‹ Histoire d'Angleterre, depuis l'avènement de Jacques IIChapitre 11 sur 63 · IÎ · texte numérisé non relu

IÎ

dant un certain t- ni|. 'i ins pi • sque l< i i encont

I es i hambres n'avaient pas eu la m. nu In ureu ' noix de Ictii

fortune, un des membi inti

du pai M parlementaire. Il avait servi lvi I ai m bui mtinent, et lorsque la guerre i on mença, .t\ .tii un-' inde réputation militaire que i<>ut autre anglais ; m û on vit bientôt qu'il n'était de

remplir la poste de < ommand tnl en chef: il avait peu d'en I n'avait aucune originalité. La lactique mé-

liquo qu'il avait apprise dans la -urne «lu Palatinat ne put lui ner la honte d'être bui pi i et nai

déroute par un capitaine tel que Rupert, qui ne pouvait prêt mdre eependant à d'autre réputation qu'à cell< de p irtisan audai ieux.

Les of0< iers qui exerçaient les hauts commandements, sous les ordres de d'I ssex, n'étaient guère capables non plus de suppléer à ce qui lui manquait. On ne peut blâmer pourtant las chambres de tels choix. On ne pouvait trouver de raux d'une ha-

bileté <•! (l'une valeur éprouvée-; dans mi pays qui,

• le mémoire d'homme, n'avait pas eu i soutenir sur terre nne grande . On rut donc ol u com-

mencement de se fier à des hommes non éprom et la préférence tomba naturellement sur les hommes distingués par leur position sociale ou par les I dents qu'ils avaient déployés au p irlement. Mais < «inc

si dam une seule <• i asion le chois de tels hommes fut heun n\ ; ni les grands seigneurs, ni les 01 iteui - d trouvèrent être de bons soldats. Le comte de SI imford, un des premiers gentilshommes de l'Angleterre, fut

• u déroute par les roj ilisteî i sit ilton. n itl miel Pionnes, qui n'était int m talent dans

civiles à aucun d< ontemporains , se couvrit de

honte par la pusillanime reddition d< B !

• le tous l<s hommes • t I i . 1 1 qui, à cette époque,

optèrent de hauts commandements militaires, Hampden parait avoir soûl transporté dans le camp la capacité et la force d'esprit qui l'avaient rendu si éminent en

politique.

Lorsque la guerre eut duré un an, les royalistes se trouvèrent décidément avoir l'avantage; ils étaient victorieux dans les comtés de l'Ouest et dans les comtés du Nord à la fois; ils avaient arraché Bristol, la seconde ville du royaume, au parlement; ils avaient gagné plusieurs batailles et n'avaient pas subi une seule défaite sérieuse ou ignominieuse. La mauvaise fortune avait commencé à produire chez les Têtes rondes des dissensions et des mécontentements. Le parlement était tenu en alarme quelquefois par des complots, d'autres fois par des émeutes. On jugea nécessaire de fortifier Londres, pour le préserver de l'armée royale, et de pendre à la porte de leurs propres demeures quelques citoyens désalïectionnés. Quelques-uns des pairs les plus illustres, qui jusqu'alors étaient restés à Westminster, s'enfuirent, et allèrent à Oxford se joindre à la cour, et il est hors de doute que si les opérations des royalistes eussent été dirigées par un esprit sagace et puissant, Charles serait bientôt entré triomphant à White-Hall.

Mais le roi laissa échapper ce moment propice qui ne revint jamais plus. En août 1643, il plaça le siège devant Cloueester. Cette ville fut défendue par ses habitants et sa garnison avec une détermination que les adhérents du parlement n'avaient jamais montrée depuis le commencement de la guerre. L'émulation de Londres fut excitée; les milices bourgeoises de la cité s'offrirent à marcher partout où leurs services pourraient être réclamés. Une grande force fut rapidement assemblée, et commença à se diriger vers l'Ouest. Le siège de Gloucester fut levé. Les royalistes perdirent cœur dans toutes l«s parties du royaume, le courage des parlementaires se ranima, et les lords apostats qui s'étaient enfuis récem-

r ! S IM1IITM1V-

m< ni a Oxford 'empi • • i ent de n venii i w i tmin .Moi i comment i h apparaître une < lasse nouvel!

ymptomes alarmante dan la ps poli-

tique. De l'origine, il \ avait eu dam le parti parlementaire des hommes donl l'esprit étail tourné fera un but devant lequel la majorité de ce parti aorail reculé hofTcui . Ces hommes étaient la secte religieuse des Indépendants, il- pensaient que toutecongrégationchréti< uns avait, sous l'autorité «lu Christ, une suprême juridiction dans l' a < hoses spirituelles; que les appels aux synodes provinciaui el nationaux n'étaienl guère moins conîraires à l'Écriture que les appels s la coui des arches ou an Vatican, et que la papauté, l'épiscopal el le i hytérianisme étaient simplement trois formes d'une même grande apostasie. En politique, les Indépendants étaient, pour nous servir <!•' l'expression <lr leur temps, réformateurs dêpuU lu racine jusqu'aux br**cÂest ou, pour nous servir de l'expression contemporaine, A - radicaux. Ni' s»* contentant pas de Limiter le pouvoir du monarque, ils voulaient élever une république sur les ruines <1" la vieille organisation politique anglaise. D'abord leur nombre el leur influence avaient été peu

sidérables; mais avant <iu'- la guerre <ùi duré deux •m-, Us étaient devenus, Binon la plus nombreuse, «lu moins la plus puissante faction «lu pays. Quelques-uns

vieux chefs parlementaires avaient été enlevés pai la

ri, d'autres avaient Irahi la confiance publique. Pym

irait été enseveli, avec des honneurs royaux, au milieu des Piantagenets. Hampden était tombé d'une manière digne <!<* lui, «-n s'eubrçanl vainement d'inspin i i soldats, | >.u son héroïque exemple, I»- « ourage d'aflrontt r 1 1 bouillante cavalei îe <!<• Etupari. Bedford avait déserti la cause parlementaire; Norlhuinberland étail notoirement tiède; d'Kssex i i ses limilenanls avaient montré |»< u d'habileté • •! de vigueur dans la conduite »l< - opérations militaires. C'esl i ce moment critique que le parti

inondants, ardent, résolu, n'acceptant aucun compromis, commença à lever la tête et dans l'armée et dans la chambre des communes.

L'âme de ce parti était Olivier Oomwell. Elevé dans des habitudes paisibles, il avait, à plus de quarante ans, accepté une commission dans l'armée parlementaire. Il ne fut pas plus tôt devenu un soldat qu'il discerna, avec l'œil pénétrant du génie, ce qu'Essex et les hommes qui lui ressemblaient n'étaient pas capables d'apercevoir. Il vit en quoi consistait précisément la force des royalistes, et les seuls moyens par lesquels cette force pouvait être vaincue. Il vit qu'il était nécessaire de reconstituer l'armée du parlement. Il vit aussi qu'il avait pour cela d'abondants et d'excellents matériaux moins brillants à la vérité, mais plus solides que ceux dont les vaillants escadrons du roi étaient composés. Il fallait trouver des soldats qui ne fussent pas des^ mercenaires, des soldats d'une condition honorable, d'un caractère grave, craignant Dieu, et zélés pour les libertés publiques. C'est de tels hommes qu'il remplit son régiment, et tout en les soumettant à une discipline plus rigide que l'Angleterre n'en avait encore connue, il versa dans leur nature intellectuelle et- morale des stimulants d'une puissance terrible.

Les événements de l'année 1644 prouvèrent pleinement la supériorité de ses talents. Dans le Sud, où commandait Essex, les forces parlementaires essuyèrent une succession de honteux désastres; mais dans le Nord, la victoire de Marston Moor compensa amplement toutes les autres pertes. Cette victoire ne porta pas un coup moins mortel au parti qui jusqu'alors avait dominé dans Westminster qu'aux royalistes; car il fut notoire que ia bataille, honteusement perdue parles presbytériens, avait été regagnée par Cromwell et la valeur inble de- soldats disciplinés par lui.

Ces événements engendrèrent l'ordonnance dite $'aô-

! ' \l;Mf \ M llll UNI . I3l

négation «t k nouveau système militaire. h'I plupart ■ !< offl< iers qui commandait ni bous ses ordn furent rappelés sous des prétextes plausibles et ion!, . le in ii ques de respei t : • i la direction d( I guerre lui i onfiée à des mains bien différent brave soldai , mais d'une intellig et "l'un

"lu , tut nominal m< ni le général en i h- ; des troupes dont Cromwell l'ut le chef réel.

Cromvi II bi hâta <l toute I I- -

mêmes principes que son régiment. Aussitôt <juc (>l»<'i;iii<>ii lui terminée, l'issue <!•• la guerre lui il)'-, i Les Cavaliers avaient maintenant » affronter un cou naturel ég il au l< m, un enthousiasme plu- fort qu l leur, une <li >cipline qui leui rient dél

Il passa bientôt en proverbe que l« i soldats • ! I ûrfax «■t de Cromwell étaient «l'un» autre race que l< - oldat > de il I x l»\ qu'eut lieu la première grande

rencontre entre les royalistes «-t Parmi i n nouv» I. •• «lu parlement La victoire des T< tes rondes lui complet décisive. Elle lui suivie d'autres triomphes <jui se su< dèrent rapidement. En quelques mois, l'autorité du parlement lui pleinement établie sur tout le royaume. Chai les s'enfuit en I et lui livré pat les i

(l m- des < ii. onstances qui ne i»»nt pas beaucoup d'honneur à leur caractère national, nijets anglais.

