JEAN
ATëneineiil de Jean h la conrofiiie* Son ma-
^ rîa^e. — Guerre avec la Fiance. Assassinat d'Arthur, duc de Bretagne. — Le roi est expulse de toutes les pro-^ incrs de France. — Ses dificrends avec la cour de i\oine. — Le cardinal Langton nommd archeyéque de Canterbury. -i- Ihterdit da royaume. — Excommunî cation du roi. — Sa sonmission an pape. — Mécooten^ tement des barons. — Leur révolte. — Grande charte. — Renonvellement des guerres cWiles* — Le prince Louis appelé en Angleterre. ~ Mortel caracièrc de Jean.
Le génie noble et libre des anciens leur
avait toujours fait regarder le gouvernement d'un seul comme une espèce de tyrannie et 4^usurpation. De là vint qu'ils ne se formèrent jamais Tidée d'une monarcliie légale et régulière , et qu^ils ignorèrent totalement les droits de piimot^éniturc et de représentation dansl^ successions; droits si bien imaginés pour conserver Tordre
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de celle des princes, pour garantir des maux qu^entraînent les discordes civiles , les usurpations, et pour rendre le gouvernement monarchique plus modéré, en éta- Llissant la sécurité du souverain régnant ce fut la loi féodale qui produisit ces chau« gemens.' Le droit de primogéniture qu^elie introduisit d'abord mît une telle distinction entre les familles de l'aîné de la mai<* son royale et de ses frères cadets , que le fils du premier succédait à son aïeul de préférence à ses oncles y quoique ceux-ci fussent plus proches parens du monarque dernier mort. Cette progression d'idées, si naturelle en elle-même , ne se fit cepèndant que peu à peu. Il est vrai que 'dans le siècle dont nous parions Fusage de la représentation commença de s'introduire , mais non pas inconlestablement j et les esprits flottaient encore entre ces principes cl les principes opj^oscs. Lorsque Ri-^ chard entreprit Texpédition de la Terre- Sainte, il nomma pour lui succéder son weveu Arthur , duc de Bretagne ; et par un acte formel exclut en sa faveur les préten-» lions de son propre frère Jean , cadet de Geolïroi ^ père d'Ârthur. Mais Jean sous^
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crivit si peu à celte disposition , que , dèi (|u ii eut prit de Tascendant sur le mi-* nistère aiiglais en chassant Longchamp, alors chancelieretgrand-justicler du royaume ^ il engagea tous les barons anglais k lui jurer qvCils soutiendraient ses droits à la succession. Richard, à son retour, ne fit aucune démairche pour rétablir 0}i affermir rordre qu'il avait d^abord voulu prescrire: il eut même soiu par âoii lestement de déclarer son frère Jean héritier de tous sen états , soit qu^alors il pensât qu'Arthar^ ayant que douze ans ^ n'était pas capable de défendre ses droits contre 1^ faction du prince Jean , ou qu'il se laissât gagner par la reine £léonore y qui haïssait Constancei mère du jeune duc^ et qui craignait la part que cette princesse aurait natuiellement aux affaires sous le règne de son fils» Mais le droit de la reprc^entaLiou pai'aîC avoir fait dans ce tenms-là de plus grands progrès en f rance qu en Angleterre, et lesbajrops des pi^ovinces de Vautre coté de la mer , telles que TAnjou y le Maine et la
Touraine^ se declarèreat pour Arthur, et impiorèu:eut Tappui du roi de France^ comme Im;: seigueur sosçrain* Fhilippe|
qui ne dédirait qu^une occasion d'embar^
i^a^ser Jeau et de démembrei* $es états , entra dans le parti du jeune duc de Breta-* gne , le prit sous sa protection , et Tenvoya élever à Paris avec son iUs Louis» Dans cètte conjoncture pressante , Jeau se hâta d'affermir son autorité sur les principaux
iiieinl>res de la monarchie j et après avoir envoyé Eléonore dans le Poitou et dans la Guiennei sur lesquels les droits de cette princesse étaient incontestables ^ et où ils furent aussitôt reconnus , il alla prompteipent à Rouen, et, dès qu il y eut pris pos^ session de k Normandie , U pas» en An-
gletcne sans perdre un moment. Hubert, archevêque de Canterbury , William Ma* réchal , comte de Strigul , autrement appelé comte de Pembroke , et Geollx oi i iu*» Peter, grand-justicier ^ tfois ministres fa^ Yoris du feu roi , cLaieut déjà attachés aux intérêts de Jean j le reste de la noblesse S(^ soumit , ou du moins acquiesça aux droits de ce prince , qui monta ainsi sans ob^ls^-^ çle sur le trône.
