‹ Histoire d'Angleterre, depuis l'avènement de Jacques IIChapitre 2 sur 63 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

HISTOIRI l'I l'aNGLBTRRRI IVAN1 l\ RESTAURATION.

La Cl ligne tout 1rs Romains. — La i tAgne

ult ii>. — Effets iJ.- la

<li I — La nature

niléei du rno; > an-

s rois anglais. — Cet lin I

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moi

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du droit «loin. — I m .1 '| • \

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«âJtaCMI. — RétUttlto b la - i

convoqué et dissous. — Le long parlement. — Première apparition des deux grands partis anglais. — La rébellion irlandaise. — La remontrance ,

— Mise en accusation de cinq membres des communes. — Charles quitte Londres. — Commencements de la guerre civile. — Succès des royalistes. — Apparition des indépendants. — Olivier Cromwell. — Ordonnance dite d'abnégation. ■ — Victoire du parlement. — Domination et caractère de l'armée.

— Soulèvements contre le gouvernement militaire réprimés. — Procès du roi. — Son exécution. — Soumission de l'Irlande et de l'Ecosse. — Expulsion du long parlement. — Protectorat d'Olivier Cromwell. — Richard Cromwell succède à son père. — Chute de Richard et résurrection du long parlement. — Seconde expulsion du long parlement. — Monk et l'armée d'Ecosse marchent sur l'Angleterre. — Monk se déclare pour un parlement libre. — Élections générales de 1660. — La restauration.

Je me propose d'écrire l'histoire de l'Angleterre depuis l'avènement au trône du roi Jacques II jusqu'à ces jours dont les événements font partie des souvenirs de quelques hommes encore vivants. Je raconterai les erreurs qui, en quelques mois, enlevèrent à la maison des Stuarts les cœurs d'une gentry ' dévouée et d'un clergé fidèle. Je décrirai le cours de cette révolution qui termina le long combat de nos souverains avec leurs parlements, et qui unit les droits du peuple aux privilèges de la dynastie régnante. Je dirai comment le nouveau régime fut pendant de longues et orageuses années défendu avec succès contre ses ennemis domestiques et ses ennemis étrangers; comment sous ce régime s'établit un équilibre parfait entre l'autorité de la loi, la sécurité de la propriété et une liberté de discussion et d'action individuelles inconnue jusqu'alors; comment sous les auspices de cette alliance entre l'ordre et la liberté s'épanouit une prospérité dont les annales des affaires humaines n'avaient pas encore fourni l'exemple ; avec quelle rapidité notre pays d'un état d'ignominieux asservissement s'éleva au rang d'arbitre des puissances européennes et vit grandir simultanément son opulence et sa gloire mi-

t.' nlry veut dire a la fois moins que noblesse et plus que classe moyenne. Ll genfry est ne que nous appellerions soit aristocratie bourgeoise, soit petite noblesse.

ItfTRODI CTIOtf. 1

menl pai une hounc loi - ilm< •• «t opini iduellemcnl un i rédil publi< source de mei veilles <\\i>- les hommes d'Étal de tous i ieurs san-, exception aui aienl om-

ment un commet i - |uc <l<>im.i nais i un

pouvoir maritime tel que le la

autres pouvoirs maritimes anciens et modernes serait vaint el puérile; comment après des d'inimitié

I Ecos e fut enfin unie à l'Angl< ilement pai

i •!! légaux, mais par les liens indissolubles de linlérêl et de raiïcction ; comment en Amérique les colonies anglaises devinrent rapidement plus puissantes et plos riches que les royaumes que Oortès el Pi/. un- avaient ajoutés aux possession ;de < harles-Quint; el comment en

lis fondèrent nu empire austr tplendide el plus durable que celui «i" Alexandre. Mon devoir d'historien m'ordonnera aussi • !<• racontef

désastres mèl< s aux triomphes, hum que les grands crimes el égaremei I onaux plus humiliants que les

désastres. <>n verra que les choses < |ii-- noui considéi i |im< hiir comme nos plus bienfaisantes conqii ne furent pas sans ail i ta [ue le système

qui aasurt nos droits el les mit si complètement à ! des empiétements du pouvoir royal donna naissance à une nouvelle clas m d'abus donl les moi solu< - -<»nt

