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[>r 1<.!I- 1rs II i|l|r II ;U1>|M»I I. Il» lit 1rs ain:«llli.
malles-postes, aucun n*étâi1 plm important que l<s 009. voiles a la main. En 1685, il n'existait ri il m pouvail • \ 1^1 « 1 rien de (semblable aux joumaui quotidiens «lu l ondree tu lue!. Le 1 apital et l'habili lé 1 pooi
l . création de tels journaux manqu ûenl • omplétement. La liberté manquait aussi, « 1 3on absence 6t lit aussi 1 1-
lilr ;'l la |i|Vss,. ,ju(. 1* . 1 1 > -♦ 1 1 • ' (le Capital Cl i|r l.i|r|||.
li presn . il est mi, n*étai1 pas » i elle époque soum une censure générale. L'acte de licence, passé aussitôt
;i | Mrs la lï'Maiiratinn , a\ail 1 ♦ • ■ . i ! • r n • • 1 1 1 l'iwisl i
on 1679» Toute personne pouvail imprimer, à ses risques et périls, un sermon, une histoire ou un -ans avoir besoin de Pautorisatiou préalable d'un onlci< i public ; mail les liaient unanimement d'o-
pinion que cette liberté ne s'étendait |».i- aux gasetl et que, selon 1 1 l«»i commune <!<• l'Angh lem inné
n'avait l<" <1 1 « >i t de publier des nouvelles |iolitiques sans l'autorisation de l.i couronn I ml que le parti whig lut encore redoutable, l<- gouvernement trouva bon de prêter la main i la violation de cette règle. On permit à un grand nombre de journaux . / xtant intelligence % U Cwrrent Intelligence, I- / Ittri-
ligence, I»' / i, U London-Mercury, de paraître
durant la grande bataille au sujet «lu bill d'cxclusii n . Aucun de ces journaux n'ôtail publié plus de deux
|>,ll sriniiiir. ||s nr s,- , -n||||Misaii'llt (Jllr d'illir s, il!*- | >. |||r
feuille. Chacun d'eux ne contenait pas plus >\< • lien - dans l'espace d'un an que le Tin > n'en contient deus numéros. \|»i 6s la défaite des Whigs, le roi ne crut pai devoir prolonger plus longtemps une lib que ions 1< > juges déclaraient dépendre indubitablement de B i volonté. \ la lin <lr son . aucun
• Il y dan» le IhitisH Sluxrum.
journal ne put plus paraître sans sa permission, et cette permission fut exclusivement donnée à la Gazette de Londres. La Gazette de Londres paraissait seulement les lundis et les jeudis. Son contenu se composait généralement de quelque proclamation royale, de deux ou trois adresses tories, de l'avis de deux ou trois promotions, du récit d'une escarmouche entre les troupes impériales et les janissaires sur le Danube, du signalement d'un voleur de grands chemins, de l'annonce d'un grand combat de coqs concerté entre deux personnes de haut rang, et d'un avertissement promettant une récompense à celui qui ramènerait un chien égaré. Le tout faisait deux pages, d'un format très-moyen. Tout ce qu'elle communiquait au public sur des sujets de la plus haute importance était exprimé dans le style le plus maigre et le plus officiel. Quelquefois, il est vrai, lorsque le gouverment était disposé à satisfaire la curiosité publique sur quelque affaire importante, un placard donnant de plus amples détails que la Gazette était publié ; mais ni la Gazette ni aucun placard supplémentaire ne contenaient d'autres informations que celles qu'il convenait à la cour de publier. Les débats parlementaires , les procès politiques les plus importants de notre histoire étaient couverts du plus profond silence l. Dans la capitale, les cafés suppléaient, jusque un certain point, au journal. Les Londoniens y accouraient, comme autrefois les Athéniens sur la place publique, pour recueillir des nouvelles. Là on pouvait apprendre avec quelle brutalité un Whig avait été traité la veille dans Westminster-Hall, quels horribles récits faisaient les lettres venues d'Edimbourg des tortures infligées aux Covenantaires, de combien l'administration de la marine avait volé la couronne sur l'approvisionnement de la flotte, et quelles
1 Par exemple, il n'y a pas un mot dans la Gazette touchant les importantes mesures parlementaires de novembre 1685, ni sur le procès et l'acquittement des rept 4"èques.