Le roi retourna immédiatement aprè»
en France pour conduire ]lui-même ^ guerr^ contre Pbilippe , et pour reçouTm
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les provinces qui s'ctaient révoltées en fa-* veur de son neveu Arthur* Les alliances que Richard avait formées avec le comte de Flandre, et d^autres seigneurs français très-puissans 9 quoiqu'elles n'eussent pas été fort utiles , subsistaient encore , et mi* rent Jean en état de faire face à son ea« nemi. L'évéque de Cambrai fut fait prisonnier par les Fr^ançais dans une action qui se passa entre eux et les Flamands. Lorsque le cardinal de Gapoue demanda sa liberté à Philippe , ce prince , au lieu de Je rendre , se plaignit à son émînence des faibles ejfiForts qu'elle avait faits en faveur de l'évêque; de Beauvais , qui était dans le même cas. Le légat, piqué d'honneur « montra son impartialité en mettant a la fois en interdit le royaume de France et le duché de Normandie: ainsi les deux rois furent obligés de faire un échange de ces prélats guerriers.
' Rien ne favorisa tant les lieureux succès que Jean devait attendre de cette guerre que le génie intrigant et avide de Philippe j ce monarque se conduisit dans les provinces qui s^étaient déclarées pour Arthur avec si peu d'égards pour l'intérêt de
ce prince , que Constance se défia de son intention, et crut qu'il voulait les usurper. Elle trouva donc moyen de faire sortir secrètement son fils de Paris, le remit eti^ les mains de son oncle, auquel il re^^ hommage du duché de Bretagne, re^Mé ordinairement comme un arrièrefief de la NormiiridiCj et les provinces qui avaient pris les armes en sa faveur. Phi-» lippe comprit par cet événement qu'il ne devait plus espérer aucun succès contre Jean j et comme il se voyait menacé dW interdit par rapport à rirrégulaiitë de son divorce avec Ingelburge, princesse danoise qu'il avait épousée , il désira de £BÛre la paix avec l'Angleterre. Après quelques conférences infructueuses on convint enfin- des articles; il parut même par lé traité que les deux rois avaient sincèrement envie non-seulement de terminer les contestations actuelles, mais d'en prévoir toutes les causes possibles à l'avenir , et d'obvier à -tous les sujets de disputes qui pourraient s'élever désonnais entre eux. Ils fixèrent les limites de leurs territoires , assurèrent les intérêts de leurs vassaux j
et^ pour rendre Tunion encore plus dura^ 4. 1%
2p6 mswwi {i%oo\
ble, Jean accorda sa nièce (i), Blanche de C^^liUfi ^ k hosm , Gis sàaé de Philippe^ airec Le& baronies 4*Issûudau et de Gn^ cai, ainsi que d'autres fitls eu Béni , pour dot. iNeof barons du côt4 4n iroi d'AÔgleterre, et autant de celui du roi de Fr^|^, se rendiient garans du traité* Toui» pÉrè^ reui que si leois souverains en violaient les articles, ils se déclareraient contre Tiu-
fr^pieuTy ^t embrasseraient la cau^e di| prince offensé* Telle était Findépendance que JLe^ v^s^i^ ^'attA ibuaient ald£Sj et que le^ ^$oiive]f94Q6 ^e leur contestaient pas.
Jean , assure maintenant de la France , duL lopins à qu'il ima^nait, se livra tout entier à sa passion pour Isabelle , fiUo et héritière d Aymar Tadlcfer y comte d'AngoiiIeme 9 de laqneile il éj^^it d«if ena éperdument amoureux. Son épouse , héri* tiere de la maison de Gloceâtcr, vivait en-» core; Isabelle él;a^t mariée ^iissi an comte
de La i'Iarche. et même renilsc entre le^ njains de ce i^eîgpeur, quoique;» attendu aa tendre jeunesse, son mariage m fut pas cousonm^é* AUis Ta^ui^ de J^an- ne cpOf*
(f) YojGi. le tableau gpu^î,^ip^^u«u.
nnt point d'obstacles. Ce prince persuada AU étmte d'Afigô>iiIêiire d'enlever fiHe
il son cpoiix; il fit lui-même divorce avec la reine, snr quelques prétextes frivoles, tt épcdisà IsabdUe, sans daigner s^mqttiëter iii des menaces du pape qui fulminait contre tànt dcf témérités ^ ni da jtiste ressentiment dti comte de La Marche , qui trouva bientôt les moyens de punir son {laissant et audacieux rivsd.
