‹ Histoire d'Angleterre, depuis l'avènement de Jacques IIChapitre 22 sur 63 · I H CI NT1I -H · texte numérisé non relu

I H CI NT1I -H

h li j i,i ,- eui il in.ii! tes plui grands pi

, i on i mn ùt ait* n n

nos (OUI - «l

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Il s'inquiétait fort peu d'oi i yait,

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mets abondanl s ■ i gr< . el t<»n; convia t l«i

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l'îlail généralement uc dans la

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ta bière ••' dcmenl, comme aujourd'hui, La

bois mais - lie tenait encore la p)a< c «lu

vin, <ln Ihé et n itueux. Ce n'était que dans

grande: n ou dans gi . > qu'on

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de la maison, <l"ni Po< cupal de taire la i uisim Lii ai» ni

avai ni i laissaienl i leur

aie el à leur lab a I -temps de l'a|

dîner se prolongeait jusqu'à c< que les convives eus roulé bous la Labié.

< n'étail que bien raremen! qui ntilhomrae

i ampagnard pouvait jet< i un < oup monde, et ce qu'il en voyait servait plutôt à < inbrouillei

qu'à éclairer son intelligence. Ses opinions touchant la religion, le gouvernement, les pays étrangers et les temps passés, dérivant, non de l'étude, de l'observation, de conversations avec des amis éclairés, mais des traditions qui avaient cours dans sa petite sphère, étaient les opinions d'un enfant. Il y tenait néanmoins avec l'obstination qui caractérise en général les hommes habitués à être repus de flatteries. Ses haines étaient nombreuses et pleines de fiel. 11 haïssait les Français et les Italiens, les Écossais et les Irlandais, les Papistes et les Presbytériens, les Indépendants et les Baptistes, les Quakers et les Juifs. Il ressentait pour Londres et ses habitants une haine qui plus d'une fois produisit des résultats politiques importants. Sa femme et sa fille étaient, par leurs goûts et leur instruction, inférieures aux femmes de charge et aux servantes de cabaret de notre temps. Elles cousaient et filaient, faisaient du vin de groseilles et des pâtés de venaison.

D'après ce portrait, on pourrait supposer que le squire anglais du dix-septième siècle ne différait pas matériellement d'un meunier ou d'un cabaretier de notre époque. Mais il nous faut ajouter encore quelques traits importants de son caractère, qui modifieront grandement cette première appréciation. Tout illettré et impoli qu'il fut, il était pourtant, en bien des points essentiels, un gentleman. Il était membre d'une aristocratie altière et puissante, et se distinguait à la fois par les bonnes et les mauvaises qualités qui distinguent les aristocrates. Son orgueil nobiliaire dépassait celui d'un Howard ou d'un Talbot. Il connaissait les généalogies et les armoiries de tous ses voisins, et il pouvait dire lesquels se permettaient, sans aucun droit, d'y mettre des supports, lesquels étaient assez malheureux pour n'être que les arrière-petits-fils de simples aldermen. Il était magistrat, et en cette qualité administrait gratuitement à toutes les populations avoisinantes une grossière justice patriarcale

LES ni STILSHOM!

qui, en dépil d'< rreun innombrable • •! d'a< les | • tvranniqucs, valait i mil m que r.i!>-

di toute ju »li( «•. Ilétail ofli< îi i ilan la i I lilé

militaire, quoique prôlanl iux braves qui avaie ni

une campagne dans le I I indri >, I Itri s-haul à

, opn ■ ux el aux S mettons

militaires d'ailleurs étaient injusteraenl un sujet de déi i- BÎon. Ilyavaitd pi» comtéde vieux grutiMx mimes

qui avaient vu d< - combats qui n'étaient \< eux

d'enfants. Celui-ci avait été fait chevaliei pai Charles T après li bataille d'Edgehill. Celui-là portait encore un emplâtre sur la balafre qu'il avait reçue i Nasebj troisième avail défendu son vieux château jusqu'à que Pairfax en i ut fait sauter la |'<>rt«- .i\<-< un péti rd I i

i n< e de i diei - i\' c li ui ■ \ ieill(

leurs vieux pistolets et leurs vi< il les histoires d( et de I unsford, donnait aux réunions de la milice un a>l .-. t ■. rave et militaire «Imii elle aui ii< nt manqué eux. i es gcntilshomim taienl trop

jeunes pour avoir échangé des |>- de sabre ave*

cuirassiers <lu long parlement avaient été dès leur «nfance - ntourés des Irai es de la uerre < ivile, et noun is des h i its des rpl lits n ilitaires de leurs pères et de leurs oncles. Ainsi le - is du

dix-septième siècle se composait de deux élém utaqui se trouvi ut rarement réunis. Son ignoi moe et -

■ !.. ses goût i vulgain onv< i - ition l> si .

raient de nos joui d'une nature et d'une

éducation foncier* ment plébéienne s, < i pendant il - 1 lit entielloment un pati Ki- n. et avait t un baut «1

vertus et les vices qui se développent i lu i leshoram< s placés par leur naissance dans un situ ition él<

mtumés ;i l'autorité, ft la ré» i \- . au I de soi-

lllrllir. || rs| « S 1 1 1 i « 1 1 1 - .1 Mlle I -Il hftbitllée l M»'

trouvi r les sentiments chevaleresques qu'en compagnie des étud< s libérales ul dt* m. un. i. .-, polies, ik i

354 ÉTAT DE i/ANGLETERRE EN 1685,

un homme qui, avec le maintien, le vocabulaire et l'accent d'un charretier , était pointilleuxnéanmoins sur toutes les matières de généalogie et de préséance, et prêt à risquer sa vie plutôt que de voir une tache sur l'honneur de sa maison. Ce n'est cependant qu'en réunissant ainsi des choses que notre expérience contemporaine nous a rarement ou même ne nous a jamais montrées, que nous pouvons nous faire une juste idée de cette aristocratie rustique qui constitua la principale force de l'armée de Charles Ier, et qui défendit longtemps avec une singulière fidélité la cause de ses descendants.