HMIflllHB v \ iâlW-
■" • - 1 v. - ISatlOnS avait jn.iti - - h' lord «lu ( -eau |.i i\.-
i ontre 1 1 trésorei ie au ujel de l'impôt du !"' - ■ M qui vivaient l< n du grand théâtre d< b disp politiques ne pouvaient) ii •■ i • julien ment informi i|ui se j> is-,iii < 1 1 1<* par I'- moy< ii de nouvelles à la m Kédi nouvelles devint une profes ion comme i
une aujourd'hui parmi les indigènes de I'lml< l nouvelliste allait de café en café re< m illir des fait
.ut dans l.i coin d'assise* d'Old-Bailey, s'il j avait
< ; 1 1* I ■ pi' procès intéressant , et parvenait même peut-
li— ei dan- In paierie de Wlulehall pour olw r-
\.i quel .-lit tir santé annonçait le \isag« du mi ou
du duc d'York. Il parvenait ainsi à réunir las nalériani
d'épltrea hebdomadaires de^mei laimi miclipie
ville de comté ou quelque coui de magistrats i in gnards. I étaient les soum - ou i s habitants des plus
iules cités piw inciales et les grands corps de la et du clergé puisaient toute leur < onnais-am cdr l'Insinue de leur propre temps. Nousp 1 1\ « n-, sans U mérité, luprqu'à Cambridge il j avait autant de personnes dé-
»iiTiisc> de v,i\nii < .• • 1 1 1 î se passait que dans toute aiitiv ville du royaume; et cependant, à Cambridge, [tendant une grande parti.- du règne de Charles II, les dnctriirs en droit et les maitres « s-arts n'eurent d'autre moy< il d'information que la 6 / i \ la lin, on
employa les services de l'un des nouvellistes de I ondi ut nu jour mémoi able que < elui où les premi
nouvelles a la main, xciliio de Londres, furent déposées sur la table de rilllique « de d< < uni !
nouvelles i la main étaient attendu* d
,i la résidence des gens i ii hes d< la < uu| i ne
Bemaine après leui arrivée, i lies \\\ lient ùlletees
par plus d< \iu i familles. (lissaient aux squi-
nage une ampl n itièi • n nom
1 R ' liorlrur Jt>km >i>rtÀ. Au %«j«t det iMMmlk* a l«
■ain, / i mm »»
428 état de l'Angleterre en 1685.
les soirées d'automne, et aux recteurs les sujets de sermons acerbes contre le whiggïsme et le papisme. Un chercheur actif pourrait sans doute découvrir un grand nombre de ces papiers dans les archives des vieilles familles. On en trouve quelques-uns dans nos bibliothèques publiques, et nous aurons surtout l'occasion, dans le cours de cet ouvrage, d'en citer un recueil qui n'est pas la partie la moins précieuse des trésors littéraires rassemblés par sir James Mackintosh1.
Il est presque inutile de dire qu'il n'y avait pas de journaux de province. Il existait à peine une imprimerie dans tout le royaume, Londres et les deux universités exceptés. York paraît avoir possédé la seule presse qu'il y eût en Angleterre au nord de la Trent 2.
Ce n'était pas seulement au moyen de la Gazette de Londres que le gouvernement essayait d'inculquer au peuple sa politique. Ce journal ne contenait que quelques maigres nouvelles sans commentaires. Un autre journal, publié sous le patronage de la cour, se composait d'articles politiques sans nouvelles. Ce journal, intitulé l'Observateur, était édité par un vieux pamphlétaire tory, nommé Roger Lestrange. Lestrange ne manquait ni de facilité ni de finesse, et sa diction, bien que grossière et défigurée par un jargon et un bavardage vulgaires, qui passaient alors pour du bel esprit dans les
1 Je saisis cette occasion d'exprimer ma vive reconnaissance à la famille de mon cher et honorable ami sir James Mackintosh, pour m'avoir confié les matériaux qu'il avait réunis à une époque où il méditait une œuvre semblable à celle que j'ai entreprise. Je n'ai jamais vu, et je ne crois pas qu'il existe nulle part, sous le même volume, une aussi belle collection d'extraits d'archives politiques et privées. Le jugement avec lequel sir James choisissait ce qui était précieux, et rejetait ce qui était inutile dans ses recherches historiques, ne peut être apprécié que par celui qui a travaillé après lui dans la même mine.