• lemptes. <>n ven i que par suite de l'intervention »i de la négligence également impolitiques du gouverner™ nt,

croissement de la 1 i< i l'extension du comm<

produisirent avec d'immenses hienfaits ipielquet mats auxquels échappent les s< pau> res el

On verra comment dans deux nuiines tlé|>endantcs de l.t couronne, l'injustice recul rapidement son «Iniiment; comment l'imprudeiice el l'entêtement brisèrent les liens qui unissaient les rolonû j «I»- l'Amérique du Nord i li mère-patrie; 1 1 rommenl I Irlande, condan à la domination d'une i »< • nr une autre une

religion sur une antre religion, ne fut plus qu'un membre desséché et flétri de l'empire britannique, dont elle ne rossa pourtant de faire partie, mais sans ajouter aucune foire au corps politique, objet repoussant montré au doigt par tous ceux qui craignaient ou enviaient la grandeur de l'Angleterre , sujet éternel de leurs reproches.

Cependant, ou je me trompe fort, ou ce récit plein dt variété et de contrastes aura pour effet général d'éveiller la reconnaissance dans tous les esprits religieux, et l'espérance dans tous les cœurs patriotiques. Car l'histoire de notre pays pendant les dernières cent soixante années est éminemment l'histoire du progrès matériel, moral et intellectuel. Ceux qui comparent l'époque dans laquelle il leur a été donné de vivre avec un âge d'or qui n'existe que dans leur imagination peuvent parler d'abâtardissement et de décadence; mais tous ceux qui ont une connaissance précise du passé ne se sentiront point disposés à porter sur leur époque un jugement morose et désespéré.

Je n'exécuterais que bien imparfaitement la tâche que j'ai entreprise si je me bornais à raconter les batailles et les sièges, l'avènement et la chute des administrations ministérielles, les intrigues de palais et les débats parlementaires. Je m'efforcerai de raconter l'histoire du peuple aussi bien que l'histoire du gouvernement, desuivre les progrès des arts utiles et d'agrément, d'expliquer l'origine des sectes religieuses et les changements du goût littéraire, de peindre les mœurs des générations sucivrs, et de ne pas même négliger les révolutions qui sont accomplies dans le costume, l'ameublement, la nourriture et Les amusements publics. J'accepterai joyeu- 1 raient Le reproche d'avoir fait descendre l'histoire aud< bsous de sa dignité, si je puis réussir à placer sous les yeui des Anglais du dix-neuvième siècle une in*age exacte de la vie de leurs ancêtres.

iMiînhi rrio\. .*>

1 1 événements qtie je m»' propose de i aeontei t. i m. ut qu'un seul i te d'un <li amc immen -•■ 1 1 aui mille péripéties, qui s'étend à travers les si I ne

peuvent ètn que très-imp irfaitement compri û l'on ne connaît pas bien !<• plan des ictes antérieurs. Je ferai don* lei mon récit d'une courte esquisse de notre

histoire depuis les temps les plus recul* s. le passerai ivec rapidité sur bien des si clés, mais je m'étendrai davan-

-iii les vicissitudes de cette lutte dont l'administration du mi Jacques li amena le dénoùmenl définitif '.

