RI FORMATION. M
un moment dans la vie et des individus et dei i oumission • i la foi, même pou técs jusqu î
cet excès <|ui leur rerail donner, i une époque pli ;i\ m* éc , les noms de - i vilité el de créduliti d< - qualités ntili ;. L*enfant «pu, docilem< ni . sans rière-pensée, ni velléité de doute, écoute les instrui li< • de sea aîné! , fera « ei l
l'homme fait qui accepterait avec une docilité enfantine toute assertion et tout dogme tombés des lèvres d'un autre homme, qui n'est pas plus - ige que lui-même, de- \ iendrait bientôt un être méprisable. Il en est de même des Lés. I es nation \ européennes passèrent leui enfan •• sous la tutelle du clei - endant de la i
dotale fut longtemps l'ascendant qui appartient naturellement r\ justement à la supériorité inu llcctuelle. Malgré tous leurs défauts, les prêtres étaient de beaucoup les membres les plus sages de la société. Il était don< a tou1 prendre excellent qu'ils fussent resj I es empiétements du pouvoir <•< clésiastique sur le pouvoir civil produisirent beaucoup plus de bien que de mal, tant que le pouvoir ecclésiastique fut entre les mains de la seule classe qui eût étudié l'histoire, la philosophie et le droit pi il du , et tant que le pouvoir civil lui entre les mains de chefs ^.m\ .n.i-- qui ir- pouvaient pas même lire leurs ••«Iiis et leurs ordonnances. Mais un i hang< nifiii survint. I iduelle-
iiieiii parmi les laïques. \u « ommei* ement du seixième i i beaucoup d'entre eux< taient dans chaque bram he «lu savoir humain les - ■ iux de leurs pasteurs spirituels les plus éclairés. Dès lors cette autorité <|m, durant ténébreux, avait été, en dépit il<' bien <1«"- abus, une tutelle légitime el salutaire, devint une tyrannie injuste H nuisible
Depuis l'époque ou les barban renl l'em-
pire d't U < nii ni jusqu' i ré|KK|iie il» iiss un i
lettres, l'iuUueuce de M lia romaine fui al ment
ft,
M l/ ANGLETERRE avant la restauration.
favorable à la science, à la civilisation et à un bon gouvernement. Mais pendant les trois derniers siècles, arrêter le développement de l'esprit humain a été son principal objet. Tous les progrès, sans exception aucune, qui se sonl accomplis au sein de la chrétienté, en lumières, en liberté, en richesse, dans les arts de la vie, se sont accomplis en dépit d'elle et ont été partout en proportion inverse de son pouvoir. Les plus ravissantes et les plus fertiles provinces de l'Europe sont descendues, sous son gouvernement, aux derniers degrés de la pauvreté, de la servitude politique, de la torpeur intellectuelle, tandis que les contrées protestantes, autrefois citées proverbialement pour leur stérilité et leur barbarie, se sont transformées en riches jardins, grâce à leur industrie et à leur habileté, et peuvent montrer avec orgueil une longue liste de héros et d'hommes d'État, de philosophes et de poètes. Celui qui, sachant ce que sont naturellement l'Italie et l'Ecosse, et ce qu'étaient respectivement ces deux pays il y a quatre cents ans, comparera aujourd'hui la campagne qui entoure Rome à la campagne qui entoure Edimbourg, pourra se former une opinion sur les tendances de la domination papale. La décadence de l'Espagne, autrefois la première des mouarehics , maintenant descendue jusqu'aux dernières profondeurs de la dégradation, et l'élévation de la Hollande qui, en dépit de ses nombreux désavantages naturels, a atteint à une position qu'un aussi petit État n'a jamais atteint, nous enseignent la même leçon. Quiconque passe, en Allemagne, d'une principauté catholique à une principauté protestante; en Suisse, d'un canton catholique à un canton protestant ; en Irlande, d'un comté catholique à un comté protestant, □arque qu'il a passé d'un état inférieur à un état supérieur de civilisation. De l'autre côté de l'Atlantique, la même loi prévaut encore. Les protestants des États-Unis ont laissé bien loin derrière eux les catho-
fA RftfÛMMTN S5
liquet romains «lu Mexique, «lu Pérou el «lu Brésil, i • atholiques romains du lias Canada restent immobiles, tandis qu'autoui d'eux* bui toul leui continent, bouillonne resprit protestanl d'entn | I d'a< tiv ité. 1 1 1 1 .un ais, sans doute, oui montré un< telligencequi, même lorsqu'elles ont été mal dirigées , leur onl valu justement le titrode grand peuple. M lis oeil c^ption apparente, lorsqu'on l'examine de près, ne lut « I in* confirmer la règle gén< ji il n'j i |m> de contrée catholique romaine où l'Eglise romaine ail depuis plusieurs générations posa dé aussi peu d'autoi iti .
Il est difficile de dire à laquelle des deux religii de la religion catholique romaine <»u (!<■ la religion réformée, 1 tngb i"it le plus. Elle doil principalement ,i l'influence que le clergé du moyen âge - i sur l<i société laïque l'amalgation des rai es el l'abolition du servage. Elle <lmt principalemenl à la grande révolte de I té laïque contre le clergé ses libertés |*»litiques ci întrll- » tiicll» j, < i tous les bienfaits qu'entraînent à leur Buite les libei tes politiques el intellectuelles.
La lutte entre la vieille et la nouvelle théologie fut longue dans notre pavs, el l'issue en parut quelquefois douteuse. Deux partis extrêmes étaient en présence, prêts avec violence ou à Bouflrir avec une opi-
niâtre n solution. E ntn ans , le pinça pendant l temps un parti moyen qui tachait de rattacher, très-illogi(|iiement,sans doute, mais assez naturellement, lesda trines apprises dans l'enfance aux doctrines des modernes listes, el qui toul en se » tamponnant avec une aifei lion passionnée aux vieille s prntiqin s reli détestai! rependant 1<> ahu*. auxquels ces pratiques
étaient étroitement uni b. i s hommes de os parti,
de telles dispositions d'esprit, ne demandaient qu'à obéir,
«I I suivre av« rucounai^auce les ordres 'l'un rhel
habile qui leui d< m.
mêmes, et qui, élevant une voix ténue et dominatrice
au-dessus du tumulte des controverses, leur enseignerail ce qu'ils devaient croire et comment ils devaient prier. 11 n'est donc pas étonnant que les Tudors aient été à même d'exercer une grande influence sur les affaires ecclésiastiques, ni qu'ils aient en grande partie exercé cette influence en vue de leurs intérêts.
