I . \lalnic>l*ury
LIYltK II. rilAflTHE I.
tance; celle de Londres était, comme on l’a vu, un pouvoir dans l’État. Malmesbury nous en donne une haute idée : « Ses habitants, dit-il, étaient considérés comme barons et admettaient des barons dans leur corps 1 . » Leur suffrage avait été sollicité pour l’élection de Mathilde et leur inimitié lui devint fatale. Les disgrâces de la royauté profitaient également à l’aristocratie guerrière : les barons se retranchaient dans leurs châteaux et hérissaient le sol de forteresses, oii ils bravaient les lois et vendaient cher leur appui aux prétendants rivaux.
Le clergé avait deux fois, en peu d’années, disposé de la couronne. Lorsque Etienne fut rétabli sur le trône, la plupart des évêques continuèrent à braver son autorité : cinq d’entre eux, malgré sa défaite, suivirent le primat Thibaut au concile de Reims, présidé par le pape Eugène III. Le primat fut exilé et se vengea en mettant l’interdit sur les domaines royaux 2. Les appels au pape, jusque-là défendus par les coutumes anglaises '1, devinrent fréquents sous ce règne. L’évêque Henri , frère du roi, avait été reconnu pour légal dans le royaume, avec une autorité presque souveraine, au mépris des droits du siège primatial et il exerça des jiouvoirs redoutables à tous les partis, jusqu’au moment où le pape Eugène 111 le dépouilla de la qualité de légal
4. Ludinensc» (qui »unl quasi optimales pro maguiludine ciritalis in Anglia).... Omnes baronet qui iu eorum commuoionem jam dudum rccepli fuennl..,. (Malmesbury.)
2. Selon Hume, ce fut le pape lui-nitme qui mil l’inlerdit sur les terres du roi.
3. In Anglia appcllalioncs in usu non eraul, douée eas Henricus Wintoniensit, dum legatus estet, malo suo crudeliler inlrusit. (Heur. Hunlind.)