télection des représentants, le biit proposé seroit entièrement inutile; et i on préten-» dit que ce seroit un. acte de cruauté de priver tant de jette, citoyens de leur franchise. La motion échoua (i).

Un acte fiit passé pour modifier la loi sur le privi« Loi poar lége parlementaire , dans celles de ses dispositions qui ^c^mins* étendoient ce privilège aux effets et aux domestiques privilép^et des membres de l'une et delautre chambre. Des bills de /jj^" j^'* dette nature avoient fréquemment été présentés; mais service on les avoh toujours considérés comme un calcul pour membre acquérir une popularité temporaire par une affpcta- ^" tion de désintéressement personnel ; et ils avoient en meDt. conséquence été rejetés. Quand le bill dont nous parlons arriva de la chambre des communes à la chambre des pairs, il éprouva une vive opposition de la part des lords Sandwich et Marcfamont; mais il fut défendu avec beaucoup de vigueur par lord Mansfield, qui .pro- Discoun nonça à cette occasion un disconrsr très remarquable, j^^/^^^^'^^j

(f)a€3 voîi coBtte i8R

5a HisToiAE d'Angleterre.

mm fiiYear 11 démontra , d'après les meilleurs principes , que le mesure! privilège contre lequel étoit dirigé le bill n étoit point aussi précieux qu'on le supposoit; et, s'appuyant sur Texpérience qu'il avoitacquise à la cour judiciaire dont il avoit rhonneur d'être président, il fit sentir tout ce qu'auroit d'inconvénients le rejet d'une mesure destinée à débarrasser la marche de la justice de beaucoup d'empêchements et d'entraves. Accusé de ne s'ériger en défenseur du bill que dans la vue d'obtenir de la popularité , il fit cette réponse animée : « Si par le mot « popularité , le noble lord entend ces louanges que la « postérité décerne aux actions bonnes et vertueuses, «j'avoue que j'ai long-temps poursuivi la popularité; « mais s'il veut parler de cette popularité futile qui « s'obtient sans mérite, et se perd sans crime, il est à «mon égard dans la plus grande des erreurs. Je le « défie de citer dans ma vie entière une seule circon* « stance où la popularité du moment ait influé le moins « du monde sur mes déterminations. Grâce au ciel , «j'ai pour ma conduite une régie plus sûre et plus « durable, l'inspiration de mon propre cœur. Je plains « sincèrement ceux qui ont abandonné ce guide natu- « rel pour asservir leurs âmes à l'impulsion populaire : «je les plains sur-tout, si la vanité les abuse au point «de leur faire prendre la voix d'une aveugle populace « pour la trompette de la renommée. L'expérience au- « roit dû leur apprendre que souvent les hommes aux* « quels la multitude prodigue ses acclamations d'un « jour, se trouvent le lendemain en butte à ses exécra- « tions. Un grand nombre de ceux que l'aveuglement « populaire a fait mettre durant leur vie au rang des « patriotes les plus irréprochables, n'en ont pas moins,

GEORGES IIK , 53

» quand la vérité a triomphé de rillusion^, figuré sur f les pages de Thistoire comme les assassins de la « liberté. Comment alors le noble pair peut - il me A croire ambitieux de la popularité présente, cette om- « bre de renommée, ce misérable écho de l'ignorance « et de la folie? » Le bill passa.

Une autre mesure encore plus importante fut le bill Bill de M. de M. Georges Grenville pour régler le mode de jSo- ^^«nT'ï'* céder de la chambre dés communes relativement aux ëlectioDs élections contestées. Depuis le fameux cas d*Aylesbury, ^^tëes*' en 1704, la chambre des communes étoit considérée comme le seul juge des titres et de la capacité dés électeurs, ainsi qiie de toutes les autres affaires relatives à l'envoi dé députés au parlement. Quelque fondé que •pût être son droit à cet égard, là pratique en é toit accompagnée de beaucoup d'inconvénients. D'abord les cas de contestations avoient été j ugés par un comité composé de quelques uns des .membres les plus in- . strufts; mais Tusàge s'étolt ensuite introduit d'enten- 1

dre les pétitionnaires par un. conseil , à la barre de la chambre. Les pétitions étoient souvent si nombreuses qu'elles entravoient les affaires publiques, et il étoit rare que les réclamants obtinssent une entière justice. Les juges ne s'engageant, ni par serment, ni par simple promesse sur leur honneur, à résister à tout mouvement de partialité', leurs suffrages étoient souvent dictés par Tesprit de parti pu par des considérations personnelles. Pour remédier à ces inconvénients, lé bill de M. Grenville portoit que tous les cas d élection contestée seroient renvoyés à un comité de treize membres , choisis par le Œijembre siégeaAt et par le pétitionnaire, sur une liste de quarante^neuf, résultat d'ua

