‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés. 1Chapitre 138 sur 202 · Anglia nacra · texte numérisé non relu

Anglia nacra

HENRI II

reste de sa vie. Lejeune Henri, son fils1, entouré de flatteurs et de courtisans qui enflammaient son ambition pour se jiartager ensuite ses faveurs; séduit par l’amorce des jouissances du rang suprême , et corrompu par l’usage prématuré du pouvoir, se lassa de n’être roi que de nom ; il voulut l’être en effet, et son père ayant refusé de lui céder en toute souveraineté l’Angleterre ou la Normandie, il se révolta et fut aidé dans sa rébellion par son beau-père Louis VII, dont il avait épousé la fille Marguerite; par ses frères Richard et Geoffroy, ducs d’Aquitaine et de Bretagne, et par leur mère Éléonore d’Aquitaine. Celle-ci, abandonnée par Henri, pour de nombreuses maîtresses, aspirait à se venger et elle y j»arvint en encourageant ses fils dans leur révolte contre son époux et leur propre père.

Le jeune roi mit en œuvre dans cette lutte sacrilège les plus honteux ressorts, les plus criminelles séductions pour provoquer les hommes puissants, clercs et laïcs, à la désertion, à l’ingratitude et à la trahison; pour s’assurer des créatures, il se montra lui-même tout à la fois traître à son père, à son peuple et à sa couronne. Il aliéna des provinces entières à des princes étrangers, entre autres au roi d’Ecosse et au comte de Flandre; il fut prodigue envers le saint-siège de protestations humiliantes et d’actes où la bassesse le disputait à la plus odieuse hypocrisie, et après avoir accru par son exemple et par ses rigueurs l’audace des ennemis de Thomas Beckel, il se donna effrontément pour l’ami du martyr et pour son vengeur.

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