V KK II. CHAPITBE I
de l’armé»* entière. Cet étendard rallia les Anglais et donna son nom à cette sanglante journée, où les Ecossais vaincus prirent la fuite en laissant onze mille des leurs sur le champ de bataille. La paix fut conclue l’année suivante entre l’Angleterre et l’Ecosse.
L’indulgence qu’Eli»*nne avait jus»|u’alors montrée aux évêques et aux barons rebelles avait accru le nombre de scs ennemis : elle fit place à la rigueur. L’homme le plus redoutable au roi par ses richesses, par le nombre et la force de ses châteaux et par ses talents, était Roger, évêque de Sarum, ancien ministre de la couronne sous le roi Henri. Ce prélat avait deux neveux, Alexandre et Nigel, évêques, le premier de Lincoln, le second d’Ely et qui l’un et l’autre, entourés comme leur oncle d'un appareil militaire, (tossédaient dans le royaume de nombreuses forteresses. Le roi les somma de les lui ouvrir ; sur leur refus, il fit arrêter les évêques de Sarum et de Lincoln, saisit plusieurs châteaux et assiégea celui de Devize où l’évêque d’Ely, Nigel, s’était renfermé. Là, ayant fait conduire sous les murs l’évêque Roger, pâle de terreur et de faim, il déclara qu’il ne lui serait donné aucune nourriture jusqu’à la soumission de la place qui fut aussitôt rendue et dont Etienne prit possession.
Le roi paya cher ces succès promptement suivis de cruels revers. 11 s’était fait un ennemi irréconciliable du clergé qui ne voyait plus en lui »|u’un violateur de ses privilèges, et il fut cité à comparaître devant un synode d’évèques, convoqué à Winchester et présidé par son propre frère Henri, évêque de cette ville et légat du l>ape Innocent il. Etienne ne reconnut point aux évêques
KTIEVVE.
le droit de le censurer, il ne comi>urut pas et le synode n’osa .passer outre ; mais les prélats invitèrent secrètement l’impératriâ: Mathilde à revendiquer ses droits : le mois suivant, cette princesse débarqua en Angleterre Airivée sous la conduite de son frère Hobert, comte de Glocester, ... Je .
I impératrice
fils naturel de Henri Ier, qui, par son caractère, scs talents «uihiid. et son crédit, fut l'àme de son parti et l’un des hommes An«l't«rre. les plus remarquables de l’époque.
La fortune prononça entre Etienne et Mathilde sous les murs de Lincoln, dont le roi faisait le siège. Les deux principaux chefs de l’armée de l’impératrice ,
Robert de Glocester et Hanulf, comte de Chester, avant . <le
“ Lincoln.
uni leurs forces, résolurent de délivrer la place et livrèrent bataille à l’armée royale commandée par le roi en personne et par son frère Guillaume d’Ypres et le comte d’Abermale. Des troupes mercenaires composaient la principale force des deux armées : les seigneurs proscrits par Etienne marchaient en tête de l’armée d’invasion ; celle du roi était la plus forte, mais comptait dans ses rangs beaucoup d’hommes enclins à la trahison : elle fut vaincue; Guillaume d’Ypres s’enfuit avec la cavalerie, laissant le roi presque seul au milieu de ses ennemis. On vit alors , dit l’ancienne chronique , un spectacle étonnant et admirable : le roi Etienne restait seul comme un lion rugissant sur le champ de bataille, nul n’osait l’approcher : debout, les dents serrées, semblable à un sanglier écumant, il écartait avec sa hache de Norvvégc ceux qui s’élançaient sur lui et il abattait de ses coups terribles les principaux de ses adversaires '.