Ce gentilhomme campagnard, grossier, sans éducation, forcément sédentaire, était ordinairement un tory , mais, bien qu'attaché avec dévouement à la monarchie héréditaire, il n'avait aucune prédilection pour les courtisans et les ministres. Il pensait, non sans raison, que Whitehall était rempli des gens les plus corrompus du genre humain, que les sommes votées, depuis la restauration, pour la couronne par la chambre des communes, avaient été détournées en partie par des hommes politiques rusés, et en partie pour des bouffons et des courtisanes venus de l'étranger. Son allier cœur anglais se gonflait d'indignation à la pensée que le gouvernement de son pays recevait des ordres de la France. Étant généralement ou un vieux Cavalier, ou le fils d'un vieux Cavalier, il critiquait avec un ressentiment amer l'ingratitude dont les Stuarts avaient payé leurs meilleurs amis. Ceux qui l'entendaient se plaindre, en grommelant, de rinscuciance avec laquelle on le traitait, et des profusions dont on accablait les bâtards de Nell Gwynn et de madame Carwell, auraient pu le supposer tout disposé à la révolte. Mais toute cette mauvaise humeur tombait aussitôt que le trône était réellement en danger. C'était précisément à l'heure où ces hommes que le souverain avait comblés de richesses et d'honneurs se retiraient de lui, que les gentilshommes campagnards, si hargneux

• i i mutine pendant *j proscrite, se ralliaient . n m > — «•

■ m ('n r \ . - .n min iniii

< outre le maui i haï les M, ils vin-

•;• d'< vii f*n liai - I<>i<ls .!.• 1 1 l'a-

vaient abandonné, et le mirent ft môme de remporter sui l'opposition une vi toire complète. Il n'esl (•;>- douteux qu'il j n'eussent m >ntré poui i même

fidélité, nés avait voulu s'abstenir, même au

nier moment, d'outragei leurs sentiments les plus em

m! nneinstHution, «'t me seulement, qu'ils i aient plus eni on qui la mon n i lii»- hérédit cette institution était l'Kglised'Angleti l Jr amour de il lise n'étail pas, à l i véi ité, l< résultat de l'étude 1 1 de .1 méditation. Bien peu auraient pu expliquer (oui adhélion à m i docti m- : i ituel, institution,

une raison tirée des l « ritures^o i de l'histoin tique. Pris en masse, ils n' laient pas, tant s'en faut, ob valeurs stricts de ce code moral «pu .-st commun à tout -

cm tes i InHirim -. Mai 1 1 le bien des

« ta nous prouve que h i hommes peuvent être i ombattre jusqu'à la n» utei - ms i i

semblables, pour une religion « 1 < >i it ils ne comprennent dogmes, el dont ils ne suivent pas les précepte

i- violent dans son torysme que I m. ni imp'j las ... ,i | mssi importante. Il faut ol

-I i- 1 1 n -, |>i i^ indi\ itluellenient nt il homme < an nssi in-

dividuellement . m de ressoui

i\r< dont H dis| oiird'hui. I I plise tir tit de la

ilinte sji prim i|ul' une

i étu4t« l'hitloir* «t la Im

proportion beaucoup plus faible qu'aujourd'hui avec le revenu. King estimait le revenu total du clergé des paroisses et des collèges seulement à quatre cent quatrevingt, mille livres par an; Davenant à cinq cent quarante-quatre mille livres. ïl est certainement aujourd'hui sept fois plus considérable que la plus élevée dé ces deux sommes. La moyenne du revenu des terres ne s'est pas encore accrue dans les mêmes proportions. Il s'ensuit que les recteurs et les vicaires devaient être, relativement aux chevaliers et aux squires du voisinage , infiniment plus pauvres au dix-septième siècle qu'ils ne le sont au dix-neuvième siècle.

La position des ecclésiastiques dans la société avait été complètement changée par la révolution. Avant cette époque, les ecclésiastiques formaient la majorité de la chambre des lords. Ils égalaient en splendeur et en richesse et même éclipsaient quelquefois les plus hauts barons temporels, et occupaient généralement les emplois civils les plus élevés. Le lord trésorier était souvent un évêque. Le lord chancelier en était presque toujours un. Le lord garde du sceau privé et le maître des rôles étaient ordinairement des hommes d'Église. C'étaient encore des hommes d'Église qui traitaient les affaires diplomatiques les plus importantes. En réalité, toute cette grande portion de l'administration publique, que les nobles illettrés et guerriers étaient incapables de diriger, était considérée comme appartenant spécialement aux théologiens. En conséquence , les hommes qui n'avaient pas d'inclination pour la vie des camps, et qui en même temps étaient désireux d'arriver à de hautes fonctions dans l'État, se faisaient ordinairement tonsurer. Dans les rangs du clergé se trouvaient des fils de toutes les plus illustres familles et des proches parents de nos souverains , des Scroops , des Neville, des Bourchier, des Stafford, des Pôle. Aux maisons religieuses appartenait, avec les revenus d'im-

r r CI rnr.Ê. 357

riK'ri-cs domaine , l.i phi des dl

qui son! maintenant entre kee mains des lafqut I qu'au milieu du règne de Henri \ lll. il n'j ai lit Niemi

■ rrii !'• plus séduisante pour les natures ambitii

avidi ? que l'état ec lé iastiqtte. \ ce moment survint ii iif violente révolution. L'abolition des monastères priva à la fois I I li -• de la plus grande partie do s*** ri< -lu ■-<••■» ' et de aa prédominance dans la chambre hante du parlement. On il»- \ii pas plus longtemps s'asseoir au milieu

des l'.ni 5 <lii royaume, nu posséder d< - revenus ••l.iu.v à

i eus du plu tnl comte, on abbé de Glaatonborj

OU un abbé de Reading. La splendeur prineière d'un Guillaume de Wykehametd'un Guillaume de Waynflete s'éi a m mi il. Le chapeau du cardinal, la i roil d'ar-

gent du légat disp irurrnt. I •■ <l<i .■ a\ail [m i lu | cendant qui est la récompense naturelle d'une culture supérieure. Autrefois, cette circonstance qu'un homme ^.i\.ui lire autorisait à supposer qu'il était dam les ordres ; m lis .1 une époque qui produisait des laïques tels que William Cecil et Nicolas Bacon, Rogei ksohaui et Thomas Smith, Wal ter Mildmaj et François WaJstagham, il n'était plus besoin d'arrarhpi des prélats i leurs diocèses pour leui faire négocier d 8 traités, dirige i les finances, administrer la justice. Le caractère spirituel (••■--a uoii-M>iileinent d'être la condition essentielle pour arriver tua grands emplois civils, mais cjsanroet» être considéré comnx une condition < ontrain Lee notifs mondains qui auparavant avaient poussé tant d.jeunes gens habiles, ambitieux et de noble familfc

prendre l'habit erclesiasli.pi.> re*sèivnt d'aL'ir. Il n'\

■ in, ni plus m. mil. -ii uit un- pai 'i>- •• sur deux '«-nls .pu l'ùi donner à un homme de noble famille 1rs mnvens ,|, soutenir son rang, il \ avait encore de bons lots d

i l li < . m. n ils et i peu nombn u\ ; .-i les plus i

ux-mémefl étaient bien < hi lifs, comparés à ' i qui .»\. m autrefois entouré les princes «!«• la hiéran bie.

