‹ Histoire d'Angleterre, depuis l'avènement de Jacques IIChapitre 27 sur 63 · LES GAI · texte numérisé non relu

LES GAI

RadcluTe, <pii, vei - Pannéi -it fait une clientèle

considérable, venait i haque joar, I rheari où 1 1 l ooree était i omble, d\ ta maison i tuée dans R fashionable alors, i hei i a i\ , où on pouvait toujours le trotivt i une table particulière h entouré « i< *

chirurgiens h d'apothicaires. Il \ iTail les< ifea puritains où l'on n'entendait jamais un juron, -t oi hommes à la chevelure plate discutaient en nasillant l'élection ou la réprobation ili\in<-; les cafés juifs où venaient pour se rencontrer les changi m - .1 l'a l sombre, • I'- \ enise el d'Amsterdam, el les 1 m. dans

l'opinion des l>»>n>> protestants, les jésuib complotait ni an Mtlani leurs lasses un nouvel incendie de Londres

et fondaient des balles d'argent | 1 tuef le roi '.

< - habitudes «l»' sociabilité contribuèrent, en grande pat lie, a loi m. -i 1.' , aractère du Loodoni* n de < 1 Ui époque. Le Londonien était un être très-diflérent de I habitant des campagnes. Les rapports qui existent aujourd'hui entre ces deux catégoriesde citoyens n'existaient pas alors, il n'j ivait que les hommes tout à Lut considérables qui eussent l'habitude de partage] l'année entre la ville • •• la 1 am pagne. Bien peu de $gn rt$ visiipitale seulemi ni trois i"i- dans toute leui vie. Les citoyens aisés n'avaient pas encore contracté Ph ibilude d'allei respirer Pair pur <!• 1 < h \m\ a et des p "luiaiii les mois de Pété. Un badaud « 1 « - Londres excitait autant d'étonnement, lorsqu'il entrait dans un village, que ->"il fût entré dans un kraaJ de Hottentots. i»« même, lorsque le propriétaire d'un 1 h&teau du I incoin*

1 lêltTti sur I rfl — I /

/ ' — Rcijlrmrnt*

I N 'rr lr

— North, / l . i

», 149. — 1 it du docteur I , — La

W ' i//r ri lt

t nprùBéos 1645

fIi ire ou du Shropshirc apparaissait dans Fleet-Streot, on le distinguait aussi facilement de la population résidante que s'il eût été un Turc ou un lascar ; son habillement, sa démarche, son accent, son ébahissement devant les boutiques, ses faux pas dans les ruisseaux, ses chocs contre les portefaix, ses stations sous les gouttières, le désignaient aux filous et aux mauvais plaisants comme une victime excellente à exploiter. Les bravaches le poussaient dans le ruisseau, les cochers de fiacre l'éclaboussaient de la tête aux pieds, les voleurs exploraient en toute sécurité les larges poches de son habit de chasse tandis qu'il contemplait, plongé dans l'extase, les splendeurs de la procession du lord maire. Des escrocs, dont le dos se ressentait encore du fouet du bourreau, liaient connaissance avec lui et lui paraissaient les plus honnêtes et les plus bienveillants gentlemen qu'il eût jamais vus. Des femmes, couvertes de fard, rebut de Lewkner-Lane et de Whetstone-Park, se faisaient passer auprès de lui pour des comtesses et des dames d'honneur. S'il demandait le chemin de Saint- James, on l'envoyait à Mile-End. S'il entrait dans une boutique, on le reconnaissait tout de suite pour un homme capable d'acheter ce dont personne ne voulait, les broderies de mauvaise qualité, les bagues en cuivre, les montres qui ne voulaient pas marcher. S'il entrait dans un café à la mode, il devenait le point de mire des insolentes railleries des élégants, ou des espiègleries gravement exécutées des étudiants du Temple. Furieux et mortifié, il revenait à son manoir rustique, et là trouvait dans le respect de ses fermiers et la conversation de ses joyeux compagnons une consolation aux ennuis et aux humiliations qu'il avait éprouvés. Là il se retrouvait comme devant un homme important, et il ne voyait personne qui lui fût supérieur, excepté lorsqu'aux assises il lui fallait aller s'asseoir à côté du juge, ou qu'aux réunions de la milice il lui fallait saluer le lord lieutenant. La principale cause qui empêchait la fusion des diffé-

mu ni i n - m - ro

rente éléments de I til l'extrême <litïi< ull

.De toutes les inventions, l'éci iture et l'in mi i ie exa ptées, le inventions qui abrègent I sont celles qtrionl le plus contril civilisation de

l'espèce humaine. Tout pn I tns les moj

comotion profite au genre humain m< I I

leetuellemenl aussi bien que matériellement, fa- ilite non-seulement l'échange des divei jpn is de 1 1

nature et de lait, mais tend i eflaeei I (antipathies nationales et provinciales, ••! à unir toutes l hes

de la grande famille humaine. \n dix-septièmi i habitants <1»' Londres • t déni plu R