2 Vie de Thomas Gent. On trouvera dans Nichols, Anecdotes littéraires du dix-huitième siècle, une liste complète de toutes les imprimeries existantes en 1 724. En quelques années, le nombre des presses s'était beaucoup accru, et cependant il y avait trente-quatre comtés où il n'existait pas une imprimerie, et le comté de Lancastrc était du nombre.
L*OBSEBVATEfTB. W9
tavernes et les foyers de théâtre, n'était pas sans mordant et -.m- vigeur. M i nature .• la fois fi I ignoble
I en ail dansch icune dos lignes qui - i latent de -.1 plu \ l'époqu les premi< rs num ros ; pa-
rurent, cette acrimonie pouvait jusqu'à un certain point .'h. excusée. ! es Whigfl étaient alors tout-puissant il avait a luit- : Ivei Muret nombreux dont
h violence sans scrupules pouvait justifie! des represaill - impitoyabli M en 1685, l'opposition était Un esprit généreiu aurait dédaigiu'1 d'insulter on parti qui ne pouvail pas répondre! et anrait évité les malheurs «l pi 1 on d'exilés, <!<• 1 1-
millea privées de leurs chefs; osais le tombeau .r
un ;i lu 1 et les maisons eu deuil un sanctuain contre l.i méchanceté de Lestrange. Dans !«• derniei mois du
ne de < haï les II, un p isteui dissident, ii « de grande réputation, nommé William Jenkyn, qui avait été cruellement persécuté pour le seul crime d'avoir adoré Dieu s< Ion !«■< ulte généralement adi pté pai toute l 1 urope protestante, mourut de misère -t de privations
dans li prison de V wg ite. I expn - bdj nlanée de la
sympathie populaire ne put être réprimée; le cadavre lui accompagné su tombeau par un.- escorte <!<• rent cinquante voilures. L<* »t ■■■■ 1 is.ms • ii\-iiicuies lurent attristés,! t rinsoucianl monarque donnaqucloin - -1. di regret. Lestrange seul poussa un hurlement de tri phe sau ■•• moqua uV la rompaasiou puérile des
Equilibreur*, déclara que ce vieux blasphémateui • t imposteur avait subi un juste « bâtiment, et jura de de\ larer a tous les (aux lalnti «t .1 tous les faux martyrs, nonseulement une gUl 1 i« .1 DBOfl , niai- un qui M poursuivrait jusqu'après la mort . lel était l'esprit du journal qui était i o tte époque l'organe du parti tory, • i Bpé< ialemenl du « lei •■ p iroissial.
' / Vit é» Haxttr —
U IOI 11/ iu<n
Les quelques publications littéraires qui pouvaient être transportées par la poste formaient alors la plus grande partie de la nourriture intellectuelle des ministres et des magistrats de campagne. La difficulté et la dépense de transport de gros paquets étaient si grandes, qu'une œuvre de quelque étendue mettait plus longtemps à aller de Paternosler-Row, dans le Devonshire ou le Lancashire, qu'elle n'en met aujourd'hui à parvenir dans le Kentncky. Nous avons déjà fait remarquer combien un presbytère de campagne était médiocrement pourvu de livres, même des plus nécessaires à un théologien. Les bibliothèques de la gentry n'étaient pas mieux montées. Peu de représentants des comtés avaient des bibliothèques aussi bien fournies que celles qu'on pourrait trouver de nos jours dans les appartements des domestiques de grandes maisons, ou dans l'arrière-salon d'un petit boutiquier. Un squire passait auprès de ses voisins pour un grand érudit, s'il avait dans l'encoignure de sa fenêtre, pêle-mêle avec ses lignes à pêcher et ses fusils de chasse, Hudibras, la Chronique de Baker, les Bons Mots de Tarit on et les Sept Champions de la chrétienté. Il n'existait nulle part, même dans la capitale, de cabinets de lecture et de sociétés littéraires ; mais les étudiants qui n'avaient pas les moyens d'acheter beaucoup de livres avaient une autre ressource. Les boutiques des grands libraires, près du cimetière de Saint-Paul, étaient remplies, tout le long du jour, par une foule de lecteurs, et on permettait souvent à un habitué connu d'emporter un livre chez lui. Dans la campagne, cette facilité n'existait pas, et chacun y était dans la nécessité d'acheter les livres qu'il voulait lire '.
