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de Saiîsl^vury et dc JU^ieux, et les auUre» aitifaéisiadeuns'cle Henrii qui arrivèrent peu
de temps après , non-seulement attestèrent
riuj^cencedeleur priace , mais iireut serment, en présence du consistoire assemblé^ qu il soumettrait cette affaire à la décisiou di» pape 9 et obéirait à tout ce que sa saioi* tété exigerait de iui« Oest ainsi quW éi^ta adroitement la foudre y le^ caxdi* nami Albeort et Théodin fuient nonunés
légats, et eurent ordre d'aller eu Noruiaadie pour examiner cette cause f et quoiqui^ les possesmus de Henri «nr le continent etisseut déjà été mises sons Tijaterdit par Taeidieféque de Sens ^ grand parUsan de Beeket et légat du pape eu France , Fat^^ tente ou Ton était que ce prince se dur- Guiperait d'aToir eu part à Tassassinat du. primat tint tout le monde en suL^neos ,
et empéohareâet daagereax de fi«(û éeiH tence*
Quoique la lureur ducler^ eut été keu« ifensement détoamée du roi, elle ne uégUh geait pas dans ces entre faites devantiir la sainteté de Becket, d'exa^ér^r les méritea de son martyre ^ et de Télever lui-mene au-dessus de ia foule de ces tictimes de la -
j[n 7 ï) d'akgleterbe, foi qui, en difFërens siècles, dthentèrent de leur sang les murs de la maison du Séîi^^ gneur, En effet , les autres saints avaient seulement rendu témoignage par leurs souffiances aux dogmes du christianisme • mais Becket avait sacrifié sa vie à la puissance et aux privilèges de l'Eglise^ et ce mérite particulier militait en sa fàVeur, et né militait pas en vain pour faire honorei* convenablement sa mémoire. On s'épuisà^ en panégyriques de ses vertus j les miracles^ que ses reliques opérèrent furent plui nombreux , plus extravagans et plus irii^ pudemment attestés qu'aucun de ceux qui remplissent les légendes de quelques martyrs ou confesseurs que ce soit. Le pàpè Alexafidre le canonisa deux ans après sa mort j on établit un jubilé solennel en son honneur j son corps fut déposé dâtis utië châsse magnifique enrichie des offrande»
de toute la chrétienté 5 o^ fit. des pèlerin nageg pour implorer son intet-cessioti aù-^ près de Dieu, et, dans le cours d'une' année , plus de cent mille pèlerins vinrent à Canterbury lui rendre leurs pieux hoinmages sur sa tombe. C'est un sujet de ré-' flexion assez morlifiant pour cé^t qtfâ-f
4ft . mrnm •< (ti'jt)
. T^pke ilamotir de la i^pt^mée^ si justement àiéËm hà> àittmhtf^ fî^Ucsse de» grandes
ames, que le législateur le plus sage ou l^.S^î^ 1^ f uUûne 9 eut-il réformé, ou éa|«iii;é 4e*m^iid^, ne doil':jMi«â
tendre à u,n tribut de louanges tel qù^on le
spdnt(^.4l^tr)ia conduite ai;Mt'él0|ivoliablo« ^trè^:- pdiau^ ou .)tvès-^iii(é{)iâiiai>k^ 4^^!^ friniQfîjt^€l.dQ»tl'«djrei^
lait propos! pour but que des objets per-. i^Âfui^ii^ gear^ humain. Il n'y a que le seill wtiqvéïwit I • le âéau de rfaumànilé ^ Qpn moins digne de notre haine , qui pi^se aspirer au méah9 4sfjf^ 4fi gUûre et de célébrité* - ^ .^ '
Il n'est pas inutile dlobserver, aiftit de Ç|W J'MtidA.de* TlmoM Aediet^ ^pie le rpi), pendant sa dispute avec ce prélat, fiit.
attentif que jamais à mair^uer son zèle pOpU'Ia religion , et.à éiiter.lkiiiteflules apparences d'une négligence profane à cet é|^i4« Ui ^ouftenût.à l'imposition d'une,
fiiùir isetvétats pônr J» ^éfeiminGe de la. Terre-Sainte , menacécialoAs par le fameux
Salfidip. Cçiifi UES/^ itmtâm deiaiwicea
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dW penny pendant les quatre siuvaates^^ Presque tous les princes de rEnisope nai^ rent cette imposition sur leurs sujets : on lui donna le nom de taxe de Saladin. Ce fiit veES ce même temps qu^aînriirèrait ^Âllemagne environ trente liérétiques desdeux sexes ) i80us.la direction d^un certain Gré-» rard : ces gens simples et ignorans ne pov^ raient rendre aucune raison de leur doctirioi&^jjiiaisijse. déclament prêts à mourir -pott Eopinioirde leur midtre. Ils ne firent dVutres prosélytes en Angleterre qu'une feîniiDelàiIssii^ qu'eux j cependant
ils donnèrent tant d'ombrage au clergé^ qilkui les livra au bras séculier; ils furent marqués d'un fer rouge au front, et ùxaêU tés dans toutes les rues de la ville. Ces malheureux semblaient se réjouir de leur supplice, et chantaient en le subissant : Bénis éies-'VQus lorsque les hommes vous haiêsmi et vou» pertScutent. Aprèsjeur châtiment, on les chassa presque nus, dans le cœur de Thiver^ et ils périrent de froid ou de faim , sans que personne osât ou voulût leur donner le moindre secours. JSous ignorons les opinions particulières de ces pauYres gens ; car il serait imprudent
il^ s'en mppor 1er a ce que les ecclésiastiiqum Mwrcnt qii'ils niaient TeffioacUé de» sucremeu et FiiÉité de TEgliie. Il «st-Ttai^ semblable que les points où ils s'écartaient de ^onbodoxie étaient ^neor^ moins iM^-^ ^ portensé II paraît qilHk cmt été les pre<i^ sûers qu'on ait puais en Angl^cee peor cause d'li6résiB4
Aussitôt que Henri ne se vit plus immé-* diatement exposé aux foudres^da Vatican ^ • il entrepiib une expéditidn ooirlce BI^in lande ^ projet qu'il avait formé depuis long^ temps , et au moyen duquel il espé<<jcail recouvrer wcl ctjéditi un péo*dléfé par tout ce qui s'était dernièremerai pass^ eaim lui ^1 la lUénanobiew r * » \ \ % *
CHÀPITHE IX.
âé rirlande. — Coti^tiété âe cette !le. — Ac- ' ..jcommodeinent da roi avec la cour de Rome. ■ £" J^^^^M^'® jeaae Htmi et de «e» frères. — * tîuerre aved r£oo6se. - — Pduitencc de U/enti poùt ia tuétirlre de Becket. — Gailianme» foi d^Bôdsse, ïmitn éi Ikh prisonnier. — kûcont" imdfipcfil de Hidri mm: eè» fib> Equité Aé P^dminisiratlon du rot- ~ Groîsadef. ^ Ké^ ^ollç du prince Richard, «— Mort et caracLèqq de Henri. — Mélange des divers cvtnemens de son règile* '
C011KE it A^ets^e lui; à^Aotà pioipUa
par la Qaules , probablement riiiande le ' fyt à t^Hir par U Bretagne} las luibi^ tans di& loiUcB le^ çontréee paraimnl wwqw ^ étç plufiiew^ colonies de ûeltes , qui ib^t dém«p leur «^sn^iie d'uM anliqaitë îoeom nue à Vhistoire et à la tradition* Dès leu^ ciNMaencement ^ lea Irlandais araieut ét4 eiificiveUe cUoi» 1^ lëirtibres lesplupt (ifon^ des de la barbaiie de l'igiioraace* Comme les Eoniiiiia^ purifai toutes les nations 00 cidetit^Ji^ avaient été civilisées ^ me i«é
5s ismètà: ' (1192)
avaient ni conquis ni même attaqués , ib restèrent toujours dans Fétat de- société le plus grossier elle plus informe, et ne se distinguèrent que par des vices auxquels la nature humain,e est sujette , tant que Vê^. ducation ne Tadoucit pas, ou qu'elle n'est pas réprimée par les lois. Les petites prineipantés dans lesquelles TTrlande était dl- Yisée exerçaîeut des rapines et des yiolences perpétuelles les unes contre les autres j la succession incertaine de leurs princes devenait une souxce inépuisable de troubles .domestiques ; le droit de chacun de ces petits souverains ne se fondait que sur le meurtre de son prédécesseur; le courage et la force, quoique signalés par des crimes, étaient plus honorés que les vertus pacifiques/ et ces peuples £évo€»esignoraietit presque entièrement les arts les plus sim-' pies de la vie, même le labourage et toute' espèce d'agriottlture. Ils a^ydent éprouvé les invasions des Danois et des autres peuples du jXordj mais ces invasions, qui jetèrent tant d^autres parties déPËorope dans .la barbarie , en tirèrent, pour ainsi dire, les Irlandais , plus barbares «ncore que kursîjenueims : les seules villes que Ton
trouva en Irlande avaient M bâties^ le.
long des côtes par les pirates de Norwège et du Danemarck. Les autres habitans ne s^oocupaient qae du pâturage dans le pkt pays , se réfugiaient dans leurs bois oui dans leurs marais,, au moindre péril qui le» menaçait: et, toujours divisés par leurs anKmosites mutuelles, s'appliquaient bien plus» à se yenger réciproquement qu'à veiller à Fintérêt commun ou même particulier»
Sous le règue de Henri 11 , outre plu* sieurs petites tribus , il y ayait en friande cinq souvérainetés principales: Munster,- Leinsler, Meath, dlster et Gonnaugth.
