I - s principaux set i iteui de la cooroni |mv
qti ' ' lient des hommes qui îvaicnl jusi une notoi iété peu enviable. Nous devons, toutefois, nous
garder de charger leur mémoire d'une infamie qui revient de droit à leur maître. Le roi doit porter la principale responsabilité du traité de Douvres. Il eut à ce sujet des conférences avec les agents français , écrivit plusieurs lettres de sa propre main, et ce fut lui qui suggéra le premier quelques-uns des articles les plus honteux de ce traité, dont il cacha soigneusement une certaine partie à la majorité de son cabinet.
Peu de choses sont plus curieuses dans notre histoire que l'origine et le développement du pouvoir que possède aujourd'hui le cabinet. Dès les premiers temps, les rois d'Angleterre avaient été assistés par un conseil privé auquel la loi assignait divers devoirs et diverses fonctions de grande importance. Pendant plusieurs siècles ce conseil délibéra sur les affaires les plus graves et les plus délicates, mais graduellement son caractère changea. 11 devint trop nombreux pour l'expédition et le secret des affaires. Le rang de conseiller privé était souvent accordé comme distinction honorifique à des hommes auxquels on ne confiait rien, et dont on ne demandait jamais l'opinion. Le souverain, dans les occasions les plus importantes, prenait l'avis d'un petit groupe de ministres dirigeants. Les avantages et les désavantages de ce système furent de bonne heure indiqués par Bacon avec sa sagacité et son jugement habituels ; mais ce ne fut qu'après la restauration que ce conseil intime commença à attirer l'attention générale. Longtemps encore les hommes politiques surannés continuèrent à regarder le cabinet comme un conseil inconstitutionnel et dangereux. Néanmoins, il devint de plus en plus important. Enfin il tira à lui la plus grande partie du pouvoir exécutif, s'en empara, et depuis plusieurs générations il est regardé comme une partie essentielle de notre organisation politique. Chose étrange à dire pourtant, il continue à demeurer inconnu à la loi. Les noms des lords et des gentlemen qui le composent ne sont jamais annoncés offï«
Ilemen! au publii . ( >n ne lieul au< nu proi vei b réunionfl el de -•■ i • • ilutions, '-t •«•n i visleix « n i 1 1: mnue p u alu tin ai le du pai l< ment.
l'i ml. ini quelques année . le mol cabale fut vulg liremenl employé comme synonyme du moi cabinet. Il arriva par use bisarre coïncidence, qu'en 1671 - lettres initiales des noms des i inq p i tonnes qui composaient le cabine! : (Iliftord, \rlington, Buckingham , tahlej el Lauderdale, formaient le mol I
binel fui donc baptisé du nom érn rgique de « abali donna bientôt à ee mot une signification Bi infâme , que depuis il n'a été employé que comme terme de mépris*
Sir Thomas Cliflord était un des commissaires delà trésoreti . el l'étail grandement distingué dans la chambre dea communes, il était le plus respectable des membres de la cabale; car i un caractère ardent et impérieux, il joignait un sentiment très-vif, bien que (Jéplorablement perverti, du devoir et de l'honneur.
Henri BenneU, lord Arlington, alors set rétaire d'État, avait, depuis qu'il étail an iv< 'homme,
principalement bot le continent, et là avait été attaqué de cette indifféreni i polite pom louu - V - constitu-
tions el louU 3 li [ions qu'on peut souvent observa ( lu/ 1rs personnes • 1 • > ■ 1 1 lu si»' s'est passée dans la diplomatie voyageuse. S'il j i> lit une forme de gouvernement qu'il aimât, c'él ni celle du gouvernement tim. ais. s'il \ avait une I qu'il préférât, l 'était celle d< il avail quelques talents poui la conversation et pour l'exécution dos affaires ordinaires de son département. il avait appi is, pendant une vie p i el li iations, l'ai t d'accommoder son lanj
a - m m été dans laquelle il m trouvait
Sa vivacité dans le huis-clos amusail le i il ; vite
dans les débats el les conférences en imposai! au public, et il avait ren Lui. . • u p.u lie | Il
vices réels et en partie par des promesses, de nombreux partisans.
Buckingham, Ashley et Lauderdale,étaientdes hommes chez lesquels apparaissait, sous sa forme la plus malfaisante, l'immoralité épidémique qui planait sur l'atmosphère politique de cette époque, mais qui variait selon les différences des caractères et des intelligences. Buckingham était un voluptueux blasé, qui s'était tourné vers l'ambition pour y chercher un passe-temps. Il essayait de s'amuser alors au moyen d'une négociation secrète et d'une guerre avec la Hollande, comme il avait essayé de s'amuser avec l'architecture et la musique, la composition de pièces bouffonnes et la recherche de la pierre philosophale. Il avait été déjà infidèle à tous les partis, plutôt par inconstance et amour de la nouveauté que par suite de calculs profonds. A une certaine époque, il s'était rangé parmi les Cavaliers. A une autreépoque, on avait lancé contre lui des mandats d'arrêt, pour avoir entretenu une correspondance criminelle avec les débris du parti républicain de la cité. Il était maintenant redevenu courtisan, et ardent à conquérir la faveur du roi par des services qui auraient fait reculer d'horreur les plus illustres d'entre ceux qui avaient combattu et souffert pour la maison royale.
Ashley, avec une tête infiniment plus forte et une ambition infiniment plus âpre et plus violente, avait été tout aussi versatile que Buckingham ; mais sa versatilité était la conséquence, non de la légèreté, mais d'un égoïsme médité. Il avait servi et trahi toute une série (le gouvernements; mais il avait exécuté si à propos ses trahisons, que sa fortune n'avait pas cessé de grandir à travers toutes les révolutions. La multitude, frappée d'admiration par une prospérité qui, pendant que tout changeait constamment, restait invariable, attribuait à, A^lilcy une prescience presque miraculeuse, et le commuait à cet homme d'État hébreu dont il est écrit, que
n ;eils était . ornas !••« «voir nn i i Dieu.
Lauderdale, i **i«'i flans sa joie i on
dans sa coli I H peut-être, sous les d< d'une franchise bruyante, le plus malhonnête des membres de la - abale. I ' fail remarquer pai mi les in- -m . de 1638, et ai lit - té plein de /• l< pour le covenant. On l'accusait d'avoir Lremp dans la Irah qui livra Charlei !" ta parlement anglais, et il était tenu, dans l'opinion des loyaux Cavaliers, pour un traître d'une . s'il est possible, que les traita - qui avaient composé la haute cour de justice. H parlait souvent une gaieté bruyante de l'époque où il était fanatiqc rebelle. Il était alors I»4 principal instrument employé par la cour, pour imposer l'épiscopat ►mpatri et vaini re l- m 1 1 il n\ \ is, pour remplir 1 1 lie tâche, rus tge impitoyable de I le la v et <lu brodequin ; cependant ceux qui le < oni ni savaient que les trente dernières années n'avaient rien changé ft ses sentiments, qu'il détestait toujoui 1 1 mémoire de < harles I !. » I qu'il préférait la forme de l'Église presbytéri nnc \ tonte ant
On ne juj prudent de confier à Buckingham, à
A lilr\ et à Lauderdale, malgré leor peu de scrupi l'intention où était le roi de se dét larer athol que romain, in faux traité leur rot montré, dam lequel l'article concernant la religion était omis. Les noms et les n\ de ClifTord el d'Arlington sont seuls a|>[>osés sur le ti gin al. Ces deux dei ni ient l'un i !
l'autre nne cei i linc réféi i nce poui la \ i iso,
[ue le brai ux ( lifford avoua i en-
lisement peu de temps après, mais qu'Arlington, plus I et plus vil, cacha jusqu'au moment ou l'approche de 1 1 mort le força, par & s tei i la sin< éi it< -. i
autres membres du cabinet n'él lient pas h"!' mes qu i n pût aisément tromper, H eu soupçonnèrent probable
ment plus qu'on ne leur en avouait. Ils étaient, eertaiment informés de tous les engagements politiques contrac tes avec la France, et n'avaient pas honle de recevoir de Louis des gratifications considérables.
Le premier but de Charles était d'obtenir de la chambre des communes des subsides suffisants pour lui permettre d'exécuter le traité secret. La cabale exerçant le pouvoir à une époque où notre gouvernement traversait une période de transition, réunissait en elle deux espèces de vices appartenant à deux époques et à deux systèmes différents. En même temps que ces cinq mauvais ministres comptent parmi les derniers des hommes d'État anglais qui aient songé sérieusement à détruire le parlement, ils sont les premiers en date qui aient essayé de le corrompre sur une vaste échelle. Dans leur politique, nous trouvons les dernières traces de Y outrance de Strafford et les premières origines de cette corruption méthodique que Walpole pratiqua plus tard. Ils ne tardèrent pas cà s'apercevoir que la chambre des communes, bien que composée principalement de Cavaliers, et bien que les places et l'or de la France eussent été prodigués à ses membres, ne fournirait jamais une majorité qui voulût soutenir môme les moins odieux des articles du traité de Douvres. Il fallait donc avoir recours à la fraude. En conséquence le roi fit parade d'un grand zèle pour les principes de la triple alliance, et prétendit qu'il • était nécessaire d'augmenter la flotte, afin de tenir en bride l'ambition de la France. Les communes tombèrent dans ce piège, et votèrent un subside de huit cent mille livres sterling. Le parlement fut immédiatement prorogé, et la cour se mit à procéder à l'exécution de son grand projet.
Les difficultés financières étaient sérieuses. Une guerre avec la Hollande ne pouvait être soutenue qu'à l'aide d'énormes dépenses. Le revenu ordinaire n'excédait pas les dépenses nécessaires du gouvernement en temps de paix. Les huit cent mille livres qu'on venait de soutirer
i 1 1 moi ni; si BnDVf) N - PAYEMI NT8,
sus communes ne suffiraient pas à défraye! l< idépen • de l'armée el de la n<»iir pend ml une si ule annà guerre, et la <.ilul<' elle-même ne pouvait pas te hasarder .1 proposer les dons volonl aprèf la terrible leçon donnée par le I nf parlement. Dans cette pei pl< ■ \ i t •'■ , Ashlej el < llifford proposèrent une infâme violation de la bonne foi publiqu de Londres n'étaient |»a- seulement <!»•> marchands d'objets ru métaux précieux, ils étaient aussi des banqui • t avaient l'habitude d'avancer de fortes sommes d'argent .m gouvernement. En retour o\ . Us
\ -i- ni des bons sur !•• revenue! étaient payés, pi intérêts, à mesure de la rentrée des t.i\*-. Treise cent mille livres sterling environ avaient été confiées de cette manière .1 l'honneur <!<• l'État. Tout à coup on aanou< i qu'il n'était p.is à la convenance dn gouvernement de payer le capital de la dette, el que les prêteurs devraient
ontenter des intérêts. I es prêteurs se trouvèrent, en conséquence, dans l'impossibilité <!<• remplir leurs propres ments. La Bourse fut bouleversée; plusieurs
ndes maisons de commerce firent faillite; l'inquiétude el la terreur se répandirent dans t<>u> les rangs de li société, lu même temps, <>n disait de grands pas vi i le despotisme. Plusieurs proclamations suspendant
a les du parlement, el d< i rétanl i e qui !<■ parlement seul pouvait I'- alemenl dé< rétci dèrent à de
courts intervalles. Le plus important de osa édita fut la iIccI.ii.iIk.ii d'indulgence, qui suspendait par autorité royale les lois pénales contre les Catholiques romains. Mm de donm r le i hange sur le but réel de < • tte osesure, les lois contre les Protestants nonn)onlbrinis4ei étaient aussi aboli< Quelques jours après l'apparition de la déclaration
d'indulgenœ, la guerre l'ut iléclarée aux lV<»Mnces-
Unie*. sur m. i, les Hollandais soutinrent la lutte
honnour, mais Wr terre ils lurent i >.., . > par une loive
irrésistible. Une grande armée française passa le Rhin. I es forteresses ouvraient successivement leurs portes. Sur les sept provinces dont se composait la confédération, trois étaient occupées par les envahisseurs. Les feux du camp ennemi s'apercevaient de l'Hôtel-de-Ville d'Amstewlam. La république, ainsi attaquée à l'extérieur, était déchirée en môme temps par des dissensions intérieures. i.c gouvernement était entre les mains d'une oligarchie très-restreinte de bourgeois puissants. En Hollande existaient, dans chaque ville, des conseils municipaux électifs dont chacun exerçait, dans sa sphère, la plupart des droits du pouvoir souverain. Ces conseils envoyaient des délégués aux états provinciaux , et les états provinciaux envoyaient enfin des délégués aux états généraux. Un premier magistrat héréditaire n'était pas une partie essentielle d'une telle organisation politique. Néanmoins une famille singulièrement fertile en grands hommes avait progressivement conquis une autorité immense, et, en quelque sorte, indéfinie. Guillaume, premier du nom, prince d'Orange -Nassau et stathouder de Hollande, avait été le chef de la mémorable insurrection contre l'Espagne. Son fils Maurice avait été capitaine général et premier ministre des États, s'était élevé à un pouvoir presque royal par son éminente habileté, ses services publics, et aussi par quelques actions perfides et cruelles, et avait légué à sa famille une grande partie de son pouvoir. L'influence des stathouders était, pour l'oligarchie municipale, l'objet d'une extrême jalousie; mais l'armée, et cette grande masse de citoyens qui ne participaient en rien au gouvernement, regardaient les bourgmestres et les députés avec un dédain comparable h celui des légions et du peuple de Rome pour le sénat, et étaient aussi dévouées à la maison d'Orange que les légions et le peuple de Rome à la maison de César. Le stathouder commandait les forces de la république, disposait de tous les emplois militaires, exerçait un grand patro-
81 il I M mi. Im.h \v IM
i il,, i élail envii uiui d'une pon |ii royale.
I.« parti oligarchique avait fait une l"it- opposilion au prince Guillaume II. l a rie di i e pi ino niiiicr en K)."»n, .in milieu de grands troublée civils. H mourut ^ui> .niant-. I isan de sa m iison n
rent on instant Bans chef, et les pouvoirs qu'il avait* furent pai lagés entre les con» il illes, i
provinciaux «-t lea i Latfl gén i iui.
