HISTOIRE X
rindignalion d'un aussi grand roi que Henri , son épée tuait seulement le corps, tandis que celle de l'Eglise, confiée entre les maîns du primat , pouvait tuer Tame ^ et pi écipitcr TindocUe dans les feux éternels de renfef •
Les appels au pape , même dans les causes ecclésiastiques , avaient été abolis par les constitutions de Glarendon , et étaient devenus ciioiinels par la loi; maïs un appel dans une affaire civile telle que la demande du rt>i à Becket était une hardiesse tout-à-fait nouvelle , sans exemple , et qui tendait directement à renverser le gouvernement. On ne pouvait tiouver l'omLre dWe exctise que dans les apparences de la résolution où Fou supposait le roi et le grand conseil de consommer injustement^ mais sous les formes de la justice , la ruine de rinflexible primat. Henri , ajant en ce moment un meilleur prétexte pour justifier les effets de son ressentiment, aurait sans doute poussé cette affaire k la loueur; mais Becket ne lui laissa pas le temps de le poursuivre , , et, refusant d ecoutei; sa sentence , que les barons siégeant sépa» rémQut des évèi^«es,.et [câfits 4 q^dqu^
(il 64) D'AJfGLETERRE. . i5
shérifs et barons du second ordre (i) avaient rendue, il sortit du palais, delîianda permission au roi de quitter Northampton , et , sur le refus d,e sa majesté, partit furtivement , erra quelque temps déguisé, et à la fin s'embarqua pour Gravelines, où il arriva sans accident (2).
La persécution injuste et violente exercée contre Becket ne servait qu'^ tourner le public en sa faveur, a faire oublier sa première ingratitude pour le roi, la viola^ tion de son serment, de ses promesses, ét Fénormité des privilèges ecclésiastiques dont il affectait d'être le champion. Plusieurs âutres raisons lui procurèrent encore de la considération et de Tappui dans les pajs étrangers. Philippe, comte de Flandre ; et Louis, roi de France , jaloux
(i) On suppose que Fitz-Stephen veut dire les pins considérables vassaux des principaux barons. Or CCS vassaux n'avaient pas le droit de siéger dans le grand conseil , et les y admettre était une irrégularité' palpable sur laquelle cependant Becket n'insiste dans aucune de ses remontrances. C'est une nouvelle preuve combien peu les constitutions étaient fixes alors.
(a) Il prit le nom de frère Christian. {Lin^ gard, )
l6 BlSTÔlftE (il 64)
de la grandeur de* Henri ^ se plaisaient à lui susciter des embarras , et , no faisant pas altention que sa cause actuelle était cell rde tous les souverains , affectèrent de plaindre la situation du prélat expatrié ; Louis Tbonora même d^une visite à Soissons, où il Favait invité à fixer sa retraite. Le pape, encore plus immédiatement intéressé à le soutenir , reçut fort mal une ambassade magnifique que Henri lui envoyait pour accuser le primat^ tandis qu'au coiilraire sa sainteté comblait de distinctions celui-ci ^ qui s'était rendu à Sens pour justifier sa conduite au pied du trône pontifical. Le roi se vengea en séquestrant les revenus de Tarchevéché de Canlerbury, et, par une coiiduUe qui au- rait pu être regardée comme tjrannique s'il y avait eu sdors des bornes régulièrement piescrites k Tautorité royale, il bannit toûsles parens et domestiqueà du primat, au nombre de quatre cents, qu'il contraignit avant leur départ de jurer qu^ils rejoindraient incessamment leur pa^ tron; mais cette politique, au moyen de laquelle Henri tàcbait de presser la raine de Jîecli^ti n'eut pas l'effet quil s'en était
( 1 1 65) d'mgletebbe* 1 7
promis* Aussitôt que ces exiles eurent passé la mer, le pape ne manqua pas de les absoudre de leur serment y et il les distribua dans plusieurs couvens de France et de
Flandre. La résidence de Bocket même lui fut assignée au monastère de Pontign où il vécut pendant quelques années avec . beaucoup de splendem* , partie d'une pension qu on lui accorda sur les revenus de cette abbaye, et partie des bienfaits du monarque français.