Gomme il était d^usage que Tun ou Tautre de ces souverains les commandât tous em temps de guerre, il y avait presque. tou-^ jours quelque prince qui semblait être monarque de rirlande. Roderic O'Gonnor^ roi de Gonnaugth , était reyêtu alors^ de cette dignité; mais son autorité, peu respectée , même sur son propre territoire j n'était pas capable de maîtriser ces peuples, jusqu à leur faire prendre unanimement des mesures pour l'établissement de For-*
drc, ou pour la défense commune contre
Veaneiaiû éttanger^, y wftbiUoii de Hcmi
54 nsTOiiE (1172}
déish évèiBé» , k ebmmenoemcat de son règne , à l'iaspect des arsUitif^ <|a*fl tMUTerait à subjuguer rirlaudej il ne lui dianquait ^iHin prétexte poitr afltaqnef
une nation qui , toujours couflnée dans 0a propre ile , n'avait jamais donné aucun sujet ée plainte A ses Toisius. Le toi eut donc recours à Rome y qui s'arrogeait le dre4t de disposer des rojrauBM» et des empires ; il ne prëwjait ^as les disputes TÎolentes quil aurait- un ]our à soutenir eéntre le saim-siége ^ et ii crut de la cm*
-venance actuelle, ou plutôt imaginaire, d'autoriser ainsi ses prétentions j manière de les appuyeih devenue ensuite très^ndan*-' gereuse à tous les souverains. Adrien lu ^ qui remi^issait le trône pontifical , était- Anglais de naissance , disposé k oUigef Henri par cette raison 2 on lui persuadà &cilenient d'agir en maître du monde , et
de faire, sans trais et sans danger, Tacquisition d'une grande ile sous sa juridiction spirituelle. Plusieurs missionnaires de Bre* tagne avaient autrefois converti imparfaitement les Irlandais au ehrittumisme , et («ce que le pape regardait comme la preiii% ta plus sure da d^uii^ d^ liur oonveisioli)
Ua suivaient les. opÂaÛMië deleurfi picwéen catéchistes ^ et ne reeaUntussaieiil Mumne
pjfééiuiii^uce au siège de Rome. Adrien ^ ea 11569 expédia donc une bulle en fa^ yeur de Henri , dans laqudle ^ après avoir loué les soins que ce prince s'élait toujoors épnnés. pour étendre f Eglise die Bkit sur
la terre, et pour accroiUe le nombre des saints et des élus dans le ciel, il représente le deanieui d(Ç subjuguer Tlrlande Comme une suite de ce zèle pieux. Il considère Tattention du roi à soUicittr d'abord la sanction du. siège apostolique ooniBort^ le plus sur g^fUEU ^u siM^ès et de la victoire;
iL étaUit, comme un point iaooniiestaUe ^
que tous les royaumes chrétiens appartien**^ nçat au patrimoine. de saint Pierre; il re^ connut qu'il est dé son devoir d^ répandra parmi ùux les semei^ces de TEvangile, qui pourront, dans le dernier jour, iructi&er au pirofit de leur «altil étëmél, et exhorte le roi à s'empâter de rir|iande pour en ex;^ drper les vioé^ et li^ ,^jfupMGMi> et pour en obliger les habitana^ii payéif aunuelle^» ment un pennj par pnaison au siège de &ome (1); il donne à ce prîneetont droit
Çi) CM-ApAît^ k ùtmm dÉiMfa»Wèifa>
56 HISTOIRE • (lï^îi)
et tonte aulorité sur cette tle, et commande
aux insulaires de lui obéir comme à leur souverain : enfin il accorde pleins pouvoirs à tous les pieuic instrumens que Henri croira nécessaire d'employer dans une entreprise consacrée à la gloire de Dieu et au salut des ames. Cependant Henri, quoi-' que armé de cette autorité, ne commença pas encore Texécution de son projet ; il se trouva retenu sur le continent par des af* fairesplus pressantes, et attendit des circonstances plus favorables ( i )•
Dermot Macmorrogli , roi de Lcinster, s'était rendu si odieux à ses sujets par Fexeèfs de sa tyralnnie, quHls saisirent avec ai'deur la première occasion qu'ils trouvèrent de secouer un joug dont ils ne pou* vaient plus supporter le poids. Ce prince était devenu amoureux d'Omacb. (2) ,
Ci) Il rencontra nue for le opposition dans Fimp^rati'ice*mère et dans les barons; d^utrcs projets s'ofirirent k l'ambition de Henri i et la lettre papale fat destini^ à Foobli dans les archives du diâtcaa de Wtndbescêr* (Lingard.)
( a) Lîngard , qui a prefe're' le recît des annalistes irlandais à celui de Girald, appelle cette princesse Dervorgil, et dit qu'elle était femme de
O'&mrç f princede Bieffiay oq de Leistrim* -
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(lI7^) D^A1IGL£T£EB£. 67
épouse d'Oric , roi de Meatli j il profita .de Tabsence de sou époux , qui , étant obligé de visiter une de ses provinces ëloi* ^néeSy avait cru laisser la reine en sûreté dans une ile environnée de marais. J>ermot Fattaqua tout-à-coup, et enleva la princesse* Cet exploit ^ quoique assez familier aux Irlandais , et regardé même comme une preuve de galanterie et d'adresse, irrita Tépoux outragé ; Oric entre** prit de se venger, rassemUa sesforces^ le» augmenta par l'alliance de Roderic, roi de -Connaught , entra dans les états de Der*mot, et l'en chassa lui-même. Ce prinee dépouillé eut recours à Henri , qui était alors en Guieune , implora son assistance pour remonter sur son trône, et lui offrît, .en cas de succès, de tenir son royaume en .vàsselage de la couronne d'Angleterre.
Henri, dont les vues étaient déjà tournées * .IGcrs raQquisltion de Tlrlande , accepta promptement cette oflâre ; mais commis .dans ces entreiaitesil se trouvait au milieu ..des embarras de la révolte de ses sujets français et de sa querelle avec le sainte fSiége, il diftera.de s'embarquer dans une
. nouv^Ùeientrfipiàsèk Tousles^ecours quHl
cotuientit de donner à Dermot forent des lettres patentes, par lesquelles il permettait i ses sajela dUder le prince irlandais aa recouvrement de ses états. Dermot, autorisé pair oes leHreSy vint à Bristol, et aprèa «voir esiayë qœkpEie teoips en "min d'en^ gager les ayenturiers du pajs dans cettç expédilâtta^ fit à la fin wi traité avec Ri» chard , surnommé Strong^Bow j comte éè Strigul* Ce grand seigneuj:, descendu de l^iUittlre maisoià de Ckre, amdt dissipé at
fortune aux frais de ses plaisirs, et, n'ayant plus rien à perdre, était prêt à tout entreprendre; il fbnna sa paurole de seaonril* Dermot^ à condiiion que ce prince lui aocQnderttt Era sa fiUe en mariage, et le déelararait héritier de ses états. Pendant que Bicbard assemblait ses troupes ^ Dermot alla dana la pays de Galles , s y abaucha avec Robert Fitz-Stephen , gouverneur d'Aberiivde , et Maucice fiu*Gerald, tt^ les engagea tous deux i son senriee , pour faire Tinvasion de Flrlande. Dès qu'il eut ainsi lié sa partie , il s'en retourna dana ' nom pays, et, se rehaut dans le monaatèrte de £ernSy quHl avait fondé (car ce pripcfti nutlgiié «èa snoDOBS rel^ .
Ibndaleîir de monastères)^ fit ftnsaes préparatifs pour recevoir ses alliés anglais. • Les troupes de Fit^âtephea furent Heatèt prâtes^, et il dëbai'qua eo Idande avec cent trente chevaliers, soixante écuycrs, et trois ceuts archers. Ce petit corps , cam* posé de braves gens, assez bien disciplinés, et armés complètement (chose presque inconnue enirlande), répandit la^plosffcande terreur parmi ces peuples barbares, qui ae crurent au moment d'une révolution terrible* La jonction de .Manriee de Pbi|dergast se fit environ dans le même temps; ' il amena dix chevaliers et soixante^aschers^ aveclesquels Fitz^âtephen fîiten.ëtat'd!as> . siéger W exfort , ville habitée par 1^ Da- ' Hois y et 9 après avoir gagné une hatâyit^
se rendit maître de la place (1). Immédia*
(«) Un trophée de deux cenu iéies fol él^« nnx pieds de ce sauvage ( de Dermoi) , ifoi m9r^ nifesta sa joie en battant des mains, ensaotaiit en Pair, et en hurlant des actions de grâces au l'rès-Haiit* Comme il tonrnatt autour de c<a JiAes entassées , il deconvrit celle d^un de ses anciens ennemis : à cette vue , sa Laitic ralluma ; il la saîbit par les oreilles dans nn accès de rage ^ ecil lui atiaclia le nez avec ses dents. La décapitation
des moru était.proliabkwat W6.«Qa^iweÂdim*<
60 ' HISTOIRE (ïï^^)
•tement ensuite , Fit^-Gérald arriva y smyi
de dix chevaliers, trente écuyers et cent archers; et, étant joint par les premiers ^ .aventuriers, se trouva des forces auxquelles rien ne pouvait résister en Irlande.
