‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés. 1Chapitre 106 sur 202 · Otilciic V ilal, I. xi. — 2. hlem, I. XII · texte numérisé non relu

Otilciic V ilal, I. xi. — 2. hlem, I. XII

HENRI I"

parmi les rois elles princes des soutiens et des vendeurs. Les plus puissants entre ceux <(iii embrassèrent la cause du tils de Robert, furent Baudoin, comte de Flandre; Foulques, comte d’Anjou, qui, à la mort d'Hélie de la Flèche, disputa le Maine au roi Henri; enfin le roi de France, Louis VI, dit le Gros, fils et successeur de Philippe I,r. La puissance des rois de France sur presque tous les Ktats qui, en reconnaissant leur suzeraineté, constituaient le royaume, n était que nominale : leur autorité réelle ne s’exerçait guère au delà des limites de l’Ile-de-France, héritage de leur famille. Les ducs de Normandie avaient toujours été pour eux des vassaux insoumis et des voisins redoutables et le furent bien davantage lorsqu’à leur couronne ducale ils joignirent celle d’un puissant royaume. Il était de l’intérêt des rois de France d’empêcher que l’Angleterre et la Normandie ne demeurassent dans la même main, et Louis VF fut fidèle aux exigences de la politique en se déclarant le protecteur du jeune Guillaume Clinton contre son oncle le roi Henri. Les armées des deux rois, peu nombreuses, commandées par eux en personne, se rencontrèrent à Brenncville : l’avantage dans cette journée demeura aux Anglais.

La cause du jeune prince dépossédé fut ensuite plaidée dans un concile tenu à Reims, sous la présidence du pape Calixtc IL Louis VI y présenta le fils du duc Robert et s’éleva contre l’injustice et l’ambition du roi Henri. Celui-ci triompha de ses adversaires, et la paix fut conclue entre les deux rois. Le fils de Henri fut reconnu due de Normandie, et rendit en cette qualité hommage à Louis le Gros.

Kalailte

de

Brenncville.

(n la)

Naufrage de la

Blanche-Nef.

I.a guerre au sujet île la Normandie a> ait duré quatre années, pendant lesquelles ce duché fut en proie à d’affreux ravages. Enfin, après la paix conclue, le roi Henri, vainqueur de ses ennemis, résolut de repasser en Angleterre : tout lui avait souri jusqu'alors, mais la fortune lui gardait le plus affreux retour. Au moment où il se disposait à s’embarquer à Barfleur avec sa famille et toute sa suite, Thomas, fils d’Etienne, patron de navire, vint lui rappeler que son père avait porté sur son bateau eu Angleterre le duc Guillaume partant alors pour combattre Harold, et qu'il avait eu jusqu'à la mort le privilège de passer le roi d'un bord à l'autre. « Je vous demande, dit-il, la même faveur, ayant soigneusement équipé pour votre service un vaisseau appelé la Hlanrhe- Se[. » Le roi répondit qu’il avait déjà fait choix d'un navire, mais qu’il lui confierait scs enfants et leur suite. Les deux fils du roi, Guillaume et Richard, Mathilde, comtesse de Mortagne, leur sœur, dix-huit princes de premier rang et plus de deux cents barons et chevaliers montèrent sur la Blanche - Nef , qui suiv it de loin le navire du roi et toucha dans la nuit sur un rocher à (leur d’eau. Le bâtiment fut aussitôt submergé : l'équipage et les passagers disparurent avec lui sous les vagues : deux hommes seulement se soutinrent sur l’eau en s'attachant à la grande vergue. Le pilote Thomas, après avoir plongé, revint à la surface et dit à ces hommes : «Qu’est devenu le fils du roi?» Ayant appris qu'il avait péri avec tous les autres, il replongea et ne reparut plus. L'un des deux hommes qui tenaient la grande vergue ne put résister au froid et à la fatigue et tomba dans la mer; l’autre, nommé Rerold, survécut, fut recueilli par des

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pécheurs, el avant gagné la terre il raconta le naufrage île la Blanche-Nef. Nul n’osait instruire le roi : enfin le comte Thibaut se jetant à ses pieds ldi apprit son malheur. Henri, dans le premier accès du désespoir, tomba à terre sans connaissance el lorsqu’il eut reprit ses sens, sa douleur s’exhala en longs sanglots : il avait perdu tout à la fois ses deux fils, sa fille, une jeunesse d’élite et ses principaux lirons

Le roi n’ayant plus d’héritiers mâles de son sang, ses regards se portèrent avec inquiétude sur son neveli Guillaume Clinton qui, par sa jeunesse, par ses qualités héroïques et par ses infortunes, gagnait les cœurs; beaucoup d'hommes puissants, entre autres Foulques, comte d’Anjou, se déclarèrent pour ce jeune prince, dans lequel ils voyaient l’héritier légitime de l'Angleterre el de la Normandie.

Henri repassa sur le continent : par son activité infatigable il prévint ses adversaires et les vainquit avant qu’ils fussent assez forts pour fui résister. Foulques d’Anjou abandonna les intérêts du jeune Guillaume, mais celui-ci trouva de nouveau son plus puissant appui dans le roi de France, Louis le Gros, qui lui donna pour femme sa belle-sœur et pour apanage Pontoise et le Vexin sur les frontières même de la Normandie. Vers le même temps (H27), Charles le Bon, comte de Flandre, périt assassiné : Louis, sous prétexte de venger son vassal, vint en Flandre avec une armée, conduisant avec lui Guil- * laume Clinton. Après avoir puni les assassins de Charles le Bon et pris possession du comté, Louis en donna l’in-

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