LIVRE II. CIIAIMTIIK I
calamités engendrées par la guerre civile. Le clergé, dans la désolation générale, faisait seul entendre des paroles de paix et d’espérance. L’Angleterre lui dutde sages règlements, et entre autres les statuts d’un concile tenu à Londres, qui établirent la Trêve de IHeu et qui placèrent sous la protection de l’Eglise, les instruments de labourage et les malheureux qui lui demandaient un asile. Violer l’Église, c’était mettre une main violente sur tous ceux qu’elle couvrait de sa protection, et les plus terribles malédictions frappaient les violateurs ; ces anathèmes étaient populaires, car ils apportèrent seuls un frein, dit une ancienne Chronique, à la rapacité des milans *. Ce fut encore parce que la faveur nationale entourait les tribunaux de l’Eglise que la juridiction ecclésiastique s’étendit rapidement sur toutes choses : les formes légales, dans ces temps barbares, n’étaient guère observées que dans les cours cléricales : les plaideurs voyaient là une garantie d’équité qu’ils ne trouvaient pas ailleurs, et si la loi n’y était pas toujours obéie, du moins était-elle toujours invoquée. Cette loi était la loi canonique, seule étudiée dans les écoles, et ce fait suffit pour expliquer la faveur dont elle était exclusivement l’objet *. C’est donc à la reconnaissance des peuples autant qu'à la pieuse ferveur de cet àgc que le clergé fut redevable de sa fortune et de son influence presque absolue. En y regardant de près cependant, on voit qu’il grandit moins en Angleterre par ses propres forces que par un concours fortuit de circonstances favorables. S’il disposa de la cou-