1 Cotton semble nous dire , dans son Pécheur , que sa bibliothèque se trouvait placée tout entière dans l'encoignure de sa fenêtre ; et Cotton était un homme de lettres. A l'époque du voyage de Franklin à Londres, les cabinets de lecture étaient inconnus. La foule qui se pressait chez les libraires du
i «m uim\ m 1 1 mm! -.
Qiiiini ;'i la « lia! il--, leur biblio-
thèque se i omposail d'un livre <!•• pi u n un livre
d< ménage; mais, à i i \<\ ité, d es ne pi ruaient i \< vivre dans i elle olitude i italique, i rang • lea plui élevés el dans I - i auditions les plu
au développement inl< Il i luel , les femmi i anglaises de cette Imn ri, ni -ni iiiroiilrslalilcmi'iil I- moins instruites qu'on eùl vuu^ depuis li nn.n-s.inc»' des lettrt s. v une époque antérieun . • lli - i ludi aient les « hefs-d'a uvre du g< nie antique. Aujourd'hui, i ll< - • ordeot pi u d'attention aux langues moi U - ; m ti nche, les langues de Pas* al el de Molière, di I et de i . >l' <. 1 1 1 1 1 1 de s' hill< i , leur Bout familii et il n'est pas d'anglais plus pur et pin eus que celui que parlent et & i ivent de nos joui • i bien élevées. Maie, pendant 1 1 dei nière m< dix-s lierai . la culture de l'esprit chei les femmes pai ait avoii été entièn ment négligi nd uni moiaelle avait les moindres notions superficielles de littérature, elle était n nme un pi D dam- !■ -bien né bien él I d'un pi il rit par nature, étaient souvent incapables d'écrin une li dans leur langue m iternelle ^.in^ i lire d< - i>mr> . i
d('S lailtrs tin! |Im l I|»Im- ijll»' lnil.ll n! 1 1! U Hi I 1 I lllll de
comnx Ure une petite (111e des écoles de chat ité '.
('.»• i ut • \ pli. |ii. aisément. Une lia nie,
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alors | la mod< , et la li avait produit ses effet
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<xtk «r<u gn <*w Iht and I
432 ÉTAT de l'angletehre EN 1685.
dinaires, c'est-à-dire la dégradation morale et intellectuelle des femmes. Il était de bon ton de rendre à leur beauté personnelle un hommage impudent et grossier; mais l'admiration et le désir qu'elles inspiraient étaient rarement unis au respect, à l'affection ou à tout autre sentiment chevaleresque. Les qualités qui pouvaient faire d'elles des compagnes, des confidentes, des amies pleines de bons conseils, repoussaient plutôt qu'elles n'attiraient les libertins de Whitehall. "A cette cour, une fille d'honneur qui savait s'habiller de manière à faire valoir un beau sein, qui savait lancer des œillades significatives, qui dansait voluptueusement, qui excellait en réparties impertinentes, qui n'avait pas honte de badiner avec les gentilshommes de la chambre du roi et les capitaines des gardes, de chanter des vers équivoques avec une expression sournoise, de se déguiser en page pour quelque mascarade, était plus sûre d'être recherchée et admirée, d'être honorée des attentions royales, et de trouver un mari noble et riche, que ne l'eussent été Jane Grey ou Lucy Hutchinson. Dans de telles circonstances, le niveau du développement intellectuel, chez les femmes, était nécessairement bas, et il était plus dangereux d'être au-dessus qu'au-dessous de ce niveau. L'extrême ignorance et l'extrême frivolité étaient regardées comme plus convenables, chez une femme, que la plus légère teinte de pédanterie. De ces femmes trop célèbres, dont nous admirons encore les portraits à Hampton-Court, très-peu lisaient des choses plus sérieuses que des acrostiches, des épigrammes et des traductions de la Clélie et du Grand Cyras.
