‹ Histoire d'Angleterre, depuis l'avènement de Jacques IIChapitre 3 sur 63 · I.A G BAN DE * Il \l · texte numérisé non relu

I.A G BAN DE * Il \l

i h i'i .1 1 1 • • ■ . i \ pa - lienl 1 1 plu • i anile p h lie de leni \ ie ; Icm langage •■■ •'' que

i < . 1 1 1 < |i li md • i haj . - qu'ils pouvaû i

lonnaienl à des ! quisilion qu'il*

lien! but le i onlinenl lea ren lail de moins i n m dispo ésà T i pour la population de noire Ile. lu

des plus « apabli - d'entre eux i i la véi I

quérir les cœurs d< ijels anglais, en i ponsant une

prim >axonne; u •• fui jugé par la

plupart de ses barons comme le a rail aujourd'hui, dans la Virginie( le mariage «l'un planteur blanc ave une quarteronne. Ce princi est connu dans l'histoire sous l'honorable surnom de Beaui len ; mais de son temps, compatriote a le désignaient par un sobriquet saxon qui faisait une allusion mépi is mte à son mai i ig<

Si les Plantagenets, comme cela sembla possibl une certaine époque, eussent réussi • réunir toute la

I rancesous leui gouvernement, il est probable que l'Angleterre n'aurait jamais eu d'existence indépendante. s priw lords, ses prélats eassi ni été différents,

I I race el le langage, de ses artisans et -i-' ses laboureurs. i 1 1 venus de -i ands propi iétaires aur ti< ni été dép ns4 - -m li - bords de la & ine en festins h en dr lissemeuts. ! e noble lang tg< de Hilton et de Burki

rail resté un diali Lique, sans littérature

1 1 1 1 1 » 1 1 ■ m orthographe fixes, el aui lil été laissé avec dédain aux paysans et aux gen nrs. Aucun homme

d'extr i. lion lil élevé à une grande si tu i-

iimii qu'en Be i lisant i ram us dans ses habit

C'est à un évén< ment que nos historiens nul dé-

ment regardé « omme désastreux que I \ n -ii« \ iblc d'avi di telles i alamiti S

intérêts étaienl Bi direx U mi pp lion av< i les

iutérèls de ses souvei ain . qu'elle n*a> lil d'i que dans leurs erreurs el leurs infortunes i talents el

18 i/angleterre avant la restauration.

même les verdis de ses six premiers rois français furent pour elle une vraie malédiction. Les folies et les vices il ii septième furent son moyen de salut. Si Jean avait hérité des grandes qualités de son père, de Henri Beauclerc, ou du Conquérant, moins que cela, s'il eût possédé le courage militaire d'Etienne ou de Richard , et si le roi de France qui régnait alors eût été aussi incapable que l'avaient été les autres successeurs de Hugues Capet, la maison des Plantagenets se serait élevée en Europe à un ascendant sans contrôle/Mais, précisément à ce moment décisif, la France, pour la première fois depuis la mort de Charlemagne, était gouvernée par un prince d'une grande fermeté et d'une grande habileté; et l'Angleterre, au contraire, qui depuis la bataille d'Hastings avait été gouvernée généralement par de sages hommes d'État et toujours par de braves soldats , était tombée entre les mains d'un lâche et d'un niais. Alors se leva l'aurore des destinées de l'Angleterre. Jean fut chassé de la Normandie. Les nobles normands furent obligés de choisir entre notre île et le continent. Enfermés désormais par la mer avec ce peuple qu'ils avaient jusqu'alors opprimé et méprisé, ils arrivèrent peu à peu à regarder l'Angleterre comme leur patrie et les Anglais comme leurs compatriotes. Les deux races, si longtemps hostiles, reconnurent bientôt qu'elles avaient des intérêts et des ennemis communs. Toutes deux avaient à se plaindre de la tyrannie d'un mauvais roi ; toutes deux s'indignaient également des faveurs accordées à des Poitevins et à des Aquitains. Les arrière-petits-fils des hommes qui avaient combattu sous Guillaume et sous Harold se rapprochèrent les uns des autres, et le premier ;e de leur réconciliation fut la grande charte, conquise par leurs efforts réunis et rédigée pour leur avantage commun.

Ici commence l'histoire de la nation anglaise. Celle des événements précédents n'est que l'histoire des maux tour

H SIOIN "I - RAI

;'i tour ini i •

le liabil qui se | ■•

une >n mutuelle 1 1 i oniroe il n'en exista que i

ment entra lea nal - pai des bai rieres natu-

relles : i;ir l*,nn réciproque de nation

l'une contre l'autre < ïl faible, compan i ! animosité de nations qui, éparé* - moralement, sont entrei I ms

n mes lieux. Dana aucune contrée , l'inimitié de 13 plus loin qu'en Angleb >.

aucune cette inimitié n'a été plus complétemenl •

de cette lente révolution, <|ui fondit

itilea en une seule mas • 1 iog« ne, ne

ncro sont qu'imparfaitement connues; maiail es! certain qu'à L'avènement de Jean, la distini lion entre lea v ixons • i lea Normands étail profondément marquée, el qu'avant la tin du règne de son petit-fils, il n'y en avait presque plus de traces. Au temps de Ri< hard l , l'unprécatioo ordinaire d'un gentilhomme normand él

Que je devienne plutôt un Anglais, et la forme ordinaire de ses démentis dans les moments d'indignation étail : Ile prenea-voua pour un Anglais? Cent ans plus tard . i adant sV itilhomme était Ûet «lu

nom d'Anglais.

Les Bonrcea des plus fameuses i n ièrea qui répandent

la fertilité sur le m nts, el poi l< ut pi qu'à la

mer les flottes aux riches cargaisons, se trouvent dam

parties stéi iles «1rs < nntivcs nioiila-

lises, incoi 1 1 i teiiieul Mâtures sui la carte, t't i

nient explorées par les voyageurs. L'hisl >ire de notre

.m treizième siècle peut se coinjun juste*

ment a une région de u e, m dgré la stéi dit

i m ité de « ette portion de noa aimai ette

époque qu'il noua faut cherchei l'origine <l«" notre lil

de notre pros|iéi ité et < re. C'est alors que

! uni peuple anglais se loi m i, que I lais

commença fi n trei ulai iiés qu'il a « »»i

depuis ; c'esl alors que nos pères devinrent des insulaires dans tonte l'acception du mot, non plus seulement par leur position géographique, mais par leur politique, leurs sentiments, leurs manières. Ce fut alors qu'apparut distinctement pour la première fois celte constitution qui, à travers tous ses changements, a conservé son identité; cette constitution dont toutes les autres constitutions libres du monde ne sont que les copies, et qui, en dépit de quelques défauts, mérite d'être regardée comme la meilleure sous laquelle ait vécu depuis des siècles une grande société. Ce fut alors que la chambre des communes, cet archétype de toutes les assemblées représentatives des deux mondes, tint ses premières sessions. Ce fut alors que le droit public s'éleva à la dignité de science, et devint rapidement capable de soutenir la comparaison avec la législation impériale. Ce fut alors que le courage de ces matelots qui montaient les barques grossières des cinq ports rendit redoutable, pour la première fois, l'étendard anglais sur les mers. Ce fut alors que furent fondées les deux universités, ces deux anciens collèges qui sont encore aujourd'hui les grands foyers de la science nationale. Ce fut alors que fut formé ce langage, moins musical à la vérité que les langues du Sud, mais qui n'est inférieur en force, en richesse, en souplesse de ressources pour l'expression des conceptions et des pensées les plus élevées du poëte, de l'orateur el «In philosophe, qu'à la langue grecque seule. Alors aussi apparurent les premières et faibles lueurs de l'aurore de cette noble littérature, la plus splendide et la plus durable des nombreuses gloires de l'Angleterre.

Dès les commencements du quatorzième siècle, l'amalgamation des races était à peu près complète, et bientôt des Bignes auxquels on ne pouvait se méprendre annoncerez qu'un peuple, qui ne le cédait en rien aux autres peuples alors existants, venait de se former par le mélange et la fusion de trois branches de la grande famille

..i BRRI S SUR LE ( NT. 21

tculonique et de In race ab rigène des Bretons. Il avail en vérité presque plus rieo de commua entre 1 gleterre <>ù Jean avail i pai Philippe- iugu

el l'Angletei re d'où les ai méi - d'Édou ird III -1 pour aller conquéi il la Fran< e.

