I . Baudoin V, MfN de Baudoin le Oprcux
Mort
de
Louis VII.
ATéuement
Philippe
dit
Auguste a la
couronne de
France.
Bataille
de
Tibériade.
Chute
du
royaume
de
Jérusalem.
Dr mitre révolte de
Richard, soutenu par Philippe Auguste.
:»:;o livre ii. chapitre ii.
do passer en Palestine. L’accomplissement de ce vœu fut suspendu par une nouvelle et dernière guerre qui éclata entre ces deux monarques, et dans laquelle Philippe Auguste soutint le comte Hicliard contre Henri II. Richard réclamait de son père la jeune Adelaïs, fille de Louis VII, qui lui avait été (lancée en lias âge et lui apportait en dot le Vexin. Cette princesse avait été remise enfant entre les mains du roi d’Angleterre, qui persistait à différer le mariage et la retenait prisonnière, soit qu’il l’ait gardée en otage, ou qu’il voulût en faire sa maîtresse '. Richard ] tassa de la plainte à la menace, puis à la révolte : il mit, en présence des deux rois réunis à la Ferté-Bcrnard, ses deux mains dans celles de Philippe, dont il se déclara vassal pour toutes les |»ossessions qu’il avait reçues de son père sur le continent*. Ce fut le signal pour les barons du Poitou, de l’Aquitaine et de la Bretagne, de reprendre les armes et de recommencer contre le vieux roi une lutte qui avait été suspendue plutôt qu’assoupie, et dans laquelle Richard fut soutenu par le roi Philippe, frère d’Adelaïs, comme il l'avait été auparavant par son père Louis VII. Leurs armées réunies surprirent les garnisons anglaises, emportèrent plusieurs places et investirent le Mans, d'oii le roi Henri s’échappa avec sept cents chevaliers. Poursuivi par ses ennemis, il se réfugia dans la ville de Tours, et y fut assiégé par des forces supérieures. Désespérant alors de la fortune, abandonné de ses meilleurs soldats, et encore plus brisé d’esprit que
Script, rer. Francor I. xm.
2. Itogcr <lc Ilovedcn. — Mathieu Taris Ajoute que Richard fîl hommage b Philippe, sauf la foi qu’il devait à son père ; mais si celle parole fui dite, elle fui un mensonge, le fils ayant oussilM commence' la guerre contre son pbre.
IIKNHI II.
de corps, il accepta une entrevue avec le roi de France, dans une prairie entre Tours et Azav-sur-Cher : là, il se mit à la merci de Philippe, se reconnut son vassal, promit de remettre en ses mains sa srrur Adelaïs et souscrivit un humiliant traité. Un violent orage éclata durant l’entrevue des deux rois : ils tournèrent bride et la conférence fut suspendue. Un coup de tonnerre retentit encore (dus terrible : Henri soutfrant et trouble s’en émut comme si la foudre l’eût frappé, et abandonnant les rênes, il serait tomlié de cheval s’il n’eût été secouru.
Ceux qui vinrent à ses quartiers présenter à sa signature le traité qu’il avait conclu, le trouvèrent malade et alité. Il demanda les noms de ses sujets mentionnés dans cet acte et qui l’avaient abandonné (mur le roi de France, son ennemi : l’un des premiers qu'il entendit nommer fut Jean, son quatrième flls, sur le quel il avait reporté toute son affection et pour lequel il s’était en quelque sorte engagé dans cette guerre malheureuse. A ce nom, il se récria de surprise et de douleur, et puis, trop certain de l’affreuse vérité, il tourna sa tète vers la muraille et dit que, désormais, il n’avait plus aucun souci ni de son propre sort, ni des choses de ce monde1. Richard, averti du danger de son père, vint recevoir de lui le baiser de paix en garantie du traité. Henri le donna d’un air indifférent; mais comme son fils s’éloignait, on entendit le vieux roi souhaiter de vivre pour punir l’ingrat et se venger2. Ce vœu ne fut pas
1. Ego nihil «le me an»pliù» noque «le rnutido qüidqiutn euro. ( Script rer. Francor.jX. xvtu.)