- qu'ils n l sonl maintenant d'Edimbourg, «-t plus i nbourg qu'ils ne le sont maintenant de Vienne.

i - sujets de Charles II n'étaient \ ■ ut loul

.1 i ut ignorante de cette foi •• - lémentaire qui, de nos jours, a produit une révolution Bans précédent dans affaires humaines, qui a n ndu les Qotù - • apabl - d*avancei contre vents et marées, et qui transporte à Iravei les royauroi iv< i an riti

plus agiles chevaux d< , les b itaillons entiei s

suivis de leursl ; et de leur artillerie. Le marquis

de Worces ter avait ré< omment observé la force expansivc des liquides raréfiés par la i halcur. Après de nombreu

il avait i i onsti uire un< ma< bine » i ipeui qu'il appelait imni, el qu'il déclarait être un admirable et Ires-puissant ingtrumenl de propulsion . Mais le marquis était soupçonné d'être fou et était nu - omm< pap . 3 in-

venti ii ne n çul don p is un u i u< .1 I ivoral ! mac) fournil malien

quelques convei ition il i de la v

le, mai fut applujm « à au» un u- 1.--- |>r.it i -

que. Il n'y avait pas alors de chemins à rails, excepté quelques-uns construits en bois qui partaient des mines (le charbon de la Northumbrie, et qui allaient jusqu'aux bords du Tyne'. Il n'y avait que peu de communications intérieures par eau. On avait fait, mais avec peu de succès, quelques essais pour creuser et endiguer les courants. C'est à peine si un seui canal avait encore été projeté. Les Anglais de cette époque avaient l'habitude de parler avec une admiration mêlée de désespoir de l'immense canal par lequel Louis XIV avait opéré la jonction de l'Atlantique et de la Méditerranée. Ils étaient loin de se douter que quelques générations plus tard leur pays serait coupé en tout sens par des rivières artificielles créées aux risques et périls de simples citoyens entreprenants, qui feraient plus de quatre fois la longueur de la Tamise, de la Saverne et de la Trent réunies. C'était par les grandes routes que les voyageurs et les marchandises passaient généralement de localité en localité, et ces grandes routes paraissent avoir été infiniment inférieures à ce qu'elles auraient dû être, vu le degré de richesse et de civilisation où la nation était alors parvenue. Sur les meilleures de ces lignes de communication, les ornières étaient profondes, les descentes rapides, et la route si mal creusée qu'il était très-difficile dans l'obscurité de la distinguer des bruyères et des marais qui la bordaient des deux côtés. Ralph Thoresby, l'antiquaire, faillit s'égarer sur la grande route du Nord, entre Barnby-Moor et Tuxford , et s'égara très-réellement entre Doncaster et York 2. Pepys et sa femme, voyageant dans leur propre voiture, s'égarèrent entre Newbury et Reading. Pendant le même voyage ils s'égarèrent encore près de Salisbury, et faillirent passer la nuit dans la plaine 3. Dans la belle saison seulement, les voitur s pouvaient

1 North, Vie de Guildford, 136.

2 Journal de Thoresby, 21 octobre 1680, 3 août 1712.

3 Journal de Pepys, 12 et 16 juin 1668.

m\i \ US l.l M Dl - roi n $.

rouler sui Loulc la lai • m de laro île. Les deux l,i mule étaient souvent enfonces us une boue ; fonde, et un très-étroit Bcntierde terrain solidi courait entre deux fondrièi es . Moi s les « m ombremenl querelles étai( nt fréquents, et le chemin était maintes I is intercepté pai deux charretiers dont aucun ne roulait céder. Il arrivai! presque tous les jours que di - voit un i. i n. ni emboui bées jusqu'à ce qu'on eût pu se| nu attelage de l"'-ii iux i quelque f< rme voisine nom retirer «l la fondrièi e. M lis dans les mauvai

royag< m - avaient encore à ^m monter des dil plus séri< uses. Thoresbj , qui avait l'habitude do > entre Leedsct la capitale, a ra onté dans son journal une série de périls -i de désastres qui suffiraient pour défrayer un voyage «l ins l*( >céan glacial ou -I ins !■ de Sahara. Une l<>is il apprend <|n'il j me inonda-

lion entre Wai e et Londi . que les \ yag m s ont obligés poui la n i{ e, 1 1 qu'un

■ odeur B*esl noyé en i 13 int de ii \\> 1 er. P suite de ouvelles , il abandon m la gi ind 1 oute,

et se fait conduire par certaines prairi s qu'il lui faut travei sei r cheval, ayant de l'< au jusque la selle •. 1 1 un autre vo) ige, il faillit être emporta par une im : Lion de laTrent. Il fut ensuite retenu quatre joui Stamford .1 1 ause de l'état ates et n'os 1

tinuer son voyage <|ii'" parce que quatorze meml de l.i chambre des communes, qui se rendaient ensemble m narlemi nt suivi • 1 d'ui le nombreuse de sei viteurs, le prirent «-n leur 1 omp 1 les routes du D< 1 byshire, l( it 1 1 lu que instant d< se rompi l 1 et lie obligés de mettre |>ir.i à terre et de 1 onduire leun mon-

