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HEMtl 11.
avons vu que la plupart des Etals de Henri, situés sur le continent, était habités par des peuples de races div erses, toujours disposés à secouer son joug : il fallut, pour les maintenir dans l’obéissance, qu'une force considérable fût sans cesse présente au milieu d’eux. Mais, en vertu des lois féodales, la noblesse anglaise n’était tenue qu’à des expéditions de peu de durée, et Henri avait besoin d’une force permanente. 11 songea donc à convertir le service militaire que lui devaient les tenanciers en une taxe qui se nomma escmije : elle servit à solder une armée mercenaire et à la maintenir sous les drapeaux. L ’escuage devint plus tard la taxe du sol (land-laxe), impôt auquel chacun fut soumis. En Angleterre, dans les premiers temps de la féodalité, comme sur le continent, l’attribut spécial des gentilhommes était le métier des armes, et leur privilège l’exemption de toute taxe personnelle et territoriale. L’escuage tendit à faire disparaître cette double distinction : d’une jiart, il soumit la noblesse à l’impôt territorial, et, d’autre part, il concourut à faire du peuple la force principale des armées. C’est ainsi qu’il favorisa le rapprochement des rangs et la fusion des races. On ne voit plus en Angleterre, après Henri 11, dans les chroniques contemporaines, des Saxons et des Normands, mais des Anglais, et nous lisons dans le Dialoijue de l’Echiquier, livre précieux de la lin du xn* siècle, que les deux races étaient à cette époque, sur le sol de l’Angleterre, à peu près confondues en une seule '.
4. Jam cobabitantibus Anglicis et Norinanuis,elaltenilrum mores durentibus vel nukvntibus aie permuta1 «uni naliones, ul vis diaccrni posait hodiè, de liberia loquor, quia Anglicua, quis Normannus ail gcucro; ciccplis dunlaiat ascriptiliis qui villaoi dicuntur, quibus non e*l liberum obstanlibua dnminis suis a slatûs fui condiliotie disccdcre (l)ialog. de ‘icaccario, p. 20).