‹ Histoire d'Angleterre, depuis l'invasion de JulesCésar jusqu'à la révolution de 1688Chapitre 14 sur 19 · I04 HI8T01BE · texte numérisé non relu

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ami et son bienfaiteur. Les moines , ne se dissimulant pas que Thonneur de leur

saint était intéressé à cette cure , ne manquèrent pas de publier que les prières de Louis étaient exaucées, et que le jeune prince avait recouvré la santé* Peu de temps après 9 le monarque français fut frappé lui-même d'une attaque d'apoplexie qui lui ôta l'usage de son jugement. Philippe , quoique n'ayant encore que seize ans, se chargea des soins de l'administration jusqu'à la mort de son père : elle lui ouvrit bient&t le chemin du tr6ne , et il devint le plus habile et le plus grand roi qui eût gouverné la France depuis Gharlemagne. Cependant la supériorité d'âge et d'expérience qu avait Henri , en modérant sa propre ambition , lui donna un tel as^ cendant sur Philippe, qu'il n'y eut pendant long-temps entre eux aucune rivalité dangereuse. Le roi d'Angleterre , au lieu d'abuser de ses avantages , employa ses bons offices à fiacifier les différends qui s'étaieiit élevés dans la famille royale de France , et réussit à ménager une réconciliation entre Philippe, sa mère et ses ondes. Ces serrices luxenl mal récompensés

(il 8a) DAHGLBTEaU. . io5

par ce jeune moaarque : dès qu^il eut atteint son adolescence, il fomenta toutes

les discordes intestines de la famille royale d^Ângleterre y et encouragea les fils de Henri dans leur conduiteingrate et rebelle avec leur père.

Le jeune Henri , aussi impatient qulncapable de gouverner, demanda de nouveau au roi de lui céder la Normandie. . Sur le refus qu'il s'attira , il $e réfugia avec la princesse son épouse à la cour de France j mais y ne trouvant pas Philippe disposé à . entreprendre une guerre uniquement en sa faveur, il accepta les offires d'accommodement qui lui furent faites par son père ^ et se soumit. C'était une des cruautés du sort de lîenri^ que ce prince ne pùt être & couvert un moment des entreprises cri-* minelles de ses fils que par leurs discordes et leurs haines mutuelles , qui jetaient sa famille et ses états dans le trouble et l'agitation. Richard, qu'il avait rendu maître de la Guienne, après avoir signalé sa va^. leur et soji génie militaire , en réprimant les révoltes de ses barons mutinés , refusa d'obéir aux ordres de son père et de rendre hommage k son frère ainé de ce duché.

)06 HISTOIRE (l9â3)

ttenri ei Geoffîioi unirent leurs aymc^^ et portèrent la guerre dans les possessions Ae Richard. Le roi parvint avec peine k concilier ces différends; mais immédiatement ensuite il sut que son fils aîné s'était engagé dan^ une conspiration gontre lui, et se préparait à prendre les armes. Tandis que oe jeune prince suivait ses desseins criminels, il /ut saisi d^une fièvre violente à Martel château près de Turenne , où il s'était re« tiré, dans l'accès de son nouveau mécontentement* Il sentit les approches de la mon, et àlaffîi se rcproclia Tliorreur de sa conduite avec son pèr^. II dépêcha 4in courrier à ce monarque, qui n'était pas éloigné, pour l'assurer du regret de ses fautes , et le supplier de lui accorder la faveur d'uue visite, afin qu'il eût la satisfaction de recevoir son pardon avant de rendre le (Jernier soupir*, Benri , qui avait fait trop souvent l'expérience de ringra;tiLudc et de Temportement de son fils , craignit que cette maladie ne fifiit une feiôte de sa part pour l'attirer dans quelques pièges , et n'osa se remettre entre ses mains (i). Mais lorsque peu de tempa

(i) La soi déêiwM y aller ^ mais ses amit, re* doutaqi quelque nonvean complol , Vm dis em-*

( ï 1 83) D^AKGLETERRE. 1 07

après il apprit sa mort, et les marques qu^il

avait données de son repentir sincère, ce boa prince fut pénétré de la douleur la plus prdfonde ; il s^évanouît trois fois , sq reprocha la dureté du refus dont il avait affligé son fils mourant ^ et se désespéra 4^ ravoir privé de la dernière occasion d'ex^ pier ses fautes, et de répandre son ame dans le sein d'un père attendri. Le jeune Ucnri^ mourut dans la vingt-huitième année de son âge. ^ . ,

La conduite des enfens qui restaient roi n'éftit pas assez satisfaisante pour Jie consoler de cette perte. .Comme le prinQÇ^ Henri n^avait laissé aucune po^érité(i)^ Richard son frcre devenait Théritier présomptif, et le roi comptait que Seaxx , le, cadet de ses fils , celm qu'il chérissait le.

