Ibidem
Détresse
et
humiliation
Henri II.
S* mort.
exaucé. Il se fit porter à Chinon, où son mal empira. Sentant les approches de la mort, il maudit le jour où il était né. « Malheur à moi! dit-il, honte à un roi vaincu, et maudits de Dieu soient les enfants que je laisse ? » Les évêques et les prêtres qui l’assistaient, l’exhortèrent à révoquer ces paroles : il reçut d’eux, dans l’église et devant l’autel, l’absolution et les sacrements, mais il ne rétracta point la malédiction qu’il avait prononcée sur ses enfants
On raconte que ses serviteurs pillèrent la maison où il venait d’expirer et qu’ils s’enfuirent, laissant là le corps de leur maître après l’avoir dépouillé2. Le lendemain, cependant, dit Mathieu Paris, on le porta au lieu de sa sépulture revêtu de ses habits royaux, le sceptre à la main, le glaive au côté et le visage découvert. Son fils Richard accourut agité par le remords, et, dès qu’il parut, le sang coula des narines du cadavre, comme si l’àme de Henri s’irritait à la vue de celui qui avait hâté sa mort, et comme si son sang criait à Dieu. A cette vue, Richard eut horreur de lui-même : saisi d’une extrême douleur, il suivit la pompe funèbre jusqu’à Fontevrault, où il ensevelit avec honneur le corps de son père 3.