Pour faire encore mieux sa cour au pape Alexandre, Becket résigna entre ses mains rarchevêché de Ganterbury, auquel il prétendit n'avoir pas été canoniquement élu par un mandat du roi. Alexandre récomr pensa une pareille déférence pour son autorité en rinvestissant de nouveau de cette dignité , et s^arrogeant le droit de casser par une bulle la sentence que le grand eonseil d^Angleterre avait prononcée contre le primat. Apres avoir tenté vainement de se procurer une conférence avec le pape, qui partit pour Rome , où la situation heureuse de ses affaires l'appelait, Henri prit des précautions contre la rupture «qui se préparait enti*e ôoa xojraumQ et le ôaluw
l8 HISTOlKt (ll6S)
siëge* Il eavo ja des édits à tous ses officiers
de justice pour interdire, sous des peines sévères , tous les appels au pape ou à Tarchevêque ; pour défendre à toute personne de recevoir aucun mandat de Vnn ou de Tautre^ ni d^avolr. recours en aucun cas k leur autoritc j pour déclarer crimiael de trahison quiconque publierait de leur pari un interdit sur le royaume ; pour décerner contre les ecclésiastiques séculiers, coupables d'infraction à cet égard, la peine de perdi*e les yeux, ou leur rang dans Thumanité; contre les réguliers celle d'avoir les pieds coupe's , et contre les laïques celle de mort j pour menacer de confiscation des biens et du bannissement les personnes et leurs familles qui obéiraient à de tels interdits ; enfin pour obliger tous ses sujets à ju* rerd'observer ces ordres. Ces cJIls éLaienldc la plus grande conséquence , intéressaient la vie et les propriétés des sujets , changeaient même pour le moment la religion nationale, en rompant toute communication avec Piome; et cependant ils passe rent en vertu de la seule autorité du roi , et comme entièrement émanés de sayolontésuprème. La puissance spirituelle ^ qui dans la
ff
(ti65) d'angleterre. ig
•primitive Eglise étail en grande partie subordonnée à la civile , avait atteint , par nn progrès insensible, à l'égalité, et enfin à l'indépendance. Quoique les limites des deux juridictions fussent difficiles à déterminer et li constater , il n'eût pas été im-' possible qu'avec de la modération des deux côtés le gouvernement se fût toujours soutenu dans cet état d'impeifectlon et d^irrégularité inséparable delfeutes les institutions humaines 5. mais comme Tignorance du siècle encouragea les ecclésiastiques à étendre journellement leurs privilèges , eé même à établir des maximes totalement contraii-es au gouvernement civil ( i ), Henri crut qu'il était plus que temps de mettre fin à leurs prétentions, et de régler lormcllement dans un grand conseil l'autorité . qui appartenait au souverain, et que désormais il était résolu de maintenir. Pour cet effet , il fut obligé de rappeler d'anciennes coutumes, quicommençaientà être abolies par un usage contraire , et qui trouvaient les plus grands obstacles dans les
(r) Quis dubitet, dit Beckct au roi , sacer^ dotes Cliristi reguni et principum , omniumque âdeliuin paires , et maghtros cetiseri? ^
10 H1ST0UU£ (il 65)
opinions dominantes et les sentiméns de son temps. La règle était donc d'un x:6te^ et le pouvoir de rauLrc ; de manière que si les Anglais avaient été guidés par leur conscience au lieu de Têti^e par leurs intérêts présens, la dispute se serait bientôt décidée contre Henri par la défection de tous ses sujels. Pour accélérer cet événement, BecLet fit ^j^iitir partout ses plaintes sur les violences qu'il avait éprouvées ; ' se compara au Christ , condamné autrefois pai un tribunal laïque , et maintenant crucifié de nouveau par roppressioii sous la-, quelle son Eglise gémissait j mit en principe , comme une chose incontestable , que sa cause était celle de Dieu j arbora Tétendard de défenseur du patrimoine de la Divinité} prétendit être le père spirituel du roi et de tout le peuple d'Angleterre , osa même dire à Henri que les rois ne régnaient que par Tautorité de TEglise; et quoique de son côté il eût déchiré le voile plus ouvertemeut que Henri du sien , le vœu général de tous les ecclésiastiques parut toujours lui assurer l'avantage du combat. Cependant le roi , attentif à con--
sciver dans ses mains les araie^ de la puis*
(it65) DVrfGLETEHRE. 2J .
sance temporelle , et à saisir les occasions de les employer , suspendit le paiement du denier de saint Pierre j fit des avances pour s'allier à l'empereur Frédéric Barberoussc, alors en guerre avec le pape Alexandre; marqua quelque penchant à reconnaître Tanlipape Pascal m, protégé^ par cet empereur; et tâcha, au moyeu de tous ces expcdiens, d'épouvanter Taudacieux mais prudent pontife, contre lequel^ il paraissait vouloir en venir aux <lernières
extrémités. ' -,-,< 'j':!i> !">
Mais le caractère violent de Becket , èn-^ core plus que la nature de la contestation , empêcha les aflaires de rester long-temps en équilibre entre les parties contendantcs. Ce prélat, échauffé d'un esprit de vengeance , cl enivré de la gloire qu'il recueillait de sa position , poussa les choses vers leur crise décisive ; il publia une censure , par laquelle il excommuniait nommément les principaux ministres du roi , et en gcncral tous ceux qui favorisaient ou observaient les constitutions de Clarcndon ; il ■ abrogea et annula ces constitutions , releva, de son serment quiconque avait juré de ç'y conformer, et aunonça qu il ïiç sus-j.^
2îa HistôiM * ^tT66)
pcndaitles foudres spirituelles sur la tête,dç Henri même que pour laisser 4 oe princç le lem|^s d'éviter le coup p^r ua prompt fepentur.