1 J..urti«l il.- I

, 17 mai I i ''I.

tares par la bride ' . La grande route qui traversait le pays de Galles jusqu'à Holyhead était dans un tel état qu'en 1685, un vice-roi d'Irlande, qui se rendait à son poste, mit cinq heures à faire les quatorze milles compris entre Saint-Asaph et Conway. Entre Conway et Beaumaris, il fut forcé de faire à pied une grande partie de la route et sa femme fut portée en litière. Son carrosse marchait par derrière avec de grandes difficultés, et grâce seulement au nombre de bras qui le portaient. En général les voitures étaient démontées à Conway et portées sur les épaules des robustes paysans gallois jusqu'aux défilés de Menai 2. Dans quelques parties du Kent et du Sussex, il n'y avait que les plus forts chevaux qui pussent, en hiver, traverser le marais dans lequel ils s'enfonçaient plus profondément à chaque pas. Les marchés y étaient souvent inaccessibles pendant plusieurs mois. On rapporte que très-souvent on laissait pourrir sur place les fruits de la terre, tandis qu'à une distance de quelques milles, les produits offerts ne suffisaient pas aux besoins de la consommation. Dans ce district , les voitures étaient généralement traînées par des bœufs 3. Lorsque le prince Georges de Danemark visita le somptueux château de Petworth dans la saison des pluies, il mit six heures à faire neuf milles, et il fallut placer des deux côtés de la voiture, afin de la soutenir, une troupe de vigoureux paysans. Plusieurs des voitures de son escorte furent renversées et fracassées. On conserve une lettre d'un des gentilshommes de sa maison, dans laquelle cet infortuné courtisan se plaint de n'avoir pas mis pied à terre depuis

1 Excursion dans le Derbijshire , par J. Browne, fils de sir Thomas Browne, 1662. — Covton, le Pêcheur, 1676.

2 Correspondance de Henri, comte de Clarcndon, 30 décembre 1635; 1er janvier 1686.

3 Postlethwaile , Dictionnaire des roules. — Histoire de Hawkwrst. dans la Bibliothèque topographique britannique.

mai \ in ki M DES ROI n». 411

quatorze li icepté lorsque si voiture i versé oc

s'est emboui I" i

i ncea de 1 1 législation - mblenl i\> une d<

l'un, ip ih s i tusef d< ce m iui ti i lai des routes. < ihaque paroi se était tenue de rép inds < hemins qui

la traversaient, l^es paysans étaient fon - de donner i . 1 1 1 1 i i . ? m . • 1 1 « leur travail ni jours de l'aimé»' si < • ii i- \;iii u' i . 1 1 1 1 1 1 n'était pas suffisant, on employait le travail salai ié, • i les dép tient payée au m< y< n d'une

paroissiale. Il était évidemment injuste qu'une route, unissant <lni\ villes faisant entre elles an corn* mercc considérable et prosp< ré, fui réparée < tm linteniM ;ui\ dépens des populations rurales disséminées entre ••llfv deux, r\ .. il- injustio était particulièrement il igrante { >< >i 1 1 la grande route du .\<>nl , qui travers ùl districts très-pauvres 1 1 très-peu |>"iij I unissait pn

môme temps des districts tres-ri< h< - 1 t tn s-populeux. Il ii étail véritablement p ble atra parois» - du Hun-

tingdonshire de réparei l< grand chemin détérioré parle roulage continuel entre le West Riding lu Yorkshii Umdres. l'i i iprès la restauration, i ette in-

justice attira l'attention du parlement, «-t <>u passa un acte, le premier de no I - de péage, imposant une faible taxe sur les • urs et I» m irch a nd is< -, afin

de tenir en bon état i ei ' unes pai li< tante hum- de communication 3. Cette innovation, toutefoi i, i • nombreui murmures, el les gi nd< -

routes :il>ouii^;ini iule furent longtemps

entretenues et réparées -.-l< >n l'ancien système. I n changement B'opéra entra, mais os ne fui pas sans de gt difficultés; « .n un uni n d< 1 1 in iste, iixn* I on

est habitué, esl souvent supporté plus patiemment que l'impôt nouveau le plus raisonnable, \\.mt qu'un I système nouveau eut ou s'établir, il \ oui bien des bar*

1 A n mil i

r Car, u.

4l2 ÉTAT DE L'ANGLETERRE EN 1685.

rières renversées, bien des charges de la troupe contre le peuple, bien du sang versé; mais peu à peu la raison triompha du préjugé, et notre île est maintenant traversée en tous sens par trente mille milles de routes à péage '.