dètcnt. Otant alors tine bagne de sçii doi{;t« il ordbnna h Varchevê^ne de BoMeanx de la por* ter ao prinM, commi! un lértioignage de sa ten** dresse et de sou par4on« r.e jeune Henri la pressa sur ses lèvrfs, avoua pu!iii'(ucjncnc ses iaulcs, et oi'dcHina anx cvcques <h- le placer sur un lii de cendres pre'pare fîans" le inilion do la chamhre , oii ii reçut sacrcmçn^ el e\pira.^/.{/i|^4iirci.f)

(ij V^yez le iableau gdacalogi^ue.

jo8 ttisfot^ ' (ii83)

plus 9 aurait la Guienae pour apanage } mais Richard opposa , s^enfoit daDS ce duché , et fit même des préparatifs pour déclarer la guerre à son père et à son frère

Geoffroi , qui était alors en possession de la Bretagne. Henri fit agir la reine son ^ou6e y héritière de la Giiienne , et Ten^ Toya sommer Richard de rendre cette province à sa légitime souveraine* Soit que Richard craignit que lés Gascons ne se révoltassent en faveur de cette princesse , ou qu^il conservât quelque respect pour elle ^

il obéit, et s'en retourna palsiblera^liit à la €Our« Cette querelle ne fut pas plus tôt ao* commodée , que Geoffroi , le plus vicieux peut-être des malheureux eufans de Henri, se livra de nouveau à la violence de son caractère , demanda audacieusement qu^on annexât TAnjou à sa souveraii^eté de Bretagne, et, stlr le refus qui lui en fut fait, s'enfuit à la cour de France , et arma contre son père* Mais Henri se vit bientôt délivré de cet orage par la mort du prince rebelle même, qui fut tué dans un tournois à Paris (i). i>a veuve de Geofiroi, peu

(i) Henri ne pleura point sa perte^ mais Phi - Kppe le frt î^humer avec aue Mope extraordi-

{l 1 8â) D^AliGLETEkaS. 1 0^

de temps après avoir perdu son époux, accoucha d'un lils qui eut le nom d*Artiiur, et qu'on inyestit du duché de Bretagne sous la tutèle de son grand-père paternel, qui , comme duc de Normandie , était seigneur supérieur de cette province. Phi* lippe disputa aussi quelque temps ses droits à cette tutèle , comme seigneur suzerain ; mais il fut obligé de les faire céder à rincUnation des Bi etoDs, qui préférèrent le gouvernement de Henri- La rivaliic de ces princes puissaiis, et tous leurs petits intérêts, parurent s'évanouir pour laisser agir la fureur générale de délivrer la Terre-Sainte et d'en expulser les Sarrasins. Ces infidèles s'étaient trouvés forcés de céder à l'inondation des chrétiens du temps de la première croi- " sade ; mais ils reprirent courage sitôt que ce torrent fut passé , et , aUacjuant de toutes parts 1rs établissemens t^:s Européens, les réduisirent aux plus grandes extrémi-» tés, et les obligèrent à demander encore du secours aux puissances de TOccident.

naiic et de giandes dcmou^traiions de cliâgcia% {JLingatdn )

2XO BISTOIBS (lltô)

Uaç seconde crojiâade , faite sous Teiupç* 3CQW Conrad et Louis tu , roi de France, DU périrent p)us de deux cent mille bomînes , ne leur donna quVne assistance passagère : ces princes y après avoir perdu des armées si formidables, et vu moissonner ]|t fleiir de la noblesse de leurs états ^ s^en

revinrent en Europe avec peu de gloire. Hais CCS infortunes récidivëes , qui avaient épuisé les contrées du couchant de leurs « peuples et de leurs trésors, n'étaient pas encore suffisantes pour guérir les esprits de la manie de ces pieuses prouesses. Un nouvel incident ralluma la flanmie dévolante du ièle des ecclésiastiques et des aventuriers militaires du pays latin. Saladin^ prince généreux, brave et prudent , monta sur ïe tr&ne de TEg} pie , et commença d'étendre ses conquêtes sur tout rOrient. Le^ ctablissemens des croisés en Palestine faisapt un obstacle au progrès de ses armes , il dirigea tous les eiibrtâ de fâ politique et de sa valeur k subjuguer ce territoire étroit et aride, maïs important pour lui. Ce Soudan , habile à proiiter des dissensions des chrétiens, ayant gagné se^ crètement le comte de Tripoli, général

Cl I Ô$ Ali GLETBEHE. III

amuiea j attaqua leurs fronlièrea ayec

des txoupes nombreuses : secoadé par la perfidie de ce comte ^ il lemporta une viotoire complète à Tibénade , qui anéantit tpulement les forces du royaume de Jér ruaalaox , diqà languissant. La yille sainte même tomba entre ses mains après une Êuble mistauce \ A soumit presque entîèremenl k rojraume d^Antiodie) et, à la l'énervé de quelques villes maritimes ^ rien d^important ne re&la de ces qonquàtea tant

avaient coûté 1^ plu& grands efforts à toute rJBurope.

