UN UK II. CHAPITRE III
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«le Philippe Augutlc, revoit des barons anglais la
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veau le théâtre d’effroyables barbaries, dont le roi donna l’exemple en incendiant de sa main une maison où il s’était arrêté pour la nuit : les barons du pays, incapables d’arrêter ce torrent dévastateur, implorèrent le secours du jeune roi d’Ecosse, Alexandre II, et lui transférèrent leur hommage.
ha plupart de ceux qui avaient assisté aux conférences de Runnymead se tenaient alors enfermés dans Londres, dont les habitants faisaient cause commune avec eux; convaincus alors qu’il n'y avait aucun fonds à faire dans la parole du roi, et impuissants à lutter seuls contre ses bandes avides et sanguinaires, ils prirent une résolution extrême : ils retirèrent à Jean leur allégeance, et offrirent la couronne à Louis, fils aîné de Philippe Auguste : ils prétendirent que ce prince y avait quelques droits comme époux de Blanche de Castille , nièce de Jean, et ils l'appelèrent dans le royaume. Louis accueillit l’offre; d reçut des barons vingt-quatre otages îles premières familles de l’Angleterre, et envoya aussitôt dans ce pays un corps nombreux de chevaliers, pour annoncer son arrivée avec une armée française. Un légat du pape essaya d’arrêter l’entreprise au nom du pontife, suzerain du roi Jean, et comme Philippe hésitait devant ses menaces, son fils, présent à l’entrevue, lui dit: « Je suis votre vassal , sire , pour les terres que je tiens de vous en France, mais votre autorité ne s’étend point sur la couronne d’Angleterre, à laquelle la naissance de ma femme me donne un droit légitime, et mes pairs décideront si vous pouvez m'empêcher d’y prétendre.» Peu de temps après il parut avec une flotte formidable sur les côtes de la Crande- Bretagne.
JEAN
La mort d’innocent III enleva au roi Jean l'appui du n Marque saint-siège : ce prince était à Douvres avec son armée ( ro*"„mc lorsqu’il apprit le débarquement à Sandwich des troupes a™ françaises, commandées par son rival en personne : à celte nouvelle l’effroi le saisit, il décampa et se retira précipitamment devant celui dont ses propres crimes pr, nro. faisaient la force. Louis s’avança d’abord sans obstacle, il (pir.) prit Itocbcster, puis marcha sur Londres. Il y entra aux acclamations des habitants et reçut l’hommage de ses nouveaux sujets auxquels il promit un gouvernement équitable et légal. Les comtés voisins cl plusieurs autres plus éloignés reconnurent son autorité; le roi d’Écossc, Alexandre, vint à Londres lui faire hommage pour ceux du nord que les barons lui avaient cédé, et Jean se vit abandonné de la plupart de ses mercenaires et d’une partie des barons qui lui étaient restés fidèles : le légat du l>ape, Gualo, essayait alors presque seul de soutenir son courage et combattait pour lui avec les armes spirituelles.
Le roi cependant occupait encore les principales forteresses, et peu à peu sa fortune se releva ; le souvenir de sa tyrannie s’affaiblit devant la honte secrète d’accepter la loi d’un prince étranger. L'orgueil national se révolta, et celte disposition des esprits fut encore fortifiée par d’im- "m, " prudentes concessions que Louis s’empressa de faire des ,c* c-rr"*dignités du royaume et des fiefs de la couronne. Une foule de mécontents revinrent à son rival; il se forma au cœur de l’Angleterre des associations contre les Français, et les marins des cinq ports interceptèrent les secours qui leur venaient du dehors. La cause du roi Jean prenait enfin une face nouvelle, et il marchait à la rencontre de l’ennemi lorsqu’au passage du Waslt , ses
H(irl équipages, ses joyaux et son trésor furent engloutis dans . du un gouffre. L’irritation et la douleur causées au roi par
mi Jcon.
ce désastre, se joignant à la fatigue de longues débau- ,lfi elles et à celle de la marche, occasionnèrent une fièvre dangereuse qui emporta ce prince en peu de jours. Son caractère présente le plus odieux mélange de tous les vices combinés avec la lâcheté; ce règne servit cependant la grande cause des libertés publiques par l’excès même du crime et du scandale auxquels il fallut mettre des bornes, et surtout par l'effet de cette fortune particulière à l’Angleterre, qui, en toute circonstance, sut tirer pour elle-même , de ses crises et des plus effroyables calamités, un principe de force, de vie et de progrès.