.M ûs, quelque ! jonn la mort de Guillau
\.ii\. , Marie, Ûlle de Charles lrr, roi de ! i Grande*]
1e, donna naianancf I on ftls d< haut point d'élévation la gloire et l'autoriu de la d Bon de Nassau, à sauva !■ - Provin • 5*1 niea de \\ a
! lire plia le potrvoir de 1 1 I raw • i, 1 1 à i il
la constitution • bui d< durable
prince, noromé Guillaume-Henri, fui déa sa naiar sance un objet de < raintes sérieux s pour 1«- parti alors dominant en Hollande, et un objet de loyal attachement pour l.-> anciens amis de sa famille. Il jouissait d'une haute considération comme | ur d'une splendide
fortune, comme chef d'une d< b plus illustres maison l'Europe, « omme ; i inoe souverain de l'Emp nique, » omme prince du - royal d'Angleb par-dessus tout , i omn int d s fondai
la liberté batave. M us le* l<>m lions su| qui au-
trefois avai< i «< > < omme h. -n ilitaii - .l.m*-
s.i famille, restaient vacantes, et l'intention du ; .ui-i cratique était de ne phis avoir de stathot» L'ai l'un premier magistral jusqu'à un i
l.ini |x)int, sii|»| i \r i:iaiul |K>ii>i(iiiiiaire de la |.i<»-
rince de Hollande, Jean de \\ iti , à qui son habileté fei m. i.' i i son intégi il uquis une autoi ité
rivale dan * les
i invasion ti.tn. n-. pi i luisil u nt ■ révolu! plèle. Le |" uple, eiïrayé 1 1 souffrant, contre le gouvernement, haus sa folie, il attaqua lea
plus braves capitaines et les plus habiles hommes d'État de la république en détresse. De Ruyter fut insulté par la populace. De Witt fut mis en pièces devant la porte du palais des étais généraux, à La Haye. Le prince d'Orange, qui n'avait point participé au crime , mais qui dans cette occasion comme dans une autre circonstance déplorable, vingt ans plus tard, étendit sur les crimes commis à son avantage une indulgence qui a laissé une tache sur sa gloire, devint le chef sans rival du gouvernement. Tout jeune qu'il fût, son caractère ardent et indomptable, quoique déguisé sous des manières froides et sombres, releva bientôt le courage de ses compatriotes découragés. Ce fut en vain que son oncle et le roi de France essayèrent l'un et l'autre de l'enlever, par des offres magnifiques, à la cause de la république. Il parla aux états généraux un langage élevé et propre à enflammer les cœurs. Il s'aventura même à proposer un plan qui porte un cachet d'héroïsme antique et qui, s'il eût été accompli, aurait été le plus noble sujet d'épopée qu'on pût trouver dans les annales entières de l'histoire moderne. 11 dit aux députés que, même le sol natal et les merveilles dont l'industrie humaine l'avait couvert fussent-ils ensevelis sous l'Océan, tout ne serait pas perdu» Les Hollandais pouvaient survivre à la Hollande. La liberté et la pure religion, chassées de l'Europe par les tyrans et les bigots, pourraient se réfugier dans les îles les plus lointaines de l'Asie. Les vaisseaux à l'ancre dans les porls de la république seraient suffisants pour transporter deux cent mille émigrants dans l'archipel indien. Là, la république hollandaise pourrait commencer une nouvelle et plus glorieuse existence, et élever, sous la croix du Sud, parmi les cannes à sucre et les arbres à muscade, la bourse d'une Amsterdam plus opulente et les écoles d'une Leyde plus savante. L'esprit national se souleva d'enthousiasme ; les propositions des alliés furent fermement repoussées. On ouvrit les digues. Le
M I I M.MK'N l.'lNhl l«,l Pir.l 2 il
p rjs tout entier ne fui plus qu'un lac immense d'où j lissaient, comme des Iles, les villes avec leurs remparts et leurs < I" bers. là - envahisseurs furenl obligés de fain tint- retraite précipitée poui • •< happai I une destruction complète. Louis, qui, tout en crovant néns-airr de paraltre quelquefois à la léte de ses troupes, préférail d< icoup nu palais à un i amp, était déjà retourné jouai de l'adulation des p t des sourires des damas, dans
les allées nouvellement plantées de Versailh
.Moi ila fortune changea ramdement.L'issiiedel iguem maritime avait été douteuse. Sur terre, les l'ro\iuer>l m* a avaient obtenu nn répit, et un répit, aussi roui t
qu'il lut, était d'une extréinr iiii|Mirtanee. Alarmées pai
desseins île Louis, les deux branches de la
grande maison d'Autriche coururent tui arma, L'Es-
1 1 la Hollande, séparées par le souvenir «1
ciennes injustices <-t d'anciennes humiliations, Eurent
par l'approche du danger commun* De toutes
les régions de l'Allemagne, d< - troupi i le précipitèreut
vers !«• Rhin. I »• gouvernement anglais avait déjàdé-
u les fonds qu'il a'éiail procurés en pillant
n ien de l'État. On ne pouvait • spérei de la cil
aucun emprunt. Une tentative pour lever des Unes pai
autorité royale aurait immédiatement produit nne
bellion, et Louis, «pu avait alori I loutenii ans luii<
contre la moitié de l'Europe, n'était pas an état de i<»ui-
iiii les moyens <!»• réprimer le [>eupk anglais. Il lut dont saire «I»' convoquer le pai lemetit.
An printemps de t r»?.*i , les chanihn Munirent,
après une absence de près de doua ans. < liuord, m tenant pan et lord i , , i a-IiIi-n, maintenant comt<
de Shafleshury et lord chancelier, furent les personnes à qui I*- K>i coulis pniH ipalemenl la direction des d< i parlementants. I r patti du l\i\s eomm*'n«a au^it
attaquer la politique <i la< ab île. I ttl
a la manière d'un i nais lut dii m* la< -
lique lente et scientifique. Les communes laissèrent espérer d'abord qu'elles soutiendraient la politique extérieure du roi, mais à condition qu'il payerait leur soutien (et elles insistèrent sur ce point) par l'abandon complet de son système de politique extérieure. Leur premier désir était d'obtenir la révocation de la déclaration d'indulgence. De toutes les mesures impopulaires prises par le gouvernement, celle-là était certainement la plus impopulaire. Les sentiments les plus opposés avaient été blessés par un acte si libéral accompli d'une manière si despotique. Tous les ennemis de la liberté religieuse et tous les amis de la liberté civile se trouvèrent réunis, et ces deux classes d'individus formaient les dix-neuf vingtièmes de la nation. L'Anglican zélé se récriait contre la faveur qu'on accordait et au Papiste, et au Puritain. Le Puritain, tout en se réjouissant de voir suspendues les persécutions dont on l'avait harcelé, se sentait peu de reconnaissance pour une tolérance qu'il devait partager avec l'Antéchrist; et tous les Anglais qui aimaient la liberté et la légalité voyaient avec inquiétude le grave empiétement que la prérogative royale avait fait sur les terres du pouvoir législatif.
On doit avouer en toute franchise que la question constitutionnelle n'était pas sans obscurité. Nos anciens rois avaient incontestablement revendiqué et exercé le droit de suspendre l'exécution des lois pénales. Les tribunaux avaient reconnu ce droit, les parlements l'avaient laissé passer sans protestations. Peu de membres du parti du Pays auraient eux-mêmes osé nier, en face des précédents et de leur autorité traditionnelle, qu'un droit à peu près semblable ne fût inhérent à la couronne. Cependant il était clair que, si cette prérogative était illimitée, le gouvernement anglais ne pouvait plus se distinguer du pur despotisme. L'existence d'une limite était pleinement admise par le roi et ses ministres. Toute la question était donc de savoir si la déclaration
mi « i uutkni d'imih lcbn i M3
d'indulgence était en deçà <»u an delà de cette limiu aucun parti ne réussit i tracei une ligne de déman ition qui pût être raisonnablement tdmise. Quelques opposants Be plaignirenl <|n la ition ne Buspen moins de quai inte il ituts. Mats pourquoi |».i> quarante aussi bien qu'un? i fi rateui i \|»t ima i Ifc opim que le roi pouvait constitutionnel lemenl suspendre les mail ois, mais non pas les bonnes, il n nécessaire de faire ressorti] l'absurdité de l< listinc- Uon. la doclrioe qui parait avoir été généralement admise dans la chambre des communes tut que i< pouvoir de suspendre les l<»i^ pénales était borné aux matièri 3 temporelles, et ne s\ tendait pas au bis Pendues |»"in la sécurité de la religion établie. Cependant, comme le roi était I- chef de II glise, il semble que s'il : lait | • • ' ise, il pouvait logiquement eroer dans les matières qui concernaient l'Église. ii ,iu\ courtisans, ils ne réussirent p.i^ miens que l' opposition à marquei les limites de cette prérog itivi
\.i ité, o'est qu ce pouvoir de disp ût une
grande anomalie politique. Il était entièrement incompatillle en Ihéoii avi principes du gouverne-
ment mixte; mais il s'était développé 1 une époque ou les hommes s' inquiétaient peu de théd ies. En pratiqu pouvoir n'avail jamais 1 ementabusif; parcon-
séquent, il avait été toi 1 luellement
une manière <!«' prescription. Enfin , après un long ii
valle, a une éjXMpie éclairée, dans un- 0 1 isiofl i'im
tante, il lui applique dans une mesure j >rs inus
• 1 dans un but généralement abhorré. Imn ment
il lui soumis a un examen sévèiv. Il ii qu'on ne
v.- hasards p.is d'abord a le de 1 in-
constitutionnel ; mais on 1 omm< 1 m'il
1 I ■• mol li- plai senw1 qui fu
v 1 • rrnl jimait d# lifiM
pour . •
244 KKiîNF. OR CHARTES !I.
était en opposition directe avec l'esprit de la constitution, et que, si on le laissait sans frein, il ne manquerait pas de changer en monarchie absolue le gouvernement limité de l'Angleterre.
Sous l'influence de telles appréhensions, les communes refusèrent au roi le droit de suspendre, non pas toutes les lois pénales, mais les lois pénales en matières ecclésiastiques, et lui donnèrent clairement à entendre qu'elles ne lui accorderaient aucun subside pour la guerre avec la Hollande, s'il ne renonçait pas à ce droit. Un instant, il se montra disposé à essayer les chances du hasard ; mais Louis lui conseilla vivement de se soumettre à la nécessité, et d'attendre les temps meilleurs où les armées françaises, maintenant engagées dans une lutte difficile avec le continent, pourraient être employées à réprimer les mécontents d'Angleterre. Les signes de désunion et de trahison commencèrent à se manifester dans la cabale elle-même. Shaftesbury, avec sa sagacité proverbiale, vit qu'une violente réaction était proche, et que tout tendait vers une crise pareille à celle de 1640. Il était bien déterminé à ne pas se laisser surprendre par une telle crise dans la situation de Strafford; il tourna donc soudainement, et reconnut dans la chambre des lords que la déclaration était illégale. Le roi, abandonné ainsi par son allié et son chancelier, céda, annula la déclaration, et promit solennellement qu'elle ne serait jamais employée à titre de précédent.
Cette concession fut insuffisante. Les communes, non contentes d'avoir forcé leur souverain à annuler la déclaration d'indulgence, lui arrachèrent malgré sa résistance sa sanction à un acte célèbre, qui continua à avoir force de loi jusqu'au règne du roi George IV. Cette loi, connue sous le nom d'acte du Test, portait que toute personne exerçant des fonctions civiles ou militaires prêterait le serment de suprématie , souscrirait à une déclaration contre la transsubstantiation, et recevrait pu-
(.m il i.i i \ l fcgAI B. I 15
btiquemenl l'eu< haï istie ielou l< 1 1 it« de M h gletei i. i • i m \ôt al de la l"i ne marquaient d'il lilité « 1 1 1 # * contre lea Papistes; mais les articles n'étaient guère moins défavorables à la portion la plus rigide des
l'iil i!.iiii>. ÇeUX-l I , t « » 1 1 1 # fois, t- i : ;r le |" H' I
évident de la cour poui le papisme quelques Anglican [u'aussitol l l holiques
romains désarmés, on allégerait cette sévérité poui Protestant - non-conformistes, firent peu d'opposition, 1 1 le roi, qui avait un extrême besoin d'argent, n\ refuser son assentiment. L'aci ,eten i onséqui
le duc il'Voik fut obligé <!<• se démettre de Bea hautes fonctions de lord grand-amiral.
j h -qu'a ce moment, les communes ne s'étaient pat déclarées contre la guerre avec la Hollande ; osais aussitôt que le i"i, en n t < >< ■ i de subside s prudemm< ni et adn ment accordés, eut abandonné son système de politique intérieure tout entier, elles Re jetèrent avec impétuosité sur sa politique extérieure. Elles demandèrent que I kingham <'t Lauderdale fussent bannis pour toujours des conseils de la couronne, et nommèrent un comité pmir considérer s'il n'j avait pas lieu de mettre Ail ton en accusation. Peu de temps après, la i abale n'était plus. Cliflbrd , le seul des « inq ministres qui • ùt quelques droits .m tiiic d'honnête homme, n fusa de prèt< i le nouveau s nnent, déposa la vi rge blanche et se retira i maison de campagne. Irlington quitta le poste de • t. un d*l i m et l'échai ntre un < -n 1 1 >1« >i paisible
.i élevé dans la maison du roi, Shaflesburj >t r kingham firent leur paix avi « l'opposition et se mont rent bientôt \ la tète de l'orageuse démo* ratie de la « ité. Lauderdale continu.» à udmiiiistivi l«s allaue> il I m dans lesquelles le parlement anglais n'avait pas à inlervi nir.
i es communes pre sèn ni alors le roi de faire i • ;
la Hollande, et uVrlanivut expressément qu'(
inu, orderàiènt plus de subsides, à moins qu'elles n'eussent la certitude que l'ennemi se refusait obstinément à traiter à des conditions raisonnables. Charles jugea nécessaire de remettre à un temps plus opportun l'exécution du traité de Douvres, et de cajoler la nation en lui laissant croire qu'il revenait à la politique de la triple alliance. Temple, qui, pendant la domination de la cabale, avait vécu retiré au milieu de ses livres et de ses jardins, fut rappelé de son ermitage. Par son entremise, une paix séparée fut conclue avec les Provinces-Unies ; et il devint de nouveau ambassadeur à La Haye , où sa présence fut considérée comme une garantie suffisante de la sincérité de la cour.