Pendant que l'issue de la et ûl encore doufc

i hambres avaient mi> a mort le primat d'Auglefc rn . avaient interditdanstout le cercle de leur autorité l'usage de la liturgie anglican lient i lige <l<- tous une ad-

hésion i la roesuri célèbre connue bous le nom de ligue solennelle ou C i orsque le i ombat lut terminé .

l'œuvre des innovations e! vailles lut pou

avec un»- ardeur |>lu-i m I

siastique du royaume fut refaite à neuf. I lie grande partie il.- I ' . 1 1 1 • ien < l' rgé lut dépouillée de w - bén< ; amendes, souvent d'un chiffre ruineux, frappèrent

royalistes déjà appauvris par les secours fournis au roi. De nombreuses propriétés furent confisquées. Des Cavaliers proscrits durent acheter à un prix énorme la protection des membres éminents du parti victorieux. De vastes domaines appartenant à la couronne, aux évêques et ai s chapitres , furent saisis , concédés ou mis aux enchères. En conséquence de ces spolialions, une grande partie du sol anglais se trouva à vendre. Mais comme l'argent était rare, le marché encombré, les titres peu sûrs, et que la crainte inspirée par de puissants enchérisseurs empêchait la libre concurrence, les prix n'eurent souvent qu'une valeur nominale. Ainsi disparurent beaucoup de vieilles et honorables familles dont on n'entendit plus parler depuis; ainsi s'élevèrent rapidement à l'opulence bien des hommes nouveaux.

Mais tandis que les chambres employaient ainsi leur autorité, elle échappa soudainement à leurs mains. Elles n'avaient obtenu cette autorité qu'en appelant à la vie un pouvoir qui ne souffrait pas de contrôle. Dans l'été de 1647, un an environ après la reddition de la dernière forteresse des Cavaliers au parlement, celui-ci fut obligé de se soumettre à ses propres soldats.

Treize années s'écoulèrent pendant lesquelles l'Angleterre fut, sous des noms différents et des formes diverses, gouvernée réellement par l'épée. Jamais avant cette époque, jamais depuis, le pouvoir civil ne fut dans notre pays soumis à la dictature militaire.

L'armée, qui devint alors toute puissante dans l'État, était une armée bien différente de toutes celles que nous avons vues depuis parmi nous. Aujourd'hui la solde du simple soldat n'est pas assez forte pour séduire et arracher a leur profession d'autres hommes que les manœuvres de la plus humble classe. Une barrière presque infranchissable sépare le soldat de l'officier en titre. La grande majorité de ceux qui s'élèvent à de hauts grades

M. Ml I I I lill.MM .

j .11 1 ivcnl .'i pi i\ d'argent, l a posa ssioiu de I \ Icrrc <»iii si nombreuses et si éloignées, que l'homme <|ni s'i ii igc <l"ii s'attendre h pas» r bien des ani cxilyei un certain nombre de i es années dans des « lira il ■ défavorables .'» la ssnU et à 1 1 rigueur de la i x e eurol" '• nne. M.ii^ l'armée «lu long parlement .i\.ui été I- |KHir le service intérieur. La olde du simple soldai s* vail beaucoup au-dessus des salaires gagnés par la grande majorité des gens du peuple, cl s'il se distinguait par Pinlelligcncc et le courage, il pouvait espérer d'atteintli des commandements élevés. En conséquence, les rang ■ de rarmée se trouvaient composés de personnes supérieures à la multitude parla condition et Péducat l hommes sobres, moraux, diligents, habitués i réfléchir, avaient été poussés Si prendre les armes, 1 1 • > 1 1 par l'aiguillon du besoin, non par l'amour de la nouveauté et de la licence, non par l'habileté d'offt recruteurs, mais par un sèle politique et religieux môle .'i un désir de distinction et d'avancement. Les soldats intaient, comme nous le lisons dans leurs solennelles délibérations, d'être entrés librement au service; d

'être enrôlés par amour du gain ; d'être de libres citoyens angl ii-, et non des janissain s; des • itoyens qui de leur propre mouvement avaient exposé leur vie i les libertés et la religion de l'Àngleten , et dont le droit et \r devoir étaient <!•' veiller I la sécurité «!»• la nation qu'il it i iuv<

i ne année ainsi eompo rvait, sans nuire I - 1

ton kccorder quelques libertés qui, si elles étaient permises à d'autres troupes, seraient bientôt subi tir toute discipline. I n g< ni rai, d< - soldats qui se consti* tueraient en clubs politiques, éliraient (!•> délégués 1 1 passeraient des résolutions sur les hautes lions

État, se rela< her dent bi< ntôt, échapperaient \ i»>nt contrôle, cl tient de former une armée pour * I * » —

venir la pire et la plus dangereuse des multilud< *. il no

l.Vi [/ANGLETERRE AVANT LA RESTAURATION.

serait pas sage aujourd'hui de tolérer dans un régiment, des assemblées religieuses où un caporal, versé dans l'Écriture sainte, dirigerait la dévotion d'un colonel moins bien doué que lui, et admonesterait un major infidèle. Mais telles étaient l'intelligence, la gravité, la domination sur eux-mêmes des soldats formés par Cromwell, que, dans leur camp, une organisation politique et une organisation religieuse pouvaient exister, sans détruire l'organisation militaire. Les mêmes hommes qui, leur devoir militaire accompli, se faisaient remarquer comme démagogues et prédicateurs en plein vent, étaient remarquables par leur régularité , leur esprit d'ordre, leur prompte obéissance au poste, à la manœuvre, sur le champ de bataille.

Cette étrange force était irrésistible dans la guerre. Le courage opiniâtre qui caractérise le peuple anglais fut, par le système de Cromwell, réglé et stimulé à la fois. D'autres chefs d'armée ont maintenu l'ordre aussi strictement que lui ; d'autres encore ont inspiré à leurs soldats un zèle aussi ardent. Dans son camp seul la discipline la plus rigide a pu marcher de pair avec l'enthousiasme le plus exalté. Ses troupes, qui brûlaient du violent fanatisme des croisés , marchaient au combat avec la précision de machines. Cette armée, depuis le moment où elle fut réorganisée jusqu'au moment où elle fut dissoute, ne rencontra jamais, ni dans les îles britanniques, ni sur le continent, un ennemi qui pût résister à son premier choc. En Angleterre, en Ecosse, en Irlande, en Flandre, les soldats puritains , souvent environnés d'énormes obstacles, et quelquefois ayant à lutter contre des troupes trois fois plus nombreuses, non-seulement remportèrent toujours la victoire, mais encore ne manquèrent jamais de détruire et réduire à néant toutes les forces qui leur furent opposées. Ils en vinrent, à la Cmj à considérer le jour du combat comme un jour de triomphe certain, et a marcher contre les bataillons les plus renommés de

i w.y | mm . I

l'Europe r?ec une conflani igneusc. Turcm

iil!:i -H entendant le cri <r m U n lion Je

allié inglais mai i hanl au combat, lira la

<l 11*1 m. n old ii . loi qu'il appi il que la coutume d< - piquiera de Cromwell était de saluer .i\. i bonlteur la rencontre de IViiip mi ; 1 1 loi Cavalii i - exil ni une émotion d'oi -n- il itional en \ < »\ .mt une bi if

I' m . riiMioiil!- : .11-

nemis, abandonnée de ses alliés, < hassi r devant <•! pousa i .1 une t'i * î t < - précipitée les plus bell< - trouiies de l'infant i ie oie, cl s'ouvrii un | i - •• dans une

contrescarpe n putée imprenable pai l< - plus habiles maré< li nu de I Miiis ce qui distinguait l'armée de Cromwell de loti

ni l'austi re moralité et li 1 1 ftinU île Dieu qui avaient pénétré dans tous les rangs. I>u témoignage il' s |>lu> ardents royalistes, «m ne vit jan dans ce camp singulier, ni jeu ni ivrognerie; ou n'y entendit jamais un juron, et, durant la longue domination de l'armée, la propriété du < itoyen paisible et l'honneui des femmes ne reçurent jamais une atteinte, n desouti furent commis, ce furent des ouli ig< - d'un nre tout différent de ceux que conunel ordinairement une ai n vii lorieuse. Pas une Ben mte n'eut à se plaindre de la il an tei ie di - habits rougi s. Pas une oi n. lui en le vi e aux boutiques des oi féi M;iis un sermon pélagien , ou ui vitrail sur lequel . taienl peint ! o et l'< nfant Jésus, produisaient

dans les rangs puritains une effervescence qui requé- , poui ôti e « aimée, l< - plus extréim - i IToi ls de

.ni |>nui Cromw< il une gi m. t.- iliiiu ulié d'empôcher ses mousqui lain - d'envahir

de vive force les chaire des ministres <l»»ut les .li>cours, poui employé] !■■ langage de celte époque, n'élai< nt | lureux, • i un trop grand nombre de

. alhédrali s gardent en< marquai de la haine que

ces rigides esprits portaient aux vestiges qui rappelaient

la | tapante.

Mais tenir en respect le peuple anglais n'était pas, même pour une telle armée, une tache facile. A peine la première pression du despotisme militaire se fut-elle fait sentir, que la nation, qui n'avait jamais été pliée à une telle servitude, commença à résister vigoureusement. Des insurrections éclatèrent même dans les comtés qui, durant la guerre récente, avaient été le plus soumis au parlement. En réalité, le parlement lui-même abhorrait ses vieux défenseurs plus que ses vieux ennemis, et désirait entrer en accommodement avec Charles aux dépens des troupes. En Ecosse, une coalition s'était formée à ce même moment entre les royalistes, et un grand nombre de presbytériens qui voyaient avec horreur les doctrines des Indépendants. Enfin la tempête éclata. Il y eut des soulèvements dans les comtés de Norfolk, de Suffolk, d'Essex, de Kent, dans le pays de Galles. La flotte de la Tamise arbora soudainement les couleurs royales, mit à la mer, et menaça la côte méridionale. Une grande force écossaise passa la frontière et s'avança dans le Lancashire. Ces mouvements, comme on peut croire, étaient vus avec une complaisance secrète par la majorité des lords et des communes.