Une période de plus de cent ;ms s'écoula pendant laquelle l<- princip il dessein des Anglais fui d'établir la force des ind empire suc I-- continent,

! réclamations d'Edouard III à l'héi itage occupé par la maison « 1 « Valois ne pouvaienl guère, à i e qu'il semble, intéresser beaucoup ses sujets; mais l'ardeur conquéi ante passa rapidement <lu prince au peuple. I elle gu< rre fut bien différente de celle que les Plaj ts du douzième

siècle avaient faite aux descendants de Hugues Capei.

iccès de Henri II ou de Richard l aurait fait de l'Angleterre une province de la France. L'effet des succès i douard IH et d'Henri V, au contraire, fut de faire un m. ment <!<• la Frarx e une province de l'Angleterre. Le dédain qu'au douzième siè< l«' les conquérants «lu continent avaient montré pour les insulaires, les insulaires le ren- • l ûent .'i leur toui au peuple du continent. Tout Anglais du Kent au Noi thumberland, Be considérant comme d'une

née pour la victoire et la domination, regardait avei mépris cette nation devant laquelle ses ancêtres avaient tremblé. « i i hevaliei - de <■ i ogm et de Guyenne eux-mêmes, qui avaient combattu si vaillamment i le pi m' • Noir, était ni I. s anglais i amme

des hommes d'une rai e inférieure, el i laii nt • •< art a mépris de i<«uv |, > commandements lucratifs et su rieurs. En très-peu <l«- temps nos ancêtres perdirent «!-• vue les raisons pn mU r< - de la querelle. Us en ai i nui à considérei la couronne de France comme un simple apanage i\v la « «mu. -mi. , i loi squ\ n

violation de la l • » i ordinaire de succession au Irone ildonnèrent la couronne d'Anglefc rre » la maison <l«- i castre, ils semblent avoii pensé qw \< droits A R

29 i.'anci.kterre avant la instauration.

chard II h la ronronne de France devaient passer du même coup à cotte maison. Le zèle et la vigueur que déployèrent nos ancêtres font un remarquable contraste avec la torpeur des Français, qui avaient un bien plus

ind intérêt dans le résultat de la lutte. Les plus grandes batailles dont l'histoire du moyen âge fasse mention furent gagnées à cette époque, malgré de nombreuses chances contraires, par des armées anglaises. Ces victoires furent de celles dont une nation peut être justement orgueilleuse, car elles doivent être attribuées à la supériorité morale des vainqueurs, supériorité qui était surtout remarquable dans les rangs inférieurs de l'armée. Les chevaliers anglais trouvaient de dignes rivaux dans les chevaliers français: Chandos n'était pas pour Duguesclin un adversaire supérieur ; mais la France n'avait pas d'infanterie qui osât affronter les arbalètes et les haches anglaises. Un roi français fut emmené prisonnier à Londres , et un roi anglais fut couronné à Paris. La bannière de Saint-George fut portée au delà des Pyrénées et des Alpes. Au sud de l'Èbre, les Anglais

-lièrent une grande bataille qui décida pour un temps des destinées des royaumes de Léon et deCastille; et les compagnies conquirent une prééminence terrible parmi ces bandes de guerriers qui mettaient à prix d'argent leurs armes au service des princes et des républiques d'Italie.

Lés arts de la paix ne furent pas négligés par nos pères dînant (cit.- orageuse période. Tandis que la France était désolée par la guerre, et qu'elle en était réduite

trouver dans sa propre détresse un moyen de défense contre l'invasion, les Anglais récoltaient et rentraient leurs moissons, ornaient leurs cités, discutaient, commerçaienl el étudiaient en toute sécurité. Un grand nombre 'I" nos ,,|„s beaux édifices appartiennent à cette «I1 ' est alors que s'élevèrent les belles chapelles

de .V W-€o!lege et de Saint-George, la nef de Winches-

rm s Mm 1 1. cotmiisirr.

U i el le chœui <l Voi !> bui j 1 1 les i<>ui s

majestueuses de Lincoln, l n lanj : i fois abondant

• i énergique, formé pai un mélange du français el di la I mgae . la commune pro-

l*i iélé «lu peuple el de I ai lie. IN n d< temps

oula . i n Mit l'applicalioii de ce! admirable instrument à des conceptions dignes de lui. Pendant que des lui; liions anglais, I ûss ml den ière eux les provii ices ri de France, entra ienl triomphants dladolid et pon-

ii la lei reui mx , o Florence, des pi

anglais peign tient avi c de vives couleurs rinfinie \ i des mœurs et des vicissitudes humain m -

piraient ;'i connaître, ou osaient douter aloi s que li ntenlaient de ei 1 1 de « i

I c n le qui pro luisît le prim e Noir et Derby,

Chandos et Hawkwood, produisit aussi Geoffi I lucar i .m \\ ycliffe.

< '( lie t ii "M splendidc et royale que le peupli

anglais i ment <lii entra dans le monde et [»i it :

itioni . Cependant, tout en i ontemplant byc< plaisir les hautes el imposantes qu dit • di loyéi - pai nos an< êtres, nous nn pouvons i ous empêcher d'avouci que la fin qu'ils poui suh irent él ent i ond imnéi

I »• 1 1 l'humanité et par une i>oliii«|ti éi I urée, • i qui les

rs i|in après une longue et sanglante lutte I- - t nui .1 abandonner l'espoir d'un grand empire but le continent, bien loind'êtredi Irrs, furentd'heureux événement . i ram lis se ralluma i nfin ; ils commencèrent àopposeï aux conquérants et i une ireuse résistance nationale, et à partit de ce moment l'habileté des capitaines el ! « bravoun lats anglais s'exercèrent, h i ureosementpoui legenn humain, en pun pei te. Vpi - bien des « omh ils di si 1 1 bi< n

ii«'- .m : l' indonnèrent la lutte. Depuis « - lie époque, qui un gouvernement angl lis n'a poursuivi sérieusement et avec pi raévérani e l'id on-

quêtes sur le continent. Le peuple, il est vrai, continua a caresser avec orgueil le souvenir de Crécy, de Poitiers r\ d'Azincourt. Bien des années après la fin de la guerre, il fU| facile encore d'échauffer son sang et de lui arracher des subsides par la promesse d'une expédition pour la conquête de la France. Mais heureusement les forces d'énergie de notre pays ont trouvé un meilleur emploi d'elles-mêmes, et maintenant l'Angleterre occupe dans l'histoire du genre humain une place bien plus glorieuse (pie celle qu'elle y aurait occupée, si, comme cela parut probable à une certaine époque, elle avait conquis par l'épée un ascendant analogue à celui que posséda jadis la république romaine.

Relégué une fois encore dans les limites de son île, ce peuple guerrier employa à la guerre civile ces armes qui avaient été la terreur de l'Europe. Les barons anglais avaient longtemps tiré des provinces opprimées de France les moyens de fournir à leurs prodigues dépenses. Cette source de richesses était épuisée, mais les habitudes luxueuses et fastueuses que la prospérité avait engendrées persistaient toujours, et les grands seigneurs, impuissants désormais à satisfaire leurs goûts en pillant la France, se pillaient mutuellement et avec une sorte d'ardeur. Le royaume où ils étaient maintenant confinés ne pouvait, comme le dit Comines, le plus judicieux ob- & i valeur de cette époque, suffire pour eux tous. Deux factions aristocratiques, commandées par deux branches de la famille royale, engagèrent une longue et cruelle lutte pour savoir à qui resterait la suprématie; et, comme L'animosité de ces factions n'avait pas sa source réelle dans les disputes relatives à la succession au trône, elle dura longtemps encore après que les motifs de ces disputes eurent disparu. Le parti de la Rose rouge Mirvécul .m dernier prince qui réclamait la couronne en vertu des droits de Henri IV; le parti de la Rose blanche survécut au mariage de Richmond et d'Élisa-

! |\l I |l.\ hl s| |,\ H

beth. I i . qui j ni i décemment i h'.

\,ilmi l'ombre d'un droit, les partisans «!•• la maison <!<• 1 .11.1 asti illièrent i une ligne balard< . el !••-

[lartisans de la maison d'York mirent en avant nne

■ d'imposteurs. Enfin, de guerre lasse, lorsque bien des nobles ambitieux eurenl péri sm le champ de bataille mi par la iiiain du bourreau, lorsqm b maisons illustres eurent disparu de la Bcèn d

loire, lorsque les grandes familles qui avaient sun épuisées 1 1 modér< es pai les « -il imil tout le monde i onnaltre que les droits

de tous 1rs Plantagenels passaienl a la maison de Tudor.

Pendant ce temps, une révolution s'opérait, infiniment I ti us importante que l'acquisition ou la perte d'une province, que l'avènement <>u la i bute d'une dynastk . I • el tous les maux qui l'accompagnent disparaissaient rapidement.

Il est remarquable que les deux plus grandes el plus salutaires révolutions Bociales qui ont eu lieu en .\i.. terre, celle qui au treizième siè< le mil Pin à la tyrannie d'une nation sur une autre Dation, el celle qui, quelques

■ i .ii i • us plus tard, mil fin à la nos» ssion de l'homme par l'homme, s'accomplirent silencieusement 1 1 un eeptiblement. Elles ne frappèrent pas de surprise les

rvateurs contemporains, et les historiens ne leui mil a« cordé qu'un média re degré d'attention. I 11 - ne furent accomplies ni par des règlements législatif! 1 1 force physique. Des « aus< b morales touU - Ha-

iiis bruit, d'abord la distiix lion entre li 'n ; le Saxon, i nsuit 1 1 distinction entre le malin • i l'es< l ive . mais pei sonne ne poui i lit

i le moment où < es distinctions . il d'exi

l*i -ui-t in ut-il été possible de rencontrer (|uelques iiicrs et faibles restes du vieux préjugé normand jus sn 1 1 lin du quatorze Des < m i- u\ .1. , ouvi .

reiit, du temps même des Stuarts, quelques faibles vestiges de l'institution du servage, qui d'ailleurs jusqu'à our n'a pas été aboli légalement.

