I I I : II
La reine fui pendant quelque temps très- assidue auprès de son époux, el le du< d ^ < m k quitlail ■< peine le i hevel de -<>n fr< re. I 11 1 h< èque pi imal et qu autres évêques se trouvaienl aloi - i 1
renl à w hitehall tout le j< la t& he
<lc veillei i loui de rôle pendant 1 1 nuil d ins la ebambre du roi. Les nouvelle i maladie remplirenl I
Laïc de chagi in et d'cflroi ; < ar son i el les manières attables lui n\ lienl i >n |ui l'alfa lion d'une grande pai Lie de la nation, i • me qui m
l'aimaienl pas i n i immoi
gèn té .1 1 1 bigou i u son h • el ardente de ion Cri
i matin du mardi 5 fi I
annonça que le roi .ill.ni mieui et était considéré pai les méd i m- i < *n u 1 1* hors tir -i,ni' i . I • ■> « l •■ h. s .!•• tout onnèrenl joyeux ment, on fit dans les
rues des préparatifs poui des (eux de jo* ; mais le boû • mi apprit qu'une rechute ivait eu lieu, ••! que les médecins avaient abandonné tout espoir. L'esprit publia fut gravement alarmé ; mais il n'j avait meune disposition .m trouble. Le duc d'York, qui déjà avait pris sur lui de donner des ordres, s'assura que li Cité était parfaite* menj calme, et «nul pourrait Bans difficulté être i clamé roi auasil 1 > moi I
Le i"i Bouffirait beau* ou| naît >!• sentir in-
térieurement un feu brûlant ; r.-|».-nd.uii il -m BOUflr inces IVOC un « OUrage qu'on n'aurait |m> siip|Hi<c
ipatibii t \"ln|.iu. us.- ii.ihii. .
de n ii état aflG i ta tell< ment la n ine, qu'elle B*éi m et fut tranepoj tée inanimé»' .l.m> i
lats <|,M n < il l.tN-nt autour «lu lu du roi l'avaient
.1rs |, | , .llllll lh - III' I I DU |'ll Ils
, ruent alors de leui uVvoii l« m - u
(l'une m.iii i> i. j .lu- |. • •s-.uiir \N illiain v vAque de Ganterbur) , homme honnête el pieux, d'un esprit étroit, se permit une grandi' hl- ■ i • •. « Il «^t
temps de parler franchement, dit-il, car vous allez apparaître, Sire, devant un juge qui n'a pas égard aux litres des personnes. » Le roi ne répondit pas un mot.
Thomas Ken, archevêque de Bath et de Wells, essaya ensuite ses pouvoirs de persuasion. C'était un homme de talent et de grande science, d'une vive sensibilité et d'une vertu sans tache. Ses ouvrages de longue haleine sont depuis longtemps oubliés, mais ses hymnes du matin et du soir sont encore récités chaque jour dans des milliers de familles. Bien que zélé pour la monarchie comme la plupart de ses collègues, il n'était pas un adulateur. Avant de devenir évêque, il avait maintenu l'honneur de sa robe, en refusant de laisser Éléonore Gwynn loger dans la maison dont il était prébendier ' . Le roi avait assez de bon sens pour respecter un caractère aussi viril, et de tous les prélats, Ken était celui qu'il aimait le plus. Ce fut en vain cependant que le bon évêque répandit à flots son éloquence. Son exhortation solennelle et pathétique émut et frappa les assistants à un degré tel, que quelques-uns le crurent rempli du même esprit qui, dans les anciens temps, appelait par la bouche de Nathan et d'Élie les princes coupables à la pénitence. Charles, cependant, ne fut pas ému. Il ne fit pas néanmoins d'objection lorsqu'on récita les prières des agonisants. Aux pressantes questions des évoques, il répondit qu'il se repentait du mal qu'il avait pu faire, et il se laissa donner l'absolution selon les formes de l'Église d'Angleterre; mais, lorsqu'on le pressa de déclarer qu'il mourait dans la communion de cette Eglise, il sembla ne pas entendre ce qu'on lui disait, et rien ne put le déterminer à recevoir l'eucharistie des mains des évêques. On plaça près de son chevet une table où furent posés le pain et le vin sacramentels, mais inutilement. Quelquefois il disait que rien n'était pressé ; d'autrefois , qu'il était trop faible.