La situation de Henri était si malheuteuse y qu^'û ne pouvait recoujir à d'autres moyens pour dérober ses ministres k cette terjiible censure <jue d'eu appeler au pape même.^ G^était se mettre à la merci d'un tribunal dont il avait tenté de réduire Tauorîté ^ précisément sur Tarticle des appels^ et qu'il savait être entièrement disposé en faveur de son adversaire. D'ailleurs cet exjSédient même ne devait vraisemblablement pas être long-temps efficace. Becket avait obtenu du pape ^ une commission de légat en Angleterre, et, en vertu de cette puissance qui n'admettait aucun appel, il soinma les évéques de Londres , de Salis- Kurjr et d'autres , de le sccouder, et ordonna que dans Tespace de deux mois tous ,les ecclcblastîques dépouillés delcui6 bénéfices par rapport à lui y fussent réinstallés. Cependant John d'Oxford , agent du roi a Home , eut l'adresse d'obtenir la suspension de cette sentence ; il donna de telles espérauces au ponlife d une prochaine
(l 166) B^iJÎGL£TËft&£. 3t3
eonciliatbii eittre le roi et Becket , qvté deux légats y Guillaume de Pasie et Othè'^ fatènt éiivo jâs( en MoMiÀtidiè Hénri était alors , et s'efforcèrent de préparer les Toieâ de cet accconikia^^eiit. Mais les |>i^ tentions des deux parties étaient encoi^ trop opposées pour le rendre possible, irèi^deikîÉndàit qàé tdabss léb ediii^tèféiond de Glarendoa fussent ratifiées j Becket, = que, plt^lfisinréitiéà't à tout , kd Mses adlié^ rens fussent rétablis dans leurs biens et dans leui» placék : et comÉie leslégats n'a^' yaiëltt pôuyoir de prononcer un ju-
gement définitif sur l'un ou l'autre objet , laiîégociatidki ^réduisit à ttetil tit car-' dinal de Pavie , fort attaché aux intérêts^ de Henri V 'âietbliait aussi à la tirer en longueur pour gagner le temps d'adoucir le pape , par le compte qu'il lui rendait de la conduSTe de ée pàitài&; ét po^ix tâcher de lui procurer toute l'indulgence possible de la part de la cote de ftome. ^ fut le^ crédit de ce cardinal qui fit accorder au roi, dans ces entrefaites, une dîspeiîsé pour 3e' marîage de son troisième fils GeoflVoi avec rhéritière de Bretagne^ grâce qui ,T€?lativemrài îMx d^mériteç de Henri à l'égard de
^4 sistoithE (1166) •
rEglise, scandalisa beaucoup Beeket et soa
protecteur le roi de France. - '
Les clauses embrouillées de la loi féodale rendaient alors les bornes du pouvoir en** fre un prince et se^ vassaux y et entre uu prince et un autre prince , aussi incertaines que celles entre la couronne et la mitre* Toutes les disputes de cette nature , qui avaient été la source de tant de guerres ^ auraient pu ne faire que la matière d'un procès juridique ^ s^il y ayait eu quelque tribunal revêtu du droit da les j^^ger, et de la force pour faire exiécuter ses jugemens* Henri, se trouvant dans le cas d'avoir un de ces différends avec le comte d'Auvergne , vassal du duché de Guienne , avait envahi le territoire de ce comte , qui recourut à la protection du roi de France , son seigneur suzerain j et alluma ainsi la guerre entre les deux monarques. Alais cette guerre lut , comme à Tordinaire , aussi faible dans ses opérations que liivole dans sa cause et dans son objet. Après avoir occasioné quelques déprcdalions de part et d'auLrc , cL (juclques soulèvemens des barous du Poitou et de la Guienue , elle se termina par une paix çloat les çou4itiQu$ lu^rçut désayantagti
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(1167) D^MtEt^E. 25
de Henri ^ et prouvèrent qne les canlesta^
lions (le ce prince avec l'Eglise lui avaient fait perdre la supériorité qu'il avait eue jusqù^alors sur la France ; ce qui devint un nouveau motif pour lui de les accom^ moder.
