JACQUES I* 8.S
ili'i orer leurs chapelles pai liculières selon la mode au cane, de crainte de scandaliser des frères moins •'■• lairé qu'eux-mêmes. Enl'année 1603, la convoi ilioneccl< lique de la province de < intorbér) reconnut solennellement l' Église d'I i comme bran* he de 1 1 sainte I i atbolique du Christ, et cependant le pouvoir épiscop il el l*ordination épiscopalc étaient inconnus dans l'Eglise d'I. il était même admis que les mini&ti
bytériens avaient droit de siégei el de votei dans les conciles œcuméniques. Lorsque les étals généraui Provinces-1 nies convoquèrent, à Port, un synode de docteurs non ordonnés évèques, un évoque anglais et un doyen anglais, envoyés | u lechel de l'Eglise anglii
crent au milieu de teui -, l< - hara ni et
votèrent av« i lu sur le^ plus ns de 11
logie . Bien plus, un grand nombre de bénéûa s anglais furent donnés n des théologiens qui étaient entrés • ! mn Ion les formes usitées par les calvinistes du continent, <i , dans ces cas, La réordinatiou par un i que ut- parut ni nécessaire, ni môme lég île.
M.ii^ une nouvelle ra< e de Ihéol menait d'ap
raltre dans l'Église anglicane. Selon eux, les fonctions épiscopales étaient essentielles au bonheur <l< i chrétiennes el à l'efTicacité <l<> ordonnances les l»lu^ solennelles de I i rt ligion. < ertains privilège s suprêmes et sacrés que nul pouvoir humain ne pouvait donnai ou • ni vei étaient atta< lu I
i h nient-ils, pouvait t<»ui aussi bi< n existe! sans la
doctrine de la Trinité ou la doctrine de l'incarnaljon que sans la hiérarchie apostolique, cl l'Église de Rome qui,
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au milieu de toutes ses corruptions, avait conservé la hiérarchie apostolique, était plus près delà pureté primitive que ces sociétés réformées, qui avaient témérairement substitué à ce modèle divin un système inventé par les hommes.
Sous les règnes d'Edouard VI et d'Elisabeth, les défenseurs du rituel anglican s'étaient généralement contentés d'établir que ce rituel pouvant être suivi sans péché, il n'y avait qu'un sujet pervers et déloyal qui pût refuser de le suivre lorsqu'il en était requis par le magistrat civil. Maintenant, au contraire, le nouveau parti qui s'élevait et qui assignait une origine divine à la constitution de l'Église commença à attribuer à ses offices religieux une dignité et une importance nouvelles. On insinua que si on pouvait reprocher quelque défaut au culte établi , ce ne pouvait être qu'une extrême simplicité, et que les réformateurs avaient, dans la chaleur de leurs disputes avec Rome, aboli bien des cérémonies anciennes qu'on aurait pu conserver avec avantage. On recommença à tenir en mystérieuse vénération certains jours et certains lieux ; quelques pratiques, depuis longtemps tombées en désuétude et regardées généralement comme des momeries superstitieuses, furent remises en honneur. Les peintures et les sculptures qui avaient échappé à la colère de la première génération de protestants devinrent les objets d'un respect si grand q u'il paraissait idolâtre à beaucoup de gens.
Il n'y avait, dans tout le système de la vieille Église, aucun point qui eût été plus attaqué par les réformateurs que la sanctification du célibat et les vertus qu'on lui reconnaissait. Ils soutenaient que la doctrine de Home sur ce sujet avait été prophétiquement condamné*; par l'apôtre saint Paul, comme une doctrine diabolique, et ils insistaient beaucoup sur les crimes et les scandales qui semblaient prouver la justice de cette terrible condamnation. Luther avait manifesté son opinion de la manière la plus évidente en épousant une reli-
I\( ni H l".
