‹ Histoire d'Angleterre, depuis l'avènement de Jacques IIChapitre 24 sur 63 · W ' // I ' J4MU · texte numérisé non relu

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Londres, relativement aux autres villes du royaume, était, à celte époque, infiniment plus considérable qu'à présent. Aujourd'hui la population de Londres est six fois pins forte que la population de Manchester ou de Liverpool, mais à l'époque de Charles II, elle était dixsept fois plus considérable que la population de Bristol ou de Norwich. Il est douteux qu'on puisse citer un autre grand royaume dont la capitale ait possédé une population dix-sept fois plus considérable que celle de sa seconde ville. Il y a lieu de croire qu'en 1685, Londres était, depuis un demi-siècle environ, la capitale la plus populeuse de l'Europe. Le nombre des habitants, qui est aujourd'hui de dix-neuf cent mille au moins, était alors probablement d'un peu plus de cinq cent mille ' . Londres n'avait, dans le monde, qu'une seule rivale commerciale depuis longtemps dépassée, la puissante et opulente Amsterdam. Les écrivains anglais parlaient avec orgueil de la forêt de mâts et de vergues qui couvraient le fleuve, depuis le pont jusqu'à la Tour, et des sommes extraordinaires perçues au bureau des douanes deThames Street. Il est hors de doute que le commerce de la métropole était plus considérable qu'aujourd'hui , relativement au commerce entier du pays, et cependant l'honnête orgueil de nos ancêtres peut sembler presque risible à notre génération. Le tonnage du port , que nos ancêtres regardaient comme extraordinairement considérable, ne paraît pas avoir dépassé soixantedix mille tonneaux. C'était, il est vrai, plus d'un tiers de tout le tonnage du royaume, mais c'est moins d'un quart du tonnage actuel de Newcastle, et c'est à peu près le

sum. — Collinson; Somersetshire. — Docteur Peirce, Histoire et Mémoires de Balh, 1713, livre I, chep. vin, observ. 2, 1684. — J'ai consulté quelques vieux plans et quelques vieilles gravures de Bath, particulièrement un plan curieux qui est entouré des vues des principaux bâtiments. Il porte la date de 1717.

1 D'après King, la population était de 530,000 habitants.

Lotroni

tonnage des bateain i Tapeur de la Tamis* I douane, ft Londres, s'élevaient, en 1685, environ i li

• trente mille livres pai an. De notre tempi le revenu nef des douant - de l ondi de <li\ millions '.

Celui qui examinera les plans «I- Londres, publiés vers la lin «In règne de < haï les il • ] 1 1 ' î l n'exi

alors que le noyau de la capitale actuelle, la ville m venait pas, comme aujourd'hui , se perdre pai - insensibles dans la camp igné, l I 'î""'- de villas, entourées de lilas et de fam ébéniers, ne pari tient pas < omme aujourd'hui «lu centre ■ !<■ la richesse et de la civilisation, pour s'étendre pi jusqu'aux frontii «In Middlesex el | ' jusqu'au cceur du Kenl 1 t <ln Sun. \ . On n'avail p is en< ore projeté de i onsti uii

tte immense ligne de magasins el d< lai i artificiels qui s'étend depuis la Tour jusqu'à Bla kwall. \ l'ouest il existait I i eine quelques-une de i es den* un pim habitées aujourd'hui pai les i iches el l< -

nobles; el Chelsea, qui cnmj.tr maintenant une |*>i>ulation d'environ quarante mille âmes, était un paisibl< village contenant environ mille habitants '. Vu nord, les

tiaux paiss ii< ni 1 1 les « ha i rraienl .i\. i leui

fusils et leura chiens sur remplacement du bourg de M trylebone, et sui lapins gi mdc partie de la surface que « i \ i .iit aujourd'hui les bourgs de Finsburj -i «l»* Tower Hamlets. Islington 1 1 ni presque un.- so!itud< les p< imaient \ mettre son sileni e et - 1 ti anquillité

en op| osition ni h m i-, . i i l'agitation de I ondi s, le monstre aux mille voix*. Vu sud, la capital inte-

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peur '

uant réunie à ses faubourgs par plusieurs ponts qui ne sont pas inférieurs en magnificence et en solidité aux plus nobles ouvrages des Césars. En 1685, une unique rangée d'arches irrégulières, encombrées par de vieilles et sordides maisons, et ornées, d'après une coutume digne des barbares du Dahomy, de têtes de criminels tombant en poussière, entravait la navigation du fleuve.