1 Hawkin, Vie de Ken, 1713.
MOU M CHAKI H il. 177
Quelques-uns d< mts attribuaient celle ipalhic
n mépris di - > hoses divines; d'antres i la -tu p. m qui souvent pré< ède la mort. Mais il 5 ivait dans le palais un p lit nombre de i- 1 sonn< - qui en n ienl plus l< Charles n'avail jamais été un membre sincère de i l établie. Son espril avait longtemps oscillé entre le 1 1-1 me et le papisme. Ijorsqm soi esprit en belle humeui . il était sceptiqm railleur; dans moments sérieux, il • iho-
lique romain. I e duc d'York le savait , n mo«
ment, le -"m d( près intérf ls 1 •■ i upait tout • ni
Il avait ordonné i fermei tous les ports d
pot talion ; il avait I er des détachements d<
dans «In - p u lies de la Cil I irait obtenu du
roi mourant <l<- |»lai • r, <!•• - i l.nl-lr iii.iin . - ;in btt «l'un K le | i lequel certains in»|M*»l , seulement jusqu'à s i moi I t aflei i1
pour trois ani ient tellement l'at-
tention de Jacques , que cet homme , d'< indiscrètement et si inopportunément «i 1 1 1 »i . en-
quérir à son Église de nouveaux prosélytes, ne n lin hispas <|m.- -..n frère était en dangei <!•• mou ri i -uin avoir reçu les dei ni m< uls. (lelte i lait
d'aillant |»ln^ extraordinaire, mit* la ilm -liesse >\'\ avait, sur la demande «!• l « reim •!••> !•■ m i-
iin même où commença la maladie du roi, qu'il &
( onvenable de d< mander les i u - de !
< h, n les dut enfin lu - a une intei vention i
dillércnte de cil»- «le s;i |>ieii is<> ri île sa lx II»--
sriii. I >nlres t't 1rs fii\olilr> île son existence
n'avaient p i éteint « liez la dm h< t ismonth
tous les sentiments de religion, ni Mita sensibilité qui fait la izloire de - m - \e. I nnltassadcui IV. m Barillon, <jm était venu su palais demander d< g nauv elles de la - inlé du roi, iii une n • — i t « ■ à la dm ' n
l.t trouva dans un • i \\ il . Ureme doul< »n t 1 1 • l • ni
dans une chambre secrète, et lui ouvrit son cœur. «J'ai, dit-elle, une chose de grande importance à vous communiquer. Si cette chose était connue, ma tête serait en danger. Le roi est en réalité et au fond du cœur catholique, mais il mourra sans s'être réconcilié avec l'Église. Sa chambre est remplie de prêtres protestants. Je ne puis y entrer sans donner du scandale. Le duc ne pense qu'à lui; parlez-lui ; rappelez-lui qu'il y a une âme en péril. Il est le maître maintenant, il peut faire évacuer la chambre. Allez immédiatement, ou il sera trop tard. »
Barillon courut en toute hâte à la chambre du roi, prit le duc à part et lui transmit le message de la favorite. Jacques eut un remords de conscience; il tressaillit comme s'il se réveillait d'un long sommeil , et déclara que rien ne pourrait l'empêcher de s'acquitter d'un devoir sacré dont l'exécution avait été trop longtemps différée. Divers plans furent discutés et rejetés. Enfin le duc commanda à la foule des assistants de se retirer à l'écart , s'approcha du lit , se pencha et chuchota quelques mots qu'aucun des assistants ne put entendre, mais qu'on supposa relatifs aux affaires de l'État. Charles répondit d'une voix très-distincte : «Oui, oui, de tout mon cœur. » Aucun des assistants , excepté l'ambassadeur français , ne soupçonna que le roi exprimait son désir d'être admis dans le sein de l'Église romaine.
« Amènerai-je un prêtre? dit le duc. — Faites, mon frère répondit le malade. Faites pour l'amour de Dieu et ne perdez pas de temps. Mais non, cela pourrait vous attirer des désagréments. — Quand bien même il devrait m'en coûter la vie, dit le duc, j'amènerai un prêtre.»