Les connaissances littéraires, même des hommes les plus accomplis de cette génération, semblent avoir été moins solides et moins profondes qu'elles ne l'étaient avant celle époque, et qu'elles ne l'ont été depuis. L'étude du grec, à tout le moins, ne florissait pas chez nous à l'époque de Charles 11, comme elle florissait avant la guerre civile, et comme elle a fleuri de nouveau longtemps
manu cno» des mommi &.
après li révolution. Il j ftva.il ii iblenienl .il<>i^
des érudil .1 qui toute la lil
Homère jusqu'à Photiu
M renoonlraienl presque ex< lusi : dans le « l<
r< sidant aux universités, el même là, ils étaient p un
breux el assez mal appi .A i
dait pas «lu toul comme né put
lire les évangili i I udition
d'Oxford n'était pa - pi • I
de Guillaume III, le i Christ-l
ii >ut entier comm • un
Ibent'n it« des
aloi - i onsidéré i mme le foyer pi incipal de 1 1
philologique dans !•• royaume, \\<- pal montrer mém
Bomme de connai • i n lan
sedenl aujourd'hui bien des jeui is dans toutes
im> grandi publiques. < In peul al sup-
i qu'une langue moi le, i • u'" lail pa forl étudiée par l< du monde. A une
époque antéi ieure, la | t I'. loqiu n< <■ d< la Grèu
avaient rail les délices de Falkland el de liai une époque postérieure, elles ûrenl les délices de Pill et <l<- l"\, de Windham el • ! < . i • 1 1\ il l» ■ ; mais durant la dei nière partie du dix-septième siècle , il > avait en Angletei re un homi I i émim ni qui pût pn ndn du plaisir à lire une pi-.- de Sophc* l< ou de Platon.
Let bons latinistes i laient uombn ux. l de Rome n'ftvail ncorc nenl p
domination, el dans bien des pays de l'turojx , il était encore presque ah olument né< i sairc au gcur ou .1" i '• ur diplomatique. Pai 1er pai rai-
ent le latin était donc mi lal< ni I p plus
< ommun que de n i, cl ni * I
ne manquaient de poètes capables de venir déposer ait pied du trône, dans les occasions solennelles, d'heureuses imitations des vers dans lesquels Virgile et Ovide ont célébré la grandeur d'Auguste.