La direction principale des affaires fut confiée à sir Thomas Osborn, baronnet du Yorkshire, qui, dans la chambre des communes, avait montré de grands talents pour les affaires et les discussions parlementaires. Osborn devint lord-trésorier, et fut bientôt créé comte de Danby. Son caractère, jugé d'après les règles d'une morale sévère, ne mérite guère l'estime. Il était avide de richesses et d'honneurs, très-corrompu et très-corrupteur. La cabale lui avait légué l'art de corrompre les parlements, art encore bien grossier et qui ne promettait guère d'arriver à la rare perfection qu'il atteignit dans le siècle suivant. Il améliora sensiblement le système des premiers inventeurs ; ceux-ci n'avaient acheté que des orateurs, mais tout homme qui avait un droit de vote pouvait se vendre à Danby. 11 ne faut pas cependant confondre le nouveau ministre avec les négociateurs de Douvres. Il n'était pas sans avoir des sentiments d'Anglais et de protestant, et jamais, dans sa sollicitude pour ses propres intérêts, il n'oublia ceux de sa patrie et de sa religion. Il était à la vérité très-désireux d'agrandir la prérogative royale; mais les moyens qu'il proposa dans ce but furent très - différents de ceux qu'avaient eus l'intention d'employer Àrlington et Clif-
IDHINISTRAT10M M I-VM'Y.
ford. Ii p •!! • •• d'établii le pouvoir ai bilraire, en i| l,ini I'., t en al I le
d'une pi mu -î | i.ni (•- dépendante, m- i i un. m- dans Bon eapi il , Son plan i «le l.i muii.iri li la s* a qui avaient
soutiens pendant les trouble* de la \ Lion, el que les a in nts et les 1 1 reui à\ Il
cour avaient refroidies. Vvec le soutien du vieui parti
dier, de l'aristo* i atie , des gentilshomn gnards, du clergé et des univenitéa, il • royail possible de faire de Charte*, non pai • la rérité on louferaùi absolu, mais un aoufctain presque aussi puissant qu'Êlisabeth l'avail
Poussé par ces sentiments, Danby forma le dessein «I
suret au parti « avaliei la | \« lusive de tout le
■ i , olitiqi util et législatil I naé uence,
en I'.mmk ■■ itr;», mm ! îll fut pré» nfc à la chambrt des
lords, portant que personne n<- pourrait remplir une
cliaiL'r, (Ml Mi'"'<T (liM)s l"MMr (l< 'S il «III DOT*
lemeat, sans avoir an préalable dêV aient
que, dans toutes li i ions possibles . il consid comme criminelle la m <■ au pouvoir i"\ il
qu'il m'. nt jamais do modiOer !»• gouvernement,
soit de II ! it. -mi de ri ! ; débat , les divisions , ! - protestation le proposition lin-
i < ni |).'MiI.miI i ln-iriir^ srinaiiif l«' |» i\- ' mi- un do vive a ; l'opposition de la chambre des lords,
du igée pai les deux membres de la cabale qui désira ieni faire l«t n poil avec la Dation, Bui kingh un bury, fui d'une véliémon
précédents, et triompha i la lin. I •• l>ill ne fut pat jeté, il • -I vrai, mais il lut ii.nii !)•• . miililc cl a la lin
abandonné.
I I était le rj stomr arbitraire >-\ i pour la politique intéi ien s > o\ inkw 1 1 | lit
■haiiLTir lui faisaient plus d'honneur; elles étaient
opposition directe avec celles de In cabale, et différaient peu de celles du parti du Pays. 11 déplorait amèrement la situation dégradante à laquelle l'Angleterre était réduite, et déclarait avec plus d'énergie que de politesse que son vœu le plus ardent était d'inculquer aux Français à coups de bâton le respect de l'Angleterre. Il déguisait si peu ses sentiments, qu'à un grand banquet où étaient assemblés les plus illustres dignitaires de l'Église et de l'État, il porta peu convenablement un toast à la confusion de ceux des assistants qui étaient opposés à une guerre contre la France. Il aurait vu avec joie son pays uni aux puissances coalisées alors contre Louis, et à cette fin il aurait voulu placer Temple , l'auteur de la triple alliance, à la tête du département des affaires étrangères ; mais le pouvoir du premier ministre était limité. Dans ses lettres confidentielles, il se plaignait de l'infatuation de son maître, qui empêchait l'Angleterre de prendre son rang légitime parmi les nations européennes. Charles était insatiablement avide d'or français ; il n'avait nullement abandonné cette idée qu'un jour, avec l'appui de l'armée française, il pourrait établir la monarchie absolue ; et, pour ces deux raisons, il souhaitait de se maintenir en bonne intelligence avec la cour de Versailles.
Ainsi le souverain inclinait vers un certain système de politique étrangère, et le ministre vers un autre diamétralement opposé. Ni le souverain ni le ministre n'étaient à la vérité d'un caractère à poursuivre leur but avec une constance invariable ; tour à tour ils cédaient à leurs importunités réciproques, et leurs inclinations contraires et leurs concessions mutuelles donnaient à l'administration tout entière un caractère étrangement capricieux. Charles, quelquefois par légèreté et par indolence, laissait prendre à Danby des mesures que Louis regardait comme des injures mortelles. Danby, d'un autre côté, plutôt que d'abandonner sa haute position, se résignait parfois à
IMIil. I Rfl M PARTI m n M9
complaisances <|m lui i ausaienl des douleun amères i dont il rougissait. l< roi im amené » consenti] m mariage de lad y Marie, fille aînée el hérita >omptive
du duc d'York, et de Guillaume d'Orange, Tennemi mortel il<- h li. ni' e, le champion héréditaire delà réformaiion. i n plus , le i'i ave - osnte d'( l . fil- d'Ormond, rut envoyé porter secours aux Hollandais a\.<- quelques troupes inglaises, qui, dans la journée la plus sanglante de tout guerre, soutinrent dignement la réputa-
tion de courage impassible attribuée à la aation, !>»• -'>u
coté, le lord-tn -< , non-eeulemi ni lui obligé de f< r-
mer les yeux bot de scandaleuses affaires d'argon I entre •on maître ••! la cour de Versailles, maie encore d'être bien à contre-cœur, il est vrai, el avec peu d'aménité,
■ 111 dr> i . lit - dr ilinlls.
i ii même temps l<- parti du i'.i\- était tiré par deux sentiments Ires-puissants, dans deux directions contraires. I es < hefa populaires redoutaient la grandeur de Louis \i\, <|ui non-seulement tenait tète à tout !•• continent, mais gagnait encore du terraûii Cependant ils n'osai nt confier s leur souverain les moyens de faire plier la France, de crainte que ces moyens m* fussent cm | ilns,-. i détruire les libertés de l' Angleterre. Le conflit entre ces deux appréhensions, toutes deui parfaitement légitimes, donnait à la politique de l'opposition une ap-
ence d'excentricité h d'inconstance aussi grande que celle de la politique de la cour. Les communes ne
èrent de demander une déclaration de guerre ft la l ran< e, jusqu'à ce qu'enfin le roi, pressé pat ftanbj d*a< -
COmplir l« ur désir, punil irilcr et v nul vu iur>uiv de \vwr une .unir.. Mu-, ,iu>sitot ijiiVlles virent « ommenoer le recrutement, la crainU qu'elles avaient de I mus m place i nne crainte plus immédiate. Elles* rai-
ini< nt que les nouvelles levers lie Iiism lit • inpl
un service l>eaucoii|) plus m i»iis>,iiit p. mi < h.ul.> « | u< • h défense des Flandres : elles refusèrent donc l«s subsides
et demandèrent le licenciement avec d'aussi grand? cris qu'elles avaient tout à l'heure demandé l'armement. Les historiens, qui ont sévèrement critiqué cette inconséquence, ne semblent pas s'être suffisamment rendu compte de l'embarrassante situation de sujets qui ont de bonnes raisons de' croire que leur souverain conspire avec un pouvoir étranger et ennemi contre leurs libertés. Lui refuser des ressources militaires, c'est laisser l'État sans défense; les lui accorder, c'est peut-être l'armer contre l'État. L'hésitation, en pareille circonstance, ne peut être considérée comme une preuve de mauvaise foi ni même de faiblesse.
Ces jalousies étaient soigneusement fomentées par le roi de France. Il avait longtemps tenu l'Angleterre dans un état passif par la promesse de soutenir le roi contre le parlement. Alarmé maintenant en voyant que les conseils patriotiques de Danby semblaient appelés à prévaloir dans le cabinet, il commença à exciter le parlement contre le trône. Entre Louis et le parti du Pays il y avait un sentiment commun, un seul ; ils se défiaient également de Charles. Si le parti du Pays avait été certain que le roi avait seulement l'intention de faire la guerre à la France, il l'aurait ardemment soutenu. Si Louis avait été certain que les nouvelles levées n'étaient faites que dans l'intention de déclarer la guerre à la constitution anglaise, il n'aurait pas essayé de les empêcher. Mais la versatilité et la mauvaise foi de Charles étaient telles, que le gouvernement français et l'opposition anglaise, qui ne s'entendaient sur aucun autre point, s'accordaient à ne pas croire à ses protestations, et étaient également désireux de le maintenir pauvre et sans armée. Des pourparlers eurent lieu entre Barillon, l'ambassadeur de Louis, et ceux des politiques anglais qui avaient toujours professé, et professé sincèrement, une crainte et une ;• version extrêmes pour l'influence française. L'homme le plus intègre du patftf du Pays, lord William Russell, fils
PAIX Dl
du comte de B< dford, ne Bt ai» un scrupule de i ou-
iin ambasi ad< ui éii angei , d< a plans ; nul). ii i i- i son propn souvei ain. Ce Eut là loul le crime de Russell. s«-- principes 1 1 -.1 fortune I '•
i- -nii'iii au-dessus <1<- tentations «l'un ordre sordide; mais il y a trop de raisons de croire que quelques-uni
furent moins sa upuleux. Il sei ail injuste de leur imputer l'extrême immoralité d'avoii reçu des | sents pour nuire à leur patrie: au i ••, ils croyaient
la servir; mais il est impossible de mer qu'ils fun-iit ;i> -••/ vils et assez indélicats pour se laisser payer, par un l»iin oger, leurs bonnes intentions patriotiques
Parmi ceux qu'on ne peul absoudre de • elle ao usation dégradante, était un homme considéré par l'opinion populaire comme la personnification du courage civil, cl qui, en dépil de quelques grandes erreurs morales el intellectuelles, .1 droit justement aux titn • de héros, de philosophe el de patriote, il est impossible de voii douleur un t<'l nom figurer sur la liste des pensionnaires delà France. Cependant il y a quelques consolatioi penser que, de notre temps, il faudrait qu'un homme I ublic eut perdu tout sentiment du devoii et de la honfc , pour ne pas repousser «Ici ligneusemenl la tentation qui triompha de la vertu el de l'orgueil '. ion Sidi Ces intrigues eurent poi le maintenir l'Àiu;
terre ina tiv< . nul. n les ain menaçants qu'elle
>n, jusqu ontinentalc,
après une durée de sept ans, se terminât, en 16 8, I traité de Nimègue. I es Provinces-1 n • i avaient paru sur le penchant d'une i uine i onq ! tinrent des i onditions h moi ibl< - 1 1 avanl < 1 1
heureux changemenl de fortune fui atlribui ment s l'habileté et au i lu Latl
i éputation fut grande dans tout i ialement i hes l< i qui le regardait ni « omnx
de leurs propres prin< n jouiss lient il< le voii
mari de leur future reine. La France garda plusieurs villes importantes des Pays-Bas, et la grande province de la Franche-Comté. Les pertes de la guerre furent presque toutes supportées par la monarchie espagnole en décadence.
Quelques mois après la fin des hostilités sur le continent, une grande crise éclata dans la politique anglaise. Les choses avaient tendu vers cette crise depuis dix-huit ans. Depuis longtemps le capital de popularité, tout considérable qu'il fût, avec lequel le roi avait commencé son administration, était épuisé. A l'enthousiasme de fidélité avait succédé une désaffection profonde. L'esprit public avait refait à reculons tout le chemin qu'il avait fait de 1640 à 1660, et se trouvait encore une fois dans les mêmes dispositions qu'à l'époque de la réunion du long parlement.
Ce mécontentement général se composait de divers sentiments, dont l'un était l'orgueil national blessé. La génération alors vivante avait vu, pendant, plusieurs années, l'Angleterre alliée à la France sur un pied d'égalité, victorieuse de la Hollande et de l'Espagne, maîtresse de la mer, terreur de Rome , tête des intérêts protestants. Ses ressources n'avaient point diminué, et l'on aurait pu espérer qu'elle jouirait de la considération européenne tout autant pour le moins sous un roi légitime, fort de l'affection et de l'obéissance volontaire de ses sujets, que sous un usurpateur dont la vigilance et l'énergie étaient presque insuffisantes pour tenir dans la soumission un peuple indocile. Cependant l'Angleterre, par suite de l'imbécilité et de la bassesse de son gouvernement, était tombée si bas, que toute principauté allemande ou italienne qui pouvait mettre cinq mille hommes en campagne était un membre plus important de la république des nations.