Henri VIII entreprit de constituer une Église anglicane, différant de l'Église catholique romaine sur le point de la suprématie et sur ce point seul. Son succès dans cette entreprise fut extraordinaire. La force de son caractère, sa situation singulièrement favorable vis-à-vis des puissances étrangères, les immenses richesses que la spoliation des abbayes mit à sa disposition, le soutien que lui fournit cette classe nombreuse qui gardait le milieu entre deux opinions, le mirent à même de défier les deux partis extrêmes , de brûler comme hérétiques ceux qui confessaient les dogmes des réformateurs, et de pendre comme traîtres ceux qui reconnaissaient l'autorité du pape. Mais le système de Henri mourut avec lui. Si sa vie s'était prolongée , il eût senti la difficulté de maintenir une position attaquée avec une égale force par tous les fanatiques des vieilles et des nouvelles opinions. Les ministres à qui était confiée la garde des prérogatives royales pendant la minorité de son fils n'osèrent pas persister dans une aussi hasardeuse politique, et Elisabeth elle-même n'osa pas y revenir. Il devenait nécessaire de faire un choix. Le gouvernement devait ou se soumettre à Rome, ou obtenir l'aide des protestants. Le gouvernement et les protestants n'avaient qu'un point de commun entre eux, la haine du pouvoir papal. Les réformateurs anglais désiraient ardemment aller aussi loin que leurs frères du continent. Ils condamnaient maintenant, comme antieluétiens, bon nombre des dogmes et des pratiques auxquels Henri VIII était resté obstinément attaché, et qu'Elisabeth avait abandonnés à regret. Beaucoup d'entre
L'ÉGLISE IRCLICAN1
eux éprouvaient un'* forte répugnance potn des cl* indilTércnles en el!< s-même* , mais [ni avaient fait partie de la constitution ou du rituel de la iii\^i<|!i<- Babyh jue Hooper, qui mourut « ourageusenv Gloucester pour sa religion, refusa longtemps de portn I- i vêtements épiscopaux. L'évêque Ridley, martyi d'un pi h ^ grand renom encore, renversa les anciens autels <!<• son diocèse, et ordonna qu< le - u rement de l'eucharistie serait administré aux fidèles «la m- le milieu des < li < s . sur di - tables que les papistes appelaient \\\< vérencieu sèment tables à huîtres. L'évêque leva I déclara que le vêlement e< clési tstique était un déguisement il ! théâtre, un habit <l«' fou , une relique des Amo promit de n'épargner ni soins ni peines poui extirpei d'aussi dégradantes absurdités L'archevêque Grindal liésila longtcm| epler la mitre, en répugnant
la consécration, tju'il regardait comme une momeri . L'évêque Parkhurst, dans une prière fervente, exprima le désir de voir l'Église d'Angleterre se modelai il glisc il-' Zurich, comme sur le type .il>-N..iii il»- l i h ■ <|ni « onvenait .» une société réellement chrétienne I que Ponet était d'avisque le mot évèque fût abandonné aux papistes, et que les principaux administrateurs de II glise purifléc fussent appelés surintendants. Quand on con idèrr qu'aucun de ces prélats n'appartenait .1 la portion extrême du parti protestant, on ne peut doutel que m I • opinions générales de ce parti eussent ti té suivies, l'aïuvre de la réform ition aurait été aussi < omplète en \i qu'en I i osse.
Hais de même que le gouvernement avait !>«^< »m dd soutien des protestants, les protestants avaient • lu soutien «lu gouvei nemeut. Des deux
icoup d< concessions; une union s'ensuivit, el fruit de cette union fut I l fllise d'Angleterre.
< est hi\ . .n .1. 1ère p m ii« uliers de « att< gi ande im tution et aux violentes passions qu'elle a excitées i lnu
ses amis et ses ennemis que doiveut être attribués plusieurs des plus importants événements qui se soient passés dans notre pays depuis la réformation, et l'hisîohv séculière de l'Angleterre ne peut être comprise si on ne l'étudié parallèlement avec l'histoire de son organisation ecclésiastique.
L'homme qui prit la plus grande part à poser les conditions de l'alliance d'où sortit l'Église anglicane fut Thomas Cranmer. Il était bien le représentant des deux partis qui à ce moment avaient besoin du secours l'un de l'autre. Il était à la fois théologien et courtisan. Comme théologien , il était tout prêt à pousser le changement aussi loin qu'aucun réformateur suisse ou écossais. Comme courtisan, il désirait conserver cette organisation qui, durant tant de siècles, avait si admirablement servi les desseins des évêques de Rome, et qui pouvait servir également bien maintenant les desseins des rois anglais et de leurs ministres. Son caractère et son intelligence le rendaient éminemment propre à servir de médiateur. N'ayant de sa profession que les dehors pieux seulement, sans scrupule dans sa conduite , sans amour pour aucune chose, hardi en théorie, lâche et temporisateur dans l'action, ennemi sans haine, tiède ami, il avait toutes les qualités nécessaires pour arranger les termes d'une coalition entre les ennemis religieux et les ennemis politiques de la papauté.
La constitution, les doctrines, les offices et cérémonies de l'Église anglicane gardent encore aujourd'hui les marques visibles du compromis qui lui donna naissance. Elle occupe un juste milieu entre les Églises de li< «me et de Genève. Les professions de foi de ses doctrines et ses traités, composés par des protestants, établissent des principes théologiques auxquels Calvin ou Knox auraient à peine trouvé un mot à changer Ses prières • i Mfl oraisons, tirées des anciens bréviaires, sont tels en général que le cardinal Fisher ou le cardinal Pôle
L#t€LIH vvcikwp.
auraient pu d6 toul casai les adopter. Un conlrovers « I ii î essayerai! de donner un sens arminii homé-
lies ou mu articles de ta profession de foi -• rail n garde par t * » 1 1 1 homme de bonne foi comme aussi peu i u nable que le controversiste qui nierait «pi' m liturgi conlienl la doctrine de la régénération pai le baptême.
I Église de Home soul«*n;iit mu- l»|.i-< opal était d'institution divine, ••! < in*- certaines - urnalurelles de la nature la plus él al été transmises par 1 Huposition des mains à travers i inquanl liions, depuis les oiue pécheurs qui reçurent leur mission sui la montagnede Galilée» jusqu'aux évoques qui se réunirent à Trente. I q grand nombre de protestants, d'un autre <
irdaient l'épiscopat comme positivement illégal, el prétendaient que l'Écriture \< i ommandail expressément mi»' forme toute différente de gouvernemenl • •' clésiastique, Les fondateurs de l'Église anglicane prirent un juste milieu IU conservèrent l'éniscopat, mais sans le décl une institution essentielle au bon gouvernemenl d'une société chrétienne, ou à l'efficacité des sacrements. I i - ■ ii mt r, an effet, dans une occasion importante, déilai.i que dans 5a conviction, il n'j avait pas dans les temps primitifs de il glia de distinction entre les |ueset les prêtres, < t que l'imposition des mains élail complètement superflue.
Les presbytériens laissent eu grande partie au ministre la direction du culte public. Leurs prières, pat conséquent, ne sont pas exactement les mêmes dans deux assemblées tenues le même jour, ni dans lu même assemblée à deux liffén nts. I>.uin une paroi
ion! in ventes . éloquet pleines d<
vie; dans la paroisse voisine, elles sont uèdes ou surdes. Les prêtres de l'Église catholique romaine, au contraire, <»m depuis des générations chanté chaque jour l<s mêmes vieux cantiques de pénitence, de supplication» d'actions de grice, dan- l'Inde et en La-
thuaiiie, en Irlande et au Pérou. L'office se faisant dans une langue morte n'est intelligible qu'aux lettres, et l'on peut dire que les membres de la congrégation, en grande majorité, y assistent plutôt en qualité de spectateurs qu'en qualité d'auditeurs. Ici encore l'Église d'Angleterre prit un juste milieu : elle copia les prières catholiques romaines, mais elle les traduisit en langue vulgaire, et invita les multitudes illettrées à joindre leurs voix à celle du ministre.
