I. Matli . Paris, au
HENRI II
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ment il crut avoir apaisé la colère céleste et s’être rendu Dieu propice'.
Les succès remarquables obtenus par Henri II, à la suite de ce grand acte d’expiation, impressionnèrent vivement l’esprit des peuples et furent attribués par les contemporains à l’intercession du glorieux martyr. Le roi d’Écosse, Guillaume, fut fait prisonnier avec soixante de ses principaux seigneurs le jour même où Henri II achevait son pèlerinage au tombeau «le l'archevêque, et il ne recouvra sa liberté qu’en reconnaissant tenir sa couronne en fief de celle d’Angleterre *. Les Anglais rebelles furent vaincus et livrèrent leurs châteaux pour acheter leur pardon : trois semaines suffirent au roi pour pacifier toute l’Angleterre, et le mirent en état de tourner toutes ses forces contre ses ennemis du continent, où il avait à combattre ses trois fils ligués avec le roi de France Louis VII et Philippe comte de Flandre. Ceux-ci assiégèrent Rouen, Henri délivra cette ville, puis marchant rapidement au sud, il contraignit Richard à se sou-
\. On a de nos jours fait beaucoup d'efforts pour 61er a celle scène sou grand caractère. M. Augustin Thierry ne veut y voir qu’une comédie et nous représente Henri II comme un hypocrite qui, se voyant abandonné des Normands, voulut acheter l’appui des Savons, au prix de quelques coups de discipline, et par une expiation apparente air tombeau de celui qui était deveuu l'idole de la race anglaise ou saxonne. Jamais l’illustre auteur ne nous a paru entraîné plus loin de la vérité, par l’esprit de système. Il est élonnaut surtout qu'il n’ait pu admettre 1a sincérité du roi dans un acte inspiré par la foi et les idée» du temps, lors«]ue les auteurs contemporains cl ses ennemis même ne l’ont pas mise en doute. Quant à la popularité de Beckct, considérée comme affaire de parti parmi les descendant» des Saxons, il n’y en a aucune trace dans les documents de l’époque.
2. Il fut également stipulé qu’à la requête du roi d’Angleterre, le clergé et la noblesse d’Êcossc prêteraient serment d’allégeance et de fidélité à Henri II iLingard).
Succès du roi.
Sa première réconciliation avec scs fils.
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mettre et à implorer son pardon. La paix fut signée suites frontières de l’Anjou, entre les deux rois et en présence des trois frères, Henri le Jeune, Richard et Geoffroy : ceux-ci jurèrent obéissance à leur |>ère et les rois se rendirent réciproquement leurs conquêtes. Henri II retourna dans son royaume avec le jeune roi son fils, et celte courte é|*oque oii il vécut réconcilié avec ses enfants est la plus brillante de son règne.
L’Europe, vers le même temps, vit finir le schisme qui la divisait. L’empereur d’Allemagne, Frédéric I", abandonna l’antipape et reconnut Alexandre 111 pour souverain pontife. L’Occident parut ainsi pacifié; mais les diverses populations qu’Henri II retenait sous son sceptre supportaient impatiemment le joug que son fils Richard appesantissait sur elles depuis sa réconciliation avec son père; ses exactions intolérables, ses violences et ses cruautés les portèrent à la révolte et leurs ressentiments furent soigneusement entretenus par le roi de France et par plusieurs puissants barons du pays, et entre autres par Bertrand de Rorn, baron aquitain, non moins célèbre |>ar ses talents poétiques que par sa va- Gucric leur guerrière. Les populations de ces pays s'insurgèrent le continent plusieurs fois et appelèrent à leur aide contre le comte ics 'nn Richard, ses frères, le jeune roi Henri et Geoffroy, comte de Henri ii. de Bretagne. Henri II essaya en vain d’apaiser ou de
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remîtes, provenir cette guerre fratricide, le roi son fils s’y laissa |ii82) entraîner autant par ressentiment contre son frère Ri chard, que par afiection pour sou ancien ami et compagnon d’armes Bertrand de Born : mais faible et sans caractère, aussi incapable de vouloir le mal avec suite que de poursuivre longtemps un but louable, il abandonna ses
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nouveaux alliés pour disputer le prix des tournois dans les différentes cours de l’Europe, ensuile il retomba dans tes mêmes errements, passant ainsi plusieurs fois d’un parti dans l’autre et de la soumission à la révolte.
Geoffroy, son frère, persévéra davantage dans l’assistance qu’il prêta aux peuples de l'Aquitaine et du Poitou.
Le vieux roi, voyant ses ordres méprisés, résolut de mettre, par sa présence sur les lieux mêmes, un terme à cette guerre dénaturée entre ses enfants : il joignit ses forces à celtes de son fils Richard, et vint, en l’année 1 1 83, mettre le siège devant Limoges, qui s’était donnée au jeune Henri et à son frère Geoffroy '.
Les deux frères, ligués et excommuniés par tes évêques Mort normands, pillèrent les églises, ravagèrent les campagnes Htd'ri et résolurent de livrer bataille à leur père : mais avant le ’* itune* jour fixé pour ce combat impie, le jeune Henri tomba (H83) gravement malade à Château-Martel, près de Limoges, et le repentir le saisissant aux approches de la mort, il demanda à voir son père et il implora sa grâce. Le vieux roi, tant de fois trahi, redouta de nouvelles embûches, et n’osa s’aventurer auprès du prince mourant; mais, en même temps, toujours indulgent {tour ce fils trop aimé qui avait abreuvé sa vie de douteurs, il ôta sa bague et la lui fit porter par l’archevêque de Bordeaux comme un témoignage de tendresse et de jtardon.
La mort du fils que, dans l’amertume de son ci:ur, il couqiarait à Absalou 1 2, jeta le roi dans un violent déscs-