Les lourds articles étaient, du temps de Charles II, transportés au moyen de chariots de relais, sur les meilleures de ces routes. Sur la paille de ces véhicules s'entassaient les voyageurs qui n'étaient pas assez riches pour voyager à cheval ou en voiture, et que des infirmités ou le poids de leurs bagages empêchaient de faire la route à pied. La dépense de transport des lourdes marchandises était énorme. De Londres à Birmingham la dépense était de sept livres, et de Londres à Exeter de douze livres par tonneau 2. C'était environ quinze pence par tonneau pour chaque mille, plus d'un tiers en sus du prix exigé plus tard sur les routes à péage, et quinze fois le prix actuel du transport par les chemins de fer. Le prix du transport équivalait à un droit prohibitif pour beaucoup d'articles utiles. Le charbon , particulièrement, ne se voyait jamais que dans les districts où il était extrait, ou bien encore dans les districts où il pouvait être transporté par mer : aussi dans le Sud de l'Angleterre ne fut-il jamais connu que sous le nom de charbon de mer.

Sur les routes de traverse, et généralement dans toute la contrée au nord d'York et à l'ouest d' Exeter, les marchandises étaient transportées par de grandes caravanes de chevaux de bât. Ces animaux, vigoureux et patients, dont la race est aujourd'hui éteinte, étaient conduits par une classe d'hommes qui ressemblaient beaucoup

1 Les défauts de l'ancien système sont décrits d'une manière frappante dans plusieurs pétitions qu'on trouvera dans les procès-verbaux des communes de 1725-1726. On peut voir dans le Gentlemari's Magazine de 1749 quelle opposition furieuse rencontra le nouveau système.

' Postlethwaite, Dictionnaire des roules.

vom ki s pi bi iqi ! 419

;ni\ mtiletici espagnols. I n voyageui de modeste condition ••• 1 1 • -i i \ . 1 1 1 souvent heureux île laiie son \>>\ !■•• monté ni le bal du cheval, entre deux paniers, et pi i« •• -nii> l.i |>mii -i lion de < es guides robuste I i * dé|M*iis<*s de ce mode de voyage étaient modiques, mais en revanche la caravane n'aliail qu'au |>,i-, -i i il biver le froid était souvent insuppoi table

Lee riches voj tgeaienl oitiuiaiiemeni dans leva propn s voitures, ave< quatrechevaui au moins. Coiton, le poète facétieux, essaya d'aller de Londres au P< ak i^'< une seule paire <l<- 1 bevaux, mais, i Saint-Albans, il l'aperçut que le voyage finirait pai être horriblement ennuyeux, et il inclina son plan -. On ne voit jamais «I»' notre temps de cai rosse à six chevaux, excepté dans quelques solennités. I i fréquente mentinii de ers eau n>»> dans les vieux ••« rivains est au conséquence bien faite pour nous tromper. Nous attribuons à la magnificence ce ipii, en réalité, était l'effet d'une très-désagréable nécessité. On voyageait avec six chevaux du temps de Charles 11, parce qu'avec un |»ln^ petit nombre on lia* quail i"ii de restai dans le bourbier. Six < bevaui n'éi dent même p.i> toujours suffisants. Vanbrugh, dans la génération suivante, racontait avec beaucoup d'Atimoiir la manière <l<.ni un gentilhomme campagnard, nouvellement élu membre du parlement, s'était rendu à Londn s. I n < ette w i aaioa , les aflbi Ui de six i b( vaux , dont deux avaient été enlevés ii la ch irrue, ne purent em|H'< lui 1 1 voiture de famille d'être einUanUv Ln^ nue fondrière*

I es voitures publiques s'étaient tout ré. .minent [h iii- COup amélioré* s. Pendant l<^ anneesmn siii\ innt iinin. diateroent la restauration, une dil faisait en deux

jours le voyait! île I ( un 1res i Oxtonl. I - - \ s.iurni > i . »n-

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i iroiM »ur un el

ton, / pu • ' i" udêtutv.

414 ÉTAT DE l'ANGIETERRE EN 1685.