Les clirétieiis occidentaux furent consternés en apprenant cette déplorable nou* wUe^ el Fon prétend que le pfipe Urbain in en mourut de chagrin. Grégoireviu , son successeur , employa le peu de temps que dura son pontificat à exciter tous les e^ré*tiens qui reconnaissaient son autorité à coutir aux armes* Le cri général était que ceux, qui n'arrachaient pas aux infidèles rhécitage de Dieu sur la terre ^ et qui ne délivraient pas de ^esclavage une terre con« sacrée par les pas du Sauveur, devenaient iiidi6ii<»> BOMéder-anco» héritage dan.

112 msToiRE {n88)

le ciel. Guillaume, archevêque deTyr,

ayant arrangé une conférence entre Henri et Philippe près de Gisors, appuya sur ces motifs pressans, fit une description pathétique de l'état déplorable des chrétieus orientaux j et mit eu usage tout ce qui pouvait échauffer les passions rcgnantes de ce siècle , c'est-à-dire la superstition et Tamour de la gloire. Les deux monar-; ques se croisèrent sur-le-champ , et leurs vassaux les plus considérables suivirent ^ leur exemple. GommeTempereur Frédéric entra dans la même confédération , les espérances de succès parurent assez bien fondées ; et Ton se flatta quNine entreprise échouée sous la conduite de chefs indépendans et de princes faibles pourrait à la fin réussir par les efforts réunis de ces monarques si puîssans et si habiles.

Les rois de France et d'Angleterre levèrent une imposition du dixième des biens mobiliers sur tous ceux qui ne quittaient pas leurs foyers pour la sainte expédition. Mais comme on exempta le clerf^e régulier de cette taxe ^ le clergé séculier aspha au mémo privilège, et prétendit n'être obligé d'aider le$ croisés que de sc^ prières j ce

( 1 1 89) D'ANGLETERRE. lli

fut qa^avec peine que Ton vainquit sa résistance, d'autant plus indécente de sa part y qu'il avait été le premier instigateur des. croisades. Cette répugnance des ecclésiastiques est peut-être une preuve que Fardeur enthousiaste dont le peuple avait été d'abord animé pom- les croisades était très-affaiblie par le temps et les mauvais succès j et que cette frênaie ne se soutenait pjus que sur le génie militaire et Tamour de la renommée f encore subsistans parmi les grands monarques.

Mais avant que cette machine immense pùt être mise en mouvement , il se trou-* vait une foule d'obstacles à surmonter.

Philippe^ jaloux de la puissance de Henri , se ligua secrètement avec le jeune Richard. Adroit à manier le caractère impatient et ambitieux de ce prince, U lui per«. suada de préférer au soin de soutenir et d'agrandir la monarchie , 'dont il devait hériter un jour , le bonheur actuel d'acquérir du pouvoir et de Tindépendance en la troublant et en la démembrant.

Pour donner un prétexte aux hostilités entre les deux rois, Richard ravagea toutà-coup les terres de Raymond , comte

1 1 4 HISTOIRE (il 8^)

dé Tmiloiuê , qui en |i6rta âttr-te-chdiii|)

ses plaintes au roi de France^ cotamè à

son seigneur supériétii** PMippe eh demanda raison à Henri ; iàaiè tôlite là ré-' poDse qu'il reçut fut que Richard ayait avnuë k Tisd^heVêque de Dubliti qUë Fiii-

suite faite an comte de Toulouse avait été concerlée avec le roi de France, et diri- . gëe 80tt9 ÈËL proté€tidn< Philippe , qifl âu^ rait dû se trouver confondu et humilié en Tbyont ses intrigués déoduvei-teâ ^ suivit ait contraire son premier plan , et fôtidit sut les provinces de Berri et d'Auvergne , toUjoiirs cotnnié vëngtsttr de Raymond* Henii usa de représailles en faisant une incursion sur les frontières de la France , et brûla Dretix* Comt&e' cette guerre , èn Iraversant le projet des croisades , donnait un grand scandale, les deux rois r^ôla-^ rent de s'accommoder, et tltirent à eM eflfet une conférence dans le lieu accoutumé^ entre Gisors et Trie; msi ils se sépâi* rèrent plus irréconciliables que jamais, et Philippe marqua sa mauvaise humeur en faisant abattre Torme sons lequel les cdnfë* rences se tenaient ordinairement , comme a'il avait renoncé à toutes voies de pacifi««

( 1 1 Sg) D^Air^LETEÉBE. US

cation , et qu^il Tôulût pousser la gueirre à toute outrance' contre le roi d'Angleterre.

