‹ Histoire d'Angleterre, depuis l'invasion de JulesCésar jusqu'à la révolution de 1688Chapitre 5 sur 19 · HISTOIRE (ï · texte numérisé non relu

HISTOIRE (ï

jdes foains profanes y non-seulemept accoutumées à la rapine et teintes de sang, mais jencoT^ souillées jour et nuit par des attoucliemens obscènes. Tels étaient les sublimes raisonnemens de ce siècle , raisonnemens qu^on ne peutpasser soussilence sans omettre la partie la plus instructive de riiistoire, mais qu'à peine on peut rappoi ter avec la décence et la grayité conTC» uable.

La cession de laNonnandie ét du Maine

agrandissait les possessions du roi , mais augmentait peu sa puissance , attendu la fermentation cot:tinuelle de ces provinces^ le caractère mutin des barons , et le voisinage du roi de France ^ qui les soutenait d^us toutes leurs révoltes. Hclie même , seigneur de La Flèche, petite ville d'Ânjou^ lui donna de Finquiétude ; et ce monarque {puissant tenta plus d'un ellbrt sans pouvoir accabler un petit baron dont le principal appui était la confiance et TalFection des Jiabitans du Maine. Guillaume eut cependant le boulieur de le faire prisonnier dans une rencontre i mais Tayaut relâché a la prière du roi de France €t du comte d'Anjou, iapi:oYince duMai^e re$ta toujours

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posée aux iutrigues et aux iacuisions de ce seigneur remnant. Il fut introduit dans la ville du Mans par les ciloyen's , et assiégea la garnison renfermée dans la citadelle. Guillaume chassait dans la nouvdle forêt lorsqu'on vint lui donner avis de cette entreprise : furieux de tant d^audace, il tourna la bride de son cheval sur-le-champ, et se rendit au galop à Darmouth sur le hord de la imtj en jurant qu'il ne s'arrêterait pas qu il ne lut vengé. Le temps était si cou-> vert et si orageux, que les mariniêrsrassu^ rèrent qu'il y aurait du danger à s'embarquer: mais ce prince s'élanca dans le vais- La , «t kar commanda 'de mettre à la voUe, enleur disant qu'il n avait jamais ouï dire qu^un roi se fût noyé. Au moyen de celte vigueur et de cette célérité , il délivra la viUe du Mans du péril qui la menaçait , poursuivit Hélie jusque dans son propx:ç territoire, et assiégea Majol ^ petit château situé de ce côté ; mais une blessure

que Guillaume reçut à l'assaut le força de lever le . si^e et ^ de .retourner en Angle-* terre*

La faiblesse des plus grands monarques

pendant ce siècle , dans leurs expçdî^UaM

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militaires contre leurs plus proches voisins^ parait surprenante 9 surtout lorsque Ton considère le nombre prodigieux de troupes que les plus petits princes mêmes ^ qui se- ' condèrentrenthousiasmedupeuple, étaient en état d'assembler et de conduire aux entreprises les plus dangereuses dans les contrées lointaines de l'Asie. Guillaume, comte de Poitiers et duc de Guienne , enflammé / d^tm dérir de gloire ^ et non découragtpar les malheurs des premiers croisés j s'était mis à k tète d'une multitude immeuse ,

portée par quelques historiens à soixante mille hommes de cavalerie , et à un nom-^ bre encore plus considérable d'in&nle-* rie (i), et se proposait de les conduire à la Terre^ainte contre les infidèles. Il man<^ qua d'argent pour achever les préparatifs nécessaires j et proposa à Guillaume de lui engager ses états pour une certaine somme^ sans se défier des mains avides entre lesquelles il se déterminait à les remettre. Le roi accepta cette oflfre } il avait déjà préparé une flotte et une armée pour escorter

