LV fermé inluta suut ad verni. (Tacit , Annal., xil
CONQl’ÊTE DE L’iLK PAR LES ROMAINS. 20
de si splendides demeures m’aient envié une chaumière en Bretagne ! » Le sénat fit grand bruit de la prise de ce chef redouté; il la compara dans ses pompeux éloges à celle de Syphax par Scipion, et de Persée par Paul-Émile, et il décerna à son vainqueur Oslorius, les honneurs du triomphe.
Ce général, après d’éclatants succès, éprouva de nombreux revers; il mourut accablé de soucis et eut pour successeur en Bretagne Avitus Didius Gallus, qui fomenta des troubles intérieurs parmi les indigènes et fit alliance avec la reine des Brigantes, Cartismandua, contre son peuple révolté : mais durant les quatre années de son gouvernement, les armes romaines firent peu de progrès dans nie.
Néron régnait, et tout entier à ses plaisirs honteux, il n’eut ni l’espoir ni la pensée de reculer les limites de l’empire; il songea même à rappeler de Bretagne l’armée romaine; mais il fut retenu par la crainte de paraître jaloux de la gloire de Claude 1 et il donna cette province à Véranius qui mourut dans l’année après une campagne peu importante contre les Silures. Son successeur fut Suétonius Paulinus, homme d’une grande réputation militaire, et qui répondit par ses victoires à l’attente des Romains. Les Bretons étaient surtout excités à la résistance ou à la révolte par les druides, ministres de leur culte, dont le principal sanctuaire était dans l’ile d’Anglesey. Cette île servait de refuge aux vaincus, et elle avait jusqu’alors conservé son indépendance. Suétonius résolut de s’en emparer. Son infanterie franchit l’étroit
|. Suélono, Yil fi Néron , c. IK.
Campagnes de Suélnnius Paulinus.
Prise
d’Angloscy .
Massacre
des
druides.
liras de mer qui la sépare de la Bretagne, au moyen de bateaux à fond plat, construits exprès pour aborder sur les côtes ; les cavaliers traversent les flots à gué ou à la nage : on approche de l’ile et là s'offre aux yeux des Romains un spectacle étrange et terrible. L’armée ennemie, vivant rempart, était debout déployée sur la plage : des femmes, en habits lugubres, les cheveux épars, couraient çà et là comme des furies, brandissant des torches enflammées, et les druides, les mains étendues, mêlaient au bruit des flots leurs sinistres imprécations. Étonnés à la vue d’un spectacle si nouveau et si imprévu, les soldats hésitent comme saisis d’effroi et livrent leurs corps sans défense aux coups de l’ennemi : cependant, aux exhortations du chef, les enseignes s’ébranlent etsc portent en avant, l’armée les suit, se précipite, frappe, renverse tout devant elle et enveloppe les barlwrcs, leurs femmes et leurs prêtres, dans les feux qu’ils ont allumés pour leurs affreux sacrifices
Cette exécution terrible porta un grand coup à la puissance des druides, mais elle fut suivie d’une redoutable insurrection que favorisait l’éloignement des légions. Les habitants de la partie de la Bretagne qui avait été colonisée ou réduite en province romaine, avaient reçu du vainqueur des maux intolérables; leurs biens étaient chargés d’impôts : une foule de familles distinguées avaient été réduites à l’indigence, et par l’indigence à la servitude, et la jeunesse bretonne, arrachée de ses foyers, était forcée de s’expatrier et de servir sur le continent dans les cohortes auxiliaires : un outrage inouï vint s’a-