‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés. 1Chapitre 12 sur 202 · Plutarque, Vie de César · texte numérisé non relu

Plutarque, Vie de César

2. Sénèque rapporte que César apprit en Bretagne la mort de sa fille et qu’en trois jours il vainquit sa douleur : Et tàm cilo dolorem vieil quàm ont nia sot e bal (Cons. ad Marc., II.) Selon Plutarque, César u’eul connaissance de celle perle qu'a «on retour sur le continent.

Ité-ullal des dvu* invasions d«la Bretagne par

Jules-César, fou portrait.

»|ue ce qu’elle accomplit, qui ne se presse point, mais ne se lasse jamais, et qui ne s’arrête que pour avancer plus sûrement; il montra cette habileté suprême qui exécute avec prudence les choses les plus aventureuses, un coup d’œil vaste et profond, attentif à l’ensemble comme aux détails, et ce tranquille courage supérieur aux plus grands périls, et cette énergie incomparable par laquelle le chef répand son âme dans toute son armée : rare assemblage de qualités et de talents qui, fatalement combinés avec l’absence de tout scrupule pour s’agrandir, avec l’art d’enlraîncr la multitude en caressant ses chimères, et de captiver les classes supérieures parles dons séducteurs de l’esprit et des manières, firent de César le plus extraordinaire entre les hommes qui naissent pour la ruine des aristocraties et qu’elles seules peuvent produire.

Progrès de la conquête romaine en Bretagne. — Campagnes de Claude , d’Aulus Plautius, d’Ostorius Scapula, de Suétonius Pnulinus, d'Agricola et de Scptlme Sévère.

L’ile entière demeura 90 ans après Jules-César, dans une complète indépendance : mais il y a lieu de croire que des relations suivies s’établirent et s’accrurent sans cesse, durant cette période, entre les Bretons et les Romains dont les premiers empruntèrent plusieurs arts et quelques usages '.

I. Oc célébrés médailles II l’effigie du toi Cunobelin, el sur lesquelles sont gravés des caractères romains et quelques divinités romaines, sont citées par les

CONQUÊTE DE I-'llE PAR LES ROMAINS. 23

Sollicité par un chef banni et traître à son pays, nommé Médricus, l’empereur Claude résolut de conquérir la Bretagne, et, l’an 43 de l’èrc chrétienne, il fit passer quatre légions dans l’île avec leurs auxiliaires, sous les ordres d’Aulus Plautius, homme consulaire et excellent général.

De grands changements y avaient eu lieu depuis la retraite de César. 11 s’était écoulé près d’un siècle durant lequel les États qui s’étaient volontairement soumis au conquérant des Gaules furent attaqués, envahis et asservis |>ar leurs voisins : plusieurs d’entre eux perdirent jusqu’à leur nom. Les Cattivellaniens ou Cassiens, qui avaient eu pour roi Cassibelan, grandirent durant la guerre en puissance, et l’un des successeurs de ce chef redouté, Cunobelin, étendit son autorité sur la plus grande partie de la Bretagne méridionale. Ce prince 0riRiue avait jK)ur femme la reine des Brigantes, Carlismandua, <lc

. % Caraclacu».

qui acquit plus lard une fâcheuse célébrité. Ses Etats a sa mort furent partagés entre sa veuve et deux fils, Caractacus et Togodumnus, qu’il avait eus d’une autre femme : ceux-ci étaient les plus considérables entre les princes bretons, quand l’île fut de nouveau envahie par les Romains, sous le règne de Claude, et Caractacus, par sa résistance héroïque, acquit un renom immortel.

Le général romain, Aulus Plautius, surprit les Bre- Ctm n tons par la rapidité de ses mouvements : il passa la j auIu* Tamise et remporta plusieurs victoires dont il fut en cV‘d"'s

antiquaire* anglais comme aulanl de preurw de* rapports qui «iilÈrettl, au dire dcSirabou, entre la lîrclague cl l’empire, vous le règne d'Auguste. (Voy. Slrabon. 1. IV , p. 302.)

l'empereur Claude en Brelagno.

grande partie redevable à ses auxiliaires germains, habiles à traverser 1 s fleuves à la nage et à atteindre l’ennemi de leurs traits. Togodumnus fut tué, et fut vengé par son frère Caractacus, dans une longue suite de glorieux combats. Un roi indigène, Cogidunus, fit alors alliance avec les Romains, mais son exemple ne fut pas suivi, et, malgré de nombreuses défaites, les Bretons demeurèrent indomptables. Ils attirèrent les légions dans une contrée marécageuse où ils leur firent éprouver de grandes pertes. Plaulius replia son armée sur la rive droite de la Tamise et invita Claude à passer dans l’île et à conduire la guerre en personne. L’empereur quitta Rome et vint commander ses légions en Bretagne. Il poussa la guerre avec vigueur cl il paraît avoir rencontré peu d’obstacles. 11 franchit la Tamise, s’empara par trahison ou par violence de la forteresse de Camulodunum *, reçut la soumission de plusieurs peuples bretons, réduisit une partie de la contrée en province romaine et revint triompher à Rome.

Aulus Plautius demeura en Bretagne où il conserva le commandement des légions et eut pour lieutenant le célèbre Vespasien, dans la suite empereur, et qui fut alors, dit Tacite, désigné par les destins. Tous deux acquirent de la gloire dans cette guerre : Vespasien marchant au sud contre les Belges, leur livra trente-deux combats dans l’un desquels il fut redevable de la vie au courage de son fils Titus : il conquit l’île de Wight et soumit la côte méridionale de la Bretagne. Plautius vainquit Caractacus et les Bretons de l’intérieur, et, après un

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