cliaientà Beaconsfield. Enfin, au printemps de 1669, on essaya une grande et audacieuse innovation : on annonça qu'une voiture, qu'on nomma la voiture volante, ferait le voyage tout entier entre le lever et le coucher du soleil. Cette téméraire entreprise fut solennellement discutée et sanctionnée par les chefs de l'université, et semble avoir excité le même intérêt que l'ouverture d'un nouveau railway excite de nos jours. Le vice-chancelier , par un avertissement affiché dans tous les lieux publics , fixa l'heure et le lieu du départ. Le succès de l'expérience fut complet. A six heures du matin, la voiture partit de la vieille façade de AU Soûls Collège, et à six heures du soir, les aventureux gentlemen qui avaient consenti à courir les premiers périls furent déposés sains et saufs sur le seuil de leur hôtellerie, à Londres \ L'émulation de l'université rivale fut excitée, et bientôt après une diligence fut établie qui transportait en un jour les voyageurs de Cambridge à la capitale. A la fin du règne de Charles II, les diligences partaient de Londres pour les principales villes du royaume trois fois par semaine; mais aucune diligence et même aucune voiture de roulage ne paraît avoir été plus loin que York, au nord, et Exeter, à l'ouest. Une diligence faisait généralement cinquante milles en un jour pendant l'été, et un peu moins de trente en hiver; lorsque les routes étaient mauvaises et les nuits longues, les diligences de Chester, d'York et d'Exeter arrivaient à Londres en quatre jours pendant la belle saison, mais à la Noël, il leur fallait six jours pour y arriver. Les voyageurs, dont le nombre était de six, étaient tous placés dans l'intérieur de la voiture, car les accidents étaient si fréquents qu'il eût été dangereux de monter sur l'impériale. Le prix habituel était de deux pence et d'un demi-penny par mille en été, et d'un peu plus en hiver 2.

1 Vie d'Anthony à Wood, par lui-même.

a Cbamberlayne, État de l'Angleterre, 1684. Voyez aussi la liste des di-

V0IT1 M - n M i"i i i 15

Cette manière de \<^.i- 1 . «pu si mblerait au* \ do dix-neuvième siècle insupportabiement lente, i m- [>lai1 êtres m. i veilleus< m. ut ii même da

rcusement rapide. Dana un livre publié quelqu

v .tiit la moi i '!• < lt ii les il. les dilip ont vanté s

i-iiimiii1 l'i'n -iif.» m. ui»-> a t<>ii> !«•> ,uiiit> \rlii. iil( - que

fa |||.. ||. le | Ml ( nlinilS. I .•■m \ il I' Mljl'l tl*llll*|l

lyrique spécial, 1 1 i K ariae triomphalement en ccoti aste par l'autan avi « la lenteur <l< ^ du < mi-

tin< ni. Miiis i « i -• mêlaient d< - plaintes

et des invectives. Les intéièts ■ 1 •- iI,ism> tir>-nombreuses ivaienl été gravement atteints pat l'établia- - •nu-ut dea nouvelles dilig< n < »ut i .-, il ne

manquait jkis de «:ens disposa, v,.|»>n h coutume, à prier par pure obstination ei pm. stupidité mniiv la nte innovation, lout amplement pan •• in* i '• i ni une innovation. On avançait don chaleur qw

mode de transport serait fatal à la rai <• chevalû Aoble talent de l'équitation; que la ramise, qui avait éti longtemps une importante pépinière de matelots, ii il d'être la voie principale de communication de Londres i Windsoi et i Gi tvi send ; que les selliers 1 1 les èperonnters allaient êtremim centaines; que les

nombreuses auberges ou l< irs i cheval avaient

l'habitude de s'ai rèl ni abandonm ps et î

port i i< ni plus bui mm ri venu ; que les nouvelles voitumi trop chaudes en été M trop froides en hivet . que les voyagi m et lient pnnuyi s pai les m il id< enfants; que la voiture tantôt arrivait si tard » l'aub qu'il était impossible d'avoii i souper, et tant itd<

i bonne heure qu'il était impossible Pour lotit s ces i aisons, on prop ment de ne

pat permettre ;ui\ .lili»n. - > d'avou plus .1. ipiatre i lievaux, de partir plus d'uu< fois par semaine, et de i

ingHm il -, ISIS.

plus de trente milles par jour. On espérait que si ce règlement était adopté, tout le monde, à l'exception des boiteux et des malades, reviendrait à l'ancienne manière de voyager. Des pétitions exprimant des opinions de l'espèce de celles que nous venons d'énumérer furent présentées au conseil du roi par diverses compagnies de la cité de Londres , par diverses villes de province et par les juges de paix de divers comtés. Nous sourions de tout cela, mais il n'est pas impossible que nos descendants ne sourient à leur tour lorsqu'ils liront le récit de l'opposition que la cupidité et les préjugés ont faits aux progrès du dix-neuvième siècle '.

En dépit des avantages qu'offraient les diligences, les hommes bien portants et vigoureux, et qui n'étaient pas embarrassés par un lourd bagage, préféraient souvent encore faire les longs voyages à cheval. Si le voyageur voulait aller rapidement, il relayait tout le long des grandes lignes de communication; et, à des distances convenables , il pouvait se procurer de nouveaux chevaux de selle et des guides. La dépense était de trois pence par mille pour chaque cheval, et de quatre pence pour le guide par chaque relais. De cette manière, et lorsque les routes étaient bonnes, il fut possible de voyager, pendant longtemps, aussi rapidement que par tous les autres moyens de transport connus en Angleterre, jusqu'à l'emploi de la vapeur. Il n'y avait pas encore de voitures de poste, et ceux qui voyageaient dans leurs propres voitures ne pouvaient, à volonté, se procurer des chevaux de relais. Le roi, toutefois, et les grands officiers de l'État, en avaient à leur service. Ainsi, Charles allait ordinairement en un jour de Whitehall à Newmarket , distance de cinquante-cinq milles environ, sur un pays