Le même compromis se retrouvedans chacune des parties de son système. Tout en rejetant complètement la doctrine de la transubstantiation et en condamnant comme un acte d'idolâtrie toute adoration du pain et du vin sacramentels, cependant, au grand dégoût des puritains, elle invita les fidèles à venir recevoir humblement à genoux le symbole commémoratif de l'amour divin. Tout en dépouillant beaucoup des riches vêtements qui brillaient autour des autels de la vieille religion, elle conserva encore, à la grande horreur des esprits faibles, la blanche robe de lin, emblème de la pureté qui lui appartient comme épouse mystique du Christ. Tout en rejetant une foule de gestes mimiques qui, dans le culte catholique romain , tiennent la place de mots intelligibles , elle choqua pourtant bien des protestants rigides, en continuant à marquer du signe de la croix l'enfant arrosé de l'eau du baptême. Le catholique romain adressait ses prières à une multitude de saints, au nombre desquels se trouvaient des hommes d'un caractère douteux ou même haïssable. Le puritain refusait d'ajouter l'épithète de saint, même aux noms de l'apôtre des gentils et du disciple chéri de Jésus. L'Église d'Angleterre, tout en rejetant l'intercession de toute créature humaine, réserva néanmoins certains jours ' la commémoration de quelques-uns des hommes qui avaient fait de grandes choses et souffert de grandes douleurs pour la foi. Elle conserva la confirmation et
i i ..i un w..i m \m r>i
l'ordination des prêtres n litre de mi<"- [«eux, m lew enleva la dignité de sacrements. La confession rat rejetée de son système ; < ■ ; end mt elle invita le i • lent « «.h, \\, mi son lit de moi t à confesseï à nu prêtre, et elle donna ministres I pouvoii
de soulager par une absolution, où respire réellement l'espril de la vieille religion , Pâm i quitU i
monde. En général, on peul dire que II glisc anglii en appelle moins ans sens -t a l'imagination et plna a l'intelligence que II glise de Rome, , t qn'elle en appelle moins ;'i l'intelligence «•' plus aui sens et à l'un igination que le i glia - protestantes d'1 osa . I ri de Suis*
Rien, toutefois, ne distingua plus profondément 1*1 - -li-. d'Angleterre des autn - Églises, qv i ipports
arec la monarchie. Le i"i lut son chef. Les limites de l'antoi ité «lu roi -ni- Il h se ne furent pas Irai n 'mi! pas jamais été tracées depuis avec précision, i lois <|iu établirent sa suprématie dans les matières • •• \ l< siastiques furent rédigi ossièrement, et en teri généraux. Si, pouT nous assurer «lu sera .!•• ces lois, nous examinons les livres et les vies des fondateurs de l'Églisr anglicane, notre perplexité augmente encoi les
fondateurs de cette Église agirent et écrivirent dans on de violente fermentation intellectuelle et d'actions ci de réactions « sonst intes. I U se contredisaient souvent les uns les autres, et quelquefo nten contradiction
ix-mémes. Que le i«'i fut api.-- le Christ le seul « h. l de 11 !i-.\ c'était là une doctrine qu'ils affirmaient tous d'une seule \m\ ; min < es mots avaient une signification différente en passant par différentes bouches, 1 1 même en passant pai la même bouche, selon les différentes mu ..n i Qu Iquefois on reconnaissait .m î.uu un.- autorité qui <ùt satisfait Hildrbraml ; d'autres I": autoi iti netissail jusqu' peine plus forte que colle que beaucoup de vieui princo
anglais, alors en communion fidèle avec l'Église de Rome, avaient réclamée. Ce que Henri et ses conseillers favoris entendaient par suprématie n'était rien moins certainement que le pouvoir entier de l'évêque qui tient les clefs de saint Pierre. Le roi devait être le pape de son royaume, le vicaire de Dieu, l'interprète de la vérité catholique, le canal des grâces sacramentelles. Il s'arrogeait le droit de décider dogmatiquement de ce qui était orthodoxie et de ce qui était hérésie; d'arrêter et d'imposer des articles de foi, de distribuer l'instruction religieuse à son peuple. 11 proclamait que toute juridiction spirituelle, aussi bien que temporelle, dérivait de lui seul, et qu'il était en son pouvoir de conférer l'autorité épiscopale et de la retirer. Il ordonna que son sceau fût posé sur les actes qui contenaient les nominations des évêques, lesquels ne devaient exercer leurs fonctions qu'en qualité de députés du roi, et pendant le temps qu'il lui conviendrait. Selon ce système, tel qu'il fut exposé par Cranmer, le roi était le chef spirituel aussi bien que le chef temporel de la nation. Dans ces deux ordres de pouvoirs, Son Altesse devait avoir des lieutenants. De même donc qu'il nommait des officiers civils pour garder son sceau, faire rentrer ses revenus, rendre la justice en son nom, de même aussi il nommait des prêtres de rangs divers pour prêcher l'Évangile et administrer les sacrements. L'imposition des mains n'était plus nécessaire. Le roi, telle fut l'opinion expresse de Cranmer, pouvait, en vertu de l'autorité qu'il tenait de Dieu, créer un prêtre, et ce prêtre ainsi créé n'avait besoin d'aucune ordination. Ces opinions, Cranmer les poussa à leurs dernières et très- Logiques conséquences, en dépit de l'opposition de théologiens moins courtisans. Il soutint que ses propres fonctions spirituelles, comme les fonctions temporelles (l" chancelier ou du grand-trésorier, étaient des charges données personnellement par le roi, et qui devaient cesser avec la mort du souverain qui les avait accordées.
L'ICLVI MCLICAH1 . 68
l h conséquence, lorsque Henri mourut, l'archevêque et
i m. 'ut de nouveau] mandais qui la iniinii ,i même de continuel â gouvernt i II çlis* • onférei l'ordination, jusqu'à « e que !«• nouveau souverain jugeai convenable d'en ordonner autrement. I qu'on objecta que le pouvoir de liei 1 1 de déli< r, tout à
fait distinct d'ailleursdu] voir temporel» avait été donné
par Notre Seigneui quelques théologiens de
cette école répond irenl que le pouvoir »!<• lier et de délier iiN.tii passé, non au clergé, mais à la communauté chrétienne tout entière, et devait pai le pre-
mier magistrat de l'État, comme l«- représentant de la société. Lorsqu'on obje< la que saint Paul .i\.ni parlé de certaines personnes instituées pai le Saint-Esprit pour êtn Les surveillants el les pasteurs des fidèles, <>n répondit <|n»- le roi Henri était !<• véritable surveillant, le véritable pastem institué parle Saint-Esprit et auquel
ippliquaient les expressions de saint Paul1.
Ces prétentions excessives scandalisèrent les prot tants ;ni^>i bien que les catholiques, et le s< andale devint encore bien plus grand lorsque la suprématie qu»* Marie avait rendue an pape revint <!<• nouveau s la i ronne, a l'avènement d'Elisabeth. Il parut monstm qu'une femme fût le premiei ùvêque d'une 1 lans
laquelle un apôtre avait interdit aux femmes de faire entendre leui voix. 1 a reine jugea donc né\ essaii ai ei axpri ssément au cara< Û re sa< i rdotaJ tju.- - m tait iiii ibué, i t qui, selon Crànmer . a\ lil inséparablement uni, par investiture divine, aux fonctions royales. Lorsque la profession de foi de l'Église anglii ane fut réi \s i règne . la suprématie
fut interprétée d'une manier* fort différente de celle <pu avait .h vogue et t in- m i 1 1 < "in de Hem i. Cramnei avait décl iré i n lei mes exprès que Dt< u
1 Voir une In ii<nhnw
I M i iaU li»i >
()i L'ANGLETERRE AVANT LA RESTAURATION.
avait directement remis aux princes chrétiens le soin de tous leurs sujets, aussi bien en ce qui concernait l'interprétation et L'exécution de la parole de Dieu pour le salul des âmes, qu'en ce qui concernait l'administrai ion des choses politiques1. Le trente-septième des articles de religion formulés sous Elisabeth déclare, en termes non moins exprès, que le ministère de la parole de Dieu n'appartient pas aux princes. La reine toutefois conserva sur l'Église un pouvoir de surveillance vaste et mal déterminé. Le parlement lui donna le pouvoir de réprimer et de punir l'hérésie, ainsi que toute sorte d'abus ecclésiastiques, et lui permit de déléguer son autorité à des commissions. Les évêques ne furent guère que ses ministres. Plutôt que d'accorder au magistrat civil le pouvoir absolu de nommer les pasteurs spirituels, l'Église de Rome au onzième siècle mit toute l'Europe en feu. Plutôt que d'accorder au magistrat civil le pouvoir absolu de nommer les pasteurs spirituels, les ministres de l'Église d'Ecosse ont de notre temps résigné leurs fonctions et abandonné leurs presbytères par centaines. L'Église d'Angleterre n'eut pas de tels scrupules. Ses prélats étaient nommés par l'autorité royale seule. Ses assemblées ecclésiastiques étaient convoquées, réglementées, prorogées et dissoutes par l'autorité royale seule. Ses canons n'avaient aucune force sans la sanction royale. Un de ses articles -de foi portait qu'aucun concile ecclésiastique ne pouvait s'assembler légalement ^ans le consentement royal. On pouvait en appeler en dernier ressort au souverain, de tous les jugements de l'Église, même lorsque la question pendante était de savoir si telle opinion devait être tenue pour hérétique, ou si l'administration de tel sacrement avait été valide. L'Église d'ailleurs accorda sans regrets el sans hésitation cet immense pouvoir à nos
' i e sont les propres paroles de Craumer. Voyez l'Appeudice à Burnet : Uittuire de la réformalion, partie lr«, livre III, n° 21, question 9.