•jRoderic , le monarque en chef de cette ile , fut défait dans une bataille rangée ; le
-prince dOssory se soumit, et donna des
' étages pour sûreté de sa conduite future y
;<et Ûciinot, peu satisfait encore d^être réitabli dans son rojaiune de Leinster, pro*
-jeta de détrôner Roderic, et aspira à la
'domination générale de lile.
e Pour suivre ses nouvelles vues , il dépê-
* idia un courrier au comte de Strigul j et, -le sommant de remplir sa promesse, lui MtaiaL les avantages qu^un léger renfort de
- troupes anglaises leur ferait actuellement recueillir. Richard, mécontent de la liberté
' Tague que Henri avait donnée à ses sujets , de s'enrôler pour cette expédition , l'alla
' daise ; mais elle fat adoptite par les eiiTahia-
' sears. Quand O'Rtiarc fut tue' dans une confë-
* rence entre lui et Hugues de Lacy, on envoya sa ^ t^te au roi en An^'ieterre. Après, la (ItfaiLe (kb ha- ■ ibiuns de Kilkcnuy , les vainqueurs olli lieat cent
- iéu» m prince Jeau à Dublin. {Lingard.)
trouver en Normandie , et ^ n^ajrant encore
obtenu quVne permission froide et ambi<^ guë , se prépara par lui-même à Texécution de son projet, if envoya d'abord Raymond^ gentilhomme de sa suite , avec dix cheva-^ liers et soixante-dix archers y qui prirent terre près de Waterford , et défirent un corps de trois mille Irlandais qui osa les attaquer. Gomme Richard vint en personne pende jours après , accompagné de deux cents hommes de cavalerie et de cent archers 9 ces troupes réunies aux Anglais victorieux s'emparèrent de Waterford^ et marchèrent à Dliblin y qu'elles em« portèrent d'assaut. Roderic s'en vengea en faisant couper la tête au fils de Dermot, qui avait été livré entre ses mains comme otage. Richard épousa Eva , et , devenant maître du royaume de Leinster peu de temps après , par la mort de Dermot ^ se disposa de même à étendre son empire sur toute rirlande* Roderic et les autres prin* ces û*l2uidais , alarmés de leur péril commun , unirent leurs forces , et assiégèrent Dublin avec une aimée de trente mille hommes j mais le comte Richard fit une sortie imprévue .à 1^ tête de quatre-vingt^
$$ - mnmm (117^)
. dix ^k^9^^ et leur mlf/^ , mii «^It noo^rousa $imé^ eu déF<mU , la cha»a di^
champ de bataille, et la poursuivit, en la hachant m pièces d¥€C Uot de coujrage , que désonnai^ rien a'^oia plus aVpposef a.u:& Anglais ça Irlande.
ïi^wi, )al<mx défi progrès de sf^ prapr^t sujets, les rappela tous, et fit ses prëpacati£i pour attaquer lui-même l'Irlande. Msyui ttiolwrd et le» aulnes iiémtmres ironTè-
rent le secret de Tapaiser, en lui faisant
les plus liuml^e^ , et ea lui ^offînnt d# rendre &i et hoiiimage de ton-»
^ tes leurs acquisitions k sa couronne. .mOBarquiS débarqua eu Irlande à U tèt^ de cinq cents chevaliers , outre les autres sojldatS9 et il trouva les Irlandais 31 découxs^és page l^urs derniexes infojptanes, qu^en s'avancant dans l'île îl n'eut d'autre occupation que de recevoir Tbommaga de s^ nouveaux sujets. Il laissa presqM^ M>W tes cliief tains ou princes irlandais en posses^ sion de kurs a^eiens^ territoires ^ 4onu^ quelques terres aux aventuriers anglais^y accorda la commisiion de sénéchal d'Ir-
landç an» comte Bi^l^d (i)^ §t MU.
(1) Henri aiait remis le commandement ra>^
ir^iir àé mois retourna ttiompbaiit Angleterre. Ce ftrt ç«r ces exploits «i tacdiocres^ qu'à péine mëriteraient*ll$ d^étre t^pportes d te n'étsît rimportMoe de Ja
conquête, que Flrlande fut subjuguée, et Hntiexée pour toujours à la couf onne d'Ânl^leterre.
La langueur du commerce et de Tindus- Irie dam ees temps reculés rendait impos» sible aux princes d^entretenir des armées régulières capables de contenir le pays t^&quis dans le devoir. La barbarie ei la
pauvreté eittrême de Tlrlande pouvaient encore moins procurer les moyens de fourbir à eette dépense t le seid eipédieiat qu'il y eût alors pour faire des conquêtes durables, ou pour les oouserver , était d'y répandre de nouwau^ habitans) de les établir dans toutes les charges qui donnent de Fautorilé f de leur partager les terres des vaincus, et par là de transformer les
pinéihe à Hagass de hàéf^ tifté le ceailé dé Meaih peur son fief.Mais^i dunin^Ja guerre ^aî stûf|| entre le roi et ses fiU 9 Uugnc» de Lacjr tnt ajp-
a pclc au si:couis dn père, et le gonvrracment dcç con(|ucHes anglaises leviiit à iiicliaid, comte dô
64 BinoiAEf
naturels du pays eu ua nouveau peuple* Ce ne fut que par cette politique que les anciens coriquérans venus du INord, et en. dernier lieu le duc de J^iormandie, avaient réussi à fixer leur domination, à ériger des royaumes sur des fondemens solides , et à les transmettre à leur postérité. IVfais Tétat actuel de l'Irlande rendait le séjour de cette Ue si peu agréable aux Anglais , qu il n'y avait que ceux dont la fortune était absolument délabrée qui se laissassent peiv suader de temps en temps de s^ trans«> planter. Au lieu de polir les mœurs grossières des naturels du pays, ilslcs adoptèrent peu à peu eux-mêmes , et abandonnèrent les coutumes de leur propre nation. On crut aussi qu'il était nécessaire de donner une autorité absolue etmilitaire aux chefs qui commandaient une poignée de gens établis au milieu d'une multitude ennemie, et en peu de temps les lois et Véquité dé--
vinrent aussi inconnues aux coloniesd'Anglais qu'aux tribus irlandaises. On érigea lies palatinats en faveur des nouveaux aventuriers que Ton rendit indépendans ^ les naturels, plutôt tenus en respect qu^entièicmcut domptés^ conservèrent, uue aiu<^
mosité indestructible contre leuxs vainqaeurSy et, au moyea de toutes ces causes réunies, les Irlandais restèrent toujoura sauvages et iutiailables pendant le cours de quatre siècles. Ce ne tut q»ie vers la fiqj du règne d'Elisabeth, Imsque Tlilandefut totalen^nt subjuguée , ou plutôt sous le successenr.de cette princesse, qu^on espéra, de reudret cette conquête utile à la nation anglais.
• La somnissîcm prompte et facile des Ir*
landais ne laissait plus rien à faire dans leur lie à Henri j mais il y fut encore rap»: pdé par un autre incident de la dernière» importance à ses intérêts et à sa sûreté» ï«es deux l^ta Albert et Théodin , anx<* quels on avait commis Fexamen de sa con*. duite dans l'affaire du meurtre de Tarche-i Teque Bedket, étant arrivés en Normandie^ -, s^impatientèrent d'y attendre le roi , et lui écrivirent des lettres remplies de menaces, . s'il différait de comparaître en leur pré* > sence. Il hâta donc son retour, et eut une conférence avec eux à Savigny , oii leura. premières demandes furent si exorbitantes, qu'il rompit la n^odation, les menaça de
retourner e& j^lande,^ et les défia de &ire
6& . OISTOIEE (^^7^)
tout ce.qiTib tmidniiéM Vmtiit^l«i« Vm
s'aperçurent qae le moment était passé ét tirer atsmtâge de cet éténemeM tcagU qae, qui, s'il eût çic poursuivi chaudement par des interdits et des excommunicatiansi dttfait'Hiis toutla royatttne es coaal>ti$lioti« Mais le temps que , par bonheur , Henri a^it gagné aij^t contribué 4 calmer les esptiu j f assaidinat du primat m fomdit plus avoir la même influence sur eux que Icnriqtt^U était réocnt^ Gonme la cle^é avait compté tous les )oliia qile oette af» faille s^aceommoderait , il ne s'était pas opposé muât efforts que les paortisaas de lien ri avaient faits pour justifier ce prince dans Tapinion publique^ répandant parmi le peuple qa'ii n'avait en musaxte part km crime, et qu^il ignorait le complot des assassins* Les Légats se trouvèrent donc nUi» gés de rabattre de kttrs prétenâtms ^ et le roi lut asse:& heureux pour conclure soa aoeomnodoBient. Il jam sur des relique»
que^ loin d*avoir ordonné ou souhaité la mort de Tarchevéque ^ il avait été profon^^^ dément afiUgé enrappreDiut } mabootnow
la chaleur qu'il avait marquée à Fégard de
la c^ttdHÎite de. ce prélat pouvait aproîr*
leô conditions siu^iites /çp ^^f^iatioii de
les adlicrens cle Becket , et de les étaWkr dans leurs hémâdfi^i M ïQ^à^^:4Xm^^
possciiMonsj de donner uncboainic d'argent datU>,iiwp^ ,dôtts la Tene-^ainLe ; de se.