Cependant trouver un prêtre en un instant et pour un tel dessein n'était pas chose facile; car, selon la loi existante alors, toute personne qui introduisait un prosélyte dans l'Église catholique romaine se rendait coupable d'un
feORI M « HAW I - II.
crime capital. I .•■ comte d< ( Hi Ihoi , noble p rtu-
hassé de -.« pati ie pu l< - trotil avait n çu l'hospitalité h la « oui d \ ; de trouver un « mi i
compatriotes qui faisaient partie de la '
reine , mais il se trouva qu'au* un comprenait assez bu n l'anj »ui « on-
i l( roi. I e duc i ' B u illon ail ii( i i ministre de Vi aise pour avoii un i tique, !
qu'ils apprirent qu'un moine bénédictin, nommé J< >lin Huddleston, m trouvait à Whitehall. < • t homn i au péril de sa fie, sauvé le roi apn - la bat iill< Worccstei , et il v\ lit ès-pi ivil
depuis la restauration. Le nom d'Huddlcston n
loujoun exce| té dans toutes les | »i « »« I un itions les I »1 1 1 ^ • publi( • - i outre les prêtn
à I époque où les fauj témoins ivaient enflammé la fui de i.i nation . 11 consentit immédiatement une
sei onde fois sa Ni-' pour son prince, mais il n stait • n une difficulté. L'honnête moine était ijllettn qu'il ne - ivait pas ce ni'il devait dire an roi d nu le t circonstani 1 1. I ependant , grâ< i l'ii lion île i
1. 1 Melhor, il reçut quelques instructions d'ui siastique poi lu( I la leçon faite, il fut condu
l'escalier dérobé, p u « hiffini h , domestiqu llance, qui, si nous devon que, avait souvent introduit pai 1 1 môme enti visiteurs «l'un genn bien différent \> «lu alors, au nom «lu fi. ordonna i lout quitter l'appai tement . lion de I «'Hh p
< «.Mil. .1 i ■ -h. un, .-t de John Granvill* Batli I uj lords pi ' nt la n ligion \
mais i ii qu i «ju'il pouvait comptei sur leui I
1 Vnyï i lu tin I
BUHH'I il'MMit qi i
iité. Feversham, Français de noble naissance, et neveu du grand Turenne, occupait un rang élevé dans l'armée anglaise, et était chambellan de la reine. Bath était gentilhomme de la chambre du roi.
On obéit aux ordres du duc , et les médecins euxmêmes se retirèrent. La porte dérobée s'ouvrit, et le père Huddleston entra. Un manteau avait été jeté sur ses vêtements sacerdotaux, et une immense perruque cachait sa tonsure. «Sire, dit le duc, cet excellent homme vous a autrefois sauvé la vie, il vient maintenant sauver votre âme.» Charles répondit d'une voix faible: «Qu'il soit le bienvenu.» Huddleston s'acquitta de ses fonctions mieux qu'on n'aurait pu l'espérer. Il s'agenouilla près du lit, écouta la confession du roi, prononça l'absolution, et administra l'extrême-onction. Il demanda ensuite au roi s'il désirait recevoir l'eucharistie : «Assurément, répondit Charles, si jen'en suis pas indigne.» L'hostie fut apportée. Charles s'efforça de se lever et de s'agenouiller devant elle. Le prêtre lui recommanda de rester couché, et l'assura que Dieu accepterait l'humiliation de l'àme sans exiger l'humiliation du corps. Le roi éprouva tant de difficulté à avaler l'hostie, qu'on fût obligé d'ouvrir la porte et d'aller chercher un verre d'eau. La cérémonie terminée, le moine plaça un crucifix devant les yeux du pénitent, lui recommanda de fixer ses dernières pensées sur les souffrances du Rédempteur, et se retira. La cérémonie avait duré environ trois quarts d'heure , et pendant ce temps, les courtisans qui remplissaient la pièce voisine s'étaient communiqué réciproquement leurs soupçons par des chuchotements et des regards significatifs. La porte fut enfin ouverte, et la foule vint remplir de nouveau la chambre du mourant.