les im mi mnn 66
priin 11 c'étaient eus qui l'avaient engendrée, qui
l'avaient nourrice! élevée dui ml sa faible enfance, qui
lient défendue contre les papistes d'un i >ntre
les puritains de l'autre, protégée contre les parlements m. il (h-: l, veng< saillants littéraire auxquels parfois elle avait trouvé difficile de répondre. Ainsi, li reconnaissance, l'espéra» e, la i rainte, de oon muns attachements, des inimitiés communes l'unissaient an Lrone. routes ses traditions, tout inclinations
étaient monarchiques. La fidélité au souverain devint un point d'honneur professionne] dans son clergé, la marque caractéristique qui le distinguait à la fois des calvinistes et des papistei I calvinistes et les papistes, uiabn- les différences énormes qui les séparaient a d'autres égards, tvaient un point commun : leur surveillance jalouse de Ions Km empiétements du pouvoir temporel sur les domaines du pouvoir spirituel. Les uns h I<-n autres soutenaient que les sujets avaient !• lime ment le droit <1<- tirer l'ép< >ntre des souverains impies, lu Franc* , les i ilvinistes résistèrent à Charles i\, les papistes à Henri IV, <-t les deui partis ensemble a Henri m. lu Ecosse, les i alvinistes emprisonnèrent Marie. An nord de la Iront, les papistes prirent les srmes contre Elisabeth, i i église .r\n lerre, pendant ce même temps, condamnait a la fois
alvinistes 1 1 les papisti s, et e glorifiai I hantement de n'avoir jamais recommandé plus l'oiistummcnt et plus ardemment aucun devoir que crlui dr l'obt'i^ano' aui souvi ratas.
i s avant iges que la couronne retira «!«• cette étroite alliance avec l'Église éUiblie furent considérables, mais ne furent pas sans dr sérieux inconvénients I ompromis .m ange par Oramuei ivait été consi - le
principe, pai beaucoup de protestants, comm< un plan
h jM.ui sri mi deux ni.uii omme nue
tentative pour unii i<- cotte As Dieu .m ouït lai,
Sous le pègne d'Edouard VI, les scrupules de ce dernier parti avaient, à diverses reprises, créé de grandes difficultés au gouvernement. Lorsqu'Élisabeth monta sur le troue, ces difficultés ne firent qu'augmenter. La violence engendre naturellement la violence. L'esprit du protestantisme fut donc infiniment plus audacieux et plus intolérant après les persécutions de Marie qu'auparavant. Un grand nombre de ceux qui étaient ardemment attachés aux nouvelles opinions avaient cherché un refuge en Suisse et en Allemagne. Ils avaient été reçus avec hospitalité par leurs frères en croyance , s'étaient assis aux pieds des chaires des grands docteurs de Strasbourg, de Zurich et de Genève, et un séjour de plusieurs années dans ces contrées les avait habitués à un culte plus simple et à une forme de gouvernement ecclésiastique plus démocratique que l' Angleterre n'en avait encore vu. Ces hommes revinrent dans leur pays convaincus que la réforme accomplie sous le roi Edouard avait été infiniment moins profonde et moins étendue que ne le demandaient les intérêts de la pure religion. Mais ce fut en vain qu'ils essayèrent d'obtenir quelques concessions d'Elisabeth. Entre son système et celui de son frère, ils ne voyaient de différences qu'en pire. Ils étaient peu disposés à se soumettre, en matière de foi, à aucune autorité humaine. Confiants dans leur propre interprétation de l'Écriture, ils s'étaient soulevés récemment contre une Eglise forte d'une antiquité immémoriale et d'un assentiment universel. C'était par un effort peu commun d'énergie intellectuelle qu'ils avaient rejeté le joug de cette impériale et splcndide superstition, et il était vain d'attendre qu'immédiatement après une telle émancipation, ils se soumettraient patiemment à une nouvelle tyrannie spirituelle. Ils avaient appris à regarder la messe comme une jonglerie païenne, eux qui pourtant avaient été longtemps habitués, lorsque le prêtre élevait l'hostie, à se courber la face contre terre comme devant
itiuiaiw rr
un Dieu présont. Ils avaienl appris à regardei le pape me li ! Ole de l' Apocalypse, l'Antéchrist, l'homme du I »♦ ■ i lié, eux qui si longtemps avaienl 1 1 habituée à Igardei comme le successeur du prince de ipôl comme celui qui tienl les clefs de la terrée! du ciel. On ne devail [tas l'attendre à 1< - v< il transporter immédiatement a une autorité parvenue, née d'hier, les h magi qu'ils avaienl refusé de n ndre plus longtemps lu \ .il ii .m ; i les \ « • 1 1 soumettre leur jugement privée I mtorité d'une Église fondée but le * ni jugement prii les \ Ofrayei à l'idée d'une sépai ation des
docteurs qui • • UuV ni eux-mcm - sép i« «ut i e <jm
constituait récemment encore la foi de la chrétienté d'Occident. Il est aisé de ooncevoii l'indignation que «luit nt ressentir «1rs rspiit^ h.mlis et chercheurs, tout fiers d'une liberté nouvellement conquise, lorsqu'une institution, infiniment plu^ jeune que leur propre i«»i elle-même, une institution qu'ils avaienl vue se construire pièce i pièce, bous leurs yeux, .i recevoit la forme < i u«- lui imprimaient les passions et les intérêts de 'iniif nça a singei le style orgueilleux »!«• Rome.
< i ^ hommes ne pouvant Ht . il fut résolu
qu'ils Sv i aient pei - i utés. I nlion [ i I sur
eux Bes effets naturels; elle les trouva > l'état d elle en lit «ni parti. La haine '!<■ la couronne Ftnt alors s'ajoute! i leur haine de 1*1 1 1 - - • . Les deux sentim s.- fondirent, et mêlèrent leur double amertume. I opinions <ln puritain louchant les rapports du pri . i des Buj< i différaient gi andement de i elli - qu'établissaient les homél* îens favoris avaienl .i la fois 'H' oui ugé pai le p ol par I • xemple la résistance aux tyrans et aux | U rs. Ses frères calvi-
n I 1 .iii< . , lloll ni. I.«, ru | . -, ,i\ in :,l plis Ir»
armes conU
touchant le gouvernement de 1' I leleij tirenleucoiv
sur sa manière de considérer le gouvernement de l'État, Quelques-uns des sarcasmes qui avaient été dirigés contre l'épiscopat pouvaient, sans grande difficulté, rire dirigés contre la royauté, et beaucoup des arguments par lesquels on avait coutume de prouver que le pouvoir spirituel ne pouvait être mieux placé que clans un synode semblaient pousser à la conclusion que le pouvoir temporel serait bien mieux placé dans le parlement que partout ailleurs.
