CHAPITRE II
Conduite injustement critiquée des hommes qui rétablirent la maison dej Stuarts — Les fiefs cessent d'être soumis à l'impôt militaire. —Licenciement de l'armée. — Réveil des querelles entre les Cavaliers et les Tètes rondes.
— Dissensions religieuses. — Impopularité des Puritains. — Caractère de Charles II. — Caractères du duc d'York et du comte de Clarendon. — Élections générales de 1661. — Violence des Cavaliers dans le nouveau parlement — Persécution des Puritains. — Zèle de l'Église pour la monarchie héréditaire. — Changements dans les mœurs de la société.— Corruption des hommes d'État de cette époque. — État de l'Ecosse — État de l'Irlande. — Le gouvernement devient impopulaire en Angleterre. — Guerre avec les Hollandais. — Opposition dans la chambre des communes.
— Chute de Clarendon. — État de la politique européenne et ascendant de la France. — Caractère de Louis XIV. — La triple alliance. - Le Parti du Pays. — Relations entre Charles II et la France. — Vues de Louis XIV relativement à l'Angleterre. —Traité de Douvres. — Nature du cabinet anglais.
— La Cabale — L'Échiquier suspend ses payements. — Guerre avec les Provinces-Unies et leur extrême danger. — Guillaume, prince d'Orange. — Le parlement se réunit. — Déclaration d'indulgence, elle est repoussée et l'acte du Test adopté. — La Cabale dissoute. — Paix avec les Provinces- Cuics. — Administration de Danby. — Situation embarrassante du Parti du Pays. — Intrigues de ce parti avec l'ambassade française. — Paix de Niiiiègue. — Violent mécontentement en Angleterre. — Chute de Danby.
— Le complot papiste. — Premières élections générales de 1679.— Violence de la nouvelle chambre des communes. — Temple et son plan de gouvernement. — Caractère d'Halifax. — Caractère de Sunderland. — Prorogation du parlement. — Acte de VHabeas corpus. — Secondes élections générales de 1679. — Popularité de Monmouth. — Lawrence Hyde. — Sidney Godolpliin. — Violences des factions au sujet du bill d'exclusion. — Origine des noms de Whig et de Tory. — Réunion du parlement. — Le bill d'exclusion passe à la chambre des communes. — Il est rejeté par la chambre des lords.
— Exécution de Stafford. — Élections générales de 1681. — Réunion du parlement à Oxford; il est dissous. — Réaction tory. — Persécution des Wbigs. — La charte de la cité supprimée. — Conspirations whigs. — Elles
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I — Mat ,1
tu mon II.
L'histoire de PAnglelciTC p ndant le dix-septième le i -t rhisloire <l«' la transfi i d'une mon u-
chie limitée, constituée <l en une monar< liie Limitée confoi iro i i el él il d< plus .in incé, où ; ges publiques ne peuvenl pas être
plus longtemps support u les revenus de la cou-
ronne, et où la défense publique n<' peul |u> être cou plus longtemps a une mili< e féodale. x \ vu que
les hommes politiques <nn se trouvaienl à la léte «lu long p u lement .t\ lient, en 16 »i, fait d< pour accomplir cechd ut, en transférant directe-
iiKiit el formellement aux états du royaume le i li"i^ ministn ommandement <l«- rarmée el la surveil-
lant '• de l'administration exé< ni i\ < • loul enti l plan él lit peut-être !<• meilleur qu'il fûl possibli combine! .ilm^; hkiïs il fut complétemenl dérange pai 1 1 direction que prit la guei n ch île. 1 1 - chaml triomphèrent, il est vrai, mais seulement après une lutte «pli les mit dans 1 1 né< i »sité d'apj elei i la vie un pouvoir qu'elles ne pun ut itro q
bientôt à dominei toutes les classes et I partis.