Mais le joug de l'armée ne devait pas être secoué ainsi. Tandis que Fairfax réprimait les soulèvements dans le voisinage de la. capitale, Olivier mettait en déroute les insurgés gallois, et, laissant derrière lui leurs forteresses en ruine, marchait contre les Écossais. Ses troupes •'■t. lient faibles, comparées à celles des envahisseurs, mais il avait peu l'habitude de compter ses ennemis. L'armée écossaise fut entièrement détruite. Un changement de gouvernement s'opéra en Ecosse. Une administration hostile au roi se forma à Edimbourg, et Cromwell, chéri plus que jamais de ses soldats, revint en triomphe à Londres.

PMN i - H CRARI i ■" 137

.Mm a une pensée .« laquelle personne, au * « »i 1 1 1 1 ■ • - 1 1 m. ut de la guerre civile, n'eût osé faire allusion, une pmsée non moins contraire îi la ligue solenm lleel au Ce ni qu'aux vieilles I" - de l'Angleterre, commen<

l-i- ii. Iif une forme distiro le. I • - austères % ts qui

gouvernaient la nation a> tient, depuis quelques mois, dite de tirer du roi captif une vengeance terrible. Quand 1 1 comment < <• projet prit naissance; s'il fut insinué par général aux soldats, <»u >'il remonta des soldai

l (l-»ii être attribué à la politique m servant du fanatisme comme d'un instrument, <»u au fanatisme soumettant la politique ;» son irrésistible ascendant, -«•ut Ii des questions auxqu< Iles, même aujourd'hui, on ne peut répondre avec une parfaite certitude, il parait probable, en dernier résultat, que l'homme qui semblait i ommander fut obligé île < - der fatal ment et de sacrifier, dans cette occasion comme dans une autre qui m l sen ta quelques années plus lard, Bes propres incliii. liions an \ \ - in\ de l'armée; car la fo laquelle

Cromwell avait donnée la vie était une force «jn'il ii-- pouvait pas toujours contrôler et 'i laquelle il lui était nécessaire d'obéir quelquefois, afin de pouvoir la gouverner habituellement. Il déclara publiquement i|inl n'avait rien fait pour mettre en avant cette propo-

- ition ; <|u<- I» - premières mesures avaient élé pi i

sa participation; qu'il n'aurait pas voulu conseillei au parlement defrapi utdcoup, mais qu'il saumettait ses propn - sentiments n la force des circonslan ni. uni. I ii avis i >rins de la l'i..\ idem i\ Il i

- lé d'usage de considérer « elle explii ation comme dm . \. mple de 1 1 1 ^ • qui lui est vulgairement impu-

mais même ceux qui l'accusent d'être un Ii\|k>crite n'oseront pas le qualifie) de fou. Ib lonc

tenus de montrer <|u'il axait ijui-ltjur il«'»nn à uwii. i à fin, en |>oussaiil leiueut l'armer à prendre

un-- résolution qu'il n'oasifl pai ouvertement roc oui

mander. Il serait absurde de supposer que cet homme, que ses ennemis loyaux n'ont jamais représenté comme capricieusement cruel ou implacablement vindicatif, ait pris la décision la plus importante de sa vie sous L'influence d'une pure méchanceté. Il était un homme trop sage pour ne pas savoir, quand il consentait à répandre ce sang auguste, qu'il commettait un acte inexpiable, qui exciterait la pitié et l'horreur, non-seulement des royalistes, mais des neuf dixièmes des partisans du parlement. D'autres pouvaient être abusés par des visions de toute sorte, mais lui ne rêvait certainement ni d'une république sur un modèle antique, ni du règne millénaire des saints. S'il aspirait déjà à être le fondateur d'une nouvelle dynastie, Charles Ier était évidemment un compétiteur beaucoup moins redoutable que ne le serait Charles II. Dès l'instant de la mort de Charles Ier, la fidélité de tout Cavalier se porterait tout entière sur Charles II. Charles 1er était captif; Charles II serait en liberté. Charles Ier était un objet de soupçon et de haine pour la grande majorité des hommes qui frissonnaient d'horreur cependant à la pensée d'une exécution; Charles II exciterait tout l'intérêt qui s'attache à la jeunesse et à l'innocence malheureuses. Il est impossible de croire que des considérations si simples, si importantes, aient échappé à l'esprit du plus profond politique de cette époque. La vérité est que Cromwell, pendant un moment, songea à se poser en médiateur entre le trône et le parlement, et à réorganiser par le pouvoir de lï'pée, et sous la sanction du nom royal, l'État en dissolution. Il persista dans ce dessein jusqu'à ce qu'il fut forcé d'y renoncer par l'intraitable caractère de ses soldais et l'incurable duplicité du roi. Un parti dans son camp commençait déjà à demander la tête du traître qui voulait traiter avec Agag. Des conspirations se forjiirinit, d.'s menaces de mise en accusation furent hautement proférées. Une rébellion que toute la vigueur et

PRi | . BAR] n l,r.

louie l.i résolution d'Oliviri purent ;i )»• m.- iinnlln La; el, bien qu'il parût réussir par un judicieux i

i îté • -i d< ilimcciu » rct iblii ! ordre, il itrêmes difficulté - el des • • i il-

iju'il ) .nu ni à Mnilmi lutlei contre la rage de soldalqoi regardaient le tyran abattu comme leorennen < omaie l'ennemi de Dieu.

i même tempi il devenait plus évident que jamais qu'on ae pouvait se Ûei m roi. Les vices de Chariei raient (ail que graadii . Gei n i« m i I lient, k . de

i ijuc tes difficultés el lei perplexités mettent pleine lumière. 1 s ruse • -t le défende n aturelle

l ii prince qui, au faite de la puissance, i rhnhilnde de tromper, n'apprendra certainement pas la i.

.111 1 1 1 il 1*11 des (Militai ra- » l ! » -s i - \ • i - . Ghartat n'était pas

seulement le moins scrupe lait encore le pluemnl-

sd roi tota menteurs. U n'exista jamais on nomme politique auquel on pût prouvi i n - fraudes et ses m ivee

une évidence plue irréfutable. 11 reconnaissait publiquement lescnan&bres assemblées à Westminstei comme un parlement légal ,< tré ligeail en même temps, d msson Beil particulier, ta miuute secrète d'un acte déclarant nulle cette reconnais rouait publiquement toute

idée d'appeler l'étrangei i\ son aide contre ion peuple,

et en mèn e temps il Bolli< itail lemenl dai sac i

d.- France, de Danemark et de Lorraine, il niait pu> hliquemcnt avoir jamais emplo\e d» s papistes, et en même temps il envoyait à i\ l'instruction

• ni ploya tout papiste qui voudrait servir. Il

\ ut publiquement la communion s Oxford, comme pour donner l'usai ami qu'il n'aurait jamais de i nivem e avec 1<- papisme; eu . il assurait

i à la n ine que nui intention était île tolérer le p ipisine en An^letei i lonl <•

promettre l'établissement du papisme en Irlande. I.

il ensuite de se disculper aui dcp< ns il. -. - a«ent>.

140 l'ancleibrre avant la restauration.

Glamorgan recevait de la main du roi des réprimandes destinées à être lues par d'autres que par lui, et des doues que lui seul devait voir. Cette dissimulation a va il si complètement corrompu la nature entière du loi, que ses amis les plus dévoués ne pouvaient s'empêcher de se plaindre douloureusement et amèrement les uns aux autres de sa politique tortueuse. Ses défaites, disaient-ils, les affligeaient moins que ses intrigues. Depuis qu'il était prisonnier, il n'y avait pas de fraction du parti victorieux qui n'eût été l'objet à la fois de ses flatteries et de ses machinations, mais il ne fut jamais plus malheureux que lorsqu'il essaya à la fois de cajoler Cromwell et de miner son pouvoir par ses menées secrètes.

Cromwell avait à décider s'il jouerait l'attachement de son parti, l'attachement de son armée, sa propre grandeur, bien plus sa vie même, contre une tentative pour sauver un prince que nul engagement ne pouvait lier. Sa décision fut prise après bien des luttes, bien des hésitations, et probablement après bien des prières. Charles fut abandonné à sa destinée. Les saints de l'armée décidèrent, au mépris des vieilles lois du royaume et du sentiment presque universel de la nation, que le roi expierait ses crimes par son sang. Pendant un moment il craignit une mort pareille à celle de ses malheureux prédécesseurs, Edouard II et Richard 11; mais une pareille trahison n'était pas à redouter. Les hommes qui le tenaient entre leurs mains n'étaient pas des égorgeurs de nuit. L'acte qu'ils accomplissaient, ils l'accomplissaient pour être offert en spectacle au ciel et à la terre, et pour que son souvenir vécût éternellement dans les générations futures. Ils jouissaient même vivement du scandale qu'ils donnaient. Précisément parce que l'ancienne constitution el l'opinion publique de l'Angleterre étaient directement opposées au régicide, le régicide exerçait une fascination étrange sur* un parti disposé à accomplir une révolu-

PRÛ4 ! - M < MARI 68 !"• Ml

lion sociale et politique romplrlr. Il • t.iii néo-

om plissement île leui dessein de metlre en pi tout lei roi lu gouvei nemeni, et < elle n< i - ilé

leur élail plutôt ible < 1 1 1* * | **'-f* it»l#-. Les i ororou

rendirent un vole tendant à un <i< commouV ment av< > l

roi ; les soldats < hassèrenl la majorité par la ! • i •

Imk!> rejetèrent .» l'unanimité* la proposition de mi* i n jugement du roi; la chambre des lordi fat immédiatement fermée. Nulle cour de justice, reconnue pai la loi, ne voulut prendre sur t'll<' la responsabilité de juger le roi, souri e même <l<' la justice; un tribunal révolutionnaire lut créé. Ce tribunal dé< lara Charles tyran, traître, meurtrier, ennemi public, e1 ^.i tête fut tranchée devant des milliers de Bp< ctateui i, en lace de la - die de banquet de ion propre pelais.