<»roi9et ImrinàinAi;!^ fétï^ d^ , ÎÉq^ »piB«fl
chaîne; et si le pape IWîpeMi ^^Ae ^^v^ht tirais attftiQPiitjr^ les ûiljdiàleiji^iPU en Ësp^ gne;)im<W>£idesihie$îdi$iiie plift ioaistierf
sur robservance de toutes coutumes déne poûit s'opposer aux. appels à la cour de
^ome^ dana les i^mhis^ ^«^^Mùi^li^d^ se contenter d'exiger le* sùhet^ft^oïivefcHiT-r bie$ de^ jeficlàjiahliques qui,si>rmàieut dut
appel, cju ils n'entreprendraient rien contre les dr€(;àlft .de <sa couronne* Apres avoir
par les légats, qui lui confirmèrent le don (ju'Àdriea lui avait fait de rivkttdef et^
68 • * fil&TOIBE (1173)
rien ne prouve mieux Textrémelialrileié de ce monarque, que devoir su se tirer à des conditioiis si douces dHin pas si dsogereux. Il avait toujours soutenu que les constitutions de Qarendou ne couteuaient que les anciennes coutumes du royaume; et, malgré les articles de sou accommodement , il était toujours eu liberté de maintenir ses prétentions à cet égard : il est yrai que ^ par son traité , les appels à Rome étaient permis ; mais comme il aTait aussi , par le même acte , le droit d'exiger des sûretés suffisantes de la part des parties^ il pouvait étendre ses demandes à ce sujet aussi loin qu'il lui plairait ^ et il ne tenait qu'à lui de prii^er sainteté des avantages qu^eHe comptait recueiUir de cette concession apparente* £u total, les constitutions' de Ùarendon demeuraient toujours lois du royaume. Le souverain pontife et ses légats conçurent si peu que Tautorité du roi pùt avoir, des bornes lé-*
gales, que j satisfaits de lui voir abandonner dans ce traité un des principaux arti-» des constitutions de Ôarendon , ils ne demandèrent point k ratification des états d'Angleterre*
(1172) b'anoutbe&e* 69
Henri , délivré de ces différemls daoge** xeux avec les ecdériastiqaes .et avec* la oour de Rome, semblait avoir atteint le £dte de la grandeur et de la félicité humaine, et être aussi heureux dans sa situation domestique que dans son gouverne-^ ment politique : une nombreuse postérité de fils et de filles donnait de Téclat et de l'appui à sa couronne j prévenait le dan-ger d'une succession incertaine , et répri*' mait toutes les prétentions de la noblesse
wm
avait eues d^étabÛr les différentes branches de sa famille (1) étaient les mieux entendues pour écarter toute la jalousie entre les frères et pcipctucr la graudeur de sa maison* U avait fait sacrer Henri , son fils atné , et le destinait à lui . succéder au royaume d'Angleterre , au duché de Normandie, aux comtés d^Ânjou, du Maine et de Touraine, provinces contiguës^ qui, par ce moyen, pouvaient se fortifier mutuellemeùt contre les fermentations intérieures et les invasions étrangères ; Richard , son second fils , était investi du duché de
(i) Voye» le tableau géxiàdogi^e.
^0 nmnai (ti?^)
Ouienne et du comté de Poitou; Geof- , ttci , son troîsitaM fib j avail iiërité , dm chef de sa femme, du duché de Bretagne; ^les aouvelies conquêtes d'Idaode étaient téservéen ptmt fetmr l^ÉpaBage de Jeu, son quatrième fils. Henri ayail encore négocié M faireur de ce jeune prince un nuK vtage avec Adélaïde, fille unique de Humbert, comte de Savoie et de Maurienne^ elle défait apporter pour aa dot des terrei
considérables dans le Piémont, la Savoie, la Brçsse ^ le Dauphiné. Mais tant d'élé*
^ mtkm e»dta linquiétnde et Tentie de tous ses voisins, qui rendirent ces mêmes fils , dont il avait si soigneusement ëtaUi la fortune , les aniasDB des amertumes du reste de sa vie et des troubles de son ad^ ■nmstratum*
Le prince Henri , qui touchait à TÂge Jd'un liomme fait ^ conudença bientôt à dé- -velopper son itaractère^ et k montrer qu'il aspirait à Tindépendance. Brave, ambi-* tieuX) libéral, magnifique, a£fable^ il étalait oee qualités brillantes qui pi*êlent tant d'é* clat àla jeunesse, qui présagent une si haate fortune, mais qui sont aussi les aVant-cou*»
' reurs des plus ^atidès calanûtés ^ k moim
(t 1 73) D'iJwamtE. 7 1
i|ufi la prudence de Tage mùx whk Utntt pèiew Cht rapport» que locaque et prinoè fut sac^é,\Son père, pour donner plus de BDUBi}«ità à la cérémonie, le servit à (aUk c«wwnemidetflséffieÎM»5 et faii fit rcM^v quer que jamais roi n'avait été servi plus rojalement. « Il n'y a rieu d'ej|tiMM:dw m niire, dk le jeene Heori à quelque»
« uns de se$ courtisans y que le fils d'ua « ewte serve fik d'ua reû ?» wal^ qui pouvait pàsser seoleoimt pour un^ plaisanterie ) oa même pou^ uQ.42omplir ment iifcétocel à son pèie^ fin ceyiieiidairt
regardé comme le symptôme d'un caraC'* tère impérieux; , et sa cenidaite .ju^iifiq bîentM oetle eonje^»re^^ ' Iji , . i j ConfoinK^meut à la promesse laite au pepe et au roi de France y Hénid eonsflioitîi que son fils (ut couronné de nonveau p^ les mains de l^chevéque de Biouen } fl - «ssoom kpiInocsasNKbni^rile^ qMMMO de
ce jeune prince, à la cércmouic. Il lu^ permit ensuite d' aller voir soU. beau-pèri| à Pfris , qui saîoh cette oecmon d'îaspîref à son gendre les sentimens d^jamibition aux-» «lels iLn'éisil ntureHemenâ que trep i»* ttaét QMkpe ect fi&t » Mage^ êmumi
en France ^ depuis que la race capétienne était montée sur le trône ^ de couronner le fils pendant la vie du père , sans qu'il en résultât aucun partage de Faulorité, royale, Louis penuada à son gendre que, par cette céiiémonie, si importante alors, il ayait acquis un droit à TeKercice de la souveraineté, et que le roi son père ne pouvait sans injustice ne lui pas céder ses états, ou du moins une partie. £n conséquence de cette idée extravagante , le jeune Henri , à son retour, demanda au roi de lui remettre , ou le royaume d'Angleterre y ou le duché de Normandie* U parut fort mécontent du refus qu'il s'attira , parla de son pire en termes peu ménagés , et, peu de temps après, selon qu'il en était convenu , se retira furtivement de la cour et vint à Paris , oùl il fut soutenu et protégé du monarque frànçais.
' Tandis que Henri, alarmé de cet événe«* • ment , s'attendait à se voir sur les bras des intrigues difficiles à débrouiller, et peutitre une guerre dont le succès, quel qu'il fàt , n'empêcherait pas qu'elle ne PaMi-geàt et ne Tinquiétât beaucoup, il apprit
^core un nouveau malheur dont il eut le
(II73) D'ANGLETERRE, y 3
chagrin le plus vif. La reine Eléonore, quî^ par ses galanteries, avait donné lieu au divorce avec son premier époux , ne tourmentait pas moins le second par sa jalousie , et , passant ainsi d'une extrémité à l'autre dans les dilTérens périodes de sa vie portait toutes les faiblesses des femmes à leur dernier excès. Elle communiqua ses griefs contre^ Henri à ses deux fils les plus jeunes , Geoffroi et Richard j persuada bientôt a ces princes qu'ils étaient en droit d'exiger aussi la possession actuelle des états qu'on leur avait assignés, et les
engagea à se retirer secrètement en France. Elle méditait de s'y réfugier elle-même , et s'était pour cet ellét déguisée en homme lorsqu'elle fut arrêtée et renfermée par Tordre du roi (i). Ainsi l'Europe vit avec étonnement d'un côté le meilleui' et le plus indulgent des pères et des époux en guerre
(i) Il csLccriain (£ae la reine cllt-nicmc, le premier moteur do loiu ce désordre, avait aussi disparu. Eu Ii85 seujeiuent* Henri lorca son fils llicliard de donner a sa mère Eleonore Je eoinie de Poitou j mais, au 2)rinicmps de Tau'ice suivante, il Ja ramena en Augleierre, où cile l'ut confinée jusqu'àU mort du roi. {Linganf,)
^4 . toSTOlRE (1173)
avec toute sa famille; de l'autre, Iroîs
eulaosy à peiue arrivés à leiu: adolescence | exiger d'un grand monarque , dans la pleine vigueur de son âge et au sommet de sa gloire , de se détrôner en leur faveur, et plusieurs princes les soutenir sans honte dans ces préteutions absurdes et dénaturées.