, Quelques-uns dei plus illustrée d'entre lei |>rôtre* Pt h i lient merta hu le bûcher, \ »"ii-
rlant !<• règne de Marie, avaii des femmes el des
enfants. M lis alors la rumeur que !<• vieil espril moi lique n iru dan II
répandre; <>ii chuchota que !
Ataii ni ma «l'un mauvais œil en haut lieu; qu <lr-> laïques, qui m décoraienl «lu litre de piot.>tanis, avaient forme des résolul
blaienl presque à des vœux; bien phas, qu*un ministre «le la religion établie avait fondé no couvent de ûlles .•h les psaumes étaient chantés à minuit par une < pagnie de vierges con I >ieu '.
* e n'él ut pas tout. On ordre de questions but lesquelles les fondateurs de l'Église anglican premi. i ration le puritains avaient peu <'u même du tout différé, commença à fonrnir matière a de violentes disputes. Les controverses qui avaient divisé
I ps des protestants, i l'o avaient eu presque
exclusivement rapport .m gouvernement de 1'ÉglU lui cérémonies religi< uses. Il ne -'••tait pas élevé de querelles sérieuses but des |>« -Mils de i • métaphy-
sique entre les pai ii- en dispute, i es doeti ines mi.-- par les i li fa de la hiéi ar< h le touchant
|< péché «m i- ni' I, la fui, I .la |n ••.!. -^t malum, le
choix des élus, él ii< ni les opinions qui sont vulgairement nppeli es < alvinisies. \ • i*s la lin du i I • lii,
son pi ilat favoi i, l in hevèque w hitgift, arrêt i, de ivec révoque «l<- Londres 1 1 d'autres théoi
de l' ictc célèbre connu bous le nom d'sj liclesde Lambetl). Dans ces uli< -le«i sont atïii une précision <jni de nos |. >i n -, choquerait Imn nombre iriiommes ijua! iluiiMes, le* doctrines les plus
icu, a Lill il.
hardies du calvinisme. Un membre du clergé qui s'y opposa, et parla de Calvin en termes emportés et téméraires, fut traduit pour sa présomption devant l'université de Cambridge, et n'échappa à la punition qui l'attendait qu'en exprimant sa ferme croyance dans les dogmes de la réprobation et de la persévérance finale, et son repentir pour le scandale qu'il avait donné am hommes pieux par ses paroles contre le grand réformateur français. L'école théologique dont Hookcr fut le chef occupe le milieu entre l'école de Cranmer et l'école de Laud, et.Hooker, dans les temps modernes, a été réclamé par les arminiens comme un allié. Cependant Hooker déclarait que Calvin était un homme supérieur en sagesse à tous les théologiens que la France avait produits, un homme à qui des milliers d'autres hommes étaient redevables de leur connaissance de la vérité divine, et qui n'était redevable de rien qu'à Dieu. Lorsque la controverse arminienne s'alluma en Hollande, le gouvernement et l'Église d'Angleterre prêtèrent un puissant appui au parti calviniste, et le nom anglais n'est pas tout à fait exempt des tachesdont l'emprisonnement de Grotius et le meurtre judiciaire de Barneveldt ont couvert ce parti.