1 Raisons de John Crcssel pour la suppression des diligences, 1672. Os raisons furent ensuite insérées dans un pamphlet intitulé : Le grand inlérU de l'Angleterre exposè} 1673. Les attaques de Cresset contre les diligences provoquèrent de» réponses que j'ai consultées.

vin i i i;> M GRANDS I Hl BUIS. 4P

de plaint n . • i ce fait était n irdé pai ses bu nmc

un exemple de grande rapidité. Evelyn lit le même voyage, en com ■ n i • « I m lord trésoriei Cliiïord. I a \<<* turc était Iralm rix chevaux, qu'on change i deux

,i Bishop-Stortford et à Chesterford. Les voyug< urs arrivèrent a Newmarket à la nuit. Cette manière de voyagei semble avoir été regardée comme un luxe sei vé seule i non t aux princes cl ;mv ministi •

Quelle que fût la route parcourue, les voyageurs couraient grand risque, à moins <|u'il> m* lussent nombreuxel bien armée, d'être ai rêtés et pillés. Le voleur de grand chemin, ce type de brigand que notre génération ne connaît que pur les livres , i in mu outrait sur loutea les routes principales. Les vastes étendues de U rres en

friche qui I laient les grandes routes près de Lon

étaient hantées spécialement par des pillards de cette

- |." e. La bruyère d'HounaJou , bui la grande route de l'Ouest, el les champs coromunaui «i.- Finchley, sur la grande mut.- du Nord, étaient peut-être les plus célèbres de ces lieux de rendez- voua des bandits. Les étudiants de Cambridge tremblaient lorsqu'ils approchaient de la forêt d'Epping, même en plein midi. Las marins qui venaient de toucher leur paye i ( natham étaient souvent obligés de laisseï leur bout Cadshill, lieu Irl.M-, près d'un siècle auparavant, par le plus grand des poètes, comme le théâtre des brigandages de Poins cl de I i .u!. I i autOJ îles publique » |> u aisseul m té i

•iiveiit riiilt.uiasHi's de si\mi quelle conduite elles devaient lenif avec i ai pillards, l n jour, on annoiu ait, dans la Gaxette, que plusieurs personnes, qu'on soupçonnait fortement être des voleurs de grands chemins, mais contre lesquelles on n'avait pas de preuves suffisantes, seraient ex|>o>«v> i N. \> leurs rheyaux et leurs babils de \o\ i on invitait tous ceux

— J . ijn, IttlS •■. i i i. IS7I,

qui avaient été volés à venir inspecter cette exhibition singulière. Une autre fois, on promettait publiquement son pardon à un voleur qui rapporterait quelques diamants bruts d'une immense valeur, qu'il avait, dérobés en arrêtant la diligence de Harwich. Quelque temps après, il paraissait une autre proclamation avertissant les aubergistes que le gouvernement avait les yeux sur eux. Leur criminelle connivence , disait-on , permettait aux bandits d'infester les routes impunément. Ces soupçons n'étaient pas toujours dénués de base, ainsi que le prouvent les dernières paroles de plusieurs voleurs repentants de cette époque, qui paraissent avoir reçu des aubergistes des services à peu près semblables à ceux que le Boniface de Farquhar rendait à Gibbett '.

Il était nécessaire au succès, et même à la sécurité d'un voleur de grands chemins, qu'il fût un cavalier hardi et habile, et que ses manières et son apparence fussent en parfait accord avec la beauté de son cheval. 11 occupait donc, en conséquence, une position aristocratique dans la. société des voleurs, fréquentait les cafés et les maisons de jeu à la mode, et pariait aux courses avec les gens de qualité2 ; quelquefois même, il était de bonne famille, et avait reçu une bonne éducation. Un intérêt romanesque s'attachait donc et s'attache encore peutêtre aux noms des voleurs de cette catégorie. Le vulgaire se délectait au récit de leurs crimes, de leurs entreprises audacieuses, des actes généreux, et témoignant d'un bon naturel, qu'il leur était arrivé d'accomplir parfois , de leurs amours , de leurs évasions merveilleuses, de leurs luttes désespérées, de leur mâle conte-

1 Voyez la Gazelle de Londres, 14 mai 1677, 4 août 1687, 5 décembre 1687. Les derniers aveux d'Augustin Ring, qui était le fils d'un éminent théologien, et qui avait été élevé à Cambridge, mais qui fut pendu à Colchester en mars 1 688, sont extrêmement curieux.