Henri , réduit dans une situation si désagréable et si périlleuse y eut recours à la cour de Rome* Malgré les inconvéniens qu'il savait être attachés à l'interposition de Fautorité ecclésiastique dans les affaires temporelles, il s^adressa an pape comme & so2i seigneur supérieur, pour qu'il ex« communiât ses ennemis , et que ses cen«sures ramenassent 11 roLélssancc des enfans rebelles, qu'il serait trop douloureux pour lui de punir en soayerain irrité (i). Alexandre , enchanté d'une si belle occasion d'exercer sa puissance, accorda au roi les bulles qu'il demandait : mais on se
(i) Voici les expressions dont il se servit : ye$trœ jurisdiclionis est régnant jingliœ^ cl quantm adfoudatani jurU obligationetn , 'vobis diaUaxat obnoxius teneor. Lés mêmes pa*> rôles ^nt rapportées dans Rymer ei dans Tri\ci.
( 1 1 7 3) D'AKGtETÈRKE. «j5
convainquit bientôt que les foudres du Yatioan n^avaient pas toujours autant de force que lorsque l'Eglise les employait dans ses propres querelles y et que le clergé se souciait peu d'appuyer une sentence ^ dont l'objet principal n'était pas l'intérêt direet des ecdésiastiques. Après avoir fait cette démarche humiliante ^ le roi fut obligé de prendre les armes et de soudoyer de ces sortes de troupes mercenaires , res^ sources ordinaires des tyrans, et qui avaient rarement servi un monarque aussi juste et aussi sage que lui*
La faiblesse du gouvernement dans tous les états de l'Europe , les guerres partîcu*^ Kères entre les grands seigneurs voisins , l'impossibilité de tenir la main à l'exécution générale des lois^ avaient encovragé des bandits à devenir les perturbateurs du repos public, à infester. les grands che* mins , à piller les campagnes , à braver tous les eliorts de l'autorité civile, et même les excommunications de l'Ëglise, iniitilemeni lancées contre eux. Tantôt une troupe de ces vagabonds rengageait au service d\m prince ou dVn baron y et tantôt à celui d'un autre ; souvent ils guerroyaient pour
leur propre compte , et d'une manière iadépendante, sous la conduite des chefs qu'ils choisissaient entre euic : les habi<* tans, indusliieux et paisibles, réduits à Tindigence par les ravages de ces bi:igauds9 • étaient fréquemment obligés de s'adonner aux mêmes désordies qu eux pour se procurer leur subsistance* Une guerre in* tCbLuic et continuelle, aussi funeste à Tindustrie quaubou ordre , déchirait ainsi le cœur du royaume : on donna plusieurs noms à ces forcenés , quelquefois celui de Brabançons , et quelquefois celui de llou* tiers ou de Cotteraux ( mais les historiens ne s'accordent pas sur la raison qui les faisait appeler de l'une ou de l'autre manière)} ils formaient entre eux une espèce d'association ou de gouvernement, qui n était^ pour ainsi dire, qu^une ligue contre le reste du genre humain. Les pUis grands monarques ne rougissaient pas d'avoir recours à leur assistance dans Toccasion ; et comme par l'habitude de faire la guerre ils avaient acquis de Texpérience , d^ la vigueur et du courage , ils composaient la partie la plus formidable des aimccs qui décidaieut les querelles politiques des princes. Les
(117^) d'akgleterre. * 57
ennemis de Henri en avaient plusieurs à leur solde parmi leurs troupes. Mais l'argent que ce monarque avait amassé le mit t en état d'en prendre encore un plus grand nombre qu eux à son service \ et la situation de ses affaires se' trouva telle, qu^ils furent les seuls corps sur la fidélité desquels il put compter. Les, barons, irrités du frein c[a il oppostiîL à leur licence , las d'une a(Tministra don vigilante et ferme, désiraient d'avoir pour maîtres de jeunes princes sans expérience des aflFaires publiques, indolens dans leur conduite, et prodigues dans leurs dons. Comme le roi avait assuré à ses fils la succession de ses . états, et marqué à chacun en particulier quelles seraient les provinces qui eutre- « raient dans chaque lot, les grands ne voyaient rien à craindre en s^attachant au prince qui devait être un jour leur souverain. Excitée et tranquillisée par ces mo* tifs , la plus grande partie de la noblesse normande s'était dévouée au jeune Henri ^ celle de Bretagne et de Gascogne paraissait disposée à prendre le parti de GeoflFroî et de Richard. Les mécontenteniens de la noblesse anglaise , après avoir fermenté
'jQ HisTQiae
sourdement , cobuxieaçaieut à éclater i • comtes de Leicester et de Ghestev en par-^ tîculier venaient de se déclarer ouvertement contre le roi« Yiugt mille firabau^ çons, quelques autres troupes que ce prince amena d'Irlande y et un petit nombre de barons dW fidélité éprouvée , furent donc les seules forces avec lesquelles il se proposa de faire tète à ses enneoiis.
Louis, pour unir plus étroiteftieat ses confédéx és , convoqua une assemblée à Paris des grands vassaux de^sa couronne^ leur fît approuver les mesures qu'il pre-* nait , et jui'cr de soutenir le parti du jeune Henri* Ce princ«ï s'engagea de i^me ^ en reconnaissance de ce qui lui était promis, à ne jamais abandonner ses alliés français^ et ayant fait faire un grand sceau nou-^ veau , il leur distribua largement, par dçs patentes, la plus grande partie des territoires qu'il se proposait de conquérir sur son père. Philippe, comte de Flandre î Matthieu , comte de Boulogne , son frère j Thibaut, comte de Rloîs; Henri, comte d'£u, aiguillonnés d'un coté par la jalour sie que la puissance et Tambition du roi d'Angleterre leur inspiraient, déduits de
(H73) d'aNGLETEBEE.
pautre par l'expedatiTe de» a'ia]xtage3
qu'ils tireraient du caractère inconsidéré et des besoins coutiiittels de sou £1^ se dér qbrèrent ouvertemeot em fareur da der« nid . Guillaume , roi d'Ecosse ,^ entra ausai dans cette grande confédération, et Ton çoneeFta le plan d*une inTasion générale daus les différentes pravinces vastes el factiense3 cpû étaient sous la domination du roi.
Les comtes de Flandre et de Boufegoe commencèrent les bostilités sur les frontières de Normandie. Ils assiégèrent la viUe d'Âumale y qui leur fut livrée par la perfidie du comte d'Aumalc même ; il se rendit pmQunier , et, sous prétexte de payer sa rançon de cette manière , y ouvrit les portes de toutes ses autres forteresses. Les deux comtes allèrent 'ensuite mettre le siège devant Drincourt, et s'enpparèrent de cette place ^ mais le comte dû BoulogQe j fut blessé mortellement àms une des attaques, et cet événement interrompit le.s progrès de Tarmée flamande»
Le roi de France, fortement seeondé par ses vassaux, assembla dans ^ne a»tre
p^tif^ vue lotmidaMe, «emfoi^
86 • HISTOIRE (ïIjS)
de sept ïnîlle chevaliers, de leur suite à cheval, et d'un nqmbre proportionné de gens de piôd. Il mena le jeune Henri avec lui, et assiégea Ycrueuil j que Hugues de Beauchamp et Hugues de Lacy , qui tous deux y commandaient, défendirent vigoureusement. Après un mois de siège , la garnison , manquant de provisions, fut obligée de capituler. Elle s'engagea, si elle n'était pas secourue dans trois jours, à rendre la Vf lie et à se retirer dans la citadelle. Vers la fin du troisième jour, Henri parut avec son armée sur les hauteurs qui commandaientTemeuil : Louis, craignant d'être attaqué , députa rarchevêque de Sens et le comte de Blois au camp des Anglais , avec ordre» de demander une conférence pour le lendemain, afin de convenir d'une paix générale, et de termineriez difiérends entre Henri et ses fils. Ce prince , qui desirait passionnément de s^accommoder avec eux , et ne soupçonnait aucune fraude , consentit à la proposition} mais Louis, se tenant littéralement aux termes de la capi* tulation faite précédemment avec la garnison, la somma le lendemain matin de tendre la^ ville ^ y mit le feu ^ et commença
( 1 1 7 3) D^GLETERAE. 8 i
. de se retirer avec son armée/ Henri, indigné de cet artifice, tomba vigoureusemcuL sur l'arrière-garde des Français , la mit en déroute, en massaçra une partie, et fit quelques prisonnieis. (]oouiie le temps du service de Tarmée française était expiré alors, ces troupes se dispersèrent.d^ellesmêmes chacune dans sa province, et laissèrent Henri en liberté de poursuivre ses avantages contre ses autres ciiucmis.