Il s'écoula peu de tempe -i\ ml qu'il ne fût manifeste que 1rs fanatiques religieux et politiques, auxquels doit attribuer cet acte, avaient coxnmia non-seulement un crime, maie encore sue erreur. Lia avaient «loin, un prince, connu jusqu'alors de ^<»n peuple surtout par défauts, l'occasion <lc déployer ^m un grand théâtre, ;ni\ veux de lotîtes !»•< Dations et »l«' tmi^ les siècles, quelques-unes des qualités <jui attirent irrésistiblement l'admiration el l'amour «lu genre humain, le coui élevé d'un brave gentilhomme, la patience et l» douceur d'un chrétien pénitent. Bien plus, ils avaient exécuté leur vengeance de telle sorte qui cet homme» dont toute la i i d'une ^u< i •• ->-i<>n d'allaqu< *> i euh,'

les libertés <!<• l'Angleterre, semblait maintenant mourir martyr de ces mêmes libertés. Jamais dé ne no fit

autant d'impression sur l'esprit public que ce roi «.i|.hf qui, gardantdansiciir ( xircinitc toute v.i , lignite ii»\.»lc et affrontant la mort avc< un courage indomptable, • \-

priroa lui-mé les n atir i Dta de ton peuple opprimé,

n fusa n n ilemenl de se justifier devant m

lement formée, en appela de la violence militaire

principes de la constitution, demanda de quel droit la chambre des communes avait été diminuée de ses membrcs les plus respectables, (lequel droit la chambre des lords avait été privéedeses fonctions législatives, et avertit ses auditeurs, fondant en larmes, qu'il ne défendait pas seulement sa cause, mais la leur. Les longues exactions de son mauvais gouvernement, ses innombrables perfidies, furent oubliées. Sa mémoire s'associa dans l'esprit de la grande majorité de ses sujets avec ces institutions libres que pendant tant d'années il avait travaillé à détruire, car ces institutions libres avaient péri avec lui, et n'avaient été défendues que par sa voix seule, au milieu du morne silence d'une société comprimée par les armes. Dès ce jour commença une réaction en faveur de la monarchie et de la maison royale exilée, réaction qui ne s'arrêta que lorsque le trône eut été rétabli clans toute son ancienne splendeur.

Dans les premiers temps, toutefois, les meurtriers du roi semblèrent tirer une nouvelle énergie de cette communion sanglante qui les avait unis étroitement ensemble, et séparés pour toujours de la grande masse de leurs compatriotes. L'Angleterre fut déclarée république. La chambre des communes, réduite à un petit nombre de membres, fut nominalement le suprême pouvoir de l'État. En réalité, c'étaient l'armée et son grand chef qui gouvernaient tout, Olivier avait fait son choix. 11 avait conservé les cœurs de ses soldats et brisé avec presque toutes les autres classes de ses compatriotes. On pouvait à peine dire qu'il eût un parti en dehors de son camp et de ses forteresses. Ces éléments de force qui , lorsque la guerre civile éclata, avaient surgi armés les uns contre les autres, se tournaient tous contre lui; il a\ lit ainsi pour ennemis tous les Cavaliers, la grande majorité des Tètes rondes, l'Église anglicane, l'Église presbytérienne, l'Église catholique romaine, l'Angleterre, l'Ecosse, l'Irlande. Cependant tels étaient son gé-

I \ Il M

m,. ,i -, résolu qu'il fu bli '!<• doiniuei et

, tous li "l -i k l( î qui lui barraient la route, de se rendre un maître puis ab olu qu'au un roi légitime h,, l'avait jamais été, et de tain son paya plus redouté ri |ilu> respecté qu'il ne l'avait été depuis bien des néi ations sous le gouvernement de légitin*

L'Angleterre avait déjà i es é aV i ombattre, mail deux autres royaumes qui avai< nt uvei m

Stuaits étaient hostiles ;'« la nouvelle république. U parti des Indépendants était également odieux aux catholiques romains d'Irlande et aux presbytériens d I I. u\ contn mmenl révoltées i ontre Chai l< I

u u, n iinii m, mi l'autoi ité <!<• Chai l< - 11. \| it - tout cédait « la vigueur et I l'habileté deCromwell. Ba quelques mois, il subjugua rirlande comme l'Irlande n'avait jamais été subjuguée pendant les < , ii i les de ii qui b*< laient 1 1 oulés depui !

barquemenl des premiers colons normands. Il nés d< mettre On t < e < < • 1 1 il 1 1 de i ai es et di ons qui

-in .ait si longtemps déchiré l'Ile, en donnant enOn la prédominani e dé( i -> i v. « ■ a l;i population anglaise 1 1 prolestante, v cette fin, il l ich i les rênes i l'enthousi i ( i u. I d< Idats, tii une - semblable i < elles

d'Israël contre les ( ananéens, frappa de l'épée sur les idolâtres .i\«'< on telle force que de grandes cités fun ni

s.ni> lul»it.mK «ii < lus>;i |»lu>it iii> milli.is mii

l, i ontinent, en embarqua plusieurs autr - millû rs poui li . Indes occidentales, et remplit le ?ide <|u'il avait rail 60 \ venant de muiilnru\ • »'l"iis ili m . i ,|r

< royance calvini -i. . I hose eu ang< ad .-n>

de fi r, la nation « onqui i |'it'*srnirr

, r. i >\\, il m de la prospérité. Des districts, qui

; e « lai nt aussi | aux où l<

Ions blani iduGonnecticut luttaient contre les peaux i en qui Iqu I

ci «lu Norfoikt On vit »urgii de toutes parts de nouveau!

bâtiments, de nouvelles routes, de nouvelles plantations. 1 c revenu des terres s'éleva rapidement, et bientôt les propriétaires anglais commencèrent à se plaindre de rencontrer sur chaque marché la concurrence des produits de l'Irlande et à réclamer des lois de protection.

D'Irlande, le chef victorieux qui était maintenant de nom ce qu'il avait longtemps été de fait seulement, lord général des armées de la république, se porta en Ecosse. Le jeune roi s'y trouvait. 11 avait consenti à faire une profession de foi presbytérienne et à souscrire au devenant ; et en échange de ces concessions, les austères puritains qui dominaient à Edimbourg lui avaient permis de prendre la couronne et de tenir sous leur inspection et leur contrôle une cour solennelle et mélancolique. Cette ombre de royauté fut de courte durée. Cromwell anéantit dans deux grandes batailles les forces militaires de l'Ecosse. Charles s'enfuit, et n'échappa qu'avec d'extrêmes difficultés au sort de son père. L'ancien royaume des Stuarts fut réduit pour la première fois à une soumission profonde. Il ne resta aucun vestige de cette indépendance si virilement défendue contre les plus puissants et les plus habiles des Plantagenets. Le parlement anglais fit des lois pour l'Ecosse. Des juges anglais tinrent leurs assises en Ecosse. Cette indomptable Église elle-même, qui a défendu ses prérogatives contre tant de gouvernements, osa à peine faire entendre un murmure.

Jusqu'à ce moment il y avait eu entre les soldats qui subjuguaient l'Irlande et l'Ecosse, et les hommes politiques qui siégeaient à Westminster, au moins une apparence d'harmonie; mais l'alliance qui avait été cimentée par le danger fut dissoute par la victoire. Le parlement oublia qu'il n'était que la créature de l'armée. L'armée était moins disposée que jamais à se soumettre aux ordres du parlement. En réalité, les quelques membres qui composaient ce qu'on appelait avec mépris le croupion de la chambre des communes n'avaient pas plus

i la

do droits de se dire I- i pi ésentants de la nation qui : i liefs militaires. La dispute arriva bientôt ;i un dénoûmeul décisif. Cromwell envahi! I.» i bambre ave« soldats. La président lut arraché de ><>u fauteuil, li masse enlevée «lu Lui-.. m, la salle évacuée el la porte fermée a clef. I ;i nation qui n'aimail aucune des deui parties con tendantes, mais qui éiail (on ée, malgré qu'elle en eût, de respecter la capacité el la résolution d rai, regarda faire avec patience, sinon avec compl

Le i"i, les lords, les communes avaient maintenant il»'- tour a tour vaincus <t détruits, et il semblait que Cromwell restât seul comme l'unique héritier il trois pouvoirs. Cependant certaines limites lui étaient imposées par l'armée, à qui il devait ion immense autorité. I ingulier «'lut en i tnde pai lie comp

de zélés ré pu bl ii ains. Tout i n réduisant leui pays i l\ bcl.»\ > hommes se leurraient de l'idée qu'ils l'éman-

cipaient. Le livre qu'ils vénéraieat avant tout autre leur fournissait un pre\ édenl qui se trouvait souvent dans leur bouche. Il «'lait \iai que la aatioa ignoranti 1 1 u i.it.murmurait contre ses libérateui I ainsi qu'Une autre

nation élue murmurait contre le chef qui l'avait conduite, par de terribles 1 1 pénibles chemins, de la l rre d'esclavage n la terre où coulaient le lait •■! le miel. Cependant ce chel avait s tu\ Drères malgré i ux,

el n'avait pas hésité a faire de terribles exemples de ceux qui méprisaient la liberté qu'il leur offrait, et qui

elt U' ut l' • » iandi - et l< - oignons, I- - opp et les idolâtries de l'Egypte. Le but des saints belliqi qui entouraient Cromwell était l'établissement d'une république libre et religion e. li i prêts & em-

ployei poui » elle (lu , sans auc un si rupul I. s

moyens, quelque violent, cl illégaux qu'ils lu— ut. n n'était donc pas impossible d'établir avoi loui due une monarchie absolue en lait, mais il était probable -u même temps qu'ils retireraient leur appui au «.lui «pu

140 l' ANGLETERRE AVANT LA RESTAURATION.

oserait prendre le nom et la dignité de roi, même avec dos restrictions constitutionnelles.