Mais même avant la réunion du synode hollandais, cette portion du clergé anglican qui était particulièrement hostile au gouvernement ecclésistique et au culte du calvinisme avait commencé à manifester son aversion pour la métaphysique de cette Église, et ce sentiment avait été très-naturellement fortifié par la brutale injustice, l'insolence et la cruauté du parti qui l'avait emporté à Dort. La doctrine arminienne, doctrine moins austèrement logique que celle des premiers réformateurs, mais plus conforme aux notions populaires touchant la justice et la bonté divine, se répandit trèsvite. L'infection gagna bientôt la cour. Des opinions, qu'à l'époque de l'avènement de Jacques aucun ecclé-
[tque n'aui .ut pu svouei lam i oui h i îsque d'êtru dépouillé de sa robe, étaient devenues les meilleurs lil .1 l,i foreur. Un théologien de i cite épi que, auquel un ii.nl gentilhomme campa nard dem
h ï i » i m i. m ->, répondit, avec autant de véi ité que d'esprit, qu'ils I Mes meill • I les
meilleurs doy< nnéa de i Vnglclei i
i ii< lis qu'une portion <ln i inglû tn s'éc u tait,
dans un sens, de la position qu'il avait originairement
upée, niic fraction «lu parti puritain - il aussi,
maifi dans on sens diamétralement opposé, des principes et des pratiques de ses pères. Les persécutions subies par les s<'p.ir;itix|.> a\;iirnt été .isx«>z iluns pour
l( - Irriter, et pas aasea pour les détruire. I i perse uti< n ne les avait ni domptés ni soumis, et n'avait bit qu'amorcer leur opùiiAtreté et leui cai farouche. Selon l'habitude des sectes oppi imées, ils prenaient leurs sentiments de vengeance pour des émotions pieuses, entretenaient par la lecture et la méditation leur disposition naturelle ;'i i oncentrer en eux et i injures subies, et, lorsqu'ils avaient bien travaillé \
se remplir de hai itre leurs ennemis, s'imaginaient
ne li. m que les ennemis de l >î* m . Dans le Nom Testament, il ne se trouve que Www p»u Af p.i-».i.> • (m , même pervertis par le plus artificieux commentaire, pin— -ni paraître favoriser les passions haineuses. Mais le Vieux Testament contenait l'histoire d'une race choisie par Dieu poui proclamer ion unité, être rinatrument de sa vengeance, 1 1 accomplir des
•n i ommand< ment Bpé< ial , • usa nt • té des crimes atroces, il n'était pas difficile » des esprits violents et sombred de trouver dans une telle histoire bien des faits susceptibles de se prêter \ une intei • pi. 'talion t onforme à leurs \ im\. I • • pu: il un- • \ti- n ■ •> i .iniii.u. i reiit ilou. ni l'Ai I stament
une preililerhon qu'ils ne ^i\n liaient peut 19 à
eux-mêmes, mais qui se manifestait dans tous leurs sentiments et dans toutes leurs habitudes. Ils rendaient à la langue hébraïque un hommage qu'ils refusaient à la langue dans laquelle les discours de Jésus et les epitres de Paul nous ont été transmis. Ils baptisaient leurs enfants des noms des patriarches et des guerriers hébreux, de préférence aux noms des saints du christianisme. En dépit des déclarations expresses et réitérées de Luther et de Calvin, ils transformèrent la fête hebdomadaire que l'Église a depuis les temps primitifs consacrée au souvenir de la résurrection du Sauveur, en un sabbat judaïque. Ils cherchèrent des principes de jurisprudence dans la loi mosaïque, et des précédents pour guider leur vie habituelle dans les livres des Juges et des Rois. Leurs pensées et leurs discours roulaient beaucoup sur des actes qui assurément ne nous ont pas été transmis à titre d'exemples à suivre. Le prophète qui coupa en morceaux un roi captif, le général rebelle qui donna le sang d'une reine à boire aux chiens, la femme qui, au mépris de la foi jurée et des lois de l'hospitalité orientale, enfonça le clou dans la tête de l'hôte fugitif qui venait à l'instant même de s'asseoir à sa table, et qui sommeillait à l'ombre de sa tente, furent proposés comme modèles aux chrétiens souffrant sous la tyrannie des prélats et des princes. Leurs mœurs et leurs manières furent soumises à un code assez semblable à celui de la synagogue dans la pire phase de son existence. Le vêtement, l'allure, le langage, les études, les amusements de cette secte rigide furent réglés sur des principes pareils à ceux des Phari- ?i< ns qui, fiers de leurs mains lavées et de leurs larges phylactères, censurèrent le Rédempteur comme violateur du sabbat et buveur de vin. C'était pour eux un péché que de suspendre des guirlandes à un arbre de mai, de boire à la santé d'un ami, de lâcher un faucon, de chasser un cerf, de jouer aux échecs, de boucler ses che-
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veux, d'emp sci sa frai . do lou< her de l'épii lire le poème de la /■'• ! I l"i ;"'-
i insupportables à l'esprit libre el joyeux de I.uiIi.t, méprisables à l'intelligei
phiq le Zwii tendaient sur la vie une ti
plus que monastique. I » l'éloquence, qui
avaient sj éminemment distinp né les .