I : km «l ma l'existence première de la Gi inde-Bretagne n'indiquait la grandeur qu'elle é1 ûl destinée à atteindre.

habitants, quand ils furent i omras pour la première fois par les marins de Tyr, étaient a peine supérieurs aux naturels des Iles Sandwich. Elle fut subjuguée par

ii mes de Rome, mais ne reçut qu'une faible teinture

trts et des lettres de la nation conquérante. De toutes les provinces occidentales qui obéissaient aux Césars, elle fut li dernière conquise et la première dél lissée. Aucuns restes grandioses de portiques et d'aqueducs romains ne se trouvant dans la Grande-Bretagne ; aucun écrivain de sang breton n'est compté parmi les maitresde la poésie et de l'éloquence latines. Il n'est même pas prob ible que le langage « I « - leurs dominateurs italiens ail et aucune époque familier aux insulaires. De l'Atlantique aux rives «lu Rhin, le latin lui pendant plusieurs si< la langue dominante. Il fit oul)li< i le lu Ihipic,

il résista au langage leutonique, et il est resté l'élén premiei et le fondement des langues française, espa-

• D m rarement

I |>UIMb

(i L'ANGLETERRE AVANT LA RESTAURATION.

guole et portugaise. Mais dans noire ile, le latin ne pareil pas avoir jamais remplacé le vieux langage gaélique, et il ne parvint pas davantage plus tard à résister au langage germanique* l a maigre et superficielle civilisation que les Bretons ienl acquise au contact de leurs dominateurs méridionaux fut effacée par les calamités du cinquième siècle. Dans les royaumes du continent qui sortirent de la dissolution de l'empire romain, les conquérants apprirent beaucoup des vaincus. Mais dans la Grande-Bretagne , la race conquise devint aussi barbare que les conquérants.

Tous les chefs barbares qui fondèrent les dynasties teuloniques dans les provinces continentales de l'empire romain, Alaric, Théodoric, Clovis , Alboin, étaient des chrétiens zélés. Les compagnons d'Ida et de Cerdic, au contraire, apportaient dans leurs établissements de la diande-Bretagne toutes les superstitions des rives de l'Elbe. Tandis que les princes germains qui régnaient à Paris, à Tolède, à Arles et à Ravenne, prêtaient l'oreille avec respect aux instructions des évêques, adoraient les reliques des martyrs et prenaient une part passionnée aux discussions sur la théologie de Nicée, les conquérants <l«s royaumes de Wessex et de Mercie célébraient encore Leurs rites sauvages dans les temples de Thor et de NVoden.

Les royaumes du continent qui s'étaient élevés sur les ruines de l'empire d'Occident entretenaient encore quelques relations avec ces provinces orientales, où l'anime civilisation, bien que tombant lentement en poussière sous l'influence d'un inhabile gouvernement, < !. ut capable cependant d'étonner et d'instruire des barbares; où la cour conservait toujours les splendeurs impériales des temps de Dioclétien et de Constantin; où i' - édifices publics étaient encore ornés des sculptures de Polyclète et des peintures d'Apelles; où de laborieux

1 1 - ikxm l

poui \u> |» M eux-mémi ncnt

•■I «I - pi il, pou va i en I e re lii e et inlei pi éter les i lu

d'œuvn pho I Démosthèim < i de Platon.

Mais ii Gi onde- li lagne fut pi i

s' étaient . !i • qui babil lit

Is du Bosphore , l'objet d'une mysb lei reur

comparable à celle que les Ioniens d'Homèi otaienl

poui les d( filés de Si \ll.i « i l.i < i i «"- dis ;m(lm>p<ipli Lestrigons. il > avait dans notre Ue (on l'avait affirmé i Procope une province où la terre était oouvertede jerp ton l'air était tel qu'aucun homme ne pou-

vait le i el \ ivre ensuite. Dans cette r< gion d

lée, les âmes des morts étak nt transportées de la I des i a l'heure de minuit. Un 6U ings de