Les sentiments de Oomwell étaient bien différents . il n'était plus ce qu'il avait été, et il ne serait pas juste de considérer les changements survenus dans ses opinions comme la simple conséquence d'une égoïste ambition. Lorsqu'il vint au long parlement, il n'apportait avec lui, de sa retraite champêtre, que de faibles connaissances, qu'une ignorance absolue des grandes affaires, et un caractère enfiellé par la longue tyrannie du gouvernement et de l'épiscopat. Il avait, pendant les treize années qui suivirent, reçu une éducation politique d'un ordre peu commun ; il avait été un des acteurs principaux d'une longue série de révolutions ; il avait été longtemps l'âme et enfin la tête d'un parti; il avait commandé des armées, gagné des batailles, négocié des traités, subjugué, pacifié, organisé des royaumes. Il eût été étrange que ses idées fussent restées les mêmes qu'à l'époque où son esprit était principalement occupé de ses champs et de sa religion, et où les grands événements qui jetaient de la diversion dans sa vie étaient une foire aux bestiaux ou un meeting de prières à Huntingdon. Il vit que quelques-unes des innovations dont autrefois il était fanatique, qu'elles fussent bonnes ou mauvaises en ellesmêmes, étaient opposées au sentiment général de la nation, et que s'il persévérait à vouloir les faire triompher, il n'avait devant lui que des troubles constants qu'il lui faudrait apaiser par l'usage constant de l'épée. Il désirait donc rétablir, dans toutes ses parties essentielles, cette ancienne constitution que la majorité du peuple avait toujours aimée et vers laquelle elle aspirait encore ardemment. L'entreprise accomplie plus tard par Monk était interdite à Cromwell. Le souvenir d'un jour ter. rible séparait à jamais le grand régicide de la maison des Stuarts. Il ne lui restait d'autre issue que de monter sur le trône lui-même, et de régner conformément à

I \ l;i im M K| I 17

l'ani iennc i onslitiilion anglaise, s'il pouvait ipHr

i dessein, H jMuivaii i li blessures de II tat

déchiré ie fei mei aient « I ni vite. Un gi and

nombre d'hommes honnête - et p *»•■ i dli< i;n« ut

autour de lui. (>u\ des rmalistes qui lite-

aux institutions qu'aux peraoon l'existence

<!<• la royauté qu'au roi Charles I ou ta roi Charles il, viendraient bientôt baiseï la main du roi Olivier. Lea , qui boudaient retirés à laura maisons de catnpu- . et refusaient de prendre part aux affairas publiques, viendraient avec [oie reprendre leurs anciennes fonctions lorsque l'ai te de convoi ttion d'un roi en ■

"•n du pouvoû appellerait a la < hambre 6N -

lords. Northuxnberland et Bedford, Manchester et r

1 aient Pu : - de porter la < ouronne et les éperons, obe 'I ivanl le restaurateur de r Lie. Un aliment de fidélité lierait p< u A pan le peuple .1 li nouvelle dynasti ,età la mort du fond itour • le celle dynastie, la dignité royale pourrait passer d'un consentement général t i ilé.

De l'avii de royalistes les plus intelligents, ce plan s*r même, et si f.n.mwell eut |>u suivre son projet, la dynastie exilée n'aurait jamais et rétablie; mais ce pi in était en opposition directe avec les sentiments d" l.i MMile elasse qu'il craignit de mé< ontentei I

nom de roi était ilé|< ' soldais. ^uehpieS-UnS d'entre

eux lient même i voir l'administration entn

mains d'une seule personne. I i i onde majorité toutefois était di , soutenu le général comme premier ma-

i ii électif d'une république contre toutes lea factions «pu n su t< i n- ni maia elle n'am ail i onsenti i < o qu'il pi il le litre de roi, ni ft < e que i

nité, just de soi i it nnel, fut

lit m- dan sa famille, foui ce qu'il | x ail ' lit de donnet à la nouvelle république nue

constitution ni; i semblable i la constitution delà vieille

1 iS L'ANGLETERRE AVANT LA RESTAURATION.

monarchie que l'armée voudrait le permettre. Afin que son élevât ion au pouvoir ne parût pas être son seul ouvrage, il eoiivoqua'iin conseil composé en partie de personnes sur le concours desquelles il pouvait compter, en partie de personnes dont il pouvait en toute sécurité braver l'opposition. Celte assemblée, qu'il appela parlement, et que la populace surnomma parlement Barebone, du nom d'un de ses membres les plus en vue, après s'être exposée quelque temps au mépris public, remit au général les pouvoirs qu'elle en avait reçus, et le laissa libre de construire un plan de gouvernement.

Son plan eut dès le début une grande ressemblance avec la vieille constitution anglaise, mais au bout de peu d'années, il jugea sans danger d'aller plus avant et de rétablir sous de nouveaux noms et de nouvelles formes presque toutes les pièces et tous les ressorts de l'ancien système. Le titre de roi ne fut pas rétabli, mais les prérogatives royales furent accordées à un lord Grand Protecteur. Le souverain ne fut pas appelé Majesté, mais Altesse: il ne fut pas oint et couronné à l'abbaye de Westminster, mais il fut solennellement intronisé dans la salle de Westminster, ceint du glaive de l'État, vêtu d'une robe de pourpre, et reçut en présent une magnifique Bible. Ses fonctions ne furent point déclarées héréditaires, mais il lui fut permis de désigner son successeur, et personne ne pouvait douter qu'il ne nommât son fils.

Une chambre des communes était une partie nécessaire de la nouvelle constitution. Dans l'établissement de ce corps, le Protecteur montra une sagesse et un esprit public qui ne furent pas justement appréciés par ses contemporains. Les vices du vieux système représentatif, bien qu'ils fussent infiniment moins sérieux alors qu'ils ne le devinrent plus tard, avaient -été déjà remarqués par des hommes pénétrants. Cromwel réforma ce système d'après les mêmes principes que M. Pitt essaya d'appliquer cent trente ans plus tard, et d'après

PROTO rORAl D*OI i\ii i: < ROHWEI I .

I mels de riotre temps nons avons accompli la réforme.

II enleva lenn fran hises aux petits bourgs même > moins d nents qu'en 1 s-i*2. et le noml i représentants des comtés fu! grandement augmenté. Parmi 1rs villes non n-pr. '•-• nlé< > il \ en avail peu ijiiî eussent acquis de Timj orl mce. Les plus considérables de

lai ut Manchestei . I • • Is e( il ilifax; elles

eurent toutes troi d< mis < >u nugmenl

nombre de* niants pour I» capitale. La franchise

électorale fut établie de telle aorte que tout homme bien

établi, qu'il lut ou non proprétaire foncier, eut <lr< »it

de rote pour le comté où il résidait. Quelques l

n quelques-uns des colons anglais établis en Irlande

furent appelés à i lie assemblée, qui devait

faire i Westminster les Ion applicables à tout. s 1rs

|. irtîea des Iles Britanniqu

< réer ans chambre des lords était une tâche moins

e, i i démocratie n*a pas I »« -« »i 1 1 «lu soutien de la

tradition. I a monan hie i souvent vécu hum i e soutien.

Mais un ordre <le patriciens est l'œuvre du temps. Oli-

rier trouvait une nobles existante, opulente,

hautement considérée, • I aussi populaire qu'aristocratie

l'ait jamais et. -.s'il eut, comme roi d'Angleterre, sommé

puis de se réunit au parlement selon l'ancien

lu royaume , beau© up d'entre eux mus doute

auraient répondu à l'appel. Mais il ne pouvait agir ainsi,

lut en vain qu'il offrit aux cm fs des familles illus-

• ..ts dans son nouveau >énat. IU pensaient

qu'ils ne pouvaient lei une nomination dans une

île fraîche date mi^ nier leur n tissant ti.ilnr leur ordre. I •■ Protecteur se Urouvadonc obligé de remplir m chambre haute les hommes nouveaux qui

lient fait remarquer il > «Ici mens ani-

-••il l le entreprise fut la moins heureuse de toutes les Menues et déplut a tous les partis. Les Niveleurs

s irriter, ut coulre lui, paice qu'il instituait une . lasse

i:>0 l'angletbrre avant la restauration.

privilégiée. La multitude, qui respectait et aimait les grands noms historiques du pays, rit à cœur joie d'une chambre des lords où siégeaient des charretiers et des cordonniers, heureux favoris du sort, dans laquelle peu de membres de l'ancienne noblesse avaient été appelés, ei dont s'étaient éloignés avec dédain presque tous ceux qui avaient été invités à y siéger.

Toutefois l'organisation des parlements d'Olivier, qu'elle fût bonne ou mauvaise, avait une mince importance pratique; car il possédait les moyens de diriger l'administration sans leur appui et même en dépit de leur opposition. Son vœu paraît avoir été de gouverner constitutionnellement , de substituer le règne des lois au règne de l'épée. Mais il s'aperçut bientôt que, haï comme il l'était à la fois par les royalistes et parles presbytériens, il n'avait de sécurité que dans l'absolutisme. La première chambre des communes, élue par le peuple, d'après ses ordres, mit en question son autoritéet fut dissoute sans avoir passé un seul acte. Sa deuxième chambre des communes le reconnut comme Protecteur, et l'eût nommé roi de bon cœur, mais elle refusa obstinément de reconnaître ses nouveaux lords. Il ne lui restait plus qu'à dissoudre le parlement. « Que Dieu , s'écria-t-il en les renvoyant, soit juge entre vous et moi. »