La soirée était avancée. Le roi semblait très-soulagé par ce qui s'était passé. Ses enfants naturels furent conduits à son chevet : c'étaient les ducs de Grafton , de Southampton et de Northumberland, fils de la duchesse
N0R1 DE < IIARI i - II.
<|. Clevi land, !«• duc S i Ris d*l
Gwynn, 1 1 le duc de Richmoud, iil> ■!• 1 1 «lin I, Portsmouth. Charles les bénit t"n- , mais parla £ Richmond avec une tendresse particulière. Il manquait i i elle suprême entrevue un.- auln ine . I
de ses enfants, son bien-aimé, errait dans l'exil; l< ne pronom a p <- une Beule •,
Pendant la mut, Char] m manda instamment
.iu\ soins de Jacques la duchesse de Portsmouth < t son fils: ■ Et, ajouta-t-il par un mouvement de t >« » i * lurel, ne laissez pas mourir de faim la pauvri Nellj i i reine i haï gea Halifax d'ei
trop violemment émue, disailn !!•• , | i tenir s i pi • • .
auprès du lit du roi, et elle impi n pardon ;
I. Mil. nses qu'elle nurait pu involontairement cotnmet- Irc a son r I il.' (Iniiaiide mon p irdon, la pau
femme! s'éci ia Charles, je demande aussi l< tout mon coeur. »
Les luern i «lu m itin eommenrairni n i\- is
les fenêtres de Whitehsll , et Charl inda qu'on
ouvrit les i id( aux poui qu'il pût v< la lumière. Il remarqu i que • était le moment •!• monter une pendule placée près île son lit. < » m onstani es furent rappelées lonç t< mj qu'elles prouvaient, sans ition | ■ . que I'
roi était m pleine poss< %sion di s'était dé( laré < atholique min. un. Il lii ceux qui l'avaient entouré toute la nuit poui l'emb îrras qu'il leur avait causé. Il avait misa mourir un temps raisonnable, leur <lii-il . mais il lit qu'ils \
draient bien lui pardonner. Ce fut le d< rni< r rayon cette i \'iui « urbanité dont le charme avait si ; • l<
mi p.. m il utimcnl
Lii n justement mit P mourant perdit la parole; avant «li\ lu perdu connaissais - . i ne loule iuun<
églises à l'heure du service du matin. Lorsqu'on lut la prière pour le roi, des sanglots et des gémissements montrèrent combien son peuple l'aimait. A midi, vendredi 6 février, il rendit doucement le dernier soupir1.
A cette époque, les classes populaires dans toute l'Europe , et plus particulièrement encore en Angleterre , avaient l'habitude d'attribuer la mort des princes, surtout lorsqu'ils étaient populaires et que leur mort était inattendue, aux attentats les plus horribles et les plus vils. C'est ainsi que Jacques Ier avait été accusé d'avoir empoisonné le prince Henri , et Charles Ie* accusé d'avoir
1 Clarke, Vie de Jacques II, I, 746. Orig. mem. — Barillon, dépêches des 8-18 février 1685. — Citters , dépêches des 3-13 février, et 6-16 février.— Récit d'Huddleston. — Lettres de Philippe, second comte de Chesterfield, 277 . — Sir H. Ellis, Lettres originales, première série, III, 333 ; seconde série, IV, 74. — Chaillot, MS. — Burnet, I, 606. — Journal d'Evelyn, 4 février 1684-1685. — Welwood, Mémoires, 140. — North, Vie de Guildford, 252; Examen, 648. — Hawlrin , Vie de Ken. — Dryden, Threnodia augustalis. — Sir H. Halford, Essai sur les morts des personnes êminentes. Voyez aussi un fragment d'une lettre écrite par lord Bruce, longtemps après qu'il fût devenu comte d'Ailesbury, et qui est imprimé dans VEuropean Magazine d'avril 1795. Ailesbury appelle Burnet un imposteur. Cependant aucun lecteur intelligent et impartial ne trouvera de contradiction entre les deux récits. J'ai vu, dans le British Muséum et dans la Bibliothèque de l'Institut royal, un curieux placard contenant le récit de la mort de Charles. On le trouvera dans la collection Somers. L'auteur était évidemment un zélé catholique romain, et avait dû prendre ses renseignements à de bonnes sources. Je le soupçonne fort d'avoir été directement ou indirectement en rapport avec Jacques lui-même. On ne donne aucun nom en toutes lettres, mais les initiales sont parfaitement intelligibles, excepté en un seul endroit, où il est dit que le D d'Y fut rappelé à ses devoirs envers son frère par P. M. A. C. F. J'avoue qu'il m'a été impossible de déchiffrer ces cinq dernières lettres. Il est consolant de savoir que sir Walter Scott lui-même ne l'a pu. Depuis la publication de la première édition de mon livre, diverses conjectures fort ingénieuses, touchant ces lettres mystérieuses, m'ont été communiquées; mais je suis convaincu que la véritable explication n'a pas encore été trouvée.