La noblesse de Bretagne, excitée par le comte de Ghester et Ralph de Fougères , avait pris les armes j mais ses progrès furent arrêtés par un corps de Brabançons, qu^aprës la retraite de Louis le monarque anglais envoya contre ellè. Les deux armées en vinrent aux mains près de Bol* Les rebelles y furent défaits; quinze cents des leurs périrent sur le champ de bataille, et les deux chefs , Chester et Fougères , furent obliges de se réfugier dans cette ville voisine. Henri se hâta de Tassiéger, et poussa Tattaque avec tant de vivacité, qu il contraignit le gouverneur et la garnison de se rendre prisonniers de guerre.
Au moyen de ces opérations vigoureuses
et de ces succès heureux ^ le feu des réyoU
Sa BISXÛIA^ • (ii?^)
tés fut entièrement éteint en Bretagne; et le roi , aussi fortuné de tous les autres côtés , accorda volontiers une conférence à Louis , dans l'espoir que ses ennemis , voyant leurs efforts totalement infructueux, consentiraient à terminer les nostilités à des conditiûns raisonnables.
Les deux monarques se trouvèrent entre Trie ej. Gisois , et Henri eul la mortification de voir ses trois fils faire cortège à son ennemi mortel. Comme Louis n^avait d'autre prétexte de faire la guerre que celui de soutenir leurs prétentions 9 Henri fit des propositions si avantageuses, que ses enfans auiaient du en être honteux ^ et qu'il n'y avait que sa tendresse paternelle , ou la nécessité de ses affaires , qui pût les extorquer de lui. Il n'insista seules ment que pour se réserver l'autorité souv^ raine sur tous ses états j mais il offrit au jeune Henri la moitié des revenus de VAnglc terre, avec quelques places de sûreté dans le royaume ; ou , s il prêterait de résider en Normandie , la moitié des revenus de ce duché, avec tous ceux de 1 Aiijou. Il en usa de même avec Richard pour la Guienne ^ promit de céder toute la Bret^^
(i 1 73) d'molibxsebe. 0}
gne k GeofTroi , et si ces concessiops n'étaient pas encore suffisantes f convint d'j ajouter tout ce qu'il plairait aux légats du pape, préseusà cette «eutrevue ^ d'exiger de lui. Le comte de Leicester y avait été admis ^ et, soit qu'il fût emporté par lixvL* pétuosité de son caractère, ou conduit par le désir de rompre brusquement une cou* férence qui couvrait ses alliés de confusion 9 il fit tout-à^coup les reproches les
plus outrageans à Henri, et porta même la main sur la garde de son épéci conunç s^il eàt voulu Atenter à la personne de ce monarque : cette action furieuse jeta le désordre dans l'assemblée , qui $e sép^a sans conclure le traité.
Les principales espéiances des ennemi^ de Henri dépendaient alors de Tétat des affaires en Angleterre, oii son autorité courait les plus grands risques. Une des cop^ vendons du jeune Henri avec ses confédérés étrangers était de remettre Kent, ûou^ vrçs, et toutes ses autr^places fortes, entre
les mains du comte de Flandre. L'amour du bien public et l'esprit national avaient si peu d^empire sur les grands iieigiieiiMry anglais, cji^m:i d'eu» ^14?» » mïme9k^
84 HisTomE
livré au soin de sa propre fortune et de l'agrandisseiflent de sa famille , que , malgré le danger de la cession de ces places importantes , qui durait entraîné la ruine totale du royaume , presque lous avaient promis de se révolter pour appuyer les préteutions de ce prince. La principale ressource du roi consistait dans l'appui de TËglise et du clergé , avec lesq[uels il était alors de bonne intelligence, soit que le pape et les ecclésiastiques eussent rougi d'avilir leur caractère , en protégeant une rébellion dont la nature rougissait ellemême, ou qWils fussent satisfaits de la manière dont le roi avait expié le meurtre de Becket et les premières atteintes portées aux immunités de TEglise. Cependant ce monarque n^ivalt abandonné aucun des droits essentiels de sa couronne dans son accommodement. Il conservait toujours prudemment la même défiance de la cour de Rome ; il n'admettait point de légat en Angleterre , sans lui faire jurer auparavant de ne rien attenter contre les prérogatives royales; et il avait obligé les moiaes de Canterbury, qui se prétendaient en droit
de remplir à leur choix le siège vacant par
( î 1 7 3) d'akgleterre* 85
la mort de Becket , d^élire Roger , prieur
(le Douvres, à la place de ce prélat turbulent.
Dans ces entrefaites, le roi d'Ecosse fit
une irruption dans le Northumberland, et le dévasta ; Richard de Lucy , à qui Henri avait laifsé la régence, le contraignit de se retirer dans ses états , et convint avec lui d'une suspension d'armes. Cette trêve mit Lucy eu (>lal de se porler vers le midi avec son armée, pour s^opposer à une invasion du comte de Leicester, à la téte d'un corps considérable de Flamands, dans la ^ro-« -^nce de Suffolk. Ces Flamands avaient été joints par Hugues Bigod , qui les rendit maîtres de son château de Framingham j 4e là, marchant dans le cœur du royaume, où ils espéraient d èu e seul enus par les vassaux du comt£ de Leicester, ils fui eut rencontrés par Lucy , qui, secondé de Humphrey Bohun , gouverneur de la province, et des comtes d' Arundel , de Glocester et de Cornouailles , s'était avancé à Famham pour repousser les ennemis de sou armée ^ intérieure en nombre mais supérieure en courage. Les troupes flamandes , composées en grande paiiie de tisserands et d'au-
86 Hi$xoi&£ (i<73]i
très artisans (car différentes manufactures comiqençaient à s'établir en Flandre), £a« rent rompues en un instant. On en passa dix mille hommes au iil de Tépée ^ le comle de Leicester fut fait prisonnier j et le reste se trouva trop heureux qu'en composant QU lui permit de retourner dans son pays.
Cette grande défaite n'abattit point les mécontenSj souLeiius parTalliauce de tant de princes étrangers j et , encouragés par les propres fils de leur souverain ^ ils se déterminèrent , à persévérer dans leur entreptise. Le comte de Ferrars , Roger dç Mowbray, Arclitiil de Mallory, et plusieurs ami^ de Leicester et de Ghester, cou* rurent aux armes : la fidélité des comtes de Glare et de Glocester fut 3uspecte ; et le . régent, quoique fortifié par les secours de Geofiroi , éyêque de Lincoln , fils naturel du roi et de la hf^Hç XVosauioude , se sou* tint avec peine de tous cotés contre tant
d'eunemis déclarés et couverts. Pour augmenter encore les troubles par une nouvelle diversion , le roi d^Ëcosse , à Texpi*ration de la trêve, fondit dans les pro viaces du nord avec une armée de quatrevingt mille hoxnmes. Ce^ troupes, (quoique
(il'jd) d'angletebile* 8^
sans discipliae, sans ordre, et plus propres à dévaster un pays qu'à ifaire une guerre régulière, ne laissèrent pas que d'alarmer, attendu la disposition faetieuse et tnrbu^ lente de tout le royaume. Henri , pour qui la défaite de ses ennemis de France n'avait
{presque été <Ju'un jeu, et qui avait mis ses fontières en état de défense, trouvait alors le siège du danger en Angleterre même : il sci détermina à contenir les mécontens 'par sa preëeijce, ou à les soumettre parson courage et sa prudence. Il revint donc dans $on royaume, et dtébarqua à Southamptonj mais, connaissant Tempire de la superstition sur Fesprit du peuple, il se hât^ de se rendre à Canterbury pour ùire satisfaction au3t cendres de Thomas Becket, et s'humilier en présence de son ennemi mort. Aussitôt que ce prince fut arrivé à la vue d.ç l-cglise de Canterbury, il descendit de che*» val , y marcha pieds nus , se prosterna devant la châsse du saint, jeûna et pria un jour entier, passa la nuit auprès des reliques, et, peu content de cette dévotion hypocrite pour un homme dontla violence et ringratitude avaient si long-temps troublé son règne, et qui avait été robjet 4e
88 HISTOIRE , . (il 74)
sa haîoe la plus invétérée , il se soumit à
une pénitence encore plus singulière et plus humiliante ; il assembla le chapitre des iDoines, se dépouilla lui-même de ses habits en présence des révérends ^ donna un fouet ou une discipline à cl^acun d^eux, et présenta ses ép^aules nues aux coups qulls jugèrent à propos de faire tomber successivement sur elles (i). Le lendemain il reçut Tabsolution, et partit pour Londres, après avoir appris Vagréable nouvelle d'une grande victoire que ses généraux venaient de remporter le^our même qu'il avait été absous; ce qui fut regardé comme un prompt témoignage de sa réconciliation réelle avec le ciel et avec Thomas Becket.
Guillaume, roi d'Ecosse, quoique repoussé de devant le château de'Prudow et d'autres places fortifiées, n^en avait pas moins ravagé impitoyablement les provinces septentrionales. Mais à l'approche de Balph de Glanville, jurisconsulte et justi-
(i) Le penîtcnt royal, à genoux, confessa devant eux son offense; et cliacim d'eux, tenant une corde à nœuds à la main, en appliqna trois on cinq coups. sar les épaule» du-mouai^ue.