Mais ses propres vassaux refusèrent dô servir sous lui pour une càuse si injustë^ et il fut oLlIge de renouer une entrevue avec Henri , et d'offrir les conditions de la paix. Elles achevèretit d^outrir lë§ yeux du roi d*AngIelerre , et lui prouvèrent la perfidie de son fils , et son aïliance secrète avec IPhilîppe , dont auparavant il u^avait eu que des soupçons. Le roi de France demanda que Richard fût couronné roi d'Angleterre du vivant de sou père} qu^on l'investit de toutes les souverainetés que Henri possédait sur le continent , et qu'il épousât incessamment Alix, sœur de Philippe, avec laquelle il ^taît déjà fiancé, et qu'on avait condtdté en Angleterre. Henri avait fait une si cruelle expérience des fiinestes effets dtt couronnement de son fils aîné , et de l'alliance de ce prince avec la maison royale * de France, qu'il rejeta ces propositions» Ri* cliard , en conséquence de ses conventions mystérieuses avec Philippe ^ consomma sà l^évolte , rendit hommage à ce princé dé toutes les possessions que Henri tenait de

]a cônroBne de France , et en recat Vin^

ye^ûiuxe comme s'il était déià le lémtime propriétaire de ces provinc». Qudques histOTÎeDS assurent que Henri même était Revenu amoureux de la jeune Alix, et que ce fut une raison de plus pour lui de refuser les conditions qu'on lui avait proposées : mais sa conduite dans cette occasion ëtait justifiée par tant d'autres mo* tifs justes et bien fondés, quil n'est pas "nécessaire de lui en supposer im pareil ^ que d'ailleurs la prudence et Fâge avancé de ce grand prince rendent peu vraisem- |)lable«

Le cardinal Albano , légat du pape, fut $i mécontent de ces obstacles multiplié contre Fexécution de la croisade , qu'il excommunia Kicbard, comme étant la source principale de la discorde; mais ces sentences d'excommunication, souvent si puissantes dans ces temps-là, lorsqucllcs étaient préparées et soutenues avec zèle par le cierge , n'eurent aucun effet dans cette circonstance. Les principaux barons de Poi*tou , de Guienne , de Normandie et d'Anjou, attachés au jeune prince , et voyant gu'il ^vait reçu l'investiture de leur sei-»

(1189) b'akglexjebee. llfj

gneur suzerain, se âéclarèrent pour lui, et firent des incursions sur le^^res de tous ceux qui soutenaient le parole Hen* ri. Ce monarque , chagriné par les révoltes journalières de ses sujets mutins, et crai^ gnant que leur disposition à se soulever ne produisît encore que des effets plus cruels ^ eut recours de nouveau à Tautorité du sou* veraîn pontife. Il engagea le cardinal Anugni, successeur d^Albano dans la légation^ de menacer Philippe de mettre tous ses ëta(s sous rinterdit* mais Philippe, aussi courageux qu'habile , méprisa ces mena-^ ces y et répondit qu^il ne convenait point au pape de se mêler des contestations des princes , et encore moins de celles qui pouvaient s^élever entre lui et ses vassaux re^ belles; il porta même la hardiesse jusqu'à reprocher au légat de s'être laissé corrompre par les présens de Henri ^ et de n'agir dans cette affaire qu'avec partialité. Richard , encore plus violent , tira son épée contre An^goi, et Fen aurait frappé, sans les personnes présentes à cette scène , qui retinrent ce prince.

Le roi d'Angleterre se vit forcé alors de défendre ses états par les anu^s, et, dans

ii9 msTomii (1^89)

uûë position sî désavantageuse , d'etitrér én evtemÊÈvec la France ^ et avec son fils atné, pnnce d^uAé valeur reconnue. La Ferté-Bernard tomba d'abord entre le^ mbifis de Tennemi ; la ville dil Manà fut ensuite prise cVassaut , et Henri , qui s^était jeté lui-même dans cette place , ne s'échappa cfU'avec difficulté. Amboise , Ghattmont et Château-du-Loir ouvrirent leurs portes dès que Philippe et Bichard parui'ènt. Toufs fut investi, et le roi, qui tétait retiré à Saumur, et qui éprouvait journellemènt la lâcheté ou la perfidie de s^s gou«^ veriieurs, s^attendait à échoiiér dans toutes ses opératiquSé Tandis qu'il était dans cet état d'abattemeitt ^ le duc de Bourgogne, le comte de Flandre , et Farchevêque dé Reims, offrirent leur médiation pour négocier la paiic. Bcnri, ayant reçu daifS ces entrefaites la nouvellè de la prise de Tours , qui aéhef ait de runïer ses affaires^ tomba dans un tel découragement , qu^Il accepta toutes les conditions rigoureuses qu^on voulut lui imposer. Il consentit ait mariage de Richard avec la princesse Alix, permit que ce prince reçût Thommage et iè seraient de fidélité des Anglais et de totii

(1189) l>'A]!iGL£T£RR£. ît^

ses autres sajets des provinces âu-Hlel& âé

la mer, convint de payer -vnngt mille marcs d'argent au roi de France pour le dédoûitfoager des frais de la guerre , se sôuiîrit ft ce que ses barons lui fissent observer ce traité par force , eji cas qu^il voulût le vio* 1er, et s'engageassent & se joindre alors avec Philippe et Bichard contre luij et enfin promit une amnistie à tous ceux âè seft vassaux qui s'ëtaieat jet^s dans le parti dé Richard.