358 ÉTAT DE l/ANGLETERRE EN 1685.

La pompé que déployaient Parker et Grindall semblait misérable à ceux qui se rappelaient la pompe impériale de Wolsey, ses palais, qui élaient devenus les demeures favorites de la royauté, Whitehall et Hampton -Court, les trois tables somptueusement servies chaque jour dans son réfectoire , les quarante-quatre splendides chapes de sa chapelle , ses coureurs aux riches livrées , ses gardes du corps aux hallebardes dorées. La carrière sacerdotale perdit donc tout son attrait pour les classes élevées. Pendant le siècle qui suivit l'avènement d'Elisabeth, il y eut à peine une seule personne de noble extraction qui prit les ordres. A la fin du règne de Charles II, deux fils de pairs étaient évêques, quatre ou cinq fils de pairs étaient prêtres et avaient de riches bénéfices; mais ces rares exceptions n'effaçaient pas la défaveur qui pesait sur le corps tout entier. Le clergé était considéré, pris en masse, comme une classe plébéienne; et en réalité pour un prêtre qui faisait figure de gentleman, il y en avait dix qui n'étaient que des serviteurs à gages. Une grande partie des ministres qui n'avaient pas de bénéfices, ou dont les bénéfices étaient trop faibles pour leur fournir une existence confortable, vivaient dans les maisons des laïques. Depuis longtemps, il était évident que cette habitude tendait à dégrader le caractère sacerdotal. Laud avait essayé d'opérer un changement, ^et Charles Ier avait à diverses reprises donné des ordres positifs pour qu'il n'y eût que les hommes de haut rang qui entretinssent des chapelains particuliers ' ; mais ces injonctions furent bientôt oubliées. Pendant la domination des Puritains, le plus grand nombre des ministres dépossédés de l'Église d'Angleterre ne pouvaient trouver un abri et un morceau de pain qu'en s'attachant aux maisons des gentilshommes royalistes, et les habitudes qu'ils avaient contractées durant ces

1 Voyez Heylin, Cypriams anglicuê.

LR C.U

temps de Irounli i ontinwVenl longlemp i n 01 e

ni de li monarchie »-t de l'< tes maisons des honni ntimenti libéraux 1 1 d'une

intelligence cultivée, le chapelain était sans nul dout< traité avec urbanité el tendn - i<m, -.-

< connaissances littérah • seils i I lient

considérés i omme une ample con .

imiii riture, soi on « ilaire. M n*é-

n j<ii' i il les senti me n! des ■• nlilnhommos campagnards. I • tquir ignorant et grossier, qui pensait qu'il importait ignité <|u«- I» 3 grâces fussent dites

« haque jour i sa i ible i n grand costume lai,

trouvait moyen de < oncili imonie.

I n jeune lévite, telle é! ûl ah non con

pouvait être attaché à sa maison poui la table, une petite chambrt an gn ni i et dh livres \>* an, 1 1 moyennant i e pi i\ , !<• ministre w n-s< ulement devait :ii«'i

<lr> devoirs de sa profe >ion . être !<■ plus patient auditeurs et des plastrons, ôtre toujours prêt dans la belle saison h faire la partie de boules et dans les jours i pai lie de mais dei lit en< ore < par-

gner à la maison 1 1 d'un jardinier on d'un

palefreniei . I antol I- révérend li lit ei - , et

tantôt il étrillait les chevaux, il additionnait 1»-^ com| du muréchal fei 1 ant. Il fui i mille

poui s'acquitta d'un i ou porter un | Ou

lui permettait de dmei la famille, maison atten-

dait «I»' lui qu'il - conti ril rait linain s. Il

|miii\ i i eul salé 'i il ■ ■ arottes, mais

aussitôt que l - Lai t. j froma

rai - lient sur la tabl -, il quitt lit lit i

u i jusqu' 1 i «è qu'on l'appel il pour venii rendre Di. n de ce iv|. i , «i"ni la mollir lui était il diti

360 état de i/angleterke en 1685.

Quelquefois après plusieurs années de service, on lui donnait uu bénéfice suffisant pour le faire vivre; mais il était souvent obligé de l'acheter par une espèce de simonie qui a fourni un inépuisable sujet de plaisanteries à trois ou quatre générations de railleurs. En prenant sa cure, il prenait d'habitude une femme. Sa femme avait été ordinairement au service du patron, et c'était heureux lorsqu'elle n'était pas soupçonnée d'avoir été trop en faveur auprès de lui. En réalité, la nature des unions conjugales que les ecclésiastiques de cette époque avaient l'habitude de former est l'indication la plus certaine de la position qu'occupait alors le clergé dans le système social. Un membre de l'université d'Oxford, écrivant quelques mois après la mort de Charles II, se plaignait non-seulement du dédain que montraient pour le ministre de leur paroisse les procureurs et les apothicaires de village, mais encore qu'une des leçons qu'on donnait à toute jeune fille de famille honorable était de ne pas encourager un amant dans les ordres, et que toute jeune dame oublieuse de ce précepte était considérée comme presque aussi déshonorée que par un amour illicite 1. Clarendon, qui certainement ne voulait point de mal à l'Église, mentionne comme un signe de la confusion des rangs, produite par lagrande révolution, le mariage de quelques demoiselles de nobles familles avec des ecclésiastiques 2 . Une femme de chambre était généralement considérée comme la compagne la plus convenable pour un ministre. La reine Elisabeth avait

du Tailer. — Le grand-duc Cosme remarque, dans ses Voyages, que le clergé anglais était de basse extraction. Voyez ces Voyages, appendice A.

1 A causidico, mcdicaslro, ipsaque artificium farragine, ecclesiœ rector aut vicarius conlemnitur et fit ludibrio. Gentis et familiœ nilor sacris or d imbus pollulus censelur; feminisque natalitio insignibus unicuminculcatur sœpius prœceplum, ne modesliœ naufragium facianl, aut (quod idem auribus lam delicalulis sonat), ne cierico se nuptas dari paiiantur. — Angliœ Xutilia, par T. Wood, de New-Collège, Oxford, 1686.

2 Vie de Clarendon, II, 2 1 .

semblé sanctionner formellement < • ■ , lanl

iaux pour qu'un 1 1 liquc ue [>ùl

permettre d'é| >ei une servante sans le consentement

de ses maîtres . Aussi, pendant plusieui rations,

li s amouj - entre les prêtn - et les let i inl ut-

iU un thème de plaisanteries interminables, et il serait tn ^-difficile de trouver dans la comédie du dixseptième siècle un seul exemple d'un iaslique épousant une femme «l'un-- condition supérieure à «••II»1 de ■ usinière ■. Du temps même de G II. le [►lus .mi' r ii. - obseï vat< ui b des mœurs et <!<• 1 humaine, prêts lui-même, remarquait que dans grandes maisons le chapelain était la ressource d< femme de chambre dont la réputation était [ue, et «lin avait <lù en conséquence abandonne] l'espoii d'attraper le maître d'hôtel .