Cependant, la langue latine commençait à céder la place aune plus jeune rivale. La France réunissait à cette époque tous les genres de supériorité. Sa gloire militaire était à son apogée ; elle avait vaincu de formidables coalitions, dicté des traités, subjugué de grandes cités et de grandes provinces, forcé l'orgueil castillan à lui céder le pas, obligé les princes italiens à s'humilier à ses pieds. Son autorité était suprême dans toutes les matières de bon ton, depuis le duel jusqu'au menuet; c'était elle qui décidait de la coupe de l'habit d'un gentilhomme, de la longueur de sa perruque; qui décidait si ^ les talons de ses souliers devaient être élevés ou bas ; si le galon de son chapeau devait être large ou étroit. En littérature, elle donnait des lois au monde; la renommée de ses grands écrivains remplissait l'Europe. Aucune autre nation ne pouvait montrer un poète tragique égal à Racine, un poète comique égal à Molière, un poëte badin aussi agréable que La Fontaine, un orateur aussi puissant que Bossuet. La splendeur littéraire de l'Italie et de l'Espagne s'était éteinte; celle de l'Allemagne ne s'était pas encore levée. Le génie des hommes éminents qui faisaient l'ornement de Paris brillait donc avec un éclat qui s'augmentait encore par le contraste. La France exerçait alors sur le genre humain un empire que la république romaine elle-même n'exerça jamais; car pendant que Rome était prédominante politiquement, elle était en littérature l'humble élève de la Grèce. La France avait à la fois sur les contrées voisines, et l'ascendant que Rome avait sur la Grèce, et l'ascendant que la Grèce avait sur Rome. Le français devenait de plus en plus la langue universelle, la langue de la haute société, la langue de la diplomatie. Dans plusieurs cours étrangères, les princes
INFLOI m ! D* LA I
ft l< ; uni»! ii latent avec i
qun li D m-
notre Ile, i ette tel i ilité fut moindn qu ,|'1"
unit ; m nos boum furent
|. mi, h - celtes des mut ■ lanl , i hez
nous , « ■ i hommage fui p i littéi
dé nos voisins, quoique bien i el cornu
contre-cœui . 1 •■ i lieu* toscan, si famili<
d imee de la cour tl Elisabeth, tomba dan le m pris. I n g I m gui citai! Hoi h e ou 1 i dans li bonne compagni isidéré comme nu
emph itique p dant;n ion de l"'ut-
<l<- plu i • l.i meilleure preuve qd*on pût
donner de ses talents et d( i . !»• noo-
vell( critique, d aux n, !•■ style
der Inrei i ffecl iii<»n d'ingénuité qui ai ut
ire* les vers de Donne, r\ jeté m ceux d( Cowlej . disparut de noti n
devint moins majestueuse, moins artisfc ment enrou moins variée dans sa musique que celle d'une époque
nte, m n plus lucide , pli le, mieux t
pour la ont ~i!>l.' de ne
nn.iiti ni.iii.-iits |*influi ■
m. us. i » iii-is mattn s de notre lai insl< urs com|* sitions le plus
I ■•■ut .1. \ ii ' ni 'l
exprimer I » n ■ tout aussi t tout aussi 11 •
dieux :. <Mi impoi ta aussi ' die en
rimes, plai tique qui languit sui notre -«'I <'t se
lleûtétébien que nos écrivains eussent ébralementimité la décence qu'observaient, à quelques rares exceptions près, leurs grands contemporains français; car la licence des comédies, des satires, des poésies et des romans de cette époque , est une tache pour notre renommée nationale. On peut aisément remonter à la source du mal. Les beaux esprits et les puritains n'avaient jamais été ensemble dans de bons termes. Il n'y avait aucune sympathie entre ces deux classes d'hommes. Ils voyaient la vie humaine sous un point de vue et sous nn jour tout différents. Ce qui faisait le bonheur des uns faisait le tourment des autres. Les jeux les plus innocents de l'imagination semblaient un crime au rigoriste sévère. La solennité des pieux frères fournissait en revanche d'amples sujets de persiflage aux natures légères et portées au plaisir. Depuis la réformation jusqu'à la guerre civile, presque tous les écrivains doués du sentiment du ridicule avaient saisi toutes les occasions d'attaquer ces saints à cheveux plats, nasillards, pleurnicheurs, qui prenaient dans le livre de Néhémie les noms de baptême de leurs enfants, qui grommelaient à la vue de Jack sous la feuillée et regardaient comme une impiété de manger du plum porridge le jour de Noël. A la fin, il vint un temps où les rieurs devinrent graves à leur tour. Les gauches et rigides dévots, après avoir fourni le sujet de beaucoup dû bonnes plaisanteries à deux générations entières , se levèrent en armes , remportèrent la victoire, gouvernèrent, et foulèrent sous leurs pieds avec un rire amer la foule des railleurs. Ils rendirent avec cette malice sombre et implacable ,
pour justifier ses emprunts de mots à une langue étrangère, sur le couronnement de Charles II:
Hither in summer evenings you repair
To taste the fraîcheur of the cooler air.