11 serait fort injuste de ne pas reconnaître que le principal agent de ces deux grands affranchissements fut la religion, et il est même permis de douter qu'une religion plus pure eut eu la même efficacité. Sans contredit, l'esprit charitable delà morale chrétienne est opposé aux distinctions de caste; mais ces distinctions sont particulièrement odieuses à l'Église de Rome, car elles sont incompatibles avec d'autres distinctions essentielles dans son système. Elle attribue à tout prêtre une dignité mystérieuse qui lui donne droit au respect de tout laïque, et elle n'admet pas que, pour des raisons de nationalité ou de caste, aucun homme puisse être exclu des fonctions sacerdotales. Ses doctrines touchant le caractère sacerdotal, tout erronées qu'elles puissent être, ont à diverses reprises mitigé quelques-uns des pires maux qui puissent affliger les sociétés. Une superstition ne peut être regardée comme absolument nuisible, lorsque dans des pays frappés des calamités qu'engendreja tyrannie d'une race sur une autre race, elle peut créer une aristocratie entièrement indépendante du préjugé du sang, transformer les relations entre l'oppresseur et l'opprimé , et forcer le maître héréditaire à s'agenouiller au pied du tribunal spirituel du serf héréditaire. De nos jours encore, dans quelques-unes des contrées où existe l'esclavage des noirs, le papisme contraste à son avantage avec toutes les autres formes du christianisme. Il est notoire que L'antipathie entre les races européennes et africaines est moins forte à Rio-Janeiro qu'à Washington. Dans noir,: propre pays, cette doctrine particulière du système catholique romain produisit au moyen âge de nombreux el salutaires effets. 11 est vrai que, peu de temps après la bataille d'Hastings, les abbés et les prélat saxons furent violemment déposés, et que jies

f \!!\TT!m\ m g8m tGI . Yi

nluriers ecclésiastiques <ln continent furent mi* pai n possession d'opulents bénéfli .1 mi . même ak>i - . de pieux «l" teui i di san( n md ni la von i ontre une telle violation de l.i con- Rtilntion de I l glisc, i efus< i • ni • i la anitri

mains du conquérant , el l'avertirenl qu'il lui était défendu, au péi il de son aine, d'oublier que les insul i vaincus étaient ses frères dans le Christ, l | mier protecteui que les /anglais rencontrèrent dans la i dominante fui l'archevêque Anselme, \ uni époque ou le nom d'Anglais était une injure, où toutes les dignités civiles el militaires du royaume étaient regardées comme devanl être la pro| i < lusive des compati iotesdu* onquérant, larao méprisée apprit

transports de joie qu'un dei siens, Nicolas Break-

i. avait été élevé au trône pontifical et avait tendu son pied a baiser à des ambassadeurs issus des plus nobles maisons de Normandie. Ce fui un senflnenl national autant que religieux qui attira les multitudes au- 1..111 du tombeau de Decket, le premici Vngl us qui depuis la conquête se fût montré redoutable aux tyrans étran-

. On trouve un bu< i sscur de Be< kel i la tète des hommes qui obtinrent o tte charte, qui assura a 1 1 fois

pi îviléges des b irons normands 1 1 d< saxons. Le témoignage i ibledesii l bornas Smith,

un des plus habiles conseillers protest ints d'Elisabeth, nous apprend quelle grande part prirent pat la suite les prêtres catholiques min, un. A l'abolition «In - I ii sqii'un finssossiMir do soi fs i l'h( UTC de la D n. lamait les dei mers sa< n monts, >iri-

tnels ne manquaient jamais de l'adjurer, s'il tenait au salut de son Ame, d'émancipci ses frères pour qui l«' i lu ist ôl ni moi i. il i \ ii avec tant de sw i

ten ibles moyens, iju'i Ile ivail réussi, ivanl la information, à affrunchii presque i'»nv les serfs du royaume, excepté les siens, <jui d'ailleurs, il lanl Iim

rendre cette justice, semblent avoir été traités avec une grande douceur.

11 est hors de doute, qu'une fois ces deux grandes révolutions accomplies, nos ancêtres furent de beaucoup le peuple le mieux gouverné de l'Europe. Pendant trois (mis ans le système social avait toujours été en progressant. Sous les premiers Plantagenets, il existait des barons capables de défier leurs souverains et des paysans aussi dégradés que les pourceaux et les bœufs qu'ils gardaient. Le pouvoir exorbitant des barons avait été graduellement limité; la condition du paysan avait été graduellement élevée. Une classe moyenne, à la fois agricole et commerçante , s'était formée entre l'aristocratie et le peuple. Sans doute il y avait encore plus d'inégalité qu'il n'est désirable pour le bonheur et la dignité morale de l'espèce humaine; mais personne n'était plus entièrement au-dessus des ordres de la loi, personne n'était plus entièrement en dehors de sa protection.

Que les institutions politiques de l'Angleterre aient «1rs cette époque reculée lait l'objet de l'orgueil et da l'affection des Anglais, fait l'objet de l'admiration et de l'envie des hommes éclairés des nations voisines, cela est prouvé avec la dernière évidence. Il n'en est pas de même touchant la nature de ces institutions, qui a donné lieu à une foule des controverses acrimonieuses et peu sincères.

Une circonstance qui n'a pas peu contribué à la prospérité de l'Angleterre a très-gravement compromis sa littérature historique^ Les changements, tout grands qu'ils soient, que sa constitution politique a subis durant les in dernieri siècles, ont été l'effet d'un développement - 1 aduel, et non d'une démolition suivie d'une reconstruction. La présente constitution de notre contrée est, à la constitution à l'abri de laquelle elle grandissait il y a cinq cuni> ans, ce que l'arbre est au plant, ce que l'homme

vui 1:1 hi - INSTIT1 MOUS Mbl MSI H

l'enfant. Ses Uransfoi mations ont \ou*

lefois, iln'j a pas eu un œul moment où la majeure partie de i • lie constitution n'ail ienne. De là, u iiu-

rellement9 une grande abondance d'anomalies; mais i avons di l< i ompensations ; oui les rnaui

de < es anomalies, h .min ■> soci< tés | I on-

stitutiom ■ •• i it<s p| ii iques, m n- aucune

m" i encore réussi, comme 1 « nôtre, i unir la révolution ;m\ droits prea i it-, l«- pn la stabilité, l'i

d(! la jeun< la majesté d'une immémoriale .mii-

quil

I - grands avant tges ont toutefois leurs ren rs, el l'un de ces rev< i lui-< i : c'est <|u<- l'esprit d<

empoisonné presque toutes les sources on l'on peut pu

le notre histoire. Gomme il n'j ipasdep lysoù

les hommes d'Étal aienl été autant - ois n l'iiiilu.

• in passé, il m'n en a pas non plus où les historiens aient été .iiii.nii soumis .1 l'influence du présent. Il existe une aflinité naturelle entre ces deuu faits. I).in> les pays l'histoire est considérée simplement comme une peinture de la vie » t <!<•- mœurs, ou comme une collection d m es d'où l'on peu! tira les maxin éi des de la

politique . l'é i ivain n'éprouve pas de bien > i Lenl iiimis m déi événements «!«' vieille dali ;

mais dans l | i l'histoii e esl i omme un d<

d'actes et de utn - <l<>nt dépendent les droits m r-

aements et des Dations, des intérêts déterminant poussi ni, avec mu force irrésistible, ;» la i dsili lu

nçais d'aujourd'hui n'a p.i> un intérêt bien : ni rei "U a rabaisseï I >ii des rois de la nui-

son de Valois. I es privilèges de i i.iN.lc i;n i,i n. .«I. séUts I' ont maintenant

pour lui aussi peu d'importance pratique »ju»' la constitution •lu sanhédi m juif ou du conseil amphû lyonique l e (Tre d'une grande révolution sépare i omplftement le nouveau système it< l'ancien, Mail un tel abîme n'a

M) l'Angleterre avant la restauration.

pas séparé l'existence de la nation anglaise on deux périodes distinctes. Nos lois et nos coutumes ne sont jamais tombées dans une ruine générale et irréparable. Chez nous, les précédents du moyen âge sont encore valables et encore cités dans les plus graves occasions par les hdmmes d'État les plus éminents. Ainsi, lorsque le roi George III fut atteint de ia maladie qui le rendit incapable d'accomplir ses fonctions royales, et que les légistes et les politiques différaient entièrement .d'avis sur le parti à prendre dans ces circonstances, les deux cb ambres du parlement se refusèrent à discuter aucun plan de régence jusqu'à ce que tous les exemples de cas analogues contenus dans nos annales, à partir des temps les plus reculés, eussent été recherchés et réunis. Des comités furent nommés pour examiner les anciennes archives du royaume. Le premier précédent remontait à l'an 1217; on attacha beaucoup d'importance aux précédents de 1326, de 1377 et de 1422; mais celui de 1455 fut considéré, avec juste raison, comme ayant le plus d'analogie avec le fait alors en discussion. Ainsi, dans notre contrée, l^s plus chers intérêts des partis ont été très-souvent à la merci, pour ainsi dire, des recherches d'antiquaires; aussi, — conséquence inévitable, — nos antiquaires ont-ils été guidés dans leurs recherches par l'esprit de parti.