Le pape et le roi commencèrent à s^aper^ cevoir que , dans la situation actuelle des affaires , aucun d'eux ne pouvait attendre une victoire décisive sur l'autre , et qu'ils avaient plus à craindre qu^à espérer de la durée de leur mésintelligence. Quoique la vigueur de l'adminislration de Henri eût afifcrmi son autorité dans tous ses états, son trône pouvait encore être ébranlé par une sentence d'excommunication. Si l'Angleterre^ à la favem* de sa situation, se trouvait plus aisément garantie de la contagion des préjugés superstitieux , du moins ses provinces du continent y dont la communia cation était ouverte avec les états voisins , étaient à cet égard fort exposées à des révolutions et à des convulsions dangereuses. Henri ne pouvait donc raisonnablement se flatter que , tandis que le pape le tenait si Lien en échec de ce côté-là , il voulût rèçonuaitre iormeUement Iç^ constitutions
«6 WSTOlAK (1168)
dedarendoii. Premièrement^ elles auraient
sape toutes les prclcntions du saint-siége sur TAu^leterr^ , et donné un exemple aux autres |m^sances , qui s^en seraient auto-» risées pour prétendre à la même îndëpeadancei U un autre c6té, le pape Aleicandre^
toujours en guerre avec Ferapercur Frédéric^ pouvait craindre judicieusement que Henri na se joignit à son ennemi , plutôt que 4'abaiidonner des droits d'une si grande importance. Gomipie jusqu^alors Fessai que. jjecket avait faÎL des [unies spirituelles fi'a- Yait pas rempli son attente^ que tout était resté tranquille dans les états du roi , rien ne devait; paraître impossible à la vigilance et à ia capacité d'un si grand monarque. La disposition des cspiils de part et d'autre, résultante de ces circouâtances / produisit de fréquentes tentatives d^accommodement ; mais comme les deux adversaires savaient que les articles essentiels de la dispute ne pouvaient être termines alors, ils conservaient une défiance réciproque et continuelle , et craignaient de perdre le moindre avantage dans la négociation. Les nonces Gratian et Vivian , ayant reçu une commission pour tâcher de concilier le^
(1169) d'angleterre. ' 27
parties , eurent une entrevue avec le roi à Domfront en Normandie. Après que tous les différends parurent ajustes, Henri offrit de signer le traité, en y ajoutant un sauf les droits de la royauté; cette addition donna tant d'ombrage l\ Becket , qu'à la fin la négociation devint infructueuse , et que les excommunications furent renouvelées contre les ministres de la cour d'Angleterre. On entama une autre né'iociation à Montmirail, en présence du roi de France et des prélats français , oii Rccket, suivant l'exemple de Henri , offrit de se soumettre, pourvu qu'il fut énoncé sauf Vlionneur de Dieu et les libertés de V Eglise^ ce qui , par la même raison , déplut fort au roi , et fît avorter le traité. Une troisième conférence sous la même médiation fut encore rompue par l'obstination de Becket 11 insister sur la même réserve. Enfin on en tint une quatrième, où l'on convint de tous les termes; mais lorsque Becket s'attendait à être présenté au roi et à recevoir le baiser de paix, que les princes étaient alors dans l'usage d'accorder, et que l'oni regardait comme un gage certain d'une réconciliation sincère , Henri refusa cet lion-
neor au primat ^ sous le prétexte que pen«'
dant sa colère il avait fait vœu de ne lui jamais donner cettç marque damitié. La dispute sur une minutieuse formalité fut suffisante à ces esprits jaloux pour empêcher la conclusion du traité. Vainement le pape voulut lever la diïïlculLc en relevant Henri de ce vœu indiscret , il ne put jamais^ résoudre ce prince à s'écarter de la résolution qu'il avait prise (1).
Dans une de ces conférences ou le roi de France était présent , Henri dil à ce monarque : ccll y a eu plusieurs rois d'Ancc gleterre , dont les uns ont été plus puisa sans que moi, et les autres moins ; il y a tt eu aussi plusieurs archevêques de Gana terbury sages et saints hommes, dignes
de toutes les sortes de respects. Que ' a Bedket n'agisse envers moi qu^avec la a même soumission que le plus grand de a ses prédécesseurs a marquée au moindre
(i) Plosiears exemples prouvent le pea de sûreté <{u*il y avait à se réconcilier avec Henri, à, moins qaMlne donn&t le baiser de patz« Le roi , à la demande de Loais , sViaie réconcilia avec plusieurs personnes, et cependant Uks pcrsccuti^ diias ls( suite. ^Lingard.)
« des miens , et il vlj aura nulle dispute tt entre nous. » Louis fut si frappé d'uue . proposition si modérée , et de Tofire que ,
fit Henri de soumettre sa cause à la dccl- v siou du clef^é français , qu'il ne put&'em"» pêcher de condamner le primat , et de se refroidir pour lui pendaui quelque temps j; mais leur commuite animosité contre Henri reproduisit bieutot leur première bonne in* telligence.
A la fin , toutes les difficultés s'aplanir reat entre les parties ^ et le roi permit à Becket de retourner en Angleterre à des conditions qui pouvaient être regardées comme honorables et avantageuses à oe prélat. Il ne fut obligé d'abandonner au-- ' cun des droits de TEglise ^ ni de renoncer & aucunci des prétentions qui ayaient été originairement le fond de la querelle. On convint que toutes ces questions seraient mises en oubli, mais qu^on rétablirait Bec-> ket et ses adlxérens daus leurs bénéfices ou dignités , sans qu'ils fissent d'autre acte de soumission, que même les possesseurs des bénéfices dépendans de rarcbevéché de Canterbury, qui pouvaient y avoir été promue peuddiat l'absence du primat ^ eu se«
3o HISTOIRE (llj^^)
^ent £iqralsés, et que Becket lesrempla-
cétaît à séii choix. En retour cle ces couèe^sionâ $ qui Uessaieut si proïondëmcut rhoniieur et la dignité de la eourontie ^ Henri obtint seulement Favan^e de voir sës ministres absous de rexooittm animation lancée contre eux, et de prévenir l'interâit qui, si ces dures couditioos noyaient pas été acceplces , était prêt à être jeté sur tous ses états. Il était aisé de s'apercevoir à quel point il craignait cet événenient, puisqu'un prince d^un caractère si dtier .se toùmettait à un traité si houleux pour s'en garantir.