Ainsi de même que le prêtre de l'Église établie était, par intérêt, par principe et par passion, plein de zèle pour les prérogatives royales, de même le puritain leur était hostile par intérêt, par principe et par passion. Le pouvoir des sectaires mécontents était grand. On les trouvait dans tous les rangs de la société, mais surtout dans les classes commerçantes des villes et dans les petits propriétaires des campagnes. Dès les premières années' du règne d'Elisabeth, ils commencèrent à envoyer une majorité à la chambre des communes ; et il n'est pas douteux que , si nos ancêtres avaient été libres de donner toute leur attention aux questions intérieures, la lutte entre la couronne et le parlement aurait commencé immédiatement. Mais ce n'était pas l'heure des discussions intérieures, car à ce moment on pouvait se demander si la plus étroite union entre tous les ordres de l'État était elle-même capable de détourner le danger qui les menaçait tous à la fois. L'Europe catholique romaine et l'Europe réformée avaient engagé un combat de vie ou de mort. La France, divisée contre elle-même, avait un moment cessé de compter dans la chrétienté. Le gouvernement anglais était à la tête des intérêts protestants, et tandis qu'il persécutait les presbytériens dans ses États, il étendait sa puissante protectiôn aux églises presbytériennes de l'étranger. A la tête • lu parti opposé était le prince le plus puissant de cette époque, un prince qui gouvernait l'Espagne, le Portu-
il- pi RITAtNS. 0P
l'Italie, lef Pays-Bas, les demi Indes, dont lésai n
;i divei ■•> i epi ienl marché sut Pai u , • i dont les
flottes tenaient dans l'inquiétude I i » hirc
el «lu Sussex. Il parul longtemps problablc « | ■ i • - les Au- (çlais .iiii.ii' ni : combattre en désespérés sui le sol anglais lui-même pour leur religion el leur indépendance. !>•• l»lus, ilsétaienl consUmoienl obsédés pai la crainte • !»• quelque grande trahison intéi ieure; car, àcetu époque, rifier leur patrie à leui religion étail pour beaucoup de natures généreuses un point <l<' conscience « i d'honneur. Une Buccession de complota ténébreux, tramés pat des catholiques romaini contre la vie de la reine el l'existena <!«• Is nation, tenaient la société dans une perpétuelle alarme. Quelles que fussent lee fautes qu'on l»ùi reprochei à Elisabeth, il étail évident, d'après l«simple sens commun, que lee destinées du royaume el des Églises réformées étaient inséparables de la sé< urité de sa personne el du succès de son gouvernement l'iiiiiu son pouvoii étail donc le premier devoir d'un patriote et d'un protestant, et ce devoir lui Ûdèlemenl accompli. Les puritains, même au f"u<l des prisons où elle les avail jetés, priaient, el avec une ferveur non simulée, pour que I.» reine pûl échapper aux poignards des .1- .1^111-, |k)ui qu'elle put fouler aux pieds la rébellion, peut que es armes l'usseiil victorieuses sui terre et sut iini . i m des hommes les plus opiniâtres de a Ue secte opiniâtre, au moment ou -.i main veimil d'être coupée «-n punition de quelque délil que -<m zèle ioteuil'avail poussé , | . •iiiiii'tt t i -..n » h a peau avei
la main qui lui restai! el cria : Dieu, protège la reine! ' liments que les i œui - «le ces hommes entn
naienl pour I lisabeth <>ui | l< ms deM-eudauis. i i
non-conformistes, malgré les rigueurs donl elh les « nbla, oui toujoui a ?énét v n mcmoii i
' 1 bitl qu.llr tUt traita la wctr dont il (at»att partir, Conclu :
Pendant la pins grande partie du règne d'Elisabeth, les puritains de la chambre des communes, bien que turbulents par intervalles, ne se sentirent donc jamais l'envie de s'opposer systématiquement au gouvernement. Mais lorsque la défaite de l'Armada, la résistance victorieuse des Provinces-Unies à l'Epagne, le ferme établissement d'Henri IV sur le trône de France et la mort de Philippe II eurent assuré l'État et l'Église contre tout danger extérieur, un combat obstiné, qui devait durer plusieurs générations, commença immédiatement à l'intérieur.
Ce fut dans le parlement de 1601 que l'opposition qui, durant quarante ans, avait silencieusement assemble et ménagé ses forces, combattit son premier grand combat et conquit sa première victoire. Le terrain fut bien choisi. Les souverains anglais avaient toujours été chargés de la suprême direction de la police commerciale. Régler les monnaies, les poids et les mesures, fixer les foires, les marchés et les ports, étaient au nombre de leurs prérogatives indubitables. La ligne qui limitait leur autorité sur le commerce avait comme de coutume été vaguement tracée. Comme de coutume aussi , les souverains empiétèrent sur les domaines du pouvoir législatif, et l'empiétement fut, comme de coutume encore, supporté patiemment jusqu'à ce qu'il devînt par trop sérieux. Enfin un beau jour la reine prit sur elle d'accorder par centaines à la fois les patentes de monopoles. Il y eut à peine une famille dans le royaume qui ne se sentit atteinte par l'oppression et les excès engen-
gré toutes ces tache», la reine Elisabeth n'en a pas moins mérité le renom de princesse sage et politique, pour avoir délivré son royaume de toutes les difficultés où il était engagé à son avènement, pour avoir protégé la réformation protestante contre les assauts formidables du pape, de l'empereur, du roi d'Espagne à l'extérieur, de la reine d'Ecosse et de ses sujets papistes à l'intérieur — Bile fut la gloire du siècle dans lequel elle vécut, et sera l'admiration de la postérité. [Histoire des puritains, partie lre, chapitre vm.)
I I m m L*6< 0SS1 il M I li;l \M'l . ' I
toul naturellement pai un t * - 1 abus de pouvoii • I t« p, l'huile, le vinaigre, le < harbon, leaaip plomb,
l'amidon, la laine, le* «un-, lea peaux, le verre, ne pouvaient plu-, être achetée qu'à des prix exorbitants.
I ,i rli.miluv des i Diiiinuiii nul dans des diap
lions de mécontentement h de résolution. Ce lut en vain qu'une minorité rourtisanesejue e» i\ i de blâmer le président poui avoir laisse meure en question i de Son vitesse la reine. Le parti mé ont al parla hautement et d'un ton menaçant, et la voii de la aatîon entière lui lit écho, La voiture du praonei ministre de I ■ couronne fui entourée par une populace indignée, « |u ■ couvrit de malédictions les monopole», et <iia qu'elle ne | • ait |».i- à la prérogative royale de tou< h< i
,ni\ vieilles libertés de l'Angleterre, in moment <>n put craindre que le long et glorieux règne d'Elisabeth
il une honteuse et désastreuse Un. Mais la reine, avec un jugement et une prudence admirables, déclina l.i lutte, e nui .1 l.i tète du parti réformateur, redressa le grief, remercia les communes pour letn tendre sollicitude des intérêts publics, dans un l.m. digne et louchant, ramena à elle les< surs du peuple et la i m - un mémorable exemple de
la conduite qu'il convient » on souverain de tenir dans
troubles publics, lorsqu'il n'a |»i^ I- 1 moyens «I.
n i. reine mourut en l'am is bien des rapporta, une de plus un,
unîtes de notre histoire. Ce fut .il<»i^ que l'Irland i i devinrent parties intégrantes d'un même empire
Il h lande, il « si Mai, avaient
été toul leux subjug ts; mais
m l'une m l'autre de i es i iu « ontré uppoi lé
l'.ilieiiiii.enl |, | .,i I I is.nl tOUJOMI S «I l«-ii«lu |
héroïqiu *ou nnli'i». -iiil.tin ••. avait Donné un royaume séparé depuis le lemps de Robert Bruce, et se
\.>\;iit maintenant réunie à la partie méridionale de l'île, dans des circonstances plus flatteuses que blessantes pour son orgueil national. L'Irlande, depuis l'époque de Henri II, n'avait jamais été en état de chasser les envahisseurs étrangers, mais elle les avait longtemps et vaillamment combattus. Pendant le quatorzième et le quinzième siècle, la puissance de l'Angleterre, dans cette île, était allée toujours en déclinant , et, sous le règne de Henri VII, était tombée au dernier degré de faiblesse. Les possessions de ce souverain, en Irlande, se composaient seulement des comtés de Dublin et de Louth, de quelques parties des comtés de Méat h et de Kildare, et de quelques ports disséminés çà et là, tout le long des côtes. Une grande partie même du Leinster n'était pas encore divisée en comtés. Le Munster, l'Ulster et le Connaught étaient gouvernés par de petils souverains, les uns celtes, les autres normands dégénérés qui avaient oublié leur origine et avaient adopté les mœurs et le langage celtiques. Mais, pendant le seizième siècle, la domination anglaise avait fait de grands progrès. Les chefs demi-sauvages qui régnaient au delà de la palissade avaient cédé, l'un après l'autre, aux lieutenants des Tudors. Enfin, quelques semaines avant la mort d'Elisabeth, la conquête qui, quatre cents ans auparavant, avait été commencée par Strongbow, fut achevée par Montjoy. A peine Jacques Ier était-il monté sur le trône d'Angleterre que le dernier O'Donnell et le dernier O'Neill , qui aient tenu le rang de princes indépendants, vinrent baiser sa main à Whitehall. Dès lors ses édits curent cours, et ses juges tinrent leurs assises dans toutes les parties de l'Irlande, et la loi anglaise remplaça les coutumes qui avaient prévalu parmi les tribus aborigènes.