En général, le ministre qui abandonnait ses fonctions • le chapelain pour prendre un bénéfice et une femme s'apercevait bientôt qu'il n'avait fait qu'échanger une classe <l«' tourments contre une autre. Il n'\ avait pas une cure, sur cinquante, qui permit au titulaire d'éleva tcuablemcnt une famille. A mesure qu les enfants se multipliaient et grandis* dent, le ménagi du ministre d< venait de plus en plu ^ misérable. Les trous de toit de » h min ■ et de ent de joui

en joui . < • h i ut louvenl qu'en travaillant i la U rre, eu él< vaut des i ochons <>ii en « on luisant d< fumiei . qu'il pai ven til j >ui ,

et i •• cftoi i- extrêmes ne pai venait ni pa \ à enij

362 ÉTAT de l'Angleterre EN 1685.

toujours les huissiers de saisir sa Bible el son encrier. C'était pour lui un jour heureux et à marquer d'une pierre blanche que le jour où il était admis dans la cuisine d'une grande maison, et régalé par les domestiques d'ale et de viandes froides. Ses enfants étaient élevés comme les enfants des paysans du voisinage: les garçons menaient la charrue; les filles entraient au service. Étudier lui était impossible, car le droit de nomination à son bénéfice aurait à peine produit, s'il l'avait vendu, une somme suffisante pour acheter une bonne bibliothèque de théologie; et on pouvait le considérer comme extraordinairement heureux, lorsqu'il avait sur les planches' de son vaisselier dix ou douze volumes écornés enfouis entre ses pots et se§ marmites. Une intelligence vive et forte elle-même n'aurait pu que se rouillei lans une si défavorable condition.

Assurément, il ne manquait pas alors dans l'Église d'Angleterre de ministres distingués par leur science et leurs talents; mais il faut observer que ces ministres n'étaient pas disséminés parmi les populations rurales. Ils se trouvaient réunis dans quelques lieux où les moyens d'acquérir de la science abondaient, où les occasions, pour les vigoureuses intelligences, de se déployer, étaient fréquentes '. Dans ces lieux, on pouvait trouver des ministres capables, par leurs qualités, leur éloquence, leur profonde connaissance de la littérature , de la science et de la vie, de défendre victorieusement leur Église contre les hérétiques et les sceptiques, de forcer l'attention d'assemblées mondaines et frivoles, de guider les délibérations des parlements, et de faire respecter la religion même dans la plus dissolue des cours. Les uns étaient profondément versés dans les controverses bibliques, les autres sondaient les abîmes de la métaphy-

1 Cette distinction entre le clergé des campagnes et le clergé des villes est fortement marquée par Eachard, et frappera toute personne quia étudié l'histoire ecclésiastique de cette époque.

siqui r uitres eno re jel lient la luron1

les pai ti m. - de l'i |iic.

( eux-< i él I'- ni | dans l'osci ime de lâlo

<|u»-; i . iiv.-i,i cullivaienl l'éloqueift mw tell

duité el un tel succès, que leurs d nenl ju

menl ommedes modèles de styl< . I m nommes

éminentssc rencontraient, presque - tns exi plion.d le ui i l< - < iti: • h dans

mit de. Barron ôtail mort rè\ emmenl i Cambridge, et PearsoD venait d'en sortir pour alla s'asseoir ^m le 1 l ndworth et Henri More j vivaient

encore. South <-t Pococke, lane et Mdrich, étaient I Oxford , Prideaux dans le cloître de Norwich, et Whitbj dans !«• cloltn de Salisbury. Mais la réputation d'éloquem e 1 1 de a i< m • du clei lican était surtoal

soutenue pu le clergé de Londres, * i < » 1 1 1 on parlait t«>Mjours comme d'une clai . 1 ni incipalei « lu

de la métropole étaienl occupé* , à cette époque, pai une foule d'hommes remarquables, el c'était dans tours rangs qu'< laient choisis, i d grande partie, les hauts dignitaires de l'Église. Sherlock prêchait au T> raple, Til- Lincoln's Inn, Wake et Jerémie Collier à Gray's liin, Burnel aux Rolls, Stillingileet à la cathédrale de Saint-Paul, Patrick à Saint-Paul, quartier de Covent-4 den, l owl( S de Clip le, S

Gili m ili I v rit-Martin, Spi it à

Sainte-Mai B Saint-P . dans i

nliill. l>- use hommes, tous pei s nom

dans ri |uo, dix devinrent c\<'«|ti< - el

quati \ " même •■|><>i|n.- , l*»s - uls

oin i [lies i m |>o riants soi h- d'un pn sb) -

de « ampagne furent « eux de I Bull . plus

tard évèque de Saint-David, et Bull n'aurail jamais pu produis il n'avait pas héi ité d'une

propriété dont In vente !<• mit i même d'assembler un, bibliothequ comme n'en possédait probablement

aucun autre ministre de campagne en Angleterre1. Ainsi le clergé anglican était divisé en deux classes qui différaient grandement l'une de l'autre par leur instruction, leurs mœurs et leur position sociale. L'une, élevée pour les villes et la cour, comprenait des hommes à qui toute la science ancienne et moderne était familière, des hommes capables de controverser à armes égales avecBossuet et avec Hobbes, des hommes qui exposaient la majesté et la beauté du christianisme avec une telle justesse de pensées et une telle énergie de langage, que l'indolent Charles secouait sa torpeur pour les écouter, et que le blasé Buckingham oubliait de railler ; des hommes que leur adresse, leur politesse et leur science du monde mettaient à même de diriger les consciences des riches et des nobles, avec lesquels Halifax aimait a discuter les intérêts des empires, desquels Dryden ne rougissait pas d'avouer qu'il avait appris l'art d'écrire 2. L'autre portion du clergé était destinée à des travaux plus humbles et plus rudes. Elle était dispersée dans les campagnes et se composait principalement de personnages qui n'étaient ni plus riches ni plus raffinés que des petits fermiers ou des domestiques de bonne condition. Cependant c'était chez ces prêtres des campagnes, qui ne tiraient qu'une maigre subsistance de leurs dimes sur les gerbes et les cochons, qui n'avaient pas la plus petite chance d'arriver à une haute position, que l'esprit de corps était le plus marqué. Parmi ces théologiens qui faisaient l'orgueil des universités et les délices de la capitale , et qui avaient

1 Nelson, Vie de Bull. — Sur l'extrême difficulté que le clergé des campagnes trouvait à se procurer des livres, voyez la Vie de Thomas Bray, le fondateur de la Société pour la propagation de l'Évangile.

