‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés. 1Chapitre 107 sur 202 · I. Orderic Vital. — Malmrsl.urv · texte numérisé non relu

I. Orderic Vital. — Malmrsl.urv

Investiture de la Flandre donnée h Guillaume Clinton.

Couronne-

ment

du

Mathilde,

fille

d?IIciiri !•*.

vestiture au jeune Guillaume , qui pouvait y prétendre du chef de sa grand’mère Mathilde, fille de Baudoin V. Le 111s de l’infortuné duc Robert vit ainsi sa fortune relevée par le roi de France; sa naissance et les traités lui donnaient la Normandie et il paraissait en état de la conquérir : mais Henri était résolu à la lui disputer et à tout faire pour que le sceptre d’Angleterre no sortit point après lui de sa descendance.

Ayant perdu en il 18 sa première femme la pieuse reine Mathilde, sœur du roi d’Ecosse et dont Malmcsbury nous a laissé un |>ortrait plein de charmes, il avait é|K)usé en secondes noces la belle Adélaïde ou Alice, fdle de Geoffroy, duc de Louvain et nièce du pape Calixte IL Celte union fut stérile et Henri, n’espérant plus d’enfant de ce mariage, fit une chose qui ne s était vue qu’une fois en Angleterre depuis le temps des anciens Bretons, il fit couronner sa fille Maud ou Mathilde, veuve de l’empereur Henri V, qu’il donna en mariage au nouveau comte d’Anjou, Geoffroy, surnommé Plantagenct ', souche de celte puissante maison «pii régna si longtemps sur l’Angleterre. Les prélats et les barons prêtèrent en l’année 1126 le serment d'hommage et de fidélité à cette princesse, qui unissait dans ses veines le sang des princes normands à celui des rois anglo-saxons, comme fille de Henri I" et de sa première femme, Mathilde, sœur du roi d’Écosse et nièce d’Edgard l’étheling.

Guillaume Clinton cependant était pour la fille de Henri I" un compétiteur redoutable, et il est probable

4. Foulques d'Anjou» prédécesseur de Geoffroy, était parti pour la Palestine où il épousa Mclcbatc, fille de Baudoin II, et succéda 4 ce prince en H 31 , sur le trftne de Jérusalem.

IIK.Mil

qu’il l'eût emporté sur elle s’il eût vécu; mais ce jeune prince, dit le meilleur historien contemporain, était né pour le malheur dont il ne fut jamais complètement affranchi et peu de temps s'écoula entre le seul moment où la fortune parut lui sourire et le jour de sa mort. 11 poursuivit avec une ardeur équitable mais inconsidérée les nombreux complices du meurtre de son prédécesseur, Charles le Bon, et dans les châtiments qu’il leur infligea, il n’eut égard ni à la noblesse, ni <à la puissance, ni même au repentir des coupables. Ces rigueurs imprudentes soulevèrent contre lui les parents de ceux qu’il avait punis, ils se liguèrent, conspirèrent sa ruine et lui suscitèrent un dangereux rival en la personne de Thierri, comte d’Alsace, qu’ils appelèrent en Flandre en lui offrant l’héritage de Charles le Bon, sur lequel sa naissance lui donnait des droits. Guillaume, pour soumettre les révoltés, fit appel aux Normands qui l’aimaient et qui accoururent en foule sous sa bannière : il combattit vaillamment, vainquit ses ennemis en diverses rencontres et prit plusieurs places; mais la fortune l’abandonna au siège d’Alost. Voyant fléchir ses chevaliers dans l’attaque de cette ville, il les rallia, les ramena au combat, suppléant au nombre par son héroïque valeur, et comme il arrachait la lance d’un soldat, il se fit au poignet une blessure dangereuse. La plaie s’enflamma et ayant été reconnue mortelle, Guillaume revêtit l’habit monastique, confessa ses l>échés et expira.

Ainsi mourut ce jeune prince, vaillant, lier et beau,

i Onleiic Vital, 1. XII.

Mort

de

Guillaume

Cliolon.

dit Orderic Vital l, et le plus digne d’intérêt, entre tous ceux de la race du Conquérant. Son malheureux |»ère, le duc Robert, aveugle et captif au château de Devizes en Angleterre, pressentit, dit-on, ce nouveau malheur. 11 vit en songe une lance qui le frappait au bras droit et qui lui en ravit l’usage. A son réveil il dit à ceux qui l’entou- Mau raient : « Hélas ! mon fils est mort »; et la fatale nouvelle RoWh qu’aucun messager n’avait encore apportée en ce lieu, fut courte iieuw. bientôt confirmée 2. Robert survécut six ans à son fils ; (liai) Henri le fil transporter de Devizes à Cardilî, oii il mourut. La vie de ce prince , si complètement inutile en apparence à lui-même et aux autres, suffit pour rendre incertaine en Angleterre la grande question de la succession au trône ; elle contribua ainsi puissamment, au moment décisif, et durant les deux premiers règnes qui suivirent la conquête, à faire considérer le grand conseil des barons et des prélats, le parlement, comme le gardien des lois, comme l’arbitre des prétentions au trône, comme le souverain véritable cl permanent du peuple anglais.

Henri avait tenu son frère captif vingt-huit ans et le suivit de près au tombeau après avoir dompté ou contenu tous ses ennemis anglo-saxons, gallois, normands, français et manceaux.

Son règne a laissé plusieurs traces dans les institutions politiques et religieuses du pays : et à cet égard les deux monuments les plus remarquables de l’époque sont la charte que ce prince fit publier à son avènement et

I. Orderic Vital , I. \ll. I.a mort n’a pas éteint sa renommée qui est éter-

nelle. Mat Paris, au. 1 128. — 2. /</«*» t. ibi'l.

celle (ju il accorda aux citoyens de la ville de Londres

Par la première, Henri abolissait tons les abus qui s 'étaient établis durant le règne de son père et de son frère et surtout les exactions auxquelles donnèrent lieu Ie3 héritages, les mariages des veuves et des filles mineures; il promettait de respecter les biens de l’Église, accordait à chacun de tester il volonté et remettait les reliefs stipulés |>our les successions directes : il rétablissait enfin les lois du roi Edouard, avec les corrections que son père y avait faites de l’avis de ses barons J.

Henri avait juré cette charte à l’heure critique, mais une fois affermi, il oublia comme son frère toutes s<*s promesses et fit détruire les exemplaires de sa charte, dont trois seulement se conservèrent dans le royaume, à Cantorbéry, à York et à Saint-Albans. 11 en fut de même pour les forêts : il avait promis de supprimer les statuts sanguinaires de son prédécesseur, mais il ne tint compte de ses engagements.

La charte accordée par Henri aux citoyens de Londres est d’un grand intérêt, et l’on peut juger de l'importance de celte cité dès cette époque, |>ar l’étendue de ses privilèges. Le roi, moyennant une certaine taxe déterminée d’un consentement mutuel, accorde aux habitants la libre élection de leurs officiers et de leurs magistrats, la faculté de se garder eux-mcines, de tenir des plaids dans l’intérieur de la cité et de n ôtre |>oinl appelés en jugement hors de leurs limites; il les exempte de ta

1. Il etitle iu»»i un code île lois qui porte le nom de Ode de lleim l*’, mais il fui rédigé a une époque postérieure. — Vnyr* Hume, rèj'iie de Henri l#\ Voyez au»»i Will. Tltorpe, Audi ni Inirs and inslituU * n( l'.uglm »«/

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