Cependant l'administration du Protecteur était toujours aussi ferme malgré ces dissensions. Ces mêmes soldats, qui ne voulaient pas souffrir qu'il prît le titre de roi, se rangeaient à ses côtés lorsqu'il lui arrivait d'oser des actes de pouvoir aussi excessifs que ceux d'aucun autre roi d'Angleterre. Le gouvernement, quoique républicain par la forme, était donc, en réalité, un despotisme tempéré seulement parla sagesse, la mo- <l<Tation et la magnanimité du despote. Le pays fut divisé en districts militaires, et ces districts placés sous te commandement de majors généraux. Tout mouve-

ii d'olîvii iwell. 151

mcnl ii lionnel • i lil prompteraenl réprir/v

puni. La crainte inspin e i uissam c d'uni

l«»i i ipei te, Hum Lit l'audace «I l liera

N leurs i la foi La fidèle gt ntrtj d qu'elle était prèle encore à risquer u tic pour l'ancien gouvernement ci l'ancienn* dynastie, s'il y avait la moindre esp«Tan<r <!•• surré>; mais que h met ■ i l.i tétfi • • i vileurs - l •!•■ >••> Ii'imimts |M»ur

aiïron! i les piques de brij vicl rieuses, ilans « ent

i cent batailles, ne sei virait «|n".i l'ain un sanp innocent et honorable. Lai royatiatei al républicains, n'espérant plus dam la ifuiatanor 60ferte, commencèrent les uns et 1rs aui méditer

d.' noirs projHs d'a-sassinal : mais le Protecteur était bien informé; il veillait sans relâche, et toutes Isa qu'il Bortail dsa DSVS de sou ; dais, U-> rpérs nues el l« - -ijii ;& — # — - dr si»s lidèles 'aidt'N du corps l'entOUraient il»* t<»ui coté d'un épais rempart. S'il «lit été un prince cruel, liconciesa •■( rap

la nation aurait pu puiser du COUrage dan- son iIi'ms-

poir et faire un i ûorl convulsif pour bs délivra de It domination militaire; maislss vexations dont souiTrait le pays, bien qu'excitant un pnéoontantemonl "érfrux, n'étaient pas assez fortes |m »iii | tousser de grandes multitudes « jouer, contre dea chances terribles, leor rie, leur fortune, le bonheur de leurs familles, l 'impôt plus

lourd, a la vérité, » ji i. • -.>u> 1rs Stuarts, était lé(

t-omparativemi ni i l'impôt d< a l taH voisins « t aui ■ioniTis d. r \i,j. ii-rre. La propriété était sure, i a dier qui B'abstei ail de troubler le nouvi I ordre de rhosea pouvait jouit en paix dea débris tune que

nei re < ml»- lui avait lai •■> I - lois n'étaient \mque dans l< ité de la p. i - »nne du

Piolrrleiir - I d.- nu ni ( Lui intéressée.

i juatk i i titre p u 1 1. 1 1 1 1. 1 - était t> ndue avec une exactitude et une intégriu jusqu'alors inconnues. La

persécution religieuse n'avait jamais été aussi faible sous aucun autre gouvernement anglais depuis la réformation. Les malheureux catholiques romains, il est vrai, riaient presque considérés comme indignes de la charité chrétienne; mais il fut permis au clergé déchu de l'Église anglicane de célébrer son culte, à cou* dition qu'il s'abstiendrait de prêcher sur les matières ] oiitiques. Les juifs eux-mêmes, dont le culte public avait toujours été interdit depuis le treizième siècle, furent autorisés à bâtir une synagogue dans la capitale, en dépit de la vive opposition de marchands jaloux et de théologiens fanatiques.

En même temps la politique étrangère du Protecteur arrachait l'approbation de ceux même qui le détestaient le plus. Les Cavaliers ne pouvaient s'empêcher d'exprimer le regret que celui qui avait tant fait pour la renommée du pays ne fût pas un roi légitime. Les républicains étaient forcés d'avouer que le tyran ne permettait à personne, autre qu'à lui, d'opprimer le pays , et que s'il lui avait volé sa liberté , il lui avait au moins donné la gloire en échange. Après un demi-siècle, durant lequel l'Angleterre avait à peine eu plus de poids dans la politique européenne que Venise ou la Saxe, elle devint subitement le plus formidable pouvoir du monde , dicta des termes de paix aux Provinces-Unies , vengea les communes injures de la chrétienté sur les pirates barbaresques , vainquit les Espagnols sur terre et sur mer, s'empara d'une des plus belles îles des Antilles, et acquit sur les côtes de Flandre une forteresse qui consola l'orgueil national de la perte de Calais. Elle domina sur mer. Elle fut à la tête des intérêts protestants. Toutes l's relises réformées, éparses dans les royaumes catholiques romains, reconnurent Cromwell comme leur prolecteur. Les huguenots du Languedoc, les bergers qui, dans les hameaux des Alpes, professaient un pro-

M0T1CTWU1 l»'"' rfll ■'•'• BtOlWBI I .

ntisme pim ancien que celai d'Augsbourg, furent ,i r il>i i de l'oppressioi ta lerrear qa'ins|

son grand nom. l •• p ipe lui-même cher l'humanité* el la m< déi alion nus |»i • h une \<»i\ , qui menaçait raremenl en vain, avait déclaré que ri les hommes de Dieu n'étaient pas favorablement traités, «»n entendrait retentir les canons .in l ii- .m château Saint-Ange. En réalité, il n"> avait rien que Cronrwell • ïit autant de raisons de d< dans

-«»n propre intérêt et celui de sa famille, qu'une religieuse générale en Europe. Dana une telle gu< rre, il aurait été le capiUine des armées proies! ni L œur de la nation anglaise aui ait él b vict<

auraient été saluées avec un enthousiasme unanime, in- '.(tmiii mu |>;i\s depuis la déroute de l'Armada, et au-

ii effacé li tache qu'un seul acte, condamné la voix générale de la nation, -i laissée sur sa splendide

immée. Malheureusement pour lui , il n*eot I « asion le déplo] admirables talents militaires «in''

contre les habitants des Iles Britanniqw

I nit qu'il vécut, son pouvoir se maintint ferme, objet il • l'av( rsion, de l'admiration et <1<' la terreur de ses sujets. Peu d'entre eux, il est vrai, aimaient son gouvernen

« i n\ i|in le «I ut, le <l nt moins qu'ils

ne le 1 1 aignaient. S ivei nement eût été pire, il

eût peùt-êtn été renversé en dépit de toute sa force; s'il eût été plus faible, il eût été i ertainemenl renv( i dépit de tous ses mérites; mais il était asseï modéré [tout s'abstenir de ces oppressions qui poussant l«»s hommes à la folie furieuse, et il >\ ni une force et une éner-

que personne, si ce n'est des fous devenus furieux par oppression, n'aui ail oaé la ai

On a souvent affirmé, mais selon toute apparem peu de raison, qu'Olivier mourul en U mp* opportun pour

enommée, ot que si sa y ie se fût proloi serait terminée probablement dans la honte H les

i.m l'awgleterre avant la restauration astres. Ce qui est certain, c'est qu'il fut jusqu'à la fin respecté de ses soldats, obéi par la population entière des îles Britanniques, redouté par tous les pouvoirs étrangers, qu'il fut enseveli parmi les anciens souverains de l'Angleterre avec une pompe funèbre telle que Londres n'en avait pas encore vue, et que son fils Richard lui succédé aussi paisiblement que jamais prince de Galles succéda à un roi d'Angleterre.

Pendant cinq mois l'administration de Richard Cromwel! marcha si tranquillement et si régulièrement, que toute l'Europe le crut solidement établi au pouvoir. Dans le fait, sa situation offrait, à quelques égards, plus d'avantages que celle de son père. Le jeune homme ne s'était pas fait d'ennemis. Ses mains n'étaient pas tachées du sang de ses concitoyens). Les Cavaliers eux-mêmes le tenaient pour un gentleman honnête et d'un bon naturel. Le parti presbytérien, puissant à la fois par le nombre et par la richesse, avait été en guerre ouverte et mortelle avec le dernier Protecteur, mais était disposé favorablement pour le nouveau. Ce parti avait toujours désiré voir rétablir l'ancienne organisation civile du royaume, seulement plus clairement définie et avec quelques garanties plus fortes pour les libertés publiques; mais il avait des raisons nombreuses de redouter le rétablissement de l'ancienne dynastie. Richard était l'homme des politiques de cette catégorie. Son humanité, sa candeur, sa modestie, la médiocrité de ses talents, la docilité avec laquelle il se soumettait à la direction des permîmes plus sages que lui, le rendaient admirablement propre à être le chef d'une monarchie limitée.

11 sembla, pendant un moment, extrêmement probable qu'il pourrait accomplir, sous la direction d'habiles conseillers, ce que son père avait en vain tenté. Un parlement fut convoqué, selon l'ancien système. Les petits bourgs, à qui leurs franchises avaient été enlevées, regagnèrenl leurs privilèges; Manchester,

MCHAI Mil..

I U , .m Halifax « r>srr«-nl il des r<

lants, 1 t !«■ comté d'York lut de nouv< mi réduit > deux

députée. Il peul sembler éti inge i qui

,i été excitée presque jusqu'à la folie pai li question de li réfoi ni'' pai lementaire . que les grands coi et les ji andes villes «eut soumis I ment

patierx e i t même avec i oropl bien

que les hommes réfléchis eussent discerné, mên cette époque, les vices du vieux système représentatif, et préva que ces vices entraîneraient tut ou lard un mal pratique sérieux, ce mal ne B'élail pas ei fait sentir. D'un autre <"!'•. le système représ ntatil d'Olivier, bien que fondé sur les plu- solides prin< i| n'étail |».i- populaire. L - événements qui lui avaient donné naissance el les effets qu'il avait produits concoui. H' ut ensemble à m. il dispoeei les esprits « ■; n or.

II était né de la violence militaire, et il n'avait rien

ndré que des disputes. La nation «-t .1 1 1 i ttiguée du gouvernement de l'épée et aspirait an gouvernement <!»• la loi. 1 * ti conséquent, la restauration mém< des inomaliesel des abus qui étaient strictement conformes .i la loi, et <jni av. lient i ié détruits pai l '• | ita une

satisfaction générale.

D m- la < hambre des communes, il j ivail une fi opposition, con n pai lie de républii .nn> .i\.>

en partie de royali hés; in lis en n vanche une

forte et fei me majoi it»' semblait favoral de

faire revivre la vieille constitution bous une nouvelle dynastie. Richard rut solennellement reconnu comme premiei ma le la i publiqui I ommunes i

s. iitn. ut non-seulement h dirigei I- - iil lin les

lords nommés par < Hh ii i . mm mirent un »

ut aux nobles qui, il. m- les dei niei 5 Iroub sV ! unit rangés du côté d< - lib liés publiques, le d de siégei dans la chambre haute du parlement iioiiNt II»* nomination.