64 HISTOIAB d'aNGLËTERRG.

scrutin. Chacune des parties étoit autorisée à iiommer en outre une personne qui la représentât dans le comité, auquel il étoit donné pouvoir de requérir les individus, les pièces et registres, après s'êti-e oblige par serment a juger avec impartialité. Telle est la substance de cette loi célèbre. Les différentes clauses rencontrèrent une opposition considérable, et plusieurs fdknt refondues. Lors de la troisième lecture, il y eut .un débat très véhément ; le rejet du bill fut demandé jpar M. Welbore Ellis , et par M. Fox , dont les efforts , combattus par MM. Dunning, Burke , Wedderburne et -sir Guillaume oaggot , échouèrent complètement, mal- ^ré Tappui de lord Korth et de plusieurs membres ministériels. Dans la chambre des lords « le bill reçut les éloges de lordChatham, et passa, malgré quelque !résistâtice.

Disciis- La nécessité d'une enquête sur les dépenses de la la iiste ^^^^^ civile fut une des questions populaires qu on agita mile, dang les deux chambres. M. Grenville proposa de demander un compte de ces dépenses depuis le 5 janvier de Tannée précéiientè jusqu'au 5 janvier de cette année. Le dernier roi, fut<il dit, àvoit laissé une économie de cent soixante et dix mille livres sterling , laquelle étoit tombée naturellement eùtre les mains du prince régnant, qui, outre cette somme et son propre revenu , avoit reçu du parlement un subside de cinq cent treiae mille livres sterling \ les dépenses de la liste civile avoient considérablement augmenté en 1768, et Toxi en Goncluoit que largent avoit été employé, dans les âections générales , au détriment dw peuple.

Là motion fut attaquée comme injurieuse, inconvenante y et Q offrant aucun ayantage : On la rejeta.

M. Dowdeswell proposa quelque temps après de demander certains comptes relatifs aux dettes du roi en 1762^ 1763, 1765 et 1766, et au montant des fondis qui se trouvoient dans Féchiquier à la mort du dernie'r monarque. Lord North s'opposa à cette proposition ; mais M. Dowdeswell ayant dans son discours attaqué le comte de Bute, lord Mount||uart exprima le desîr que les comptes en question fussent mis sous les yeux de la chaml]^e , pour prouver combien étoient peu fondés les reproches faits à son père. Grâce à cet incident, la proposition passa.

Dans une séance du comité sur Tétat de la nation , M. Dowdeswell proposa de présenter une adresse au roi pour lui exposer l'excès des dépenses , et le prier de réduire les siennes et de forcer ses serviteurs à observer l'économie ; ce qui , en remplissant de satisfaction son ame royale , seroit aussi conforme à l'honneur et à la dignité de sa couronne qu'au vœu général de son peuple. Lord North , après avoir fait sentir combien une telle adresse seroit inconvenante et irrévérentieuse, demanda que le président [chairman) quittât le fauteuil, et que le comité, qui avoit existé huit mois sans aucun résultat avantageux , fÙt enfin dissous. €ette motion fut addptée par une majorité de 208 voix contre 75. #

Le lendemain , M. Dowdeswell reproduisit sa proposition dans la chambre ; mais ce fut avec aussi peu •de succès. Sir Edouard A stley demanda alors une liste des pensions. Il y eut sur cette demand^un débat ^ à la suite duquel elle fut rejetée (i).

(1) 164 yoix contre loS.

56 IttStOIftE D'A^OLEtERRÈ.

De semblables tentatives furent faites dans la cliâmbre-haute: lord Chatham , en proposant de faire une enquête sur Tétat et les dépenses de la liste civile, prit occasion de repousser pour sa part le reproche souvent fait aux divers ministres d'aCcorder un trop grand nombre de pensions. Il produisit une liste, et, après avoir parlé avec éloge^e plusieurs personnages, i! cita lord Gamden comme un homme que son intégrité avoit rendu à la pauvreté et à la condition privée, puisque c'étoit son vdte en faveur du droit sacré d'élection qui Tavoit fait renvoyer du ministère. Ces expressions peu mesurées furent relevées, mais sans avoir de conséquences. La motion échoua* Pétition j^gg affaires d'Amérique formèrent un des princi-

de mar- ^ t '^

chands. paux objets de Tattention du parlement, et furent dé*

battues avec le zélé et la violence accoutumés. Une

pétition fut adressée à la chambre par les marchands

de Londres commerçant avec l'Amérique : ils y expo-

. soient l'importance et les avantages que ce commeixe

présentoit naguère , déclarant qu'il étoit totalement

anéanti par les associations formées en conséquence

Le miuis- dii la dernière imposition de droits, et demandant qu'on

pose la eut égard a leur position* Lord r^orth , après avoir

suppres- combattu plusieurs assertions cpntenues dans la péti-

sion des , i i i . . , ' , i •n

droits sur tion ^ demanda la permission de présenter un bill pour

lAmeri- supprimer tous les droits, excepté celui sur le thé.