pécheurs accomplissait ce fantastique office. Les bateliers entendaient distinctement les dis< onn des morts . anus leur poids le navire s'enfonçait profondément dans les vagues ; mais leurs formes étaient invisibli l'œil mortel. Telles étaient les merveilles qu'an habile historien, contemporain de Bélisaire, de Simplicius el de Tribonien, racontait gravement dans l'opulent polie Constantinople , touchant un pays où le fondateur de l.i . apitale d'Orienl avait porté la pourpre impériale. n<-ii- avons pour toutes les autres prot inces de l'cm d'Occident une série ininterrompue d- documente n'est que dans la (irande-Bretagne qu'une époque fabuleuse sépare complètement deux époques historiq Odoacre et rotila, Euric et rhrasimund, Clovis, Kré- Brunehaut sont des hommes • i îles frmmes hisloi ique ; main Hengist et Hoi a, \ 01 tigei netB An lu h etMordred sontdi mythiques, donl

l'existence peut ôti i nturc i |>cih

vent être mises sin le même rutij que cell< de Homulus • t d*Hen al

i niiii les lénèbr» lissier, el la

contrés qu'on a perdue d i ne ions l»- nom

commence à reparaître sous le nom d'Angleterre. La

conversion des conquérants saxons au christianisme fut |e poinl de-départ d'une longue série de révolutions bienfaisantes. L'Église, il est vrai, avait été déjà profondément corrompue à la lois par la superstition et par cette philosophie qu'elle avait si longtemps combattue et dont elle avait enfin triomphé. Elle avait trop aisément admis des doctrines empruntées aux anciennes écoles, et des nies empruntés aux anciens temples. La politique romaine et l'ignorance gothique, .la subtilité grecque et l'ascétisme syrien avaient contribué à la corrompre. Cependant elle conservait encore assez de la sublime théologie et de la bienfaisante morale de ses premiers âges pour élever les intelligences et purifier les cœurs. Quelques-unes des choses qui, à une époque plus rapprochée de nous, lui furent justement reprochées à titre de honte comme ses plus grandes souillures étaient au septième siècle, et furent longtemps après au nombre de ses principales vertus. Si de nos jours le pouvoir - icerdotal empiétait sur les fonctions du magistrat civil, ce serait un grand malheur. Mais ce qui dans une époque de bon gouvernement est un mal peut être un bien dans une époque de gouvernement grossièrement mauvais. Il vaut mieux que le genre humain soit gouverné par de sages lois bien appliquées et une opinion publique éclaique par la diplomatie cléricale ; mais il vaut certainenu nt mieux être gouverné par cette diplomatie que par la force brutale, et par un prélat comme Dunstan que par un guerrier comme Penda. Une société plongée lui- l'ignorance et gouvernée par la force physique île a de grandes raisons de se réjouir lorsqu'une classe, don! l'influence est intellectuelle et morale, prend le us. Une telle classe abusera sans doute de son pouvoir, mais le pouvoir moral , même lorsqu'on en abuse, • i infiniment plus noble que le pouvoir qui consiste limplemenl dans la force corporelle. Nous lisons dans

].?> SAXOS *J

chroniques saxonnes tes histoires de tyrans qui,

parvenus au i ilte • !<■ la puissance, rongé de remords,

irdant ava hoi n m les plaisirs el les dignil quises lui leurs crimes, abdiquaient leur couronn cherchaient, dans de cruelles pénitences <•! d*incessai prières, le pardon de leurs forfaits. Ces histoires "nt arraché des expressions <1< mépris et d'amertume \ d< i i(i ivains qui, malgré leur étalage de lil»i alisnie, étaient aussi pleins de préjugés qu'un moine du moyen ftge, et • Iniit l'habitude étail d'appliquer à tous les événements de l'histoire «lu monde l<- critérium adopté par la société parisienne «lu dix-huitième siècle. A coup sûr, cependant, un* système qui, bien que défiguré pai la superstition, introduisait de telles contraintes morales dans des Liais qui n'étaient gouvernés auparavant que pai des nets vigoureux et des passions entreprenantes, an système qui enseignait au plus puissant et au plus despote <|u'il était, comme le plus humble de serfs, un être responsable, aurait <lù mériter que des philosophes el des philanthropes parlassent de lui avec plus de respei t.