a Là vous vous retirez dans les soirs d'été, pour jouir de la fraîcheur de l'air plus frais, d
MURAI ITI !•' iv i m i: wt SB.
parti< 1 1 1 1 < i « • aux bi qui prenne ni Icui i in< une
l r une vertu , li - bl< que loui .
le 1 1 pétulante malii l • tn i
i »rraéa 1 1 lui pi .
sous lu bui veillant a d'anslè
ni bannie a de kew Oxford. Cowlej , < rasfa iw et < Icvcl.md fm. ni de leurs fonctions universitaii i ! m i aux
K adémiques n'eut plu irei
à l,i façon d'Ovide , «m des pasloi des à la fa< <»n •)•• \ 1 1 gile, mais il étail interrogé sévèi emeiil par un synodi aires, sur le jour el Yhn ure ou il i senti s*0] n lui la seconde naissant e. Un lel système
futnaturellcmenl fertile en hypocrisies. Sous les vèlem austères el les d'une sévéi ité « omp
< hèrenl, pendant Ses années, d'excessifs désirs deliberti-
e el de \ ! m ces désii - furenl satisfaits ;
la r« stauration « mane ipa les esprits d'un joug qui devenu insuppoi table. I •■ vi( ux coml al mais ave c une animosité toute n ove Ile : i e ne fui : alors un combat j our rire, mais u i re à me 1 1 !
onde - n'avaient pas ï atti ix qu'ils
avaient | le pitié que n'en doil attendre
le marchand d'esclaves, d'insurgés qui portent en
|ui - de ses i olliei - de feu el de I uet.
l .i guerre entre le bel espril el le puritanisme di vint bientôt une guei re - atre le bel L'hostilité exe itée par une grote iture di
vei lu uVp.u . .n i |. - la vpi lu ellc-in )\ roui ce que le
il l « i • • ronde ïï% lit n spe< lé fut insull |u'il
avait prosci il devint en faveui . Pan • qu'il ivail i u scrupules trop puéi ils, Ion nies furenl loui
i n dérisiou ; pai ce qu'il avait «lu
masque de la dévotion, l< les plus se andaleux
furent étalés ou - l - yeux du pi îque
impudence , parce qu il avait puni l'amouj illie
une sévérité barbare, la pureté virginale et la fidélité conjugale devinrent un sujet de plaisanteries. A ce béat jargon , shibboleth du Puritain , on opposa un autre jargon non moius absurde et beaucoup plus odieux. Comme le Puritain n'ouvrait jamais la bouche sans parler le langage des Écritures , cette nouvelle race de beaux esprits et d'élégants n'ouvrait jamais la sienne sans lâcher des obscénités dont aurait rougi un portefaix, et sans proférer quelque Dieu me damne, Dieu me confonde, Dieu m'anéantisse.
Il n'est donc pas étonnant que notre littérature, réapparaissant avec la restauration de l'ancien régime politique et religieux, ait été profondément immorale. Quelques hommes éminents, qui appartenaient à une époque précédente et meilleure, furent exempts delà contagion régnante. Les vers de Waller respiraient les sentiments qui avaient animé une génération plus chevaleresque. Covvley, distingué et comme royaliste et comme poète, éleva courageusement la voix contre l'immoralité qui déshonorait à la fois les lettres et le royalisme. Un poëte bien plus puissant que ces derniers, éprouvé à la fois par la souffrance, la pauvreté, le danger, le dédain et la cécité, méditait, sans se laisser troubler par l'obscène tumulte qui faisait tapage autour de lui, un chant si sublime et si saint, qu'il eût pu sortir des lèvres mêmes de ces vertus éthérées qu'il vit, avec cet œil intérieur que ne peut obscurcir aucune calamité, jeter sur le pavé de marbre leurs couronnes d'or et d'amarante. Le vigoureux et fertile génie de Butler, s'il n'échappa pas entièrement à la contagion régnante, n'en fut que légèrement atteint. Mais ces hommes avaient été élevés au milieu d'un monde qui avait disparu : ils cédèrent bientôt la place à une nouvelle génération de beaux esprits , dont le trait caractéristique, depuis Dryden jusqu'à Durfey, est une licence sans entrailles, inaccessible à la honte, fanfaronne, dépourvue à la fois d'élégance et d'humanité.