[56 l'Angleterre ayant la restauration.

Jusque-là les hommes d'État dont Richard prenait 1rs avis avaient réussi. Presque toutes les parties du gouvernement étaient constituées maintenant comme elles l'étaient au commencement de la guerre civile. Si Protecteur et le parlement avaient pu marcher ainsi sans obstacles , il est hors de doute qu'un ordre de choses semblable à celui qui, plus tard, s'établit sous la maison de Hanovre, se serait établi, dès cette époque, sous la maison de Cromwell ; mais il y avait dans l'État un pouvoir très-suffisant pour déjouer les plans du Protecteur et du parlement réunis. Richard n'avait sur les soldats d'autre autorité que celle qu'il tirait du grand nom dont il était l'héritier; il ne les avait jamais menés à la victoire, il n'avait même jamais porté les armes. Tous ses goûts et toutes ses habitudes étaient pacifiques. Se? opinions et ses sentiments en matière religieuse n'avaient pas l'approbation des saints militaires. Il était un homme excellent, il en donna de meilleures preuves que de profonds soupirs ou de longs sermons, il le prouva par son humilité et sa douceur, lorsqu'il fut au faite des grandeurs humaines, par sa gaie résignalion au milieu d'infortunes et d'injustices cruelles; mais l'argot religieux, alors parlé dans tout corps de garde, lui inspirait un dégoût qu'il n'a\ait pas toujours la prudence de cacher. Les officiers, qui exerçaient la plus grande influence sur les troupes établies auprès de Londres, n'étaient point ses amis. Ces officiers étaient des hommes distingués par leur valeur et leur conduite sur le champ de bataille, mais dépourvus de cette sagesse et de ce courage civil si remarquables chez leur ancien chef. Quelques-uns d'entre eux étaient d'honnêtes, mais <l«' fanatiques Indépendants et républicains. Fleetwood était le représentant de cette dernière classe. D'autres étaient impatients d'être ce qu'Olivier avait été. Sa rapide élévation, sa prospérité et sa gloire, son inauguration dans la salle de Westminster, ses somptueuses

i;i. n \i.i. . KOMVI I i •

»l >-••«! ii« ■ - il-ni- I abb iyc avaient enfl immé l< m imaginalion. Il- étaient dus i bi< n nés <|ii'- lui et aussi bi< n élevée : ils im pouvaienl pas comprendre pourquoi \\> ne seraient pas dignes eus aussi de p lia la robe île

I i («if « i de tenir \'r\» c de i ursuivaienl

l'objet de leur étrange ambition, non comme lui .i\>. I> iiii-iii e , > igilanu ité et détei mination , n

avec l'activité inquiète et l'h résolution <jui caractéri l.i médiocrité ambitieuse. D I utes les faibles copies de ce grand original, Lambeii était le plus remarquable.

i le jour même de l'avènement de Richard, les • •il ii iers commencèrent a conspirer contre leui nouveau tu ittre. l.i bonne intelligence qui existai! entre le Prolecteur -i son parlement hâta le momenl de la crise. L'alarme H le ressentiment < i« |> aiidircutdanslecamp. ! ntiments religieux et militaires de l'aj mée se trouvaient du même i"ii|> profondément blessés. Il semblait que les Indépendants allaient être soumis aux Presbytériens, et les hommes d'épée aux hommes de i l ne coalition s1, forma entre les mécontents militaires et l.i minorité républicaine de la chambre des communos. Il i st douteux • i"'* 'ih herd ,,nl I"1 triompher de . ette • oalition , quand bit n même il eût h< i ité «lu courage de fer et du jugement si net de son p mais il est certain que la simplicité et la douceur n'étaient pas les qualités nécessaires dans de telles circonstances. 41 tomba sans gloii ns aucune tentative île résistance, i armée l'on servit comme d'un instrument pour ac iplir la dissolution du parla

puis le mit dédaigneusement de côté. Les officiers, pour

i< moigner leur gratitudi à leui - alliés répubta ains,

(I. nei.nl que l'expulsion «lu parlement croupion avait

illégale, et invitèrent cette assemblée à reprendre

fonctions, l 'ancien président et un nombre suffisant

des anciens membn émurent» et furent proclamés

i. Il

au milieu des rires très-peu retenus et de l'exécration de la nation entière, le suprême pouvoir de l'État. Il fut en même temps expressément déclaré qu'il n'y aurait pas de premier magistrat, ni de chambre des lords.

Mais cet état de choses ne pouvait durer. Le jour même de la résurrection du long parlement vit ressusciter en même temps la vieille querelle de ce parlement avec l'armée. Le parlement croupion oublia encore une fois qu'il devait de nouveau son existence au bon plaisir des soldats, et recommença à les traiter comme des sujets. Les portes de la chambre des communes furent de nouveau fermées par la violence militaire, et un gouvernement provisoire, nommé par les officiers, prit la direction des affaires.

Pendant ce temps, le sentiment de grands maux, et la vive crainte de maux plus grands encore et très-prochains, avaient fini par produire une alliance entre les Cavaliers et les Presbytériens. Quelques Presbytériens avaient, il est vrai, été disposés à une semblable alliance même avant la mort de Charles Ier; mais ce ne fut qu'après la chute de Richard Cromwell que le parti entier commença à se passionner pour la restauration de la maison royale. On ne pouvait plus entretenir raisonnablement l'espérance de voir rétablir sous une nouvelle dynastie la vieille constitution. Il fallait choisir entre les Stuarts et l'armée. La famille bannie avait commis de grandes fautes, mais elle avait chèrement expié ces fautes, et avait reçu une longue, et, on pouvait l'espérer, salutaire instruction à l'école de* l'adversité. 11 était probable que Charles II aurait tiré du sort de Charles Ier un terrible enseignement; mais après tout, les dangers qui menaçaient la nation étaient tels qu'il valait bien la peine, pour les détourner, de compromettre quelques opinions et de courir quelques risques. 11 n'était que trop probable que l'Angleterre allait tomber sous la plus odieuse et la plus dégradante de toutes les formes de H;<Mivernernent, sous un- gouvernement unissant tous les

k. r MI« 189

m ni\ du despotisme ■ loua le* nsaax -I. ranarctû . roui

ible m joug d'une succession di pabl re élevés au pouvoir, comme I

Barbarie, par des révolutions milita venante de

courts intervalles. Lamberl aei lil fraisemblablemenl le premiei de ivernants, mais au b >ut d'un '

! ei i devrai! i édei la pi* e k Deab >n ugh, 1 1 De bo li

a Harrison. Chaque fois que le bâton «lu eoauiiûndo-

1 i ail d'une d libles m tin à une autre,

h ii:iii<m sérail mise au pill ifler les

troupes de nouveaui dons de joyeux avènement. si les

latent obstinément listes, l'État était perdu, et on pouvail même douter qu'il pût 6ti d sauvé : éunis l P

• . dis! bal liants de l'Ile entière étaient

la ci unie de nvincible ai tva-

j, instruits ni batailles de l*impuissan< •• du

nombre la dis< ipline, étaient eni ore plus eomplé-

temenl attei rés que les Têtes roui

nt que les sold tèrenl unis, tous les i om|

et tous les toulèvements des mécontents eflet. Mais, quelques jours après la * onde expulsion «lu parlement croupion^ arrivèrent des nouvelles propi

uir tous les i osui attaché la mou. m hic, soit

A la libei lé. Cette force pu . qui «lui int tant d'an-

1 1 1111111 •• un seul homme et qui, pendant

lout 'le temps de son union, avait toujours été irrésistible,

I enfin <li\ isée < ontre elle-même, l " n m i avait rendu do grands la république, el

dans l<s meilleures conditions d Ile n'avait pas

ix dernières révolut s, et elle I

vues avec une indignation pareille i « M que les romaines, c impees sui h du Danube ou

de l'Fuph rate, ressentaient en apprenant que l'empire avait éli tux cm lu rcs p

Il « t ni intolérable (pie «l iments , par 1 1

seule raison qu'ils étaient cantonnes près de Westminster, pussent à leur fantaisie faire ou défaire plusieurs gouvernements dans l'espace de six mois. S'il était convenable que l'État fût gouverné par l'armée, les soldats qui maintenaient l'ascendant de l'Angleterre au nord du Tweed avaient aussi bien droit à émettre leur voix que la garnison de la Tour de Londres. Il semble qu'il y ait eu moins de fanatisme parmi les troupes stationnées en Ecosse que dans le reste de l'armée, et leur général, George Monk, était tout l'opposé d'un bigot. Il avait , au commencement de la guerre civile, porté les armes en faveur du roi, avait été fait prisonnier par les Têtes rondes , avait alors accepté une commission militaire du parlement; et, avec de très-minces prétentions à la sainteté, s'était élevé par son courage et son habileté dans sa profession à di hauts commandements. Il avait été pour les deux Protecteurs un utile serviteur , avait tranquillement fait adhésion lorsque les officiers chassèrent Richard, et l'établirent le long parlement à Westminster, et aurait peut-être adhéré aussi paisiblement à la seconde expulsion du long parlement, si le gouvernement provisoire s'était abstenu de lui donner des motifs de mécontentement et de crainte. Car sa nature était prudente et quelque peu apathique , et il n'était pas disposé à hasarder des avantages surs et modérés pour courir la chance d'obtenir même les plus splendides succès. Il semble avoir été poussé à attaquer les nouveaux chefs de la république moins par l'espoir de grandit', s'il les renversait, que par la crainte de n'être pas en sûreté s'il se soumettait à eux. Quels que fussent ses motifs, il se déclara le champion du pouvoir civil opprimé, refusa de reconnaître l'autorité usurpée du gouvernement provisoire, et marcha sur l'Angleterre à la tête de sept mille vétérans.