Au sentiment de l'humiliation nationale se mêlait l'inquiétude pour la liberté civile. Des rumeurs encore con-
mu ONTEflll mim M L*MH
in es, mais pai h la même d'autant plus alai peut-être , imputaienl à la eour un plan réu
contre toute* loi liberté* constitutionnelles anglai On .isiiii môme chuchoté que ce plan devait être nui exécution par l'intervention des armes éti I
l>ensée d'une telle Intervention Eaisail bouillir dans leurs veines le Bang des Cavaliers eux-mêmes. <>n entendit alors quelques-uns de ceux qui avaienj toujours prê< lie la doctrine de non-résistance «luis toute son extension murmurer qu'il \ avail une limite à cette doctrine. Si iiiic force étrai Lai! appelée pour contraindre la
nation, ils ne répondaient pas <1«' l< ur propre patieo
M n- m l'orgueil national, ni L'inquiétude pour la liberlé publique, n'avaient, sur l'esprit «In p< iipl»*. une aussi grande influence que la haine de la religion catholique romaine. Celte h. un.- était devenue une des passions dominantes de la société, et était aussi fbrtecbei les ignorants et les profanes que ches les protestants convaincus. Lesi ruautésdu règnede Mai ie, 1 1 liantes qui, même dans les récits les moins exagérés et les plus « -\. n ls, «ai lient une juste exe\ ration, et qui n'étaient ui modérément ni exactement racontées dans les m ni loges populaires; les conspirations contre Elisabeth, cl [>ar-de8SU8 tout la conspiration *!♦•> |x>udres, avaient
laissé dans l'esprit <ln vulgaire un sentiment amei et profond qu'entretenaient des< omméroorations annuelles, des prières, des feux de joie, des pi ris. Il faut ajou-
lei ipn >»-s particiilièrrmciit attachées au trône,
le clergé et la Çêniry campagnarde, avaient des rai« sons spéciales de haîi l'Église de Rome. 1 je trem-
blait pour ses bénéfu us, lu g \lry puni n ol udes ilin l tut que !<• souvenir du n
des Saints l'ut encore récent, la haine du |>apismc lit jusqu'à un certain point place > la haine <iu purila uisiue; mais peudanl le - dix-huit annû î qui r« oulées depuis la rostauraliou, la haine du puriUuu ■ • - -
s'était affaiblie, la haine du papisme s'était accrue. Les stipulations du traité de Douvres n'étaient connues avec exacti-^de que d'un petit nombre de personnes; mais quelques soupçons s'étaient répandus. L'impression générale était qu'on se préparait à frapper un grand coup sur la religion protestante. Beaucoup de gens soupçonnaient le roi de pencher vers Rome. Son frère et son héritier présomptif était connu comme catholique romain fanatique. La duchesse d'York était morte catholique romaine. Jacques avait pris depuis pour seconde femme, en dépit des remontrances des communes, une autre catholique romaine, la princesse Marie de Modène. S'il naissait des enfants mâles de ce mariage, il était à craindre qu'ils ne fussent élevés dans la religion catholique romaine, et qu'une longue succession de princes hostiles à la religion établie ne s'assît sur le trône d'Angleterre. La constitution avait été récemment violée dans le but d'exempter les catholiques romains des lois pénales portées contre eux. L'allié étranger qui, depuis plusieurs années, avait dirigé la politique anglaise était, non-seulement un catholique romain, mais un persécuteur des Églises réformées. Dans de telles circonstances, il n'est pas étonnant que le peuple fût porté à appréhender le retour des temps de cette souveraine, qu'il appelait la sanglante Marie.
La nation était donc dans des dispositions telles, que la plus petite étincelle suffisait pour allumer un incendie. A ce moment même l'étincelle fut lancée, de deux côtés différents à la fois, sur cette masse énorme de matières inflammables, et en un instant tout fut en feu.
La cour de France, qui connaissait Danby pour un ennemi mortel, machina habilement sa ruine en le faisant passer pour son ami. Louis, parle moyen de Ralph Montague, un homme sans foi ni honte, qui avait résidé en France comme ministre d'Angleterre, remit à la chambre des communes des preuves que le lord trésorier avait été
I i: i 0MPLO1 PAPISTE ". riTUS OATI
impliqua <l im m* d< n I faite pai la i oui
de \\ hiiehall à la eoui d< Vers lilles. i elle dé oui produisit se* i (Têts naturel . Le loi ( ei fui In 1 1 vengeance do p n lement, non en réalité • de
ses fautes, mais à < ause de ses m< l non parce qu'il avait été le complice d'une ti insa< tion • rin inelle, i l»;iicr qu'il ' un compKoe peu complaisant et peu
sen îabli v Mitemporaina ignoi ii< m l< qui atténuent grandement m faute devant la postérité il était à i m le courtier qui avait livré l'Angl
H était évident que son pouvoir était arrivé m terme, et douteux qu'il pol sauvai - 1 tète, I end an t l'ébullition excit cette dé ouvei le
fut ! romparée a la ennuimlion quiéclaU lorsque
le bruit se répandit de la découverte d'un grand complot papiste, i m certain fètui Oat s, membre du cli anglican! s'était attiré, pai -.1 ris déeUrdounéeot sesdoctrines hétérodoxes, la censure de les supérieurs spirituels, avait été forcé de quitter son bénéfice et avait mené depuis une vie honteuse et vagabonde, il s'était un certain moment, posé comme catholique romain, et avait passé quelque temps dans les colléf jésuites
anglais SUr le mutinent. Dans «es séminaires, il a\;iit
entendu beaucoup de propos saugrenus sur les meilleurs moyens de ramener l'Angleterre s la véritable
1 ise. 11 construisit , sur de telles données, un ludeux roman plutôt semblable aux rêves d'un malade qu'à un évèn< ■nu-ut |>ossil»lo dans le monde réel 1 pape, disait-il, avait confié au* jésuites la gouverne* ment de l'Angleterre, 1 es jésuites avaient, par des I vêts signés de leui sceau, nommé I tous 1 1 plus basjai emplois dans l'I li-< pt dans I I i ésiastiques,
(1rs nobles ri il.-s gentilshommes ratholiiju. •-. I <•» Papistes avaient naguère inrendié Lonrins, ds avaient iv de le brûler une seconde i«»i^ moment même
ih méditaient un plan nom mettre le feu à t«»u> |, , >-
seaux (le la Tamise. A un signal donné, ils devaient se lever ensemble et massacrer tous leurs voisins protestants. Une armée française devait en même temps débarquer en Irlande. Tous les hommes d'État et tous les théologiens éminents de l'Angleterre devaient être assassinés. On avait formé trois ou quatre plans d'assassinat contre le roi : il devait être poignardé ; il devait être empoisonné avec une médecine ; on devait tirer sur lui avec des balles d'argent. L'esprit public était si susceptible et si excitable, que ces mensonges trouvèrent aisément du crédit auprès du vulgaire, et deux événements qui se succédèrent à peu de distance l'un de l'autre conduisirent même quelques hommes capables de réflexions à soupçonner que cette histoire, bien qu'évidemment exagérée et altérée, pouvait bien avoir quelque fondement.
Edouard Coleman, intrigant catholique très-remuant et très-peu honnête, était au nombre des personnes accusées. Une recherche fut faite dans ses papiers. On reconnut qu'il venait à l'instant même d'en détruire la plus grande partie; mais quelques-uns de ceux qui restaient contenaient certains passages qui, pour des esprits fortement prévenus, pouvaient sembler une confirmation de la véracité d'Oates. Ces passages, pourtant, lorsqu'on les examine avec candeur, ne paraissent exprimer autre chose que les espérances que devaient naturellement exciter , dans l'esprit d'un catholique vivement attaché aux intérêts de son Église, la situation des affaires, les prédilections de Charles , les prédilections plus marquées encore de Jacques, les relations existantes entre les cours d'Angleterre et de France. Mais le pays n'était guère en disposition d'examiner avec candeur les lettres des Papistes , et on allégua avec quelque apparence de raison que si les papiers que le coupable avait négligés comme sans importance contenaient des choses aussi suspectes, les documents qui avaient été soigneusement livrés aux flammes
i E COMPLOT PAPISTE; llll > OATES
devaient contenu quelque grand mystère d'iniquité. Quelques i<»in^ après, on apprit que ûr Edmondsl)ui\ Godfrey, magistral éminent, <|ui avait i dépositions d '( I I I >leman, avail <li-|»:n u. |
i- 1 hen lu - furent faites, et !•■ < adavre de 1 1
ouvert dans un champ, près de Londres. Il i Lait évident qu'il avail péri de morl violente; il étail également évident qu'il n*avail pas été attaqué pai des voleurs. Sun -"il esl resté un secret jusqu'à ce jour. Quelq uns croient <|iul m tua de sa propre main, d'autres qu'il fut assassiné par un ennemi partit uliei ■ La suppt si lion li plus improbable est qu'il lui massacré paj le parti hostile à la cour, afin de donner une coulem de probabilité i l'histoire <lu complot. La supposition la plus probable parait être, en résumé, celle-ci : quelque Catholiqi tête chaude, poussé à la fureui pai les mensonges d'OaU > el les insultes de la multitude, et D'établissant pas de différence entre l'aocusateui parjure el le magistral innocent, aura exercé une vengeance dont l'histoire des se< l< perse utées ne fournit que trop d'exemples, s'il en fut ainsi, l'assassin dut, par la suite, amèrement exi perversité el -.1 folie. La capitale et la nation entière devinreul folles de haine el de crainte. Les l<>i- pénales. •pu commençaienl a s'émousseï , furent aiguisées (!<• nouveau. Partout les magistrats fun ni <>c. urx - à fotiill< r des maisons .1 u des papiers. Toutes les pri-
sons se remplirent <l<- Papistes. Londres prit l'as d'une ville « u état de si< ge. I a milû •• • tait sous I u mes toute I;» nuit. < m iii d< - pré| , -«m bai t i-
« ader les grandes \ < n< - publiques. Des patrouilles monlaicnt cl descendaient les ru .Des canons furent plaautour de \N hitehall. Ni ! riin\m m \.ut . u
sûreté B'il ne portait sous s< \ vèu raents un petit A nu à tête de plomb pour assommei l a &i< air - du p ip . 1 c cadavre «lu magistral u 1- ii tposé pendant plu
sieurs j<»m > 1 la \u< de multitudes immensi , et fut en-
suite confié à la tombe avec des cérémonies étranges et terribles, qui indiquaient plutôt la terreur et la soif de vengeance que la douleur et l'espérance religieuse. Les chambres exigèrent que des gardes fussent placés dans les souterrains, sous la salle des séances, pour les protéger contre une seconde conspiration des poudres. Toutes les mesures qu'elles prirent furent de même nature que cette demande. Depuis le règne d'Elisabeth, le serment de suprématie avait été exigé des membres de la chambre des communes. Toutefois, quelques catholiques s'étaient arrangés de manière à donner à ce serment une telle interprétation, qu'ils pouvaient le prêter sans scrupule. Un serment plus strict fut ajouté à l'ancien , et les lords catholiques furent pour la première fois exclus de leurs sièges au parlement. Des mesures rigoureuses contre la reine furent adoptées. Les communes jetèrent en prison un des secrétaires d'État, pour avoir contresigné des actes confiant des fonctions à des hommes qui n'étaient pas bons protestants. Elles accusèrent de haute trahison le lord trésorier. Bien plus , elles oublièrent tellement la doctrine qu'elles avaient hautement professée, alors que le souvenir de la guerre civile était encore récent, qu'elles tentèrent d'arracher des mains du roi le commandement de la milice. Dix-huit années d'un mauvais gouvernement avaient conduit à une telle irritation le parlement le plus monarchique que l'Angleterre ait jamais eu.
11 peut sembler étrange, malgré l'extrême gravité des circonstances, que le roi se soit hasardé à faire appel au peuple, car le peuple était encore plus irrité que ses représentants. La chambre basse , toute mécontente qu'elle fût, contenait un plus grand nombre de Cavaliers que n'en contiendrait probablement une nouvelle chambre; mais on pensa qu'une dissolution arrêterait les poursuites exercées contre le lord' trésorier, poursuites qui probablement mettraient en
l'Itrvil RB9 lii
pleine lumière loin les mystères coupables de Pal-
li. • h. m. aise, el po n i aient ainsi causeï a ' h u les
d'extrêmes ennuis pei el de grands embari
conséquence, en janviei 1679, le parlement, qui t lii .1 puis !•• commi m ement i 961 , fui ..n t, et I royali - poui une éle< lion
i raie furenl publû
Pendant quelques semaines, la lutte fut dans tout 1^ pays d'une violence «-t d'une opiniâtreté sans exemple. h sommes infiniment plus considérables qu'à l'ordinaire furent dépensées dans <•• - élections. I» nouvelles tactiques furent employées. Les pamphlétaires de i époque n marquèrent que les < hevam p<>ui le transport des électeurs étaient lou< - s il'-- prix fabuleux. L'habitude de divisa les propriétés, rira de multipliei les \> tes, date de cette lutte mémorable. Des prédi ai urs dissidents qui, i-.n nés dans des coins i » . i î ^î 1 » 1 * ienl
tenus ;i \'r» .n i de i,i persécution, sortirent alors de leurs retraites, et allèrent de village en village pour tâcher de rallume] le cèle du peuple dispersé de Dieu. Le flux \\c l'opinion montait contre le gouvernement. Beaucoup des nouveaux membres vinrent 1 Westminster dans des dispositions très-peu différentes de celles <lu parlement qui avait envoyé Â la Tout Slranord et I aud.
r ndanl i e lemps-lù, les i oui s de justice, «pu, au mi- Iteti des commotions politiques, auraient «lu être des lieux de refuge assnrés poui 1 - innocents de tous les
1 ut par des pas lions plus sain .•t .! uptions plus sales en< on que les passioi
|( i comi| 1 1< » r i - qui ru ce moment s'étalaient ^m les
i ni.- d't Mites . qui avait bit n pu suffire p ui mettre tout \> royaume en convulsion, n'aurait pas pu jusqu'à nouvel li - preuves suffire pour condamn i les plus humbles d< I !< - vieilles
taises, il faut d< u\ témoins pour établit une i< < us «tion de trahison. Mais le succès du premiei imposteur