Pendant un certain lemps, les maux inséparables du
vernement militaire furent, jusqu'à un 1 1 1 tain p miligi pai la l la magnanimité du gi ind
homme qui exerçait le suprême pouvoir; mais lorsque l'( pée qu'il avait tenue avi i foi nvec une én< i gie loujoui - guidée pai !<■ bon u us i ralemenl m m nature, eut p i
des capitaines qui n<' | eut ni & - talents, ni
vertus, H sembla trop probable que l'ordre et la li! allaient périr dans une même et ignominii use ruine, tic ruine heureusement fut éviU e. L ôci ivaiiu
zélés pour l:i liberté ont eu la trop constante habitude de représenter la Restauration comme un événement désastreux, et de condamner la folie ou la bassesse de cette convention, qui rappela la famille royale sans exiger de nouvelles garanties contre une mauvaise administration possible. Ceux qui tiennent ce langage ne comprennent pas la nature réelle de la crise qui suivit la déposition de Richard Cromwell. L'Angleterre était en danger imminent de tomber sous la tyrannie d'une succession de nains, élevés et renversés par le caprice militaire. Délivrer le pays de la domination des soldats était le premier but de tout patriote éclairé ; mais c'était là un but que les hommes les plus confiants ne pouvaient guère espérer d'atteindre tant que l'armée resterait unie. Tout à coup un rayon d'espoir apparut; l'armée se divisa ; général contre général, régiment contre régiment. La destinée future de la nation dépendait de l'usage qu'on ferait d'un instant propice. Nos ancêtres firent un bon usage de cet instant. Ils oublièrent les vieilles injures, mirent de côté les scrupules mesquins, ajournèrent à une saison plus convenable toute dispute sur les réformes que demandait notre constitution, et s'unirent fortement, Cavaliers et Tètes rondes, Épiscopaux et Presbytériens, pour sauver les vieilles lois du pays du despotisme militaire. L'exacte répartition du pouvoir entre le roi, les lords et les communes, pouvait bien être ajournée, sans inconvénient, jusqu'à ce que la question de savoir si l'Angleterre serait gouvernée par un roi, des lords et des communes, ou par des cuirassiers et des lanciers, eût été résolue. Si les hommes d'État de la convention avaient suivi une autre ligne de conduite, s'ils avaient longuement discuté sur les principes du gouvernement, s'ils avaient esquissé une nouvelle constitution et l'avaient envoyée à Charles, si des conférences avaient été ouvertes et si des courriers avaient passé et repassé pendant plusieurs semaines de Westminster aux Pays-Bas, porteurs de projets et
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de contre-projets, des réponses de 1 1 n < 1 * et d< - conta réponses de Prynne, la coalition d'où dépendail la
irité publique aurait été dissoute; les Presbytéri 1 1 les royalisti - se - raii ni i ertainement querellés, les i.i Lions militai] enl pi ul i I , el
les amis malavisés de la liberté auraient pu longtemps
itter, bous un gouvernement pire «pi'' celui du pire sin.ni, roccasion prospère qu'ils avai< m laissé fuir.
La vieille organisation politique fui i # ; .* 1 »l i« -, du consentement général des deui grands partis, «t redevint i lactement ce qu'elle était dix-huit ans auparavant, lorsque le roi Charles Ier soi lit de sa capitale. Tous les a< tes du
parlement qui avaient reçu la sanction royale furent déclarés |">- lédei encore force de loi. Une nouvelle con-
iion, < oncession qui intt I iliers beau p
l»lu> encore que les Têtes rondes, tut aisément obtenue du roi. Les flefs militaires avaient été originairement créés comme moyen «!«' défense nationale; mais par I'efle1 du irinji-, tout ce qu'il > avait d'utile «lui- < . lie institution ,i\.iit disparu, el il n'en restai! plus que des
mornes .i des vexations. Un propriétaire foncier qui i ! i nii'- propriété bous condition de service mi-
litaire i I.i couronne, — el la plus grande partie «1" anglais était possédée auditions, — devait payei
un droit \;< in i nli.nit m |MKsrs>inii. Il ne |>ou-
\,ni pas aliéner un a ul ai re de sa propriété sans a< hcli i une autorisai ion. L<>is<ju'às;i ni* »rl m -s domain» s |..i>s.ut'iit a un enfant, le souverain était tuteui et i\ ut le droit, non-seulement de loucher une grande partie o\ venus pendant la minorité '!<• Penfant , mais en< d'eiigei . ous peine <!<• lourdes amendes, que son pupille épousât une personne d'un r.m conformi Bien. La jniiiciii.il.' amorce qui attirail b la i our un besoigneus sycophante était l'espoir d'obtenu , < n récompense d( vilité «i de sa (laiterie, une recommandation royale pour une héi itièi I ivaicnl p 1 1
avec la monarchie; et le vœu de tout gentilhomme propriétaire du royaume était de ne pas les voir renaître avec elle. Ils furent donc abolis solennellement par statut, et on ne laissa subsister aucuns restes des anciens services de la chevalerie, excepté ces services honorifiques qui sont encore, aux époques de couronnement, rendus à la personne du souverain par quelques grands seigneurs.