2 Ainvwell. — Dites, Monsieur, ne vous ai-je pas vu au café de Will? Gibbett. — Oui, Monsieur, et au café de "\7hito aussi, — (Le Stratagème

des beaux.)

n m« ••• devant

on racontait de w îlliara N leur «lu

Yorkshire, qu'il levait un ii ibul lur lo ondi* U

de bestiaui du Nord, el qu'en retoui i ibut, n

seulement il les épargnait, mais il h - • ail en<

coni: mil j voleurs; qu'il \ mandait ^

bourat delà manière la plus polie; qu'il distribuai! largement qu'il ai aui rid le la clémence «lu i«»i lui avait une fois sauvé la vi qu'ayant voulu tenter encore la destinée, il était m la fin sur la potence, à Yor! -.'> . < »n racontait aussi comment Claude Du val, page français 'lu duc de Ri* hmond, - li - roui il devenu !• capitaine d'une bande formidable, • •( avait eu rbonneui d'être nommé 1' premier, dans une pro< lamation n<^ conti li bandits » élèbres; oomraej i léti d in upe, H arrêta la voiture d'une dame, dans laquelli trouvait une somme de quatre cents livres, dont il ne pril que cent, i la condition «ju- la dame, en échang< du reste, voudrait bien -!.i c lui une courante sur la bruyère; commenl -a < harmanl gai uiti lisait i but de tout - les femmes, 1 1 • ommenl son habileté au pistolet et a l'épée le rendait la terreui de tous hommes ; comment il l'ut enfin arrêté, en l'anni lorsqu'il était pris de vin; comment des dames de haut rang le visiter» ni demandèrent - 1 des lai ommenl le roi la lui aurait a sans l'opposition du jug Moi ton, I grands chemins, qui menaça de donner sa démission - 1 la loi n'était | un. m enfin,

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Haut, m<> rient», opulent» avarr» , euitat ta horrrur — a b»»> , liber

après l'exécution, le cadavre fut placé sur un catafalque entouré d'écussons, de cierges, de draperies funèbres et de gardiens, jusqu'à ce que le même juge, qui s'était opposé à la clémence royale, eût envoyé des officiers pour empêcher les funérailles '. Il y a, sans doute, dans ces anecdotes, beaucoup de faussetés, mais elles n'en sont pas moins dignes pour cela d'être rapportées, car la crédulité et l'empressement avec lesquels nos ancêtres accueillaient ces récits vrais ou faux est à la fois un fait historique authentique et un fait moral important.

Tous les dangers qui menaçaient les voyageurs doublaient avec les ténèbres. En conséquence, ils recherchaient un asile pour la nuit, et cet asile n'était pas difficile à trouver. Dès une époque très-reculée, les auberges d'Angleterre jouissaient d'une grande réputation. Le premier de nos grands poètes a décrit tous les agréments qu'elles offraient aux pèlerins du quatorzième siècle. Les vastes chambres et les grandes écuries de l'auberge du Tabard, dans Southwark, pouvaient recevoir vingtneuf personnes avec leurs chevaux. On y faisait bonne chère, et les vins étaient d'assez bonne qualité pour engager les convives à boire largement. Deux cents ans plus tard, sous le règne d'Elisabeth, William Harrison fit une description animée de l'abondance et du confort qu'on rencontrait dans les grandes hôtelleries. L'Europe continentale, disait-il, ne peut montrer rien de semblable. Il y avait certaines hôtelleries dans lesquelles deux ou trois cents personnes avec leurs chevaux pouvaient sans difficulté trouver à se loger. Les lits, les tapisseries, et par-dessus tout l'abondance, la propreté et la beauté du linge, étonnaient tout le monde. Les tables étaient souvent couvertes d'une argenterie de grand prix. Il y avait des enseignes qui avaient coûté trente ou quarante livres sterling. Au dix-septième siècle, i'An-

1 Pope, Mémoires de Duval, publiés immédiatement après l'exécution. Oates, ELx&i PoutO^t], part, I.

gletei ne abon lait en k lli nU - auberges de t«"it i i Le voyageai trouvait quelquefois dans un petit vill on cabaret coraux ceui qu'a déa ii- Wallon, on le j de briques était soigneusement frotti el levé, on lesmurt étaient U» pissés de ballades, où les draps de lit sentaient la lavande, <t nu l'on pouvait m prot mer, pour nu prix modique, un bon feu, un verre de bonne il et un plat de Imites fraîches pè< héesau ruisseau voisin. D li«^-

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desautrei pa3ft.Su! le continent, l'aubergiste se faisait le tyran de tons ceux qui venaient logei chex lui; en \ gleterre il t'en faisait le serviteur, Nulle pan un Angl lis n'étail plus a h m un mol plus cru • lui

que dans son auberge. Même les (i lies, qui dans

leurs maisons pouvaient se procurer toute espèce de luxe, avaient souvent l'habitude de passer leurs soii «lans la salle 'le quelque hôtellerie «lu voisinage, il semble qu'ils pensaient que nulle paît ailleurs ili n pouvaient jouir aussi parfaitement du bien-être el de la libei lé. Ce sentiment lut pendant plut n-,

une des singularités national) s. ! ;i lil>< 1 s ■"• ■ t la n- \> auberges fournirent longb mp à nos n n

ciers et » nos auteurs dramatiques. Ichnson dA 1 11 lit qu'une taverne était le Ironede la félicité humaine, et Shenstone se plaignait avec douceur <ju«' l<- t 1 ne

trouvai tous aucun toit parti ulier, pas même bouj

lui .l'un ami. un BO UCtl ailStl I nidial que Celui qu'il

renconti ait dan- une aubei On trouve dans nos hôtels modei ries bien des 1 omroo-