L'Irlande et l'Ecosse étaient à peu près égales en étendue, et composaient à peu près, à elles deux, l'étendue de l'Angleterre, mais elles étaient infiniment en arrière
>T DE l 'l I OSSE F! DE [/lin INDE.
de i'Aii n> le rapp m < ►pulatioii
i ii h sse cl de la « ivilisation. I I |),u l.i stérilité <!<■ Bon -.■!, 1 1 .m milieu même de la lumière moderne, les ép brea 'In dk ( <>ii\i aienl encore l'Irlande.
I i population de Il à l*< \< eption d( - ti il"! celtiques épaj ses en petit nombi Hél
dans l' - 1' .1 lies montai mtés 'lu Nord, 'lut
du même sang que la population de 1 par-
lait une langue qui ne différait pas plus de la pure Uu anglaise, que les dialectes du S etsbire el tin i < ashire ne différaient entre eux. L'Irlande, au i ontrairc, a l'exception de la petite colonie anglaise établie . des « ôtes , él ut ( eltique el « onseï vail le lui l les
moeurs celtiqui
I I - deux nations qui se vin ni alors unies à l'Angletem était m des plus remarquabli - par l'intelligi
ri le courage naturels. 1 1 - Écossais • I jamais été surpassés en |"'i sévérance, en empire bui >oi-mèm , en |
inoe, dans toutes les vertus, en un mot, qui conduisent .m buoc< a dans la vie, l.< - Ii lan i • ontraire, Be distinguaienl par lesqualités qui rendent ! - hommi s plutôt intén ssants <|u<- pros|
dénie et impétueuse, passant avec une facilité inouïe du Ni'- aux larmes, <!«• la fun m à l'amour. Seuls, entre lotis les peuples de l'Europe septentrionale, les Irlandais i liaient la suso ptibilité, la \ i naturelle a la pantomime et .i la rh( i"i ique qui les qualités natives des populations riverain s de la m diterrané i i ivail un l'Irlande nu.- in
table supériorité de « ulture int< i!
quoiqu'il lui le plu- pauvre di 1 1 « lu. lienté, rh sait déjà avec I»'- « outrées l« i plu lans
toutes les bran< lies <l«' la icici i i lonl I.
habitations et la nourriture étaient aussi méprisables que celles des Islandais d'aujourd'hui, écrivaient i '. 7
latins avec plus d'élégance que Vida, et faisaient dans la science des découvertes qui eussent ajouté à la renommée de Galilée. L'Irlande ne pouvait se vanter ni d'un Buchanan, ni d'un Napier. Le génie dont ses habitants aborigènes étaient largement doués ne se manifestait encore que dans des ballades où, malgré leur rudesse et leur barbarie, l'œil clairvoyant de Spenser découvrait des parcelles de l'or poétique le plus pur.
En devenant partie intégrante de la monarchie britannique, l'Ecosse conserva toute sa dignité. Après avoir résisté courageusement, pendant plusieurs générations, aux armes anglaises, ce fut dans les conditions les plus honorables qu'elle fut réunie à sa puissante voisine. Elle donna un roi à l'Angleterre, au lieu d'en recevoir un. Elle conserva sa constitution et ses lois. Ses tribunaux et ses parlements restèrent entièrement indépendants des tribunaux et des parlements qui siégeaient à Westminster. L'administration de l'Ecosse resta entre des mains écossaises, car aucun Anglais n'avait de motif assez puissant pour aller s'exiler dans le Nord, et disputer à la plus rusée et à la plus tenace de toutes les races les maigres rogatons du plus pauvre des trésors publics. Les aventuriers écossais, au contraire, se jetèrent sur le Sud, et arrivèrent, dans toutes les conditions de la vie, à une prospérité qui excita beaucoup d'envie, mais qui n'était, en général, que la juste récompense de la prudence et de l'industrie. Néanmoins, l'Ecosse n'échappa pas au sort ordinaire des pays annexés, mais non incorporés à un autre pays jouissant de ressources plus grandes que les leurs : quoique royaume indépendant nominalement , elle fut en réalité, et pendant plus d'un siècle, traitée à beaucoup d'égards comme une province soumise.
L'Irlande fut gouvernée, sans feinte aucune, comme une dépendance conquise par l'épée. Ses grossières institutions nationales avaient péri. Les colons anglais, soumis aux ordres de la mère-patrie, sans le soutien de
mm DE i Dl i ici \M>r.. 75
Itquelli Braient pas |>u exister, s' n dédonH -
geaienl en foulant sui i ieds le pi uple au milieu duquel
lis. i - parlements qui ><<■ réuni Dublin ne pouvaient promulguer aucune l<»i avant qu'elle n'eut été, .m préalable, approuvée p i l I privé
gleterre. i 'autorité de la législature anglais s'étendait sur l'Irlande. L'administration executive était con-
D i ii p iimi les
habitants oV ment, dans
mime do étrangi i >, et même « omme des ennemis, par la population « •♦ *1 1 n 1 1 1 * * .
Mail il im'h^ reste encore i exposer la ôroooataiica (jui, |»iu^ que toute autre, rendit le sort de llrland différent <!»' celui «.L'É-
tante. Nulle part, <'ii ! . !<• mouvement ■ !•' l'esprit
populaire contre II atholique romain» n'avait été
; rapide et aussi noient. dent
vaincu déposé »-t emprisonné leur idolâtre souveraine. IU n'avaient |>.^ voulu souffrir de compromis tel que celui <]in avait été effectué en Angleterre. Ils a\ établi la doctrim . la discipline et le « Dite calvinisti ne faisaient <\w fort peu de difféi la papauté
il l'épiseopat, 1
Malheureusement poui le prince qu'elle avait
envo] uverner on i »1 • » - bel héritage «jn«- !«• sien » n .ii i été tellement ennuyé de l'opiniâtrefc laquelle
• m- ca\\ d< fendu i ontre lui
privilèges du synodeel de la chaire, qu'il haïssait lai institutions ecclésiastiques -i chères i 1*1 mtanl
qu'il était possible i ^.i nature efféminée do haïr quelque i qu'à [icine monté sut I troue d' \ngleU i re, il commença B déployer un /•!•• intolérant en faveur du ouvernement H du rituel de I i l> inglii me.
! es Irland ni |)euple «L Il m i>|>e septen-
trionale «|in fût un ... on, <
lidélité doit être ittribui i n parti< a cett pitance.
qu'ils et aient de plusieurs siècles en retardfso* leurs voisins
sons le rapport do l'instruction générale; mais d'autres causes y contribuèrent encore. La réformation avait été une révolte nationale aussi bien que morale. Elle avait été non-seulement une insurrection des laïques contre le clergé, mais encore une insurrection de la grande race germanique contre une domination étrangère. C'est un fait significatif que toute grande société dont la langue n'est pas teutonique n'a jamais pu devenir protestante, et que partent où est parlé un langage dérivé du langage de la vieille Rome, la religion de la Rome moderne prévaut également. Le patriotisme des Irlandais avait pris une direction particulière. L'objet de leur animosité n'était pas Rome, mais l'Angleterre, et ils avaient des raisons toutes spéciales d'abhorrer ces souverains anglais qui avaient été les chefs du grand schisme, Henri VIII et Elisabeth. Pendant la vaine résistance que deux générations de princes milésiens firent auxTudors, l'enthousiasme religieux et l'enthousiasme national s'étaient fondus en un seul et indissoluble sentiment clans les cœurs de la race vaincue. La nouvelle querelle du protestant et du papiste vint entretenir et raviver la vieille querelle du Saxon et du Celte. Les conquérants anglais, toutefois, négligèrent tous les moyens légitimes de conversion. On ne prit aucun soin de pourvoir la nation vaincue de précepteurs capables de lui parler un langage intelligible. Aucune traduction ne fit passer la Bible dans la langue erse. Le gouvernement se contenta d'établir une vaste hiérarchie d'archevêques, d'évêques et de recteurs protestants qui ne faisaient rien, et qu'on payait pour ne rien faire, des dépouilles d'une Église aimée et respectée par la grande masse du peuple.
