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«■t donnerait leurs terres aux catholiques destructeurs de l’hérésie. Le quatrième concile de Latran fut, au moyen âge, la plus haute expression du pouvoir des |>apcs qui ne se manifesta par aucun acte plus redoutable que par l’extermination des albigeois, sous le règne de Philippe Auguste.
La victoire de ce prince à Bouvines avait enlevé au roi Jean toute espérance de recouvrer ses provinces perdues sur le continent, il obtint du roi de France une trêve de cinq ans et retourna dans son royaume pour y soutenir une dernière lutte, plus redoutable encore que les précédentes et causée, comme celles-ci, par ses débordements et ses crimes.
Les barons laïcs et ecclésiastiques, pour se défendre contre ses rapines et ses fureurs, avaient affermi leur ligue et s’étaient unis par de nouveaux serments : le roi Jean essaya de les désunir et de gagner le clergé; il lui promit une charte d’élections libres et prit la croix. Mais le primat Langlon ne se laissa point abuser, et au nom des barons il demanda au roi le renvoi de scs troupes mercenaires. Sur son refus, ils se proclamèrent l’armée de Dieu et de la sainte Eglise, armèrent leurs vasseaux, choisirent pour chef Robert Fitz- Waller, entrèrent en campagne et investirent Nortbampton. Invités bientôt par les principaux habitants de Londres, qui avaient également à souffrir ou à craindre de la tyrannie royale, ils entrèrent dans la métropole où ils furent reçus aux acclamations du peuple, et ils sommèrent de les rejoindre tous les barons encore indécis ou restés fidèles.
Entouré d’ennemis de toutes parts et v oyant la capitale
JEAN
('il leur pouvoir, le roi fléchit devant l’orage et fut prodigue de serments par lesquels, lorsque la force lui revenait, il ne se croyait pas engagé. Il invita les chefs ennemis à une conférence à Runnymead,e t là, en sa présence, en celle de Pandolphe, envoyé du pape, de la majorité des barons et de huit évêques, fut rédigée cette charte fameuse, considérée avec raison, par les Anglais, comme l’une des plus fermes hases de leurs libertés. Elle était censée ne contenir aucune innovation, mais seulement la réforme des abus féodaux les plus criants, introduits par Guillaume et ses successeurs. Elle confirmait les libertés et privilèges de l’Eglise; fixait ensuite, pour les tenanciers, le taux des reliefs ainsi que les droits des héritiers, des pupilles et des veuves qui, pour se remarier, n’étaient plus soumises à une odieuse contrainte. Les aides, ou subsides forcés, furent limités à trois cas spéciaux, savoir : la captivité du roi, l’admission de son fils aîné dans l'ordre de la chevalerie et le mariage de sa fille aînée : en toute autre circonstance il fut dit qu’aucunc taxe ne serait imposée ou levée sans le consentement du grand conseil des barons et autres tenanciers en chef. Une cour fut établie d’une manière fixe à Westminster sous le nom de cour des plaids-communs, pour le jugement des causes civiles*. De sages règlements furent arrêtés pour l’administration de la justice, dans laquelle des chevaliers de chaque comté furent annexés aux juges ambulants : il fut dit qu’aucun homme libre ne serait arrêté, emprisonné ou poursuivi que par jugement légal selon la loi du pays : les
I. La cour dite du roi, pour matières criminelles, el celle de l'échiquier, pour les causes de finances, continuèrent seules h suivre le monarque et fe sitycr près de sa personne.
Conférences
de
Runnymead.
Rédaction et octroi de la
çrandecliarte
et
de la charte des forêts.