Mais il ne se procura pas la tranquillité Inomentànée qu'il se flattait dr avoir acquise par ce moyen. Pendant la chaleur de sa querelle avec Becket, et dans le temps (ju^il s'attciuîaiL tous lés jours à un interdit sur ses états , et même à une sentence d'excommunication contre sa personne, il avait cru qu'il était prudent d'associer son fils tienri à la couronne , et de le faire sacrer par les mains de V\ oger, archevêque d'York. Par cette précaution il assurait le droit héréditaire de ce prince , qu*attendu les irrégularités précédentes sur cet article , ou
...... ^le
(ii'jo) ^ d'angleterre. 3i
pouvait regarder comme assez incertain ; et il conservait du moins quelqu'un de sa famille sur le trône , si la sentence d'excommunication qu'il craignait avait eu lieu, et qu'elle eût détaché ses sujets de son obéissance. Quoique son projet fût conduit avec autant de secret que^e promptitude avant d'être mis à exécution , Becket en eut connaissance. Ardent à traverser les mesures de Henri , aussi bien qu'à se réserver le droit exclusif, auquel il prétendait comme archevêque de Canterbury , d'ollicîer au couronnement des princes , il avait défendu à tous les prélats d'Angleterre d'assister à cette cérémonie , s'était fait appuyer d'un bref du pape pour le même elïét , et avait porté le roi de France à protester contre le couronnement du jeune Henri , h moins que la princesse fille de ce monarque ne fût couronnée en même temps. Une opinion dominante de ce siècle, et de la même nature que les autres superstitions déjà accréditées , étnit de faire regarder l'onction royale comme essentielle à rcxcrcice de la puissance souveraine. Il paraissait donc naturel que le roi de France, occupé de l'établissement de sa fille, et
3^ msToias (1170)
Becket , jaloux des prérogatives de sa propre dignité , demandassent quelque satisjfaction à Henri sur ce point important. Henri s'excusa à Tégard de Louis , de n'avoir pas fait couronner Marguerite , sur le secret dont il avait eu besoin pour conduire cette affaire y et promit que la cérémonie serait rcaouvclcc flans la personne du prince et de la princesse (1)* Ensuite il assura Becket que non-seulement Boger et les autres évéques répareraient par leui'S soumissions Toutragc ^apparent fait au siège de Canterbury , mais que , pour plus grande satisfaction , le primat recouvrerait ses droits en officiant à ce second couronnement. Becket, naturellement impérieux, et enorgueilli par la puissance de TEglise et par la victoire qu'il avait déjà remportée sur son souverain , ne fut pas content de cette compensation voloulaire, et se pro-*
(1) Louis prît pour loî-in^me Pontrage fait &' sa fille, et entra sar les frontières de la Normandie
aveo une armée. Henri se hâta d'aller dt':endrc ses domaines. Après une conférence particulière , les deux monarques renouvelèrent le dernier traite, et Henri promic de se réconcilier
immédiatement avec le primai* {.Lingard.)
(1170) dUngleterre. , 33
posa de donner, à Tinjure qu'il prctendaic avoir reçue , des suites capables de le ven-. ger de tous ses ennemis. A son arrivée en Angleterre , il rencontra Farchevêque d'York et les évêques de Londres et de Salisbury , qui allaient joindre le roi en Normandie j il notifia a Tarchevêque la sentence de suspension , et aux deux évêque^ celle d'excommunication, qu'à sa prière le pape avàit prononcées contre eux. Réginald de Warenne et Gervase de Cornhill, deux juges ambulans qui fai^ient leur tournée dans la province de Kent , ayant appris cette nouvelle hardiesse du primat,' demandèrent s'il prétendait encore mettre tout à feu et à sang dans le royaume? Mais Becket , insensible à ce reproche , continua de prendre possession de son diocèse avec toute l'ostentation imaginable. Il fut reçu aux cris et aux acclamations du peuple à Rochester, et dans toutes les villes où il passa. Dès qu'il approcha du faubourg Southwark, le clergé , les laïques, les gens de tout état et de tout âge accoururent au devant de lui , et célébrèrent son entrée triomphante en chantant des hymnes.
Quoiqu'il fût obligé, pax' les ordres du jeune
$4 HifireiRB
prince, qui résidait à YoocUlaeày de retourner à son diocèse, il vit qu^il Be sMiail pas trompé lorsqu il avait compté sur Texr tréme vénération du public poiur sa per* sonne et sa dignité. Il continua donc avets plus d'inirépkiité que jamais d« lancer ses foudres spirituelles ; il fulmina Ïb. sentenee dVxconimiinicationconlre llobertdc Broc| i^igel de Sackville et plusieurs des prélats et des Tuinistres les plus considérirblcs qui avaient assisté au couronnement du jeune prince , et eu part aux dernière^ persëcu-^ tiens (lu Clergé. Ces procédés violens par lesquels il déclarait la guerre au roi même su ut cohimunémeiil attribues au caiacLciiî impérieux de Becket ; mais comme qie pré* fat était d^une habileté reconnue , ce â^esl pas uniquement dans sa véhémence qu'il faut cherdbier jb cause de sa conduite eoH portée il Fégard de ses ennemis ; sa pénétration lui avait fait décou^r les inten-r tiens de Henri , et certainement son but était d'eu prcvenii Texécution par ces attaques aussi imprévues qu'audacieuses.
