‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés. 1Chapitre 123 sur 202 · ETIENNE · texte numérisé non relu

ETIENNE

ronne, c’est que lé prince lui en av ait lui-même reconnu le droit, et s’il osa braver ensuite le monarque, c’est qu’il trouva sous sa main une autre personne royale à couronner et une armée pour la défendre. Si alors en Angleterre, un légat du pape exerça quelque temps une autorité presque souveraine et supérieure à celle du primat, c’est que ce légat était neveu du Conquérant et propre frère du roi. Enfin, dans le conflit des deux prétendants au trône avec des forces presque égales, la première place du royaume pouvait être considérée comme vacante : le pouvoir électif et suprême vint alors se placer comme de lui-même dans la main des prêtres et ne fut pas usurpé par eux : on peut donc dire que si le clergé, à cette époque, affecta une complète indépendance, ce fut surtout à la faveur de la guerre civile et plutôt à l’égard des personnes royales qui revendiquaient la couronne qu’aux dépens de la royauté elle-même.

Au temps d’Étienne et de Mathilde, la seule loi reconnue dans le royaume, en dehors de l’influence de l'Eglise, était celle «le la force brutale : la féodalité apparut alors en Angleterre et en Normandie sous les couleurs les plus sinistres. Une multitude de soldats mercenaires exerçaient leurs barbaries «lans toute la contrée, sous la protection «les seigneurs, et les châteaux forts étaient des repaires de brigandages et de meurtres; leurs possesseurs, à l’abri de leurs murailles, bravaient toute justice; ils pillaient les terres voisines, enlevaient les habitants et les contraignaient, par d’effroyables tortures, à livrer leurs richesses. La population épouvantée fuyait dans les cités et dans les monastères; le sol demeurait inculte et le voyageur errait souvent «lu lever au coucher du soleil

Situation

de

l’Anglflern*.

Secoude

croisade.

dans les campagnes désolées sans découvrir une créature humaine1.

Ce règne si agité et si désolé fut l’époque où s'accomplit la seconde croisade, prèchée en France par 1 éloquent et illustre saint Bernard, abbé de Clairvaux. Deux puissants princes Conrad III, empereur d’Allemagne, el Louis VII, dit le Jeune, roi de France, commandèrent cette grande expédition dont l’issue fut malheureuse. Conrad y perdit la vie avec son armée et Louis Vil n’obtint aucun avantage , pour la religion , de son immense entreprise.

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