11 n'est donc pas surprenant que les hommes qui ont écrit mu' les limites de la prérogative royaleetde la liberté dans la vieille constitution de l'Angleterre, aient généralement montré plutôt le caractère d'avocats furieux et imutcurs que le caractère déjuges. Ils discutaient, en effet , non sur des matières spéculatives, mais sur des mat in es nui avaient une relation directe et pratique avec les s plus importantes et les plus ardentes de leur temps. Depuis le commencement du long conflit entre lei parlemente et les Stuarts, jusqu'au jour où les pré- Untiom dtt Stuarts cessèrent d'être redoutables, peu de

nui i;i DES IM MICTIONS MCI IH 31

pi. tion on! eu plus «I îm| [lie la qu

lion de ivoir si l'administration de i etU famille in lit

oui ..h non I ' ne constitution du

royairm l i m |ue tion ne pouvait être décidée • |n<- par

iraen d< - antérieui • Rracton • i I leta, le

rôti de justice, et les rôles du parlement, furent pillés et mi^ i contribution pour j Urouver la justifti ation des

la chambre étoilée d'une part, <lr la haut de justice de l'autre. Durant de long tout

historien whig tii de son mieui pour prouver que le vieui gouvernement anglais était presque entii républicain, al tout historien tory pov proovei qu'il était |»ivs,|n«. entièrement despotique.

C'est svec de i<-K sentiments que les deux partis t »i i î lhroniques du moyen âge. Tous deux j IroU'

nt tout de suite ce qu'ils 3 cherchaient, et tous deux ni obstinément à 5 voir autre chose qui qu'ils \ cherchaient. Les champion des Stu urts pi i.k ilement montrer des exemples d'oppression par les rots sur leurs Bujets. Les défenseurs d< i rondes purent, avec non moins de fa< ilité, produii • exemples de résistances audacie I triomphantes

contre la couronne. \ < loi les pun ni oxti an-

ciens écrits des expressions presque .ni^-i servi les que ccllrs dont retentissait la chaire de M.nnw

whigs \ découvrir des express s aussi hardies «t

vères <|u«' celles que de son ! m-

i ail Brad »h w. Uni ri line rat

nombn ivaienl soutiré

i\r l'argent sans l'autoi it'- «lu pai lement ; une cita l« ii le parlement s'était nrrogé l< i

voir d'infligei di s châtiments aux rois . d que

i « n\ «|iu n'aurait ul pivir I oiville qu aux pi d'un

des l'.uii- en auraient conclu <jn<- les IMantagencts étaient aus»i ;il>s<»lu^ tjm- |. > suli m^ *!• lunjuie, ou qu'ils avaient aussi peu depouvoii réel que le* doges de

:\ï L'ANGLETERRE AVANT LA RESTAURATION.

Venise. L'une el l'autre conclusion auraient été égale- Mi.ni éloignées de la vérité.

Le vieux gouvernement anglais appartenait à la classe de ces monarchies limitées qui naquirent «dans l'Europe occidentale pendant le moyen âge, et qui, malgré bien des différences, avaient toutes un même air de famille. Cette ressemblance n'a rien qui puisse étonner. Les contrées où ces monarchies s'élevèrent avaient été toutes des provinces du même grand empire civilisé, et avaient été toutes submergées et conquises à peu près en même temps, par les tribus d'une même barbare et guerrière nation. Elles avaient été membres de la même grande coalition contre l'islamisme. Elles étaient toutes en communion avec la même orgueilleuse et ambitieuse Église. Leurs constitutions politiques prirent donc naturellement partout la même forme. Elles eurent des institutions dérivées en partie de la Rome impériale, en partie de la Rome papale, en partie de la \icille Germanie. Toutes eurent des rois, et dans toutes les fonctions royales devinrent par degrés strictement héréditaires. Toutes eurent des nobles dont les titres indiquaient une origine militaire : les dignités de la chevalerie, les règlements héraldiques furent les mêmes pour toutes. Toutes enfin eurent des établissements ecclésiastiques richement dotés, des corporations municipales en possession de larges franchises, et des assemblées dont le consentement était nécessaire pour la validité de certains actes publics.

De toutes ces constitutions sœurs, la constitution anisefut (li; très-bonne heure et justement réputée la meilleure. Sans doute les prérogatives du souverain étaient grandes. L'esprit de la religion et l'esprit de la chevale- <"• concouraient à rehausser sa dignité. L'huile sainte avail < oulé sur son front. Le plus brave et le plus noble i bevalier pouvait s'agenouiller à ses pieds sans crainte de s'avifar. Sa personne était inviolable. Lui seul avait

\\n RI DES INSTlTt riOHfi MCI U81

le droil de convoquei li - éUlfl du royaume, qu'il pou- • di oudre selon >n bon plaisir, et donl I islatifi ne pouvaienl se passeï de son ass< nlin Il était le chel de 1'admiuistration executive, Punique me de la nation \ is-à-vis des puis res,

le ( apitaine des forces <l«- loi re et de met de l'Etat, la fontaine de justice, de clémence el d'honneur. Il avait de grands pouvoirs pour réglei le commerce. La monnaie étail frappée en son nom; il fixait les poids el mesures, déterminait les lieux pour l'établissement des nui < hésel <l' - ports. Son patronage 1 1 1 lésiastique était immense. Ses revenus héréditaires, administrés ivec économie, suffisaient à couvrir les dépenses ordinaires tin gouvernement. Ses domaines particuliers étaient très-vastes. Il était en outre 1< eur suzerain du sol

• nii' i de ion royaume, et en cette qualité possédait un nombre infini de droits lucratifs et formidables qui le mettaient à même d'inquiéter et d i ceux qui

traversaient »es desseins, d'enrichii el d'élevei . sans qu'il lui en coûtai rien, ceux qui jouissaient de sa fa-

Yrlir.

Mais son pouvoir, quoique immense, était limité par trois grands principes constitutionnels, si anciens que personne ne peut dire à quelle époque ils onl comm< d'exister, si puissants que leur développement naturel, ontinuant à travei - les duit l'ordre

de choses sous lequel nous vivons aujourd'hui.

Premièrem< nt, le roi ne pouvait faire aucun acte législatif ^.i ii - le conser.'.oment de son parlement odetnent, il ne pouvait pas imposes de taxes sans le coosentemenl de <•■ mémo parlement; troisièmement, il était tenu de gouvernei selon les I<»in du pays, - 1 s'il violait ces lois, gents el ses eonseillcrs étaient responsabli

Il n \ i pas un loi ) ni' - re qui voulût niei que i principes onl depuis cinq cents ans a< .pu- l'autorité de

lois fondamentales. D'autre part, aucun whig sincère n'affirmera qu'avant une époque très-rapprochée de nous, ces principes aient été dépouillés de toute ambiguïté et poussés à leurs dernières conséquences. Une constitution du moyen âge n'était pas comme une constitution du dix-huitième ou du dix-neuvième siècle, créée d'un seul coup par un acte unique et promulguée tout entière dans un seul document. Ce n'est que dans les époques raffinées et philosophiques qu'une organisation politique est construite par système. Dans les sociétés grossières, les progrès du gouvernement ressemblent aux progrès du langage et de la versification. Les sociétés grossières ont un langage souvent abondant et énergique, mais elles n'ont pas de grammaire scientifiquement formée, ni de définitions pour les substantifs et les verbes, ni de noms pour les déclinaisons, les modes, les temps et les sons divers. Les sociétés grossières ont souvent une versification d'une grande puissance et d'une grande douceur, mais elles n'ont pas de lois métriques, et le ménestrel dont les vers charment l'auditoire par leur nombre, réglé seulement par l'oreille, serait incapable de dire de combien de dactyles et de trochées chacun d'eux est composé. De même que l'éloquence existe avant la syntaxe et la poésie avant la prosodie , de même le gouvernement peut exister, et atteindre à un haut degré d'excellence, longtemps avant que les limites des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, aient été tracées avec précision.

11 en fut ainsi dans notre pays. La ligne qui délimitait les frontières de la prérogative royale, quoiqu'en général suffisamment nette, n'avait pas été tirée partout assez distinctement et assez correctement. Il en résulta donc que sur cette frontière il y eut une sorte de terrain contestable et contesté, sur lequel eurent lieu des incursions et des représailles, jusqu'au moment où, après des siècles de combat, des bornes durables et

naii BC MU WSTITl HOHS \MG\ Ui

\ i ibles lurent eufin | Il peu! nstnu ut de

dire de quelle façon • ! jusqu'à quel point nos anciens

iv( raina .<\ dent l'habitude de viola les imh grands pi m. i| i - protecl m - des lib i lés de La Dation.