260 KKl'.NK DE CUAUI-KS !!.
produisit ses conséquences naturelles. En quelques semaines, il s'était élevé de la pénurie et de l'obscurité à l'opulence, à un pouvoir qui le rendait redoutable aux nobles et aux princes, et à celte notoriété qui, pour les à mes basses et méchantes, a toutes les séductions de la gloire. 11 ne fut pas longtemps sans associés et sans rivaux. Un misérable, nommé Carstairs, qui avait gagné sa vie, en Ecosse, en se rendant déguisé dans les conciliabules presbytériens et en faisant ensuite des rapports contre les prédicateurs, ouvrit la marche. Bedloe, ïîlou notoire, le suivit, et bientôt de tous les mauvais lieux, de toutes les maisons de jeu, de tous les lieux de détention pour dettes de Londres , sortirent de faux témoins prêts à jurer et à compromettre la vie des catholiques romains. L'un d'eux vint avec une histoire d'une armée de trente mille hommes qui, sous le déguisement de pèlerins, devaient s'assembler à la Corogne, et de là faire voile vers le pays de Galles. On avait promis à un autre de le canoniser et de lui donner cinq cents livres s'il voulait tuer le roi. Un autre était entré dans un restaurant de Covent-Garden, et là, avait entendu un grand banquier catholique jurer, devant les consommateurs et les garçons, de tuer le tyran hérétique. Oates, afin de n'être pas éclipsé par ses imitateurs, ajouta de grands embellissements à son récit primitif. Il eut l'étonnante impudence d'affirmer, entre autres choses, qu'étant un jour placé derrière une porte entr' ouverte, il avait entendu la reine déclarer qu'elle se résignait à donner son consentement à l'assassinat du roi. Le vulgaire croyait, et les magistrats faisaient semblant de croire à toutes ces fictions. Les principaux juges du royaume étaient corrompus, cruels et timides. Les chefs du parti du Pays encourageaient l'erreur dominante. Les plus respectables d'entre eux, il est vrai, étaient tellement la proie de cette erreur qu'ils croyaient à la plupart de ces témoignages. Des hommes comme
vioi \ m b m - cornu m Sh 1 1 1. - 1 »• n \ <t r.ii. kingham s'ap oui»1
que le loul n'était qu'un roman ; n tait un ro-
man qui set ^ . 1 1 1 l« m - p d'un h
i ne troublai! pas plus leurs consciences éteintes que l.i moi ( d'imc perdrix. Les jurés partageaient les sentimenls communs à la nation, 1 1 l • ncoui \\u - pai les
donner libre i oui - m ntiraenl . ! t mulli-
lude applaudissait Oatea et . huait et pour-
suivait a coupa de pierres les témoins qui comparaissaient en Éav( ur des ;i< « ua b, i i luirlail de joie lorsque le verdict <le culpabilité était rendu. C'était en vain que les victimes en appelaient à l'honorabilité de leui vie passée; cai l'esprit public était possédé d< croyance que plus un papiste était consciencieux, | tl était probable qu'il conspirait enntie un ^unn
ment protestant C'était en \.nn qu'ils aflirmaient I- ai iiin> is.uit d'expirej ; < ai l'opinion de était
que tout bon papiste considérait les mensonges utiles >n Église, non-seulement comme excusables, mais comme nui itoii
Tandis que le sang innocent était ainsi réj mdu sous les formes «!•• la justice, le parlement se réunissait, (•Ile était la violence du parti prédominant, que même l« - hommes dont l;i jeuin lait écoulée au milieu
des révolutions, les hommes qui se rappelaient la mise en accusation de Straflord, l'attentat sur les cinq membres des « ommum s, l'abolition de la chambre des l< i l'exécution du roi, voyaient ave* U>rreur raspectdes
|»lll>lu|Ues. Les |M»U|sU|t,s i nulle l>ilil>\ I . t . *ltl -
mencèrent. li - nmanda du pardon royal. Mais les
communes Ira itère ni .i\( . pris ci moyeu de défense,
et insislèrenl |m»ui que le pi •nlinuàl. loulefois
Danbj n'était |».i^ leui principale hune. \.\\r< èiaienl
lonvailli ik'n que l.i m- il. manière eltie.n e dassurei
nation ses libertés et sa religion était d'exclure du i le duc d'York.
0(V2 HÈGNE DR CHARLES !I.
Le roi était dans une grande perplexité. Il avait insisté pour que son frère, dont la vue remplissait la populace d'une folie furieuse, se retirât pendant quelque temps à Bruxelles; mais cette concession ne semblait avoir produit aucun effet favorable. Le parti des Têtes rondes prédominait décidément. Les millions d'hommes qui, à l'époque de la restauration, penchaient du côté des prérogatives royales, penchaient maintenant vers ce parti. Parmi les vieux Cavaliers, beaucoup partageaint la crainte générale du papisme , et beaucoup d'autres, amèrement blessés de l'ingratitude du prince pour lequel ils avaient sacrifié tant de choses, voyaient sa détresse avec autant d'insouciance qu'il avait vu la leur. Le clergé anglican lui-même, mortifié et alarmé par l'apostasie du duc d'York, encourageait l'opposition et unissait cordialement sa voix aux clameurs populaires contre les Catholiques romains.
Dans cette extrémité, le roi eut recours à sir William Temple. De tous les hommes publics de cette époque, Temple était celui qui avait conservé le plus honorable caractère. La triple alliance avait été son œuvre. Il avait refusé de participer en rien à la politique de la cabale, et pendant que ce ministère avait dirigé les affaires, il avait vécu dans la plus stricte retraite. Il l'avait quittée à l'appel de Danby , avait conclu la paix entre l'Angleterre et la Hollande, et avait pris une grande part au mariage de Marie avec son cousin le prince d'Orange. Il avait ainsi le mérite des quelques bonnes mesures prises par le gouvernement depuis la restauration. On ne pouvait lui imputer aucun des crimes, aucune des erreurs si nombreuses des dernières dix-huit années. Sa vie privée n'était pas austère, mais était décente; ses manières étaient populaires, et il n'était pas homme à se laisser corrompre, ni par des titres, ni par de l'argent. Quoique chose toutefois manquait au caractère de ce respectable homme d'État. Son patriotisme
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était tiède : il tenait beaucoup trop à son repos 1 1 • IiliiiI'- personnelle ; il reculait devant la responsabilité avec une crainte pusillani e. Ses habitudes, il est vrai, ne l'ayaienl pas préparé à prendre une part aux
luttes de nos factions intérieures. Il i \ nt atteint cinquantième année sans avoh jamais i [parle-
ment, et son expérience politique s'était presqueenl ment formée dans les cours éû : it jusU ment
estimé comme un des premiers diplomates de rEurop( : mais les talents et les perfections d'un diplomate -<»nt Irès-différents des talents et des perfections qui rendent un homme politique capable <l<- diriger la chambre des communes dans des temps agit g.
Le plan iju'il proposa était singulièrement ingénieux. Bien qu'il ne iVii pas un profond philosophe, il avait médité ^n les principes généraux du gouvernement
beaui i»ii|> plus que les h mes du monde jetés dans les
affaires ne le t < • r 1 1 d'ordinaire, <t son esprit avait été élargi par des études historiques el des v< il sem-
ble avoir discerné beaucoup plus clairement que Is plupaiidesea < contemporains une des ( tuses des difficultés qui emban assaient !<■ gouvernement, i de
l'organisation politique anglaise changeait peu t peu Le parlement gagnait lentement, mais constamment < t u terrain sur la prérogative royale. 1 .1 ligne de démarcation entre le pouvoii législatif et le pouvoir exécutil était en théorie aussi profondément marquée qu'antrefois, mais en pratique elle devenait de i«>im en jour plus imperceptible. En théorie, la constitution donnait au roi l<- pouvoii de choisii ses ministres; mais cependant la chambre des communes avait chassé successivement d< 1,1 ilui'i tion des affain - < larcndon, la cabale et Danby. In théorie, la constitution attribuait au roi seul le |mnvoir de faire la paix et la guerre; mais la chambre des communes l'avait forcé de faire la paix avec la Hollande, et il s'en était peu fallu qu'elle ne le fon il »rei
0(Vi RÈGNE DE CHARLES II.
la -ut'iTe à la France. En théorie, la constitution faisait le roi" seul juge des cas dans lesquels il lui convenait (|r pardonner aux coupables; cependant il redoutait tellement la chambre des communes, qu'à ce moment même il n'osait pas arracher à la potence des hommes qu'il savait parfaitemeut être les victimes innocentes du parjure.
Temple, à ce qu'il semblerait, était désireux de maintenir au pouvoir législatif tous ses droits constitutionnels incontestables, et de l'empêcher, s'il était possible, d'empiéter plus avant sur les domaines du pouvoir exécutif. Dans cette intention , il chercha à interposer entre le souverain et le parlement un corps qui amortirait le choc de leurs conflits. Il y avait un corps ancien, extrêmement respectable, reconnu par la loi, que, dans sa pensée, on pouvait remanier pour le faire servir à cet objet. Il résolut de donner au conseil privé un nouveau caractère et de nouvelles fonctions dans le gouvernement. Il fixa à trente le nombre des conseillers. Une moitié du conseil devait se composer des principaux ministres de l'État, de la justice et de la religion; l'autre moitié devait se composer de nobles et de personnes d'une grande fortune, et d'un caractère respectable, pris en dehors des fonctions officielles. Il ne devait pas y avoir de cabinet intime. Les trente conseillers devaient être dans la confidence de tous les secrets politiques : ils devaient tous être convoqués à chaque réunion, et le roi devait déclarer, en toute occasion, qu'il se guiderait d'après leurs avis.
Temple semble avoir pensé que, par ce mécanisme, il pouvait à la fois mettre la nation à l'abri de la tyrannie de la couronne, et la couronne à l'abri des empiétements du parlement. D'un côté il était extrêmement improbable que des plans pareils à ceux qui avaient été formés par la cabale pussent jamais être proposés à la discussion d'une assemblée composée de trente membres, dont quinze ne seraient attachés à la cour par aucun
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lien d'intérêt. D'on autre coté, un pouvait e>|iérei t|ii« tes commîmes, satisfaites des garanties <|u<- leut fourni ss«t il ne conseil privé, contre im<- mauvaise administration, ae renfermeraient plus strictement qu'elles ne l'avaient fait récemment dans leurs fonctions législatives, el ne jugeraient plus nécessaire de s'imn dans
1 naque département de l'administration exéi uth
Ce pian, bien qu'il ne lût pas, à «pielipi.- r:;ipU, inu1 igné de son auteur, était vicieux en principe I aouveau comité était un demi-cabinet et un demi-parlement, • t. comme presque tous les autres naéc inismes, soit matériels, soit politiques, destinés à servit i une double fin, il ne servait à aucune. Il était trop nombreux et trop divisé poui être un corps utile admintstrativement. Il était trop élroîtemeutuniàigcouronne-pouj être un I» m pouvoir de contrôle. 11 contenait tout juste assez d'ingrédients populaires poui faire un mauvais oonseil d'État, incapable garder li ts, <l»' conduire les négociations dé-
licates, d'administrer les afiaires militaires. Cependant ingrédients populaires n'étaient aucunement >ut i isants p<»ur mettre le p;i\^ s l'abri d'une mauvaise administration. Ce plan, même quand il aurait été essayé de bonne foi, aurait eu de la peine i réussir, et il ne fut pas ivé de bonne foi« Le roi était inconstant el perfide, le parlement était irrité et déraisonnable, et les éléments
dont le nouveau i «'iisiil lut i-ompo>é, luen qu'ils lussent
les meilleurs peut-être que cette époque put fournir, étaient encore mauvais.
I s commencements du nouveau système furent toutelois ;i. cueillis a\ec II 1 1< jnie L'en. Taie, . ai le peuple était
dans (les disj positions à r< ^ai.l» i tmil < I un- •ment comme un progrès. Il fut aussi tiès-satisfail des nouvelles nominations. Shaftesbury, maintenant son favori, lut nommé lord président Ruasell et quelques uitn b membn lingues du parti «lu Pays huent nommés conseillers. Mais quelques jours après tout était encore dans la ooa-
fusion. Les inconvénients d'un cabinet si nombreux fuient tels que Temple consentit à enfreindre une des règles fondamentales qu'il avait posées, et de devenir membre d'un petit conseil qui en réalité dirigeait tout. Trois autres ministres s'adjoignirent à lui, Arthur Capel, comte d'Essex, George Savile, vicomte Halifax, et Robert Spencer, comte de Sunderland.
Du comte d'Essex, alors premier lord de la trésorerie, il suffit de dire qu'il possédait des qualités solides, quoique peu brillantes, qu'il était d'un caractère grave et mélancolique, qu'il avait été allié au parti du Pays, et désirait bonnetement, à cette époque, accomplir, sur des bases avantageuses pour l'État, une réconciliation entre ce parti et le trône.
Halifax était, par le génie, le premier des hommes d'État de cette époque. Son intelligence était fertile, subtile et étendue. Son éloquence brillante , lumineuse, animée, servie par une voix aux timbres argentins, faisait les délices de la chambre des lords. Sa conversation étincelait de profondeur , d'imagination et d'esprit. Ses traités politiques méritent bien d'être étifdiés pour leur valeur littéraire, et lui assignent une juste place parmi les classiques anglais. 11 unissait à l'importance que lui donnaient des talents si grands et si divers toute l'influence qui appartient au rang et aux vastes fortunes. Cependant il était moins heureux en politique que bien des hommes en possession d'avantages très-inférieurs aux siens. En réalité, ces originalités intellectuelles qui donnent tant de valeur à ses écrits lui étaient souvent un obstacle dans les luttes de la vie active; car il voyait toujours les événements actuels non au point de vue de celui qui y prend part, mais au point de vue sous leque' ils apparaissent à l'historien philosophe bien des années après. Avec un tel tour d'esprit , il ne pouvait longtemps agir cordialement avec aucun parti. Tous les préjugés, toutes les exagérations des deux grands
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partis de l'fttal excitaient son mépris. Il méprisai! le* \ iN .h tiiii . i lameui - ii ^ d< - d<
il m. • 1 1 ,nt em "i dai nntagc les doctrines «lu droit di\in et de I"! éis m< fi pas i moquai I impai
lement de la bigotci i<- il<- l'Anglican et tl<* In I • lu Poritain; il lui était impossible de comprendre pourquoi tel homme s'amusait » fain
des s lints i i aux sui plis . et poui quoi i Bedonnait le dr >ii de persécuter le premier pour ses objections. Par tempérament, il était ce que nous appellerions de n«'^ jours un consen iteur ; en théoi i< . il était républii .iin. Même alors que sa i rainte de V;-" irel -on dédain |><>iu les illusions dn vulgaire l< nt à
i pour un mom< ni les défi «lu
pouvoir n bitraire, son intelligi stail loujoui
Locke el M il ton. Ses plais interies sui 1 1 monarchie réditaire auraient été quelquefois plus convenables, à la vérité, chei un membre «lu due de la ! \ //, que < In v un conseiller privé <!••< Stuarts. En religion, il était "-i loin d'être fanatique, que li peu charitables rappelaient athée; mais il repous cette imputation avec véhémence, et véritablement, I qu'il lit quelquefois scandale par la façon <I«>m il ployait ses rares talents d'argumentation ri de satire i nuire d< - choses séi îenses , il ne semble nullement .»\"ir été incapable de sentiments religieux.