(f) La totalité se montait à trois cmt mille

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Targent y et ppur aller prendre possession des ricliéft pro^ws de Gmemie et de Poitou , lorsqu^un accident mit fin à sa vie et à ses projets ambitirax. liélait àla chasse, le senl «nvsement et fgeaep» lu principal^ occupation des princes qui TÎTaient daus ces temps gcesden^ oà les ckâmes

de la société étaient peu connus , et oiJes beausMrli offraient peu d'objeta dignes d^altentira. Gamtier Tynrel , gentttfaomme français , renommé par sa supériorité à tiler de ÏWf attît aiii^i le rai dans la nefU- TeDe forêt où fe chasse était indiquée : Guillaume gênait de iiàettre pied k tene; TynAy impatient ^ mimtrer son adresse,

lança tont-à-coup de?ant lui ; la âëche, repoussée par un arbre qu'elle effleura, frappa le rei dûs le sein et le toa sur-le^obamp ^ le !2 août. T3rrrel , sans instruire personne de cet ae^dent , doAna de$ épeix>ns à son «keyal , se bâda de gagnet le ri?age de la mer, s'embarqua pour la France, et se joignit an eroisiés qaà partaient pour léruM* lem : pénitence qu'il s'imposa lui-même en coLfiatign de son crime involontaire. Le corps^ die ftiflfannie i» uwfi dUa^ta^

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rêt par les gens de la campagne; on Pcnterra sans pompe et sans céicmonie à Winchester. SescouTtisansnégligèrenldereiîdre Jes derniers devoirs à un maître qu'on ai- . mait si peu; et chacun fut trop occupé du choix intéressant de sou successeur pour songer à des funérailles.

dja mémoire de ce tnbnarque nous a été transmise sous des couleurs peu avantageuses par les gens d'Eglise, qu'il avait irrités» Mais, quoique on général on puisse soupçonner d'exagération le tableau qu'ils font .de ses vices , la conduite de ce prince fournit peu (le raisons pour réfuter le caractère qu'ils lui donnent, et pour lui supposer

quelques qualités estimables. Il parait avoir été roi violent et tyrannique , voisin per** fide, dangereux^, et toujourô prêt à empiéter sur ce qui ne lui appartenait pas^ enfin parent dur et peu généreux. Il fat à la fois avide et prodigue dans l'administration de ses iinaucesî s'il eut quelques talens poin: «régner , ses passions impétueuses les domi- .nèreut tiop pour quiis se montrassent; sa politique, conforme à son caractère, fiu de vouloir tout maîtriser : politique qui,

Joi^squ'eUfi soutenue comme êUe était

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cri lui par la valeur et la fermeté , re'iissit souveut mieui^ dans les temps de troubles que la prévoyance la plus étendue et les artifices les plus profonds. ^

Les xnonumens qui restent de ce prince en Angleterre sontlaTour, la salle de Westminster et le pont de Londres , qu'il bâtit. L'expédition la plus louable de celles qu^il entieprit au dehors fut d^envojer Edgard AtheLuagy trois ans avaiit sa mort, en Ecosse, avec une petite armée, pour rétablir sur le trône le prince Ëdgard , Théiitîer légitime , fils de Malcolra et de Mar*guérite, sœur d'£dgard Atheling. Cette expédition réussit. On remarqua dans ces temps-là que Richard 5 frère aîné de Guillaume-le-Roux , avait péri accidentellement dans la nouvdUe forêt , et que Ricbard , son neveu , fils naturel du duc Robert , perdit aussi la yie dans le même lieu , et de la même manière. Tout le monde s'écria, lorsqu'on sut le genre de mort du roi , que comme Gruillaume-le^Conquérant js'était rendu coupable d'une violence extrême en chassant tous les babitans de ce vaste terrain pour étendra ses plaisirs, le ciel vengeur signalait sa justice dans le

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même endroit, en Farroiant Avt sang de

sa postérité. Guillaume fut ^é dans la trei* «ième année de son règne , et environ la quarantième de son âge. Gomme U n'avirit jamais été marié , il ne laissa point d'enfans légitimes. Dans la onzième année de son règne^ JVIagnus , roi de Norwège , fit une descente dans Vûe d'Anglesea , et en fut repousse par Huguet, comte de Shrewsbnry. Ce fut la dernière entreprise des na« tions du nord contre l'Angleterre .

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