La cité, proprement dite, était la portion la plus importante de la métropole. Du temps de la restauration, elle avait été bâtie, en grande partie, en bois et en plâtre, le petit nombre de briques qu'on avait employées étaient mal cuites; les boutiques où étaient exposées les marchandises en vente s'avançaient très-avant dans les rues, et étaient surplombées par les étages supérieurs. On peut encore voir quelques spécimens de cette architecture dans les quartiers qui n'ont pas été atteints par le grand incendie. Cet incendie avait, en quelques jours, couvert un espace de près d'un mille carré des ruines de quatrevingt-neuf églises et de treize mille maisons. Mais la cité s'était relevée avec une promptitude qui avait excité l'admiration des nations voisines. Malheureusement on avait, en général, conservé l'ancien alignement des rues, qui, ayant été bâties à une époque où les princesses ellesmêmes voyageaient à cheval, étaient souvent trop étroites pour permettre à deux voitures d'y passer de front, et étaient ainsi mal adaptées pour la résidence des gens riches , à une époque où un des luxes à la mode était une voiture h six chevaux. Le style des édifices de la nouvelle cité était cependant supérieur à celui des édifices de l'ancienne. La matière dont on se servit généralement fut la brique, et une brique de meilleure qualité que l'ancienne. Sur l'emplacement des anciennes églises de paroisse s'était élevée une multitude de nouveaux dômes, de nouvelles tours et de nouvelles flèches qui portent la marque du fertile génie de Wren. Les traces du grand désastre avaient été effacées sur tons les points

I v Cil .

hormis un snil; ■ ,11 mi pouvait ^<»ii .mm. d'illil

brables ouvriers, des •'•• hal tuds et des masses de pii rre* lailii , i ad roi I où !«• |>ln- nol>lc des temples prot< lunls s'élevait stu les mines de la vieille • athédrale de Saint-Paul '.

! i mi.i. 1ère de la cité a i omplétemenl i hangé depuis

< elle époque, aujourd'hui, I- - man hands, les banquiers et les principaux boutiquiers se rendent «I ins la chaque matin des ix jours de la semaine, pour con-

< liin leurs affaires; mais ils habitent dans d'autres quartiers de la métropol i d insces \ ill is de faut :

enveloppées d'arbrisseaux et de jardins, ù Ue révolution dans les habitudes privées a produit une révolution politique d'une grande importance. Les riches commen ants n'ont plus, pour la cil ! att i< bernent que l'homme a naturellemi ni pour !«• lieu d idem e.

I i ' ité n'est plu dans leur esprit, av< i les af-

fci lions et les lendn sses domestiqua I 1 1 lu f< u,

la chan I enfants, la table <!<• famille, le lit paisi-

ble, in- sont plus là. Lombard-Street et rhreadneedlc- Street, ne sont plu- que les lieux «'ù des hommes ti.ivaillent <-t s'enrichi sent. Ils vont ailleurs se récréei et dépenser. I ediman he, ou même le soir, après la i lôturc

(Taires, les cours et les allées, qui, quelques heun aup iravant, étaient animées par I L les

1 1 préoci ii pass mis, ont aussi silei

que les clairières d'une forêt. Les chefs des intérêts commerciaux ne sont plus « 1 • «* citoyens de la cité. IU

• Hialt. il I

386 ÉTAT DE i/angleterre EN 1685.

é\ ïtent, ils méprisent presque les honneurs et les devoirs municipaux. Ces honneurs et ces devoirs sont abandonnés à des hommes qui, bien que très-utiles et très-respectables, appartiennent rarement à ces maisons princières du commerce dont les noms sont célèbres dans le monde entier.

Mais, au dix-septième siècle, la cité était la résidence du marchand. Les demeures des grands bourgeois d'autrefois, qui existent encore, ont été transformées en maisons de banque et en magasins; mais il est évident qu'elles n'étaient pas inférieures en magnificence aux demeures de l'aristocratie d'alors. Quelquefois elles s'élèvent dans des cours obscures et reculées, et ne sont accessibles que par des passages étroits et incommodes; mais leurs dimensions sont vastes et leur aspect imposant. Leur entrée est décorée de colonnes et de portiques richement sculptés. Leurs escaliers et leurs vestibules ne manquent pas de grandeur. Leur parquet est souvent en bois et marqueté, selon la mode française. Le palais de sir Robert Clayton, dans Old-Jewry, contenait une superbe salle de banquet lambrissée de cèdre, et ornée de fresques représentant les combats des dieux et des géants ' . Sir Dudley North dépensa quatre mille livres, dépense considérable alors même pour un duc, pour le riche ameublement de sa salle de réception dans Basinghall-Street2. Les chefs des grandes maisons de commerce vivaient avec magnificence et avec hospitalité dans ces demeures, sous les règnes des derniers Stuarts. Ils étaient attachés au lieu de leur résidence par les liens les plus forts des intérêts et des affections. Là ils avaient passé leur jeunesse, formé leurs amitiés, fait la cour à leurs femmes, vu grandir leurs enfants; là ils avaient confié à la terre dans laquelle ils espéraient aussi reposer un jour les restes de leurs pères. Cet intense patriotisme,

' Journal d'Evelyn, 20 septembre 1672.

1 Roger North, Vie de sir Dudley North.

iv CITÉ.