Il semblerait que nul fait historique ne devrait être mieux connu que ce qui se passa autour du lit de mort de Charles II. Nous avons divers récits écrits par des hommes qui se trouvaient à ce moment dans la chambre du roi. Nous avons aussi plusieurs récits faiU par des personnes qui , sans
empolsonm , , n .1 l'époque de 11
république , loi que 1 1 | I k, • 1
1 bai bai . • I V hc 1 I rtesd m. -ii, |)e< aui aliments d'une lledout
il n'avait .iu< un molif de vouloir la n
lard, h rapide dé< omposiiion du « orp de • mwell fui .1U1il.il. '. oupdc -
1 ses m .lu .un. nts. 1 1 moii ! < li irl< - Il ouvail manquer d'en ilei de telles rumeurs. I e j»ulili. avait été, i divi 1 n - re\ his-
loires de complots papistes tentés contre la \i»- «lu .
ulairea, a le m reoMifuer auprès àm
tint oculdin li etaayer. .aav
pat \meoau rquet et ta femme ne »
ronalanoe», lorsqu'il* rar • i
qu'il
' ie. •
l'atMii
.lait à la <■
ne u»f Jr.
l . Il <■«•(,
i-îtil claa*. t confié** aat » •m» d homme t «1
Beaucoup de gens étaient donc fortement prédisposés à croire au poison, et quelques malheureuses circonstances, pour des esprits ainsi prévenus, pouvaient sembler autant d'indications qu'un crime avait été commis. Les quatorze docteurs qui délibérèrent sur la maladie du roi se contredisaient l'un l'autre et se contredisaient euxmêmes. Quelques-uns pensaient que le roi avait une attaque d'épilepsie, et qu'il fallait laisser l'assoupissement suivre son cours. La majorité déclara que c'était une attaque d'apoplexie, et le tortura pendant quelques heures, comme un Indien lié à un poteau . Puis on se décida à appeler sa maladie du nom de fièvre, et on lui administra de fortes doses de quinquina. Toutefois, un des médecins protesta contre ce traitement, et assura à la reine que ses confrères allaient tuer le roi. On ne pouvait attendre d'une telle multitude de conseillers rien de meilleur que des divergences d'opinion et des contradictions; mais le vulgaire tira de cette perplexité des grands maîtres dans l'art de guérir la conclusion assez naturelle que la maladie avait quelque origine extraordinaire. Il y a lieu de croire qu'un horrible soupçon traversa l'esprit de Short, qui, bien qu'habile dans sa profession, paraît avoir été un homme nerveux, à imaginations chimériques , et dont le jugement fut probablement troublé par la crainte des imputations odieuses auxquelles, en sa qualité de catholique romain, il était particulièrement exposé. Nous ne pouvons donc nous étonner que d'innombrables histoires, toutes parfaitement absurdes, aient été répétées et admises comme vraies par le bas peuple. La langue du roi, disait-on, avait gonflé au point de devenir aussi grosse que la lam gue d'un bœuf; on avait trouvé dans son cerveau un amas de poudre délétère ; il y avait des taches bleues sur sa poitrine; il y avait des taches noires sur ses épaules; on avait mis quelque chose dans sa tabatière; or avait mis quelque chose dans son potage; on avait mi
\\l M Ml M D1 J \« "I I S II. 185
quelque chose dans nattai favori d'œufr el d*an
lu-; l,i ilurhrssr il i1..! i -m* tnih l'avait empoisonné bv< i une i i- ' de cho< »lal ; la reine l'avait em|
un (Mit d.- poires - « h s. De U I- contes méi ilent