Jean n'avait l'art de s'attacher ses barons ni par rafi'eetion , ni par la crainte. Le comte de La Marche et le cotise d'Eu rt)n frère mirent leurs mécontentemens à profit potir exciter dea f^mienttttid&s eti
Poitou et en Normandie. Le roi fut obligé
de prendre les armes pour rédoix'e ses vas- $atix« n appela en conséquence ïùùs les barons d'Angleterre à son secours , leur Isommanda de paisseir la ftier sonâ sé$ dnc«
peaux, et de Venir réprimer les rebeller. Mais il se convainquit que son autorité étàit aussi peu respectée datié mn rôyantae que dans ses provinces du continent. Les barons anglais répondirent unanimement
qu'ils fie voulaient point le servir dans
cette expédition , à moins qu'il ne leur
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promit de rétablir et de maintenir leurs
privUéges : ce fut le premier sjrmptjVme d'une association régulière et d'un plan de liberté parnii la noblesse. Mais les affsares n^étaieut pas encore au point de maturité convenable pour faciliter la révolution qu^elle projetait. Jean parvint à désunir les barons en les menaçant, et sut à la fois persuader à plusieu^ de le suivre en Normandie , et tirer de ceux qui ne sV rendirent pas une taxe de deux marcs sur chaque fief de chevaUer , pour le prix de lexemption de leur service.
Les forces qu^3 conduisit avec lui, et
celles qui le joignirent, le rendirent trèssupérieur aux mécontens, d'autant plus ' que Philippe ne leur donnait ouvertement aucune assistance , et paraissait déterminé à demeurer constamment en bonne intelligence avec l'Angleterre. Mais Jean, trop fier de sa supériorité , montra des prétentions qui alarmèrent tous ses vassaux , et qui augmentèrent le mécontentement général. Gomme la jurisprudence de ce siècle autorisait que les causes discutées dans les cours des seigneurs fussent principalement
décidées par le duel, ce prince mena cer-
(l20l) dVnGLETEKAE. 20Q
tains braves il sa suite, qu'il retint comme
champions destinés à combattre contre les barons , pour terminer les différends qu'il pourrait avoir avec eux. Le comte 'de La Marche et d'autres seigneurs regardèrent cet appareil comme une insulte , et déda* rèrent hautement qu'ils ne tireraient point Tépée contre des gens de cette espèce. Le roi les menaça de sa vengeance j mais il n'avait ni la vigueur nécessaire pour se fier à la force de son bras, ni celle de cousommer son injustice en accablant quir conque osait s'y opposer* ' Le gouvernex^ent, aussi faible que vro* lent, inspira l'audace et le dcsir aux barons offensés de porter encore plus loin^ leur résistance : ils s^adressèrent au roi de France, se, plaignirent du déni de justice dans les- cours de Jean , demandèrent à Philippe, comme étant leur seigneur suzerain I de les protéger , et le supplièrent dVmpIcrjrer son autorité à prévenir leur perte totale, et l'oppression dont ils étaient menacés. Philippe vit ses avantages d'un coup d^oeil^ exerça son^mâgination à fop» mer de grands projets, s'entremêla en iavenr barons français, et commença fc
916 ÉIÂTOIRE (llOl)
pàtlët àVéë I(&tl(ëtlr ét êl'tM itflé tattïÉçmt au roî ff Angleterre. Jean ne pouvait désayfoVtfct VkùWtiîé mpénéùté de Philî^ypé ;
Triais il se croyait en droit de faite d'âbotd juger tes seigneurs mécontens par leurs pmH tet daii^ ^ propre tùttt, et prétëhéét qu'à moins d'avoir refusé de les entendre de ceiie façoù, il ne devait sLttcun coitfpfé
