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HENRI I"
vu obligé de rappeler l’archevêque Anselme, gardien vigilant des privilèges de l’Église, mais il n’était pas disposé à sacrifier aucun des droits réels ou prétendus de sa couronne. Nous avons fait voir les odieux abus qui résultaient pour le clergé de la vie féodale et comment le roi , en concédant les bénéfices temporels, disposait réellement des dignités spirituelles. Trois choses en cela blessaient profondément le clergé : il supportait avec (veine que l’investiture donnée par le souverain fût indispensable aux évêques ; il considérait comme sacrilège la collation que faisait le prince des bénéfices ecclésiastiques, par les emblèmes religieux de la crosse et de l'anneau, et il s’indignait en voyant les prélats devenir les hommes liges du monarque par l’hommage et par le serment.
Déjà Grégoire VII s’était élevé contre les abus qui résultaient d’un tel état de choses, mais en repoussant ceux-là, il en avait créé d’autres non moins intolérables, et la terrible guerre des investitures avait mis l’Allemagne en feu. Les rois résistèrent, et en aucun pays, à cette époque, plus aisément qu’en Angleterre : nulle part les évêques ne vécurent dans une dépendance (dus étroite du souverain qu'ils le furent du Conquérant après la conquête. Il en résulta de grands désordres, qui provoquèrent des plaintes très-vives, et sous Henri I" l’opposition partit de Rome : l’archevêque Anselme protesta presque seul entre les prélats anglais et fut de nouveau exilé. Henri sortit vainqueur de ce débat qu’il soutint contre le pape Pascal II. Le monarque conserva le droit d'investiture, il continua de recevoir l’hommage et le serment des prêtres qu’il mettait en
possession «le leurs liénélices, il consenti! seulement a supprimer la collation par la crosse et par l'anneau, emblème d'n ne juridiction spirituelle à laquelle il n'avait aucun droit. Il conserva ainsi le pouvoir qui lui était contesté, il céda un privilège «pi'il ne pouvait revendiquer sérieusement, et en sacrifiant la forme, il demeura en possession du fond : il promit, il est vrai, de ne plus s’approprier les revenus des bénéfices vacants, mais il savait que personne n’avait de compte à lui demander, et lorsqu’il eut intérêt à oublier celte promesse il la viola comme les autres.
Henri préleva, par toute sorte de voies, des imptils sur le clergé. Le synode de Westminster s’était prononcé, à la demande de l'archevêque Anselme, pour l’obligation du célibat ecclésiastûjue et des voeux de chasteté; le roi frappa de fortes amendes les infracteurs de ce statu I, puis il mit à prix la permission de le violer, et s'ouvrit, par cet indigne trafic une source plus abondante encore «le revenus '.
Hans les démêlés de ce prince avec la cour romaine, le plus grave peut-être fut celui «pii s’éleva au sujet des légats du pape. Le pontife romain revendiquait pour les légats, le même privilège en Angleterre que dans les autres royaumes. Henri soutint «|ue l’archevêque de Canlorbérv héritait , en sa «pialité de primat , des priv ilèges conférés jadis par Grégoire le Grand au moine Augustin, et «pii le constituaient seul légat du pape en Angleterre; il prétendit que ces privilèges avaient été irrévocablement attachés au siège primatial : l'archevèipic, disait-il.