d'être soi vés, i ai i tonnent la mesure de l'in-
telliç i de la vertu de la généi ■ 1 1 « » r i qui les A vo-
î.ui avidement. S d i rumeurs du même genre n'ont |ue présente, troui lit pai nu nous,
même lorsque des existences donl de grands intérêts i datent ont été Irani bées par !• s attaques im| de la ni.il.hln', on doit l'attribuer «n parti»' aux |.r. ailles sciences médical - el chimiques, en mssi, il faut l'espérer, aux progrès que la nation .1 faits .:i bon sens, en îustù e et en humanité Quand tout fut .»« c »mpli , 1 u ques quitta le lit de non
le " 1 •■. all.i 1I.111- -•»!! ( .il -in. t • t \ 1. -la seul |m-ih l:nit innpiai I d'heure. En même temps les lers privés, qui
IrOUvairnl dans !♦' palai- , >"as»rml»lrivnl. I.r nnn\<
roi vint el prit sa place a la i.'i.- du conseil. Il commença, selon L'usage, son administration par un dis- « ours a son cons il. Il ai pi im 1 111 1 1 |
qu'il venait de Caire, el il promit d'imiter la remarquable douceur qui .i\ .ni caractérisé le derniei règne. Il s i\ ait, dit-il, qu'on l'avail n 1 usé d' dm passion
I pouvoii -u bitraire; mais cen'él il pas la seule fausi qu'on iùi répandue sur son compte. II était résoJ m. uni. 'un lo gouvernement établi et dans 1*1 lans
l'Église, il connaissait la grande fidélité de l I 1 1 - • -
■ . I « p»ll-
t aritarraaae pir l'étraafa anaodol »u» toopiwn Sa flaart, P#od
•• poi .1» • l'au *U Baraa I daaa an toi et, j« — fia rt-
le towoigaaf dont» à eontrr-cœur par an bon -ilona* qw
cP AngleteiTe ; et, en conséquence, il mettrait toujours tous ses soins à la soutenir et à la défendre. Il savait aussi que les lois de l'Angleterre étaient suffisantes pour faire de lui un aussi grand roi qu'il pourrait le désirer. Il n'abandonnerait pas ses propres droits, mais il respecterait ceux des autres. 11 avait autrefois risqué sa vie pour la défense de son pays, et il irait maintenant aussi loin que personne pour le soutien de ses justes libertés.
Ce discours n'était pas, comme les discours modernes prononcés dans des occasions semblables, soigneusement préparé par les conseillers du souverain. Il était l'expression spontanée des sentiments du nouveau roi dans un moment de grande émotion. Les membres du conseil éclatèrent en transports de joie et de reconnaissance. Le lord président, Rochester, au nom de ses confrères, exprima le vœu que la gracieuse déclaration de Sa Majesté fût rendue publique. Le Solicitor gênerai, Heneage Finch, s'offrit comme secrétaire. Ce dernier était un zélé partisan de l'Église, et, comme tel , désirait naturellement qu'il restât une preuve permanente, et qu'on pût à chaque instant rappeler, des gracieuses promesses qui venaient d'être exprimées. « Ces promesses, dit-il, ont fait sur moi une si vive impression que je puis les rappeler mot pour mot.» Il eut bientôt achevé de rédiger le discours. Jacques lut sa rédaction, l'approuva, et ordonna qu'elle fût publiée. Plus tard , il dit qu'il avait pris cette détermination sans réflexions suffisantes, que ses expressions non préméditées touchant l'Église d'Angleterre étaient trop fortes, et que Finch, avec une dextérité qui, dans le moment même, avait échappé à son attention, les avait rendues encore plus fortes '.