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42*2 ÉTAT DE i/angleterre EN 1685.

tHtés qui, au dix-septième siècle, étaient inconnues à Hampton-Court et à Whitehall; cependant, et en résumé, le progrès de nos auberges n'a pas marché de pair' avec le progrès de nos routes et de nos moyens de transport. 11 n'y a là rien d'étonnant, car il est évident, toutes choses égales d'ailleurs, que pires seront les moyens de locomotion, et meilleures seront les auberges. A mesure que le voyage se fait plus vite, il devient moins important pour le voyageur de trouver des lieux de repos nombreux et commodes. Lorsqu'il y a cent soixante ans on venait d'un comté éloigné à la capitale, il fallait d'ordinaire prendre douze ou quinze repas et passer cinq ou six nuits en route. Si le voyageur était un homme considérable, il tenait à ce que la nourriture et le logement fussent confortables et même luxueux. Mais aujourd'hui nous allons d'York ou d'Exeter à Londres en une seule journée d'hiver. Il est donc très-rare qu'un voyageur s'arrête simplement pour le motif de se reposer ou de se rafraîchir. La conséquence de ce fait, c'est que des centaines d'excellentes auberges sont tombées dans le dernier abandon. Dans quelque temps d'ici, on ne trouvera plus de bonnes auberges que dans les lieux où les étrangers pourront être retenus par des motifs d'affaires ou de plaisir.

Le mode de transport des correspondances à cette époque pourrait peut-être exciter le dédain des générations présentes, mais il eût pu exciter l'admiration et l'envie des nations civilisées de l'antiquité et des contemporains de Cecil et de Raleigh. Un grossier et imparfait système de postes pour le transport des lettres avait été établi sous Charles Ier et avait été emporté par la guerre civile. Le projet fut repris sous la république. Lors de la restauration, le revenu net de la poste aux lettres fut donné au duc d'York. Sur la plupart des routes, les malles-postes ne partaient et ne revenaient que tous les deux jours. On ne recevait les lettres qu'une

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un entreprenant citoyen deLondr s, William Doekv< établit i grands frai! une poste i un penny, qui |* les lettres et les paquets six ou huit :«'i- pat jour dans les ili'-- affairées et encombrées voisines de 1 1 B . et

quatre fois dans les faubourgs de la i ipitali Homme d'habitude . mi s'opposa tri s-i ivemenl l es rommi se \A lipnirent que leurs inti

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de Coleman était alors à son comble. On cria donc que la poste à un penny était une invention papiste. Le grand docteur Oates, affirmait-on, avait donné à entendre que les jésuites étaient les instigateurs cachés de ce projet, et que si on examinait les sacs aux lettres, on les trouverait remplis de plans de trahison ' . Aussitôt qu'il fut bien prouvé que la spéculation serait lucrative , le duc d'York s'en plaignit comme d'une infraction à son monopole, et les cours de justice décidèrent en sa faveur2.

Le revenu de l'administration des postes était allé toujours en croissant depuis l'origine. L'année même de la restauration, un comité de la chambre des communes , après une investigation stricte , estima à vingt mille livres le revenu net de l'administration. Vers la fin du règne de Charles II, le revenu net était d'un peu moins de cinquante mille livres, et on regardait cette somme comme prodigieuse. Le revenu brut était d'environ soixante-dix mille livres. La taxe pour le transport d'une lettre simple était de deux pence pour quatre-vingts milles, et de trois pence pour une plus longue distance. Le droit de poste augmentait en proportion du poids 3. Aujourd'hui, une lettre simple est transportée pour un penny jusqu'aux extrémilés de l'Ecosse et de l'Irlande, et le monopole des chevaux de poste a depuis longtemps cessé d'exister. Cependant la somme totale des recettes annuelles de cette administration ne s'élève pas à plus de dix-huit cent mille livres , et son revenu net à plus de sept cent mille livres. 11 est donc impossible de douter que le nombre des lettres délivrées aujourd'hui ne soit soixante-dix fois plus fort qu'il n'était lors de l'avènement de Jacques IL

' Smith, Nouvelles du jour, 30 mars et 3 avril 1680.

2 Angliœ Melropolis, 1690.

3 Procès-verbaux des communes, 4 septembre 1660, 1er mars 1688-1089, «~ Chamberlayue, 684. — Davenant, du Revenu public, discours IV.

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