Mais la mortification que ces S(Mîcles humilians et désavantageux causèrent à Henri , accoutumé à faire la loi dans la plupart des traités , ne fut pas la dernière qu'il éprouva de cette espèce. Lorsqu'il demanda la liste des barons auxquels il s'était engagé de pardonner leur ligue avec Richard^ il fut ét^ouné de voir à leur tête le nom de son second fils Jean , ce fils qui avait toujours été son favori , dont il avait eu les intérêts si fort à cœur, et qoi^ par son crédit auprès de lui, avait souvent donné de la jalousie à Richard. Ce malheureux père, déjà trop aecablé d'en ibarras et de oha^ grins, fit c'clater le désespoir le plus Violent à la découverte de cette nouvelle à^aéé-

X20 nisxoiBE ( i ^ ^)

tume portce au fond de son cœur; il chargea d'impréGaiioDS le jour où il avait i^eçu isa funeste existence , et prononça contre ses enfans ingrats et rebelles une malédictioa'qu^il ne fut jamais possible de Tenga* ger à rétracter* Plus son ame était sensible et tendre , plus il fut indigné du retour barbare dont 6es quatre fils avaient succès-» sivement payé ses soins paternels. Ce dernier coup, en rompant Tunique lien qui rattachait à la vie ,* épuisa ses forces et le jeta dans une fièvre lente, dont il mourut peu de temps après, le 6 juillet, au château de Chinon , près de Saumur. Son fils naturel y Geoffroi le cliaucclier ^ qui seul )ui était demeuré fidèle , suivit son corps à l'abbaye de FontevrauU, dans Téii^lise de laquelle il fut exposé (!)• Le lendemain ^

(i) Avant d'avoir aueînt Fâgc de vînç;t ans* trcoflroi fnt nomme à IVvcché de Lincoln.

9 * C'était à l'cpoque de la première rébellion ; et !c prélat, nouvciioaicnt t'in , rassembla un corps d'Jiommcs arme's, cl dispersa Jcs insurges (hi nord. A \% tète de ceîU cinquante chevaiierî», il rejoi- , fp3Ît son père , qui l'embrassa en sV'criant : <c Toi «enl csmon (Ils légitime ^ tonales autres sont des Jbfturds* » il fat dcnx ana avant d'obtenir la conilriiiatiQn de aon ^leçtiqn , h canae de «a jeuneaaq

' (1189) I>'A]fGL£X£aEE« 121

Richard vînt rendre les devoirs à son père, et maigre sa conduite criminelle y a'étant* pas tout-à-fait dépourvu de sentiment, fut pénétré d'hoireur et de remords à son aspect. Gomme les spectateurs remarquèrent que le sang sortit tont-à-coup de la bouche et des naiines du cadavre , Richard , en conséquence d^un préjugé vulgaire 9 s^écria douloureusement qu'il étuk le meurtrier de son père , et reconnut en gémissant^ mais trop tard , que saiconduite dénaturée avait précipité cet infortuné monarque au tombeau.

Ainsi mourut dans la cinquante-huitième année de son âge ^ et la trente-cinquième de son règne , le plus grand prince, de son temps par la sagesse , la vertu et

et, sept ans apris,il nattait encore que 4aïqac,

c|Uoiqu'il toucliât les revenus de son sît'ge. A la tin le pape insista pour qiril prît les onlies , ou qu'il résignât IVvéche'. Il choisit ce dernier parti, et servît son pèro on qualité de chancelier, pendant la dernière guerre et luaqu'à son décès. Avant de mourir, Henri le remercia de son affec^ tiôn f lui donna , avec sa bénédiction , Tunneau qu^îl portait à son doigt, et exprima le dëstr qu'il m promu à 1 VcheYéehé d^ïork et k VérèAé de IVîndicster. {tdngard»)

i2À mitoÎBit

lHabileté , et , par retendue de ses états , le plus puissant de tons ceux qui eussent

jamais rempli le trône d'Angleterre. Son Caractère y soit qu'on Texamine dans sa vie priyée ou dans sa vie publique , était pred» que ' Sàns défaut , et il parait avoir réuni toutes les perfections du corps et de Tamé qui constituent Thomme aimable et estimable. Il était d'une taille moyenne , fort^ et bien propôrtionné ; sa physionomie était vive et ouverte , sa' conversation douce et amusante , son éloculion aisée y persuasive^ et toujours convenable à la chose et au moment. Il aimait la paix , mais il possédait Tart de la guerre , et y montrait autant de valeur que de talens. Enfin il savait être prévoyant sans timidité , sévère dans Texécution de la justice , sans rigueur^ et tempéré sans austérité. Il conserva sa santé, et se garantit de Texcès d'embonpoint y dont il semblait un peu menacé, par une vie très-sobre et par des exercices fréquens y surtout celui de la chasse. Lorsqu^il lui restait quelques loisirs j H les consacrait volontiers à des entretiens savaos ou à la lecture; et il cultivait ses talens natuxeU par Tétude plus qu'aucun prince de son