Le roi venait de se convaincre , par Tex-
S' érîeAce qu^il avait faite des dispositious e ses sujets^ que son entreprise avait été
(il 70) D'AMLEmsMÈM^ ^
tref^ haiPdi# <ÀQ f«Mâni €tablli les coiBffa tutions de Clarcndon , distingjjteA'-toiHes'lèé
de rEglise d'Angleterre, ainsi que du pape un aveu formdi^^^e «ef pfé'ogativéè^ééïïpi t£BÊ^i:TlM$6têmrïe8 mauvais effets de sa propre violeace ilaus la tentative d'aocabj^
tait àonc pas mëcoutoiil de pQuveiir délier les ifils de «a^isame ^màl 4MipàS» , cfà^4^m desmétmttd'fttnintages contre lui à ses enuemis, et de sortir ^i'embai^i:)^ duMeeète^la^ oftit aiabiguë 5 vkùekale plu«4ie«ireux dont
Mais si cè prifieê^Iflissait tomber la poursuite dp iiecket, il se rtwvaili loàjéàro le' duoit itiaiîilttmti^ue W ^ènstîlPdtiôns do Clarcndon, ce fondement primitU'de la* dispaf^^, 4taieol; àkiiM^ies «ineielitoèé^âït^ timies du royaume et les lois actuelles. Quoiqu ii fiÙLt que V.ippel du clergé , livré au pape, ]és:)q«mlifiniUf<d'iiDrip{è8 en ellesmêmes , et que la senteii,cc du 60U¥eraia' poutife les avait abrogéesJ^ proposSftT de les affermir maigre les clameurs , et de $Q il^i: k «Qa MbU^é 9 ei au des éré» ^
^ . mstoiM (4150)
iiemenSy du snotccès de cette périlleuse résolution. U espérait que six ans d'exil auj^aient appris à Becket à mettre |dus' dé modération dans sa résistance ^ surtout lorsque Torgueil de ce prélat serait une fois satisfait de ce qui pouvait le rassasier d||ps son rétablissement; du moin$ ce pnnce comptait ^«s'il s^élevait encore quelque orage , qu'il rendrait sa cause plus favorable^ et soutiendrait avec plus de supe-< rîorîté les coutumes antiques et incontestables du royaume contre les usurpations du clergé , quand il aurait le primat en sou pouvoir; mais Becket, déterminé de son c6té à ne pas trahir Ips intérêts des immu*' nîtés ecclésiastiques par sa complaisance ^ redoutant la politique profonde du n prince qui arriverait enfin à son but a'il n'était pas attentif à le traverser, se promît de profiter de l'avantage qu'il avait actuellement sur lui , et de déconcerter , à force de rigueur et de véhémence ^ toutes les précauâons qu'il pourrait prendre. Ce pré* lat , certain de l'appui de Rome , se voyait peu de dangers à craindre ; d'ailleurs son courage naturel le portait & les braver , et lui niQutrait dans les suites Içs plu^ S^-^
(l 1 70) l)^AirGt£T£&B£.
taies , quand même il les aurait envisagées, que 1 éclat de la gloire et 4e la célébrité dont il était iMde. / î"^' • *
. Lorsque les prélats excommuniés et suspendus arrr?èi«nt à Bayeux . btrlè^i 'résidait alors, et qu'ils se plaignirent des procédés violens de Becket, Henri éii^p^r^t dans l'instant les conséquences , et séitAt que tout son plan d'opérations était reiïverséj il prévît que la di^uté ^trë la
• puissance civile et la puissance spirituelle ^ qu'il avait lui-même entaméé/iâ^s^ci^éû-
' suite il Croyait avoir assoupie par ses dernières négociations, et par tout ce qu*il avait accordéy allait te rallier d%n^ittanière décisive, et le replonger dans le trouble et les embairas les plus 'CMdb.