l es mêmes réflexions B'appliquent au mépris ivei lequel il était de bon ton, au dix-huitième siè< le, <l«- parler des pèlci inagos, des asiles religieux, des i roisad des institutions monastiques «lu moyen Age. Dans <Icn temps où les l ies étaient rarement i \ voya-

ge] par un sentiment do libérale i nriosité ou pai le désir ■ lu gain, il valait certainement mieux que les rudes h ibitants «lu n«ti| visitassent l'Italie et l'Orient en qualité <l«' pèlerins, que de ne voir antre chose pendant toute leur vie que les huttes sordides el les forêts sauvages de leur patrie natale. \ une époque où des tyrans et des maraudeurs mettaient chaque jour en péril la vie des hommes el l'honneur dos tommes, l« l in itionn I

(|ui considérail comme sarré el inviolable l'ouooinlo d'une chapelle valait mieux que l'absence de tout refuge

inaccessible à la cruauté et à la licence. A une époque où les hommes d'Étal étaient incapables de former de vastes combinaisons politiques, il valait mieux que les nations chrétiennes se levassent ensemble et s'unissent pour recouvrer le saint sépulcre, que de se laisser anéantir successivement, une à une, par les armes mahométanes. Quelque justes qu'aient été plus tard les reproches d'indolence et de luxe adressés aux ordres religieux, assurément il était bon que, dans un âge d'ignorance et de violence, il y eût des cloîtres paisibles où les arts de la paix pussent être cultivés avec sécurité, où les douces et contemplatives natures pussent trouver un asile; où tel moine pût s'occuper à transcrire Y Enéide de Virgile, et tel autre à méditer les Analytiques d'Aristote; où celui qui possédait le génie artistique pût enluminer un martyrologe ou sculpter un crucifix, et où cet autre, dont l'esprit (Hait tourné vers la philosophie naturelle, pût faire des expériences sur les propriétés des' plantes et des minéraux. Si de telles retraites n'avaient été disséminées çà et là parmi les huttes de misérables populations rustiques et les châteaux d'une féroce aristocratie, la société européenne n'aurait été composée que de bêtes de somme et de bêtes de proie. L'Église a été comparée bien souvent par les théologiens à l'arche dont parle la Genèse : mais jamais cette image ne fut d'une vérité plus frappante que durant ces jours détestables, où seule elle flotta, au milieu de la nuit et de la tempête, sur les eaux de ce déluge où gisaient englouties toutes les grandes œuvres de l'antique politique et de l'antique sagesse, portant en die le faible germe d'où devait sortir une seconde et plus glorieuse civilisation.

La suprématie spirituelle que s'arrogeait le pape produisit elle-même plus de bien que de mal. Dans ces siècleç de ténèbres, elle eut pour effet d'unir les nations do L'Europe occidentale en une seule grande communauté. Rome et son évêque furent, pour tous les chrétiens de

LES SAXO* Il

kl communion latine, depuis In < M t f »i * • jusqu'aux II-

brid ,i ses d*( >lympie< I K - pythiens

avaii ni été | >< h 1 1 toutes les ?ill< ques, d( \>\u^ Trébi-

ronde jusqu'à Marseille, linsi grandirent, but une \ échelle, d< \ sentiments de mutuelle bienveillant l • races réparées par de vastes mei sel le hautes montai le reconnurent pour sœurs et adoptèrent un même i <!«• <li«»it public; même dans la guerre, la cruauté du conquérant fui fréquemment tempérée par le *ou,venii <jih- lui et ses ennemis vaincus étaient tous membres (Tune même grande fédération.