Cette détermination fut le signal d'une explosion gê-

GEORGI Mu\k. I 0 1

n-'i île. Pu tout le p »nplc refu ta de payci les I i •

appi entis de li < il inblèi Mil pai milliei

mandèrent à grands cria un libre parlement. La flotte

onta li Tamise, • I se d< ntre la t\i annie des

wlriats. \< soldats, de leui côté, qui n'étaient pins

imis .m contrôle d'un espi il dominateui , se «li\ is< en factions. Chaque régiment, dans la crainte d'être laissé seul et abandonné à la vengeance «!«• la nation opprimée, se bâtait de faire séparément m pin avec elle. Lambert, qui avait marché en toute bâte A la rencontre de l'année d'É osse, fut abandonné par ses troupes et fait prisonnier. Pendant treise m>, le potrvoii • i\il avait, dans i"ih les conflits, été forcé de « pouvoir militaire; Le pouvoir militaire s'humiliait maintenant devant le pouvoir civil. Le parlement croup

éralement bal et méprisé, mais le teul corps politique dans le pays <|ui • ùt encore une ombre d'autorité

île, revint '!«• nouveau à la chambre, d'où il avait

deux fois « :hassé ignominieusement.

Pendant < e temps, Monk avançait ven i ondres. Partout où il passait, la gentry se pressait autour do lui, le suppliant d'user il<- son pouvoir pour rendre la paii et 1 1 libei tte nation déchira i général, froid, t.u i-

turne, n'ayant de passion pour aucune religion ni pour .un une cause politique, se maintenait dans une impénétrable réserve. Quel était son plan, et même en avait-il un à cette époqu l lonl là des questions incertaines et douteu es. Son but prin< ipal probablement était de conserver aussi longtemps que 'possible la liberté de choisi i entre différentes ligru s de - omluite. l'elle est d'aiHnirs ordinairement la politique des hommes qui comme lui sa distinguent plutôt par la i u« onspa lion que par la i lair* \n\auee. < •• ne lut probablement que plusieurs jours .« | »! «s son ;im\ée il;m> l.i ea|»it;il«' qu'il prit 108 parti. I

in «lu peuple entiei appelait un libre [larlcment, et il n'était pas douteux qu'un parlement réellement htm'

rappellerait immédiatement la famille exilée. Le parlement croupion et les soldats étaient encore hostiles à la maison des Stuarts; mais le parlement croupion était universellement détesté et méprisé. Le pouvoir des soldais était encore formidable; à la vérité, mais il avait été grandement affaibli par la discorde. Les soldats n'avaient pas de chefs. Récemment, dans diverses parties du pays, ils avaient pris les armes les uns contre les autres. Le jour même où Monk était arrivé à Londres, il y avait eu un combat dans le Strand, entre la cavalerie et l'infanterie. Une armée unie avait longtemps comprimé une natioiî divisée, mais la nation était maintenant unie et l'armée divisée.

Pendant quelque temps, la dissimulation ou l'irrésolution de Monk tint tous les partis dans un état de pénible attente; enfin il rompit le silence et se déclara pour un libre parlement.

Aussitôt que sa déclaration fut connue, la nation entière devint folle de joie. Partout où il paraissait , des milliers d'hommes l'entouraient, l'applaudissant et bénissant son nom. Les cloches de toute l'Angleterre sonnèrent joyeusement, Y aie coula dans les ruisseaux et plusieurs nuits de suite, le ciel à une distance de cinq milles autour de Londres fut éclairé des reflets rouges, d'innombrables feux de joie. Les membres presbytériens! de la chambre des communes, qui, quelques années auparavant, avaient été chassés par l'armée, revinrent prendre leurs sièges et furent salués 'par les acclamations des multitudes qui remplissaient la salle de Westminster et la cour du Palais. Les chefs indépendants n'osaient plus se montrer dans les rues et étaient à peine en sûreté dans leurs demeures. Des mesures de précaution temporaires furent prises par le gouvern< înnit; des ordres furent donnés pour une élection générale, et alors ce mémorable parlement qui, pendant vm-t années remplies d'événements, avait éprouvé une

ro\vnr\Tin\ tù \ LIBM PÀW rvrs 1 . 169

fortune i div< i se, «pi i .-n mphé d< ion wave-

pain, <|iii ,i\,iii I et humilié ; riteurs,

(jui ;t\:tit été 1 1» 1 1 \ fois < h i , h déni fois rétabli, décréta solennellement sa propre dis olution.

l e résultat d * élections réj ondit qu'on pouvait

attendre des dispositions de 1 1 I nouvelle

chambre fut composée, à quelque plions près, de

dévouées '1 la famille roj de. 1 Pi ■ ••■ U foi mèrent la majorité.

Qu il \ aurait ime restauration, cela semblait maintenant i peu près certain; mais j'accooaplirait-elle | fiquement, c'était là le sujet de doutes pénibles, i soldats étaii rit dans une humeuT sombre et sauvage. Ils détestaient le titre de roi, il- détest lient le nom Stuai i-, ils iu( oup le presbytéi ianisme et

encore davantage l'épiscopat. Ilsvoyaienl svei m indignation s'ap] hei le terme de leur Inique domination 1 1 s'avancei en même temps pour eni une nouvelle vie, vie de pénurie et de travail sans gloire, ilattribuaient leur mauvaise fortune b la faiblesse de .m- de leurs généraux, i la trahison de certains autres. Une heure de la vie de leui bien-aimé Olivier aurait suffi même à ce moment pour leur ren loire

qui les fuyait. Trahis, désunis, sans chefs auxquels ils pussent nt cependant em ore redou-

labli l n'était pas une petite chose que d'affront ri I.- désespoir • !»• cinquante mille hommes an dont l'ennemi n'avait jamais vu les talons, ftfonk et hommes bvi i qui il concertiit ses m lions com i,i parfaitement i«»us le • dangei - de I il- em-

ployèrent toute espèce d'art ilices \hmu apaiser et diviser les soldats mécontents. En menu temps on prit de vigoureuses mesures pour le i as d'un conflit. I ' n • I l i osse, m. uni. -n. mi cantonn in!. , fut ntretenue dans ses bonnes dispositions par des séductions,

des llill'N. , îles |t|«»lil'--fs. |,v rilnyt'lis I li h. > ik

refusaient rien à un habit rouge, et étaient môme si prodigues de leur meilleur vin, que bon nombre de ees saints belliqueux étaient vus maintes fois dans un état qui ne faisait honneur ni à leur caractère religieux, ni à leur caractère politique. Monk s'aventura à licencier quelques régiments réfractaires. En même temps, le gouvernement provisoire, soutenu par l'aide zélé des magistrats et des citoyens, faisait les plus grands efforts pour organiser la milice. Dans chaque comté les milices bourgeoises se tenaient prêtes à marcher, et cette force ne peut pas être estimée moindre de cent vingt mille hommes. Vingt mille citoyens, bien armés et bien équipés, passés en pevue dans Hyde Park , montrèrent des dispositions qui justifiaient l'espérance qu'ils sauraient combattre vigoureusement en cas de besoin pour leurs boutiques et leurs foyers. La flotte était unie de cœur à la nation. Ce fut un moment plein d'émotion, un moment d'anxiété et pourtant d'espérance. L'opinion dominante était que l'Angleterre serait délivrée, mais non sans une lutte sanglante et désespérée toutefois, et que la classe d'hommes qui avait longtemps gouverné par l'épée périrait par l'épée.

Heureusement, les dangers d'un conflit furent détournés. Il y eut cependant un moment d'extrême péril. Lambert s'échappa de sa prison et appela ses camarades aux armes : la flamme de la guerre civile fut immédiatement rallumée; mais, grâce à des efforts prompts et vigoureux, elle fut éteinte avant qu'elle eût eu le temps de propager l'incendie. Le malheureux imitateur de Oomwell fut fait de nouveau prisonnier. L'insuccès de son entreprise abattit le courage des soldats, et ils se résignèrent tristement à leur destinée.

Le nouveau parlement, qui, ayant été convoqué sans lettres royales , est mieux nommé du nom de convention, se réunit à Westminster. Les lords rentrèrent dans cette salle d'où ils avaient été tenus éloignés par la force pendant plus de onze ans. Les deux chambres

LA RESTAI I-. m '■ !'•••

invitèrent le roi à revenir dans son pays. Il fat procl avec une pompe inconnue jusqu'alors. Une H"tt< brillante le transpoi la <i<- la Hollande sui lu Kent i oraoju'il débarqua, des millier* de spectateurs, va presque loua des larmes de joie, couvrais ni les fal uses de Douvres. l< voyage i Londres fui nn continuel triomphe. Toute la route, depuis Rochester, était verte de baraques et de tentes et ress mblail à une interminable foire. Partoul les drapeaux bottaient; partout résonnaient les cloches et la musique; partoul 1«' un 1 1 Valet m i l.i ii 'ut ftflote à la santé de celui dont le retour était le retour de la paix, de la l"i et de la liberté. Mai milieu «I»- la )«>i.- générale, un point noir présentait un aspect menaçant. A Blackhealh, l'année .i\,ni été rai en ligne pour saluer le souverain. Le roi sourit, s*inclina el présenta gracieusement ^a main aux lèvres <1»,; colonels el des majors. Toute sa politesse fut vaine. i.i contenance <!<•> soldats était triste et menaçante, <-t eussent donné cours à leurs sentiments, la fête pompem • à laquelle ils prenaient part avec répugnance aurait

eu une lugul t sanglante On. Mais il n\ ,,\ ut entre

eux aucune entente. I a discorde et la défection i sur avaient enlevé toute confiance en leurs chefs, toute i -'nfiance réciproque les uns dans les antres. Ls milice entière de la cité de Londres était sous les arnu , D nombn u mpagnii tient rassembla - de imb

les points du royaume et étaient venues, sous le commandement de nobles et d'hommes dévoués, iv<v\<>ir le roi. Ce i tnd jour se termina en paix, et le fugitil rappelé wx\m fuvté dans le palais d< n< ôtr a

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