Il y avait dans l'état de l'Ecosse et de l'Irlande bien des éléments qui pouvaient éveiller les appréhensions d'un homme d'État prévoyant. Toutefois l'apparence de la tranquillité régnait encore dans ces deux contrées.
IACQI BS I".
Pour la premiure fois, toutes le* Iles bi itanitiq iblement unies sous le même sceptre.
il semble que le |»<»i.u de ! tngleterr • dans la b tlanoa européenne .nir.ni <iù singulièrement augmente! d
[ne. I c i« ii itoire que gouv< i »n nouveau i"i
«■lui presque le double en étendue du territoire donl i ibeth avait hérité. Son empire étail le pluscompai le intérieurement, et 1«' plus i l'abri de toute attaque extérieurement qu'on pût trouver dans l«' monde entier, l • - Plantageneta et les Tudors avaient été à divers* - 1 obligés de se défendre contre 1*1 alors qu'ils étaient
3 dans les luttes continentales. La longue lutte avec l'Irlande ;i\;nt tenu leurs ressources dans un étal de continuel épuisement. Cependant, même malgré de tels désav intag< tient joui d'une in-
fluence considérable dans toute la chrétienté. Il n'était donc p lisonnable d'espérer que l'Anglefc i
l I . hsm' rt rirl.iixl'' réunies formeraient un Étal qui ne |( i ait a aucun des I ftats alors existants.
Hnites ces espérances lurent singulièrement déçues. \ dater de l'avènement de Jacques i , ootre pays descendit ilu rang <|tùl avait occupé jusqu'alors, si commença à n'être plus i onsidéré que i omme une puissance de second ordre <i encore à peine. Pendant l<> longues
années que ilurèrenl l«s <|ualiv i.mi.n successifs des princes de la maison de Stuart, lt grande monarchie britannique ne lui [juère un membre plus important du système riin»|M.ii ijuc ne l'avait été auparavant le petit uimc il'l osse. < ette é< lipse n'( i pas d'ailleurs fort ettable. <m peut Aw,- de Jacques I , « omme du lean, que ri ^"u administration eût été habile <i 1 *i 1 1 l.nit< , elle «ùi probablement été fatale à unir.- conli et que nous devons plus i i faibles** • i i ^.i médiocrité <|u'à l.i ^.i i tu rniira^c >\< souverains bien plus remarquabli b. H monl i sur le trône ! un monsul critique. \* ifinp^ approi hait rapidement où « <• ililenune
devait (M iv résolu: le roi deviendrait-il absolu? le parlement exercerait-il un contrôle souverain sur l'administration executive tout entière? Si Jacques eût été comme Henri IV, comme Maurice de Nassau, ou comme Gustave- Adolphe, un chef d'État vaillant, actif et politique; s'il s'était mis à la tête des protestants de l'Europe; s'il avait remporté de grandes victoires sur Tilly et Spinola; s'il avait orné Westminster des dépouilles des monastères de Bavière et des cathédrales flamandes ; s'il avait suspendu dans Saint-Paul les bannières d'Autriche et de Castille, et si, après l'accomplissement de grands exploits, il s'était trouvé à la tête de cinquante mille hommes braves, bien disciplinés, d'un dévouement absolu à sa personne, le parlement anglais n'aurait bientôt plus été qu'un nom et un souvenir. Heureusement il n'était pas homme à jouer une telle partie. Il débuta dans son administration en mettant fin à la guerre acharnée qui durait depuis tant d'années entre l'Angleterre et l'Espagne ; et depuis cette époque il évita les hostilités avec une prudence à l'épreuve des insultes de ses voisins et des clameurs de ses sujets. Ce ne fut que la dernière année de sa vie , que toutes les influences combinées de son fils , de son favori, de son parlement et de son peuple, purent le décider à frapper un léger coup pour la défense de sa dynastie et de sa religion. Il fut heureux pour ses sujets qu'il ait refusé d'accéder à leurs vœux sur cette question. L'effet de cette politique pacifique fut que pendant son règne on n'eut pas besoin de troupes nVulières, et que, tandis que la France, l'Espagne, l'Italie, la Belgique et l'Allemagne fourmillaient de soldais mercenaires, la défense de notre île continua d'être confiée à la milice.
Le roi n'ayant pas d'armée permanante , et n'esant même pas d'en former une, il eût été sage à lui d'éviter tout conflit avec son peuple. Mais son imprudence étail telle, que tout en négligeant les moyens qui
s«'iils ftui aient pu l<' rendre absolu, il m< nient <-n avant des prétentions auxquell mais rêvé au< un tl h cette
époque que ces il 01 que Filmei réd
plus tard en système, t qui devinrent l'évangile politique de la portion la i»!u^ violente du parti
lican, firent leur entn e dans !<• monde. On tenait gravement <jn»- l'Être suprême |>i«»i' • ,ui avec une faveui spéciale la monarchie héréditaire, à l'excluuon de t<>ut autre forme de gouvernement ; que le 'ln>it
»rdre de primogéniture était d'i tution <li\in<', antérieur à la l"i chrétienne, et même à l.i l«»i mosaïque; que nul pouvoir humain, i>;^ même celui <l<" l.i législature toul entière, que nulle dorée «le | on du trône pai me autre famille, fût-elle
de 'li\ siècles, ne pouvnirut pri\n 1 1 • • -rs ilmits !<•
prin .mini ilr ri.iii nr, .'s<;ur»-MU'iit
toujours despotique; que les lois pat lesquelles la prérogative royale était limitée en An. lans
d'autres pays devaient être regardées comme de ample! ssions, que le souverain avait libéralement i.'il pouvait retira i volonté ; que tout compromis consenti par on roi a Bon peuple devait être regardé simplement comme une déclaration de ses intentions dam le moment et n'était pu un contrat dont on pot réclamer l'exécution. Il évident que ces Ih bien qu'invi : ferinii les fondements du gouvernement, les ébranlent an « ontrain I i loi divine at immuable du droit da l>i imogénitnre admettait-elle les f< mnu - ou les
< lu ait-elle? Alors . d ma l'une ou l'auu mppoaitions, la moitié d< iont • ii < tenus poui de usm patei
< oramandemenls du ciel , et pouvo
i les hél i' « lies ;iImiiiI«'n il.