leurs, el auxquelles lia avaient été redevable - - n bonne pai lie de leurs Buccès, forent regardées ave< sou] Binon même avec aversion par la nouvelle école de protestants. Quelques rigoristes hésitaient î\ enscignoi la mmaire latine, pares que !«■> nom ira, de Bac-
chua et d'Apollon B*y rencontraient. L I tux-arts forent tous i |" n près proscrits. L'orgue aux sons solennels était un instrument de superstition; la musique légère des mas< aradi a de Ben ionson était dissolue. La moitié des belles peintures que contenait l'Angleterre était idolâtre, l'autre moitié indécente. L< puritain accompli était immédiatement îvrMimaisNjililr an milieu des antres hninmea par bs démarche, ion costume, ■ - cheveux plats,
ilennelle de - i ILui \eux levés en liant,
son a < . nt nasillard et, avant tout, par son jargon partie ulier. Il employait en toute ■ t le style <le rÉcritnre. Des hébrafsmea violemment introduits dans la langue an des métaphores emprunt 1 1 plus hardie poésie lyrique d'un t' mps reculé et d'un lointain, et appliquées au: habituels de la vie
l ! les plus frappants -l on, qui excitait non sans motifs la double raillerie
[U'elati>les el de> liberlins.
Mnsi le schisme religieux et politique qui avait pris n liai le ne lit que - de plus
en plus pendant le premier quart du dix-»
le. Des théories qui menait ni droit nu despotisme hirr et. lient à la mode i Whit< h tll; des théories tendant au
répIlblicaniMIie et.uelll eil l l \ « 411 auprès d'un jailli
nombre de membres des communes. Les prélatistes violents, zélés comme un seul homme pour la prérogative royale, et les puritains violents, zélés comme un seul homme pour les privilèges du parlement, se trouvaient en présence, animés d'une animosité mutuelle bien plus grande que celle qui, dans la génération précédente, avait existé entre les catholiques et les protestants.
C'est à ce moment de crise morale que la nation, après une paix de plusieurs années, s'engagea dans une guerre qui demandait des efforts ardents et soutenus. Cette guerre hâta l'approche de la grande crise constitutionnelle. Il était nécessaire que le roi eût une grande force militaire ; il ne pouvait l'avoir sans argent , et l'argent ne pouvait être légalement levé sans le consentement du parlement. Il s'ensuivait donc que le roi devait gouverner conformément aux intentions de la chambre des communes, ou tenter une violation des lois fondamentales du royaume comme on n'en avait pas vu depuis plusieurs siècles. Les Plantagenets et les Tudors avaient bien, il est vrai, à l'occasion, comblé un déficit au moyen d'un impôt volontaire ou forcé; mais ces expédients étaient toujours d'une nature temporaire. Suffire aux charges régulières d'une longue guerre par des taxes régulières, imposées sans le consentement des états du royaume, était une entreprise dans laquelle Henri VIII lui-même n'aurait pas osé s'aventurer. Il semblait que l'heure décisive s'avançât pour le parlement anglais, destiné à partager bientôt le sort des assemblées du continent, ou à obtenir un ascendant suprême dans J'État.
Jacques mourut justement dans cette conjoncture. Charles Ier lui succéda. Il avait reçu de la nature une intelligence infiniment plus remarquable, u ne volonté infiniment plus forte, un caractère beaucoup plus ferme et plus pénétrant que son père. Il avait hérité de ses doctrines politiques, et était beaucoup plus disposé que lui