Il fallait maintenant licencier les troupes. Cinquante mille hommes accoutumés à la profession des armes furent d'un seul coup jetés sur' le pavé, et l'expérience semblait autoriser à penser que ce changement allait produire de grandes misères et de grands crimes, qu'on rencontrerait, mendiant dans chaque rue, ces vétérans licenciés qui, peut-être, seraient poussés au pillage par la faim. Rien de semblable n'arriva. Quelques mois après rien n'indiquait que la plus formidable armée du monde venait d'être absorbée dans la masse de la nation. Les royalistes eux-mêmes confessèrent que, dans tous les genres d'honnête industrie, les soldats licenciés prospéraient plus que d'autres; que pas un seul ne fut accusé de vol ou de brigandage; qu'on n'en vit mendier aucun; et que," si quelque part un boulanger, un maçon, un charretier, se faisait remarquer par son activité ou sa tempérance, il était de toute probabilité que cet homme était un des vieux soldats de Cromwell.
La tyrannie militaire avait cessé ; mais elle avait laissé dans l'esprit public des souvenirs profonds et durables. Le nom d'armée permanente fut longtemps en horreur, et il est remarquable que ce sentiment était encore plus vif chez les Cavaliers que chez les Tètes rondes. On doit considérer comme une circonstance heureuse que lorsque, pour la première et la dernière fois, notre pays fut gouverné par l'épée, cette épée ait été tenue par les mains, non des princes légitimes, mais des rebelles qui tuèrent le roi et abattirent l'Église. Si un prince ayant d'aussi
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' 11 ijiir < li. h l.-> (\ lit i itnimariflf'* uno i
bonne année que tfellc de Croniwell, il \ aurail eu peu que les libei ti de l'Ai >"-
. Heureusement cel instrument, qui ieul |""< rendre absolue la monan nie, dcvinl un objet d'horreui etdi L au parti monarchique, et continua longtemps
ié, dans l'imagination d< - roj iliste
opaux, ava li i bouvi nirs <lu ré çicidc « i en plein vent. Un siècle après 1 1 m< imwell,
Toi tes continuaient encore à se récrier contre chaque a î . i ntation de l'ai an hanter les louai
d'une milice nationale. Même en 178Ô, un minisl qui les Toi iesaci ordaient une confiance peu commune ne put jamais vaincre leur aversion poui son projet de fortifier la i li révolution française vint im-
primer à leurs raintes une nouvelle direction, ils ne q| pas i quelque*déplaisir à l;i néo ssité d'une ai mée permanente.