Il était le i hef de i es politiques que les deux grands partis appelaient dédaigneusement les Ttimmert on équilibreur* Loin d'être ch que de ce sobriquet , il
eptait comme on litre d'honneur, • i défendait une grandi vivai ité la dignité I i
bonne, disait-il, se trouve dans un juste milieu entn extrêmes. I ,» zone tcm| cupe un parfait juste mi-
lieu entre le pays ou les hommes grillent el le pays où ils gèlent. L'I -h • inglicnneestun juste milieu entre la folie anabaptiste et la léthargie papist I institution uijjl.titw
est un juste milieu entre le despotisme tnrc et l'anarchie polonaise. La vertu n'est qu'un équilibre exact entre des penchants dont chacun, poussé à l'excès, devient un vice. Bien plus, la perfection de l'Être suprême luimême consiste dans l'exact équilibre de ses attributs, donc aucun ne pourrait prédominer sans troubler l'ordre moral et l'ordre physique de l'univers1. Ainsi Halifax était un équilibreur par principe, il l'était aussi par la nature même de sa tête et de son cœur. Son intelligence était pénétrante, sceptique, d'une fertilité inépuisable en distinctions et en objections; son goût raffiné; son sentiment du ridicule exquis; son caractère doux et clément, mais difficile à contenter, et aussi peu porté à la malveillance qu'à une admiration enthousiaste. Un tel homme ne pouvait longtemps être l'allié constant d'aucun parti. Il ne faut pas toutefois le confondre avec la foule vulgaire des renégats. Si comme eux il passait d'un parti à un autre, ses défections furent toujours en sens contraire des leurs; il n'avait rien de commun avec les gens qui vont d'un extrême à l'autre, et qui ont pour le parti qu'ils ont déserté une animosité bien plus violente que celle d'ennemis invariables. Il se plaça entre les factions hostiles de la société, et ne dépassa jamais les frontières de l'une ou de l'autre. Le parti auquel il appartenait à un moment donné était toujours le parti qu'il aimait le moins à ce moment-là, parce que c'était celui qu'il voyait de plus près; il fut, en conséquence, toujours très-sévère pour ses violents associéset entretint toujours des relations d'amitié avec ses adversaires modérés. Chaque faction au jour de son triomphe insolent et affamé de vengeances encourut sa censure; chaque faction, lorsqu'elle fut vaincue et persécutée, trouva en lui un protecteur. On doit mentionner à son éternel
1 On comprend sans doute que nous croyons Halifax l'auteur ou du moins l'un des auteurs du Caractère d'un équilibreur, qui pendant quelque temps fut attribué à son parent, sir William Coventry.
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honneur qu'il lit Ions loi la poui Bauvei < es vic-
times « 1 « » 1 1 1 le -<»it a lai ' une ai large La< he sm \v nom \\ hig e! sur le nom ï"i \ .
il s'était grandement distingué dans l'opposition el ni ainsi attiré le déplaish du roi, déplaisir si fort, qu'il H»- lui admis dans le conseil des trente qu'ave* beaucoup de diiii' ultés, et après de Ion Itercaitons;
loi il <loi-, aussitôt qu'il eut un pied à la cour, le charme de ses manières el '!•' sa conversation iii de lui un favori, il était sérieusement alarmé de la violence «lu mécontentement public; il pensait que, pou i le moment, la liberté était sauve, et que l'ordre «'t l'autorité l< time étaient en danger, lu conséquence et selon son habitude, il si dans le p. un le plus Eaible. Peut-
être sa converaioii a'était-elle pas toul i lui désinu
.h l'étude «•! la réflexion, toul en l'auranchiasanl de bien des pr< -ulgaires, l'avaienl laissé l'esclave de
bien des déairs yjulgaires. D'argent, il n'en avait nul
■ ■in, et il n'existe aucune preuve qu'il s'en soit jamais procuré par des moyens que des censeui s sévères, même 1 1 ette époque, pussent considérei comme déshonnèb - . mail les dignités • •! le pouvoir avaient ppui lut <l. grands atirails. Il disait, il est vrai, qu'il considérai I
titres et las grande^ .li.n. . oniinc <!•'> ain»»h.-
propres ;i prendre seulement des fous, qu'il baissait les affaires, la pompe, h a grands apparats; que boa vœu le plus chei était d'échapper aux bourdonnements « t aux éblouissementa de Wbitehall i « «ni se retirer dans les : paisibles qui entourais ni v<>n vieux château de Ruflord , mais -.i conduit ordail assez mal .i\ déi lara-
Lions. l.i vériti qu'il désirait attire) à la foissui
sa personne le respect «l' a i ouriiaans et le respei i philosophes, se Caire ad n îin t, < t [h»ih ses hautes dignités, el peur le mépris <|u'il afiectail en même tempa pour
Siiuderland éUit ^ent.ure d'htat. h.ui> ici bonne
était personnifiée de la manière la plus vivante l'immoralité politique de l'époque. La nature lui avait donné une intelligence pénétrante, un caractère remuant cl malfaisant, un cœur froid, un esprit abject. Son être moral avait traversé une éducation qui avait porté tous ses vices au plus haut point de parfaite maturité. A son entrée dans la vie publique, il avait passé plusieurs années à l'étranger dans divers postes diplomatiques, et avait été pendant quelque temps ministre plénipotentiaire en France. Chaque profession entraîne ses vices particuliers. On peut dire sans injustice que les diplomates pris en masse se sont toujours plus distingués par leur adresse, par l'art avec lequel ils savent capter la confiance des personnes à qui ils ont affaire, par l'aisance avec laquelle ils s'assimilent le ton et les manières des sociétés où ils sont admis , que par un généreux enthousiasme et une austère droiture ; et d'ailleurs les relations qui existaient entre Charles et Louis étaient telles à cette époque, qu'il était impossible à un gentilhomme anglais de résider longtemps en France sans perdre tout sentiment de patriotisme et d'honneur. Sunderland revint de la mauvaise école où il avait été élevé, rusé, souple, inaccessible à la honte, exempt de tout préjugé et dépourvu de tout principe. Par ses liens de famille , il était Cavalier , mais il n'avait rien de commun avec les Cavaliers. Ceux-ci étaient ardents amis de la monarchie et condamnaient en théorie toute résistance; cependant ils avaient des cœurs chauds et anglais, qui n'auraient jamais enduré un despotisme réel. Lui, au contraire, avait un semblant de goût spéculatif pour les institutions républicaines, qui s'accordait très-bien avec un grand empressement à se faire en pratique l'instrument le plus servile du pouvoir arbitraire. Comme beaucoup d'autres flatteurs et négociateurs accomplis, il était infiniment plus habile dans l'art de lire au fond des caractères et d'utiliser les faiblesses des individus, que
-I M.fT.I \ND. -J" 1
dans l'art de disci i m i liments d< multitude
de prévoir rapproche d évolutions. Il était
adroit dans Pintrigoe, et il était difficile, même a <l« hommes fins, expérimenti cl qui ivaienl eu d'ampli s
isions de connaître a i I sa pei fidic, de i i la
ination de Bes manières el de refuseï loutc « royani -• isurances d'attachement. Mais il mit imi d'aitention à observer et 6 Dattei les individus, qu'il oublia d'étudier le caractère de la nation: aussi Lrompa-t-il grossièrement a l'égard d<»s plus importants événements de son époque, loue lea mouvements importants, toutes les réactions de l'esprit public le prirent .m dépourvu, et le monde, incapable de comprendre comment un homme si habile avait pu se pis roîr ce que discernaient très-nettement «1rs politiques « i • - cil»-, attribua quelquefois à de profondes pensi tctes qui
en réalité n'étaient que «le pures bôvi
n'était que dans 1rs «miln . m • - privées que m- de-
ployaienl ses éminentes qualités. Dans le i abinet ou dans un petit cercle, il exerçait une grande influence; mais il était taciturne à rassemblée du conseil, et n'ouvrit us la bouche dans la « hambre d< s lords. Les quatre conseillers confidentiels de la coniouue trouvèrent bientôt que leur position était embarrassante et odieuse, i membres du conseil murmuraient
contre une distinction qui n ordait p les
promesses du roi , et quelques-uns d'entn eux, Shafl l»ui\ i leur tète, recommencèrent une vive opposition • luis le parlement. L'agitation qui avait été suspendue pai les derniers changements devint bientôt plus rio- !< nie que |.iin us. ( ,• lui , ■)• \ un que < hurles oflrit d'accorder au\ rmilliilliics toutes |,> sécurités qu'elles pourraient désirei en Faveur de la religion prntesianle, pourvu qu'elles ne loucha senl pas a l'ordre de ^u< cession au trône; elles ne voulurent entendre parler d'aucun compromis: elles voulaient le lall d'exclusion et
rien que le bill d'exclusion. Alors le roi, quelques semaines après avoir promis publiquement de ne prendre aucune mesure sans l'avis de son nouveau conseil, se rendit , sans lui avoir fait part de son intention, à la chambre des lords et prorogea le parlement.
Le jour de cette prorogation, 26 mars 1679, est une grande date dans notre histoire, car c'est ce jour-là même que l'acte de ïhabeas corpus reçut la sanction royale. Depuis l'époque de la grande charte, la loi concernant la liberté personnelle des Anglais avait été en substance à peu près la même qu'à présent, mais elle avait été inefficace par manque d'un système rigoureux de procédure. Ce qui manquait, ce n'était pas un droit nouveau, mais un recours prompt et puissant, et ce recours, l'acte de Yhabeas corpus le fournissait. Le roi aurait volontiers refusé son consentement à cette mesure, mais il allait en appeler de son parlement à son peuple sur la question de la succession au trône, et il n'osait pas, à un moment si critique, rejeter un bill populaire au plus haut degré.
Ce même jour commença pour la presse anglaise une liberté de courte durée. Jadis les imprimeurs avaient été strictement surveillés par la chambre de l'Étoile. Le long parlement avait aboli la chambre de l'Étoile ; mais il avait , en dépit des remontrances philosophiques et éloquentes de Milton, établi et maintenu une censure. Aussitôt la restauration , un acte défendant l'impression des livres non autorisés avait été passé, et il avait été admis que cet acte continuerait à avoir force de loi jusqu'à la fin de la première session du prochain parlement. Ce moment était arrivé; et le roi, en même temps qu'il renvoyait les chambres, se trouvait émanciper la presse.
A la prorogation succédèrent peu de temps après une dissolution et une nouvelle élection générale. L'ardeur et la ioree de l'opposition étaient extrêmes ; le cri en faveur
P0P1 I M:iM D1 MmSMiiI TH.
du lui! d'exclusion éclatait phia haut que jamais, I 1 1 1 s'en joignait un autre «pu enflammait le i orui de la multitude, mais que loua \< - amis judicieux de la lih h--
rrilrnil;ii«'iil .in-- \>-ji>-\ • •! a\.-< .il.nuif. N« .ii--.mi1. m» ni
les droits du duc d'York, papiste avoué, mail i
deux filles, protestantes -m ■ • r< - > t . étaient
attaqués. Ou affirmait confidentiel lemenl que l'a enfants naturels du roi était né d'un légitime mai et as trouvait ainsi l'héritier légitime de la couronne.
Charles, alors qu'il errait sur l- continent, avait rencontrée l a Haye Lue] WaHera, jeune fille gall< d'une grande beauté, mais d'une faible intelfigew de moBui i dissolues. Elle devint sa malti lui pré-
senta bientôt «m fils. Un amant aoupçonneux aurait bien pu avoir des doutes, car la danse avait beaucoup d'admirateurs, et ne passait pas pour être cruelle envers aucun. < harles, toutefois, crut sur-len bauip I sa parole, 1 1 se prit a aimer le petit lames Crofl t ainsi que
l'enfant était alors appelé avec un excès de lendn qui ne semblait guère appartenir à sa froide et insouciante nature. Quelque temps après la restauration , l jeune bien-aimé, qui s'était formé en France dans tous les exer< insidérés aloi s comme indispensables à un par-
fait gentilhomme, fit son entrée I Whitehall. Il lut dans !•• juin-, entouré •!•• paires, et en! prrnu^inn de jouir «le (|iieli|iirs-unr> il.s ilistiuetinns iv>
exclusivement jusqu'alors aux princes de i »yal.
Il fol marié, lorsqu'il h, ut encore dana sa première jrimesse, à Anne s<«>tt, héritière »l>- la noble maison de Bttccleuch. il prit son nom et reçut avw ta main
li | mu ,),. s,s \,,v|, . ilnm.iiiii I propi '
qu'il acquit par ce mariage n'.l.u.nl pas eslimres à un revenu annuel moindre »l« ■ »li\ mille \\wr> >t<i In i
titres, etdesfaveurs plus snhstantiellrs que les litres, lui
furent prodigués. Il lut nvi' duc «le Monniouth • n Angleterre, «lue »lc Ituirleueli m I. <«->■•, , h. \alni d< I.»