temps. Ses affectiotïé ^ ainsi que ses immî- ^ës, étaient ardentes et durables; sa longuè tepériéncôdé l'ingratitude et de l'infidélité des hommes ne déttniisit jamais la sensibilité de flfèn tour, qui le disposait à Famitié et k lâ sociabilité. Plusieurs auteurs, ses ^ contemporains, nous ont donné son por« trait ; et , èëlàn lës traits les plus l*emarqùa- Mes , il paraît ressembler extrêmement à son aïeul maternel Henri i. Cependant f atdbition , passion dominante de ces deux princes , n'employa pas des moyeife si honnêtes de 6é développer et d'agir dans le premier Henri ; elle en fit prendre à ce monarque dé criminels eu eux-mêmes , et qui o'ceaâiohèrént encore de plus gratids cri^ niés, dont heureusement la conduite de 6ôn petit-fils ne fut jamais souillée.

Ce prince , ainsi que la plupart de ses prédécesseurs de la maison de Normandie, excepté Etienne , passa plus de temp^ dans ses états du continent que dans son royaume. Il se faisait suivre de la noblesse anglaisé lors^ofll venait én France , et ûb la noblesse française lorsqu'il revenait en •Ângletéfrè : tes deuit nation^ agi^saiëtit dans le gouyernemeut comme si elles cuà*

ia4 HISTOIRE (ïïSg)

sent été la même f et en plusieurs occasions

la législation parait n'avoir pas été distinguée. Gomme le roi et les barons d'Angleterre étalent originaires de France, les mœurs françaises prirent de Fascendant, et furent regardées à titre de grands modèles qu il fallait suivre. Tous les progrès, quels qu'ils fussent, chez l'étranger , soit dans la littérature , la politesse , les lois ou les arts, semblaient être en grande partie transplantés alors en Angleterre ; et cette nation n'était pluK inférieure, dans toutes les choses d'agrément et à la mode à aucune de ces nations voisines sur le continent. Ce qu^il y avait de plus grossier mais aussi de plus sensé dans les mœurs et les principes des Saxons fut échangé pour les afifectations de la chevalerie, et pour les subtilités de la philosophie scolastique : les idées féodales du gouvernement civil etlessentimens de la rdigion romaine s'étaient absolument emparés du peuple : les unes diminuaient, en quelque sorte, dans les barons la soumission due aux souverains ; les autres augmentaient parmi le clergé rattachement enthousiaste à l'autorité du pape. Les familles de ^Normandie ou d'autres p^iys y

(1189) B^AKGLEXEBBE. 12$

établies en Angleterre , y avaient alors jeté

de profondes racines j dès qu'une fois elles ' firent corps av^c le peuple^ qu^elles avaient d'abord opprimé et méprise , celles n'imaginèrent plus que la pi oteclion de la cou-* » ronne leur fût nécessaire pour jouir de leur fortune , et cessèrent de regarder leurs tenuces comme incertaines et dépendantes^ elles aspirèrent à la même liberté qu'elles voyaient à leurs anciens compatriotes du continent , et désirèrent de restreindre les prérogatives exorbitantes et l'administration despotique ^ que les nécessités de la guerre et les violences inséparables d'un temps de conquête les avalent obligés autrefois d'encourager dans le^x mouarque.

Le souvenir encore vif parmi les Anglais d'un gouvernement plus égal sous les princes saxons répandait aussi l'amour de la liberté , et excitait les barons à désirer plus d'indépendance pour eux personnellement, et à favoriser le même esprit dans le peuple. Bientôt cette révolution secrète dans les sentimens produisit des convulsions violentes dans Tétat , et de là une altération évidente dans les maximes du gouvernement*

Lliistoire de tous les prëcédens roîs ^TAiigleterre , depuis la conquête , donne les preuves démonstratives des désordres que le gouvernement féodal entraînait ; de * k licence des barons, de leur esprit de rébellion contre le prince et les lois, et de haine les uns contre les autres. La condùite de la nobles dans le^ ëtats, que ces monarques possédaient au-delà des mers, fournit peut-être des iexemples encore plus frappans de ces troubles j et Fhîstoîre de France , pendant plusieurs siècles , ne contient presque que des récits de cette uature. Tant que le gouvernement violent dura, les villes ne purent être ni en grand nombre, nî peuplées; et quoiqu'eUes fussent toujours le siège principal de la loi et de la liberté, une multitude de faits semblent prouver que leur police était sî relâchée , si irrégulière , qu^elles se trouvaient exposées auic mêmes désordres dont les campagnes gémissaient généralement. Il était ordinaire à Londres que les fils et les parens de^l citoyens les plus considérables formassent entre eux une confédération licencieuse , quelquefois au nombre de plus de coui, fondissent sur les maisons riches