I 'est dans cette fédération que Rirent *-fitiii admis nos ancêtres saxons. Des communications régulières s'établirent entre nos rivagt set< ette contrée de l'Europe les traces de l'ancienne civilisation étaient encore visibles. Bien il<> nobles monuments, qui depuis onl détruits et mutilés, conservaient encore leur ancienne magnificence ; et les voyageurs poui lesquels Sallusl Tite-Live étaient lettres closes pouvaient néanmoins l <l<- la vue des temples • t des aquedui s quelques faibli s notions d'histoire romaine. Le dôme d' Agrippa, doi bronze étincelait en< ore, le mausolée d'Adrien, qui n'avait pas encore perdu ses colonnes et ses statues, l'amphithéâtre Flavien, qui n'avait pas enc< transformé en carrière, racontaient aux pèlerins merciens • •( ihm- Ihumbriens quelques fragments de l'histoire de • grande civilisation disparue. Les insulaires revenaient, le respect et l'étonnement profondément gravi sdansleui Ame .1 demi dégrossie, ••! racontaient aux habitants émerveill baraqui de l bndres et d'York «ju'1 tout

«lu tombeau de aint Pierre une race puissai maintenant ét< mi . w \\\ «ni i— ■ ■ -l- - éditii -■- qui ne seraient détruits qu'au joui du jugement, v la suite «l'i christianisme arriva !«■ savoii I et l'éloquence

du siècle d'Auguste furent étudia < iduité <l ins

les mona l< n de L N'< i< io - 1 d< la Northumbrie. I>e*

noms de Bède, d'Alcuin et do Jean, surnommé Érigène, lurent justement célèbres dans toute l'Europe. Tel était lYtat de aotre contrée, lorsqu'au neuvième siècle commença la dernière grande invasion des barbares du

Nord.

Dînant plusieurs générations le Danemark et la Scandinavie ne cessèrent de vomir d'innombrables pirates, remarquables par leur force, leur valeur, leur férocité impitoyable et leur baine du nom chrétien. Nulle contrée ne souffrit plus de ces envahisseurs que r Angleterre. Ses côtes étaient voisines des ports d'où ils s'embarquaient, et aucun point de notre île n'était a-sez éloigné de la mer pour être à l'abri de leurs attaques. Les mêmes atrocités qui avaient accompagné 1rs victoires des Saxons sur les Celtes, les Danois les renouvelèrent alors après des siècles contre les Saxons. La civilisation qui commençait justement alors à s'épanouir fui brisée par ce coup de vent et disparut une fois encore. De vastes colonies de ces aventuriers de la Baltique s'établirent sur les rives de l'est, puis s'étendirent graduellement vers l'ouest, et bientôt, appuyés par les renforts constants qui leur venaient d'outremer, les envahisseurs aspirèrent à la domination du royaume entier. La lutte engagée entre ces deux farouches races sorties de la même souche teutonique dura six générations. Chacune l'emporta alternativement. !)<• cruels massacres, suivis de cruelles vengeances, des provinces dévastées, des couvents pillés, des villes rasées, composent en grande partie l'histoire de cesmauvais jours. Enfin, ce torrent de déprédateurs toujours nouveaux cessa de couler du Nord, et dès ce moment, l'aversion mutuelle des races commença à diminuer. I mariages réciproques devinrent fréquents. Les Danois ^'instruisirent dans la religion des Saxons, et ain-i disparut une cause de moi telle animosité. Les langues danoise et saxonne, deux dialectes d'un

l i - NORMANDS. 13

même idiome répandu sur un espace immen fon-

dirent ensemble. Mais li distinction entre les deux nations n'était aucunemenl effacée, lorsqu'arriva l'événemenl qui les plaça dans un commun esclavage el dans une commune humiliation aux pieds d'un troisième peuple.

Les Normands étaient alors la ra< •• la plus éminente de la i brétienté. Letu valent et leiu féroi ité les avaient lait remarquer parmi les pirates que la Scandinavie avait envoyés au pillage, de l'Europe l< ni île.