2 «Je l'ai fréquemment entendu (Dryden) avouer avec plaisir que, s'il avait quelque talent pour écrire la prose anglaise, il le devait à ses lectures fréquentes du grand archevêque Tillotson.» — Congrève, Dédicace des œuvres théâtrales de Dryden.

M Mil

atteint m, pouvait m d'atteindre ara - ma-

.Lin i o\ ni. ne-, il \ ,.\ it un parti ' nsi-

ihle en le Bombre, ir le i ai

qui penchai! vers les principes du gouvernement consti-

luttonnel, vivait m tel mes de bonne intellig

Pn sbytériens , les Indépendants et les Bapl il

ii.n ail mi avec joi dei une entière loléi va

I i|||c> |c> se. |r> JUntrslanU'S, .1 aill.ilt 1IIMIH' COOSCnti

,i faire quelques 1 1 uts «lui- la li afln de

i ooeilier loua les honnêb 1 1 »in ères nonn onformisl Mais ce IcUitudinairU lit an horreui au cun de

. ampagne. il était plus fiei d outane en li iillons

que Bes supérieurs de leurs rolx |ue el de l«n i -

chape ni\ < i ,ii l.ii. s. l qu'il avait d être

peu distingué par -.i position sociale et as habitudes des villugeois auxquels il prèchail le condiiisail i lenir en estime immodérée la dignité des fonctions sacerdotales, qui étaient son seul litre au respect de paroissiens, tyant toujours reV u dans la n traite, ayant .h peu d'occasions decon opinions pai '«.» I© ture

.i l.i conversation, il i royail aux doctrines du droit h ditaire imprescriptible, de l'obéissance passive, de la non- résistance , • •! le mail dans leur plu

bsurdité. \\ inl été longtemps i n - lans

un.- • 1 1 . • 1 1 q mi i i il le ivei les il du \ isin

il les haïssait trop souvent ;><'in le mal qu'il leui avait fait lui-même , n<- voyait i ien inq

s , m ,i ['acte < ntû uU $, si » e n'< >t \» ni

qu'ils n'étaient pas em ore meurt! i< i -. route l'ûn-

portanoe <|n.' lui donnaient ses fon< il us, il l'employait avec ii n zèle passionné au profit, du parti tory, et cette influence était immen ni une grande erreur

de croire *\"<- parce que le >« - leu up ujnc n'était

pa -n général considéi v < omme \\\\ m, qu'il lui

était interdit d'aspirei à la main des jeunes dames du château, qu'il n'était | idmis dans Us salons

grands, et qu'on le laissait au contraire boire et fumer ïvec le palefrenier et le sommelier, l'influence du clergé ïït plus faible que de nos jours. L'influence d'une classe l'est en aucune façon proportionnée à la considération dont jouissent individuellement ses membres. Un cardinal est un personnage plus élevé qu'un moine mendiant; mais on se tromperait gravement si on supposait que le collège des cardinaux a exercé sur l'esprit public de l'Europe une plus grande influence que l'ordre de Saint-François. En Irlande, un pair occupe aujourd'hui une plus haute position dans la société qu'un prêtre catholique romain. Cependant il y a bien peu de comtés dans le Connaught et dans le Munster où une coalition de prêtres n'emporterait pas une élection contre une coalition de pairs. Au dix-septième siècle , la chaire était pour une grande partie de la population ce qu'est maintenant la presse périodique : il n'y avait pour ainsi dire pas un seul des rustres qui venaient à l'église de la paroisse qui eût vu jamais une gazette ou un pamphlet politique. Tout mal informé que fût leur pasteur spirituel, il était encore mieux informé qu'eux : toutes les semaines, il avait l'occasion de les haranguer, et naturellement ses harangues n'étaient jamais réfutées. Dans chaque circonstance importante, des invectives contre les Whigs et des exhortations à l'obéissance envers l'oint du Seigneur tonnaient à la fois dans des milliers de chaires, et l'effet en était formidable. De toutes les causes qui, après la dissolution du parlement d'Oxford, produisirent la réaction violente contre les Exclusionnistes, la plus puissante semble avoir été les prédications du clergé des campagnes.

Le pouvoir qu'exerçaient dans les districts ruraux le gentilhomme compagnard et le ministre de village était jusqu'à un certain point contre-balancé par le pouvoir de la Yeomanry (les gros fermiers et les petits propriétaires), race éminemment virile et sincère. Les petits proprié-

;ni « ultivaient leurs propres - hampe . et jouismi d'une n: in< >■ - ma aflî U ; d'avoii

i des cimiei le fauteuil du juge, formaient une classe plus im| le que de nos jours. s'il but en i i - meilli ors ■ aa de « etl il 11*3 - moini

ixante mille propriélaires , l< leurs

familles devaient faire plus d'un septième de la population du royaume, vivant de petites propi tétés franches La moyenne do reveno d< 1 lits propriétaires, revenu

1 omposé de la rente de la terre, de profits et de salai était estimée à -oivuit.- ou soixante-dix livres par an. On calculait que le nombre des personnes cultivant leur propre tei re était plus élevé quels nombre des pi rsonnes qui aflermaienl les terres d*autrui . Une grande partie de 1 I "niiiini ij avait, dès lYpc<jue de la ré^ccniation, incliné vers le puritanisme, avait suivi I.' parti 'lu parlement pendant la guerre civile, 1 tores l a

tauration aui prêches des Presbytériens et des Indépendants, soutenu ardemment dans les élections les I 1clusionnistes, <•! continué, même après la découverte «lu romplol de Rye House et la proscription des chefs \sln>, a nourrir la même haine pour le papisme et le

|»<tll\nii ;iliili.it

1 m grands qu'aient été les changements accomplis ■ I m- l.i vie rurale de l'Angleterre depuis 1 1 révolution, les changements qui se sont accomplis dans les villes -"ni encore plus extraordinaires, aujourd'hui un sixi '!•• Ii 1 \\ l m- d< s villes de proi in< e qui

ont plus .!,• trente mille habit 1 les 11. au-

cune ville de province ne nuit, nui cette popul ition, et il if\ en avait que quatre qui eussent <li\ mille habit

Après la capitale, mai- à un.' immense <ii

•.ou» de c<

Knig.

liaient Bristol, alors le premier port de mer, et Norwich, alors la première ville manufacturière du royaume. Toutes deux, depuis cette époque, ont été bien dépassées par leurs jeunes rivales ; cependant toutes deux ont l'ait des progrès positifs. La population de Bristol a quadruplé; celle de Norwich a plus que doublé.