(jiii est m

un étroil i l singulier nrv ni dévelo| |

loufc 1 on ndo»

ni en ce qu'Athcni élaif poui l'Athénien du siècle rie Pérî< lès, « e que Flon ne élail pour l<- Florentin du quinzième siècle. Le citoyen était fier de la grand eu 1 <l « îté, pointilleux Bur ses <li"it- et lo 1 , n lui • Util

dû, ambitieux •' municipali

'1 anchia

\ la tin du règne de Charles II, l'orgueil des habitants de Londres eul à endurer une cruelle mortification. 1 vieille chai te avail i lé ibi L la magisti nturc

municipale renouvelée, roua les fonctionnaire* civils ' l ies . el l< - w higs . bien que lfèa-eup< rieurs en nombre el en 1 ii ! leui - advers tires,

se trouvèrent exclus de tonfc 1 l- <li ni! les.

Néanmoins, la splendeur extérieure du gouvernement municipal fut plutôt accrue que diminuée pai ce changement. Lu effet, -"ils r administration de quelqu un «les Puritains qui avaient récemment rempli eli.n ges, l'ancienne réputation de la < ir la bonne

chère avail diminué; mais, sous les nouveaux magistrats, «|in appartenaient à un parti plus <iis|H.s,. ,nv tins, et dont la table recevait souvent des convives nobles - 1 élégants d'au d 1 1 -I . Guildhall et lesalles -les grandes 1 01 poratioi ni .miniers (, .,.

somptueux banquets. Pendant ces reps . on chantait» i\-< accompagnement «le musique, ries odes en l'honneur du POÎ, <ln ducil'York • 1 .In lonl in.nie, par le poète lauréat de la 1 orporation, < ta bw on criait tiè> haut. Un observateur i"i\. qui avait -.»nvent pris -1 part ilotes banquets, a remarqué que la coutume de pousser des hourras après chaque toast date de rette 105 euse période ' .

1 >.i lb, l tu »

La magnificence déployée par le premier magistrat de la cité était presque royale. A la vérité, le carrosse doré, qui de nos jours excite, chaque année, l'admiration de la foule, ne faisait pas encore partie de sa pompe. Dans les grandes occasions, il sortait à cheval, suivi d'une cavalcade, qui ne le cédait en magnificence qu'à celle qui escortait le souverain, depuis la Tour jusqu'à Westminster, le jour de son couronnement. Jamais le lord maire ne paraissait en public sans sa riche robe, son chapeau de velours noir, sa chaîne d'or, ses bijoux et une grande escorte de coureurs et de gardes t. Personne ne voyait rien de ridicule dans la pompe qui l'entourait constamment, car elle n'était que proportionnée exactement à la place qu'il occupait comme représentant de la puissance et de la dignité de la cité de Londres. Cette cité, nonseulement sans égale dans notre pays, mais encore sans rivale aucune, avait exercé depuis quarantecinq ans sur les affaires politiques de l'Angleterre, à peu près la même influence que Paris exerce de nos jours sur les affaires politiques de la France. En intelligence, Londres était de beaucoup en avance sur les autres parties du royaume. Un gouvernement qui avait l'appui et la confiance de Londres pouvait en un jour obtenir des secours pécuniaires qu'il aurait fallu plusieurs mois pour recueillir dans le reste de l'île. Lès ressources militaires de la capitale n'étaient pas à mépriser. Le pouvoir que les lords lieutenants exerçaient dans les autres parties du royaume était confié, à Londres, à une commission de citoyens éminents. Douze régiments d'infanterie et deux de cavalerie étaient placés sous les ordres de cette commission. Une armée de commis drapiers et d'ouvriers tailleurs, ayant des conseillers municipaux pour capi-

transports sublimes que se permettait le Pindare de la cité: «Le très-honorable sir John Moor, — , Que d'âge en âge son nom soit adoré. »

1 Chamberlayne , État de l'Angleterre , 1684. — Angli(P melropolis, 16S>0. — Seymour, Londres, 1734.

laines el de* ildei men poui colonel . n

ible, il est m n, de tenir pi< «I i onlro des In up - régulières; m u- il n'\ avail alors que peu de I régulii - le 1 03 mine. 1 ne ville qui en DM heure de lemps pouvait ; >rtii de ses maisons une arnu 1 nui mille homm< ni âge naturel, munii d'armes et non enlièn ment d< 1 cipline militaire, ne pouvait être qu'une alliée pn et une formidable ennemie. <>n n'avait j>.^ oublié * j * 1 * * Pym et Hampdon avaient été protégi contre un .n !»• arbitraire pai la milice bourg» oise de I on Ire , qui pendant la grande cri* di ii guerre civile, cette milice avait marché poui faire 1 de Glou( 1 qu'elle avait |>i i> n m- [' n t signalée dans la réaction conlre la tyrannie militaire qui suivit la chute de Richard Cromw In n alité, il n y a pus <!'< xa^éi ation à dii l'hostilité de la « Ué , < haï l< - l n aui ail vaincu, el que sans le secours de la cité, la restauration de i h. n li II n< nt laite <|m' difficilement.

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