(1189) d'akgletebbe. 12^

flôilr Icfs piOer, volassent et assassinassent les pàssatis, et commissent les dernières hôrrents avéc impunité; il y avait tant de danger à sortir dans les rues la nuit , que leà bourgeois n'osaient pas plus quitter lënrà ttâis^oné après le conclicfr du soleil qùe s'ils avaient eu à craindre les incursions d'tyi ennemi public. Le frère du iîùmte de Ferrare avait été assassiné par line bande de ces libertins nocturnes , et la mort d'une personne de cette haute naissànce, qui fît beaucoup plus de sensation que celle de mille autres d'un rang inférieur, irritâ si vivement le roi , qu'il jurâ de la venger sur les coupables. En effet, de ce moment il tint plus sévèrement la ihatti & Pexécution des lois.

Les historiens rapportent un autre fait tffA ptouve de qnel excès ces débauchés

étaient capables , et avec quelle impudence ils volaient. Une de leurs troupes voulant forcer la maison d^un homme opulent; •dans l'intention de la piller, rompit la muraille à coups de marteau j ceé brigands itvâient déjà pénétfé pa^ cette brèche, Tépée à la main, lorsque le propriétaire ,

armé de pied éu «dap ^ et soutenu de sei

ia8 HISTOIBB

fidèles domestiques, se présenta sur leur passage pour se défendre. Il coiapa la main droite du premier voleur qui parut , et fit une résistance si ferme, que ses voisins eurent le temps de s'assembler et de venir à son secours. L'homme qui avaic eu la main coupée fut pris ; on l'engagea, par la promesse de lui faire grâce, à dénoncer ses complices, parmi lesquels^ se trouva un nommé John Senex, né d'une des plus riches et des meilleures familles de Londres» Il fut convaincu par Tépreuve de Tordéal, et quoiqu'il oflFrît cinq cents marcs poïur rachetep sa vie, le roi refusa cette somme, et ordonna qu'on le pendît*

L'intégrité de Henri dans Tadministration de la justice lui avait donné une si grande réputation k cet égard, que les princes, même des pays éloignés, le rendaient arbitre de leurs différends, et se soumettaient à ses décisions. Sanchcz, roi deJNavarre, ayant quelques contestations avec Alphonse , roi de Gastille , consentit que ce prince, quoique gendre de Henri ^ le choisît pour jugej et les deux parties consignèrent chacune trois châteaux entre des jgiains neutres^ comme gage de Texé-

(1189) D'AîiGL£T£im£.

cation qui serait faite de son arrêt. Henri

voulut que sou graud conseil examinât la cause, et il prononça ensuite son jugement, auquel les deux monarques acquiescèrent volontiers. L'un et Tautre avaient envoyé éhacun un champion à la cour d'Angleterre pour soutenir leurs droits par les armes , en cas que Henri choisit la voie du duel. '

Ce monarque affecta d'abolir si positivement l'usage absurde et barbare de confisquer les vaisseaux qui avaient fait naufrage sur la côte, que , pourvu qs'il restât un homme ou un animal vivant dans le navire, on le rendait, avec toute sa cargaison y aux propriétaires.

Le règne de Henri fut remarquable par une innovation que ses successeurs portèrent c^ncore plus loin , et qui eut des sui-* tes importantes pour le'gouvernement. Ce prince était dégoûté de ces espèces de forces militaires établies par les institutions féodales, et qui, très à charge aux sujets, rendaient cependant fort peu de service au souverain. Les barons , ou les tenanciers militaires, entraient lard en campagne,

n'étaient ol^igés de servir que quarante

l3q -msTii^ (1189)

jours ; l^j^ opàraûoiui «a {iwaienl ii^ . telligence et sans ordre, et ils j^ortaienl dans le camp le même défaut de sub^idioatioa, Iç même géoie d'md<^endaiijQ^ qu^ils avaient dans leur gouvernement civil. Hgiixi introduisit donc Tus^ de ie$ faire contribuer de leur argent , à la plaoQ de leur personne^ pour former ses armées j et il levait des impôts sur ses baronnij^eft sur ses fiefs , au lieu de faire marcher ses vassaux. L^histoire de réchi(j[uier parle de ces taxes dans la secondei la Qinq.uîèniid et la di%huitième année du règne de ce prince* D'autres écrivaius en comptent troia exemples de plus« Lorsque le roi se f ufc

ainsi assuré d'une certaine somme , il fit ua accord avec quelques uns de ces aventuriers dont l'Europe abondait alors; ils luitrouvcueut des soldats de la même trempe, qu'eux, qui s'engagèrent à le servir peur dant le temps qu on spécifiait. Ses armées furent beaucoup moins nombreuses, maia plus utiles que lorsqu'elles étaient compo* sées do tous les vassaux de sa couronne j les institutions féodales commencèrent à s^ relâcher ; les rois devinrent plus avidesd^ar» geut à misure que Targent devint le nerf

de leur puiâsaocQ j les barons y ne voyan{^ plus de terme aux exactions qu'ils souf-

fraleiJt, prirent les armes pour défendre leurs propriétés y et comme la même cause eut h peu près les mêmes effets dans les dif^ férens pays de rEurope, les différentes couronnes perdirent ou gagnèrent de l'autorité , selon les divers succès qu^elles eurent dans ces sortes de débats»