Pepys, qui visita Bristol huit ans après la restauration, fut frappé de la splendeur de cette ville. 11 est vrai que son admiration n'est pas difficile à satisfaire, car il note comme une merveille cette circonstance que dans Bristol on ne peut regarder autour de soi sans y voir des maisons. Il semblerait par là que dans les autres villes qu'il connaissait il n'y en avait aucune, Londres excepté , où les maisons cachassent entièrement les bois et les champs. Quelque grand que parut Bristol à cette époque, elle n'occupait qu'une petite partie de la superficie qu'elle recouvre aujourd'hui. Quelques églises d'une grande beauté s'élevaient au-dessus d'un labyrinthe de ruelles étroites, dont les maisons étaient bâties sur de peu solides fondements. Si une voiture ou une charrette s'engageait dans ces ruelles, il était à craindre qu'elle ne se trouvât prise entre deux maisons ou qu'elle ne s'enfonçât dans les caves. Les marchandises étaient en conséquence transportées à travers la ville dans de petites charrettes traînées par des chiens, et les riches habitants étalaient leur opulence non en se faisant traîner dans des carrosses dorés, mais en se promenant dans les rues avec une escorte de domestiques en riche livrée, et en tenant des tables bien et abondamment servies. La pompe des baptêmes et des enterrements y dépassait tout ce qu'on pouvait voir ailleurs en Angleterre. L'hospitalité de la ville était trèsrenommée, et surtout les collations dont les raffineurs de sucre régalaient leurs visiteurs. Ce repas, préparé dans le fourneau de l'usine, était accompagné d'un excellent breuvage composé avec les meilleurs vins d'Espa-

NOftWIi n.

gne, 1 1 ((.iiiiti, dam loul le royaume, khm I nom de Lui de \\\ iatol. Ce luxe était - m. nu par un

ht ,i\.'< les plant iti «t d< I Nm i ique du Nord 1 1 l cidcntal* . I i passion j oui le i omn colonial était li i"i le qn'il m 'il !>• nliquiei <!•• Bristol qui o'eot nn< I de quelque vaissi m pari ml |»<»m la Virginie ou les. Quelques-unes de ces paootilh in m ai, de la plus honorable espèce, il j ivail nne grande demande d'ouvriers d ms les possession* transatl mliqui nne, et on j lalisl lis lit en p n lie pai un sj sti de pi I d'enlèvement dans les principaui ports anglais. Nulle pari < •• systè n'était autant pratiqué -i

,i\«i plusd'ai tivitéqu'à Bristol. \ • - premiers maj

de cette ville eux-mêmes n'avaient pas honte de s'enrichir

un commerce aussi odieux. I e nombre des m us de Bristol, d'après les rôles de l'impôt du fouage, parait avoir été juste de cinq mille trois cents en 1685 Nous ne pouvons pas supposer que l«- nombre des habitants lui |»iu> grand dans ime maison de Bristol que dans une maison de la « ité <l<- l ondi (ans la cité de Londn -

noua savons de source certaine qu'il \ avait cinquantecinq personnes |>;u chaque groupe <!«• « 1 1 v maisons, i i population de Bristol devait <l"ii«- être d'environ vingtneuf nulle mies .

Norwich était la capitale d'une gi and < i fei Ule i

1 Voyti Ji>U: l. — J

Ih, l >rt d\

I • > I lui.

vince. Elle était la résidence d'un évêque et d'un chapitre. Elle était le siège principal des principales fabrications du royaume. Quelques hommes distingués par leur science et leur talent y avaient vécu récemment, et, sauf la capitale et les universités, il n'y avait pas de ville plus séduisante pour le curieux. La bibliothèque, le musée, la volière et le jardin botanique de sir Thomas Browne, étaient jugés très-dignes d'un pèlerinage par les membres de la Société royale. Norwich avait aussi une cour en miniature. Dans le cœur de la cité s'élevait un vieux palais des ducs de Norfolk, qu'on disait la plus grande résidence de ville qu'il y eût dans tout le royaume, Londres excepté. Dans ce palais, auquel étaient adjoints un jeu de paume, un jeu de boule, et un vaste lieu de promenade qui s'étendait le long des bords du Wansum, les membres de la noble famille des Howard résidaient fréquemment, et tenaient état de petits souverains. Les convives buvaient dans des gobelets d'or pur. Les pelles et les pincettes étaient en argent. Les peintures des maîtres italiens ornaient les murs. Les cabinets étaient remplis d'une belle collection de pierres précieuses achetées par ce comte d'Arundel, dont les marbres figurent aujourd'hui parmi les ornements d'Oxford. Là, dans l'année 1671, Charles et sa cour avaient été somptueusement reçus. Là pour tout venant, chaque année, s'ouvraient à pleins battants les portes du palais, depuis Noël jusqu'aux Rois. L'aie coulait à pleins bords pour le bas peuple. Trois carrosses, dont l'un pouvait contenir quatorze personnes et avait coûté cinq cents livres , parcouraient la ville chaque soir pour transporter les dames à des fêtes, et les danses étaient toujours suivies d'un banquet somptueux. Lorsque le duc de Norfolk venait à Norwich, il était reçu comme un roi qui revient dans sa capitale. Les cloches de la cathédrale et de Saint-Pierre Mancroft sonnaient, les canons du château tonnaient, le maire et les aldermen allaient au-devant de leur illustre concitoyen avec

VILLES ni « "Mil 5.

il. ,, ||rsSf>S ll.llli il - I» i|>l ■ Un !

;. 1 1 population de Noi \\i« h éf ûl d miijI-imiii mille lm<

Après Noi wich venaient quelqtn pitalcs de comtés, bien inférieures sans do ler-

nière, m lis i n< ti i wmpoi i in1 . Il était i

époque, qu'un g< ntilhomme cam| I ondres

Il ■•. I i capitale du comté était - 1

Iquefois il y résidait nne partie de l*ann< ute

manière, d'ailleurs, il y était fréquemment amené pai - plaisirs, ; arlea »par! - i îsionsti în

trielli s, Lions, les réunions de la milice, l< -1

et les cou i es.l i •-•■ voj ai< i ndessalles où les ju

en robe écartai i d oldats et d< tromp tt

ouvraient deui fois par an la i ommx tenaient lesmarch( vendaient le blé, les bestiaux,

la laine et le houblon du pays d* alentour. I i lient

i andes foires ou v< naient les marchands de l et nu les petits détaillants des campa $ raient leurs

achats annuels de sucre, de papeterie, de coutellerie, de

tsseline. I i étaient ouv< rtes les boutiques oè meilleures familles du voisina «provisionnaient de

ceri< L'I dYpirrrir. |)rs souvenirs histori(]ues , des cathnli i irs,i\n («•ut l'art c\ I i n

du moyi des palais où avait habité une I an -

ion de avironi ibl< s

demeui i e! ries, des i bateaux

qui, dans les vieux U mps, avaient repoussa l< - \ ivillr ou les De Vere, et qui poi laient eifc ore les U icei plus .u. es de Rupei tou I mwell, donut .1 quelqu illi a un m t. rét partit ulier. York, la « a pi taie du nord, et l setei , la ipilali