Leurs vaisseaux rurenl longtemps laterreui des deux rives du détroit. Ils avaient porté à plusieurs repri leurs .unir, jusqu'au centre de l'empire carloving et avaient été victorieux sous les murs de Maastricht et de Paris. Enfin, un des débiles héritiers <!«• Charli h i éd une province fertile, ai -

i .1 un beau fleuve, contigue* à la ukt, leur élément favori. Dans cette province ils fondèrent un État puissant « jm étendit graduellement son influence sur les principautés voisines de la Bretagne el «lu Maine. Sans rien abdiquer de cette valeur ind mptable qui les a\.ii! rendus la i« rreur de toutes les nations depuis l'Elbe jusqu'aux Pyrt nées, Ii - Normands s'étaient rapidement mile toute la i ulture morale , la e et la « ivi-

lisation du | i laienl établis et même

avaient ajouté. Leur » oui tute in-

vasion étrangère leui territoire, dans lequel ils < blirenl un ordre intérieur que l'empire franc avait 1< temps ignoré. Ils i m brassèrent 1<- christianisme, 1 1 le « In istianisme apprirent .1 i" u pn - du clei ; »

qu'il |»>ii\.ui i r. Ils al>andonnèrent leur lan

nationale el adoptèrent la langue fraut iis< . 'I ml le latin était l'élément prédominant. Ils élevèrent leur nouveau

i une û ignité et ù 1 1 1 1 « * impoi tant e qu'il n'ava I mais eues aupa avant. Ils le trouvèrent à l'état de jarj barbare, <i il- en Ûreul une langui écrite qu'ils em-

li l/ ANGLETERRE AVAN l' LA RESTAURATION.

ployèrent à la législation, à la poésie, aux romans de chevalerie. Ils renoncèrent à cette brutale intempérance à laquelle toutes les autres branches de la grande famille germanique avaient trop d'inclination. Le luxe élégant du Normand présentait un frappant contraste avec l'ivrognerie et la gloutonnerie grossières de ses voisins Danois et Saxons. 11 aimait à montrer sa magnificence non par de larges entassements de mets et de tonneaux remplis de lourds breuvages, mais par de vastes et beaux édifices, de riches armures, des chevaux élégants, des faucons de choix, des tournois bien ordonnés, des banquets délicats plutôt qu'abondants, des vins plus exquis et plus savoureux qu'enivrants. Cet esprit chevaleresque qui a exercé une influence si puissante sur la politique, les mœurs et les manières de toutes les nations européennes, avait trouvé son plus haut point d'élévation dans la noblesse normande. Les nobles normands se distinguaient par leur tenue gracieuse, leurs manières insinuantes, leur habileté dans les négociations diplomatiques et une éloquence naturelle qu'ils cultivaient assidûment. Aussi un de leurs historiens dit- il avec orgueil que tous les gentilshommes normands étaient orateurs dès le berceau. Mais ils tiraient la plus grande part de leur renommée de leurs exploits militaires. Chaque pays depuis l'Atlantique jusqu'à la mer Morte fut témoin des prodiges opérés par leur discipline et leur valeur. Un chevalier normand à la tête d'une poignée de guerriers dispersa les Celtes du Connaught. Un autre fonda la monarchie des Deux-Siciles et vit les empereurs d'Orient et d'Occident fuir devant ses armes. Un troisième, l'Ulysse de la première croisade, lut revêtu par ses compagnons d'armes du titre de prince d'Àntioche; et un quatrième, le Tancrède dont le nom vit immortel dans le grand poème du Tasse, fut célébré dans toute la chrétienté comme le plus brave et le plus généreux des champions du saint Sépulcre.

l \ ( MfQI i I I IWRMAHI ffi

l • voisin ige d'un peuple n i emarquable commi l<- bonne heure à faire impression sui l'esprit publii Je . Avant l.i conqut le, Ici pi m- 1 - anglais

ienl leui éducatioi n mandie. l

domaines anglais étaient coin l • français d<- n i m indi< était fan u p il li

ttminster. En un mot, la i oui de Rouen semble avoii

i la coui d'Edouard le Confesseur ce que longU inps après la < our lilles fui à la « our l les II.