'L'archevêque il'^Ork lui dit imprudemment que, tant que Becket serait en vie, il ue devait s'attendre à jouir d'auCùne paix et d'aucune tranquillité : Henri même ,
f emporté par un mouvement de colère , 8*écria qu'il était Irièn malheureux que, faute de zèle, les gens attachés à sa personne le laissassent ainsi exposé si long-temps aux entreprises de ce prélat, aussi ingrat qu'impérieux. Quatre génlildhiommes de sa 4- 3
^ HKTOIRE (lljt))
inaisoi^^ Ri^inald Fi^-^Ur$e, Gnilkme ^ Tracjr, àe MoirevUle » ei Ri-
diard Brito ^ prirent çe$ ^pMwioiis trop hasardées pour uq ordre tacite de le défaire de Beck'et (i ) ; ils se conuDuni^pèffQfit leur idée 9 jurèrent de «venger leur mi^e, retirèfent secrètement de la cour»
Quelques parole menaçantes qui leur
^çcliappèrent firent soupçonner leur des- . feip I et le roi dépécha un courrier après eufx pour leur défendre d'attenter à la per- Mq^e du primat} mais ces ordres arrivetrop tard.poiir préyfçir leiir fftlale résolution. Quoique ces quatre assassins /^usi^m; ;p)is chacun une routf; différente Ipu partant, ils arrivèrent presque en mêsee femps 4 Sfdvood^, près de .Ci^aterbury ^ d'QiLÎl^ 60 ren^i^Qt prëcipitapiment au pa* lais archiépiscopal^ après ayoir été jointsde quelques personnes de oonfiauDe» Us tron- Tàrent le primât 9 qui , se reposant, en tiè- . reinept sur la j^ainteté de son camctère y n'atsiit ijue très«-peu de suite j et quoiqu'ils
(i). Selon LÎQgard, Henri avait dit en propres termes : ce De tous les lâches qui mangent mon ^piSn , nVn est*il aocnn qui Teoilie me déïmex île ce pr4lM>tnrbiilea« } »
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osassent lui faire des reproches et des menaces , â lut si inaeoessible à la crainte^ que , sans prendre aucune précaution contre ew 9 il alla sur-leH[)hainp à l'église Saint-Benoit pour entendre les vêpre: X^. le suivirent, l'attaquèrent devant Ta;. ' , et hsà ayant fendu la tète de plosieun * coups , se retirèrent sans obstacle (i). Telle fut la fin tragique de Thomas fieckel , prélat du caractère le plus hautain , le plus intrépide, le plus inflexible qu'il y ait jamais eu ; eapaUedecouTrir aux regards du monde, et probablement de se dissimuler à luHdème, les entreprises de Forgueil et
de rambltlon , sous le voile de l;i sainteté et du zèle pouj: la piété et la religion ; per-. sonnage certainement extraordinaire- ftH fût resté dans sa première place , et qu'il eût dirigé la yéhémence^ de son caraotè^e au soin de maintenir les lois de la justice*, au lieu d'adopter les préjugés du temps, et de sacrifier les devoirs personnels et
(i) A râge de cînqaanle^trois ans. C^^tbomme e]((raordinsi(C fu( maiiyr de c« qu^ii croyait si»n devoiri la conservaiion dçs iniiuuuitts de rËglise. 'L'heure de sa^mori Ait le triomphe de sa caase.
^ HISTOIEE (^170)
les ndeuds de la société générale à des liens qu'il regardait ou qu'il représentait comme au-dessus de toutes les considérations civiles et politiques. Il n'est pas possible, à quiconque saisit le génie de ce siècle^ de douter raisonnablement de la bonne foi de ce prélat. L'esprit de superstition «tait si dominant qu'il enivrait les personnes paresseuses de raisonner, et encore plus celles dont l'intérêt, Thonneur ou Tambition étaient engagés à le soutenir. La pitoyable littérature de ces temps-là n'avait point d'autre objet ; à peine quelques faibles rayons de sens commun se faisaient^ils quelquefois apercevoir au travers des nuages épais de l'ignorance, ou, ee qui était encore pis , au travers des il^ lusions de la science pervertie , qui , semblables à des vapeurs grossières , obscurcissaient le soleil et enveloppaient la nature. Ceux qui se préservaient de la contagion générale ne devaient pas ce bonheur à des principes dont ils pussent se glorifier^ c'était plus par le défaut total d'instructions que par le progrès de leurs connaissances , que leur entendement restait encore un peu sain. La folie présidait
(1170) b'akglete&ae. 4i dans toiitié^'lëi wèlcà , aussi bien que dans toutes les églises; et ses sujets arboraieul le lùatiteau dèpUliMopbéfri^^ que les marques des dignités ecclésiasti qués. Paniu cette ooUeéâim uiainenfié lettres qui portent le nom de saint Thomas, on voit dans tous les sectateurs de cét ambitienic prélkt une WlaiTictîon èii^ tière et absolue de la raison et de. la piété de leur propre p'arti ^ atn^i qu'un extrême dédain pour leurs antagonistes. Ils ne mettent pfs moins d'affectation et de grimaces dans Ibuf ktyle , lorsqu'ils Vëériyeiat Yw-k Tautre y que lorsqu'ils composent des ma« nifestes pour' le^public- L'esprit de vèn* geance , de violence et d'ambition qui accompagnait leiu* conduite, au lieudefor-^taer uné pi^somptioé^de leur hypocrisie f est au contraire la preuve la plus sûre de leur sincère attàchèméilt pour une cause qui flattait si bien les passions dominantes.