Bloii H M N , • '/

L'Ouest, étaient remarquables parmi ces cités intéressantes. Ni l'une ni l'autre ne contenaient plus de dix mille habitants. Woreester, la reine du pays au cidre, avait environ huit mille habitants; Nottingham probablement le même nombre. Gloucester, renommé par cette défense résolue qui avait été si fatale à Charles Ier, avait certainement de quatre à cinq mille habitants; Derby n'en avait pas tout à fait quatre mille. Shrewsbury était la principale ville d'un district important et fertile. La Cour des marches du pays de Galles y siégeait. Dans le langage de la gentry, à plusieurs milles autour du Wrekin, aller à la ville voulait dire aller à Shrewsbury. Les beaux esprits et les belles de province imitaient de leur mieux les manières de Saint-Jame's-Park, dans leurs promenades le long de la Saverne. Le nombre des habitants de Shrewsbury était d'environ sept mille '.

La population de toutes les villes a plus que doublé depuis la révolution ; celle de quelques-unes a septuplé. Les rues ont été presque entièrement rebâties. L'ardoise a succédé au chaume et la brique au bois. Le pavage et l'éclairage des rues, le déploiement des richesses dans les principales boutiques , la propreté

1 La population d'York paraît, d'après un relevé des baptêmes et des décès qui se trouve dans l'Histoire de Dralte, avoir été d'environ 13,000 en 1730. Exetcr n'avait en 1801 que 17,000 habitants. La population de Woreester avait été recensée avant le siège de 1646. Voyez Nahs, Histoire du Worcesiershire. J'ai eu égard à l'accroissement qu'on doit supposer avoir eu lieu en quarante ans. En 1740, le recensement donna pour la ville de Nottingham le chiffre juste de 10,000 âmes; voyez l'Histoire de Dering. On peut tirer trèsai sèment le chiffre delà population de Gloucester, du chiffre des maisons que King trouva inscrit sur les livres de l'impôt du fouage, et du chiffre des maisons et. des décès qui nous est donné dans l'Histoire d'Alkyn. La population de Derby était de 4,000 en 17 12. Voyez Wolley, histoire manuscrite citée par fragments dans Lyson, Magna Britannia. Ons'assuraen 1 69 5 par un dénombrement de la population de Shrewsbury. Quant aux plaisirs de Shrewsbury, voyez Farquhar, .1" Officier recruteur. La description de Farquhar est confirmée patune ballade qui se trouve dans la Bibliothèque de Pepys, et dont le refrain est cului-ci: «A moi Shrewsbury, ■

MAN4 «ESTER m ' ■ 373

luxueuse des habitations occupée! pai Miraient

semble miraculeux au di I pendant

l'impoi lance relative de ces vi il] si apitali niés

h c 1 plus du i<'wt ce qu'elle était. l> « villes plus

des villes qui ne sont que rarement et ne son I même 1 imais mentionm es dans uotre ancienne lii qui

n'envoyaient pas de 11 présentant an< iens pai le-

ments, se sont, de notre temps même, une

grandeur que noti c générati m 1 ontempl inc-

mcnl « 1 orgueil, mais non sans terreui el uns inquic- 1 11. !

l - plus onsidérables de 1 1 s villes 1 , il es1 vrai,

connues au dix-septième siè< le comme det centres imporlauU d'indu trie. Bien plus, leurs rapid - pi Iimji vaste opulence étaient quelquel rits dans un

langage qui semble ridicule à ceux qui voient leui grnnluelle. Une des plus populeuses el dw pli 1 ^ prosjièi 1 - était Mancliestcr. Elle avait été autori le Protecteur ft envoyer un représentant à son parlement, el elle était cité pai certains è\ rivains «lu temps de Cliarles II comme une ville active el opulente. L « oton \ était apporté, depuis un '!• mi-siè< le, di < hyprei 1 de Smyrne, mais l'indu st ri manufacturière \ était dans son enfant e. \\ hitnej n'avait pas ei les

moyens d'obi ni] la m en quantité

que fabul us< . 1 1 Ajrkwi ight n'avait pas « u

Iravailler « ■• lie matière premièi une rapi

et une précision qui tiennent de la magi 1 totale

imporl itions annuelles ne ù levait pas, à la On du dixseptièmi > deux millions de livres sli ian-

lilé qui ne suffirait pas, de nos jours, I la demanda quarante-huit hem ( leux entrepôt, qui, en

ulation et en 1 i< liesse, sui \ tu< oup

. apit des renom |ue i'.< 1 lin, Madrid et Lis-

boni i s une |" lite \ illc de mai 1 hé mal b itie

et contenant moins de six nulle habitants. Mien'

pas alors une seule presse; elle compte aujourd'hui cent imprimeries. Elle n'avait pas une seule voiture; elle compte aujourd'hui vingt établissements de carrosserie ' .

Leeds était déjà le siège principal des manufactures de laine du Yorkshire, mais les vieillards pouvaient encore se rappeler l'époque où fut bâtie la première maison en briques, appelée alors et longtemps après encore la maison rouge. Ses habitants se vantaient hautement de l'accroissement de leurs richesses et des ventes immenses de drap qui se faisaient en plein air sur le pont. Il circulait dans un seul marché, où il s'était fait beaucoup d'affaires, des centaines , des milliers de livres sterling. L'importance croissante de Leeds avait attiré l'attention de plusieurs gouvernements. Charles Ier avait accordé à la ville des privilèges municipaux; Olivier lui avait permis d'envoyer un représentant au parlement. Mais d'après les rôles de l'impôt du fouage, il semble certain que la population entière du bourg , district étendu qui contient plusieurs villages, n'excédait pas sept mille âmes sous le règne de Charles II. En 1841, il en comptait plus de cent cinquante mille '.

Au sud de Leeds, à une journée de distance environ, sur la lisière d'une vaste étendue de bruyères sauvages, se trouvait un ancien domaine féodal, aujourd'hui richement cultivé, alors stérile et sans clôture, connu sous le nom deHallamshire. Le fer y abondait, et dès une période très-reculée, les grossiers couteaux qu'on y fabriquait se vendaient dans tout le royaume ; Geoffroy Chaucer les avait même mentionnés dans un de ses Contes de Canterbury.