Aucun roi d'Angleterre n'a jam lis \< < lamé des droits .tu pouvoii législalil général. I es plus violents et les plus impérieux d( - Plant ig< nets ne s qu'ils étaient compétents pour ordonner, - ds le consentement de leur grand conseil, qu'un jurj sei ûl com-

é de dû personni s au lieu de douze, «pi'' !«■ douain (l'un ■ veuve aérait d'un quart au lieu d'être d'un liei », )jii.' le parjun serait « msidéré comme une félonk . que la coutume «lu Gavelkind serait introduite dans I. Yorkshire , Mais le roi avait le pouvoir de Faire grâce .m\ coupables, et il est un |><»iut <»u le <ln>it <!<• faire i la et !<• pouvoir de Dure la l«>i semblent se fondre l'un dans l'autre, <-t peuvent dans un âge oalf êtn i ment pris l'un i»«»in l'autre. On statut pénal virtuellement annulé si les pénalités qu'il impose sont

iilièremenl remises aussi souvent qu'elles sont encourues. Le souverain i\ int Bans contre lit le « 1 1 < »i t illimité <!<• remettre les peines avail donc !«■ pouvoir d'annulei virtuellement un statut pénal. On pouvait penseï qu'il n'existait pas d'objection séh< [u'il lit formellement ce qu'il pouvait faire virtuellement. <.'<m ainsi, et av« l'aide de légistes tubtilscl couiiisans, que grandit, -m I» frontière douteuse qui sé| les Jonctions

il des fon< Lions législ itives, cetU eu 4 me anomalie connue nous le nom de u- dû

pet i

Il .i été admis d< puis mi U mps imn émorial, comme une des lois fondamentales île I v : re, que le

De pou> ni imposa i d< nu ment du

l'.irl- ment, ' mdition foi mail un des ai ti< les de

»« par 11. ttalltin, «mur ch»-

p>(i< r< coiikhtuliomu.

36 Angleterre avant la restauration.

la grande charte que les barons obligèrent le roi Jean à signer. Edouard Ier se hasarda à violer cette loi ; mais malgré son habileté, sa puissance et sa popularité, il rencontra une telle opposition, qu'il jugea prudent de céder. 11 stipula en conséquence et en termes exprès que ni lui ni ses héritiers ne lèveraient à l'avenir aucun impôt sans l'assentiment et le bon vouloir des étals du royaume. Son puissant et victorieux petit-fils essaya à son tour de violer ce pacte solennel, mais .rite tentative rencontra une vigoureuse résistance. Enfin les Plantagenets, en désespoir de cause, abandonnèrent la partie; mais tout en cessant d'enfreindre ouvertement la loi, ils réussirent dans certaines occa-» sions, en usant de moyens évasifs , à se procurer des ressources extraordinaires pour un motif temporaire. Il leur était interdit d'imposer des taxes, mais ils réclamèrent le droit de demander et d'emprunter. Ils demandèrent donc, et quelquefois d'un ton qui ressemblait assez à celui d'un ordre absolu ; ils empruntèrent, et quelquefois sans l'intention de rendre. Mais la nécessité où l'on était de déguiser les exactions sous les noms d'emprunts et de dons volontaires prouve suffisamment que l'autorité de ce grand principe constitutionnel concernant l'impôt était universellement reconnue.

Le principe que le roi d'Angleterre était tenu de gouverner conformément aux lois, et que dans le cas de violation de la loi , ses conseillers et ses agents étaient responsables, fut établi à une époque très-reculée, comme le prouvent suffisamment les sévères jugements prononcés et mis à exécution contre un grand nombre de favoris. Toutefois, il est certain que les droits des individus lurent souvent violés par les Plantagenets , et qu'il l'ut souvent impossible aux parties lésées d'obtenir réparation. Selon la loi, aucun Anglais ne pouvait être arrêté et retenu en prison sur le simple mandat du

Ef ATI RE il S INSTlTt NOUS MCI USES.

souverain. : n fait, des p< rsonnesqui inquii laicnl le ivernemenl furent souvent emprisonnée! mire

;nii<-i il.- qu'un ordi l Selon la l«'i, !•» I i Uire, i

honte de la jurispruden e mm. un.-, ne pouvait dans aucune circonstance être appliquée .1 un ujcl anglais Néanmoins, pendant les troubles <lu quinzième >i< un chevalet lui placé dans la Tour et fut fréquemment employé sous des prétextes de néc< jsité politique. Mais rei lit une grande erreur que de tirer de ces irrégularités la con< lu-mu qu'en fail <»u en théoi ie les monarques anglais étaient rois absolus. Ni us vivons dans une société extrêmement civilisée, <>ù la connaissance des I lit répandue .i\« ■«■ lant de rapidité par le moyen <!<• la pi et «I»' la i"' le, que i«>ui acte brutal d'oppression i ommis -m n'importe quel point de notre Ile serait au bout de quelques heures l'objet des dis< ussionsde millions d'hommes. Si un souverain emprisonnait un sujet, au mépi i- de Vhai pus, <»u soumettait à la torture u i conspi-

ur, la nation ti»iii entière serait immédiat ment • le< - Irisée en ces nouvelles. Au moyen l'état de la

société était tout autre. Les injustices individuelles atteignaient rarement et très-difficilement les oreilles «lu public. Un homme pouvait être enfermé illégalement pendant des mois entiers 'l m- le i hAteau de Carlislc ou de Norwich sans que le plus légei murmure touchant cette a (Ta ire arrivât jusqu'à Londres. U est même h iblc

que 1rs instruments de torture i laicnl employés bien des .11111. - avanl que la majorité de la nation en eût le moindre soupçon x ancêtres n'étaient pas «I leurs aussi susceptibles que nous .le sommes sut l'importance de maintenir strictement les grands prin- « îp s généraux. I \w toi ipéi ien( e m

le dangi i qu'il y a i lais r j iss< r sans en pn n acte toute infraction à la constitution. llestdon< unillriiirni admis aujourd'hui qu'un gouvernement qui sans nécessité excède son pouvoir doit recevoir du

parlement ane sévère réprimande, et qu'un gouvernement qui sous la pression de grandes nécessités et dans des intentions pures a excédé son pouvoir, doit sans retard s'empresser de soumettre sa conduite au parlement et solliciter son absolution. Mais tels n'étaient pas les sentiments des Anglais du quatorzième et du quinzième siècle. Ils étaient peu disposés à défendre un principe pour lui-même, ou à s'élever contre une irrégularité dont ils n'avaient pas immédiatement à souiTrir. Tant que l'esprit général de l'administration restait doux et populaire, ils laissaient volontiers leur souverain prendre quelques latitudes. Si le souverain, dans une fin généralement reconnue bonne, agissait vigoureusement en dehors de la loi, non-seulement ils lui pardonnaient, mais ils l'applaudissaient et n'étaient que trop disposés à croire, tant qu'ils jouissaient sous son gouvernement de la sécurité et de la prospérité, que quiconque avait encouru son déplaisir, l'avait mérité. Mais cette indulgence avait ses limites, et il aurait été peu sage le roi qui aurait trop compté sur la patience des Anglais. Ils pouvaient bien lui permettre quelquefois de franchir la barrière constitutionnelle, mais à la condition de s'accorder le privilège de franchir euxmême cette même barrière toutes les fois que les empiétements du roi seraient assez sérieux pour exciter leurs alarmes. Si, non content d'opprimer de temps à autre les individus, le roi osait opprimer les multitudes, alors ses sujets en appelaient immédiatement aux lois, et si cet ;H)pel faisait défaut, ils en appelaient bien vite au dieu île- batailles.

A la vérité, les Anglais de cette époque pouvaient pas- B64 a leurs rois quelques excès, car ils avaient en réserve nu frein qui mettait bientôt à la raison le roi le plus orgueilleux et le plus farouche, le frein de la force physique. Il est difficile a un Anglais du dix-neuvième siècle de s imaginer avec quelle facilité et quelle rapidité ce

nui ni M - INSTITUTIONS UlfiJ US 39

frein était employé, il j ;i quatre cents vas. Le peuple .1 désappris depuis longtemps le maniemenl des armes. L'ail de II guerre i été porté à un point de perfe* lion inconnu el la connaissance de cet ai t

esl restreinte à une classe d'hommes particulière. Cent mille soldats, l>i< ndisciplin q commandés, m

tiendront des millions de paysans el d'artisans, Quelques

iments «le troupes municipales suffisent pour imposer li i spect à tous les mécontents d'une grande capitale. En mente temps, un <!»'•> effets du pn onstanl de la riche té de faire considérer par tous les esprits réfléchis une iasurrection comme intinimciit plus désastreuse qu'une mauvaise administration. D'ûnme] sommes ont été empl< des ii waux <pii , >i une insurrection éclatait, pourraient disparaître en quelques heures i valeur «l»' la richesse mobilière i nt issée dans l«-> Iwuiiiipics ri les in;i^;i>iiis de l.mnlivs seulement i si cinq cents fois plus grande que tout - les valeurs réunies «le l'Angleterre su temps des Plantagenets; et y le gouvernement ét.iit renversé par la force brutale, toutes