Jarretière, grand éeuyer, commandant du premier régiment des gardes du corps, grand juge du pays au sud de la Trent, chancelier de l'Université de Cambridge. Il ne semblait pas au public indigne de sa haute fortune. Sa personne était belle et engageante, son caractère doux, ses manières polies et affables . Il avait conquis le cœur des Puritains, malgré son libertinage. Bien qu'il fût connu qu'il avait pris part au honteux guet-apent contre sir John Coventry, il avait aisément obtenu le pardon du parti du Pays. Les moralistes austères euxmêmes avouaient qu'on ne pouvait guère, au milieu d'une telle cour, attendre une fidélité conjugale stricte de la part d'un homme marié à un enfant, et lorsqu'il n'était lui-même qu'un enfant. Les patriotes également excusaient volontiers un jeune étourdi d'avoir cherché à venger avec excès une insulte faite à son père. Bientôt la tache imprimée sur sa personne par ses amours relâchées et ses querelles nocturnes fut effacée par d'honorables exploits. Lorsque Charles et Louis unirent leurs forces contre la Hollande, Monmouth commanda les auxiliaires anglais envoyés sur le continent, et se montra un vaillant soldat et un assez intelligent officier. Il se trouva à son retour l'homme le plus populaire du royaume. Il pouvait arriver à tout, sauf à la couronne, et encore la. couronne ne semblait pas absolument hors de sa portée. La distinction qu'on avait peu judicieusement établie entre lui et les grands seigneurs du royaume avait produit de mauvaises conséquences. Tout enfant, on lui avait permis de garder son chapeau dans la chambre d'audience du roi, tandis que les Howard et les Seymour se tenaient découverts autour de lui. A la mort des princes étrangers, il avait porté le deuil en long manteau de pourpre, ce qu'aucun autre sujet, sauf le duc d'York et le prince Rupert, n'avait le droit de faire. Il était naturel que toutes ces circonstances le conduisissent à se regarder comme un prince légitime de la maison des
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Stuarts. Charles, même ilans un âge a\ un ■ -. • i ni clavede ses plaisirs et insow ianl de sa dignité. Il n*< ■ lui il. .m pas impossible de croire qu'à vingt ins il avail pu secrètement épouseï une dame donl 11 beauté l'avait l isciné, et <|n'il ne pouvnil pas possédei .t meilleur marché. Pendant que Monmouth était em Lui i, et que le duc d'York passait em ore pour protestant, l< brun* se répandit a travers le pays, et même dam des
les qui auraient du être bien infoi mes, que l< s'était mari Lncj \n allers, 1 1 que si i haeun était
m fil- set lit prince de Galles. < m parla beaucoup d'une certaine boite noire qui, selon laci >yance populaire, contenait le contrat de mari 51 1 iqueMon mouth fut revenu dea P.r B ive une grande réputation de bravoure, '-t que le duc d'York fut devenu membre d'une Église détestée pai la majorité de la nation, cette oiseuse histoire prit de Pimportance. Elle n'était paa appuyée sur la plus légère preuve; elle avait contre elle la déclaration solennelle «lu faite devant s<»n conseil et communiquée au peuple par son ordres mais la multitude, toujours avide d'aventures romanesques , s'attacha passionnément à la fable du mariag 1 «-t du coffret noir. Quelques-uns
desi nefs de l'opposition agirent en cette occasion comme ils avaient agi a l'égard de la fable plus odieuse d'Oal et favorisèrent un conte qu'ils auraient du mépriser. L'intérêl que la populace portait à celui qu'elle regardait comme le champion de la vraie religion et le légitime li. •un. 1 <lu irone était entretenu par toute sorte d'artifices. Lorsque Monmouth arriva s Londres, à minuit, les magistrats ordonnèrent aux watchmen de proclamei dans toutes les ruei delà cité in événement;
tout le monde se leva; des feux de joie lun nt illui les fenêtres furent illuminées, les églises ouvertes, un joyeux carillon partit de loua les clo hers 1 orsqu'il
igeait, il était re< u |»artoul .t\« i nne pompe 1 y
intérieure, et un enthousiasme infiniment supérieur à la pompe et à l'enthousiasme avec lesquels les rois avaient été reçus dans leurs tournées à travers le royaume. Il était escorté de château en château par de longues cavalcades de gentilshommes et de riches fermiers armés. La population des villes se précipitait à sa rencontre. Les électeurs s'assemblaient en foule autour de lui pour lui donner l'assurance que leurs votes étaient à sa disposition. Ses prétentions montèrent si haut que nonseulement il portait sur son écusson les lions d'Angleterre et les lis de France, sans la barre senestre qui, selon les lois du blason, devait les traverser en signe de sa naissance illégitime , mais il osait toucher les malades pour les guérir des écrouelles. Il ne négligeait en même temps aucun des moyens de popularité qui pouvaient lui concilier l'amour de la multitude. Il tenait sur les fonts de baptême les enfants des paysans, se mêlait aux jeux rustiques, luttait, jouait du bâton, et tout botté dépassait à la course les plus agiles coureurs, chaussés de souliers.
C'est un fait curieux que dans deux grandes circonstances de notre histoire, les chefs du parti protestant aient commis la même erreur, et mis en danger par cette erreur leur pays et leur religion. A la mort d'Edouard VI, ils opposèrent lady Jeanne, qui n'avait pas l'ombre d'un droit légitime, non-seulement à Marie leur ennemie, mais encore à Elisabeth, la véritable espérance de l'Angleterre et de la réformation. Les plus respectables d'entre les protestants , Elisabeth à leur tête , furent alors obligés de faire cause commune avec les Papistes. Cent trente ans plus tard, une partie de l'opposition, en posant Monmouth comme ayant des droits à la couronne, attaqua d'une manière exactement semblable les droits , non-seulement de Jacques qu'elle regardait justement comme l'ennemi implacable de la religion protestante et des libertés constitutionnelles ,
IMH'I I vkiii ni. *o\moi III.
iii.ii> encore (lu punir «t • 1« - l.i pimeessr d ()i,in« . i|in
étaient tout particulièrement désignés, el |>.u Icuj |«'si- Lionel pai leurs qualités personnelles, poui être les défenseurs de tous les Itoes gouveroements et de toutes
1rs l'élises réformées.
I h quelques lunées, la folie de cette conduits de» \iiii manifeste. Poui le moment, la popularité de Monmouth constituait en grande partie la force de l'opposilion. Le résultai des oloctiona ôtail contraire à la i oui , le jour ûxé pour la réunion des chambrée B'approi hait, <-i il devenait oé essaire que le i"i Dl choh d'une ligne de conduite à suivre. Ceux qui le conseillaienl disoern lient déjà les premiers et faibles signes d'un chanpeinent dans l'opinion publique, et e>p.i»i. ni qu'en retardant !«• conflit, la victoire resterait au roi i.n
< «mis. quem ai même deaaan 1er l'opinion d n-
-. il des trente, Charles résolut de proroges le noui p. h li'uinii avant même qu'il entrât an (onctions. In même temps le duc d'York, qui était revenu de Bruxelles, reçut l'ordre <!«• as retirer an I , et lut placé à la <!<• l'administration de ce royaume.
Le pi. m de gouvernement «I»' Temple était maintenant OUverteiiK ni abandonné, el il lut bientôt oublié. I < cous.'il privé redevint ce qu'il avait été. Shaftesbur) el les hommes qui marchaient ;ivec lui résignèrent leurs sii--« s. Temple lui-même, selon son invariable habitude dans le^ temps agités, se retira dam ^<'n jardin et dan bibliothèque. Kssex quitta le comité de la trésorerie, el
lança dans l'opposition; m. us Halifax, débouté el
alarme de la \iolem e de s,s .un i.iis alli, >, , l sunder-
l.iiid, «pu ne < pi ilt.i il jamais une pi tant qu'il pouvait
irder, i estèrent au soi vice du roi.
I ii consé(| uence des démissions données .1 relie <k sion, le i Ininiii de li gramleui s'ouvrit devant une nouvelle urie d'aspii mU. Deux Iioiiiiim s ,i i i.,i. .pu plus lard Belevèrenl au [>oint le plus culminant qu'un
stijel anglais puisse atteindre, commencèrent à attirer sur eux une grande part de l'attention publique. Ces deux hommes étaient Lawrence Hyde et Sidney Godoiphin.
Lawrence Hyde était le second lîls du chancelier Clarendon et le frère de la première duchesse d'York. 11 avait d'excellentes qualités que l'expérience parlementaire et diplomatique avait développées ; mais les infirmités de son caractère enlevaient à ses talents beaucoup de leur force d'influence. Tout diplomate et tout courtisan qu'il fût, il n'apprit jamais l'art de maîtriser ou de cacher ses émotions. Lorsqu'il triomphait, il était insolent et vantard; lorsqu'il éprouvait un échec, sa mortification mal déguisée doublait le triomphe de ses ennemis. Les provocations les plus légères suffisaient pour allumer sa colère; et, lorsqu'il était en proie à cette passion, il disait mille choses amères qu'il oubliait aussitôt qu'il reprenait son sang-froid, mais dont les autres se souvenaient pendant des années. Sa vivacité et sa pénétration en auraient fait un homme d'affaires consommé, n'eussent été sa suffisance et son impatience. Ses écrits prouvent qu'il avait plusieurs des qualités de l'orateur; mais son irritabilité lui enlevait tout moyen d'exposer ces qualités sous leur plein jour dans les débats parlementaires, car rien n'était plus facile que de le mettre en fureur, et, du moment qu'il se livrait à sa passion, il était cà la merci d'adversaires qui lui étaient infiniment inférieurs en talent.
A l'opposé des chefs politiques de cette génération, il était un homme de parti invariable, hargneux, rancunier, un Cavalier de la vieille école, un zélé champion de la couronne et de l'Église, un ennemi haineux des non-conformistes et des républicains. Il avait, en conséquence, un grand nombre de partisans. Le clergé, spécialement, le regardait comme son homme, et étendait sur ses faiblesses une indulgence dont, pour dire la vé-
I tWREM F RTM i i MOWn GODOI PWÎH.
i il.', il - tnd besoin, cai il bol [u'il
mettait en i olérr .1 il s'y mettaii souvent , il ju i.ni comme nn portefaix.
Il remplaça le < omte d'J 1 ie. Il faut ob-
er que la piai e de| remier lord do la \< ie n'avail
pas alors l'importance et la dignité qu'elle posa jour-
d'hui. Lorsqu'il v avait un lord trésoi ier, I fonc-
tionnaire étail généralement premiei ministre; mais ! que les f « » 1 1 < lions de la \ erge blanche étaient exercées par une commission, le premier < ommissaire n'm . upail pas nu rang aussi élevé que le tairesd'ÉI il. Ce ne fut
qu'à dater de VYalpole que le premier lord de la lréfl< 1 ie lui < onsii m me le cliefdu mûiisb
Godolphin avait 1 té élevé comme page dans Wliitehall même, et avait acquis de bonne heure la souplesse et le lang-froid d'un courtisan blanchi dans le métier, il était laborieux, avait un esprit net, et était profondément versé dans le? détails de finance. Tout gouvernement Irouva en lui un utile serviteur, et rien dans •on caractère aidai piniona ne s'opposait à ce qu'il
lervtt tout gouvernement. cSidnej Godolphin, disait l haries,nemel jamais de bâtons dans vos roues et aevous laisse jamais emboui bé. • < elle piquante remarque suffit pour expliquer le 1 \ii ^ordinaire de Godolphin.
Il vec les deux gi indi |
lis politiques, mais il ne partagea jamais leurs pus-ions. ( omme la plupai t d( - hommes d'un cai ai 1 spect, et favorisés de la fortune, il étail très-di . soutenir ce «pu existait. Il <l- lestait les révolut» us, et les mêmes raisons qui 1rs lm faisaient ileii >i< 1 lui 1 ii> 1 détester les contre-révolutions. Sou maintien était singulièrement i i\- et n -, w, . m.i ikl> étaient bas et frivoles; il employait à lux- coorii des chevaux, 1 jouer aux cartes, ■ faire battre des coqe, la plus grande partie du temps qu'il pouvait dérober aux affaires pu-
hlupies. H si.jrail ul«'i -s .,ii-,|f^niis ,!.• ;;,,( II. -It I , .Il IIS
la cdmmission de la trésorerie, et s'y distinguait par son assiduité et son intelligence.
Une année entière s'écoula, une année fertile en événements, et qui a laissé des traces durables dans notre langage et dans nos mœurs, avant qu'on permît au nouveau parlement de se réunir pour exercer ses fonctions législatives. La controverse politique n'avait jamais été poussée si loin, et avec tant de liberté. Les clubs politiques n'avaient jamais eu une organisation aussi parfaite et une influence aussi formidable. La question de l'exclusion occupait seule l'esprit public. Toutes les presses et toutes les chaires du royaume prenaient part à la lutte. D'un côté, on soutenait que la constitution et la religion de l'État ne seraient jamais en sûreté sous un roi papiste ; de l'autre, on soutenait que le droit de Jacques à la couronne lui venait de Dieu, et ne pouvait être annulé même du consentement de toutes les branches de la législature. Chaque comté, chaque ville, chaque famille étaient dans l'agitation. Les bons rapports et les bons services de voisinage étaient interrompus. Les liens les plus étroits de l'amitié et du sang étaient brisés. Les écoliers euxmêmes étaient divisés en factions ennemies et furieuses; et le duc d'York et le comte de Shaftesbury avaient de zélés partisans sur les bancs de Westminster et d'Eton. Les théâtres retentissaient des clameurs poussées par les factions en lutte. De zélés protestants mettaient sur le théâtre la papesse Jeanne. Des poètes pensionnés remplissaient leurs prologues et leurs épilogues d'éloges du roi et du duc d'York. Les mécontents assiégeaient le trône de pétitions demandant que le parlement fût immédiatement convoqué. Les royalistes envoyaient des adresses où ils exprimaient toute leur horreur pour ces hommes qui osaient dicter des ordres au souverain. Les citoyens de Londres s'assemblaient par milliers pour brûler le pape en effigie. Le gouvernement plaça de la cavalerie à Temple-Bar, et de l'artillerie autour de Whitehall.
u mi i i.'i \< 1 1 mon : wiics 1 1 romi i. 181
Durant 1 1 u.' .hum , noire langue l'erai lut de an ux roots . wnh (populace formant cohue: attroupement si, a m (duperie , remarquables souvenirs <i me • j oque de tumulte el d'imposture . I • opposants a 1 1 1 1 1 1 «lit appelé les Birminghams, l Pétitionnaires, les l ii lusionnistes; le i-mIi-.hi> du roi, fuient nomn Anubirmingharos , les Abhorrants, V i qui courent à bride abattue . Ces dénominations derinrenl bientôl surannées; mais à ette époque, conv mencèrenl \ être i n vogue deux sobriquets, qui, appliqués d'abord -i titre d'insulte, Eurent bienUV accepb avec orgueil, qui son! encore employas aujourd'hui, qui -•' sonl répandus dans tous les lieux où la race anglaise B'esl établie, el qui vivront aussi longtemps que la littérature anglaise. I !*esl une cm ieus< [ue l'un de ces sobriquets fui d'oripiw i l'autre d'origine irlandaise. La mauvaise administration deCh avail donné naissance, eu I l en Irlande a la fois, .1 des bandas d'hommes desespérés dont la férocité était excitée parl*entliousiasm< religieux. In l < osse, quelques-uns des Covenantaiies pi rs«*< niés, pousses a la folie par l'oppression, aviiienl réeeuuueul assassine le primat, pus les armes contre le gouvernement, obtenu quelques avantages sui les forces durai, et n'avaient été domptés que lorsque afoumoutb, a la léti de quel* ques Iroup - anglais* », les eut mil en dérouta an pont «!<• Bothwell. Ces fanatiques étaient surtout nombreux
|. ,niiii l.s habitants des h. ism^ Irnvs ■ I • • I -i i . - 1 , Mil
remenl appelés Whigs. Le surnom de Whigs fut linsi appliqué aux Presbytériens fanatiques d'I i iraus-
i »rU5 ensuite i ceux dea nommes politiques angl n> qui
>«■ llioilll.iiful op|»nses à l.t i mu, ri disposes à tl.illi'l h s
Mit-conformistes uvei imluL'ii. <•. I.«> m.n .ii- ili- l'h-
lande set vaienl de n la mène époque, i des
N.. i <iiucbUI, 874.
ai
proscrits papistes très-semblables à ceux qui furent plus tard connus sous le nom de Whiteboys. Ces hommes étaient désignés alors sous le nom de Tories. Cette désignation fut par suite appliqué cà tons les Anglais qui se refusaient à exclure du trône un prince catholique romain.