Texcep- Cette suppression partielle ne satisfit point M. Pownal :

celui sur *' proposa de ne faire aucune exception, et soutint son

le ihd. amendement par un long discours, rempli de considé-

,-^Q^ rations de droit et de politique.

Débat. Le débat prit -une direction extraordinaire, divers

GEORGES ITT« bj

orateurs ayant émis des opinions qui ne s'accordoîent ni avec la motion ni avec Tamendement. M. Grenviile dit qu'il avoit agi systématiquement en faisant imposer le droit du timbre , dont , |DOur de bonnes raisons , il a^oit cru le paiement possible et même probable. Le ministère suivant avoit adopté un autre système, qui, après le sien, étoit peut-être le plus convenable, eu égard aux circonstances , celui de rapporter Tacte : replaçant aiosi FAmérique dans la condition où elle se trouyoit auparavant , et , en même temps , conservant la juridiction du parlement anglois , par une loi en faveur du droit de taxation. Une autre administration avoit imposé une taxe diamétralement contraire aux principes commerciaux , qui n'attiroit point d'argent dans le royaume, puisque son produit net étoit au-des* ' sous de seize mille livres sterling par an , et ^ui de plus avoit l'inconvénient de mettre l'Amérique en feu^ M. Grenviile étoit convaincu que les Américains dévoient être soulagés ; cependant , comme le ministère n'avoit point de plan systématique, il considéroit l'abrogation partielle de l'acte comme un expédient futile, et l'amendement comme incomplet. La proposition du ministère ne lui paroissoit devoir être d'aucune utilité réelle, et, d'un autre côté, il ne vouloit pas concourir à le contraindre d'adopter une mesure qui , à ses yeux , n'offroit guère plus d'avantage. En conséquence , il s'abstiendroit de voter.

Le général Conway, sir Guillaume Meredith et le ce- Acte lonel Barré appuyèrent l'amendement , tandis que lord ^*** ' Barrington et M. Welbore Ellis s'opposèrent à-la-fois à l'amendement et à la motion : il ne leur sembloit

$6 HisToi-ftfe d'angleterre.

nullement probable que rabolition de la taxe tranquîlhskt les Américains, et leur désir éloit que tous les pouvoirs de Fétat se réunissent pour assurer rentière exécution de l'acte. L'amendement fut rejeté (i), et le bill proposé par les ministres fut définitivement converti en loi.

Motion Quelque temps après, il fut fait un nouvel effort un^r^unê po^»* obtenir la suppression du droit sur le thé; mais

comma- ^e fat sftns plus de succès. L'alderman Trecothick, ae <iwi écboua dans cette tentative , réussit néanmoins à

pièces, faire donner communication de pièces relatives aux

Motion /./* 1 1 1 »

pourfaire afraires de 1 Amérique. Le gouverneur Pownal, sap-

^le^in^"^ puyant sur ces pièces , proposa de présenter une

struc- adresse au roi pour demander la révision des pouvoirs

lions on- ^^ autorisations renfermés dans les commissions qui

nées aux ^

fçouver- avoiegt été délivrées et dans les instructions qui avoient été données aux gouverneurs de provinces et commandants en chef, afin que ces commissions et instructions fussent expliquées et rectifiées dans ce qu'elles présefitoiettt de contradictoire et de défectueux , et que les pouvoirs et autorisations que la constitution ne Gomportoit pas fussent retirés. Le gouverneur prononça , à l'appui de sa motion , un discours fort étendu, dans lequel il vanta beaucoup la loyauté et les bonnes dispositions des colons, et blâma sévèrement la conduite de sir François Bernard. Il fut secondé par le lord-maire, et il s'en suivit un débat très animé, qui dura deux jours, et dans lequel furent vivement discutées quelques démarches qui avoient été faites

(ï) 2o4 voix Contre ^^2.

OEOII^BS 11t« %

récemment en Amiérique; la motion fut rejetée par cent quatre-vingt-dix-sept voix contre soixante -dix^ neuf. ,

Dans la chambre des lords, le duc de Bichmond pro- Mo*|<"»«

I 1 i. àlacham-

posa dix-huit résolutions , qbi , après quelque discus- bredes Sfon , furent écartées par une motion d^ajournement ; p|.oJ!q ,. et le lendemain le roi termina la session. tîon du

1 parle-

I ment.

19 mai

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