■ ii iraient en danger d'être pillées el dé-

truites, i •■ crédit puMir, dont dépendent directemenl les ressources de milliers de ramilles, h auquel s'1 rattache, par des liens indissolubles le < redit commercial du monde entier, courrai! de plus i.ui.ls périls, il

i pas d\ lire qu'une guei re civile d'une

îemaine, an Angleterre, produirait maintenant des désastres <pn s,- reraient sentir depuis le Hoang-ho jusqu'au Missouri, et < l< >ut les u raient encon visibles api, , le, i).nis un t- 1 étal ^<', i il. i l m. <■ doit èiiv considérée « • >i 1 1 1 1 ■• un remède plusdéscs] qu'aucune maladie qui puisse a fil igci l'État. Vu moyen

m contraire, I l le i em< di ordinaire

sus maladies politiques, un remède toujou

qui, bien «pie terrible dan: le m< ut. n'avait pas d

feta profonds et durables Si un ohel populaire dé-

ployait son étendard en laveur d'une cause populaire, une armée irrégulière pouvait être levée en un jour. D'armée régulière, il n'en existait pas. Tout homme savail un peu le métier de soldat, mais personne h peu près ne le savait complètement. Les troupeaux et le bétail, la moisson de l'année, les chétives habitations du peuple, composaient en grande partie la richesse r.ationale. Tout l'ameublement, tout l'approvisionnement des boutiques, tous les instruments et outils que l'on aurait pu trouver dans le royaume étaient de moindre valeur que la propriété de quelques-unes de nos paroisses d'aujourd'hui. Les manufactures étaient grossières, le crédit à peu près inconnu; la société, par conséquent, se remettait facilement du coup aussitôt que le conflit était terminé. Les calamités de la guerre civile se bornaient à un massacre sur le champ de bataille, et à quelques exécutions et confiscations subséquentes. Une semaine après le combat, le paysan conduisait sa charrette, et le gentilhomme lançait ses faucons dans la campagne de Towton ou de Bosworth, comme si rien d'extraordinaire n'avait interrompu le cours régulier de la vie humaine.

il y a maintenant cent soixante années que le peuple anglais a renversé pour la dernière fois par la force un gouvernement. Durant les cent soixante années qui précédèrent l'union des deux Roses, neuf rois régnèrent en Angleterre. De ces neuf rois, six furent déposés; cinq perdirent la vie en même temps que la couronne. Il est donc évident que toute comparaison entre notre ancien et notre nouveau système politique conduirait aux conciliai" »ns les plus erronées, si l'on négligeait d'accorder toute l'importance qu'elles méritent à ces restrictions que l'esprit de résistance et la crainte de la résistance imposaient constamment au pouvoir des Plantagenets. Comme nos ancêtres avaient contre la tyrannie un important moyen de défense qui nous manque, ils pouvaient aisément se

nui RE DES IH8TIT1 MONS wm USES. -41

passa de certain n intii - auxquelles noua attachons justement In plus liante importance. Ne pouvant, sans courir des périls devant lesquels recule l'imagination, employer la force physique comme frein contre une mauvaise administration, il est évident que nous devons mettre toute iioiic ,i tenir «-n bon état, |m>ui ainsi dire,

iniis les freins constitutionnels, a surveiller avec jalousie les premiers essais d'empiétement, à ne souffrit jamais que des irrégularités, même inoffensives, passent ^,in< protestation, de peur que ces irrégularités n'acquièrent 1 1 force de précédents, il y ;i quatre cents ans, une aussi minutieuse vigilance pouvait paraître inutile. Une nation d'archers, d'hommes d'armes robustes, pouvait, sans dangei pour ses libertés, tolérer h même appuyer «jie'lques ai U illégaux chei un prince <l<»m l'administration

érale étail bonne, et qui 1 1 . i \ ut p,i^ pour détendre «»n trône une seule < ompagnie de soldats régulii

Sous ce régime, <|ui peut paraître grossier Bi <>n le compan i onstitutions soigneusement 61 :

dont les dernières soixante-dix années <»nt été féconde -. les Anglais jouirent longtemps, et dans une large meaun . de la liberté et «lu bonheur. Bien <|u-- sous le faible

ne de Henri \ I l'État fut déchiré* d'abord pat les nsuite p n les guet res ( ivil< s; bien qu'l doitard IV fût un prince «1*1111 cai u 1ère dissolu et m rii ux, et que Richard III ail été considéré généralement comme un monstre de dépravation; bien que les< vu lions de II' mi \ III aient ex< ité de violents murmures, il est certain cependant que sous ces mauvais rois n.«> an* côtres étaient infiniment mieux gouvernés que les Belgi ^«'im Philippe, surnommé le Bon, et qui l« ■» Franc bous ce roi Louis surnommé le Père du peuple. Même an moment où les fureurs de In des dm\ K»»s(>

étaient le plus allumées, notre contrée parait avoii èit dans une meilleure condition que les royaumes voi sins, malgré 1rs années de profonde et loi \i\ dont

4'2 l" ANGLETERRE AVANT LA RESTAURATION.

,1 - avaient joui. Comines était certainement un des hommes d'Étal les plus éclairés de son temps. 11 avait vu les pays les plus riches et les plus civilisés du continent; il avait vécu dans les villes opulentes des Flandres , ces Manchester et ces Liverpool du quinzième sièelr; il avait visité Florence, récemment embellie par la magnificence de Laurent de Médicis, et Venise, qui n'avait pas encore été abaissée par les confédérés de Cambrai; eh bien, cet homme éminent déclarait positivement que de tous les pays l'Angleterre était à sa connaissance le mieux gouverné : il parlait de sa constitution comme d'une chose juste et sainte, qui, en même temps qu'elle protégeait le peuple, augmentait en réalité la force du prince qui savait la respecter. Nulle part, disait-il, les hommes n'étaient aussi efficacement protégés contre l'injustice. Les calamités produites par nos guerres intestines ne lui semblaient avoir atteint que les nobles et les hommes de guerre, et n'avoir laissé aucune de ces traces qu'il était accoutumé à voir partout ailleurs : ni habitations ruinées, ni villes dépeuplées.

Ce n'était pas seulement par l'efficacité de ces contraintes légales imposées à la prérogative royale, que l'Angleterre se distinguait avantageusement de la plupart des contrées voisines. Une particularité moins remarquée , mais également importante , était la position de la noblesse vis-à-vis des autres classes de la société. Notre aristocratie héréditaire était fortement constituée; mais de toutes les aristocraties héréditaires elle était la moins insolente et la moins exclusive. Elle n'avait aucun des caractères odieux d'une caste. Elle • •livrait constamment ses rangs à des membres du peuple, et envoyait constamment ses propres membres

QHèler avec le peuple. Tout gentilhomme pouvait de-

wnir pan. Le plus jeune fils d'un pair n'était qu'un

simple gentilhomme. Des petits-fils de pairs cédaient le

à des chevaliers de création récente. Cette dignité

L?ABI8TO< IATH UWW M 43

le « h< valiei n*ét iii point hors de 1 1 I de l'homme qui avait .1 « « 1 1 1 i - por -<m activité et ~"n économie nue

inde position de foi lune, ou <|< valent ,i m. une bataille. <>n ne i il pas

mme une m< la fille d'm duqf et même

d'un duc de - inj o\ l. un mai ia an mei

Linguédela bout ! ie. (Tes! ainsi que su John Bon épousa l.i lillc de Thomas Mowbray, <lu< de Norfolk, si

Richard Pôle la comtesse de Salisbury, fille de t duede Clarenre. 1. 1 noblesse • tu lit en lainement

tenue en haute estime; maie entre la noblesse «lu Bai les privilèges de la pairie, il n'j avait, heureusement pour notre pays, aucune union néi i ssaireel indissoluble. On pouvait trouveT d< tussi longues el des

écussons aussi vieux en dehors de la chambre des Communes que dans son enceinte. Des hommes nouveaux portaienl les plus hauts titres, tandis que des li«>ni[u<-> bien connus comme descendants des chevaliers qui

ienl rompu les rangs des Saxon* à Hastinga, et sa-

■dé les murailles de Jérusalem, n'en portaient aucun. Il \ avait des Rohuns, des Mowbray, di s D< V*< re, bien plus, di ats même de la maison de Plantagenet, qui

n'ajoutaient pas à leur nom de titres plus élevés que celui d\ tqvii , i i qui ne de plu de privi-

escn il - que l< pn mit i fermii r< I l premie boutiquier m -m us. Il n'exist ût ehea nous aucune de ces I arrières qui dans d'autres paj l r des plé-

béiens. Le bourgeois n' tvait am m envi»- de murmurer - outre des dignités auxquelles -■ ivaient at-

teindre. Le grand ur n'avait .un un penchant a

UlMlIlel 11111' • lasse (lui laquelle x -, plopreS cillant-

vaient Ire.