La rage des factions hostiles eût certes été suffisamment violente, même sans auxiliaires et laissée à ses propres fureurs; mais elle était soigneusement excitée par l'ennemi commun des deux partis. Louis continuait toujours à flatter et à corrompre la cour et l'opposition. Il exhortait Charles à tenir ferme, il exhortait Jacques à soulever la guerre civile en Ecosse, il exhortait les Whigs à ne pas reculer, et à se reposer avec confiance sur la protection de la France.
Un œil observateur aurait pu distinguer, à travers toute cette agitation, que l'opinion publique changeait peu à peu. La persécution contre les Catholiques romains continuait, mais les condamnations n'étaient plus comme naguère inévitables. Une nouvelle couvée de faux témoins, dont un scélérat, nommé Dangerfield, fut le plus célèbre, infestait les cours de justice; mais leurs histoires , quoique mieux fabriquées que celle d'Oates, trouvaient moins de crédit. Les jurés n'étaient plus aussi crédules que durant la panique qui avait suivi le meurtre de Godfrey, et les juges, qui, pendant que la frénésie populaire était à son comble, s'étaient faits ses plus obséquieux instruments , s'aventuraient maintenant ta exprimer quelque chose de ce .qu'ils avaient oensé dès le commencement.
Enfin, au mois d'octobre 1680, le parlement se réunit. Les Whigs avaient une si grande majorité dans la chambre des communes, que le bill sortit sans difficulté triomphant de toutes les épreuves. Le roi savait à peine sur quels membres de son cabinet il pouvait compter. Hyde avait été fidèle à ses opinions tories, et avait fer-
M lATfl M i*. i I Ml i n'i Il i i S103.
memenl soutenu I de la n lire.
m (jodolphin, tres-soucieu* de son repos, et pensant que la tranquillité ne nom ut ton rétablie qui pai i ett<
• om ession, désii ait voii pas er le bill. Sunderland, toujours 1 1 M \ et toujours myo| e, in< apable de distinguer les signes de 1 1 réaction prochaine, désireux de se i on( ilier le parti qu'il con idérail comme irrésistible, se décida i
r contre la cour. La duchesse de Portsmooth supplia son royal amant de ne pas couru étourdiment à sa ruine. s'il \ .t\,ni un point sur lequel il eût des scrupules de conscience et d'honneur, c'était sur la question de soedant . pendant quelques jours, on put croire qu'il se résignerait. Il hésita, demanda quelle somme les communes consentiraient ;'« lui donnei s'il
lit, el entama une négex iation avec les i hefs wl m is une méfiance profonde el réciproque, qui, depuis bien des aimées, était allée toujours en grandissant,
• i avait été soigneusement entretenue par les artifices de l.i France, rendait une transaction impossible. Aucune des deui parties ne voulait nfler à l'autre. l i nation entière, palpitante d'anxiété, tenait maintenant ni la chambre des lords. 1 1 réunion «1rs pairs fut nombreuse. \< roi, en |M>rsom assista. Les débats furent longs, passionnés, et par moments furieux. Plusieurs membres portèrent la main sur le pommeau de leui épée, ava des allures qui faisaient
revivre le snuNenii .1»^ <.i.il<ii\ l'.n Irnients île Menu III ••i «!•• Richard II. \ Shaftesburj i I ex se joignit le ti dire Sunderland. Mais le génie d'Halifax domina toute opposition. Abandonné pai ses collègues les plus importants, ayant .1 lutter contre une foule d'habiles adverse in -. il défendit la i mise du du< <i York, dans une suite il<- discours qu'on rappelait, bien des années .i| comme des chefs-d'œuvre •!•• raison, d'esprit h d'éloquence. Il arrive rarement qu'un discours éloquent .}iin. |,-> \.»i,s, . . |»,iulanl, le temoigiuif:< d^ uni-
temporains ne permet pas de douter que, dans cette occasion, les votes n'aient été changés par l'éloquence d'Halifax. Les évêques, fidèles à leurs doctrines, soutinrent le principe du droit héréditaire, et le bill fut rejeté par une forte majorité '.
Le parti qui dominait à la chambre des communes , amèrement mortifié de cette défaite, s'en consola de son mieux en répandant le sang des Catholiques romains. William Howard, vicomte Stafford, un de ces malheureux, accusé d'avoir pris part au complot, fut amené ù la barre, devant ses pairs, et, sur le témoignage d'Oates et de deux autres faux témoins, Dugdale et Tuberville, fut déclaré coupable de haute trahison et exécuté. Mais les circonstances de son procès et de son exécution auraient dû donner aux chefs whigs d'utiles avertissements. Une forte et respectable minorité dans la chambre des lords déclara que l'accusé n'était pas coupable. La multitude, qui, quelques mois auparavant, avait reçu avec des cris d'exécration et des moqueries les déclarations suprêmes des victimes d'Oates, exprima hautement l'opinion que l'exécution de Stafford était un assassinat.
1 Un pair qui était présent a décrit l'effet de l'éloquence d'Halifax, en dos termes que je citerai, parce que, bien qu'ils aient été publiés depuis longtemps, ils ne sont probablement que peu connus, même des plus curieux et des plus assidus lecteurs de documents historiques.
« Les ennemis du duc d'York, qui soutenaient le bill, étaient hommes d'une puissante éloquence et de grands talents. Mais un noble lord se leva contre ce bill, surpassa tous les autres et se surpassa lui-même ce jour-là en force d'éloquence, en raison, en excellence d'arguments, touchant les intérêts publics ou privés, en honneur, en conscience, en dignité : sa conduite et ses talents remportèrent enfin la victoire, et il ruina l'habileté et la malice de ce parti. d
Ce passage est extrait d'un mémoire de Henri, comte de Péterborough, dans un volume intitulé Succinct Généalogies, par Robert Halstead , in-folio, 1685. Le nom de Haktead est fictif. Les auteurs réels du livre étaient le comte de Péterborough lui-même, et son chapelain. Ce livre est extrêmement rare. On n'en tira que vingt-quatre exemplaires, dont deux sont maintenant au musée Britannique. De ces deux exemplaires, l'un appartenait à George IV ei l'autre à M. Grenville.
M ECT10XS ..l M l;\l l S DE 1681 ,
! • squ'eu rendant le dernier souflU* il i "n
inno -il' b, le et i -• néral lut « ehri-d : i Dieu v< nisse, mylord ! Nom tons i noyons, mylord ! ■ i n ol valeur judicieux aurait pu ut prédire '|'"' '*'
sang ainsi répandu appellerai! bientôt du sai
I e roi se décida à sa servir encore une foei de l'ai] dienl de la dissolution. Un nouveau parlement, devant se réunir à Oxford, rot convoqué |m»im mars 1661. Depuis l'époque des iManlageriets, lescli uiuVcs avaient i Stamm< ut 3ie*{ 1W1 stminsu i . • x< ■ i lé i l'époque i Ù la poste sévissait sur la capitale; mais des < 'iri-niiMam .aussi extraordinaires i tigeaienl des précautions extraordinaires, si I»' parlement se tenait au lieu babitueJ de
aces, la « hambre des communea pourrait se déclan i permanente» et appela s son aide les magistrats et les . itoyens de I omit i i nuln ■»■ lw.ui r.»i-.' |m.uh ni .-• leva poui défendre Shaftesbury, i ommeelle s'était 1 quarante ans auparavant pour défendre Pym el Hampden. Les gardes pourraient avoif le dessous, le palais pourrait être forcé, et le roi se trouver prisonnier aux mains d< ijeta revoit s, \ Oxford, on n'avait pas à
craindre un tel danger. L'université était dévouée .1 ! 1 couronne, et la gentry du voisinage était généralement tory. L'opposition avait donc pinède raiaon que !«■ roi d'\ redouter des violent
I es élections l'un ni \iveuiriit mut, \,-< \\ln>
composèrent encore la majorité de la chambre des communes; mais il était évident <|u.- l'esprit lof] faisait «1rs progrès rapides dans t< »ut le paya II semble que i vei saule Shaftesbury .un. ni .lu prévoii h i
pro hains < hangemenl sentir ai op 1. 1 1
pat li « ni ; mail il pareil avoir, en 1 iou, un
blié entièrement sa vieille tactique, au lieu de prendre dispositions qui, en ras d'événements factieux, lui permissent de faire reti ùte, il prit une position dans laquelle il lui fallait ou triompher, ou périr. Peut-être
sa tête, tonte solide qu'elle fût, avait-elle été tournée par la popularité, le succès, et par l'excitation du combat ; peut-être avait-il aiguillonné son parti au point de ne plus pouvoir le tenir en bride , et était-il poussé en avant en réalité par ceux qu'il paraissait conduire.
Le jour qui devait enfanter tant d'événements arriva. La réunion des chambres à Oxford ressembla plus à la réunion d'une diète polonaise qu'à celle d'un parlement anglais. Les membres whigs étaient escortés de leurs fermiers et de leurs serviteurs , tous armés et échangeant des regards de défi avec les gardes du roi; la plus légère provocation aurait pu, dans de telles circonstances, produire une guerre civile; mais aucun des deux partis n'osa frapper le premier coup. Le roi offrit encore de consentir atout ce qu'on lui demanderait, excepté au bill d'exclusion. Les communes étaient déterminées à ne rien accepter que le bill d'exclusion. Quelques jours après, le parlement fut de nouveau dissous.
Le roi avait triomphé. La réaction, qui avait commencé quelques mois avant la réunion des chambres à Oxford, marcha rapidement. La nation était toujours hostile au papisme ; mais à mesure que les citoyens repassaient dans leur souvenir l'histoire entière du complot, ils sentaient que leur zèle protestant les avait conduits à la folie et au crime , et pouvaient à peine croire que des contes de nourrices les eussent portés à demander le sang de compatriotes et de chrétiens, leurs frères. L'homme le plus fidèle au roi ne pouvait nier, il esi vrai, que l'administration de Charles n'eût commis bien des fautes; mais les contemporains, qui n'avaient pas la connaissance que nous avons de ses intrigues avec la France, et que la violence des Whigs dégoûtait, énuméraienl les nombreuses concessions que , pendant les dernières années, il avait faites au parlement, et les concessions plus nombreuses encore qu'il se déclarait disposé à faire. Il avait consenti aux lois qui excluaient
ai v< nos ronï.
les Oalholiquej romains de lu chambre des loreb, «lu conseil pi i \ < • , de Ions l< - emplois civils el militaires; il avait -.m lionne l*a< ledel / i.Sion n'avait
l>i i> »\r plus Foi mire les - mxq
pouvaient Atre exposées la conslilulion el II -I' mi souverain catholique, la faute en était, non p Charles, <jui .i\ ut invité l« parlement i pn ndre oei mesures, l: U lll> i|ll II! |r|W'> .1 I irii ,|.
la i ;i «•• I ingi du ImII d*ex< lusion. I .«• roi n'avail qu'une seule - b on peuple : il avait refusé de dé-
pouiller son frère de ses droits légitimes; et n'existait-il pas de bonnes raisons de croire que i e refus avail été inspiré par de louables sentiments? Quel motif égoïsl lion
whig pouvait-elle attribuer à li conduite do roi! I hill d'exclusion ne diminuait en rien ni -• lives m -"ii revenu. Bien plus, en j consentant, il lit pu aisément a n revenu ; et que lui
import nt < 1 1 1 î gouvei nerail après lui . s'il
prédilections personnelles, il était bien connu que nt pour le duc «1»' Rfotimouth plutôt que pour le duc d'York. L'explication li pins naturelle de sa conduite semblait donc que, tout insouciant d « i tout
relâché dans ses mœurs qu'il lût. il avait été guidé en cette occasion par un sentiment <!»■ devoir el d'honni m . it s'il en ••t.ut ainsi, la nation voudrait-elle le (brcei ;i un acte qu'il jugeait criminel et honteux.' I violemment sut «science, même par îles moyens
sti ii I nstitutionnelti . semblait aux iél<
listes peu généreux el |m»u loj il. Mais les moyens stri ment constitutionnels n'étaient |»as lesM'ulsqueli - w
In «si-iil ili>| ^ ,i eui|ilo\i>i . 1 1 ues ap| ienl
déjà, |»n mt-i oiii<uin tir ui andfl troubl
hoinmes , <|in , an temps de la u« i re i ivile el :
publique !•( ii< quis une odieuse notoi i* li
de l'obsi m ile dans I tqin-U ■ laient leuti
la restauration, pour n, (|, roberà la haine générale, mon-
t ra ient partout leurs figures confiantes et affairées, et semblaient attendre un nouveau règne des Saints, une autre bataille de Naseby, une autre liante cour de justice, un autre usurpateur sut le trône, les lords cliassés de nouveau de leur salle de séances par la force, les universités purgées de nouveau , l'Église dépouillée et persécutée de nouveau , les Puritains de nouveau triomphants : voilà à quels résultats semblait tendre la politique désespérée de l'opposition.
Animée de tels sentiments, la majorité des classes supérieures et des classes moyennes s'empressa de se rallier autour du trône. La situation du roi ressemblait à s'y méprendre, en ce moment, à celle de son père après que la remontrance eut été votée. Mais la réaction de 1641 n'avait pas pu suivre son cours. Charles Ier, au moment où son peuple, depuis longtemps désaffectionné , revenait à lui avec un cœur disposé à la réconciliation, s'était, par une violation perfide des lois fondamentales du royaume, aliéné à jamais sa confiance. Si Charles II avait imité la conduite de son père , s'il avait fait arrêter les chefs whigs d'une façon irrégulière, s'il les avait fait accuser de haute trahison devant un tribunal dépourvu de toute juridiction légale sur leurs personnes , il est très-probable que les Whigs auraient rapidement reconquis l'ascendant qu'ils avaient perdu. Heureusement pour lui , il fut poussé , dans cette heure de crise, à adopter une politique singulièrement judicieuse. Il se détermina à se conformer à la loi, mais en même temps à faire un usage rigoureux et inflexible de la loi contre ses adversaires. Il n'était pas obligé de convoquer un parlement avant un délai de trois ans ; il n'était pas très -pressé d'argent : le produit des taxes qui lui avaient été accordées pour tout son règne excédait l'estimation ; il était en paix avec tout le monde ; il pouvait retrancher de ses dépenses en abandonnant le dispendieux et inutile établissement de Tanger, et il