çoivent aucun appui du \ ioiu i . qoui \
lisons que lé peuple élu fut blâmé et puni pour avoir désiré un roi, et qu'il reçut plus lard l'ordre de lui retirer son obéissance. L'histoire entière des Hébreux, bien loin de favoriser l'opinion que le droit de primogéniture est d'institution divine, semblerait indiquer plutôt que ce sont les frères cadets sur lesquels le ciel étend sa protection spéciale. Tsaac n'était pas le fils aîné d'Abraham, ni Jacob celui d'isaac, ni Juda celui de Jocob, ni David celui de Jessé, ni Salomon celui de David. Dans les pays où la polygamie est en usage, on n'attache que peu d'importance au rang d'âge des enfants. Le système de Filmer ne reçoit pas davantage l'appui des passages du Nouveau Testament où il est question du gouvernement comme d'une institution divine, car le gouvernement sous lequel vivaient les auteurs du Nouveau Testament n'était pas une monarchie héréditaire. Les empereurs romains étaient des magistrats républicains nommés par le sénat. Aucun d'entre eux ne prétendait régner par droit de naissance, et en fait, Tibère, à qui le Christ recommanda de payer le tribut, et Néron à l'obéissance duquel Paul engagea les Romains, 'n'étaient, selon cette théorie du gouvernement patriarcal, que des usurpateurs. Au moyen âge, la doctrine du droit inaliénable de l'hérédité aurait été tenue pour hérétique, car elle aurait été complètement incompatible avec les hautes prétentions de l'Église de Rome. C'était une doctrine inconnue aux fondateurs de l'Église d'Angleterre. L'homélie sur la rébellion volontaire avait fortement, et même trop fortement posé en principe la soumission à l'autorité établie, mais elle n'avait pas fait de distinction entre la monarchie héréditaire et la monarchie élective, ou entre les monarchies e1 les républiques. Il y a plus, beaucoup d'entre les prédécesseurs de Jacques auraient eu, par des motifs personnels, la plus grande aversion pour la théorie du gouvernement patriarcal. Guillaume le Roux, Henri Ier,
Etienne, Jean, Henri IV, Henri v, Henri VI, Ri< Kard III,
Henri \ll, régnèrent tous m mépris <l<- l'ordre di <l<- <)r<i endanoe. i n d planait sut la légiti-
mité d Marie el d'Elisabeth. Il était impossible qne Catherine d'Aï igon el Anne Boleyn pussent en mflme temps .i\<»n été légalement mariées I Henri VIII, et la plus grande autorité «lu royaume ai lil déclaré qu'au* i une de* deux n*' l'était. Les Tudora, loin de considi l.i lui .|«' succession comme une institution divû immodifiable, machinèrent constamment contre elle. Henri nui obtint 'lu parlement un acte qui lui donnait I" pouvoir de disposer de la couronne par lest iment, et (il aussitôt un testament au préjudice de la famille royale d'1 I douard VI, sans \ ttre autorisé par le
parlement, se donna la même latitude, à la grande ij»probation des réformateurs les plus éminents. Elisabeth sachant Ires-bien que son propre titre Boulerait de graves objections, et ne voulant pas admettre même un droit réversible sur la reine d'Eco» -'nu. -mi-' . i
•a rivale, poussa le parlement à passer un acte ("'Haut que quiconque nierait la compétence du souverain régnant à modifier l'ordre de succession au trône, avec l'assentiment des et ils du royaume, * i Jt puni <!•' nnut comme traître. M lis la situation de .1 m qi t infini-
ment différente <l<- celle d'Elisabeth. Bien inférieur à cette reine en habileté et i n popularité, regardé pai l< s anglais « omme un éti 1 1 ex< lu «lu trône par !<•
imenl d'Henri \ III , le roi d'1 inmoins
l'héritier incontestable de Guillaume le Conquérant »'t d'Egbei i. M » v .iii donc un inti tire adopter
cette opinion superstitieuse que la naissance il.s droits antérieurs à la i"i et <|u<' la l"» ne peut détruire. I ette opinion , d'ailleurs, convenait bû n a son esprit « i à son caractère. Elle trouva bientôt de nonv bn u\ avocats parmi ceux <pii aspiraient à i favi ui lit de rapides | dans le I établie.
Ainsi, au moment même où l'esprit républicain commençait à se manifester vivement dans le parlement et dans le pays, les prétentions du monarque prenaient une forme monstrueuse, qui aurait excité le dégoût du plus orgueilleux et du plus arbitraire de ses prédécesseurs.
Jacques se vantait toujours de son habileté dans ce qu'il appelait l'art de régner, et cependant il est difficile d'imaginer une conduite plus opposée à toutes les règles de l'art de régner que celle qu'il suivit. La politique des sages gouvernants a toujours été de déguiser des actes de vigueur sous des formes populaires. C'est ainsi qu'Auguste et Napoléon purent être des monarques absolus , tandis que le public ne les considérait que comme des citoyens éminents, chargés de magistratures temporaires. La politique de Jacques était directement l'opposée de la leur. Il taquinait et alarmait ses parlements, en leur disant sans cesse qu'ils n'exerçaient leurs privilèges que par son bon plaisir de roi , et que ce n'était pas plus leur affaire de rechercher si ses actes étaient légaux , que de rechercher si ceux de la Divinité ellemême étaient légitimes. Cependant il tremblait devant eux, il livrait à leurs vengeances tous ses ministres successivement, et, cédant à leurs importunités , se laissait entraîner par eux à des actes directement opposés à ses plus forts penchants. Ainsi l'indignation excitée par ses prétentions, et le mépris excité par ses concessions, allèrent croissant de compagnie. Son attachement pour d'indignes favoris, et la sanction qu'il donnait à leurs actes de tyrannie et de rapacité, entretenaient constamment le mécontentement public. Sa couardise, sa puérilité, sa pédanterie, la gaucherie de sa personne et de ses manières, son accent provincial, en faisaient un objet de dérision; même dans ses vertus et dans ses qualités, il y avait quelque chose de complètement anti- '<• Pendant le cours de son règne, toutes les respectueuses croyances, qui si longtemps avaient environné le
jAl.nl | - rr.
trône (l'un rempart de vi nération ut de pi dl
perdant graduellement lem Depuis deux ente
.IMS , In'i^ |.'> sniivrr.iins ,jlil ;i\.ii.'iil né l'Ail
terre . I l'exception du malheureux H ari VI, ai
princes d'un vigoureui cai ai 1ère, l'an • sprit i and co i d'une lournure
presque tous i\ n ni des talents au-dessus du
niveau ordinaîi fat pas an i rénement
fi< .iihMi. 1 1., veille même du i ombal décisil 1 1 et iniis |Mi lemeotfl , que i i monde
de la royauté bégayante, baveuse, pleurnicheuse, ti blante devant une épéc nue, et pari inl alternativement l«d'un bouffon e le langage d'un néda Pendant « e temps, les dissen mi dès
I»' règne d'Edouard VI avaient divisé le corps des pro-
mts, él lient devenues plus formidabli s que i unais L'intervalle moral <|iu séparait la preroi ition
de puritains, de Granmer et <1< Jewel, n'était rien i
de (■♦•lui qui séparait la dernière génération d< mêmes puritains, de Laudet de Hammond. Tant que
luvenirdea cruautés de Marie eut encore tout vivacité, tant que la puis* ince du parti i atholique ins] i-
Dcore des inquiétudes, tant que l'Espagne <"ii- Bon ascendant et aspira i la domination universelle, toutes le i réforn ntirent qu'ell avaii ni un
puissant intérêt commun et un même ennemi mortel. L'animosilé qu'elles ressentaient I - unes poui li - aul «•i lit Faible, comparée à l'animosité que toutes < nseinbh rr- ciii.iinii (Hun 1 ; . . 1 1 1 . . i oiifonnist i <\ noo-conioT'misti 'm i mi qu'il m
gil que de poi ter « onti e les des !
d'une extrême Mais lorsque plus d'un demi-
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redouta plus de voir le papisme imposé à la nation par les armes étrangères; lorsque les derniers confesseurs qui avaient résisté à Donner eurent, disparu, un changement s'opéra dans les sentiments du clergé anglican. Son hostilité contre la doctrine et la discipline catholique romaine se modéra considérablement. Son aversion pour les puritains , au contraire , ne fit que croître chaque jour. Les controverses, qui dès le commencement avaient divisé le parti protestant , prirent une forme qui enlevait tout espoir de réconciliation , et de nouvelles controverses d'une plus grande importance vinrent s'ajouter aux vieux sujets de dispute.
Les fondateurs de l'Église anglicane avaient conservé l'épiscopat comme une institution ecclésiastique, ancienne, vénérable et utile, mais ils ne l'avaient pas déclaré d'origine divine. Nous avons déjà vu à quel faible prix Cranmer estimait les fonctions des évêques. Sous le règne d'Elisabeth, Jewel , Cooper, Whitgift et d'autres éminents docteurs le défendirent comme une institution innocente, utile, pouvant et devant être légalement établie dans l'État, et qui, une fois établie, avait droit au respect de tous les citoyens. Mais jamais ils n'avancèrent qu'une communauté chrétienne sans évêques n'était pas une véritable Église. Au contraire, ils regardaient les protestants du continent comme appartenant à la même famille religieuse qu'euxmêmes. Les Anglais, en Angleterre même, étaient bien tenus de reconnaître l'autorité de l'évêque, comme ils étaient tenus de reconnaître l'autorité du shériff et du coroner, mais cette obligation était purement locale. Un ecclésiastique anglais, et même un prélat anglais, s'il allait en Hollande, se conformait sans scrupule à la religion de la Hollande. A l'étranger, les ambassadeurs d'Elisabeth etde Jacques assistaient presque officiellement aux cultes qu'Elisabeth et Jacques persécutaient en Angleterre, et s'abstenaient avec soin de