Le roi avait été épuisé par ses longues veilles et par tant d'émotions violentes. Il se retira pour prendre quelque repos. Les conseillers privés, après l'avoir respec-
1 Gazette de Londres, 9 février 1684-1685. — Clarke, Vie de Jacques II, II, 3. — Barillon, 9-1P février. — Journal d'Evelyn, 6 février.
m Ml M Dl IA( "i l S M. 187
liieiiswnriil i >;i < li.miluc
tournèn
la < ■ ■• en onii d< l la m a lion. I
les hérauts se montrèrent ptueux costumes; la i D loi m «l«- mu lin- ni | • Loui
licol invites i boén i la î nouve ni souvei .mi. M ûj bien <|ii' ndit
iiii*" .»< clamation, le peupi néi al, n\ lait p is d'hu-
meur joy< il-'-. « in vo) lit d< lai m .•t on remarqua qu'il ii'j avait pas une lei vanu I qui n'eût trouvé moyen de M procurai quelqi de • rêpe noir • m l'honneur di roi Charli
i- i funérailles soulevèrenl de vives critiques. \ la véi ité, elle rit .i |" ■■•t noble
• i opulent. Les l"i ut.dou< ement la p
nie <Im nouveau roi ; les M liigs raill nui manque d'aiïectioo naturelle, et les fou| l ivenanlaires d'É< osse pnx lamèrent triomphalement que la mai< dii lion pronom i l. - an iens joui - i ontn l< -
mauvais pi ini es -in . i i t . mplie d'une m
tante, i eu le tyran décédé «v ait été enU rré comme un âne mort'. Malgré tout, Ja«<«u.'> i-munin ministratio l'appui d'un i ande bienvi ill«i
publique. Son discours au conseil privé fut publii l'impression qu'il produisit fut très-favorable. C'était donc là, disait-on, le prince qu'une fat lion avait « ! a s'exiler, qu'elle -
ta prétexte •ju'il était un i oneroi m île la religion et «1rs lois de l'Angli terre. Il in.iiI triomphé, il ôl ni but le trône, al son premiei i t de déclarei qu'il défi ndrail l'élise • i - rait &ti
,,.. / tMM Bur-
'• I Mi. - JoMn»»l É1w|j
y. ut. — BMMt, I,
nient les droits de son peuple. L'opinion que tous les partis s'étaient formée de son caractère donnait encore du poids à tous les mots qui tombaient de ses lèvres. Les Whigs le dépeignaient comme un homme hautain, implacable, obstiné, sans souci de l'opinion publique. Les Tories, tout en exaltant ses vertus princières, avaient souvent gémi sur sa négligence des moyens qui assurent la popularité. La satire elle-même ne l'avait jamais représenté comme un homme capable de flatter l'opinion publique, en professant les sentiments qu'il n'avait pas, et en promettant ce qu'il n'avait pas l'intention d'accomplir. Le dimanche qui suivit son avènement, son discours fut cité dans un grand nombre de chaires. « Nous avons maintenant en faveur de notre Église, s'écria un prédicateur royaliste, la parole d'un roi , et d'un roi qui n'a jamais manqué à sa parole. » Ces expressions circulèrent rapidement dans la ville et la campagne, et furent bientôt le mot d'ordre de tout le parti tory '.
Les grandes charges de la couronne étaient devenues vacantes par le changement de souverain, et il fallait que Jacques désignât les personnes qui devaient les remplir. Peu des membres de l'ancien cabinet avaient des raisons d'espérer sa faveur. Sunderland, qui était secrétaire d'État, et Godolphin, qui était premier lord de la trésorerie, avaient soutenu le bill d'exclusion. Halifax, lord du sceau privé, s'était opposé à ce bill avec une incomparable puissance d'argumentation et d'éloquence. Mais Halifax était l'ennemi mortel du despotisme et du papisme. Il voyait avec terreur le progrès des armes françaises sur le continent, et l'influence de l'or français dans les conseils de l'Angleterre. Si on avait voulu l'en croire , les lois auraient été strictement observées, la clémence royale se serait étendue sur les Whigs vaincus, on aurait convoqué le parlement en
» Burnct, I, 628. — Lestrange, Observateur 11 février 1684-1 C85.