1 Blorae, Britannia, 1673. — Aikin, le Pays autour de Manchester . — Indicateur de Manchester, 1845. — Baines, Histoire des manufactures de colon. Les meilleurs renseignements qu'il m'a été possible de trouver sur la population de Manchester au dix-septième siècle sont contenus dans un article du révérend R. Parkinson, publié dans le Journal de la Société statistique, octobre 1842.

2 Thoresby, Ducatus Leodensis. — Whitaker, Loïdis et Elmete.—W&vdell, Histoire municipale du bourg de Leeds.

-m I PIEU) I1RMINGH Ul.

Mais 1 1 g< m i de manufai ture ne que

pou de progn - dm. tu: les qui ^mi s i

l'époque de < nain er. Celle lenli n | ou! être expliqui • i e Lui que, •lin. mi presque t • »u t !►<•-

liode, le commen <• lui sou mi

neur el mi de )usli< i; jugeaient « onvenable

d'imposer, Les art i« !••> \>\w» ;irli»:vés «!•• rouirll

(abl iqué dans la « ipilal»' nu iiu;h>i U'^ du . mii-

iiin'iii. Ce oe fui <|ii' Bout le ri gne de I I

■ lui m ^iciis anglais « i-nh'ivuI d 'importer d. | instruments si délicals n es aux opéi liions

chirurgicales. La plu pari des fo i Hallamsli

étaiontréunies dans une ville de man lié qui s' < lail auprès du château du propriétaire', ri qui sous ! de Jacqu i étail une ville singulièrement misérable, contenant environ deui mille habitants, dont un tien étaient des mendiants a demi affamés et i demi dus. Il i : i i • 1 1 iin, d'après les n gistri - de pai qu' i la

lin du règne de Charles II la population ne s'élevait pas à plus de quatre mille âmes. I a effets d'un genre de lra« vail, singulièrement défavorable à la - tnté< tàla vigueur de l'homme, étaient dè3 lors remarqués pai lous lesv* geurs. Grand nombre de personni lemhn -

contournés. i me de < e Sheflield, qui main-

tenant, avec si ifauboui . , i ompl >o nt vingt mille \\ • ■i qui envoie jusqu'aux extn mit* s du mondi lini-

râbles « outeanx, les i isoii

On n'avait pas jugé BinnmiJi an i d'une a> idr im-

portance poui lui donner le droit d'envoyei un représentant au parlement d'Oliviei . i p ndant l< - ni mu turiers de Birmingham étaient déjà une race activi prospère. IU se vantaient que leur quincaillerie était renommée, non, mmc de dos jotn jusqu'à Pékin et i Lima, jusqu'à Bokkara et i rombouctou,

1 II l ! : . Illtll '■

mais jusqu'à Londres et même jusqu'en Irlande. Tls avaient acquis la réputation moins honorable de fauxmonnayeurs. Les Tories, par allusion à leurs groats (pièces de 40 centimes) falsifiés, avaient donné aux démagogues qui affectaient un zèle hypocrite contre le papisme le sobriquet de Birminghams. Cependant, en 1685, la population, qui maintenant n'est pas trèséloignée du chiffre de deux cent mille âmes, ne s'élevait pas à quatre miile. Les boutons de Birmingham commençaient justement alors à être connus. On n'avait pas encore entendu parler des fusils de Birmingham; et la ville d'où devaient sortir, deux générations plus tard, pour aller étonner tous les libraires de l'Europe, les magnifiques éditions de Baskerville, ne contenait pas une seule boutique où l'on put acheter à volonté une Bible ou un almanach. Les jours de marché, un libraire nommé Michel Johnson, le père du grand Samuel Johnson, venait de Lichfield et tenait un étalage pendant quelques heures. Pendant longtemps cette offre de littérature fut jugée en rapport exact avec la demande de Birmingham '.

Ces quatre sièges principaux de nos grandes manufactures méritaient une mention spéciale. Il deviendrait ennuyeux d'énumérer toutes ces ruches populeuses et opulentes de l'industrie qui, il y a cent cinquante ans, étaient des hameaux dépourvus même d'une église de paroisse, ou bien des landes désolées habitées seulement par les coqs de bruyère et les daims sauvages. Les changements qui se sont opérés dans les villes qui servent de

' Blome, Brilannia, 1673. — Dugdale, Warwickshire . — North, examen 321. — Préface d'Absalon et Achilophel. — Hutton, Histoire de Birmingham. — Boswell, Vie de Johnson. — En 1 690, les enterrements à Birmingham furent de 150, les baptêmes de 125. Je crois qu'il est probable que la mortalité annuelle y était de un sur vingt-cinq. A Londres elle était beauroup plus grande. Un historien de Nottingham, un demi-siècle plus tard, vantait la salubrité extraordinaire de sa ville natale, où la mortalité n'était que de un sur trente. Voyez Dering, Histoire de Nottingham.

LIVERPOUI • ' HELTENHAM. BHIGHTOX.

iii\ pour l*« oulemenl d< - produit de nos métù : de ii"- ' pas moins consid i iblc Vujourdhni

Uvcrpool contient environ I ni mille habitants. D

pr< s les i egistres du [>ort, les expoi i .1 de

quatre à cinq « eni mille tonneaux. Il • éù nnuellc-

menl .1 ->"ii but | lusieui - I uih ,

une somm< Lrois fois plu isidérable que le revenu

total de la couronne d'Angleterre 1 d 1685 Lesi plies •ii bureau de poste exi èdent, même depuis 1 1 grande réduction de la taxe des lettres, la somme que le revenu annuel de toutes les posl a du royaume rendait au duc d'York. Ses docks immen - quais, - magasins

sont au nombre des merveilles du mond< pendant

docks, « es quais et ces n agasins i mutent suffi

peine au c nu n e çngantesque de la M< rsey, cl

une « ité rivale grandit rapidement sui la rive opp Du tempe de Charles II, Liverpool était décrite comme une ville grandissante, qui .in.ui ré\ eromenl fait de grands progrès et qui entretenait uncorami rec lucratif ave* l'Irlande el les colonies à su< re. Le profit des douanes était devenu, 1 d seize ans, huit fois plus fort, el montait i la somme, considérée alors comme immense, de quinze mille livres sU rling pai an. Mail la population ne devait guère excédei quatre mille habitants v exportations étaii ni d'environ quatorze cents tonneaux, chiure infe- 1 ii m .m tonnage d'un simple bâtiment île première r la «.<»#• <lr l.i compagnie di - Indes. Le nombre total des mati lots appartenant à on port ne s'élevait pas ft plus de d< i,\ « enta '.

1 . 1 .1 été le progrès de 1 1 - villes où la 1 1. In ■•i«créée et accumulée. Non moins rapide a été" le projj

1 Mmm, BrUannia. — G In iim rt ./y du

I lin part. II. P» lit ion (!■

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