Aux premiers rapports de& procédés vi<K . lens de Becké!^,' iv^rèë'JOn l'etour, Hebri s'était proposé de le faire arrêter , et avait^ déjà pi is quelques jmeattres pour l^éculionde ce dessein; mais la nouvelle du meurtre
de px^tf^t»;^ jm.àw^l^
4l ' auTOiaE (1170)
çoQitWHitioti , et ilconq^ril aussitôt toutei^ les fmtéi terribles quHl avait lieu dVttendre
d uu <évi^aemeat aussi imprévu. Uu archeyéque d'une sainteté célèbre assassiné de-*
vaut Tautel, dans Texei cice de ses fonctions sacrées , par rapport à son zèle pour $au-* tenir les privilèges eoclésiasticpics , devait atloiudr^aux honneurs les plus épViians du martyre # tandis que son meurtrier serait placé parmi les tyrans les plus sanguinaires qui eussent jamais été dévoues à la Itaine et à rexécration du genre humain*' Henri prévoyait que les interdits , les excommunications ^ armes en eUes-mèmes sî redoutables, auraieiit une double force contre lui lorsqu'elles seraient employées dans une cause si propre à émouvoir le$ passions bumaines , et si particulièremenl; adaptée au genre déloqueuce des prédicateurs et des décdamateurs populaires»
En vain il tenterait de défendre son innocence , el d'assurer même qu'il ignorait ^ le faitj il était assez coupable n l'Eglise jugeait à propos de le traiter eoinnie telj sa complicité du martyre de Becket» deve^ naiitune opinion relieuse, serait reçue a^ec une crédulilé ati^ aveugle que ccll^
(U7Q) d^angleterre. 4^.
qui est due aux articles de foi lès mieux établis. Ces réflexions causèrent au roi la douleur la plus vraie ; et , comme il était de son intérêt de se disculper de tout soupçon , il ne prit aucun soin de la cacher j il s'enferma seul , et ne voulut seulement pas voir la lumière du soleil j il refusa même pendant trois jours toute eispèce d'aliment. Ses courtisans , craisrnant les dangereux effets de son désespoir , furent^ obligés à la fin de forcer sa retraite; ils employèrent toutes les consolations que Leur zèle put leur suggérer , l'engagèrent à prendre de la nourriture , et Toccupèrent à se précautionner contre les conséquences . qu'il avait si justement appréhendées dù meurtre du prirtiat, • • • Le point le plus important pour Hehri était de convaincre le pape de son innocence , ou plutôt de persuader à sa gainteté qu elle tirerait plus d'avantages dès sdtlmissions de l'Angleterre que de procéder à la rigueur contre ce royaume (i). L'arche-
ii) Lt tdî lié feiit cômment agîriaVèç lès mênirtriers. Les panir d\né aciion qu'il avait partt dcsirer eût pant peU genérèuk; les épargner; c'était confirmer Topimou générale qui! kVàit
44 WTOlftE (<170
Téqw de Baueo, les évêqae» de Worcester j d'Eyre^ux , et cinq autres de moindre . qualité , allèrent immédiatement à Kome, et on leur donna, ordre de £aûre toute diU*^ , gence possible* Mais ^ tandis que le nomet^autorité de cette cour faisaient trembler . les eoiitr^es .lointaines de TEurope, plongées dans Fignorancc , et ne sachant rien de : sa çoiiduite et de son ^énie ^ le pape > était si peu répété obez<ltc|i, que les ennemis environnaient les portes de sa capîtale j efi osaient niem^ vouloir y réformeie^ * son gouvernement. Les ambassadeurs ^ ' pa^*tÎ9 d'une , des extrémités de TEurope pour lui apporter les l^umbles ou plutôt
les rampantes soumissions du plus grand, potentat de ce siècle ^ trouvèrent beaucoup de di£Gicultés à parvenir jusqu'au sou<yerain poulife, pour se jeter à ses pieds. Us convinrent à la fin que Richard Barre» Tun d'entre eux , laisserait les antres Aet^ . lière lui) et courrait seul les risquis^ du
ordonne le meurtre. Il les abandonna au jnge-
ment des coars spirituelles. £n conséquence, ils allèrent à, Rome , et Alexandre leur enjoignît d^ faire un pèlerinage à Jérusalem, où quel<jucs im^ mm$ «î ce n*«it tous, ^^^^a^ard•)
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(nyt)^ D^AIÏGLETERBE. ^
. passage pour pt^énbir les «Ma^qîincfeS'
qu'on avait à craindre , si Ton différait de donner satisfaction a sa sainteté. Il sut eu arrivant qu'Alexandre était déjà animé de la plus vive indignation contre le roi j que les partisans dè Becket l'aigu illoboaient tous les jours pour Je porter à la veiigean ce ; que le roi de France Tavait exhorté à fulminer la plus terrible sentence contre-
FAnglcterre ; et que le sacré collège n'eu'» tendait prononcer le nom de Henri qu'a*' Vec hôifreur et exécration. Le jeudi saint s'approchait , jour où le pape est dans Tusage de dénoncer les maîédiclions nuelles <>o»ntre ses ennemis , et fou s'aCteiar* dait que Henri recevrait tout le (eu de celte attillene sacrée , qu'on aurait partieutiève^ ment pointée contre lui , et qu il serait^ compris soUnuellement dansle nombredes; maudits* du saiut-père* Mais Barre trouva le moyen de Tapaiser, et de le dclourner di^une démarclie qui , si elle ne réussissait pas^ ne pourrait être aisément réparée dans la suite. L'adatliènie fut donc publié seulement en gétiéial contre tous les adteurs > fauteurs et complices du meurtre de Becket» L'abbé de Yolasse ^ les archidiacres