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qu'il n'avait de sa "vie vu de plus belles troupes et mieux disciplinées, et avait exprimé les plus vifs remerciements au prince d'Orange et aux états-généraux pour un renfort si précieux et si opportun. Cette satisfaction n'était cependant pas sans mélange. Malgré leurs belles manœuvres, ces troupes n'étaient pas sans quelque teinture de la politique et des opinions religieuses hollandaises. Un de ces soldats fut fusillé, et un autre fut fouetté pour avoir porté la santé du duc de Monmouth. On ne jugea donc pas prudent de les placer au poste du danger. On les garda dans le voisinage de Londres jusqu'à la fin de là campagne. Mais leur arrivée permit au roi d'envoyer dans l'Ouest quelques troupes d'infanterie dont, sans cela, il aurait eu besoin dans la capitale *.
Tout en se préparant ainsi à un combat en règle avec les rebelles, le gouvernement ne négligeait point des précautions d'un autre genre. Dans Londres, seul, on arrêta deux cents personnes qu'on soupçonnait capables de se mettre à la tête d'un mouvement whig. Parmi les prisonniers se trouvaient plusieurs marchands de grande importance. Tous ceux qui pouvaient être suspects à la cour étaient dans la crainte. Une tristesse générale planait sur la capitale. Les affaires étaient languissantes à la bourse, et les théâtres si généralement déserts, qu'un nouvel opéra, écrit par Dryden, et monté avec un luxe de décors inconnu jusqu'alors, fut retiré parce que les recettes ne pouvaient pas couvrir les dépenses de la représentation2. Les magistrats et le clergé se montraient partout très-actifs. Les dissidents étaient partout strictement surveillés. Le Cheshire et le Shropshire furent en proie à une violente persécution ; dans le Northamptonsbire , les arrestations furent nombreuses, et la geôle d'Oxford se remplit de prisonniers. Pas un ministre
' Cittera, 30 juin- 10 juillet; 3-13 juillet; 21-31 juillet 1685. — Avaux, nég., 5-15 juillet. — Gazelle de Londres, 6 juillet.
2 Barillon- 6-16 juillet 1685, — Préface de Scott à Albion et Âlbanius.
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côté du Gloucestershire, mais beaucoup plus fortes au sud, du côté du Somersetshire. On se détermina donc à faire l'attaque du côté du Gloucestershire ; mais, pour cela, il fallait faire un détour et traverser l'Avon à Keynsham. Le pont de Keynsham avait été démoli en partie par la milice et était pour lors impraticable. On dépêcha en avant un détachement pour faire les réparations nécessaires. Les autres troupes suivirent plus lentement, et firent halte le soir du 24 juillet, à Pensford, pour se reposer. Là elles n'étaient qu'à cinq milles de Bristoi, du côté du Somersetshire; mais le côté du Gloucestershire , qu'on ne pouvait atteindre qu'en tournant Keynsham , était éloigné d'une bonne journée de marche'.
Cette nuit fut à Bristol une nuit de grand tumulte et de longue attente. Les partisans de Monmouth savaient qu'il était presque en vue de la ville, et s'imaginaient qu'il y serait entré avant l'aurore. Une heure environ après le coucher du soleil, un bâtiment marchand amarré au quai prit feu. Une telle circonstance, dans un port encombré de vaisseaux, ne pouvait qu'exciter de grandes alarmes. Le fleuve tout entier se remplit de mouvement et de bruit. Les rues s'encombrèrent. Des cris séditieux se firent entendre au milieu des ténèbres et de la confusion. Plus tard, Whigs et Tories s'accordèrent à dire que l'incendie avait été allumé par les partisans de Monmouth, dans l'espoir que les gardes bourgeoises étant occupées à empêcher le feu de s'étendre, l'armée rebelle pourrait pendant ce temps-là faire une attaque hardie et entrer dans la ville par le côté du Somersetshire. Si tel était le dessein des incendiaires, il échoua complètement. Beaufort, au lieu d'envoyer ses hommes sur le quai, les tint toute la nuit sous les armes autour de la belle église de Sainte-Marie Redcliff, au sud de l'Avon.
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Toutefois , après ample examen , on s'aperçut que ce plan, quoique spécieux, était impraticable. Les rebelles, mal chaussés pour les marches qu'ils venaient de faire, étaient exténués de fatigue à cause des boues profondes qu'il leur avait fallu traverser chaque jour sous une pluie battante. Harcelés et arrêtés à chaque instant, comme ils le seraient, par la cavalerie ennemie, ils ne pouvaient espérer d'arriver à Gloucester sans être atteints par le principal corps des troupes royales, et forcés à une action générale dans les conditions les plus désavantageuses.
On proposa alors d'entrer dans le Wiltshire. Des gens qui prétendaient connaître parfaitement ce comté assuraient que le duc y serait rejoint par des renforts assez considérables pour le mettre en état de livrer bataille1.
Il suivit ce conseil, et se dirigea vers le Wiltshire. Il somma d'abord Bath de se rendre; mais Bath avait une forte garnison qui tenait pour le roi, et Feversham approchait. En conséquence, les rebelles ne firent aucune tentative, mais se dirigèrent en toute hâte vers Philip' s- Norton, où ils firent halte, le soir du 26 juin.
Feversham les y suivit, et, le 27 de grand matin, les rebelles furent alarmés par la nouvelle de son approche. Ils se mirent sous les armes, et se placèrent en file le long des haies de la route qui conduisait à la ville.
L'avant-garde de l'armée royale apparut bientôt. Elle se composait d'environ cinq cents hommes, commandés par le duc de Grafton , jeune homme d'un caractère hardi et de manières rudes, qui tenait probablement à montrer qu'il n'était pour rien dans les projets séditieux de son demi-frère. Grafton se trouva bientôt dans un chemin creux bordé de haies des deux côtés, d'où partait un feu bien nourri. 11 poussa hardiment cependaut jusqu'à l'entrée de Philip's-Norton. Là il fut arrêté par
1 Aveux de Wade.
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