\w m mvn m jai ai i > ii.
temps opportun, on lit effort <• de
p h lis ennemis, et on am lit «lu igé la politique
I mi le pi ine ipes de la Iriple .illi .11 • lait donc attiré, potii i ipinions, 1 1
ques. Quant .m lord garde iux Guildford, <»n p
\ ni dire qu'il n'apparten lil à uicun di - de in partis qui divisait ni la coui . e >u ne pouvait p i> dii qu'il roi un ami de la libei ndant son i nn l respect p
li lettre de la l<»i en faisait un instrument peu util*' pour le pouvoir arbitraire. Aussi i lait-il d< les véhéments Toriee comme Équilibre* , et était-il pour Jacques l'objet d'une aversion largement • I" mépris Ormond, qui était lord sénéchal de I « i son du roi, et vice-roi d'Irlande , résidait al l »u -
blin. Ses droits à la reconnais lie ni *upé-
ii tirs à < eux de tout autre sujet. Il s'était brave ment battu pour Chai les l ; il ;i\.nt | l'exil «!«• Chai lea n
depuis la restauration, il était, en dépit de bien dea vocations, resté inébranlablemenl fidèle à la dyna Quoique <li pendant la loute-puissanœ de l.i I
baie, il n'avait jamais (ail d'opposition fai lieuse ; et, aux
du - omplol papiste et «In ImII d'< l'avait trouvé • n Irlc (li- . Il «'tait \ieux
maintenant, et ai ih été éprouvi par la plus cruelle toute - l' i i alamite b. Il ivail con luit au tombeau un (ils qu'on aurait suppo ntrain dev< i ion deuil,
le brave l)s>m\. I ■ v s.mn - rimunils, I iue véne rable,
infortunes domestiques d'Ormond, li rendaient \> d'un Mit < lierai. I .«•> l u\aln i - l<- ir^'anlaienl comme leur chef, et par droit d'ancienneté et pai droit deméi et les W I ivaient que, malgré son inrbranlabl» 1 1 i . lité ii l.i < anse ilr la monan nie, il n '. i ut I ami ni «lu despotisme, ni du papisme. M ùs, malgré la liante situalion que lui faisait l'estime publique, il «\ lit p u d veut - i attendre de son n< maître lai qui
qu'il n'était e i • que sujet, *\ .«a ,
faire un changement complet dans l'administration de r Irlande. Charles avait consenti, et il avait été décidé que, dans quelques mois, Rochester serait nommé lord lieutenant '.
Rochester était le seul membre du cabinet qui fût en grande faveur auprès du nouveau roi; on s'attendait généralement à le voir placé à la tête des affaires et à voir changer tous les autres grands officiers de l'État. Cette attente ne se réalisa qu'en partie. Rochester fut nommé lord trésorier et devint ainsi premier ministre. On ne nomma ni lord grand amiral, ni commission de l'amirauté ; le nouveau roi, qui aimait le détail des affaires maritimes , et qui aurait fait un commis suffisant à l'arsenal de Chatham, se décida à être lui-même son ministre de la marine. La direction de cette importante administration fut conférée, sous ses ordres, à Samuel Pepys, dont la bibliothèque et le journal ont conservé le nom jusqu'à nous. On ne disgracia publiquement aucun des serviteurs du dernier souverain. Sunderland se remua avec tant d'art et d'adresse, employa tant d'intermédiaires puissants , et était en possession de tant de secrets , qu'on lui laissa les sceaux. On ne pouvait guère se passer de la docile soumission, de l'assiduité, de l'expérience du taciturne Godolphin. Comme on n'avait plus besoin de lui à la trésorerie, on le fit chambellan de la reine. C'est avec ces trois lords que le roi tenait conseil dans toutes les occasions importantes. Quant à Halifax, à Guiidford et à Ormond, il ne voulut pas les congédier encore, mais seulement les humilier et les tourmenter.
On annonça à Halifax qu'il devait abandonner le sceau privé et accepter la présidence du conseil. Il céda avec une extrême répugnance, car, bien que le président du conseil eût toujours eu le pas sur le lord du sceau privé,
1 On trouvera dans la correspondance de Clarendon les lettres échangées à ce sujet entre Rochester et Ormond.