SUCCÈS DES BARONS ET ABAISSEMENT DE LA COURONNE
Henri III.
Iîl« — 1272.
Jean avait eu de sa femme Isabelle trois fils, Henri, Richard et Édouard, et trois filles, Jeanne, Eléonore et Isabelle. Henri, l’ainé de ses fils, n’avait que dix ans à la mort de son |ière. et. conduit à Glocosler par les barons
HENRI III
tic son parti, il y tut couronné. Cependant la capitale et les cointés du midi étaient au pouvoir de Louis et des Français, mais Henri avait pour lui le pape Honorais 111, tous ceux i|uc le sentiment national rendait hostiles aux étrangers, et ceux enfin qui s’intéressaient à sa grande jeunesse, et qui répugnaient à punir un orphelin pour les crimes de son père. Sa personne fut conliée au maréchal comte de Pembroke, qui eut le titre de gardien ou curateur du royaume. Ce puissant seigneur déploya dans cette situation difficile des talents et un caractère qui lui feraient décerner une place parmi les plus grands hommes de l’Angleterre, si les événements de cette époque nous étaient mieux connus. Il fit ratifier la grande charte par le jeune roi avec quelques modifications importantes ', puis, ralliant les Anglais autour de la bannière royale , il donna tous ses soins à la guerre. Une victoire signalée qu’il remporta à Lincoln obligea le prince Louis à se renfermer dans Londres, et bientôt après, le justicier Hubert de Burgh détruisit, avec un nombre de vaisseaux fort inférieur, une flotte de quatre-vingts voiles, dernière espérance du prince français, et commandée par le célèbre pirate Eustaclie, échappé d’un monastère, et pour cette cause surnommé T(>. le Moine. Louis , cerné dans Londres , et voyant la de Limb‘ih.
Louis
retraite même interceplce, négocia, pour sa sûreté per- a* Fnnco sonnellc, et signa le traité de Lambeth, par lequel les jUngi»!*™. prisonniers étaient de jwrt et d’autre restitués, les Anglais du parti de Louis amnistiés, et son retour en
4. L’une des clauses supprimées et qui fut rétablie, était celle qui exigeait pour toutes les tasc», l'aveu du parlement.
iiMti: il. ciiai'ItiiK iv.
France garanti. De ce moment, le jeune Henri fut roi sans opposition sous la tutelle du maréchal comte de Peinbroke, et du légat du pape Honorius.
Pemhroke mourut l’année suivante, et son autorité fut partagée entre le grand justicier Hubert de Uurgh et Pierre des Roches, évêque de Winchester, qui eut sous sa garde la personne du roi. Ces deux ministres étaient rivaux, et le légat Pandolphe maintint quelque temps entre eux la balance égale, exerçant avec sagesse, au nom d’Honorius une sorte de protectorat sur tout le royaume. Il assura l’intégrité des frontières et empêcha que les grands fiefs ne fussent détachés de la couronne durant la minorité du roi; il cimenta la paix entre l'Angleterre et l’Écossc dont le roi, Alexandre II, épousa la sœur aillée de Henri; puis il retourna à Rome après avoir obligé les seigneurs qui tenaient en tutelle les terres et les châteaux royaux à les remettre au roi.
L’un d’eux, nommé Favvkes, couvert de crimes et bandit féroce, refusa de rendre le château de Bedford, dont il avait fait son repaire. Il fut enhardi dans sa résistance par l’appui qu’il trouvait auprès de l’évêque de Winchester. Hubert de Burgh employa des forces considérables et ouvrit un siège dans les règles |>our emporter la forteresse et pour réduire le rebelle, dont la chute entraîna celle de son protecteur. Pierre des Roches si* démit de sa charge et partit pour la terre sainte.
En l’année 122.x, un des principaux ressorts de la constitution anglaise fut pour la première fois mis en œuvre au sujet d’un projet de guerre avec le roi de France, Louis VIII , fds et successeur de Philippe Auguste. Ce prince s'était emparé de la Rochelle qui ouvrait
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