li bataille d il istings el les événements qui la ^\w\\rent ne placèrent pas seulement un 'ln< de Normandie soi le trône d'Angletei re, m lis livrèn ni toute la

population angl lise i 1 1 tyrannie de la i mande.

l i i onquête d'une nation pti ■ autre nation a

ment plus complète, même en Ui I lys fut | entn |, capitaines des envahisseurs. De fortes institutions militaires, étroitement unies i l'établis ment <l<- la propriété, donnèrent aux conquérants étran-

les moyens de maintenir leur tyrannii I mis

du sol. t ii code pénal cruel et cruellement appliqué protégea les privilèges el même les plaisirs des op| seui ml. ml la i a |uise, quoique tei i

foulée ;m\ pieds, fit encore sentir son aiguilloi ques hommes hardis, héros favoris de nos plus vieilles ballades, se réfugièrent dans les bois; et là, en dépit des

du couvre-feu et des lois sui les forêts, firent une

1 mi. il devint

un »\ , n. ment joui ualiei , D \ Noi manda dis| soudainement sans laisser de < 1 1 ombreux cad i-

6 1 aient trouvée poi tant lea marques de la n i >l< Sentent e de mot i p u II loi tore était m rtdue « onti nu'iii h iers, qui étaient i«< h( n h< le plu

soin, m li en vain , i ai l;i nation riitiriv •'•t.nl .i I m un dérobei les coupables aux poursuites. \ la tin, on jn ' i H' d'impuseï une amende sui i haque

centui ie nu une pei jonne d'exti ai lion fran< m ait

été tuée, et cette ordonnance fut suivie d'une autre portant que toute personne assassinée serait supposée d'extraction française, à moins qu'il ne fût prouvé qu'elle était de race saxonne.

Pendant le siècle et demi qui suivit la conquête, il n'y a pas, à proprement parler, d'histoire d'Angleterre. Les rois français de l'Angleterre s'élevèrent, il est vrai, ù une puissance qui jeta dans l'étonnement et la crainte les nations voisines. Ils conquirent l'Irlande. Ils reçurent l'hommage de l'Ecosse. Par leur valeur, leur politique, leurs heureuses alliances matrimoniales, ils devinrent infiniment plus puissants que leurs suzerains les rois de France. L'Asie, aussi bien que l'Europe, fut éblouie de la gloire et de la puissance de nos tyrans. Les chroniqueurs arabes racontent avec admiration, bien qu'à contre-cœur, la prise d'Acre, la défense de Joppa, la marche victorieuse sur Ascalon ; et les mères arabes effrayèrent longtemps leurs enfants avec le nom du Plantagenet au cœur de lion. Un moment il sembla que la race de Hugues Capet allait finir, comme avaient fini les races de Mérovée et de Charlemagne, et qu'une seule grande monarchie allait s'étendre des Orcades aux Pyrénées. Il existe, dans un grand nombre d'esprits, une association si étroite entre la grandeur du souverain et la grandeur de la nation qu'il gouverne, que presque tous les historiens de l'Angleterre ont parlé avec un sentiment de triomphe du pouvoir et de la splendeur des maîtres étrangers de leur pays, et se sont lamentés sur la décadence de ce pouvoir et de cette splendeur comme sur une calamité nationale; mais en réalité cela n'est-il pas aussi absurde que si de nos jours un nègre d'Haïti insistait, avec un orgueil national, sur la grandeur de Louis XIV, et parlait de Blenheim et de Ramillies avec une honte et un regret patriotiques? Guillaume le Conquérant et ses descendants, jusqu'à la quatrième génération, ne furent pas Anglais ; beaucoup d'entre eux étaient

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