‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés. 1Chapitre 152 sur 202 · RICHARD · texte numérisé non relu

RICHARD

Richard cl Philippe, cl fut marquée par une longue suite de ravages sans événements importants ou décisifs : l’Angleterre en faisait les frais pour Richard : elle lui fournit par des moyens iniques 1 ou oppresseurs plus d’un million de livres et fut ainsi, dit un contemporain, réduite à la pauvreté, d’une mer à l’autre.

Tant d’exactions provoquèrent une irritation menaçante surtout dans la ville de Londres, où un homme d’ailleurs peu digne d’estime et connu sous le nom de Guillaume à la longue Barbe, harangueur adroit et factieux, prêcha la révolte et excita un dangereux soulèvement. 11 paya sa rébellion de sa tète et cet exemple apaisa l’elTervescence populaire a.

L’insatiable avidité du roi Richard lui coûta la vie. Un trésor avait été trouvé dans les domaines du vicomte de Limoges qui en oll'rit, selon l’usage, la moitié à son souverain. Richard exigea le tout et soutint sa prétention par les armes. Mais tandis qu’il assiégeait la petite forteresse deChaluz, dans le Poitou, une flèche l’atteignit à l’épaule. La blessure était mortelle, et ce roi qui remplissait de son nom les pays les plus lointains, expira dans une entreprise sans gloire. 11 avait légué son cœur de lion à la ville de Rouen, et fut enterré aux pieds de son père à Fontevrault.

Le Richard de l’histoire n’est pas celui des poètes ou des moines : poète lui-même et le plus vaillant des croisés, il fut l’objet de louanges excessives de la |>art des

4 . Le grand sceau fui détruit et renouvelé: tous les possesseurs des fiefs furent tenus de faire renouveler leurs concessions, en faisant marquer leurs titres de la nouvelle empreinte, et ils payèrent ainsi une seconde fois, le prit de leurs terres.

2. Voyei au sujet de ce soulèvement , et en opposition avec l'opinion généralement accréditée par M. Augustin Thierry, la note 1, p. -437 et 438, dans le second volume de mon Hialaire dea quaire conquêtea de V Angleterre .

Mort

de

Richard I*r.

Son

caractère.

Situation

de

l’Angleterre

sou»

ton règne.

trouvères et de quelques chroniqueurs ecclésiastiques, et l’éclat que ses exploits jetèrent sur son nom a fait oublier ses fautes : mais de grands vices, l'orgueil, l’ambition, la cupidité, la violence, ne furent en lui rachetés ou tempérés par aucune des rares facultés qui nous montrent l’homme politique dans l’homme de guerre. Si ses contemporains se sont montrés indulgents pour sa mémoire, c’est que ses qualités véritables étaient en harmonie avec les idées de son siècle, et qu’un grand prestige acconqiagne toujours les actes d’une valeur héroïque déployée pour une cause sacrée : c’est aussi parce qu’à la pitié inspirée par son infortune qu’il chanta en vers touchants, se joignait l’espérance d’un meilleur gouvernement après son retour et que son frère, qui occupa quelque temps sa place, et qui lui succéda, eut tous les vices et pas une vertu : Richard enfin, en séjournant sur le continent, dérobait à son |>euple la véritable main qui l'écrasait, et ses exactions furent attribuées à ses ministres plus qu’à lui-même.

Ce règne malheureux où l’on n’aperçoit d’abord que des oppresseurs et des opprimés, ne fut point sans quelques utiles résultats pour les libertés publiques : un grand nombre d’habitants des villes tirèrent avantage de l’avarice du roi, pour acquérir la propriété de leurs maisons à charge de rentes annuelles : ils grandirent ainsi d’une part en indépendance, tandis que l’extension que prenait chaque jour le commerce, par suite des relations nouvelles de l’Europe avec l’Asie, accroissait l’influence de la classe bourgeoise en proportion de ses richesses. Des corporations avec syndicat se formèrent dans les principales villes : la capitale eut son commerce

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