Herni fut aussi le premier qui leva un impôt sur les biens mobiliers ou personnels de ses sujets nobles ou roturiers. Leur zèlç pour les guerres de la Terre-Sainte les soumit à cette innovation ; et l'exemple une fois donné 9 cette taxe devint, sous les rè-^ gnes suivans y la méthode ordinaire de fournir aux besoins de la couronne. L'impôt du danegelty si généralement odieux à la na^ tion , fut supprimé sous ce règne.

C'était une coutume des rois d'Angle* terre de récidiver leur couronnement trois fois Tannée , c est-à-dirc dans le temps de rassemblée des états, qui se faisait au3( trois grandes fêtes. Henri y passé la première année de son règne y ne renouvela - . plus cette cérémonie aussi dispendieuse qv^e superflue^ et aucun de ses successeur;

i3a • HiSTomE • t^^^)

n'^en ramena Fosage. On regarda comme un grand acte de modération de la part de ce prince d'avoir adouci les rigueurs des lois forestières, et de n^avoir puni quelques infractions qui en furent faites que par des amendes, des emprisonne** mens , ou d'autres peines plus modérées ^ au lieu de peines capitales.

Puisque nous rassemblons quelques faits détachés qui montrent le génie de ce siècle, et qui ne pourraient guère entrer dans le corps de l'histoire , il ne sera pas hors de propos de rapporter ici la querelle de Roger, archevêque dTork, avec Richai*d, archevêque de Canterbury. Nous pourrons juger de Temportement des militaires, et en général des laïques , par celui des ecclésiastiques mêmes, en voyant à quelles extrémités ils étaient capables de se porter» Le cardinal Haguezun , ayant été envoyé légat en Bretagne en 1 1 76 , convoqua une assemblée du clergé à Londi*es. Gomme les deux archevêques prétendirent Tua et rautre y siéger à sa droite , cette question de préséance éleva une dispute entre eux« Les moines et les cliens de rarchevêquo Richard tombèrent sur Roger en présencQ

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du cardinal et du synode , le terrassèrent, le foulèrent aux pieds , et le chargèrent si -violemment de coups , qu^il fàt emporté à demi mort, et (ju^on eut peine à le dé^* rober à leur fureur. L^rcheTequé de Gan* terbuiy fut obligé de donner une somme considérable au légat , pour obtenir que cette affaire f&t assoupie.

Henri ne laissa que deux fils légitimes ! Bichard, qui lui succéda, et Jean, qui n'hérita d'aucun apanage , quoique son père eut eu souvent Tintention de lui assurer quelques portions de ses vastes états* De là vint le stumom donné communé-* ment à ce prince, de Jean Sans-Tetre.

Henri laissa aussi trois filles légitimes : Ma- • tbildc, née en ii5G, et maiice à Henri, duc de Saxej Ëléonore, née en et mariée à Alphonse , roi de Castille ; et Jeanne , née en 1 165 , et mariée à Guillaume , roi de Sicile* - > '

Les anciens historiens prétendent que Henri ii aimait excessivement les femmes, et parlent de deux fils naturels qu'il eut de ilosamondc, fille du lord Clill'ord (1} :

(1) Voyea le Tableau pîn^alogîfiae.

|34 WTOm (11%)

IVm, Riebard-Longue-Epëe, ainsi appelé & Qau3e de T^pée qu'il portait ordiDaire'* «dent, ëponaa Ela, fille et hënlièce du

comte (le Salisburyj Taulie, appelé Gcoffroî, ûi( premier évéque de iancola, et de là arobe^éque d'York. Tontes les an* Vres circonstances que riiistoire rapporte à Tégard de cette b^lle ISkosanonde paraist* feùl^tr^ fabuleufiies (i).

(i) Rosamonde, avant sa mort, sVtait retirée au couvent de Godslnw , où clic ex plan par son repentir le scandale de ses anciens dércglemcos. Hoasl* eo ta ocmsidérattOD, fit b^aqcoapdepré- «eo^ au nonnes» pi|v gjnsMiaâe pour aa iq4-» moire, rinhtunèreot daiit le cboear» erigèreiu mi daîa de soie sur sa tombe , et l'entourirent du • lampes et de cierges. Hugues, cvéqne de Lincoln, désapprouva leur conduite. « La religion , leur dit-ii , ne lait aucune distinclion entre la maîtresse dUm roi et la maîtresse de tonte autre pc|^ sonne j » Le corps fut exhume pac ses ordres ^ et enterre daos le cimetière coomiua, gard. ) .

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