(ii74) b'ajioleterae* ' 8q
cîer fameiiTC , secondé par Bernard de Baliol, Robert de Sliiteville, Odonel d'Umfre ville, William de Yesci, et autres barons des ])rovIiices du côté du nord, ainsi que du brave évêque de Lincoln , Guillaume jugea à propos de se retirer plus près de son propre pays, et fixa son camp à Alnwik. Ce fut là qull eut Fimprudence d'affaiblir extrêmement son armée , en envoyant un très -gros détachement pour élendre ses ravages , se croyant à Fabri de toute entreprise de l'ennemi. Mais Glan- * viUe , instruit de la position de ce prince ^ fit faire une marche forcée à ses troupes jusqu'à Newcastle, ou îl ne leur laissa que* le temps de se rafraîchir un peu, et se remît en chemin vers le soir pour Alnwik. Il fît pendant cette nuit plus de trente milles, et, à la faveur d'un brouillard, arriva le matin près du camp des Ecossais. Alors , sans être intimidé par la multitude des ennemis, il commença Tattaque avec son corps de cavalerie peu nombreux , mais d'une valeur déterminée. Guillaume était dans une si grande sécurité , qu'il prit d'abord les Anglais pour une troupe de ses propres fourrageurs j qui revenais au
HISTQIEB (1174)
camp« li^aspect des eoseigaes le tira de son erreur ; il n^entama cependant Faction qu'avec un corps de cent hommes de ca-» paierie tout au plus, persuadé <]ue Tarmée nombreuse dont il était environné viendrait toujours assez tôt à son secours. Mais il fut démonté et fait prisonnier au premier choc. Ses troupes, appreuant bon fiésastre , s'enfuirent de tous côtés avec la plus grande précipitation* Ces ravageurs y dispersés, regagnèrent chacun leur pays comme ils purent; et la discorde s^étant mise entre eux, ils en vinrent jusqu lj se massacrer réciproquement, de manière •qu^il en périt davantage par leurs propres' ainies que par celles de rennemi.
Cette grande et importante victoire de<* vint à la fin décisive en &veur de Henri , et abattit entièrement Tardeur des Anglais rebelles. L^évéque de Durham, qui se préparait à la rcvollc, soumit j Hugues Bigod , malgré le renfort qu il avait reçu des Flamands , fut obligé de rendre toua ses châteaux, et de se remettre à la miséricorde du roi j aucune autre ressource ne resta au comte de Ferrars et à Roger de Mowbray* Les rebelles dW ordre infé-
{ 1 1 74) d'a|îGL£T£EBE. 91
rieur, imitant bientôt leur exemple, toute ^Angleterre fut pacifiée en quelques se* maines ; et comme le roi parut être sous la protection immédiate du ciel, ou mit Taudace de lui résister au rang des action^ im* pies. Le clergé exalta de nouveau les mé* rites et Tintercessiou puissante de Becket ; loin de combattre cette superstition, Henri eut la présence d'esprit de se parer de la prétendue bienveillance de ce saint , el d'accréditer une opinion si favorable à ses intérêts*
Le jeune Henri , prêt à s^embarquer à Gravcliuei» avec le comte de Flandre et nue armée considérable , ayant appris que tou^ ses partisans en Angleterre étaient rentrés dans leur devoir, abandonna sou projet d^embarquement. Il rejoignit le roi de France, qui, pendant Tabsence du vieil Henri y avait fait une irruption en Nor^ mandie ^ et assiégeait Rouen. Les babitans de cette ville la défendaient couragevise«meut. Louisy désespérant de s'en emparer
à force ouverte, esi^aya de la surprendre par un stratagème qui, dans ce temps de superstition , ne lui fut pas honorable : il prodanvd dans $o& propre c^mp uuç sus-
Dig
HISTOIRE i^^l^)
pension d*annes, sous le prétexte de célébrer lu fête de saint Laurent, njais en effet pour profiter de la sécurité des assiégés. Ils la perlèrent imprudanmenl jusqu'à négliger de poser des seutiiielles : heureusement pour eux que quelques prêtres , par pure curiosité, étant montes au clocher du tocsin, aperçurent du mouvement dans le tamp des Français, sonnèrent la cloche , et donnèrent Talarme aux liabitans , qui coururent à leurs différens postes. Dès que les Français eniendirent le son de cette cloche , ils se hâtèrent aussi de monter à Tassant ; ils avadent déjà escaladé les murailles en plusieurs endroits ; mais les assiégés les repoussèrent avec tant de fureur, qu^ils se retirèrent avec une perte considérable. Le lendemain, Henri ^ qui était accouru à la défense de son duché , passa sur le pont en triomphe, et entra dans Rouen à la vue deTarmée française. Cette ville se trouva alors en pleine sûreté; et le rm, pour braver encore mieux Louis, ordonna que les portes , qu'on avait murées, fus^ sent ouvertes , et se prépara à pousser ses avantages contre Tenncrai. Lotus se dégagea de sa situation périlleuse par une nou-
Le
(i 1 74) d'angleterke. 93
Telle fourberie , moins excusable que la
première; il proposa une conféience pour traiter des coiiditions de la paix générale , à laquelle il savait que Henri se pièLeiait avec empressement j et^ tandis qa^il l'amusait par ses propositions ^ il se retira avec sou armée dans son royaume.
On sentit cependant des deux, côtés la nécessité d'un accommodement. Henri ne pouvait supporter plus loug-temps de voir ses trois fils entre les mains de ses ennemis, et Louis craignait que ce monarque , victorieux de toutes paru, comblé de gloire, et mattre absblu dans ses états , ne se vengeât enfin des dangers et des inquiétudes que lui avaient causés les armes et encore plus les intrigues de la France , pendant ses disputes avec Becket et avec ses propres enfans. Après .une suspension d'armes, on convint (Pune conférence près de Tours, oii Henri accorda dçs conditions à ses fils beaucoup moins favorables que celles qu'il avait oflertes la première fois , et il reçut leurs soumissions. Les giaces les plus importantes qu'ils obtinrent alors de lui furent des pensions qu'il leur assigna, quelques places pour leur résidence^ une
^4 HISTOIRE (si 74)
amnistie pour tous leurs adhérens, qu'il . rétablit dans leurs biens et dans leurs di-i gnitës(i).
De tous ceux qui avaient embrassé Pinjuste parti des jeunes princes , le roi d'Ë^ cosse fut celui qui en paya le plus chèrement rimprudence« Henri rendit la liberté sans rançon & neuf cents chevaliers : mais il en coûta à Guillaume l'ancienne indépendance de sa couronne. Il stipula d'en faire fiommage au roi d'Angleterre, comme au seigneur lige de TElcosse et de toutes ses autres possessions; il promit que tous les Laions et toute la noblesse de ce royaume rendraient aussi hommage à ce monarque; que tousles évéqlieslui jureraient fidé* litéj que tous s'engageraient par serment à prendre son parti contre leur propre âoîiverain^ si ce dernier dérogeait à ses
(i ; Richard seul , se€<md fils da roi , refusa de
se faire copiprcndre dans ces conditions provisoires. Ce jeune, rebelle croyait pouvoii lutter contre hi pnU^ance de son père ; mais la reildiiioa journalière de ses chàieaux, et la défection toujours croi^ssante de ses vassaux , vainquirent sou opiniâtreté , et, après une résistance de quelques seniaînesy il vînt s<; jeter aux pieds du monarqae^ et'iti^Ma son afifecitoii paternelle. {iMg/ard»}
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promesses ; et que les forteresses d'Ëdim*
bourg, de Stirling, de Berwik , de Roxborough et de Jedborougb, seraient livrées entare les mains de Henri jusqu'à Tentière exécution de ces articles. Ce traité dur et humiliant fut exécuté à la rigueur. Dès que Cruillaume fut relâché amena tous ses barons , ses prélats , ses abbés , à la ca** thédrale dTork , où ils rendirent hommage à Henri , et le reconnurent lui et ses successeurs pour leur seigneur suzerain. Le mo^ narque anglais étendit encore plus loin la rigueur des conditions qu'il avait exigées j il engagea le roi et les états d'Ecosse k lui faire une ccbslou perpétuelle des forte-* resses de Berwick et de Roxborough, et de consentir que le château d'Edimbourg res^ • tât entre ses mains pendant un temps li-^ mité. Ce fut le premier ascendant marqué que l'Angleterre obtint sur l'Ecosse , et en effet le premier événement d'importance qui se passa entre ces deux royaumes. Peti de princes avaient eu le bouheur de remporter des avantages si considérables sur ' une puissance inférieure et voisine avec A peu de violence et d'injustice j il était en droit d'imposer ses lois au roi d'Ecosse*^
g6 / HISTOIRE (117^)
qu'il avait fait prisonnier dans une bataille, et qui s'était engagé téméraitement dans une guerre où tous les voisins de Henri , et même sa propre famille , s'étaient ligués contre lui sans sujet.
