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ferme autant que prudente , demeura en possession du sceptre.
Robert cependant, après de grands exploits en Palestine, était revenu dans son duché, oii il reprit une vie de plaisirs, oubliant ou paraissant oublier d’abord ses droits sur l’Angleterre. Lorsqu’il eut épuisé ses ressources, son ambition se réveilla, excitée par ce même Flambard que Henri avait enfermé et qui, échappé de prison, aspirait à la vengeance. Robert s’assura du concours de plusieurs barons anglais auxquels il confia ses principaux châteaux, et aborda bientôt avec une armée à Portsmouth. Henri vint à sa rencontre, el trouva, comme son frère Guillaume, plus de sûreté à s’appuyer sur les indigènes que sur les hommes de sa propre nation. Les premiers furent rattachés à sa cause par les promesses qu’il leur fil et par les exhortations du primat Anselme, qui défendit ses intérêts avec chaleur. Les armées n’en vinrent pas aux mains : les deux chefs se virent et conclurent un traité par lequel Robert renonça au trône d’Angleterre, moyennant une pension annuelle de trois mille marcs et l'abandon fait par Henri de tous les châteaux qu’il possédait encore en Normandie, à l’exception de celui de Domfront, et il fut dit que la couronne appartiendrait au survivant des deux princes si l’autre ne laissait pas d’enfants légitimes.
Libre d’inquiétude du côté de son frère, Henri se vengea des barons qui avaient hésité entre Robert el lui, et poursuivit en même temps ceux que le cri public accusait de crimes odieux. Il fit voir, à cette occasion, une prudence consommée, n’assignant |>oint les coupables ensemble, mais séparément, en divers temps et par