i.i coalition qui avait opéré la restauration disparut avec le danger qui l'avait Lut nature, et les d< ni partis hostiles apparurent bientôt an présence, et prêts a lut*
roue deux, i la vi dent à penser qu'il
il bon d'infliger un châtiment à quelques malheureux qui étaient ■ ce moment l'objet d'une haine presque universelle. Cromwell n'était plus, et eato qni avaient fui devant lui furent bien forcés de j'en U nir .'i l.i miséi ablc satisfaction de détei rei . 'I" ; I» i en quai tiers et de brûler, l< - du plus grand
prince qui ail jamais gouverné I \ On Un
poui lésirs de vengeance, d'autn a vii Lit
, il est vrai, eto pendant trop nombreu dan a les « hefs du parti républii ain. m ii bientôt . vainqueui -, abreuvi - i - itiëté du i.'iii n< ivnt les uns « outre les autn i» Les 1 tout en reconnaissant les vertus du roi défunt, et tout en i ondamnan! la ■ ni< m [»r«»in>m «■•• , nnti < lm j,.u m>
tribunal illégal, maintenaient que son administration avait 6te, sous bien des rapports, inconstitutionnelle, et que les chambres avaient pris les armes contre lui pour de bons motifs et en vertu de principes très-fondés. La monarchie, pensaient ces politiques, n'avait pas de pire ennemi que le courtisan qui élevait la prérogative royale au-dessus de la loi, qui condamnait toute opposition aux empiétements royaux, et qui jetait le nom de traîtres, nonseulement à Cromwell et à Harrison, mais encore à Pym et à Hampden. Si le roi désirait régner tranquille et heureux, il devait se confier à ceux qui, bien qu'ils eussent tiré l'épée pour défendre les privilèges attaqués du parlement, s'étaient cependant exposés à la rage des soldats pour sauver son père, et avaient pris la plus grande part au rappel de la famille royale.
Les sentiments des Cavaliers étaient très-différents. Ils avaient été fidèles à la couronne pendant dix-huit ans, à travers toutes sortes de vicissitudes. Ils avaient partagé la détresse de leur prince ; ne devaient-ils pas partager son triomphe ? Ne devait-on faire aucune distinction entre leurs personnes et le sujet déloyal qui avait combattu contre son légitime souverain, qui avait fait acte d'adhésion au gouvernement de Richard Cromwell, et qui n'avait consenti à concourir à la restauration des Stuarts que lorsqu'il avait été évident qu'aucun autre moyen ne pouvait sauver la nation de la tyrannie de l'armée? Accordons, disaient-ils, que cet homme, par ses services récents, a conquis son pardon ; mais les services rendus par cet ouvrier de la onzième heure pouvaient-ils entrer en comparaison avec les travaux et les souffrances deshommes qui avaient supporté le poids et la chaleur du jour? Devait-il être rangé sur la même ligne que les hommes qui n'avaient pas besoin de la clémence royale, et qui avaient mérité, par les actes de toute leur vie, la reconnaissance royale? Et par-dessus tout, devait-on souffrir qu'il gardât une fortune formée aux
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dépens des défenseui dépouillés du trône! N'était-ce pas assez que ^;i tête et son patrimoine, < enl fois dévolu i li justice, fussent i l'abri, p| devait-il parlicipei le resle de la nation aux bienfaits de ce il<>u\ gouvernement, donl il .iv .lit été si longtemps l'ennemi? Était-il nécessaire de récompenseï sa trahison au détriment des hommes dont le seul crime était la fidélib laquelle
ils avaient observé leur serment d'allégeance Y i.t quel intérêt avait le roi i • s anciens ennemis des
pouilles arraché s anciens amis! Qnell nflance
pouvait-on placer dans des beaunesqui s'étaient • ooiiu*e leur souverain, lui avaient lui la guerre, l'avaient emprisonné, »'t qui, aujourd'hui même, au lieu de I iei li tète de honte et de repentir, justifiaient tout ce qu'ils avaient fait, et semblaient penser qu'ils avaient donné une preuve éclatante de fidélité en s'arrêtent tout juste devant le régicide? Il était Mai que récenv nent ils avaient aidé a relevei l«- urône;mais il n'était pas naeins vrai qu'ils l'avaient renversé auparavant, et qu'ils avouaient encore i\<^ principes qui pourraient les poussej a le renverser de nouveau, sans doute il était convenable que des marques de l'approbation royale fussent accordées à ceux des convertis qui avaient été éminemment utiles; mais la politique, aussi bien que la justice et la reconnaissant . faisaient uu •!«*%< »n- .m i.»i de donner la plus haute place <lau-> s(ln estime i ceux qui, «lu commencement i la lin «le- troubles et • laiis la bonne comme dans la mauvaise fortune, avaient
soutenu M maison. Par loul»> ers raisons, l< si avaliers
demandaient très-naturellement une indemnité pour
tout ce qu'ils avaient souffert, et la préférence dans la
distribution des faveurs delà couronne. Quelques inem-
violents allaient plus loin et réclamaient dolui
"i ies de proscription.