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d'un grand nombre de barons, et Louis VII y apporta des dispositions jwciflques, mais ensuite il se reprocha d’étouffer entre le père et les fils une guerre qui faisait sa sécurité, et il réussit à les diviser de nouveau. Jamais Henri ne s’était trouvé dans une situation aussi périlleuse. Un plan redoutable d'invasion était arrêté entre ses ennemis confédérés : tandis que le roi Louis VII menaçait la Normandie, Itichard et Geoffroi devaient envahir l’Aquitaine et la Bretagne : le péril n’élait pas moins grand en Angleterre, où le roi d’Écosse allait fondre sur les comtés du nord soulevés par Itobert de Mowbray. Le comte de Flandre enfin avait juré sur les reliques de passer en Angleterre avec une armée nombreuse et de soumettre le royaume au jeune Henri: sa flotte et son armée se réunissaient à Graveline : déjà une avant-garde de quatre cents chevaliers avait franchi le détroit et marchant sous les étendards du rebelle Hugues Bigod , avait assiégé et pris Norwich.
Informé, en Normandie, du péril de sa couronne, le roi vit dans ses malheurs un effet de la vengeance divine qui poursuivait encore sur lui le meurtre de l’archevêque; il prit alors une de ces résolutions extrêmes que les usages de ce siècle expliquent et qui avait pour but tout ensemble de désarmer le ciel et de lui rendre le cœur de son peuple. Il fit voile pour l’Angleterre, amenant avec lui la reine Éléonore, sa femme et sa captive, la jeune reine Marguerite, femme de son fils Henri, et son dernier tils Jean, qui seul, entre tous ses fils légitimes, n’avait point reçu encore un apanage territorial, et qui, pour ce motif, fut appelé Jean sam Terre. Le vent étant
Ligue redoutable contre Henri If.
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devenu contraire et la mer orageuse, le roi, dit l’historien contemporain, leva les yeux au ciel et s’écria au milieu des siens : « Si le dessein que j’ai dans le cœur doit rétablir la paix parmi les clercs et parmi les laïques; si le roi des cietix a résolu que mon arrivée soit le signal de la paix, que sa miséricorde me conduise au port du salut; si au contraire le Seigneur est irrité et qu’il ait décidé de châtier le royaume d'Angleterre avec les verges de sa fureur, qu’il ne m’accorde jamais d’aborder dans ce pays malheureux1. » Le vent s'étant apaisé, dit le même auteur, le roi aborda à Soulhampton, où il jeûna au pain et à l’eau et il prit ensuite le chemin de Cantorbérv. A l’approche de cette cité il descendit de cheval, et dépouillant toute fierté royale, il marcha nu-pieds avec le visage d’un pèlerin contrit et pénitent. Il entra dans l’église au son des cloches et se dirigea vers le tombeau du saint martyr oit il se prosterna la face contre terre à la vue des prêtres et du |>euple assemblé. Puis demandant une absolution nouvelle aux évêques présents, il soumit sa chair nue à la discipline des verges dont les évêques déchargèrent chacun quelques coups sur les épaules du roi en disant : « De même que le Hédemplcur a été flagellé pour les péchés des hommes, de même sois-le |>our ton propre (léché. » Les verges passèrent ensuite aux mains des religieux et des clercs qui en happèrent le roi à leur tour. Henri honora ensuite le martyr par de riches présents, il assigna un revenu annuel destiné à entretenir des cierges autour de sou tombeau et passa trois jours dans les jeunes, dans les oraisons et les veilles. Alors seule-