Henri, ainsi parvenu contre son attente à se tirer aveq, honneur d'une position oii son trône avait chancelé , s'appliqua pendant plusieurs années à faire fleurir la justice et les lois : il prit aussi ses mesures pour se garantir des incoiivcuiens que les * troubles passés de ses états, ou les institutions politiques de son temps , rendaient inévitables. L'étendue de sa provoyance à cet égard prouve un esprit si vaste et si fécond , qu'elle doit le placer au rjjng des jj^islateurs y et les réglemeus qu'il fit epoibrassèrent aussi bien le bonheur futur qpe «
le boulicur pré^-ciU de son royaume.
Il Statua des peines sévères contre les voleurs, les meurtriers, les faux-monnayeurs et les incendiaires. Il ordonna que ces criminels fussent punis par l'amputation de la main droite et du |)Ied droit. Ces châtimens étaient sans doute regardés comme plus rigoureux que la mort; la commutation de peine alUictivc en peine pécuuiaire, qui
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avait une fausse apparence de douceur, était devenue peu^à peu hors d'usage , et semble avoir été totalenieiiL abolie par lu Sévérité de ces lois. Les jugemens superstitieux par répreuve de Teau subsistaient encore, quoique TEglise les eut coodamiics ; mais il ordonna que tout homme accusé demeur-* tre ou de quelque grave félonie, sur la déposition juridique et attestée par serment des knitghtSj ou députés de la province , serait , quoique justifié par Fordéal, banni du royaume.
Tous les pas vers la raison et le bon sens sont lents et graduels. £n vain Henri sentait Fabsurdité de Tépreuve du duel ou du combat, il n'osa risquer de Fabolir. Il permit seulement à celle des deux parties qui le voudrait de demander à être jugée par une assise de douze Irancs-flëtaiaires. Cette méthode déjuger parait avoir été trèsancienne en Angleterre, ^t les lois du roi Aiired la prescrivaient; mais le génie barbare et fougueux des temps postérieurs à ce prince avait plus accrédité l'épreuve du combat; elle était.devenue la mauière générale de décider toutes les contestations importantes ; et elle na jamais été abolie 4. 6
en Angleterre par aucune loi : on en trouve
eiico|e un excm[)le jusque st)us le règne cFElisabeth^ mais rinstitution remise eu vigueur par Henri, étant enfin reconnuif plus raisonnable et plus convenable à. un peuple civilisé , reprit peu à peu le dessus*
Le partage de l'Angleterre en quatre divisions ou départemens , et rétablissement des juges âmbulans, deetinés à faire leur Louiiiée et à tenir leurs assises dans cliacune , pour décider les contestations des particuliers, fut une autre ordonnance importante de ce prince. Elle tendait directement à contenir la tyrannie des ba-* rons 5 et h protéger la noblesse inférieure et le peuple dans leurs propriétés. Ces juges étaient tirés du corps des prélats , ou de la haute noblesse, et pouvaient, ind('j)(Mi(îam» ment de l autorité de la commissioii du roi^ donner, par leur considération personnelle, du poids et du crédit auKlois.
Pour qu'il j eût encore moins d'obstacles à Fetédution de la justice, il prit le soin le plus vigilant de faiie démolir tous les nouveaux châteauK^ forts bâtbparla noblesse , soit en Angleterre, soil dans ses autres possessions , et ue souifnt qu'aucua
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restât eqtre îles mains <{ui lui â|ssent^sus«-
pectes.
Mais^ dans la crainte que cotte démolition des places fortes n^exposât la sûreté du royaume , le roi fit des réglemens d'armes par lesquels tous ses sujets furent obligés de se pourvoir de toutes les choses nécessaires à leur propre défense et à celle de Tétat. Tout homme qui possédait uu fief noble , est-à-dire l'étendue de terre suffisante à Tentretien d'un chevalier, eut ordre d^avoir une cotte de mailles , un cas* que , un bouclier et une lance. Chaque homme libre possédant en biens la valeur de seize marcs devait eue armé de même. Quiconque en avait dÎK se fournissait d'un hausse^col de fer , d'un bonnet de même métal , d'une lance et d'un wambais , c'est-à-dire d'une espèce de cuirasse de laine cordelée , ou d'étoupe , ou de quelque autre matière. Il paraît que Tart de tirer de Tare ^ dans lequel les Anglais fu<^ rent si célèbres, n'était pas encore uéscultivé parmi eux, et qu'ils se servaient principalement de la lance dans les batailles.
Le clergé et les laïques étaient respec-*
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tivement alors dans une position si étrange , qu elle parait incompatible y non-seulement avec un gouyernement civilisé y mais avec toute espèce de gouvernement.
Si un ecclésiastiquecommettaituiiinQurtre, en ne pouvait le punir que par la dégradation ; s'il était tué , le meurtrier ne subis-» sait d^autre peine que rexcommunication et les censures spirituelles 5 de manière que le crime se trouvait expié avec des pénitences et des actes de soumission* U'oùil résulta que les assassins de Thomas Becket^ quoique coupables d^une action atroce, et plus révoltante encore dans ces temps-là que dans tout autre , vécurent • paisiblement dans leurs maisons, sans être inquiétés par Henri même , que Thonneur e( Fintérét engageaient également à' punir un forfait pour lequel il avait ou affectait en toute occasion d'avoir la plus grande horreur. Ce ne 'fut que lorsque tout le monde les évita comme gens excommuniés qu'ils prirent le parti d'aller à Rome y de se jeter aux pieds du pape , et de se soumettre à la pénitence qu'il leur imposaj après quoi ils rentrèrent sans trouble dans la jouissance de leurs biens et de leur
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rang j et il paraît qu^ils recouvrèrent aussi la considération publique : mais comfne par les constitutions de Clarendon , que le roi tâchait toujours de tenir en vigueur, il avait assujetti les ecclésiastiques à être jugés parle magistrat civil, il était juste qu'ils lussent protégés du pouvoir auquel on les soumettait. Ainsi il fat statué que le procès de tout meurtrier d'ecclésiastique serait fait devant le juge séculier ^ en présence de Févêque ou de son ofllcid , et qu'outre le châtiment ordinaire du meurtre , on le condamnerait encore à la con« jfiscation de ses terres et de ses châteaux y . et de tous ses biens meubles et immeu<> bles.
Le roi fit encore une loi fort équitable pour que les biens d'un vassal ne fussent pas saisis par le créancier de son seigneur, à moins qu il n'eut été caution de la dette; mais aussi pour que les tentes due& par les vassaux fussent payées aux: créauQiers du seigneiir , au lieu de Tétre au seigneur * même. On remarquera que cette loi passa dans un conseil que le roi tint à V.erneuil, composé de quelques prélats et de quel* ques barons d'Angleterre , aussi bien que
lf>a. HISTOIRE (1276)
de Normandie^ de PoitouT, d'Anjou^ du
MiUne , de Bretagne , et que par conséquent elle evit lieu pour ces différente^ provinces (i) : preuve certaine deFirrégularilé de Fancien gouvernement féodal , et du^ despotisme dont Tautorité royale approchait cil quelques occasions, tandis qu eu d autres Les rois n avaient presque aucun pouvoir. Il suffisait à un prince aussi redouté et aussi respecté que Henri.d'ob-? tenir Tapparence d'un consentement gé« néral i\ toute ordonnance équitable et sage qu'il proposait, pour qu elle devint sur-lechamp une loi constante à laquelle tout le monde acquiesçait. ÎMais si le prince était haï et méprisé j si les nobles qui le soutenaient avaient peu de crédit f si T^er* vescence du temps disposait les peuples à douter de Téqu^^é de ses ordonnances , le conseil le plus nombreux et le plus authentique n'avait plus aucune autorité f Tétat tombait dans le désordre et la con^ fuiion j aucune idée de comliLatiou régu*«>
(1) Jl était fî'iisaiïc pour les rois d'Angleterre, aprèi la conquête d^irbudc , d'appeler les barons ei d'ouires r^prégeuian» de ce paj» au jisijemtn»
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lière ne restait et la force et la violence
décidaient de tout.
Les succès de Henri dans les guerres
^ qu'il avait soutenues n'encouragèrent pas ses voisins à fai^e de aouvelles entreprises contre lui j et les objets qu^il eut à traiter avec eux pendant le resti^ de son règne fu-
^ rent peu importans. L'Ecosse resta dans Fétat de sujétion féodale où il Tarait ré^ duite , et neTinquiéta plus. 11 envoya Jean, son quatrième fils, en Irlande, pour lui faire achever la conquête de cette ile ; mais la pétulance et riueapacitë de ce jeune prince déplurent tellement aux chieftains irlandais, q^ue le roi sou père fut oblige de le rappeler. Le loi de France, entraîné par un mouveàient de piété superstitieuse, mais plus sincère que celle de Henri, fit un pèlerinage au tombeau de Becket, pour obtenir par son intercession la guérison de son iils Philippe* Ce mo« narque croyait probablement avoir des droits sur la faveur de ce saint, relativement à leur première intimi£é , et il espé*
- rait sans doute que son protégé sur la terre n'oublierait pas, sur le trône de gioir^ pu il était pUcé éxns lè ciel , son ancien