kpres les k et de i in< sstre, les liens

qui unissaient la noblesse à la bourgeoisie devinrent plus étroit.4 « i plu - nombn nx que jamais. < m quer l'étendue dos pertes qu'avait supports la ueille

aristocratie par un seul fait. En l'année 1451, Henri VI , onvoqua cinquante-trois lords temporels au parlement. I.,s lords temporels, convoqués par Henri VII au parlement de 1485, n'étaient que vingt-neuf , et dans ce nombre restreint figuraient encore quelques hommes récemment élevés à la pairie; Durant le siècle suivant, on recruta largement dans les rangs de la bourgeoisie; pour remplir les vides de la noblesse. La constitution de la chambre des Communes contribua grandement h favoriser ce salulaire mélange des classes. Le chevalier de comté était le lien qui rattachait le baron au simple boutiquier. Sur les mêmes bancs ou siégeaient les orfèvres, les drapiers et les épiciers que les villes commerciales avaient envoyés au parlement, siégeaient aussi des membres qui, dans tout autre pays, eussent été nobles, seigneurs héréditaires de châteaux, eussent eu droit de rendre la justice et de porter la cotte d'armes, capables comme ils l'étaient tous de prouver une illustre origine et de montrer une longue lignée d'ancêtres. Quelques-uns étaient les plus jeunes fils ou les frères des grands lords du royaume. D'autres pouvaient même se vanter d'être du sang royal. Enfin le fils aîné d'un comte de Bedford , à qui on donnait , par politesse , le second titre de son père, se porta candidat à la chambre des Communes, et son exemple fut suivi par d'autres membres de la haute aristocratie héréditaire. Une fois assis dans la chambre des Communes, les héritiers des grands seigneur! du royaume devinrent naturellement aussi zélés pour ses privilèges que le plus humble des bourgeois auxquels ils étaient mêlés. Ainsi notre démocratie fut, dès l'crigine, la plus aristocratique, et notre locratie la plus démocratique du monde, particularité qui s'est continuée jusqu'à ce jour, et qui a produitde nombreux et importants résultats moraux et politiques. Le gouvernement de Henri VII, de son fils etdeses petiU enfante tut, en somme, plus arbitraire que celui des

tlfl n DOW. 45

Plantagenets. Leui c irai 1ère personnel peut, jusqu'à un i ei i.iin point, expliquer i elle différend ; i ai le coui .1 in force de volonté furent des qualités commun* i tous les membre* delà maison de Tudor, homm< femmes. Il- exercèrent le pouvoir pendant une périod - • ni \ î 1 1 ^ t .m-, loujoui i igueur, souvent ai

lence, qui I « j 1 1 - - i ■ • î -- avec cruauté. Imitant la dynastie qui les ;i\;ni précédés, il- empiétèrent maintes fois mi les droits <l<- leurs sujets, levèrent .» l'occasion des taxes sous le nom d'emprunts et de <l"ii- gratuits, et à Po i asion aussi suspendirent l'action des lois pénales. Bien plus, quoiqu'ils ne se fussent jamais cru le <!i"it de pouvoii faire aucune l<>i permanente de l<-ni autorité pri ils prirent sur eux-mêmes quelquefois, eu l'absence du parlement, de faire face par des ««lii^ temporaires à d< ences mom< ntanées il était t» »iit#t« »is im-

possible aux Tudors de pousser l'oppression au delà d'une certaine limite; car ils n'avaient pas de fon e année a leur disposition et ils étaient environnés par un peuple armé. Leur palais était gardé par un p<-iit nombre de domestiques que là milice d'un seul comté <»u d'un seul quartier de Londres aurait ;ii-rinriii ilnmim ( princes hautains se trouvaient donc soumis ;'i une contrainte plus forte que celle d'aucune l"i, à une contrainte h h apable de les empêi her à la vérité de faire subû par-

i tel ou tel individu un trait ment ai bitraire et m< barbare, mais qui garantissait avec efficacité la nation contre une oppression générale at continue, il- pouvaient en toute sécurité être tyrans dans l'intérieur de leur cour; mais il leur fallait veiller, avec une anx constante, à ne pas exciter la < olère nation de. Henri \ III, pai exemple, ne rencontra pas d'opposition lorsqu'il lui ht plaisir d'envoyer à l'échafaud Bu< kingli un et Sum y, Anne de Boleyn et ladj Salisbury. Mais lorsqui . sans le consentement du parlemi ni. il dem inda jets une

contribution* s'élevanl uu sixième de leurs biens, il se

vit bientôt obligé de se rétracter. Les multitudes n'eurent qu'un cri : Nous sommes Anglais et non Français, hommes libres et non esclaves. Dans le comté de Kent, les commissaires royaux furent forcés de s'enfuir pour sauver Unir vie. Dans le comté de Suffolk, quatre mille b« tînmes prirent soudain les armes. Les lieutenants du roi pour ce comté essayèrent vainement d'y lever une armée, les bommes qui n'étaient pas allés rejoindre l'insurrection déclarèrent qu'ils ne combattraient pas contre leurs frères dans une semblable querelle. Henri, tout orgueilleux et volontaire qu'il fût, recula avec raison devant une lutte avec les colères de la nation soulevée. Il avait devant les yeux la destinée de ses prédécesseurs, qui avaient péri à Berkeley et à Pomfret. Non-seulement il cassa ses commissions illégales, non-seulement il accorda un pardon général à tous les mécontents, mais encore il fit des excuses publiques et solennelles pour ses violations de la loi.

Sa conduite en cette occasion donne très-exactement l'explication de la politique de tous les souverains de sa maison. Le caractère des princes de cette famille était violent, et leur ardeur était entreprenante, mais ils avaient l'intelligence du caractère de la nation qu'ils avaient à gouverner, et jamais, comme l'avaient fait quelques-uns de leurs prédécesseurs, comme devaient le faire quelques-uns de leurs successeurs, ils ne poussèrent l'opiniâtreté à l'extrême. La prudence des ïudors fut si grande que leur pouvoir, qui rencontra souvent des résistances, ne fut jamais renversé. Les règnes de tous ces princes, sans exception, furent troublés par de formidables mécontentements, mais le gouvernement ne manqua jamais d'agir de façon, soit à apaiser les mutin , soit à s'en rendre maître et à les punir. Quelquefois, par des eoncesaionsfaites à propos, il empêcba la guerrf civile; mais le plus souvent il tint ferme et appela à son ourfl la nation elle-même. Alors la nation obéissait à

if^ H DM 4~

rappel, & ralliait autoui iverain et le nii llail

à même de répi imer les minorités mécontent

Ainsi, depuis le règne de Henri III jusqu'au ! d'Elisabeth, l'Angleterre grandil el prospéra bous

inisation politique <i,n contenait le germe de nos institutions actuelles, et qui, bien qu'inexactement définie el inexactement observée et resj u< ra pourtant jamais en despotisme véritable, \ i la crainte qu'inspiraient an\ gouvernants l'audace <-t U force <l<^ gouvei m

M. lis un tel système politique n'est convenant qu'à une certaine phase du pn l. Les inêmi -

causes qui produisent la division du travail dans les arts <1<- la paix doivent à la louent' taire de la guerre une science distincte et une profession à part. Il arrive un temps où l'usage des armes commence à occuper ex< lu- Bivement l'attention d'uni classe d'hommes particulière. On s'aperçoit bientôt <|n<- «!»•< paysans el des bourgeois, quoique braves, sont incapables il'- résiste] i de vieux ^>M:its qui ont employé toute leur vie à >• préparei pour l«' jour du combat, <l»>nt les nerfs, grâce i un.' longue habitude du danger, ont perdu dès longtemps toute leur susceptibilité «-t toutes Uni- inquiétudes irréfléchies, dont les mouvements ont toute la précision mécanique d'une horloge, On sent que I.» défense '!<•> nations oc peut plus être confiée avec sûreté .1 des loldats enlevés .1 leui * harrue ou s leur navette pour une 1 . * 1 ■ 1 — ne de quarante jours. si un État quelconqui forme une grande armée régulière, les États \<>imii> doivent suivre ^< »n exemple ou se résigner à un joug étranj Mais la où existe une grande armée régulière, la monarchie tempérée, telle qu'elle existait au moyen Age, m peut pas dura plus longtemps. Le souverain se ti ii mu ;i coup délivré de la principale entrave qui modérait son pouvoir, 'i alors il devient inévitablement absolu, l'il n'est soumis .1 d< 11s de contrôle qui s.»nl

superflus dans une société où tous les citoyens sont soldats par occasion, où personne ne l'est d'une manière

permanente.

Avec le danger se présentèrent aussi les moyens de l'éviter. Dans les monarchies du moyen âge, le pouvoir de Vépée appartenait au prince, mais le pouvoir de la bourse appartenait à la nation, et le progrès de la civilisation, en rendant de plus en plus redoutable au peuple l'épée du souverain, rendit aussi de plus en plus nécessaire au souverain la bourse de la nation. Les revenus héréditaires du roi ne lui suffirent pins, même pour les dépenses du gouvernement civil. Il lui était complètement impossible, sans un vaste et régulier système d'impôts, d'entretenir en bon état, et de manière à ce qu'il fût toujours propre a servir, un corps considérable de troupes disciplinées. La politique que les assemblées parlementaires auraient dû adopter, c'était de maintenir fermement leur droit constitutionnel, d'accorder ou de refuser l'impôt, et de refuser résolument les fonds pour l'entretien des armées, jusqu'à ce que d'amples garanties eussent protégé la société contre un despotisme possible.