au tribunal suprême du roi de France j il promit de donner satisfaction à ses barons, èn faisant imtfuif'e fnridiqfftement et décider équitablement Tafiaiie dont il était question entre eût et lui. Lorsque ées seigneurs, en conséquence de cet engagement j demandèrent un sauf-conduit pour ké rendre en sftreté à là cour de Jean , il commença par le refuser y ensuite , sur les menaces réitérées de Philippe, il le promit, mais ne tint pdiS proinesse? le rài dé Frdncê le menaça de nouveau, et toi arrathA ceUe de lûi remettre les foMeresses de
TîUières èt de Bontavant pour sôreté de sa première parole : Jean viola encore cellé-cî; et séd ennemis, s'a^ercev&nt de sa
faiblesse et de sa mauvaise foi , se confir-
mëreùt davantage dans le dessein de le pdtisseï^ ilout. Bieïïtèt un nouvel ullié
( I â03) D^Al^e^LEVEAu. a I X
puissaiit parut ^ et vint les encourager i braver un gouyememeut si odieut: et si mé** prisable*
te jeune duc de Bretagne, parvenu alors à sdù addleseence/ét convaincu àa caraé^
tère dangereux de son oncle , résolu t de chercher à la fois sa sûreté et son agraa^ dissément dan$ une étroite tmion aveô Philippe et les barons mécôntens. Il joignit Farmée française, qui avait déjà com« Inencé ïes hostilite's contre le roi d'Angleterre. Le monarque français raccueillit atec 1^5 pluâ grandes marques de distinc* tion , le reçut chevalier, lui donna sa fille Marie en mariage , et l'investit non-seule^ meïit du duché de Bretagne , mais encore des comtés d'Anjou et du Maine , que ce prince avait précédemment rendus à so^ oncle. Toutes les opérations de la campagne réussirent aux confédérés ; PhiUppe prit Tillières et Boutavant aprèâ une légère résistance. Mortymar et Lyons ne se défendirent presque pas y et tombèrent entifè ses mains, tl bloqua ensuite Gouf naî , et ^ lâchant les écluses d'un lac dti voisinage y inoxldà tellement U placé ] que la gamiâOli fut obligée de rahandonnér, et (}ùe ce
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portante sans tirer Tépée. Le progrès des armes françaises fut plus rapide ^ et promit des succès plus considérables que n^en avaient ordinairement alors les entreprises militaires. Philippe ne répondait • autre chose à toutes les avances que le monarque anglais faisait poux* la paix, sinon qu il fal* lait qu'il cédât ses provinces du continent à son neveu , et se réduisît au seul royaume d'Angleterre : mais il arriva un événement qui fit pencher la balance en faveur de Jean , et lui donna une supériorité décisive ^sur ses ennemis*
Le jeune Arthur , passionnément avide de la gloire militaire , était entré dans le Poitou à Ja téte d'une petite année* En
*assant auprès de Mirebaut , il apprît que m aïeule ^ la reine £léonore y qui avait toujours été contraire à ses prétentions , se trouvait dans cette place , dont la garuisou était très-faible ^ et les fortifications rui-> nées; il résobit de l'assiéger sur-le-champ, et de se rendre maitre de sa personne. ' Mais Jean, réveillé de son somn^eil lé* thargique par une circonstance si pressante 9 Rassemble une année d'Anglais et
(iio3) d'^aitguetsbbe* i ai3
de Brabançons, et, quittant la Nonnandie| acicourut à la hâte au secours de sa mèrei
Il tomba sur le camp d'Arthur avant que ce prince se doutât du danger qui le menaçait j dispersa son armée , le fit prisonnier, ainsi que, le comte de La Marche, Geo&oi de Lusignan, et les plus considérables du parti des barons révoltés , et s'en retourna triomphant en Normandie. Phi-: lippe, qui était deyant Arques, dans ce duché , leva le siège , et à son approche se retira. On envoya la plus grande partie des prisonniers en Angleterre , et ou enferma Arthiu* dans le château de Falaise.
