‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés. 1Chapitre 10 sur 202 · INVASION DE LA BRETAGNE PAR JILES-CÉSAR. I · texte numérisé non relu

INVASION DE LA BRETAGNE PAR JILES-CÉSAR. I

Tout à coup, la garde qui veillait aux postes, annonce à César qu’un nuage de poussière plus épais que de coutume obscurcissait l’air au-dessus de l’endroit où la légion s’était dirigée. César soupçonne la vérité; il fait prendre les armes à une partie des cohortes de garde, et marchant à leur tête, il ordonne au reste des légionnaires de s'armer et de le suivre. Il trouve les siens enveloppés et pressés de toutes parts. Son approche fait suspendre le combat. César ne trouva point opportun de le renouveler; il dégagea sa légion et la ramena au camp où de grandes pluies tinrent plusieurs jours les Romains renfermés. Ils en sortirent pour porter au loin le ravage et l’incendie.

Les Bretons s’humilièrent de nouveau et demandèrent la paix, César leur parla en maître irrité, il doubla le nombre des otages exigés, et ordonna aux Bretons de les conduire sur le continent. L’on touchait à l’équinoxe, et reconnaissant le péril de sa situation. César songeait à la retraite, tandis qu’il parlait en vainqueur : il embarqua précipitamment ses légions dans une nuit favorable, et fil voile jK>ur la Gaule, où il aborda sans dommage après une absence de vingt jours.

Les Bretons virent une fuite dans ce départ nocturne, et cette expédition fut considérée, à Rome même, non comme un triomphe, mais comme un échec : César en jugea ainsi. Deux États bretons lui avaient seuls envoyé les otages promis: il vit, dans cette violation du traité, un motif suffisant pour une invasion nouvelle. Il résolut donc de faire mieux sentir la puissance de Rome aux peuples de la Bretagne, et disposa tout pour une seconde expédition, l’année suivante.

Première paix conclut?

par

Jules -César.

Iicl rai U* des

Romain».

Maiulubrnl dans le camp romain.

Seconde expédition de Jules-CtSar dans

lu Ilrctagnc.

Une circonstance heureuse favorisa ses piojets. Les Trinohantes étaient au nombre des peuples bretons qui avaient Jes premiers traité avec les Romains. Un jeune chef de ce peuple, nommé Mandubrat, vint trouver César dans son camp : il lui dit que la guerre avait subsisté depuis longtemps entre Immanuent, son père, roi des Trinohantes, et Cassibclan, chef d’un État voisin : son père, disait- il, avait péri assassiné, lui -même avait échappé à la mort par la fuite, et il venait se mettre sous la protection des Romains, à cause desquels son père et lui avaient reçu tant de maux. César l'accueillit avec joie, et promit une vengeance qui facilitait sa victoire.

Il avait réuni plus de 800 navires, sur lesquels il embarqua cinq légions et 2000 cavaliers des premières familles de la Gaule, laissant trois légions sur le continent, sous les ordres de son lieutenant Labiénus, qu’il chargea de défendre le port, d’approvisionner son armée et de surveiller la Gaule. César leva l’ancre avec un vent favorable : il trouva la côte de la Bretagne déserte et aborda sans obstacle.

Un présence des périls de la guerre étrangère, les Bretons étouffèrent leurs dissensions intérieures, et quoique plusieurs de leurs tribus fussent en lutte avec Cassibclan, meurtrier d’Immanuent, roi des Cassiens et des Trinobantes, tous d’un commun accord, rendirent hommage à ses talents et le reconnurent pour chef. César, après plusieurs combats peu décisifs, se décide à porter la guerre au cœur de la contrée, dans les États de Cassibelan : il marche en avant jusqu’à la Tamise et voit les Bretons en bataille sur la rive opposée défendue par de

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grands j ux enfoncés dans la terre; de semblables obstacles cart. 's sous l’eau hérissaient aussi le lit du fleuve qui n’était guéable qu’en un seul endroit. Instruit de ces choses par des captifs et des transfuges, César lance dans les eaux sa cavalerie et ordonne à l’infanterie de la suivre. Les Romains, n’ayant que la tète hors du fleuve, le franchissent et fondent sur les Bretons qui, effrayés de tant d’audace, ne soutiennent point le choc et fuient en désordre. Affermi dans sa résolution de ne plus opposer en ligne de grandes masses aux Romains, Cassibelan congédie la plus grande partie de ses forces, et ne garde prés de lui qu’environ *,000 hommes aguerris et leurs redoutables charriots avec lesquels il voltige sur le flanc des légions; il les harcèle, il les affaiblit dans des combats jærpétuels, et ravageant tout sur leur passage, il fait de la contrée un désert, où les Romains ne trouvent ni subsistance ni abri.

Le moment était venu pour César de vaincre ses ennemis en les divisant. Il avait amené avec lui le jeune Manduhrat, fils du roi des Trinobantes, mis à mort par Cassibelan : il détacha ainsi ce peuple de la confédération des États bretons. Les Trinobantes députent vers lui, sollicitent la paix, se soumettent à son autorité et demandent qu’il leur accorde pour chef Mandubrat, le fils de leur ancien roi, et qu’il les protège contre Cassibelan. César exige d’eux *0 otages ainsi que des vivres pour son armée . il leur envoie le chef qu’ils demandent et trouve en lui un utile auxiliaire : Mandubrat, traître à son pays, mais fidèle aux Romains, gagne plusieurs peuples voisins, et les décide à envoyer des députés à César pour traiter

Cassibelan

traite

avec César.

Seconde paix conclue avec

h Bretagne.

César quitte la

Bretagne.

de la |>aix '. César reçoit leur soumission dont il tire de nombreux avantages, et informé par eux que la forteresse de Cassibelan était éloignée seulement de quelques milles, il sc détermine à l’investir. Cette forteresse, comme toutes les villes bretonnes, n’était qu’une enceinte entourée de bois et de marécages, et close par un rempart et par un fossé 2 : le peuple des campagnes s’y était réfugié à l’approche de l'ennemi et elle renfermait un grand nombre d'hommes et beaucoup de bétail. Elle ne résista point aux légions, et fut emportée de vive force.

Vaincu mais non découragé, Cassibelan lit un appel à quatre chefs ou rois du pays de Cant : il leur enjoignit d’unir leurs forces et de fondre tous ensemble sur le camp des Romains tandis que la plus grande partie de leur armée était absente et attachée à sa propre poursuite. Ces nouvelles tentatives échouèrent comme les autres : les Cautions furent repoussés et un de leurs chefs, Cingétorix, demeura prisonnier. Cassibelan ne songea plus dès lors à vaincre un adversaire qui paraissait invincible, mais seulement à l’éloigner, et il lit à César, jtar l’entremise de l’atrebate Commius, des offres de paix. César les accueillit; il exigea des otages, imposa in tribut annuel aux Bretons et défendit à Cassibelan de faire la guerre à Mandubrat ou aux Trinobantes. Puis il embarqua ses légions avec une multitude de captifs et lit voile pour le continent où il aborda heu-

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