Cette sage politique ne fut suivie que dans notre pays. Dans les royaumes voisins, de grands établissements militaires furent formés, nuls moyens nouveaux de sauvegarde pour les libertés publiques ne furent inventés, et, en conséquence, les vieilles institutions parlementaires cessèrent partout d'exister. En France, où ces institutions axaient toujours été faibles, elles languirent et moururent enfin de leur propre faiblesse. En Espagne, où elles avaient été aussi fortes que dans n'importe quel autre État île L'Europe, elles luttèrent vaillamment pour maintenir leur existence, mais elles luttèrent trop tard. Les artisans de Tolède el d«Valladolid défendirent vainement les privilèges des cortès de Castille contre les bataillons de vétéi ans de Charles-Quint. Ce fut aussi vainement que, une génération plus tard, les citoyens de Saragosse luttèrent

conlrc Philippe II poiu défendre la vieille constitution d'Aragon. L'un après l'autre, les grands conseils nationaux des monarchies continentales qui, n étaient presque aussi puissants et aussi fiers que ceux qui eaienl i Westmin I obèrent dans la dernière

iosignifl un e. s'il- se réunirent, ce fut comme notreConvocation ecclésiastique se réunit aujourd'hui, pour maintenir quelques vénérables formes.

En Angleterre, les événements prirent un cours tout différent. Notre paya dut ce bonheui singulier prin< ipalemenl i sa >iin ition gi ographique. Avant la fin «lu quinzième sièi le, de grands établissements militaires él tient di venus indispensables à la dignité h même a la sécui it< des monarchies espagnole et française. Si l'une de < puiss m* • i\ lit désarmé, elle au bientôt fon -

de se soumettre aux volontés de l'autre. Mais l'Angleterre, protégée pai la mer contre l'invasion, •■! rarement ene dans des opérations militaires sur le continent, n'éi.ni pas encore dans la >ité d'employi r des troupes

régulière ■ I • :ième sièi le, le dix-septième siècle la trouvèrent sans armée permanente. Au commencement <ln dix-septième siècle, 1 1 politique .in . i î t fait

progrès considérables. 1 .1 destinée des « ortès espagnoles et des états généraux de France avail donné un solennel avertissement à nos parlementa, «t ceux-ci, pleinement infoi mes de la nature et de l'importance du danger, ad i< rent, a temps, un système de lai tique qui, après un luit'- continuée pendant ii<>i> générations, Unit pai m iomphei .

Presque tous les écrivains qui on! parlé de cette ItitU ont Lâché de prouver que le parti auquel il- appartenaient était celui <|m avait lutté poui préscrvci de toute altération la vieille constitution. La vérité, c'est que cetti vieille constitution ne pouvait pas durei plus longtemps sans être dt< I loi supéi îeure au i Irôlc de L s humaine avait décrété qu'il n'existe-

ï ait pas plus longtemps do gouvernements semblables à celui qui, au quatorzième et au quinzième siècle, avait été commun à toute l'Europe. La question n'était donc pas de savoir si notre constitution devait subir un changement, mais de savoir quelle serait la nature de ce changement. L'avènement d'une force nouvelle et puissante avait détruit le vieil équilibre, et avait transformé l'une aprèr l'autre les monarchies limitées en monarchies absolues. Ce qui était arrivé ailleurs allait certainement arriver chez nous, si on ne rétablissait pas l'équilibre en transférant au oarlement une grande partie du pouvoir de la couronne. Nos princes allaient avoir entre leurs mains des moyens d'imposer l'obéissance tels que n'en avaient possédés ni les Plantagenets, ni les Tudors; ils allaient donc inévitablement devenir des despotes, s'ils n'étaient en même temps soumis à des entraves auxquelles n'avaient été soumis ni les Plantagenets, ni les Tudors.

11 est donc hors de doute que, même n'y eût-il eu en jeu que de simples causes politiques, le dix-septième ne se serait pas passé sans une lutte terrible entre nos rois et leurs parlements. Mais d'autres causes plus puissantes encore peut-être contribuèrent à produire le même résultat. Pendant que le gouvernement des Tudors était à son plus haut degré de puissance, il arriva un événement qui a donné son caractère et ses couleurs aux destinées de toutes les nations chrétiennes, et spécialement de l'Angleterre. Deux fois, durant le moyen âge, l'esprit de FEufope s'était soulevé contre la domination de Rome. La première insurrection éclata dans le midi de la France. L'énergie d'Innocent III, le zèle des ordres alors tout nouveaux de François et de Dominique, la férocité des croisés, que le clergé lâcha sur une population peu guerrière, écrasèrent les églises des Albigeois. La seconde tentative de réformation vint de l'Angleterre, et se répandit en Bohême. Le concile de Constance, en supprimant quelques abus ecclésiastiques

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qui avaient été le scandale de la chrétienté, et en il sans trêve m merci «lu bùcbei et de l'ép< e - onlre li hérétiques, réussi! ,i ai ri Lei <•! • itii le mou-

vement. Ce dénoûmenl n'est \>a- ti •" — ■ • i- tt ahle. I sympathies <I'mii protestant, il <-\ vrai, <l<»i\.-nt se tour ner naturellement du coté des \\\ L d i ollards.

• i pendant un protestant i « lain 1 1 ôtre porté s douter que !<• succôsdes albigeois ou dei [x>llards <ïit en somme lait avançai beaucoup !«• f>"iiheuret la - lu genre humain. Il \ h des raisons de

croire que ai l'Église romaine, t « >ut < corrompue qu'elle fût, avait été n nvei douxième <>u même au quatoi -

zième siècle, la place qu'elle aurait laissée vide aurait remplie par un Bystème infiniment plus corrompu encore. Il d'j .i\;»ii alors dans la plus grande partie de l'Europe que bien peu <l«' Bcienee, et i e peu était la proi-i iété du clergi II ivail pas un homme, >m < inq cents, qui lût capable de lire courammeiil un psaume. ! livres étaient rares et coûteux. L'art de rimprimerie était inconnu. l><- <<>|.ir> « l«- la r> i I • 1 « • , inférieures an beauté st an i « re< Uon à i elles que p< ut se pxoi urer maintenant Le premiei paysan venu, se vendaient à des l»i i\ que beaucoup de prêtres ne pouvaient pas donner. il était matériellement impossible que les laïques pussent « herchei pareux-mêmea l'explication des \.< ritun s. Il rsi donc probable qu'aussitôt après avoii brisé un joug Bpirituel, ils seraient retombés sous an intre, et que le pouvoir exercé jusqu'alors par le » lergé de 11 ^lise de Rome aurait pas é à une pire classe de docteurs, i seixième sièi le fut . i omparativeinent aux i odents, un siècle de lumière; 1 1 pourtant, même dans eixième siècle, un grand nombre de « eux qui avaient abandonné la vieille religion suivirent le premiei guide ieux qui se présenta » eux et eut l'art <lc 1rs snliiiiv, et lombèrenl bientôt ilau> des erreurs mtiiumeiit plus graves que celles qu'ils avaient abjurées, ainsi Mattl

et Kniperdoling , ces apôtres de la convoitise charnelle, du pillage et du meurtre, purent un moment gouverner de grandes cités. A une époque de plus grandes ténèbres, de tels feux prophètes auraient pu certainement fonde* des empires, et le christianisme aurait, pu être ainsi perverti et transformé en une superstition cruelle . t licencieuse, plus nuisible, non-seulement que la papauté, mais même que l'islamisme.

C'est environ cent ans après le concile de Constance que commença ce grand changement appelé du nom expressif de réformation. Les temps étaient mûrs maintenant. Le clergé n'était plus l'unique ou le principal dépositaire de la science. L'invention de l'imprimerie avait fourni aux hommes qui montaient à l'assaut de l'Église une arme puissante dont avaient manqué leurs prédécesseurs. L'étude des anciens écrivains, le développement rapide des langages modernes, l'activité toute nouvelle qui fut déployée dans tous les genres de littérature, l'état politique de l'Europe, les vices de la cour de Rome, les exactions de la chancellerie romaine, la jalousie très-explicable avec laquelle les laïques voyaient les richesses et les privilèges du clergé, et la jalousie très-naturelle aussi qu'inspirait aux hommes de ce côté-ci des Alpes l'ascendant de l'Italie, toutes ces causes réunies donnèrent aux docteurs de la nouvelle théologie un avantage dont ils surent admirablement profiter.

Ceux qui croient que l'influence de l'Église de Rome au moyen âge fut au total bienfaisante pour l'humanité peuvent , sans aucune inconséquence , regarder aussi la réformation comme une inestimable bienfait. Les lisières qui servent à guider, protéger et soutenir l'enfant gêneraient l'homme fait. De même aussi les moyens par lesquels, à une certaine phase de son développement, l'esprit humain se soutient et grandit, ne sont plus a une autre période que de pures entraves, il y a

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