Il eut une conférenc^vec le roi, qui lui représenta la folie de ses prétentions , et le pressa de renoncer à ralliance dé la France, qui Pavait excité à se brouiller avec toute sa famille : mais le courageux prince, détenu plus fier soûs le poids de Tinfortune « soutint la justice de sa cause, défendit ses droits, non-seulement sur les protineeà françaises , mais sur la couronne d'Angleterre , et à son tour somma le roi de restituer l'héritage échu au fils de son frère aîné. Jeau, iidppé.de la npble hsurdiçs^e
2it4 msi^iiiÉ {i^éi)
que son neréil, (jadque pri^ôhnkî^, osait
. avec le temps, un ennemi redoutable , fé- «olui de prévenir ce danger , et on n^eiitén- ^ plus parler A rtfatir. Les Cfir^onétattc^s d'une action si noire furent sans doute soigoeuBmeiit each^éas pai^ ies auteurs, et aont rapportées dirersement par les histo^ riens. En voici le détàil le plus probable : le »i, dit*iiif, proposa d'abord à GuiK* laume de La Braye, un des commensaux de sa mai^o , de poignarder Arthur j laais GuiUamne répondkqii'ilëiaH gentintômnore et non pas bourreau, et refusa positivement cette lâche complaisance* On trouva quelqu'un de moins scrupuleux , qui fut envoyé à Falaise avec des ordres précis : Hubèrt da Bottrg ^ dmabellan du roi , et gouverneur du château , feignit de vouloir ks exécuter Ini-ttiéiise , renvoya Tassassin » répa<ldit le bruit de la mort du jeune prince I et fit publiquement les cérémonies de HA pmnpe fanèbre ; mah voyant euraite les Bretons déterminés à venger le meurtre d'Arthur ) et les barons révoltés plus obstinés que jatnaid dam leur rébelliofi , il jugea nécëssure de révéler sou secret^ d'ap-
Um3) D'jkRQhm^m* :&i5 pi e ndre à tout le monde que le duo de Bre^ t^aa vivait e( éiiâtt encore sous.&a garde } cette diHsourerte devint fatale au jeune
piiuce : Jean le fit li ansférer au château de SLoue^ y reudit 4 ^tte ville pendant la uuit et ordouBaque sou prisoDuier lui fiât amené: Tinfortuné Arthujruedoutautplus qIqks àik férU qui le menaçait j abattu &aéiu par la durée de ses malheurs et parTapdç 1^ mort , ^ jeta aux genoux xi»
son Mkcl^9.et inif^iiirattpâtié^BUtt l^^e ne lui répondit qu'eu lui plongeant
m Bft^(W^4 4^ k ^mii aprèa quoi on atuçha une plerri^ ^u cadayre^ et m Iç î^tii. 4^as la i^eiAe»
La pubtiia e^tiei ftêfflà^homm^ k
la nouvelle de cette action inhumaine ; et diïpqis ce n^m^ , 1^ rjoi^ détesté de loua s<^ sujets , n^^ut pli» spirla nobfes^ et ^ Iç peuple ^u'uj^ iiutOiitétrèsTchanceiaute^ ]^aâ Bri^v^m r fiirîeiix d^avoif perdu foi^jea de leur$ plus chères espérances, déciarèreot gitt^«f e impiacabl&ii Jeau^ fixèrent e»yiméin<Bi Vwâr^ de k «oeoeBsioB ikn^ Içiip gp^uYeirpemeut , et se mirent ea pos*ture de venger la mort de ha» soumain. Jean avait iKomé Ig mo^m <k (i^'iissurçir
ai6 ' msTouufi (i!io3}
de la personne d^Eléonore sa nîèce, et sœur Arthur , appelée vulgairement la dernoi" selle de Bretagne (i )• Ula fit conduire en Angleterre , où il la retint toujours cap«> tive^ Les Bretons ^ ne se flattant plus que cette princesse leur fût rendue , se choisirent pour souveraine Âlix , fille du second lit de Constance 9 avec Gui de Thouars, et confièrent Tadministration du duché à ce seigneur. Dan$ ces entrefaites, Constance , mère du prince assassiné , appuyée de tous les états de Bretagne j porta ses plaintes à Philippe , comme au seigneurlige de cette province , et demanda Justice contre Jean, souillé du sang d'Arthur son proche parent, et, quoiqu'il rdevât de la KorxJjiandie , regardé comme un des grands isassauic de la couronne de France* Philippe reçut cette requête avec plaisi£, et spmma Jean de comparaître devant lui :