iMMoi-.M rrt Dl W UTTÉRATUl 439
l.'inliih i in
nuisible cependant qu'elli i leur dépravation
eut été moins compl i . I •
- i i lolcnt, qu'en peu d< le public re| dé-
u'ils lui offraient. Aucun i i ivaîns
i Si-
cile
d'eu ne savait qu'une cei taine dé< ence même à la volupté ; i\v<- la draperie j eul saute que *a nudité, el quel'i ipeul être bien :
foi tem< ni ex< ii. le délii ates
sent «-H dehors d'elle - : de
iptions qui la laissent dans un état p i L'esprit de la réaction antipuritaine remplit presque toute la littéi ature du rê l< - il ; maia i
drame comique que si' trouve la quint cet e pi il. Lee théâtres, fermée pai les fanatique jour de leur puissance, furent de nouveau cnc< après leur réouverture. De nouvelles el plus pui séductions furent ajoutées aux anciennes. Un en des déooi atîons, qui
jours paraîtraient misérables ou absurdes, mais qui auraient paru singulièrement magnifiques aux hommes qui, dans les premières années du dix-septième siècle, venaient : -m les t ttes du théâtre de
mee «mi -miv le toit de chaume du théâtre de I » Rose, éblouissaient les yeux de ! i multilud •. \ la I nation de l'art vint se joindre lafascin ition lu b< au - > i le jeune spectateur vit, ;i\ ■■■ des émoi n inconi aux i ontempoi iii 5 de Sh il ! Johnson, lec
• •i piquant du drame rep ir de
jolies femm ■ . 1 1 ire,lesl
devinrt nt -1 ' m .1
lui-même. 1 • du
lllr lll. [QUS | -. n-, ||. .Mil l( . I
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des stimulants de plus en plus violents. Ainsi les artUes corrompirent les spectateurs etlesspecîateurslcs artistes, jusqu'à ce qu'enfin la turpitude du théâtre s'éleva à un tel point, qu'elle put étonner tous ceux qui ne savent pas que l'extrême relâchement est l'effet naturel de l'extrême contrainte, et qu'une époque d'hypocrisie est, par une conséquence logique , suivie d'une époque d'impudence.
Rien n'est plus caractéristique de cette époque que le soin minutieux que prenaient les poètes de mettre tous leurs vers les plus libertins dans la bouche des femmes. La partie de son œuvre où le poëte prenait les plus grandes licences était l'épilogue. Ils étaient toujours récités par l'actrice en faveur, et rien ne charmait autant l'auditoire que d'entendre des vers grossièrement indécents tomber des lèvres d'une jeune fdle qu'on supposait n'avoir pas encore perdu son innocence '.
Notre théâtre à cette époque emprunta souvent des caractères et des fables dramatiques à l'Espagne, à la France et aux vieux maîtres anglais; mais nos dramaturges souillaient tout ce qu'ils touchaient. Dans leurs imitations, les demeures des nobles et fiers gentilshommes castillans de Calderon devinrent des repaires de vices, la Viola de Shakspeare une entremetteuse, le Misanthrope de Molière un ravisseur, son Agnès une femme adultère : il n'y avait rien de pur et d'héroïque qui ne devint sale et ignoble en passant par ces sales et ignobles esprits.
Tel était l'état du drame, et le drame était le genre littéraire qui rapportait les plus grands bénéfices aux poètes. La vente des livres était si minime qu'un auteur, même du plus grand nom, ne pouvait attendre de ses meilleurs écrits que les moyens de ne pas mourir de faim. 11 n'est pas d'exemple plus frappant de ce fait que le sort des fables de Dryden, sa dernière production. Ce volume fut publié à l'époque où Dryden était universellement re-
1 Jeremy Collier a censuré cette odieuse habitude avec sa force et sa pénétration habituelles.