ce prince, n'ayant point comparu, fut jugé par défaut à la cour de ses pairs, déclaré coupable île parricide et de félonie , et toutes. ses seigneuries, tous ses fiefs ea France furent confisqués au profit de sau seigneur supérieur»
' Philippey doatFame active et ambitieuse avait été jiisqu^alors conteaue ou par la
politique profonde de Henri , ou par le génie martial de Richard , jugea que le ma* ment de la déployer était favorable pen-' dant le règne d'un prince si méprisable et si détesté. Il forma donc le dessein d^ex« puiser les Anglais , ou plutôt leur roi, de la France, et d'annexer à cette couronne tant de fiefs considérables qui en étaient démembrés depuis si long-temps. La plupart des grands vassaux dont il aurait pu craindre des obstacles à son projet notaient pas alors en état de le trdVerser j et les autres^ ou ne le considéraient qu'avec indifférence, ou secondaient ce dangereux agrandisse-* ment de leur seigneur supérieur. Ltes comptes de Flandre et de.Blois étaient occupés & la guerre de la Terre-Sainte^ le comte de Champagne y encore enfant^ était sous sa tutelle; le duché de Bretagne, irrité jusqu'à la rage du meurtre de son souverain , en favorisait le vengeur de tout son pouvoir ; la défection générale des vassaux de Jean facilitait toutes les entreprises que l'on voudrait faire contre lui. Philippe prit
plusieurs phâteaux et forteresses au-delà 4* i3
4^ la li0m y qu il démanteia , ou dan^ lesqueUe^ U mit pçftUpp ; il çççm çmuite 80pmissioQ3 d^ ç/m^ d'Aujou , qui ^handQW% 1^ P^rti 4h roi d'Angleterre , et reixiit tontes Im^ cwu^^m^ail de France j exprès quoi ce monarque sépara SOQ wroée, ppur (j^'eU^ Ç^PAsât des fatigués de la ca^mpagne. Jea^ xa$sembla sijlbitôilieill quelques troupes , et vint aSsiéger jy^çftn- Stûlippie I dont les forces étaieul dispersée^ , ne pouvait les réunir mfiz tôt pQ^jç §epourijr U irf^W t se trouvait exposé k voir opprimcç «gn ami çt allié. ]Vtai$ k génie actif et fertile du monarques Iqi f^^TOÎt^ i|A e^pédifi^.( conir^ cette dis-* gr^çe. On doBaa^t ^ors m ^orapi à Mo?
ret dau^l^ Gr4tift%i^> où toi^te la noblesse de Fraacc m ^ ço«i»çs voisiiWfiL accourait signakr son courage et son adresse. Bb^Uippi^ s'y s^odit l^i-9ieiiia^ demanda le secours de c«« h()caves seigneurs, dans la conjoacture pressante où il était , et leur marqua les plains 4'Aleoçon coçune le ch^p le plus honorable où ils pussent dé^ |jiçi]^ei: leur générositç et leur génie belliqueux. Les '^çurcn^ dcievaUers se dévouéiTfitA eft eài k m}'^ 1? ^^^^ Ba4Ticid(i,
(tao3) D^AiroMiMB* ai 9
qm était à la fois la honie du militaire et de la ehevalerie; el^esieUaDt, a^eo toute
leur suite ^ sous les ordres de Philippe, masebkmut #iic^Le«ehamp pour aller faire le^Fer le siège d'Alençon. Jean , instruit de leur approche , prit la fuite si précipitasa^* laent ^ qu^ abandoniitt ses tentes , sesma^ chines et son bagage à Fennemi.
€e faible effet t fut k deriKier exploit que ce imnee indolent et peu courageux fit pour défendre ses possessicM:^ Il se tint désonsais à ftouen , daiia une inaetioa ak* solue^ et passa tout son temps avec sa jeune épouse ^ ^ mUiett des fiètes- et des phisSra^ eim»ne si ses Etats eussent )wà delà plus profonde paix , et que ses affaires^ eosseot été dam la sil» atioa la plus âeris^ santé. S'il lui arrivait de parler de guerre, ce n^4tait jamai» que pour étaler des faoia-^ r^itoades qui*, aux yeux de tous les gem sensés , le rendaient encore phis méprisa-* hleet plufr ridieule. a liaissez faife les- Fia».
€c cais, disait-il ; je reprendrai en un jour
pr
parurent si extraordinaires y que le peuple, léi aUri&ua: k quekpie peuyoip B^gique^ ec -